Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Bulles de Loire (1): fines et raisonnables

 IMG_4851Trois des quatre au travail pour cette dégustation. Jim prenait la photo. Hervé réfléchissait à sa prochaine blague. Marc peaufinait ses notes. David s’occupait du service. Un vrai petit ménage à 4 ! (photo Jim Budd)

Il y a quinze jours, 4 membres de ce blog collectif se sont retrouvés à Angers, à l’occasion du Salon des Vins de Loire. L’occasion fut trop belle pour ne pas tenter notre troisième expérience d’une dégustation partagée, après Champagne (2012) et Bourgeuil /St. Nicolas de Bourgueil (2013). Evidemment cela allait concerner une ou plusieurs appellations ligériennes, et nous avons opté pour deux appellations de vins effervescents, vu l’engouement actuel des marchés pour ce type de vin. Il s’agit de Crémant de Loire et de Saumur Brut, qui utilisent tous les deux la méthode dite « traditionnelle », ce qui signifie une seconde fermentation d’un vin tranquille en bouteille afin de générer pression et un peu plus d’alcool. Les règles précises de ces deux appellations diffèrent un peu, comme le démontre le tableau ci-dessous, mais en gros elles sont très proches.

Crémant de Loire

cépages autorisés (avec quelques règles quant aux proportions) : chenin blanc, chardonnay, cabernet franc, cabernet sauvignon, grolleau noir, grolleau gris, pineau d’aunis, pinot noir

aire de production : 1600 hectares

production moyenne : 97,000 hectolitres

rendement : 74/80 hl/ha

rendement au pressoir : 100 litres pour 150 kg

vieillissement sur lattes : 12 mois minimum

reflet-chateau-saumurLes appellations de Saumur, tranquilles ou effervescentes, profitent de l’image du château éponyme, mais sait-on bien à l’étranger que ces vins viennent de la région Loire ?

Saumur Brut

cépages autorisés (avec quelques règles quant aux proportions): chenin blanc, chardonnay, sauvignon blanc, cabernet franc, cabernet sauvignon, pineau d’aunis.

aire de production : 1400 hectares

production moyenne : 90.000 hectolitres

rendement : 67/76 hl/ha

vieillissement sur lattes : 9 mois minimum

 IMG_4844Tous ces vins, ainsi que la production effervescente de Vouvray et Monlouis, portent parfois la désignation suggestive (mais non réglementée je crois) de « Fines Bulles de Loire ». (photo Jim Budd).

La production de ce type de vin en Val de Loire remonte au moins au 19ème siècle, particulièrement à Saumur, qui garde une appellation spécifique de nos jours. Les autres bulles produites dans la région le sont, en général, sous l’appellation de Crémant de Loire, qui a une base géographique plus étendue, c’est à dire Saumur, Anjou et Touraine. Mais on trouve aussi des vins mousseux faisant partie de deux appellations de vins blancs de la région tourangelle : Montlouis et Vouvray. Ailleurs dans les régions de la Loire, quelques producteurs élaborent aussi des vins à bulles, mais sans appellation contrôlée. Ils ont généralement comme désignation « vin mousseux de France ».

IMG_4853Rien n’échappe à l’oeil de Moscou….ou est-ce de Lalau ? (photo Jim Budd)

L’aire d’appellation Saumur concerne 1,400 hectares au sud de la Loire sur les coteaux  calcaires qui entourent la ville de Saumur. Une gamme assez large de cépages est autorisée : chenin blanc, chardonnay et sauvignon blanc pour les blancs, puis cabernet sauvignon, cabernet franc et pineau d’aunis pour les rouges. Si la présence de cépages rouges surprend, je rappelle que les techniques de pressurage et la nature des baies permettent l’obtention d’un jus blanc à partir d’un raisin dont la peau est noire ou rouge. Après tout,  2/3 du vignoble champenois est planté en cépages rouges.

L’aire du Crémant de Loire est un peu plus grande : 1,600 hectares, et pour des sols plus variables. Les cépages blancs ne sont que deux : chardonnay et chenin blanc, tandis que sont autorisés 6 variétés plus ou moins rouges : cabernet franc, cabernet sauvignon, pinot noir, menu pineau et grolleau (gris et noir).

IMG_4848Marc cherche, et va sans doute trouver, une large gamme d’arômes dans son verre de bulles ligériennes (photo Jim Budd)

L’appétit croissant des marchés pour les vins pétillants à bien profité récemment à ces deux appellations, mais il semblerait que cela soit davantage le cas pour les Crémants de Loire, qui ont l’avantage d’inclure le nom de leur région dans leur désignation. Entre 2006 et 2013, les ventes de Crémant de Loire ont doublées, pour dépasser légèrement 13 millions de bouteilles en 2013. Si ceci est à relativiser à côté du géant champenois et ses presque 300 millions de flacons, le Crémant de Loire tient une bonne place parmi les autres Crémants de France (Alsace, Bourgogne, Jura etc).Deux tiers sont exportés et ces exportations ont augmenté de 24% entre 2012 et 2013. C’est le premier exportateur parmi les Crémants de France, avec 26% des volumes exportés. Cela tient à une place de leader sur le très important marché allemand, même si Bourgogne et Alsace le battent ailleurs. Les bulles de Loire (Crémant de Loire et Saumur ensemble) sont aussi leader sur le marché britannique. Les bulles de Vouvray ou de Montlouis se vendent essentiellement sur le marché français.

IMG_4846 Les vins qui m’ont fait sourire étaient assez nombreux dans cette dégustation  (photo Jim Budd)

Notre dégustation

Nous avons demandé une seule cuvée, non-millésimé, de chaque producteur qui souhaitait proposer un échantillon. La dégustation a eu lieu le matin du lundi 2 février, dans les locaux d’InterLoire à Angers. Les vins étaient servis à l’aveugle et ordonnés ainsi : 11 crémants de Loire à dominante chardonnay, puis 30 Crémants de Loire à dominante chenin, et enfin 11 Saumurs bruts à dominante chenin.

Les vins que j’ai aimés et leurs prix (les vins en caractères gras sont mes préférés)

1). Crémant de Loire (à dominante chardonnay)

Renou Frères et Fils (6,40 euros), Domaine de Varinelles (7,80 euros)

2). Crémant de Loire (à dominante chenin blanc)

Château Pierre Bise (9,50 euros), Domaine des Bessons (7,60 euros), Domaine Lavigne 7 euros), Domaine de l’Eté (6,80 euros), Domaine de la Bergerie (8 euros), Domaine Pierre Chauvin (13 euros), Château du Fresne (7 euros), Château de Parnay (8,50 euros), Domaine du Bois Mozé (11,50 euros), Langlois Château (12,50 euros), Château du Cléray (12 euros).

2). Saumur Brut (à dominante chenin)

Domaine de Sanzay (7,90 euros), Domaine Matignon (7 euros), Vignerons de Saumur, cuvée Robert et Marcel (5,80 euros), Ackermann cuvée Jean Baptiste Ackerman (6,50 euros), Domaine Leduc Frouin (6,50 euros), Domaine de la Perruche, La Grande Cuvée(8 euros), Château de Montguéret, Tête de Cuvée(13,30 euros)

 

Conclusion 

On le voit bien, ces bulles-là sont très accessibles en prix (environ la moitié, au plus, des vins de Champagne) et il y avait beaucoup de bons vins dans une série d’une cinquantaine d’échantillons. On peut parfois leur reprocher une certaine neutralité, mais, dans l’ensemble, ils sont bien faits et valent très largement leur prix. S’ils n’ont pas souvent la finesse d’un bon Champagne, l’adage suivant reste valable : mieux vaut un bon Crémant (de Loire) qu’un mauvais Champagne.

 

David Cobbold 

 

 

 


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Bulles sur la Loire : les 5 enquêtent

bulles sur la Loire

Bulles sur la Loire, bulles de Loire, je ne pouvais pas imaginer meilleure photo pour cette introduction. Le crédit est dûment affiché.

Lors du récent Salon des Vins de Loire, 4 membres de ce blog à 5 têtes (plus ou moins pensantes) ont dégusté, à l’aveugle, une série de vins effervescents issue de deux appellations ligériennes : Crémant de Loire et Saumur. Cette dégustation nous a été préparée par Interloire, que nous remercions.

Le 5ème larron, notre Catalan d’adoption Michel Smith, a suivi son propre chemin qu’il nous narrera à son tour. Ainsi, toute la semaine prochaine, nos articles seront consacrés à divers aspects des vins pétillants ligériens, catégorie dont les ventes sont globalement en augmentation, comme c’est le cas pour les vins à bulles en général. Le phénomène est encore plus significatif que la montée des vins rosés.

Si les avis se discutent presque à l’infini, les faits sont têtus. Je vous livre donc quelques informations de base sur le monde des vins à bulles. La production mondiale de vins effervescents a augmenté de + de 40 % en 10 ans (17,6 millions d’hectolitres en 2013 contre 12,7 millions d’hectolitres en 2003), tandis que celle des vins tranquilles a reculé. Si la consommation de ce type de vin n’a pas tout à fait suivi la même courbe ascensionnelle sur la même période, elle a tout de même pris 30%. Aujourd’hui cette production compte pour environ 7% de la production globale des vins dans le monde.

Le plus grand producteur (et consommateur) mondial de vins effervescents est l’Allemagne, suivi de la France. Les échanges se développent aussi à un bon rythme, et concernent maintenant près de la moitié des volumes produits.

Lundi je vous parlerai uniquement des bulles de Loire, aussi bien sur le plan économique que gustatif. Mes collègues prendront la suite, chacun dans son style inimitable et en explorant des angles différents de la question.

David Cobbold


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Muscadet dans le temps (2/2)

Suite à mon article de la semaine dernière, j’ai poursuivi mes investigations sur la capacité de vieillissement de certaines cuvées de Muscadet avec une deuxième série de vins. Cette série était constituée de vins ayant subi un élevage au moins égal à 18 mois, et parfois bien plus, mais qui revendiquaient aussi une désignation communale à l’intérieur de la grande zone de Muscadet. A ce jour, seulement trois communes possèdent officiellement ce statut-là: Gorges, Clisson et Le Pallet. Mais bien d’autres sont en attente: Goulaine, Château-Thébaud, Monnières-Saint-Fiacre, Mouzillon-Tillières, La Haye-Foussière, Vallet….fermez le ban, en se souvenant aussi qu’il existait déjà trois désignations sous-régionales de Muscadet : Sèvre et Maine, Côteaux de la Loire, et Côtes de Grandlieu (sans parler du « sur lie » ou « pas-sur-lie ») !

IMG_6462Mes vins préférés de cette dégustation. Ces étiquettes ne sont pas trop moches, et certaines sont même honorables, mais il faut dire que le niveau moyen dans l’appellation, aussi bien sur le plan de la clarté que sur celui de l’esthétique, est assez proche du degré zéro ! Il reste du boulot pour les graphistes de la région Nantaise. 

Etant totalement contre la multiplication des appellations pour les vins en général, j’ai du mal à comprendre comment une telle explosion de désignations pourrait aider cette région qui a pourtant bien besoin de sortir de l’ornière. Certes, on pourra toujours dire que cela va appuyer la sacro-sainte recherche d’une identification au « terroir ». Mais qu’est-ce que cela veut dire en réalité, et quelle importance cela peut-il avoir quand on voit le poids dans le bilan final du travail de chaque producteur ?

Certes, il était nécessaire, pour la santé économique de cette région viticole, de trouver une manière de vendre les meilleurs muscadets plus cher que la triste moyenne régionale actuelle. Mais est-il vraiment utile d’avoir au moins 10 nouvelles sous-régions pour une zone pas si vaste que cela (9.000 hectares en tout)? Et, de surcroît, ces communes ont souvent des noms à rallonge qui seront totalement impossibles à retenir pour un Français, sans parler des barbares qui importent, parfois, ces vins-là. Je crains que la fierté locale ait, une fois de plus, primé sur l’analyse marketing dans cette affaire et que tout cela ne mène à rien, ou à pas grand chose, car les différences entre toutes ces appellations communales ne sont pas toujours évidentes. Ayant effectué une dégustation triée par cru communal l’an passé lors du Salon des Vins de Loire à Angers, je n’ai pas été convaincu d’une quelconque typicité communale. Et, même si elle existait, serait-elle pertinente pour le consommateur ?

Comme toujours, la vérité est dans le verre, et nous verrons que la qualité dépend surtout du couple vigneron/millésime et non d’une sorte de loi sacrée du sol, ou, plus exactement, du binôme sol/meso-climat.

IMG_6469Les Daltons ? Non, votre serviteur entouré par les Cormerais, père et fils

 

Deuxième partie de ma dégustation de Muscadets ayant de l’âge : les Muscadets avec désignation communale.

14 vins sélectionnés sur un total de 24 échantillons dégustés

Les élevages des vins de cette série sont longs : 18 mois au minimum et souvent bien plus

Comme la semaine dernière, le service des vins était en semi-aveugle, seul le millésime et l’appellation étant connus.

 

Clos du Pont 1990, Sèvre et Maine, Mouzillon (16/20)

Beaucoup de complexité au nez qui est marqué par des notes fumées. Si c’est dû à un élevage sous bois, celui-ci est bien réussi. Belle richesse au palais aussi avec un ensemble long et savoureux, très bien équilibré (plus à la vente).

Clos du Pont 2002, Sèvre et Maine, Mouzillon (16/20)

Le nez est un peu fermé, assez complexe avec une impression de bois qui reste discret. En bouche c’est intense et riche en saveurs. Excellent vin que je mettrais avec intérêt dans des dégustations à l’aveugle avec des blancs d’autres régions (plus à la vente).

Domaine du Haut Bourg 2001, Côtes de Grandlieu, Bouaye (16/20)

Le nez est splendide avec de jolis parfums aériens. Ce vin manifeste une grande délicatesse, comme de la dentelle. L’équilibre me semble idéale (plus en vente).

Bonnet Huteau 2005, Sèvre et Maine, Goulaine (15,5/20)

Le nez a beaucoup de complexité et une profondeur intéressante. La texture est soyeuse et ses belles saveurs sont longues et salivantes. Un vin splendide qui en vaut largement d’autres vendus à deux fois ce prix (12 euros).

Domaine du Haut Bourg 2002, Côtes de Grandlieu, Bouaye (15,5/20)

Un joli nez, parfumé avec des arômes floraux. Belle association de vivacité et de souplesse. Gourmand et délicat. Très bon vin (plus à la vente, malheureusement).

Domaine de la Fruitière, M de la Fruitière 2002, Sèvre et Maine, Château Thébaud (15,5/20)

Vin très suave avec des saveurs magnifiques, complexes et gourmandes. Cette richesse apparente lui va bien, car la sensation de sur-maturité est parfaitement maîtrisée et se trouve portée en longueur par une très belle fraîcheur. Vaut son prix (25,40 euros)

Pierre Luneau Papin, Excelsior 2002, Sèvre et Maine, Goulaine (15/20)

Une très beau nez, plus puissant et chaleureux que la plupart de cette série. Ce vin semble relever d’un autre style mais est bien réussi dans son profil, comme tous les vins dégustés de ce domaine (plus à la vente).

Michel Luneau, Tradition Stanislas 2003, Sèvre et Maine, Mouzillon (14,5/20)

Vin très savoureux avec une impression de richesse et de rondeur très agréable. Bonne longueur et prix très modeste pour une telle qualité (10,50 euros).

Bonnet Huteau, Heritage 2003, Sèvre et Maine, Goulaine (14,5/20)

Le nez, si pas très expansif, est plein de finesse pour un millésime plutôt rond dans son expression. En bouche la sensation est différente : légèrement oxydative avec des notes de caramel (peut-être un bouchon peu étanche ?). Bonne fraîcheur en finale qui prouve le tenue de ce vin mais pourquoi est-ce que ces vins n‘adoptent pas tous la capsule à vis ? Un peu cher (25 euros).

Bonnet Huteau, Heritage 2002, Sèvre et Maine, Goulaine (14,5/20)

Le nez donne une impression crémeuse, avec une belle complexité. Pas très long, mais des saveurs d’une fraîcheur parfaite à 12 ans d’âge (23 euros).

Michel Bregeon 2004, Sèvre et Maine, Gorges (14,5/20)

Beaucoup de vivacité et même un soupçon d’arômes de type végétal. Mais c’est un vin aussi délicat que vif, avec un joli équilibre autour de son acidité. (10,20 euros)

Les Bêtes Curieuses 2004, Sèvre et Maine, Gorges (14/20)

Les arômes transmettent une sensation de pureté. Tendre, salivant, mais pas d’une grande complexité, c’est un bon vin très agréable, frais et fin (13,80 euros).

Domaine du Haut Bourg , Origine 2003, Côtes de Grandlieu, Bouaye (14/20)

Le nez semble relativement tendre. Est-ce du au millésime ou à l’influence d’un élevage sous bois ? Ou aux deux ? La texture est très belle en tout cas, même si ce vin manque un peu de vivacité en fin de bouche. Encore un tarif des plus raisonnables (9 euros).

Pierre Luneau Papin, Excelsior 2005, Sèvre et Maine, Goulaine (14/20)

Encore un peu fermé, le nez fait preuve de finesse et d’une belle vivacité. En bouche ce vin reste un peu austère et sa texture et légèrement crayeuse, mais il a beaucoup de fond et va surement très bien évoluer (25 euros).

 

Visite du vignoble

Jo Landron
Jo Landron dans ses vignes. C’est un des pionniers du bio et de la biodynamie dans la région mais il évite bien de tomber dans les pièges du sectarisme

Le lendemain de la dégustation dont le compte-rendu apparaît pour moitié ci-dessus et pour moitié la semaine précédente, le bureau du Wine & Business Club de Nantes (oui, il y a à Nantes des hommes d’affaires qui sont fiers de leur vignoble) a organisé une série de visites dans le vignoble, ce qui m’a permis d’améliorer mes connaissances et rencontrer des gens formidables. Dans l’ordre, nous nous sommes rendus chez Bruno Cormerais, Gilbert Bossard et Jo Landron. Merci à eux pour leur accueil. Bruno et Gilbert sont en train de passer la main à leur fils respectifs. Le fils de Jo s’installe, par choix, sur un domaine plus petit que celui d’une quarantaine d’hectares bâti par son père. Tous font partie de ceux qui croient en leur appellation et dont les vins font honneur. Une promenade dans les vignes avec Jo Landron est très instructive et m’a permis de découvrir quelques beaux coins cachés aux abords de la rivière.

Conclusion

IMG_6463Certains, comme Bruno Cormerais, mettent tant l’accent sur sa commune (en l’occurence Clisson) qu’on ne voit même plus Muscadet sur l’étiquette. Je ne pense pas que cela aide bien l’ensemble, même si ses étiquettes font partie des plus belles de l’appellation

J’ai déjà exprimé mon scepticisme quant à l’intérêt de la multiplications de sous-appellations ou désignations locales. Mais ce qui me semble bien plus important est la qualité d’une proportion significative des échantillons dégustés. Sans tenir compte des prix de vente (pas toujours connus car certains vins ne sont plus à la vente), j’ai retenu comme « bons » ou « très bons » la moitié des 58 échantillons dégustés dans ces deux séries. Il s’agit, pour moi, d’une proportion très élevée et marque, une fois de plus, le potentiel qualitatif de cette appellation qui soufre pourtant de plusieurs handicaps.  A commencer par le nom de son cépage unique, inconnu ailleurs et doté d’un nom difficile à retenir et peu vendeur : qui voudrait afficher « melon de bourgogne » sur son étiquette ? Pourtant c’est bien ce cépage unique, délicat et plastique, et donc pas dominateur par rapport au travail du vigneron, qui fait l’identité des vins de Muscadet. Il ne faudrait surtout pas céder aux sirènes de l’aromatisation facile et commencer à y rajouter sauvignon ou colombard. Peut-être trouver un nom de cépage plus sexy que « melon » ? Autre ligne d’attaque possible : insister sur les capacités de bonne garde de ces vins, et les valoriser parfois mieux, au regard des prix très bas de certaines cuvées retenues (6 euros pour des vins de qualité ayant 10 ans d’âge, est-ce bien raisonnable ?).

Et tout cas, cette dégustation, comme celle organisée il y a peu de temps à titre privé par le caviste Yves Legrand, m’a convaincu que les meilleurs Muscadets sont à situer au niveaux des très bons blancs d’ailleurs en France, bourgogne compris. Merci à Interloire pour sa parfaite organisation dans ses locaux près de Nantes. Je trouve dommage et peu rationnel que certains producteurs ne veuillent par participer à ces actions collectives. Sont-ils capables de monter de telles opérations pour faire connaître leurs vins ? Merci aussi à l’équipe d’amateurs de vin (mais grands professionnels par ailleurs) du Wine & Business Club de Nantes de m’avoir organisé aussi une belle tournée dans le vignoble.

 

David Cobbold

(textes et photos, sauf celle de Jo Landron dont je n’ai pas réussi à trouver le nom de l’auteur)


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Muscadet : un trésor caché ? (1/2)

Je vais publier cet article, qui concerne essentiellement la capacité de vieillir des vins de Muscadet, en deux parties à une semaine d’intervalle. En voici la première, avec un compte-rendu de dégustation qui concerne les Muscadets vieillis mais sans mention communale. Cette sélection comporte 15 vins sur les 33 échantillons dégustés. La semaine prochaine, vous aurez droit aux vins avec mention communale et à ma sélection de 15 vins sur les 24 échantillons dégustés, ainsi qu’à quelques remarques en guise de conclusion.

muscadet-bregeon-5Est-ce que le Muscadet est toujours un vin pâle, simple et assez vif ? Parfois oui, mais parfois les choses sont bien plus complexes, comme je l’ai découvert, et pas pour la première fois, lors de cette dégustation.

Il y a deux réactions possibles quand on suggère, en compagnie, de commander une bouteille de Muscadet à table. La première est un regard d’injurié qui tente de cacher l’insulte par un masque d’étonnement ; la deuxième est un œil approbateur, mêlé d’une pointe d’admiration et, parfois, d’un brin de méfiance. Les deux types de réactions, avec des nuances en ce qui concerne le second, nécessitent qualifications et explications.

La première réaction «type» est celle d’un amateur lambda, qui se méfie encore du Muscadet, ou, au mieux, ne le conçoit que dans le registre très mineur de vin pour rincer des fruits de mer. La faute à un passé, pas trop éloigné, rempli de flots de vins médiocres, produits avec des rendements déraisonnables et copieusement soufrés. La deuxième pourrait être celle d’un professionnel du vin, convaincu par la qualité remarquable des meilleurs vins de Muscadet mais conscient que cette qualité dépend, surtout, du producteur et de son approche.

Carte-des-rgions-viticoles-du-Pays-nantais-et-de-Vendee-C-M.CRIVELLAROPour bien situer la géographie et l’influence océanique, un peu de recul peut être utile

 Les causes de cette désaffection, pour ce qui a longtemps été une des appellations françaises de blancs secs les plus en vogue, ont déjà été mentionnées. Mais la mécanique du renouveau dans la qualité des meilleurs vins de cette région nantaise, donc océanique, méritent qu’on s’y attarde un peu. Comme toujours, le point de départ, et qui reste la pierre angulaire, a été la volonté et le talent de quelques producteurs opiniâtres. Ceux-là continuent à mener le bal. Mais la prise de conscience du potentiel du cépage melon de bourgogne (un nom curieux et un peu malheureux qui fait partie des petits handicaps de l’appellation) est devenue plus large. Après tout, cette variété est un cousin du chardonnay car les deux ont pour co-géniteur le gouais blanc, parfois connu sous l’intitulé de «Casanova des vignes».

Après une vague de modernistes qui ont tenté de lui donner des lettres de noblesse avec des élevages sous bois, d’autres, peut-être plus sages, ont insisté sur ses capacités de vieillissement en bouteille ou bien en cuve enterrée et vitrifiée. Ce sont ces vins-là que j’ai voulu tester lors d’une récente dégustation près de Nantes, organisée pour moi par Interloire, et qui a réuni près de 60 échantillons. Le vin le plus jeune de cette série provenait du millésime 2005, et le plus ancien de 1982. Et la fourchette des prix, du moins pour les vins encore à la vente, allait de 6 à 50 euros : ce dernier prix, excessif à mon avis, étant exceptionnel dans une série dont la valeur moyenne tournait autour de 15 euros pour des flacons ayant une bonne dizaine d’années de mûrissement derrière eux. Et, vu le niveau des meilleurs vins que j’ai dégustés, il serait très difficile d’égaler leur rapport qualité/prix dans ce pays.

carte MusadetLes sous-régions du Muscadet existait déjà. Maintenant arrivent les appellation communales : Clisson, Gorges et Le Pallet. D’autres attendent leur heure. Cela ne va pas simplifier la donne pour le consommateur, mais c’est probablement une solution pour tirer une partie de l’appellation vers le haut. L’influence géographique de l’eau, et pas uniquement de l’océan, est assez évidente sur cette carte.

La dégustation s’est ordonnée en deux séries de vins. D’abord les Muscadet-sur-Lie sans appellation communale, ensuite les Muscadet-sur-Lie avec appellation communale, que celle-ci soit actuelle ou en cours de confirmation par les instances, de plus en plus centralisées, qui gouvernent ce genre de chose. Les vins du premier groupe étant globalement plus âgés que ceux du deuxième car la mise en place des ces communes désignées, opération clé dans l’image nouvelle que Muscadet souhaite projeter, est relativement récente.

Les Muscadet-sur-Lie sans désignation communale

Les vins notés sont mes préférés parmi les échantillons présentés. Tous les vins étaient servis en semi-aveugle, car je ne connaissais que leurs millésimes. Les écarts de prix entre vins d’un niveau équivalents m’ont semblé assez importants. Outre le positionnement prix très ambitieux d’une des cuvées, je pense que ces écarts reflètent surtout la renommé des producteurs et leur réussite commerciale. Mais je dirais aussi que les vins les moins chers parmi ma sélection méritent clairement d’être vendus à des prix un peu plus élevés. L’ordre des notes suit celui de mes préférences, puis l’ordre alphabétique dans chaque série ayant la même note.

Domaine de la Landelle, l’Astrée 1999 (15,5/20)

Ce vin était servi en magnum.

Un très beau nez, aussi fin qu’expressif. Belle complexité de saveurs qui combinent finesse et une certaine puissance avec une belle acidité intégrée qui assure une finale fine et salivante (28 euros, pour le magnum)

 

Michel Luneau, Vins de Mouzillon 2005 (15/20)

Le nez semble plus discret que la plupart, mais aussi plus fin. J’aime bien sa pointe d’amertume qui rend plus précise la sensation de ses belles saveurs. Un ensemble long, salivant et très fin, encore plus remarquable vu son prix très modeste. (6 euros)

 

Pierre Luneau Papin, L d’Or 1999 (15/20)

Une première bouteille fut bouchonnée. La deuxième était splendide : joli nez floral. Beaucoup de gourmandise en bouche avec de belles saveurs fruitées. C’est frais, long et parfaitement harmonieux avec un équilibre idéal. (plus à la vente)

 

Louis Métaireau, Grand Mouton, One 2005 (14,5/20)

Le nez est fin mais assez puissant, dans un registre un peu herbacé. Tendre à l’attaque, le vin à ensuite une bonne tenue ferme, une acidité moyenne, un bon équilibre et longueur. Le prix me semble assez délirant cependant, à entre deux et six fois le niveau de ses concurrents proches en qualité (36 euros).

 

Domaine Landron, Le Fief du Breil 2000 (14,5/20)

La première bouteille était oxydée (bouchon poreux, probablement). La deuxième étalait une belle richesse s’arômes et de saveurs, avec beaucoup de matière et une texture fine. Bonne longueur et une acidité pour soutenir cet ensemble (25 euros)

 

Château de la Pingossière 1990 (14,5/20)

Le nez est simple et un peu fermé. Bien équilibré en bouche, assez puissant mais avec une bonne fraîcheur et une très bonne longueur (n’est plus en vente).

 

Domaine de la Poitevinière 2005 (14,5/20)

La première bouteille était bouchonnée. La deuxième avait une robe jaune paille, donc très prononcé pour un muscadet de cet âge. Le nez semble aussi assez évolué, avec des arômes qui me rappellent des vieux sauvignons. Bien arrondi en bouche aussi, avec des saveurs exotiques mais très agréables et complexes. Encore un vin vendu à un prix très faible (5,80 euros)

 

Château de l’Aulnaye 2003 (14/20)

Un très beau nez, aussi riche que fin. Bonne équilibre entre vivacité de la matière et finesse de texture (9,5 euros)

 

Château de la Bourdinière 1990 (14/20)

Bonne intensité au nez. Un peu d’amertume en bouche mais les saveurs sont larges et assez longues, ce qui lui donne une belle complexité. Un peu cher peut-être (27 euros).

 

Bruno Cormerais, Vieilles Vignes 1989 (14/20)

Ce producteur, qui a aussi présenté un 1982 d’une jeunesse étonnante, a fait ici un vin au nez floral expressif et à l’acidité bien présente qui lui donne un bon équilibre, même si les saveurs manquent un peu de précision (plus à la vente).

 

Domaine de la Landelle, Les Blanches 1998 (14/20)

Le nez est vif, même un peu vert. Ses belles saveurs et sa vivacité prononcée indiquent qu’il pourra encore tenir longtemps (12 euros)

 

Domaine Landron, Le Fief du Breil 2005 (14/20)

Nez vif, aux arômes qui rappellent le genet. C’est précis dans la définition des saveurs et assez long (18 euros)

 

Pierre Luneau Papin, L d’Or 2005 (14/20)

Un beau nez, riche et complexe. Une très bonne largeur dans les saveurs et un parfait équilibre, malgré une pointe de sècheresse en finale (18 euros)

 

Louis Métaireau, Grand Mouton, Premier Jour 1989 (14/20)

Au premier nez, présence de soufre et une sensation de réduction. Le vin se révèle en bouche avec une sensation saline marquée. Semble étonnamment jeune malgré ses 25 ans. Mais deux euros par année passée est un tarif bien trop élevé pour ce vin ! (52 euros)

 

Domaine de la Perrière, Olivier de Clisson 2005 (14/20)

Le nez assez herbacé me donne une impression de réduction au début. L’attaque est tendre, mais est suivie d’une impression vivace, avec des saveurs très nettes (7 euros)

 

 David Cobbold


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S’il y avait un roi du Sauvignon, ce serait peut-être un Bourgeois

Non, je n’aurai pas la prétention de dire que les meilleurs vins de Sauvignon Blanc viennent d’ici ou de là, ni qu’un tel ou un tel en soit le meilleur producteur de ce cépage assez protéiforme. Mais, par l’étendue géographique de sa production (toute la région du Centre Loire plus la Nouvelle Zélande), la largeur de sa gamme liée à sa qualité globale, sans oublier la capacité de vieillissement de certaines de ses cuvées, la Maison Henri Bourgeois serait un très sérieux candidat à ce genre de titre, certes un peu absurde.

IMG_6442Le père tranquille de la Maison Henri Bourgeois se prénomme Jean-Marie, techniquement à la retraite mais toujours actif. Mais cette Maison au prénom unique cache une vraie dynastie. J’y compte au moins 6 frères, cousins, pères ou oncles qui y jouent chacun un rôle. 

Je n’ai pas le souvenir d’avoir dégusté un mauvais vin de ce producteur sancerrois qui, à la différence de ses collègues, a su aussi s’ouvrir au challenge de produire également aux Antipodes sans renier ses origines ni son approche. Les Bourgeois sont vignerons depuis de nombreuses générations à Sancerre, mais l’entreprise tient son nom, Henri Bourgeois, du grand-père des actuels dirigeants qui exploitait seulement 2 hectares en 1950. Par son action et celles de ses fils, le domaine atteint aujourd’hui la taille respectable de 70 hectares répartis entre les appellations Sancerre et Pouilly Fumé. Jean-Marie Bourgeois, son frère et leurs fils, qui dirigent maintenant les affaires, ont aussi une activité de négoce qui leur permet de couvrir l’ensemble des autres appellations du Centre Loire : Menetou-Salon, Quincy, Châteaumeillant, Coteaux du Giennois, plus quelques IGP. Rien qu’en Sancerre blanc, la gamme est d’une complexité rare : j’en ai compté sept références ! J’avoue être perdu par moments, d’autant plus que les étiquettes ne sont pas des plus lisibles. Mais l’essentiel est dans le verre, et là il n’y pas de déception. Si vous envisagez une visite chez Henri Bourgeois, dont les diverses installations occupent, avec une discrétion admirable qui ne renie pas des équipements d’une parfaite modernité, une bonne partie du village de Chavignol, prévoyez large en temps !

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IMG_6439Deux ou trois visages de Chavignol : le village, dans son jus, le chai ultra-moderne d’Henri Bourgeois incrusté dans la colline, et, autour, le paysage roulant avec ses monticules (Sancerre au loin).

Mais une autre chapitre de l’histoire remarquable de cette famille s’écrit aux antipodes de la France, dans l’Ile du Sud de la Nouvelle Zélande. Jean-Marie Bourgeois y acquiert 98 hectares de terre en 2000, puis 11 de plus en 2003. Nommé Clos Henri, ce domaine a obtenu une certification bio en 2013 pour les 42 hectares en production. A la différence des pratiques locales, les plantations sont relativement denses et l’irrigation a été abandonnée. Comme à Sancerre, Clos Henri ne produit qu’à partir de deux variétés : sauvignon blanc et pinot noir. Ce n’est pas que la famille s’est limité à reproduire des schémas connus en sancerrois, car d’autres variétés ont été plantées, puis arrachées devant leur absence de réussite. L’énorme avantage des pays du Nouveau Monde est qu’on peut tout essayer, partout, et que seul le résultat sert de juge. On aimerait tant que la vieille Europe adopte cette approche.

IMG_6423Le restaurant La Côte des Monts Damnés, à Chavignol, sert une jolie cuisine qui renie pas des influences d’ailleurs. Jean-Marc Bourgeois est à la tête de cet établissement qui abrite aussi un hôtel.

Il faut aussi rajouter que cette famille excelle dans la voie de la transmission, car frères, fils et neveux travaillent tous sur le domaine ou dans des affaires annexes à Chavignol, sous le regard des pentes abruptes du vignoble des Mont Damnés. Familiale et aventureux, c’est possible !

IMG_6443Seule une petite partie des vins d’Henri Bourgeois est élevés sous bois, mais cela leur est clairement bénéfique, grâce à une grande attention à la taille du contenant et à la qualité des fûts.

L’objet de ma récente visite à Sancerre étant de tenter d’explorer les possibilités du cépage Sauvignon blanc à table. Mais tout commence chez Henri Bourgeois par une dégustation. A cette occasion j’ai pu admirer la pureté du fruit et la vivacité du du profil des trois Pinot Noirs de Marlborough : Petit Clos 2013, Bel Echo 2013 et Clos Henri 2013. Ce dernier plus riche et charnu avec une bonne longueur. Les sauvignons blancs du domaine NZ ne sont pas en reste, en particulier un Clos Henri 2012 somptueux de saveurs, long et intense. Quelques Sancerre avant d’aller déjeuner au bistrot des Monts Damnés : en particulier La Bourgeoise 2012, pièce maitresse de la gamme, qui m’a impressionné par sa belle finesse et sa superbe qualité de fruit.

A table, nous avons essayé différentes combinaisons afin de mettre à l’épreuve les capacités du sauvignon blanc. Elles se sont avérés conséquentes. Selon la cuvée, jeune ou plus âgée, avec ou sans élevage sous bois, nous avons pu jouer sur une large spectre ne nuances et trouver des bons accords avec terrine de poisson, poisson fumé, huître, poisson frais, agneau et, évidemment fromage de chèvre de Chavignol. Je dois dire que je suis un peu ambigu par rapport à la plupart des choses que je lis sur ce sujet très flou et éminemment personnel des accords mets/vin. D’un côté, j’ai parfois envie de dire que tout cela n’est que foutaise et ne sert qu’à vendre articles et livres. D’un autre, il y a quand-même plein de vins dont l’appréciation est diminuée, voire totalement détruite, par des mets qui ne conviennent pas.

En conclusion, je dirais que le sauvignon blanc offre quand même une gamme de possibilités à table plus large que la plupart des vins.

David Cobbold

(textes et photos)


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Saving Lugana + a J&B Loire tasting

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Lugana, the small white wine district in northern Italy, is menaced by a high-speed rail development. The Lugana producers have launched a petition designed to persuade the Italian government to change their plans.

Here is an extract from an excellent blog post by Magnus Reuterdahl on behalf of the 18,000+ #winelover community. It also has the support of the DWCC (Digital Wine Communications Conference).

‘Help us save Lugana – for us and for the future!

(Posted on 16 November 2014)
On this blog I normally post in Swedish, but this is an international posting – I post this as part of the #winelover community, as a #winelover ambassador. Help us save Lugana!

#saveLugana – sign the petition here!

I want to start by saying that I have nothing against railroads or the expansion of railways. On the contrary, I think they should be expanded in order to reduce car and air traffic.
Having said this, I do not think you can sacrifice everything for this purpose, if the expansion instead destroys other natural or social values, one has to ask what is the most important. In this case, for me – it’s easy!

At the moment Italy plans to expand a portion of its railway network. In doing so they will destroy parts of a unique wine region. It is unique due to it’s size and placement. That is, one can not replace the area by just increasing it. By taking a part of it for other use you will indispensable destroy parts of an unique wine area for a very long time.’

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J & B Loire tasting

The annual J & B (Justerini & Brooks) Loire and Rhône tasting is certainly worthwhile. Although their Rhône list is more comprehensive than the Loire, there were a number of good things to taste this afternoon. Furthermore having tasted the Loire there was time for me to go and play and try a few Rhônes before departing.  

One of the highlights of the Loire tasting was 10 Sancerres from Vincent Pinard – five white and five red. I particularly enjoyed the ripe and richly textured 2011 Vendanges Entières, Sancerre Rouge (£35.46). It still needs time but will be a lovely bottle in a few years time. At £25.46 the 2009 Charlouise is a little more evolved – again with seductive texture and charming Pinot fruit. 
Not easy to pick a favourite from the Pinard whites but I’ll go for the 2012 Harmonie (£25.46) with good weight, concentration and length that will surely age well.
Two wines from Lucien Crochet (represented by Gilles Crochet) impressed. La Croix du Roy (£16.96) is an old favourite and the charming, soft 2009 underlines again how good Pinot Noir now can be from Sancerre and other Central Loire vineyards – well worth considering given the increase in prices in Burgundy.
The other – Le Cul de Beaujeu, Sancerre Blanc – was new to me. The Cul de Beaujeu is the very steep slope that is directly above Chavignol on the other flank from the better known Les Monts Damnés. The Beaujeu parcel belongs to a cousin of Gilles’ wife. He was a pilot with Air France but has just retired and intends to make his own wine from 2015, so Gilles has only been able to make six vintages of this wine – 2009 – 2014. The 2011 Crochet Cul de Beaujeu (£23.96) is noticeably richer and fuller than than the other Crochet Sancerres, although it is still quite tight in the finish and certainly needs time to show its best.

J & B have reduced their Sancerre range as they are no longer listing the wines of François Cotat – not finding the recent vintages sufficiently convincing.
As at last year’s tasting the startlingly precise wines from Thibaud Boudignon stood out in particularly his beautifully textured and long 2011 Savennières (£30.46). 
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La bouffe en France – not all bad news! (part 2)

Tagliatelle géante de Crottin au Beurre de Muscade.

Tagliatelle géante de Crottin au Beurre de Muscade.

Last week’s post got my stomach as far as Renaison in the heart of the Côte Roannaise. Friday 19th September took me from Renaison to Nevers some 156 kilometres of mainly flat riding. It also included the worst weather I encountered during my eight-day ride. I had an hour of torrential rain just the north of Roanne with the road rapidly turning into a river. Fortunately it cleared up and was mainly dry all the way to Nevers.

Here we stayed at the Hotel des Clèves – in the centre of Nevers, simple, friendly place to stay with a place to store bikes overnight. Nevers is the start of the Loireà Vélo trail that runs from here to the Atlantic. It was a good move to put my bike on our car outside Nevers because the centre of the town is a maze of one-way streets and we only got the car to our hotel with the assistance of our GPS.

Following a recommendation from our hotel we ate that evening at the nearby La Table d’Alexandre (6, Rue Henri Barbusse), which I learned later had only opened at the end of October 2013. Although it was Friday night the restaurant was almost empty, so we were a little dubious. This proved to be completely unfounded as we had a fine meal.

I started with a duo de saumon – smoked and gravlax, while Carole had a copious salade de gesiers, which I helped her finish. Rather piggish behaviour I agree but I had ridden over 160 kilometres that day I might be excused.

For my main course I chose one of my rognons de veau, while Carole had the lotte (monkfish). These dishes accompanied a couple of good half bottles of Coteaux de Giennois from Michel Langlois – 2012 Les Charmes (white) and 2011 Champ de la Croix. Both were good examples of their appellation with the white refreshingly citric and the red lightly spicy and easy drinking.

Michel Langlois 11Champ de la Croix

The next stage (Saturday 20th September) was deliberately short – just 73 kilometres from Nevers to Chavignol with a quick diversion into Pouilly-sur-Loire for a photo opportunity at the half-way point – 496 kms to the source and 496 kms to the Atlantic. This was partly to have an opportunity to have a quick look at how the vines in Sancerre and Pouilly were looking just before the vintage but also to stay and eat at the Hotel La Côte des Monts Damnés run by Carine and Jean-Marc Bourgeois.

Much of the Saturday afternoon was pretty wet and miserable. From our quick swing through the vineyards, there were a few signs of rot in both the Pinot Noir and Sauvignon but this should have come to any thing as from the following Monday the weather reverted back to being wonderfully dry and warm.

Every time I eat at Jean-Marc’s restaurant I find it almost impossible not to start with his great speciality – Tagliatelle géante de Crottin
au Beurre de Muscade. Over the years it has evolved and become more sophisticated but it remains always absolutely delicious. In any case long-distance cyclists are supposed to take on plenty of carbohydrates.

My main course was a wonderfully tender filet de de Canette des Dombes, légumes de saison en crumble, jus perlé, while Carole enjoyed the filet de Rouget-Grondin, purée de pommes de terre, Langoustines & son trait d’huile d’olive. We both finished with the soufflé chaud aux griottes. After a glass of 2013 Sancerre Blanc, we enjoyed a bottle of 2010 Hommage à Nicolas Sancerre Rouge from Domaine Nicolas and Pascal Reverdy.

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Next week’s concluding Part 3 will take my stomach from Chavignol to the Atlantic.

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