Les 5 du Vin

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Pourtant, moi, d’habitude, les Sancerre rouges…

J’ai toujours une certaine appréhension lors d’une dégustation de Sancerre rouges: la maturité sera-t-elle au rendez-vous, l’élevage dominera-t-il les vins, aurons-nous du fruit ? Malgré les robes plutôt claires, et des nez parfois peu expressifs, la dernière en date m’a quelque peu rassuré.

Voici mes préférés.

 

Les Garennes 2016 Sancerre La Cave des Vins de Sancerre

Rubis velouté, le nez nous offre un choix de confitures de fruits rouges relevées de poivre noir et de cannelle. La bouche croque gourmande et reprend les baies confites, fraise, groseille et framboise. Les tanins encore marqués par la jeunesse déroulent leur tissu au relief accrocheur, mais certes bien juteux. Joliment frais, il nous charme par son caractère primesautier.

www.vins-sancerre.com

Anthocyane 2015 Sancerre Domaine Bernard Fleuriet & fils

 

Grenat aux reflets améthyste, au nez maculé de confitures de frais, groseille et cerise rafraîchies d’éclats de citron confit, piquées d’un clou de girofle et bien poivrées. La bouche, construite et structurée, se tapisse de tanins soyeux à la texture suave. La longueur nous parle des épices, réglisse, poivre et cumin, qui poudrent les fruits.

Issue des plus vieilles vignes plantées sur des grands terroirs à rouges, cette cuvée est macérée durant 30 jours et élevée en barriques dont 1/3 de neuves pendant 12 mois.

www.fleuriet-sancerre.com

à Nicolas 2015 Sancerre Domaine Pascal et Nicolas Reverdy

 

Grenat foncé, il nous fait d’emblée envie avec ses senteurs gourmandes de clafouti à la prune sombre, sa marmelade de fraise et sa compote de cerise noire à la cannelle. La matière dense de la bouche offre son architecture aux lignes droites bien plantées dans l’assise minérale. La structure cristalline habillée de fruits et d’épices, de tanins serrés bien juteux, se révèle sapide et riche de plaisir.

Les Pinot noir plantées en 2001 poussent dans un sol calcaire. Cuvaison de 4 semaines en cuves en bois et élevage de 12 mois en barriques et demi-muids.

Côte de Champtin 2015 Sancerre Domaine Roger Champault

 

Grenat cramoisi, le nez torréfié parle de noisette et de moka, avant de nous dire un mot sur les pâtes de fruits très épicées. En bouche, la cerise s’impose, entière, noyau en tête. Les tanins prennent le relais et décorent le palais de leur crêpe de Chine au relief un rien rugueux, mais plaisant car coloré de griotte, de fraise, de groseille, soulignés de cannelle. Certes équilibré, l’harmonie lui manque encore, mais son joli potentiel ne laisse aucun sur sa gourmandise à venir.

Les vignes ont 50 ans et poussent dans les Terres Blanches. Les raisins égrappés macèrent à froid pendant 48 heures. La fermentation alcoolique dure une douzaine de jours entre 25 et 30°C. La fermentation malolactique se fait en fût de 600 l. Une fois soutiré, l’élevage se poursuit en fût pendant 12 mois.

http://rogerchampault.fr www.facebook.com/domainerogerchampault/

Génération Dix-Neuf 2014 Sancerre Domaine Alphonse Mellot

 

Grenat sombre, le nez semble bien fermé, il faut agiter le vin pour lui extraire quelques senteurs prometteuses de rose et de jasmin, de baies rouges et noires. La bouche n’est guère plus prolixe, mais avoue tout de même quelques indices fruités aux goûts de cassis, de fraise noire et cerise épicés de poivre et de cardamome.

Vous l’avez compris, ce 2014 est au début de sa vie et ne refuse pas quelques années de cave pour retrouver la lumière et être plus enclin à nous ravir.

La Cuvée Génération est issue de vignes de 62 ans plantées à 10.000 pieds/ha sur la parcelles de 1 ha de Chambratte et Paradis, un sol de caillottes, des marnes de Saint-Doulchard, déposées sur un sous-sol calcaire du Kimméridgiens supérieurs. Après une macération à froid de 8 à 12 jours, les fermentations démarrent, agrémentés de pigeages et de remontages très légers, mais quotidien.

Les températures de fermentation ne dépassent pas 28°C. La durée de cuvaison est en moyenne de 4 semaines. Les jus de presse sont incorporés aux jus de goutte ou vinifiés séparément. Après débourbage, l’ensemble des jus est mis directement en fûts pour effectuer la fermentation malolactique. L’élevage en fûts neufs dure 14 mois. Production : 2 800 bouteilles.

www.mellot.com

La Croix Renaud 2014 Sancerre Domaine Pierre & Florian Berthier

 

Grenat lumineux au nez de gelée de griotte teintée de thym et de sauge. Bouche élégante aux tanins délicats qui font comme une frise au fruité raffiné. La structure aérienne et la fraîcheur bien maîtrisée renforce encore l’impression de pureté, de dessin bien défini.

Vin est issu de la première parcelle du domaine à avoir été plantée en Pinot Noir dans les années 1980.

Vieilles Vignes 2010 Sancerre Jean-Max Roger

 

Grenat encore bien vif, au nez qui nous enchante par la fraîcheur de ses fruits, fraise, groseille, framboise, teintés de laurier et de sauge. La bouche offre ce petit relief rêche qui aide à accrocher la nourriture et nos papilles. Puis viennent les arômes annonceurs de l’âge, le sous-bois et le cuir, rougis de burlat et noircis de prunelle. La longueur, importante, révèle le fruité évanescent qui se transforme en gelées délicates. Mais l’ensemble garde une fraîcheur étonnante.

Les vignes de 40 ans, plantées à 7.000 pieds/ha, poussent dans des Caillottes. Après une macération à froid de quelques jours, suit la fermentation de 10 à 12 jours avec remontages réguliers. Élevage en barriques de 300 litres pour l’ensemble de la cuvée pendant 15 à 18 mois. www.jean-max-roger.fr

 

Comme quoi…

Ciao

 

Marco

 

 


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Hall of Merit, les 5 producteurs de mon Panthéon français

La semaine dernière, notre ami Jim nous a donné son « Hall of Fame » du vin en France – ou plutôt faudrait-il parler de  « Hall of Shame », dans son cas!

Ma sélection relève d’une autre approche. Il s’agit de cinq producteurs français (je pourrais faire la même chose pour d’autres pays, mais restons local) qui ont toute mon admiration pour avoir réuni les cinq critères suivants dans leur production :

  1. Ils élaborent avec régularité et sans faille des bons vins depuis des années.
  2. Ils sont ou ont été innovants dans leur approche.
  3. Ils pratiquent des prix très raisonnables dans leurs appellations respectives
  4. Sans être des structures géantes, ils produisent des quantités qui rendent leurs vins disponibles assez largement et dans plusieurs pays et circuits ou en tout cas une partie de leurs gammes).
  5. Ils ne bénéficient pas de la rente de situation qui consiste à avoir hérité d’un domaine ou d’une unité de production dans une appellation ou zone  prestigieuse.

En prenant en compte tout cela, je nomme les 5 suivants, même s’il y a, forcément, d’autres candidats très valables ici ou là. Et, du coup, je suis bien obligé d’ignorer aussi certaines régions.

Champagne : Serge Mathieu

Loire : Henry Marionnet

Rhône : Marcel Richaud

Languedoc : Hecht & Bannier (H&B)

Bordeaux : la famille Despagne (Château La Tour Mirambeau, etc)

Maintenant, je vais vous donner mes raisons spécifiques pour chaque choix, hormis le critère de qualité qui est forcément un peu personnel. Et je devrais rajouter aussi parmi ces critères, la qualité humaine, élément à mes yeux indispensable pour figurer dans mon palmarès. Tous ces vignerons/producteurs remplissent évidemment cette condition.

Champagne Serge Mathieu, Aube

Michel Jacob et Isabelle Mathieu, l’équipe gagnante

http://www.champagne-serge-mathieu.fr

Quelqu’un qui se connecte au site web de ce producteur verra que j’ai écrit une introduction à leurs vins. Je peux dont être accusé d’une forme de biais en leur faveur. Mais mon texte reflète exactement ce que je pense, depuis longtemps, concernant la qualité des vins de cet excellent producteur encore peu reconnu en France, mais dont 70% de la production sont exportés. On peut aussi me reprocher d’inclure dans ma courte sélection un producteur de Champagne, si on considère qu’être nés dans cette région et d’hériter d’un vignoble constitue déjà une forme de « rente de situation », selon mes propres critères. Oui, mais ce domaine se situe dans l’Aube, dans un village peu connu et loin des grands crus de la Marne.

J’étais tombé par hasard sur ce producteur il y a 20 ans en faisant des recherches pour un petit guide de la Champagne pour un éditeur anglais. Je ne le connaissais pas à l’époque et j’écrivais ceci dans ce petit guide : « This family estate makes some beautifully fragrant Champagnes which are properly aged before being sold ». Cela reste tout aussi vrai aujourd’hui, même si ma connaissance de leur approche méticuleuse à la viticulture et à la vinification s’est approfondie depuis. Et je n’ai jamais été déçu par aucun de leurs vins. Comme souvent en Champagne, je juge la qualité d’un producteur surtout à l’aune de sa cuvée la plus vendue, qui est toujours son brut non-millésimé. Si le reste de la gamme est à la hauteur, le Brut Tradition de Serge Mathieu, issu à 100% du Pinot Noir, est pour moi aussi exemplaire que raisonnable en prix. En plus, il vieillit très bien.

Henry et Jean-Sébastien Marionnet, Touraine, Loire

Jean-Sébastien et Henry Marionnet

http://www.henry-marionnet.com/

Etre vigneron à Soings-en-Sologne est tout le contraire d’une rente de situation. Il faut faire bien et le faire savoir en permanence pour émerger, sans pouvoir exagérer sur les prix. C’est le cas d’Henry Marionnet depuis une trentaine d’années, et maintenant de son fils Jean-Sébastien. Cette année, le vin primeur de Marionnet était une fois de plus un des meilleurs vins primeurs que j’ai pu déguster. Ils élaborent un vin sans soufre ajouté depuis 25 ans, bien avant la mode galopante actuelle. Ils ont eu le culot de planter 5 hectares de vignes non-greffées, ce qui nous offre une possibilité unique de déguster, que cela soit avec le  gamay, le malbec ou le sauvignon, côte à côte, des vins faits de la même manière et issus de la même parcelle ; l’un avec une vigne franche de pied et l’autre avec une vigne greffée. La différence est aussi nette que saisissante et nous indique le degré de perte d’intensité de saveurs qui résulte du greffage opéré afin de résister au phylloxera. En trente ans, je n’ai jamais goûté un mauvais vin de ce producteur qui remplit avec brio tous mes critères pour cette sélection.

Marcel Richaud, Cairanne, Rhône Sud

Marcel Richaud et ses enfants

http://www.chateauneuf.dk (NB. Ce producteur ne semble pas posséder son propre site web, ce qui est assez curieux, mais ce site donne des informations factuelles sur le domaine)

Marcel Richaud a pris la suite de son père sur le domaine familial situé près de Cairanne, dans le Rhône méridional. Au lieu de vendre ses raisins à la cave coopérative, il a voulu élaborer des vins lui-même et cela avec une forte éthique aussi bien dans la vigne que dans ses vinifications. Si ses vins sont appréciés par le microcosme du « vin nature », il le sont également par un public bien plus large. Autrement dit, ils sont propres, libres de brettanomyces, d’oxydation prématurée et d’autres petits désagréments. La gamme offre des choix et des prix très raisonnables, selon le niveau. Là aussi, je n’ai jamais été déçu par un vin de Marcel Richaud, même si je ne les connais que depuis une vingtaine d’années : la pureté du fruit et la belle texture des vins les plus accessibles est remarquable , comme sont l’intensité et la complexité des cuvées plus limités, comme l’Ebrescade. Il est largement responsable, certes avec d’autres, de l’émergence de Cairanne en tant que « cru » dans le Rhône.

Hecht & Bannier, négociants, Languedoc et Provence

François Bannier & Grégory Hecht

http://hechtbannier.com

Il s’agit de deux personnes, François Bannier et Grégory Hecht, que je connais personnellement et je peux donc être accusé d’un biais en leur faveur. Je crois qu’il n’en est rien et, pour ma défense, je signale que d’autres que moi ont déjà largement approuvé leur démarche et la qualité de leurs vins. Hecht et Bannier ont démontré, dès leurs débuts en 2002, qu’ils ont de l’audace (et il en faut pour créer une entreprise dans le vin quand on ne naît pas dedans et que cette entreprise est innovante), un savoir faire et un vrai amour du vin et des choses bien faites. Aucun de leurs vins ne m’a jamais déçu, même si j’ai forcément des préférences. N’ayant pas l’argent pour acheter des vignes, ils ont décidé, dans la tradition des négociants/éleveurs qui ont fait la réussite de la Champagne, de la Bourgogne ou de la Vallée du Rhône, d’acheter des lots de vins soigneusement choisis dans différentes appellations du vaste Sud, de les élever avec soin, puis de les vendre, bien habillés, dans tous les coins du monde. Et les prix aux consommateur restent parfaitement raisonnables, entre 7 et 20 euros selon l’appellation. Leur originalité consiste a avoir instauré ce travail de sélection et d’élevage soigné dans une région qui en était dépourvue en dehors de quelques grandes structures et ainsi de présenter aux distributeurs et aux consommateurs une gamme qui rend lisible une région si importante.

Famille Despagne, Naujan & Postiac (région Entre-deux-Mers), Bordeaux

Thibault, Baseline et Jean-Louis Despagne

http://despagne.fr/

La famille Despagne possède 5 châteaux dans cette belle région de l’Entre-deux-Mers, pourtant pas favorisée par les a priori des consommateurs qui ne regardent que les étiquettes et les appellations : Tour-de-Mirambeau, Mont-Pérat, Bel-Air-Perponcher, Rauzan-Despagne et Lion-Beaulieu. Premiers vignerons français à être certifiés ISO9001 et ISO14001, ils ont aussi su créer un nouveau standard pour les vins de la région avec la gamme Girolate, issus de vignes plantées à 10.000 pieds à l’hectare et avec une vinification intégrale, rouge comme blanc. Mais ce sont, comme toujours, par leurs vins les plus accessibles que les Despagne doivent être jugés, selon moi. Là aussi, je n’ai pas le souvenir d’une déception. Après Jean-Louis, le père, la relève est assuré par Thibault et Baseline et leurs équipes. Qualité, régularité, ténacité, créativité, accessibilité… tous les critères sont présents ici, « in spades » comme on dirait dans mon pays natal.

David Cobbold 

 


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Pourtant, d’habitude, les pinots noirs de Loire, bof…

Mais à l’image des blancs, le mois dernier, les Sancerre rouges dégustés cette semaine se sont avérés des plus agréables. Du fruit, de la matière, une bonne longueur, de la structure, bref, un véritable plaisir de dégustation. Alors qu’en les versant (dans le verre), on se croyait au pays des Clairets, tant la robe manquait d’intensité colorante. Mais le dégustateur avisé sait que l’habit ne fait pas le moine, enfin, pas toujours.

Voici ma sélection.

 

 

Anthocyane 2015 Sancerre Domaine Bernard Fleuriet & fils

Grenat aux reflets améthyste, au nez maculé de confitures de frais, groseille et cerise rafraîchies d’éclats de citron confit, piquées d’un clou de girofle et bien poivrées. La bouche, construite et structurée, se tapisse de tanins soyeux à la texture suave. La longueur nous parle des épices, réglisse, poivre et cumin, qui poudrent les fruits.

Issue des plus vieilles vignes plantées sur des grands terroirs à rouges, cette cuvée est macérée durant 30 jours et élevée en barriques dont 1/3 de neuves pendant 12 mois.

www.fleuriet-sancerre.com

à Nicolas 2015 Sancerre Domaine Pascal et Nicolas Reverdy

Grenat foncé, il nous fait d’emblée envie avec ses senteurs gourmandes de clafouti à la prune sombre, sa marmelade de fraise et sa compote de cerise noire à la cannelle. La matière dense de la bouche offre son architecture aux lignes droites bien plantées dans l’assise minérale. La structure cristalline habillée de fruits et d’épices, de tanins serrés bien juteux, se révèle sapide et riche de plaisir.

Les Pinot noir plantées en 2001 poussent dans un sol calcaire. Cuvaison de 4 semaines en cuves en bois et élevage de 12 mois en barriques et demi-muids.

Côte de Champtin 2015 Sancerre Domaine Roger Champault

Grenat cramoisi, le nez torréfié parle de noisette et de moka, avant de nous dire un mot sur les pâtes de fruits très épicées. En bouche, la cerise s’impose, entière, noyau en tête. Les tanins prennent le relais et décorent le palais de leur crêpe de Chine au relief un rien rugueux, mais plaisant car coloré de griotte, de fraise, de groseille, soulignés de cannelle. Certes équilibré, l’harmonie lui manque encore, mais son joli potentiel ne laisse aucun sur sa gourmandise à venir.

Les vignes ont 50 ans et poussent dans les Terres Blanches. Les raisins égrappés macèrent à froid pendant 48 heures. La fermentation alcoolique dure une douzaine de jours entre 25 et 30°C. La fermentation malolactique se fait en fût de 600 l. Une fois soutiré, l’élevage se poursuit en fût pendant 12 mois.

http://rogerchampault.fr www.facebook.com/domainerogerchampault/

 

Génération Dix-Neuf 2014 Sancerre Domaine Alphonse Mellot

Grenat sombre, le nez semble bien fermé, il faut agiter le vin pour lui extraire quelques senteurs prometteuses de rose et de jasmin, de baies rouges et noires. La bouche n’est guère plus prolixe, mais avoue tout de même quelques indices fruités aux goûts de cassis, de fraise noire et cerise épicés de poivre et de cardamome.

Vous l’avez compris, ce 2014 est au début de sa vie et ne refuse pas quelques années de cave pour retrouver la lumière et être plus enclin à nous ravir.

La Cuvée Génération est issue de vignes de 62 ans plantées à 10.000 pieds/ha sur la parcelles de 1 ha de Chambratte et Paradis, un sol de caillottes, des marnes de Saint-Doulchard, déposées sur un sous-sol calcaire du Kimméridgiens supérieurs. Après une macération à froid de 8 à 12 jours, les fermentations démarrent, agrémentés de pigeages et de remontages très légers, mais quotidien.

Les températures de fermentation ne dépassent pas 28°C. La durée de cuvaison est en moyenne de 4 semaines. Les jus de presse sont incorporés aux jus de goutte ou vinifiés séparément. Après débourbage, l’ensemble des jus est mis directement en fûts pour effectuer la fermentation malolactique. L’élevage en fûts neufs dure 14 mois. Production : 2 800 bouteilles.

www.mellot.com

Et pour terminer, un Sancerre qui ne fait pas son âge et qui démontre que les calcaires sont aussi propices que les granits pour l’élaboration de Pinot noir aptes à bien vieillir.

Vieilles Vignes 2010 Sancerre Jean-Max Roger

Grenat encore bien vif, au nez qui nous enchante par la fraîcheur de ses fruits, fraise, groseille, framboise, teintés de laurier et de sauge. La bouche offre ce petit relief rêche qui aide à accrocher la nourriture et nos papilles. Puis viennent les arômes annonceurs de l’âge, le sous-bois et le cuir, rougis de burlat et noircis de prunelle. La longueur, importante, révèle le fruité évanescent qui se transforme en gelées délicates. Mais l’ensemble garde une fraîcheur étonnante.

Les vignes de 40 ans, plantées à 7.000 pieds/ha, poussent dans des Caillottes. Après une macération à froid de quelques jours, suit la fermentation de 10 à 12 jours avec remontages réguliers. Élevage en barriques de 300 litres pour l’ensemble de la cuvée pendant 15 à 18 mois. www.jean-max-roger.fr

Ciao

 

Marco  


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Cet été à Chinon

Reçu du Syndicat des Vins de Chinon, ce communiqué annonçant les dégustations organisées tout l’été dans l’enceinte du château…

 La Tour de l’Horloge, au Château de Chinon

Forteresse royale et AOC Chinon, l’histoire en partage

Que peuvent avoir en commun la forteresse royale et les vins de Chinon ? Si la pierre tendre de tuffeau a permis de batir les plus beaux chateaux de la Loire, elle est aussi celle qui donne aux vins de Chinon un certain caractère. Un sous-sol et une histoire en héritage qui montrent que l’architecture et le vin sont bien affaire de patrimoine*. Un patrimoine vivant que les vignerons de Chinon partagent volontiers avec les visiteurs partis à l’assaut de la forteresse, chaque jeudi de l’été.

9 jeudis, 9 vignerons pour découvrir les vins de Chinon avec ceux qui les font !

Du 13 juillet au 7 septembre 2017, chaque jeudi après-midi à la forteresse royale de Chinon

A l’image du Val de Loire, Chinon produit des vins raffinés, élégants, parfois aussi puissants que sa forteresse ! Une richesse que l’AOC Chinon propose de faire découvrir aux visiteurs pendant 9 jeudis avec 9 vignerons de Chinon qui se relaient autour de dégustations et d’échanges. Une facon de mieux appréhender un territoire avec ceux qui le font : rencontrer un vigneron, c’est toujours une aventure privilégiée ; un échange aussi fructifère que les cépages Cabernet Franc ou Chenin donnent une gamme variée de vins rouge, rosé ou blanc friands, légers ou au contraire structurés selon l’empreinte que le vigneron a voulu leur donner.Déguster du Chinon depuis la forteresse, c’est aussi, fouler les terres des rois Charles VII, Henri II Plantagenêt et aiguiser son palais dans un cadre royal, faire un premier pas vers l’esprit, si vivant, de la « Rabelaisie » en embrassant une vue à couper le souffle sur la ville et les paysages tant chéris par Rabelais, ce géant chinonais humaniste qui marqua à jamais ses nombreux héritiers littéraires.

Boire du Chinon à la source, c’est enfin permettre aux 173 vignerons de l’appellation, de récolter pleinement le fruit de leur travail, de participer à une économie réelle et vivante qui emploie près de 800 personnes sur le chinonais et de maintenir 2400 hectares en production viticole.

* Reconnaissance du Sénat en 2014 : « le vin, produit de la vigne, et les terroirs viticoles font partie du patrimoine culturel, gastronomique et paysager de la France ».

Informations pratiques : Syndicat des Vins de Chinon tél. 02 47 93 30 44 

Dégustation gratuite et vente des vins sur place et gourmandises dans l’enceinte de la forteresse

Droit d’entrée à la forteresse : Plein tarif : 8,5 € / Tarif réduit : 6,5 € / Gratuit : enfant – 7ans 


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Deux Châteaux de la Loire

Loire Propriétés est un groupement de quatre coopératives de Touraine et d’Anjou, qui regroupe plus de 250 viticulteurs; le groupe diffuse les vins de plusieurs châteaux – que serait la Loire dans ses châteaux? – dont voici deux beaux exemples, en blanc et en rosé.

Autour du Château de Vallagon, il y a un très beau parc, une serre et une piscine: il a en effet été transformé en hôtel; les vignes sont un peu plus loin, en contrebas, et le vin est commercialisé par la Cave de Oisly & Thésée.

Nous sommes à Bourré (non, ce n’est pas une invitation à dépasser la mesure), Bourré, c’est un village des rives du Cher, tout proche de Montrichard.
Et le mesure, c’est peut-être la plus belle qualité de ce Touraine Sauvignon qui ne sent pas trop le Sauvignon (non que ce soit rédhibitoire, mais un vin bêtement variétal a tout de suite moins d’intérêt).
Il présente au contraire de jolies notes florales et citronnées; le floral revient en bouche notamment la violette. Il s’agit d’un 2016, le vin est donc encore tout jeune, mais je le vois déjà très bien en accompagnement d’asperges (c’est de saison, et c’est local aussi, car les sables des bords du Cher ont longtemps été cultivés d’asperges).
Deuxième bouteille, deuxième château, mais changement de couleur, avec le Cabernet d’Anjou 2016 du Château de Brossay, dont les 48 ha sont plantés de pas moins de 7 cépages blancs et rouge. Nous sommes  à Cléré-sur-Layon, au Sud de l’Anjou; un terroir schisteux, relativement chaud et peu arrosé, où le Cabernet Franc, qui compose cette cuvée, se plaît bien; pour ce millésime, il nous offre un vin au fruit rouge (groseille, framboise) et explosif, mais à la bouche où le tendre est contrebalancé par une bonne acidité; en finale, quelques notes de genêt, d’iris et de beaux épices complètent ce beau tableau de saveurs. Classique et friand.
Pour mémoire, Loire Propriétés, ce sont aussi les Vignerons du Pallet, dont j’ai déjà eu ici l’occasion de vous dire tout le bien que je pense de leur jubilatoire Muscadet.

Hervé Lalau


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Bain vs INAO

Alexandre Bain
Alexandre Bain (Photo (c) Jim Budd)

Je n’ai pas le plaisir de connaître Alexandre Bain, vigneron de Tracy, ni ses vins. Et peut-être que c’est mieux ainsi, si je veux tenter d’émettre un avis impartial.

D’après Corinne Caillaud, du Figaro, qui semble bien le connaître, bien qu’elle traite rarement de vin, il s’agit d’un bon vigneron. Il appartient à la mouvance nature, et selon ses propres termes « il cherche une autre voie ». C’est, je cite toujours, « un homme dont la passion est de réaliser un pur vin de terroir ».
Rien de mal à cela, mais pas non plus de quoi lui valoir une notoriété nationale, ni les honneurs de la rubrique économie/entreprise du Figaro; sauf qu’en septembre 2015, M. Bain s’est vu retirer l’appellation Pouilly-Fumé pour ne pas s’être soumis à un contrôle obligatoire.
Un peu moins de deux ans plus tard, le tribunal administratif de Dijon a jugé que la sanction était abusive, car disproportionnée, et vient donc de lui rendre l’appellation. Et avec elle, selon les termes de ma consœur, « sa fierté ».

Dont acte. La dignité de M. Bain et ses choix en matière culturale n’ont d’ailleurs jamais été mis en cause. Pour tout dire, je ne vois même pas ce qu’ils viennent faire dans un article censé faire la lumière sur une décision de justice. Les déclarations de M. Bain ne m’y aident pas vraiment non plus: « J’espère avoir ouvert une voie, parce qu’une autre viticulture est possible », souligne-t-il. Parle-t-il d’une viticulture sans intrants? Ou d’une viticulture sans contrôles?

Joker

Moi qui ne suis a priori ni pour ni contre le naturisme, la biodynamie, le bio, ou toute autre forme de conduite de la vigne, et qui ai plutôt tendance à me ranger du côté du vigneron sincère que de la machine administrative et des règlements superflus, je reste sur ma faim. Quel était donc l’objet du contrôle? Pourquoi M. Bain n’a-t-il pas pu s’y soumettre? Enfin, et surtout, quel sens faut-il donner à la décision du tribunal?
Si elle fait jurisprudence, quels seront donc à présent les moyens de contrôle d’une appellation sur les vignerons qui s’en réclament?
À quels contrôles peut-on se soustraire? À quels contrôles ne peut-on pas se soustraire? Et à quelle fréquence?
Si la perte de l’AOC est une sanction disproportionnée en cas d’impossibilité de contrôle, quelle sanction plus proportionnée peut-elle être appliquée, tout en défendant les intérêts du consommateur censé faire confiance à la mention?
Question subsidiaire, qui me semble découler du joli story telling de ma consœur du Figaro, les vignerons « qui cherchent une autre voie » devraient-ils bénéficier ils d’un joker face aux contrôles, au motif qu’ils seraient plus sympathiques, plus tendance ou parce qu’ils vendent bien leurs vins?
L’avocat de M. Bain, Maître Éric Morain, semble bien argumenter en ce sens: pour lui, « il est temps d’ouvrir le chantier des réformes des contrôles et la reconnaissance des pratiques de vinification naturelle». J’ai du mal à comprendre: si la vinification est naturelle, quel problème il y a-t-il à la contrôler?

Obligation de moyens, ou de résultat?

À défaut de mettre les points sur tous ces i-là, je crains fort que le message ne soit brouillé, chez les vignerons en appellation. Rappelons que jusqu’à présent, ces vignerons choisissent volontairement de revendiquer une mention et de se soumettre à ses contraintes. Il s’agit d’un patrimoine partagé.
Il convient d’être plus précis. Essayons donc de mettre de côté tout affect pour ne retenir que les faits. Une des cuvées de M. Bain a bel et bien fait l’objet d’un contrôle d’agrément (ou plutôt, comme il faut dire depuis 2008, d’habilitation). Dommage que ce ne soit pas précisé dans l’article du Figaro. Elle a été refusée au motif qu’elle était oxydée. Un défaut que M. Bain a contesté. Pour lui, « c’est une affaire de goût ». Dans ce cas, un recours est possible et une deuxième dégustation doit avoir lieu. Plusieurs rendez-vous pour ce faire ont été annulés entre mars et septembre 2015, dont un, en raison des vendanges. Cependant, M. Bain nie s’être soustrait aux contrôles; et déclare avoir fait appel de sa rétrogradation « pour une question de principe » (car ses vins, même sans appellation, ont apparemment continué à bien se vendre).
Il y a cependant une autre question de principe, pour moi: au fond, M. Bain reconnaît-il à ses pairs le droit de juger ses vins?
Il faudrait à présent ouvrir un deuxième procès: celui de la typicité. A quel point peut-on s’écarter du type moyen d’une appellation sans la perdre? Et que faut-il faire d’un vin qui respecterait l’obligation de moyens (le cahier des charges), mais qui présenterait un défaut à l’arrivée, ou au moins une déviance par rapport au type supposé de l’appellation, lors de la dégustation d’agrément (pardon, d’habilitation)? Même si dans sa décision, le Tribunal administratif de Dijon ne s’est pas attaché à la qualité du produit, mais s’est plutôt intéressé au déséquilibre qu’il pouvait y avoir entre la faute de M. Bain, jugée peu grave, et sa sanction, cette décision a tout de même pour effet qu’un Pouilly-Fumé jugé oxydé par la commission d’agrément retrouve sa place dans l’appellation. Ce qui n’est pas tout à fait anodin.
On pourrait bien sûr supprimer les dégustations d’habilitation. Ce serait le plus simple. D’autant que le pourcentage de refus est assez faible. Mais les AOC y perdraient sans doute en cohésion (ne parlons pas de crédibilité, elle varie trop d’une appellation à l’autre).
Une autre piste serait d’en dispenser les vins nature, moyennant un avertissement au consommateur, du genre: « Ce vin nature peut présenter de sensibles différences par rapport au type de son appellation ».
Le seul hic – très justement soulevé par l’avocat de M. Bain: les pratiques de la vinification dite naturelle ne sont pas reconnues légalement. Le mot même de nature ou de naturel prête à confusion; pensons aux Vins Doux Naturels (pourtant bien soufrés); et plus globalement, à tous les producteurs honnêtes qui soufrent leurs vins, mais qui n’auraient pas trop envie que le législateur réserve le mot  « nature » aux vins sans soufre.
Cette affaire nous promet de jolis développements.

Hervé Lalau


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2017 Loire – « très compliqué ! » « plus rien »

Gel27.4.2016
Frost destruction: April 2016
For the second successive year the Loire, along with many other vineyards both in France and elsewhere in Europe, has been hit by a series of April frosts. Just as in 2016 it has been a whole series of early morning frosts running over 10 days from 19th April through to 29th April. In some places it was up to five nights of frost in others it was even six.
This pattern of April frosts is strikingly different from before when it tended to be one night of frost as it was with the severe 1991 and the early April frost of 2003. Instead in both 2016 and 2017 Loire producers have faced a succession of frosts often striking different parts of the vineyard on different nights.
Naturally successive frosts are very tiring and dispiriting to fight and the morale of many Loire producers is now low after the last fortnight of April, especially as mild weather in March had brought the vines on early.

This year many Loire producers have fought back against the frost using helicopters, more wind machines than in previous years as well as burning bales of straw. Anything to raise the temperature.

It is still too early to have a full picture of the damage. Nor is the damage evenly spread along the valley. In some places, like Muscadet, the damage is worse than it was last year as it is in Savennières, while overall in Touraine the damage is less than last year. Naturally this is of little comfort to producers who have suffered severe losses with some producers in Muscadet, for example, have lost their entire 2017 crop – ‘plus que rien’ remains.

There are rumours of producers deciding to quit because the succession of difficult years, especially if they have been severely hit by frost two years running. Others able to hang on will have a very complicated year managing how to allocate their greatly reduced stocks and to keep their bankers happy. This is likely to be especially delicate for those producers who have recently made significant investments – in a new winery for example.
François Robin, La fédération des vins de Nantes 
‘The 2017 frosts are more serious than last year with around 40%-50% of our vineyards affected, although we will not have a full picture until the end of this week. Damage is variable depending upon site and how far temperatures fell in particular areas.Unfortunately the heart of the Sèvre-et-Maine – Vallet, Mouzillon, Clisson and La Chapelle-Heulin – are the worst affected. The south of the Sèvre-et-Maine, around Saint-Fiacre, for example, is not as affected nor overall the Coteaux de la Loire and Côtes de Grandlieu.’

BU0A0972
Emmanuel Ogereau

Emmanuel Ogereau (Domaine Ogereau, Saint-Lambert-duLattay, Anjou)
Emmanuel Ogereau (Domaine Ogereau): “Savennières was wiped out on 27th – only 10% of the crop remains and there is also severe damage in other parts of Anjou, especially around Rochefort-sur-Loire and Chaudefonds-sur-Layon. There was another frost in Savennières the following night but that had little effect as the damage had already been done the night before.

In Saint-Lambert we have lost between 30%-40% with our Chenin being particularly badly hit. Parts of the Coteaux d’Aubance have been seriously affected especially vineyards close to the river.”

Tessa Laroche, Domaine aux Moines, Savennières
Tessa Laroche confirmed Emmanuel’s report on Savennières: « We have lost 80% of our crop. »

Marie-Anne Simonneau, Syndicat de Saumur-Champigny
We had five mornings of frost – April: 20th, 21st, 27th, 28th and 29th. Each time different parts of the appellation were hit including parcels usually are not frosted. Happily not all of the appellation has been hit but equally some domaines have suffered serious losses.
Patrick Vadé: Domaine Saint Vincent Saumur-Champigny (commune of Saumur)
« The damage is worse than last year. There were two episodes of frost. The first particularly on the morning of Thursday 20th April and then the following week for three successive early mornings: 27th, 28th and 29th.The frost on the 20th hit the higher parts of the Saumur-Champigny appellation, which usually escapes the frost. For instance I’ve lost around 15% from my lower slopes. The frosts in the second week – 27th, 28th and 29th – hit the lower parts of the appellation that are prone to frost – St Cyr, Chacé etc. Some producers have lost virtually 100%.

Talking to the Cave Robert et Marcel (the Cave Co-operative of St Cyr) they have lost 20% of their 1800 hectares.

The frost of Saturday 29th was a surprise as the forecast was for + 2 but then for a brief period early in the morning the temperature dropped to minus 2 with a white frost. It all happened very quickly. »

Because of the favourable forecast most producers were tucked up in bed so not in a position to attempt to alleviate this final April frost.

Guillaume Lapaque, Vins de Bourgueil and directeur at Fédération des Associations Viticoles d’Indre-et-Loire et de la Sarthe 
Overall the 2017 frost has been much less devastating in Indre et Loire than in 2016. We calculate that the loss in the département is in the order of 15%, whereas last year it was 50%.

There are, however, areas that have been very badly hit. These include Azay-le-Rideau (over 60% loss) with the exception of Château de l’Aulée which used a helicopter. Touraine Noble Joué has also been hit again – 45% in 2017 and even more last year – 85%. Savigny-en-Véron and Beaumont in Chinon are badly hit with producers losing virtually all their crop. In Touraine Amboise the area around the town was hit – in particular the Domaine la Grange Tiphaine – while Limeray, on the north bank of the Loire, wasn’t affected. Unfortunately losses in Montlouis are around 40%.

This year producers fought back against the frost, while last year they were taken by surprise. We had seventeen helicopters – 7 in Montlouis, 5 in Bourgueil and 5 elsewhere.

The forecast on Saturday 29th was wrong as above freezing temperatures were forecast when instead they fell below zero. Unfortunately we had stood the helicopters down.

BU0A0992

Stéphanie Degaugue with Patricia Boucard (right)

Patricia Boucard, Lamé Delisle Boucard
« Fortunately our losses through the frost this year are much less than last year – around 20%. The effects are very variable and seems to depend upon the air currents. We used a helicopter as well as burning bales of straw.

Jacky Blot, Domaine de la Taille aux Loups 
« Morale is low. Taking 2016 and 2017 together we have one harvest in two years. Fortunately Domaine de la Butte in Bourgueil wasn’t touched. Also our wind machine saved most of the Clos Mosny – 80% of the Clos is OK with just between a hectare and 1.5 hectares affected. Also Clos Michet wasn’t hit but the parcels we use for Rémus are very badly hit. Across in Vouvray we have a 50% loss in Bretonnière with the lower part badly hit.

Inevitably our prices will have to rise with our bankers urging that prices have to go up. This wouldn’t be the case if we regularly had a vintages like 2015 when we made around 37 hl/ha, which is what we aim for.’

Benoît Roumet, director of Bureau du Centre Vignobles du Centre Loire
Benoît reports that it is a mixed picture in the Central Vineyards.
« Pouilly and the Coteaux du Giennois have been hit by the frost but Giennois less than in 2016. The northern part of Sancerre around Sainte-Gemme-en-Sancerrois has been hit. Also Châteaumeillant has been seriously affected. Elsewhere those parts of Quincy not protected by wind machines have losses – but 80% of the appellation has wind machine protection and there are no significant losses in Reuilly.

Menetou-Salon, which was very badly hit last year, has not been hit this year.’