Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Des Racines, des Ailes… et des Vignes

Ce soir, sur France 3, l’émission Des Racines & des Ailes est consacrée à quatre vignobles français inscrits au patrimoine de l’Unesco. Avec des reportages tournés à Saint-Emilion, en Bourgogne, en Val de Loire et en Champagne…

Qu’on se le dise!

En espérant que Mme Buzyn et ses acolytes plus ou moins anonymes ne fassent pas un jour de ce patrimoine une sorte de zoo, un musée en plein air où les vignes ne seraient plus que de la décoration…

Hervé


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2018 Amaviva annual tasting – Vinaviva: 7th & 8th April

 Vinavia 2015

This friendly annual tasting of organic producers from around France held in Saint-Etienne de Chigny (37230) is well worth attending. Saint-Etienne de Chigny (37230) is a small commune on the north bank of the Loire a little to the west of Tours. Open to the public it is a lovely antidote to large professional wine salons. They always have an interesting selection of organic producers.

Definitely recommended. 

Two of the organisers: 2016

 

 

debouche@oreille

n°26

janvier 2018
Le Goût des cépages !

La lettre de liaison gratuite VINAVIVA, Salon des Vins de Libre Expression, par l’association Amaviva (Amateurs de vins vivants et authentiques) 

Nouveaux domaines les 7&8 avril 2018

Cette année, nous accueillerons trois nouveaux domaines au salon : Château Bas, en Provence, Coteaux d’Aix – le Domaine Ratte, dans le Jura, Arbois – le Domaine de Chevillard, Matthieu Goury en Savoie.
Ces trois domaines renforcent la présence des régions vitic
oles de l’est de la France, du nord au sud, sous-représenté jusqu’ici. Existe dorénavant une méridienne, de l’Alsace à la Provence.

Pour obtenir des renseignements :
http://www.chateaubas.com
http://www.domaine-ratte.com

L’invité de l’année 2018 est Mikaël Bouges, vigneron à Faverolles-sur-Cher dans le département de Loir-et-Cher. Ses différentes cuvées de Côt nous ont conduits à en faire un invité tout indiqué en relation avec le cépage de l’année.

En revanche, comme la place est comptée au salon, nous n’avons pas réinv
ité, à regrets, deux vignerons dont nous avons apprécié les vins ces dernières années : Alain Couillaud en Muscadet et Vincent Chauvelot à Chateaumeillant.
La liste à jour et complète des vignerons du salon 2018 se trouve sur le site

 List of Loire producers present:


LOIRE
Dom des Terres Blanches, C.& B. Blet, Anjou
La Roche Bleue, Sébastien Cornille, Jasnières
Manoir de la Tête Rouge, Guillaume Reynouard, Saumur
Ch La Bonnelière, Marc Plouzeau, Chinon

Dom Perrault-Jadaud, Vouvray
Dom Montoray, Montlouis
Les Vins de Ste-Anne, Brendan Tracey, Touraine, Vendômois
Dom Vincent Gaudry, Sancerre

Vigneron invité de l’année : Mikaël Bouges, Touraine

Dégustations de Côt

Nous avons l’intention de réitérer les « dégustations du cépage de
l’année » que nous avions proposées l’an dernier. 3 séances seront organi- sées (le samedi matin et après-midi, le dimanche matin).

Plus d’information dans le prochaine lettre début mars . A suivre 

Le ‘Cot N’, cépage 2018 (suite)

Nous précisions dans la lettre précédente que le côt n’est pas attesté en Touraine avant la fin du 18e siècle. Ni sous le nom de cors, ni sous celui de pied de perdrix ou d’un autre synonyme identifié. 

Est-ce à dire qu’il n’a pas été introduit plus tôt depuis le Sud- Ouest ? Le Tarn ou le Lot semblent être le lieu d’obtention de cette variété.


Cette question se pose pour presque tous les cépages du Val de Loire. Après une période, de 1400 à 1550, où les noms de plants étaient mentionnés dans les écrits littéraires (Rabelais est le plus célèbre) ou techniques, un long silence a prévalu pendant plus de deux cents ans. La Loire au-
dessous d’Orléans disparaît des tablettes ! Chenin ou pineau est logé è la même enseigne. L’attention est alors concentrée sur les vignobles septentrionaux en relation avec l’approvisionnement de Paris : Champagne et Bourgogne auxerroise dont le vignoble orléanais est une

extension. Les plants et les raisins de ces vignobles, dont le pinot, monopolisent presque toute l’attention.

On peut expliquer ainsi la présence dans les sources du samoireau (et de nombreuses variantes de ce nom, jusqu’à saint-moreau). Le samoireau est une sélection de côt (ou plutôt d’auxerrois, nom du plant à Cahors) dont l’histoire, fait exceptionnel, peut être retracée.

Le roi François 1er importait très régulièrement des vins de diverses provinces du royaume, voire de l’étranger, pour les servir à ses hôtes à la cour. A deux reprises au moins, il fit aussi importer des plants par dizaines de milliers pour les implanter et dupliquer ainsi les vins qu’il appréciait. On pensait alors qu’il suffisait de transplanter des vignes de Beaune pour obtenir du vin de Beaune.

En 1518, ce furent des ceps de pinots noirs (et non des ceps de romorantin) qui furent implantés à Romorantin où résidait sa mère.

En 1532-35, le roi fit planter des vignes auprès du château de Fontainebleau alors en construction. Parmi ces plants méridionaux se trouvaient des ceps venus de Cahors, dénommés par le lieu de leur approvisionnement. Ils furent d’abord implantés à Champeigne-en-Brie puis à Samoreau, paroisses proches du château et à proximité de la Seine. C’est depuis ce dernier vignoble que des plants furent à nouveau diffusés, cette fois sous le nom de samoireau, selon le principe de désignation par le leiu d’approvisionnement. Cette propagation a gagné l’Orléanais, l’Ile– de-France, la Picardie, la Bourgogne, le Berry mais ni la Touraine, ni l’Anjou. 

Voici pourquoi le côt, sous le nom de samoireau (entre autres) est attesté dès le 16e siècle et sans interruption dans les vignobles septentrionaux et pas dans ceux du Val de Loire au-dessous d’Orléans-Blois. 

Est-ce à dire que le côt y était inconnu ? D’autres voies de pénétration que celle de Fontainebleau sont vraisemblables mais elles ne sont pas attestées.

Il n’y a pas là de preuve tangible ancienne de la présence de côt (ou de samoireau) ; or sans preuve, pas d’histoire …

Pour en savoir plus :

Les noms Samoireau et Côt dans les vignobles du Val de Loire (16e -19e s.)

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01362338

Chinese cap

 


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Pourtant, moi, d’habitude, les Sancerre rouges…

J’ai toujours une certaine appréhension lors d’une dégustation de Sancerre rouges: la maturité sera-t-elle au rendez-vous, l’élevage dominera-t-il les vins, aurons-nous du fruit ? Malgré les robes plutôt claires, et des nez parfois peu expressifs, la dernière en date m’a quelque peu rassuré.

Voici mes préférés.

 

Les Garennes 2016 Sancerre La Cave des Vins de Sancerre

Rubis velouté, le nez nous offre un choix de confitures de fruits rouges relevées de poivre noir et de cannelle. La bouche croque gourmande et reprend les baies confites, fraise, groseille et framboise. Les tanins encore marqués par la jeunesse déroulent leur tissu au relief accrocheur, mais certes bien juteux. Joliment frais, il nous charme par son caractère primesautier.

www.vins-sancerre.com

Anthocyane 2015 Sancerre Domaine Bernard Fleuriet & fils

 

Grenat aux reflets améthyste, au nez maculé de confitures de frais, groseille et cerise rafraîchies d’éclats de citron confit, piquées d’un clou de girofle et bien poivrées. La bouche, construite et structurée, se tapisse de tanins soyeux à la texture suave. La longueur nous parle des épices, réglisse, poivre et cumin, qui poudrent les fruits.

Issue des plus vieilles vignes plantées sur des grands terroirs à rouges, cette cuvée est macérée durant 30 jours et élevée en barriques dont 1/3 de neuves pendant 12 mois.

www.fleuriet-sancerre.com

à Nicolas 2015 Sancerre Domaine Pascal et Nicolas Reverdy

 

Grenat foncé, il nous fait d’emblée envie avec ses senteurs gourmandes de clafouti à la prune sombre, sa marmelade de fraise et sa compote de cerise noire à la cannelle. La matière dense de la bouche offre son architecture aux lignes droites bien plantées dans l’assise minérale. La structure cristalline habillée de fruits et d’épices, de tanins serrés bien juteux, se révèle sapide et riche de plaisir.

Les Pinot noir plantées en 2001 poussent dans un sol calcaire. Cuvaison de 4 semaines en cuves en bois et élevage de 12 mois en barriques et demi-muids.

Côte de Champtin 2015 Sancerre Domaine Roger Champault

 

Grenat cramoisi, le nez torréfié parle de noisette et de moka, avant de nous dire un mot sur les pâtes de fruits très épicées. En bouche, la cerise s’impose, entière, noyau en tête. Les tanins prennent le relais et décorent le palais de leur crêpe de Chine au relief un rien rugueux, mais plaisant car coloré de griotte, de fraise, de groseille, soulignés de cannelle. Certes équilibré, l’harmonie lui manque encore, mais son joli potentiel ne laisse aucun sur sa gourmandise à venir.

Les vignes ont 50 ans et poussent dans les Terres Blanches. Les raisins égrappés macèrent à froid pendant 48 heures. La fermentation alcoolique dure une douzaine de jours entre 25 et 30°C. La fermentation malolactique se fait en fût de 600 l. Une fois soutiré, l’élevage se poursuit en fût pendant 12 mois.

http://rogerchampault.fr www.facebook.com/domainerogerchampault/

Génération Dix-Neuf 2014 Sancerre Domaine Alphonse Mellot

 

Grenat sombre, le nez semble bien fermé, il faut agiter le vin pour lui extraire quelques senteurs prometteuses de rose et de jasmin, de baies rouges et noires. La bouche n’est guère plus prolixe, mais avoue tout de même quelques indices fruités aux goûts de cassis, de fraise noire et cerise épicés de poivre et de cardamome.

Vous l’avez compris, ce 2014 est au début de sa vie et ne refuse pas quelques années de cave pour retrouver la lumière et être plus enclin à nous ravir.

La Cuvée Génération est issue de vignes de 62 ans plantées à 10.000 pieds/ha sur la parcelles de 1 ha de Chambratte et Paradis, un sol de caillottes, des marnes de Saint-Doulchard, déposées sur un sous-sol calcaire du Kimméridgiens supérieurs. Après une macération à froid de 8 à 12 jours, les fermentations démarrent, agrémentés de pigeages et de remontages très légers, mais quotidien.

Les températures de fermentation ne dépassent pas 28°C. La durée de cuvaison est en moyenne de 4 semaines. Les jus de presse sont incorporés aux jus de goutte ou vinifiés séparément. Après débourbage, l’ensemble des jus est mis directement en fûts pour effectuer la fermentation malolactique. L’élevage en fûts neufs dure 14 mois. Production : 2 800 bouteilles.

www.mellot.com

La Croix Renaud 2014 Sancerre Domaine Pierre & Florian Berthier

 

Grenat lumineux au nez de gelée de griotte teintée de thym et de sauge. Bouche élégante aux tanins délicats qui font comme une frise au fruité raffiné. La structure aérienne et la fraîcheur bien maîtrisée renforce encore l’impression de pureté, de dessin bien défini.

Vin est issu de la première parcelle du domaine à avoir été plantée en Pinot Noir dans les années 1980.

Vieilles Vignes 2010 Sancerre Jean-Max Roger

 

Grenat encore bien vif, au nez qui nous enchante par la fraîcheur de ses fruits, fraise, groseille, framboise, teintés de laurier et de sauge. La bouche offre ce petit relief rêche qui aide à accrocher la nourriture et nos papilles. Puis viennent les arômes annonceurs de l’âge, le sous-bois et le cuir, rougis de burlat et noircis de prunelle. La longueur, importante, révèle le fruité évanescent qui se transforme en gelées délicates. Mais l’ensemble garde une fraîcheur étonnante.

Les vignes de 40 ans, plantées à 7.000 pieds/ha, poussent dans des Caillottes. Après une macération à froid de quelques jours, suit la fermentation de 10 à 12 jours avec remontages réguliers. Élevage en barriques de 300 litres pour l’ensemble de la cuvée pendant 15 à 18 mois. www.jean-max-roger.fr

 

Comme quoi…

Ciao

 

Marco

 

 


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Hall of Merit, les 5 producteurs de mon Panthéon français

La semaine dernière, notre ami Jim nous a donné son « Hall of Fame » du vin en France – ou plutôt faudrait-il parler de  « Hall of Shame », dans son cas!

Ma sélection relève d’une autre approche. Il s’agit de cinq producteurs français (je pourrais faire la même chose pour d’autres pays, mais restons local) qui ont toute mon admiration pour avoir réuni les cinq critères suivants dans leur production :

  1. Ils élaborent avec régularité et sans faille des bons vins depuis des années.
  2. Ils sont ou ont été innovants dans leur approche.
  3. Ils pratiquent des prix très raisonnables dans leurs appellations respectives
  4. Sans être des structures géantes, ils produisent des quantités qui rendent leurs vins disponibles assez largement et dans plusieurs pays et circuits ou en tout cas une partie de leurs gammes).
  5. Ils ne bénéficient pas de la rente de situation qui consiste à avoir hérité d’un domaine ou d’une unité de production dans une appellation ou zone  prestigieuse.

En prenant en compte tout cela, je nomme les 5 suivants, même s’il y a, forcément, d’autres candidats très valables ici ou là. Et, du coup, je suis bien obligé d’ignorer aussi certaines régions.

Champagne : Serge Mathieu

Loire : Henry Marionnet

Rhône : Marcel Richaud

Languedoc : Hecht & Bannier (H&B)

Bordeaux : la famille Despagne (Château La Tour Mirambeau, etc)

Maintenant, je vais vous donner mes raisons spécifiques pour chaque choix, hormis le critère de qualité qui est forcément un peu personnel. Et je devrais rajouter aussi parmi ces critères, la qualité humaine, élément à mes yeux indispensable pour figurer dans mon palmarès. Tous ces vignerons/producteurs remplissent évidemment cette condition.

Champagne Serge Mathieu, Aube

Michel Jacob et Isabelle Mathieu, l’équipe gagnante

http://www.champagne-serge-mathieu.fr

Quelqu’un qui se connecte au site web de ce producteur verra que j’ai écrit une introduction à leurs vins. Je peux dont être accusé d’une forme de biais en leur faveur. Mais mon texte reflète exactement ce que je pense, depuis longtemps, concernant la qualité des vins de cet excellent producteur encore peu reconnu en France, mais dont 70% de la production sont exportés. On peut aussi me reprocher d’inclure dans ma courte sélection un producteur de Champagne, si on considère qu’être nés dans cette région et d’hériter d’un vignoble constitue déjà une forme de « rente de situation », selon mes propres critères. Oui, mais ce domaine se situe dans l’Aube, dans un village peu connu et loin des grands crus de la Marne.

J’étais tombé par hasard sur ce producteur il y a 20 ans en faisant des recherches pour un petit guide de la Champagne pour un éditeur anglais. Je ne le connaissais pas à l’époque et j’écrivais ceci dans ce petit guide : « This family estate makes some beautifully fragrant Champagnes which are properly aged before being sold ». Cela reste tout aussi vrai aujourd’hui, même si ma connaissance de leur approche méticuleuse à la viticulture et à la vinification s’est approfondie depuis. Et je n’ai jamais été déçu par aucun de leurs vins. Comme souvent en Champagne, je juge la qualité d’un producteur surtout à l’aune de sa cuvée la plus vendue, qui est toujours son brut non-millésimé. Si le reste de la gamme est à la hauteur, le Brut Tradition de Serge Mathieu, issu à 100% du Pinot Noir, est pour moi aussi exemplaire que raisonnable en prix. En plus, il vieillit très bien.

Henry et Jean-Sébastien Marionnet, Touraine, Loire

Jean-Sébastien et Henry Marionnet

http://www.henry-marionnet.com/

Etre vigneron à Soings-en-Sologne est tout le contraire d’une rente de situation. Il faut faire bien et le faire savoir en permanence pour émerger, sans pouvoir exagérer sur les prix. C’est le cas d’Henry Marionnet depuis une trentaine d’années, et maintenant de son fils Jean-Sébastien. Cette année, le vin primeur de Marionnet était une fois de plus un des meilleurs vins primeurs que j’ai pu déguster. Ils élaborent un vin sans soufre ajouté depuis 25 ans, bien avant la mode galopante actuelle. Ils ont eu le culot de planter 5 hectares de vignes non-greffées, ce qui nous offre une possibilité unique de déguster, que cela soit avec le  gamay, le malbec ou le sauvignon, côte à côte, des vins faits de la même manière et issus de la même parcelle ; l’un avec une vigne franche de pied et l’autre avec une vigne greffée. La différence est aussi nette que saisissante et nous indique le degré de perte d’intensité de saveurs qui résulte du greffage opéré afin de résister au phylloxera. En trente ans, je n’ai jamais goûté un mauvais vin de ce producteur qui remplit avec brio tous mes critères pour cette sélection.

Marcel Richaud, Cairanne, Rhône Sud

Marcel Richaud et ses enfants

http://www.chateauneuf.dk (NB. Ce producteur ne semble pas posséder son propre site web, ce qui est assez curieux, mais ce site donne des informations factuelles sur le domaine)

Marcel Richaud a pris la suite de son père sur le domaine familial situé près de Cairanne, dans le Rhône méridional. Au lieu de vendre ses raisins à la cave coopérative, il a voulu élaborer des vins lui-même et cela avec une forte éthique aussi bien dans la vigne que dans ses vinifications. Si ses vins sont appréciés par le microcosme du « vin nature », il le sont également par un public bien plus large. Autrement dit, ils sont propres, libres de brettanomyces, d’oxydation prématurée et d’autres petits désagréments. La gamme offre des choix et des prix très raisonnables, selon le niveau. Là aussi, je n’ai jamais été déçu par un vin de Marcel Richaud, même si je ne les connais que depuis une vingtaine d’années : la pureté du fruit et la belle texture des vins les plus accessibles est remarquable , comme sont l’intensité et la complexité des cuvées plus limités, comme l’Ebrescade. Il est largement responsable, certes avec d’autres, de l’émergence de Cairanne en tant que « cru » dans le Rhône.

Hecht & Bannier, négociants, Languedoc et Provence

François Bannier & Grégory Hecht

http://hechtbannier.com

Il s’agit de deux personnes, François Bannier et Grégory Hecht, que je connais personnellement et je peux donc être accusé d’un biais en leur faveur. Je crois qu’il n’en est rien et, pour ma défense, je signale que d’autres que moi ont déjà largement approuvé leur démarche et la qualité de leurs vins. Hecht et Bannier ont démontré, dès leurs débuts en 2002, qu’ils ont de l’audace (et il en faut pour créer une entreprise dans le vin quand on ne naît pas dedans et que cette entreprise est innovante), un savoir faire et un vrai amour du vin et des choses bien faites. Aucun de leurs vins ne m’a jamais déçu, même si j’ai forcément des préférences. N’ayant pas l’argent pour acheter des vignes, ils ont décidé, dans la tradition des négociants/éleveurs qui ont fait la réussite de la Champagne, de la Bourgogne ou de la Vallée du Rhône, d’acheter des lots de vins soigneusement choisis dans différentes appellations du vaste Sud, de les élever avec soin, puis de les vendre, bien habillés, dans tous les coins du monde. Et les prix aux consommateur restent parfaitement raisonnables, entre 7 et 20 euros selon l’appellation. Leur originalité consiste a avoir instauré ce travail de sélection et d’élevage soigné dans une région qui en était dépourvue en dehors de quelques grandes structures et ainsi de présenter aux distributeurs et aux consommateurs une gamme qui rend lisible une région si importante.

Famille Despagne, Naujan & Postiac (région Entre-deux-Mers), Bordeaux

Thibault, Baseline et Jean-Louis Despagne

http://despagne.fr/

La famille Despagne possède 5 châteaux dans cette belle région de l’Entre-deux-Mers, pourtant pas favorisée par les a priori des consommateurs qui ne regardent que les étiquettes et les appellations : Tour-de-Mirambeau, Mont-Pérat, Bel-Air-Perponcher, Rauzan-Despagne et Lion-Beaulieu. Premiers vignerons français à être certifiés ISO9001 et ISO14001, ils ont aussi su créer un nouveau standard pour les vins de la région avec la gamme Girolate, issus de vignes plantées à 10.000 pieds à l’hectare et avec une vinification intégrale, rouge comme blanc. Mais ce sont, comme toujours, par leurs vins les plus accessibles que les Despagne doivent être jugés, selon moi. Là aussi, je n’ai pas le souvenir d’une déception. Après Jean-Louis, le père, la relève est assuré par Thibault et Baseline et leurs équipes. Qualité, régularité, ténacité, créativité, accessibilité… tous les critères sont présents ici, « in spades » comme on dirait dans mon pays natal.

David Cobbold 

 


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Pourtant, d’habitude, les pinots noirs de Loire, bof…

Mais à l’image des blancs, le mois dernier, les Sancerre rouges dégustés cette semaine se sont avérés des plus agréables. Du fruit, de la matière, une bonne longueur, de la structure, bref, un véritable plaisir de dégustation. Alors qu’en les versant (dans le verre), on se croyait au pays des Clairets, tant la robe manquait d’intensité colorante. Mais le dégustateur avisé sait que l’habit ne fait pas le moine, enfin, pas toujours.

Voici ma sélection.

 

 

Anthocyane 2015 Sancerre Domaine Bernard Fleuriet & fils

Grenat aux reflets améthyste, au nez maculé de confitures de frais, groseille et cerise rafraîchies d’éclats de citron confit, piquées d’un clou de girofle et bien poivrées. La bouche, construite et structurée, se tapisse de tanins soyeux à la texture suave. La longueur nous parle des épices, réglisse, poivre et cumin, qui poudrent les fruits.

Issue des plus vieilles vignes plantées sur des grands terroirs à rouges, cette cuvée est macérée durant 30 jours et élevée en barriques dont 1/3 de neuves pendant 12 mois.

www.fleuriet-sancerre.com

à Nicolas 2015 Sancerre Domaine Pascal et Nicolas Reverdy

Grenat foncé, il nous fait d’emblée envie avec ses senteurs gourmandes de clafouti à la prune sombre, sa marmelade de fraise et sa compote de cerise noire à la cannelle. La matière dense de la bouche offre son architecture aux lignes droites bien plantées dans l’assise minérale. La structure cristalline habillée de fruits et d’épices, de tanins serrés bien juteux, se révèle sapide et riche de plaisir.

Les Pinot noir plantées en 2001 poussent dans un sol calcaire. Cuvaison de 4 semaines en cuves en bois et élevage de 12 mois en barriques et demi-muids.

Côte de Champtin 2015 Sancerre Domaine Roger Champault

Grenat cramoisi, le nez torréfié parle de noisette et de moka, avant de nous dire un mot sur les pâtes de fruits très épicées. En bouche, la cerise s’impose, entière, noyau en tête. Les tanins prennent le relais et décorent le palais de leur crêpe de Chine au relief un rien rugueux, mais plaisant car coloré de griotte, de fraise, de groseille, soulignés de cannelle. Certes équilibré, l’harmonie lui manque encore, mais son joli potentiel ne laisse aucun sur sa gourmandise à venir.

Les vignes ont 50 ans et poussent dans les Terres Blanches. Les raisins égrappés macèrent à froid pendant 48 heures. La fermentation alcoolique dure une douzaine de jours entre 25 et 30°C. La fermentation malolactique se fait en fût de 600 l. Une fois soutiré, l’élevage se poursuit en fût pendant 12 mois.

http://rogerchampault.fr www.facebook.com/domainerogerchampault/

 

Génération Dix-Neuf 2014 Sancerre Domaine Alphonse Mellot

Grenat sombre, le nez semble bien fermé, il faut agiter le vin pour lui extraire quelques senteurs prometteuses de rose et de jasmin, de baies rouges et noires. La bouche n’est guère plus prolixe, mais avoue tout de même quelques indices fruités aux goûts de cassis, de fraise noire et cerise épicés de poivre et de cardamome.

Vous l’avez compris, ce 2014 est au début de sa vie et ne refuse pas quelques années de cave pour retrouver la lumière et être plus enclin à nous ravir.

La Cuvée Génération est issue de vignes de 62 ans plantées à 10.000 pieds/ha sur la parcelles de 1 ha de Chambratte et Paradis, un sol de caillottes, des marnes de Saint-Doulchard, déposées sur un sous-sol calcaire du Kimméridgiens supérieurs. Après une macération à froid de 8 à 12 jours, les fermentations démarrent, agrémentés de pigeages et de remontages très légers, mais quotidien.

Les températures de fermentation ne dépassent pas 28°C. La durée de cuvaison est en moyenne de 4 semaines. Les jus de presse sont incorporés aux jus de goutte ou vinifiés séparément. Après débourbage, l’ensemble des jus est mis directement en fûts pour effectuer la fermentation malolactique. L’élevage en fûts neufs dure 14 mois. Production : 2 800 bouteilles.

www.mellot.com

Et pour terminer, un Sancerre qui ne fait pas son âge et qui démontre que les calcaires sont aussi propices que les granits pour l’élaboration de Pinot noir aptes à bien vieillir.

Vieilles Vignes 2010 Sancerre Jean-Max Roger

Grenat encore bien vif, au nez qui nous enchante par la fraîcheur de ses fruits, fraise, groseille, framboise, teintés de laurier et de sauge. La bouche offre ce petit relief rêche qui aide à accrocher la nourriture et nos papilles. Puis viennent les arômes annonceurs de l’âge, le sous-bois et le cuir, rougis de burlat et noircis de prunelle. La longueur, importante, révèle le fruité évanescent qui se transforme en gelées délicates. Mais l’ensemble garde une fraîcheur étonnante.

Les vignes de 40 ans, plantées à 7.000 pieds/ha, poussent dans des Caillottes. Après une macération à froid de quelques jours, suit la fermentation de 10 à 12 jours avec remontages réguliers. Élevage en barriques de 300 litres pour l’ensemble de la cuvée pendant 15 à 18 mois. www.jean-max-roger.fr

Ciao

 

Marco  


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Cet été à Chinon

Reçu du Syndicat des Vins de Chinon, ce communiqué annonçant les dégustations organisées tout l’été dans l’enceinte du château…

 La Tour de l’Horloge, au Château de Chinon

Forteresse royale et AOC Chinon, l’histoire en partage

Que peuvent avoir en commun la forteresse royale et les vins de Chinon ? Si la pierre tendre de tuffeau a permis de batir les plus beaux chateaux de la Loire, elle est aussi celle qui donne aux vins de Chinon un certain caractère. Un sous-sol et une histoire en héritage qui montrent que l’architecture et le vin sont bien affaire de patrimoine*. Un patrimoine vivant que les vignerons de Chinon partagent volontiers avec les visiteurs partis à l’assaut de la forteresse, chaque jeudi de l’été.

9 jeudis, 9 vignerons pour découvrir les vins de Chinon avec ceux qui les font !

Du 13 juillet au 7 septembre 2017, chaque jeudi après-midi à la forteresse royale de Chinon

A l’image du Val de Loire, Chinon produit des vins raffinés, élégants, parfois aussi puissants que sa forteresse ! Une richesse que l’AOC Chinon propose de faire découvrir aux visiteurs pendant 9 jeudis avec 9 vignerons de Chinon qui se relaient autour de dégustations et d’échanges. Une facon de mieux appréhender un territoire avec ceux qui le font : rencontrer un vigneron, c’est toujours une aventure privilégiée ; un échange aussi fructifère que les cépages Cabernet Franc ou Chenin donnent une gamme variée de vins rouge, rosé ou blanc friands, légers ou au contraire structurés selon l’empreinte que le vigneron a voulu leur donner.Déguster du Chinon depuis la forteresse, c’est aussi, fouler les terres des rois Charles VII, Henri II Plantagenêt et aiguiser son palais dans un cadre royal, faire un premier pas vers l’esprit, si vivant, de la « Rabelaisie » en embrassant une vue à couper le souffle sur la ville et les paysages tant chéris par Rabelais, ce géant chinonais humaniste qui marqua à jamais ses nombreux héritiers littéraires.

Boire du Chinon à la source, c’est enfin permettre aux 173 vignerons de l’appellation, de récolter pleinement le fruit de leur travail, de participer à une économie réelle et vivante qui emploie près de 800 personnes sur le chinonais et de maintenir 2400 hectares en production viticole.

* Reconnaissance du Sénat en 2014 : « le vin, produit de la vigne, et les terroirs viticoles font partie du patrimoine culturel, gastronomique et paysager de la France ».

Informations pratiques : Syndicat des Vins de Chinon tél. 02 47 93 30 44 

Dégustation gratuite et vente des vins sur place et gourmandises dans l’enceinte de la forteresse

Droit d’entrée à la forteresse : Plein tarif : 8,5 € / Tarif réduit : 6,5 € / Gratuit : enfant – 7ans 


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Deux Châteaux de la Loire

Loire Propriétés est un groupement de quatre coopératives de Touraine et d’Anjou, qui regroupe plus de 250 viticulteurs; le groupe diffuse les vins de plusieurs châteaux – que serait la Loire dans ses châteaux? – dont voici deux beaux exemples, en blanc et en rosé.

Autour du Château de Vallagon, il y a un très beau parc, une serre et une piscine: il a en effet été transformé en hôtel; les vignes sont un peu plus loin, en contrebas, et le vin est commercialisé par la Cave de Oisly & Thésée.

Nous sommes à Bourré (non, ce n’est pas une invitation à dépasser la mesure), Bourré, c’est un village des rives du Cher, tout proche de Montrichard.
Et le mesure, c’est peut-être la plus belle qualité de ce Touraine Sauvignon qui ne sent pas trop le Sauvignon (non que ce soit rédhibitoire, mais un vin bêtement variétal a tout de suite moins d’intérêt).
Il présente au contraire de jolies notes florales et citronnées; le floral revient en bouche notamment la violette. Il s’agit d’un 2016, le vin est donc encore tout jeune, mais je le vois déjà très bien en accompagnement d’asperges (c’est de saison, et c’est local aussi, car les sables des bords du Cher ont longtemps été cultivés d’asperges).
Deuxième bouteille, deuxième château, mais changement de couleur, avec le Cabernet d’Anjou 2016 du Château de Brossay, dont les 48 ha sont plantés de pas moins de 7 cépages blancs et rouge. Nous sommes  à Cléré-sur-Layon, au Sud de l’Anjou; un terroir schisteux, relativement chaud et peu arrosé, où le Cabernet Franc, qui compose cette cuvée, se plaît bien; pour ce millésime, il nous offre un vin au fruit rouge (groseille, framboise) et explosif, mais à la bouche où le tendre est contrebalancé par une bonne acidité; en finale, quelques notes de genêt, d’iris et de beaux épices complètent ce beau tableau de saveurs. Classique et friand.
Pour mémoire, Loire Propriétés, ce sont aussi les Vignerons du Pallet, dont j’ai déjà eu ici l’occasion de vous dire tout le bien que je pense de leur jubilatoire Muscadet.

Hervé Lalau