Les 5 du Vin

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Châteaumeillant @25

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In 2009 you could probably have become a world expert on the wines of Châteaumeillant by spending a single day there. Today it will take a little longer before such a claim can be made as there are now 25 producers up from just the four or five in 2010.

Châteaumeillant, on the northern edge of the Massif Central, is very close to being plumb in middle of France. It is only 35 kilometres by road from Bruère-Allichamps, which claims the title of being the village that lies in centre of France.

Although there are 550 hectares classified as Châteaumeillant, there are only 86 hectares prestently in production with 3164 hectolitres made in 2013. At the end of the Second Empire (1870), however, there were 1200 hectares here before the region’s vines were badly hit by phylloxéra at the end of the 19th Century.

In 1965 Châteaumeillant became a VDQS and was promoted in 2010 to appellation contrôlée status when the VDQS designation was phased out. The only permitted grape varieties are Gamay and Pinot Noir along with Pinot Gris for rosés in the style of a vin gris. Due to the stupidities of the INAO the use of Pinot Noir is limited to 40% of the blend. In contrast pure Gamay is permitted. 98% of the production is sold in France with Belgium, Germany and Japan the principal destinations for the 2% exported.

Last week’s Salon des Vins de Loire was an excellent opportunity to catch up on recent developments in Châteaumeillant. I had been aware for a good couple of years that several Quincy producers now had vines in Châteaumeillant including Domaine Vincent Siret-Courtaud, who I think was the first to tell me of this interesting development. Vincent acquired three hectares of vines in Châteaumeillant in 2010 in addition to his 10 in Quincy.

Being able to make red and rosé wine is the obvious attraction for Quincy producers where Sauvignon Blanc is the only permitted variety. A good number of Quincy producers, like Jean Tatin and Chantal Wilk as well as Jacques Rouze, have vines in Reuilly but Châteaumeillant gives them another option.

As well as Vincent other Quincy producers with vines in Châteaumeillant include Domaine Jacques Rouze with 1.70 ha with 2012 as their initial vintage and Domaine Lecomte (Nicolas Lecomte) with three hectares and Domaine Roux (Albin Roux) with 3.3 ha.

One good innovation at this year’s Salon was to group a number of young producers together – several Châteaumeillant producers featured here. As well as Nicolas Lecomte, Vincent Siret-Courtaud and Albin Roux, there were two who are based solely in Châteaumeillant: Claire Goyer (Domaine Goyer) and Angelique Gabrielle.

Claire and Samuel, her husband, started their small domaine in 2013, so 2015 is their third vintage. Beginning with 1.3 hectares they have recently added a further hectare.

Angelique only started in June 2014 and has 4.44 hectares – 1.74 of Pinot Noir, 2.00 Gamay and 0.70 of Chardonnay and Sauvignon Blanc. Her parents are vignerons between Chablis and Auxerre.

In contrast to those above, who all have quite small holdings, Domaine Nairaud is easily the largest concern with 20 hectares of vines and with its associated company Biturges Vins occupies the building where the former Cave Cooperative was based.

I was impressed by the general standard of these generally easy drinking wines, which should appeal to #winelovers who are now looking for lighter, less heavy reds. I am planning to visit Châteaumeillant soon, probably in June, and will then report back in more detail.

A suivre!

IMG_2001Angelique Gabrielle

IMG_1900 Vincent Siret-Courtaud 

IMG_1912Nicolas Lecomte

IMG_1915Albin Roux

IMG_1934Claire Goyer 

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Côme Rouze

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Fabrice Deterne, Domaine Nairaud

Buddhaas


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Contre étiquette, l’envers du décor

bar Envers du Décor

L’Envers du Décor est le nom d’un célèbre et excellent bistrot à vin, situé à Saint Emilion et propriété de François de Ligneris, pour qui j’ai beaucoup d’affection. Mais cela n’est pas du tout le sujet de ma chronique d’aujourd’hui !

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La contre-étiquette est de plus en plus utilisée sur des bouteilles de vin, et contient de plus en plus de mots et de signes. C’est un outil de communication et d’information qui peut être très utile, voire nécessaire. Pour une bonne partie, comme dans l’exemple ci-dessus, venu des USA, il est fortement chargé de mentions légales. Mais est-il toujours bien utilisé par les producteurs ?

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Je veux d’abord souligner l’écart, parfois frappant et redoutable, entre la vérité telle que nous le percevons et le discours des producteurs de vin et leurs diverses antennes « communicantes ». Ce qui a déclenché mon envie d’évoquer cette distorsion entre réalité et discours a été notre dégustation d’un vin d’Ardèche, mis en parallèle avec le texte imprimé sur son contre-étiquette. Un collègue a perçu exactement la même chose dans cette instance, alors il s’agit peut-être d’autre chose qu’une simple lubie personnelle. Cela aurait très bien pu arriver avec un vin d’ailleurs : là n’est pas la question, car je n’ai rien contre les vins d’Ardèche en particulier.

Commençons par les commentaires de dégustation tels qu’ils apparaissent sur la contre-étiquette de ce vin, nommé Chatus, Monnaie d’Or 2012. Le chatus est une variété rouge, rare et plutôt tannique, ancienne car mentionnée par Olivier de Serres et qu’on trouve dans l’Ardèche, mais aussi dans le Piémont sous le nom de Neiret.  Je prends encore mes précautions en soulignant que  ceci n’est pas une critique de cette variété, mais juste du lien défectueux entre ce vin (honnête, par ailleurs) et sa contre-étiquette.

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Le commentaire imprimé sur la contre-étiquette :

« arômes de cassis, de pâte de coing, de figues sèches et de réglisse » Et c’est tout, car rien n’est dit sur les impressions tactiles ou gustatives en bouche du vin : tout semble se passer au pif ou bien en rétro-olfaction.

Mon commentaire sur le même vin (uniquement olfactif) :

« arômes de terre humide et de sous-bois, notes de fruits rouges frais et cuits avec un léger accent boisé et animal. »

Je sais bien que l’appréciation des arômes est une affaire individuelle, mais quand-même !

Mieux encore, cette même contre-étiquette conseille de servir le vin à 20° et d’ouvrir la bouteille 6 heures avant le service ! Servir n’importe quel vin rouge à une telle température me semble une aberration qui a pour résultats principaux de déséquilibrer les sensations vers l’alcool et de détruire la finesse des saveurs. Conseiller au consommateurs d’ouvrir un vin 6 heures avant le service, surtout pour un vin qui ne sera jamais (je pense) mis sur une table en grande cérémonie, ne relève pas d’un sens aigu du réalisme. Ce vin est vendu autour de 8 euros, donc je doute que beaucoup de consommateurs aillent le préparer à la dégustation 6 heures avant. Il faut être plus terre à terre dans les usages !

Quand aux conseils d’accompagnement pour ce vin, la contre-étiquette brasse large : « ce vin charpenté accompagne à merveille daube de sanglier, cuisine provençale et fromages typés ». Pas facile à trouver, le sanglier, dans nos villes ou la plupart des habitants de ce pays vivent ! La cuisine provençale est assez diversifiée, faisant un usage important de légumes et, proche de la méditerranée, elle est souvent très poissonneuse. De quels mets parle-t-on exactement ? Quant aux fromages « typés », je ne sais pas trop ce que cela voudrait dire. Supposons qu’il s’agit de fromages aux goûts forts. Dans ce cas, le consommateur curieux pourra courir chez son fromager chercher un camembert, un époisses, un roquefort ou un banon, par exemple. Avec chacun des ces fromages, l’accord avec le vin en question, qui est plutôt tannique, serait catastrophique !

Quittons ce mauvais exemple pour regarder d’autres options. Il y a plusieurs catégories parmi les contre-étiquettes. D’abord la minimaliste. Dans celle-ci on trouve bon nombre de vins dépourvus de tout contre-étiquette.  Cette option est surtout réservée aux producteurs qui s’en foutent parce qu’ils vendent leurs vins à des gens qui les achètent pour leur étiquette faciale, ou bien qui ne savent pas lire.

La catégorie qui est sûrement la plus remplie est celle du « bla-bla enflé », dite aussi « pompe-à-vélo ». Ce type de texte va chanter les louages de la « noblesse du terroir », du « grand raffinement » ou de la « finale magistrale » du vin en question (tous ces exemples sont réels).

Chateau-de-Fesles-Bonnezeaux-1998-375ml-Back-Label

Mais quelques producteurs honnêtes, et j’espère qu’ils seront de plus en plus nombreux, adoptent une approche purement factuelle et informative. Je trouve l’étiquette ci-dessus d’un vin de Loire (Château de Fesles, Bonnezeaux) exemplaire. J’en ai aussi rencontré plusieurs lors de mon récent voyage en Champagne. Ceux-ci se contentent d’indiquer sur leurs contre-étiquettes les origines parcellaires ou communales des raisins, de mentionner éventuellement l’approche culturelle dans leur vignoble, de nommer le ou les cépages et leur proportions, de préciser la durée de mise en cave ou la date du tirage et de dégorgement du vin, etc. La seule critique qu’on pourrait émettre à ce méthode « carte de visite » est qu’il s’adresse exclusivement à des professionnels ou à des amateurs avertis qui savent déduire de ces informations techniques ce qu’il convient de déduire, sans préjuger de leur avis sur le vin en question. Il s’agit de l’information pure et précise.

vin de merde


levrette

fine grapes

Boire tue

J’aime bien aussi une dernière catégorie, rare mais avec de beaux exemples que je montre ci-dessus, qui relève de l’humour ou de la dérision. Elle existe souvent dans un contexte particulier, et souvent en réaction à des législations perçues comme excessives, ou bien à des excès de la catégorie « bla-bla enflé » déjà mentionnée.

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Donc il faut se battre, non seulement contre les cougars (autre nom du mountain lion, ou puma), mais aussi contre une mauvaise communication sur les contre-étiquettes.

 

David


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Oenotourism – fermer le weekend !

IMG_9941Pique-nique chez le vigneron – Montlouis 

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Table ronde: Oenotourism – fermer le weekend !
I have just spent a few In Tours for the 11th Rencontres François Rabelais where I was a member of a round table on wine tourism in the Loire.

My fellow panelists were Jean-Max Manceau (Domaine de Noiré, Chinon), Pascal Pringarbe (Château la Morinière) and we were kept in order by Jean-Claude Bonnaud (editor of Vin Ligérien), who also set the scene for the session.

There were two main points that I wanted to put over. Firstly that with so many of the Loire domaines being long-standing family concerns or run by people, who have given up another career to become wine producers, is a big plus. Whatever one thinks for the growth of the ‘natural wine’ movement it reflects a desire amongst some regular wine drinks for authenticity.

The Loire can provide this authenticity. Often the visitor to a Loire domaine will meet the producer or one of their family. Few estates, apart mainly from the co-operatives and the sparkling wine producers, can afford or wish to employ guides to look after visitors. This immediately sets the Loire apart, for instance, from the top level of Bordeaux and grandes marques Champagne

Of course the Loire’s family orientation has its constraints. A small wine producer now has to wear many hats – good in the vineyard, in the winery, able to market and sell their wines and now increasing good at communicating, especially using social media. All this means that many Loire producers work very long hours. Not surprising that there is a reluctance to welcome visitors over the weekend, especially on Sundays.

However, if you are seriously interested in oenotourism (wine tourism) you have to be open over the weekend. It is over the weekend that people are free to visit wineries. Increasing people take a short break often spanning a weekend, so it actually probably makes more sense to be open during the weekend than during the week.

To which the producer and their family may well reasonably object that they need a break – that they cannot work 24/7. This is where cooperation, which was a recurring theme during our session, comes in. There are ways of improving the offer to visitors, which doesn’t cost a lot of money.

Bourgueil has a programme of Portes Ouvertes from April through to late September/October. Every weekend there are, at least, two domaines ready to welcome visitors. Thus the load is spread and provides visitors with domaines to visit where they will often fine special offers plus food etc. that makes the visit memorable.

It may well be that other Loire appellations have similar arrangements but I am not aware of any. This highlights another theme: using social media and blogs to publicise your events. True it takes time but is not that difficult given the amount of time people now spend on smart phones or tablets that finding time to fire off a few tweets or Facebook invitation should be relatively easy.

Being open, at times, during the weekend also makes commercial sense. Pascal Pringarbe (Château la Morinière), who offers accommodation, meals etc., between Cholet and Saint-Lambert-du-Lattay recounted how he sells 3,000 bottles of wine a year to clients, who have tasted a wine in his restaurant and who want to visit the producer. The bad news for the wine lover is that the producer is closed over the weekend but they can buy from Pascal. Sales gained by Pascal but lost by the producer!

Jean-Max Manceau is convinced that the Loire producers do not take sufficient pride in their patrimonie unlike those in Burgundy, for example.

A final thought – the annual pique-nique is a brilliant idea from Les Vignerons Indépendants. I have been to a number and it is always a very convivial occasion with visitors bringing their own picnic and the vignerons providing the wine. It is highly likely that the producers sell more wine than they open to the happy and relaxed picnickers, who have probably been converted into ambassadors for the estate.

Unfortunately it is only held once a year usually in May. Why isn’t this or something similar run in August when there are many more foreign visitors and well as French people on holiday?!

Jim Jmmsache1.11.15s.jpg


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Oak in Sauvignon in Loire and Bordeaux

Last week I was very pleased to be present at a fascinating and well organised tasting – a comparison of the aging potential of oaked Sauvignon Blanc from Bordeaux and from the Loire. The Bordeaux component was organised by Richard Bampfield MW and Jean-Christophe Mau, while Chris Kissack – the wine doctor – occupied the Loire selection. The idea was to show a relatively recent vintage along with an older one. 

I have to say from the outset that having tasted all the wines I felt no need to change my allegiance away from the Loire. Where the oak on the Loires was well-judged, it was often more marked on those from Bordeaux. The Loires also had a freshness that few of the Bordeaux wines did.

 

Just to show that this wasn’t just my inherent bias Jean-Christophe Mau generously praised the Loire Sauvignons in the report in The Drinks Business:

 

‘Also at the tasting was Jean-Christophe Mau, owner and manager of Pessac-Leognan estate Château Brown. Commenting on the comparison of oaked Sauvignon Blancs from the Loire Valley and Bordeaux, Mau said he believed the Bordeaux region was lagging behind the Loire in terms of style and value.

 

 “I think they have too much oak, the Bordeaux style, too much extraction also,” he said. “And maybe the acidity is not at a good level; sometimes it is too high.
“For a lot of people who make wine in Bordeaux it’s more important to make red than white. The vision for white is maybe too much a vision of the red.

 “For most of the people the top quality from Sauvignon is from the Loire Valley. We have begun to change that in Bordeaux but the prices for the top wine, I think, are too expensive.”

 

All of the Loires shown came from the Central Vineyards, so a continental climate in contrast to the maritime climate of Bordeaux. In a sense it wasn’t entirely a comparison of equals as all the Loire wines were pure Sauvignons, while from Bordeaux there were no pure varietal Sauvignons: all were blends. Château Smith-Haut-Lafitte with 90% Sauvignon Blanc had the highest proportion with just 5% each of Sauvignon Gris and Sémillon.

 

I suspect that the reason for the Loire’s success in the delicate use of oak comes down to the region’s long experiment – now virtually a tradition – of little use of barriques – either 225 or 228 litres. Instead 400 to 600 litre barrels (demi-muids) and increasing small wooden vats, often from Stockinger and around 12 hectolitres capacity. This immediately reduces the influence of the oak as the proportion of liquid to oak is increased.

I think Jean-Christophe has part of the explanation when he says that Bordeaux producers tends to think red first, so the size of the barrel that is used for red tends also to be used for the whites. Whereas, in the Loire, where whites overall make up around 55% of production and a much higher proportion in the Central Vineyards, the thinking has long been very different. The choice, when oak is used, has increasingly been what best suits my white wines.  

Later Richard suggested that Jean-Christophe may well be thinking of experimenting in the future with larger sized barrels for his whites.

My grateful thanks to the organisers: Chris, Jean-Christophe and Richard.       

The Loire Sauvignons:

La Tour Saint Martin, Bertrand Minchin – 2012 and 2002
The 2002 was the most evolved Loire in the tasting but attractively honeyed

2012 and 2008 Alain Cailbourdin Triptyque: neither vintage showing noticeable oak
believe that 2008 was first vintage

2012 and 2002 Tradition Cullus, Pouilly-Fumé, Masson Blondelet
The still tight 2012 had just been bottled, while the 2002 provided further
evidence of what a lovely vintage this is.

  2012 and 2002 Silex, Domaine Didier Dagueneau with the 2012
made by Louis-Benjamin Dagueneau
Unfortunately by the time I got to the 2002 there was
only a dribble left in the bottle but still showing lovely freshness and length .
Amongst all the wines shown the only corked bottle was the back up bottle
of 2002 Silex – sod’s or corks’ law!

2012 and 2010 Cul de Beaujeu, Sancerre Lucien Crochet
I believe 2010 was the first vintage of Gilles’ single vineyard
bottling from the very steep vineyard that dominates Chavignol to the west.

2012 and 2008 Satellite, Sancerre, Alphonse Mellot
From Les Monts Damnés
2012 particularly impressive

2012 and 2008 Petit Chemarin, Sancerre, Vincent Pinard
with the evolved 2008 particularly impressive

2012 and 2002 Etienne Henri, Sancerre, Henri Bourgeois
I found the 2002 was quite honeyed whereas
one of my colleagues found it quite oaky.
I think I may still have a bottle of the 1987 acquired
during my first visit to Henri Bourgeois in late October 1987 –
the first time I met Jean-Marie Bourgeois

 

From Bordeaux: 

2012 Les Arums, Château Lagrange
2012, 2010, 2009 Château Brown
2012 Caillou Blanc, Château Talbot
2012, 2010, 2006, Château Smith-Haut-Lafitte
2012, 1999 Domaine de Chevalier
2012 Pape-Clément
2012, 2006 Y’ d’Yquem, Château d’Yquem


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Le Chenin dans tous ses états

S’est tenue, vendredi dernier à Faye d’Anjou, une journée d’étude sur le cépage chenin blanc. Trois des 5 y ont assisté, et Hervé puis Marc auront probablement, plus tard cette semaine, des choses à en dire. A moi donc d’ouvrir le bal.

IMG_7060Cette journée était organisé dans le petit village désertique (plus de café et la moitié des maisons à vendre) de Faye d’Anjou avec l’intitule suivant : « La Chenin, histoire et actualités »

D’abord, félicitations aux organisateurs pour leur initiative et la qualité des interventions qui furent denses et rarement trop longues. Je crois n’avoir dormi que pendant deux d’entre elles ! Puis ils ont eu la bonne idée d’y associer des travaux pratiques avec deux dégustations de chenins ligériens. J’espère qu’une prochaine fois la chose aura une envergure plus internationale, comme les regrettées journées de chenin avec concours qui ont eu lieu à Fontevraud il y a quelques années. J’ai le souvenir, à ces occasions, du refus stupide de l’appellation Vouvray de présenter des échantillons à ce concours, en disant, le nez fermement orienté vers le ciel, « mais nous ne produisons pas de chenin, nous produisons du vouvray ». Vu ce que Jim a raconté récemment sur ce blog, cette appellation-là n’est pas à une décision inepte et mesquine près !

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Le chenin blanc est une variété quelque peu paradoxale : versatile quant aux types de vins produits (blanc secs, demi-secs, liquoreux ou effervescents), adaptable à une large gamme de climats (du tempéré au chaud),  elle est également exigeante au niveau des soins et de la surveillance lorsqu’il s’agit de produire des vins de haute qualité, comme elle a une grande sensibilité à son emplacement (exposition etc). Mais le paradoxe est, qu’à la différence des chardonnays, sauvignon blanc et, à moindre degré, riesling, le chenin a manqué une grande carrière internationale, du moins jusqu’à présent. Les causes sont certainement multiples. On pourrait citer en premier lieu des facteurs geo-économiques : le Val de Loire n’ayant jamais obtenu ce statut de région de référence stylistique qui a fait la fortune de Bordeaux, de Bourgogne ou du Champagne. La faute aussi à une absence historique d’une négoce aussi qualitative que puissante, ce qui est à l’opposé des trois régions déjà cités, auxquelles on peut rajouter la Vallée du Rhône. L’absence d’une ville majeure de référence qui concentre une grande partie de l’activité commerciale de la région a du aussi joueur en sa défaveur : en effet, Nantes n’a jamais été une ville de vin comme Bordeaux, Beaune ou Reims/Epernay, et ni Angers, ni Tours n’ont pu prendre cette place-là.  Puis il faut aussi citer le rôle de cépage « tout-venant » que l’Afrique du Sud, qui est le pays ayant de loin la plus grande surface de chenin au monde, à donné à cette variété. Ainsi l’Afrique du Sud n’a jamais mis le chenin en avant, comme, par exemple, les argentins l’ont fait pour le malbec. Et en France, ses surfaces sont divisées parmi un grand nombre de petites appellations dont les notoriétés peinent à franchir les frontières de l’hexagone. Même si ce n’était pas le cas, le refus de la plupart des producteurs de mettre le nom du cépage sur leurs étiquettes (ce qui est pourtant autorisé), n’aurait rien fait pour améliorer sa reconnaissance par un public plus large que quelques aficianados.

IMG_7066Patrick Baudoin est le Président du Syndicat Anjou Blanc. Il est aussi le producteur d’un des meilleurs vins de la région que j’ai pu déguster ce jour-là.

Car les faits sont têtus malgré tout le bien que nous pouvons penser du potentiel de ce très intéressant cultivar (j’ai dégusté à diverses occasions des vins formidables issus de plusieurs appellations ligériennes, mais aussi sud-africains, aussi bien en sec qu’en liquoreux), et malgré son ancienneté indiscutable. Si Rabelais le mentionne dans Gargantua en 1534 dans un phrase qui évoque déjà la vinothérapie (note 1), la variété est surement plus ancienne, le chenin blanc  n’occupe que la 28ème place (chiffres de 2010) dans le palmarès des variétés les plus plantées au monde, et le 11ème ou 12ème parmi des variétés blanches. En France, son lieu d’origine probable (mais pas certain), le chenin n’occupe que le 16ème place. L’Afrique du Sud en possède presque deux fois la surface de la France (18,500 hectares contre 9,800 hectares), mais ailleurs il ne pèse pas lourd et il s’est assez peu répandu car quatre pays, en incluent les USA et l’Argentine, totalisent 95% des surfaces totales dans le monde. Cela dit, il est entendu que ce n’est ni la notoriété ni le nombre d’hectares plantés qui déterminent le potentiel qualitatif d’un cépage. Regardez aussi le grüner veltliner, ou, plus rare encore, la petite arvine ! Mais le rôle historique de la France en établissant des benchmarks pour des vins de qualité via un certain nombre de cépages aurait dû, il me semble, donner une place plus importante au chenin blanc. Cependant la roue tourne et on peu espérer qu’elle tournera vers une plus grande reconnaissance ce cette grande variété à l’avenir.

IMG_7062Savennières est probablement une des plus consistantes des appellations de chenin. Voici un des bons que j’ai dégusté

 

Pour poursuivre le chapitre technique et historique, l’ampélographe Jean-Michel Boursiquot nous a confirmé qu’un des parents du chenin blanc est le savagnin ou traminer, mais que l’autre reste à découvrir. En revanche il a énormément de liens de parenté avec un grand nombre d’autres variétés, aussi bien en France (le colombard, par exemple) que dans des pays aussi éloignés que l’Autriche ou le Portugal. Comme toute variété ancienne, le chenin a beaucoup de synonymes. Il a aussi au moins un faux ami : le chenin noir, qui lui est totalement distinct sur le plan ampélographique. Si la mobilité des cépages était, au moyen âge, le résultat des déplacements monastiques ou des lubies des puissants, elle a pris une autre ampleur, plus commerciale, à partir de la fin du 18ème siècle, comme nous l’a expliqué l’historien Benoit Musset. Ainsi on trouve du chenin dans le sud-ouest et dans le Languedoc (à Limoux notamment).

IMG_7067Ce vin magnifique de l’obscure appellation Anjou Coteaux de la Loire, est fait avec des raisins confits.

 

Aujourd’hui, la grande interrogation des producteurs de chenin ligériens est de savoir vers quel type de vin faut-il s’orienter. La production des liquoreux selon une méthode naturelle est assujetti à des variations du aux conditions climatiques qui rend l’exercice aléatoire et donc peu rentable. Vous rajoutez à cette difficulté déjà majeure une désaffection quasi-générale pour des vins sucrés et vous avez déjà la réponse ! Bulles ou vins secs, certainement. Pour la bulle, elle occupe déjà une bonne partie de la production, même s’il est difficile de qualifier la part de chenin dédié à cette part, car la plupart des 6 appellations ligérienne de vins effervescents autorise des assemblages avec d’autres cépages, particulièrement le chardonnay. Mais est-ce que la valorisation est suffisante dans ce cas ? On ne recherché pas une grande concentration (certains duraient « minéralité ») dans ce type de vin et cela nuirait probablement à un usage intelligent des meilleurs sites.

IMG_7063Un autre bon Savennières

 

Pour éviter d’être trop sérieux dans cette affaire, qui pourtant le mérite amplement, j’ai proposé le texte suivant aux organisateurs en guise de conclusion : « le chenin est long et la pente est parfois raide, et, chenin faisant, j’ai croisé Miss Botrytis et Mlle Bulles. Un jour il fera sec j’espère. »

Je sais qu’il est de bon ton de moquer la réalité des marchés, et donc du marketing. Mais là encore les faits sont têtus. Combien d’habitants de New York, grande ville de consommation de vins de qualité, savant que le chenin blanc est le cépage de l’appellation Anjou ? Ou qu’Anjou se trouve en Val de Loire ? Le producteur du vin ci-dessous semble avoir tout compris au problème du lien entre étiquette et consommateur. Il s’agit de l’informer, et non pas de le mystifier. Non seulement tout est résumé avec élégance sur l’étiquette, mais le vin est aussi très bon.

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Une dégustation faite il y a un peu plus d’un an (voir ici https://les5duvin.wordpress.com/2014/07/14/la-difficile-conversion-des-habitudes-le-cas-des-anjou-blanc-secs/) m’a révélé, pas pour la première fois, tout le potentiel qualitatif des Anjou blancs. Cette fois-ci j’ai dégusté bien moins de vins, mais issus de différentes appellations, car Saumur et Savennières, sans parler des bulles et vins doux, étaient aussi de la partie. Je pense qu’un des mes collègues  évoquera la dégustation de 80 vins qu’ils ont pu faire la veille de ce colloque, mais je tiens à mentionner quelques vins que j’ai beaucoup aimé et qui étaient présentés dans une dégustation qui a clôturé la journée :

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Savennières

Château de Breuil

Domaine de Closel, Clos du Papillon 2011

Dpmaine Laureau, Les Genêts 2005

Domaine aux Moines 2013

Anjou blanc

Domane Cady 2014

Domaine Ogereau, En chenin 2013

Domaine Patrick Beaudoin, Les Gâts 2012 (un grand vin pour moi)

Domaine de Juchepie, Le Clos 2012

 

Pour finir sur une note de (grande) douceur, et pour rendre hommage aux grands vins doux et moelleux produits avec le chenin, j’ai aussi beaucoup aimé ce vin :

Anjou Côteaux de la Loire

Musset-Roulier, Raisins Confits 2010

 

David Cobbold

 

1). « Et avec gros raisins chenins estuvèrent les jambes de Frogier, mignonnement, si bien qu’il fust tanstot guerry. »
François Rabelais GARGANTUA 1534 LIVRE I chap. XX


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2015 Prospects for Loire Vintage – weather figures from Tours + gracie Franco!

End of a sunny day on the Loire near Saumur.

End of a sunny day on the Loire near Saumur.

There is optimism in the Loire, as well as other parts of France, about for the prospects for the 2015 vintage. It is still too early to make firm predictions as things can always go wrong at the last minute* and, although picking of the early varieties should start around the beginning of September, Cabernet Franc in Saumur, Chinon, Bourgueil etc. won’t start until the last week/10 days of September.

There is still time for the weather to turn bringing continuous heavy rain, with the danger of grapes splitting through a sudden abundance of water after long dry spells. Hail, too of course, remains threat. Speaking of which there have been high winds in Indre et Loire today with 5000 homes without electricity with the Loches area particularly hit – apparently Amboise and Tours have been less affected.

So, while we keep our fingers crossed, here are some weather stats from the Met station at Tours from June, July and August to date. Averages throughout are based on 1981-2010

June 2015
Rain: 28.9 mm (average – 46.1mm)
Max temps: 24.9˚C (average 22.8˚C) Hottest day: 35.7˚C (30.6) Max temps in 2003 – 28.8˚C
Sunshine hours: 310.6 (average 228.0)

July 2015
Rain: 14.0mm  (average: 53.2mm)
Max temps: 27.5˚C with hottest max: 37.5˚C (average: 25.5˚C
Sunshine: 256.4 hours (average: 239.4 hours)

August 2015 (to 23.8)
Rain: 38.6mm (average: 42.5mm)
Max temps: 27.3˚C (average: 25.4˚C)
Sunshine hours: 154.7 (average: 236.46)

Over each of the three summer months it has been drier, warmer and sunnier – with the marked exception of August so far. It would seem very likely that August’s rainfall in Tours, at least, will be above average by the time this month is out.

To date rainfall over the three months is well down on the average: 61.5 mm has fallen so far compared with the average of 141.8.

* Just like they can go right at the last minute as they did in 2014 with a very fine September.
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UK supermarket shelf with an array of yellow/gold/orange labelled Prosecco

UK supermarket shelf with an array of yellow/gold/orange labelled Prosecco – all apparently made by Veuve Clicquot…. 

Franco, Veuve Clicquot and Prosecco
Very pleased that our good friend and fine writer – Franco Ziliani picked up on my recent post on Veuve Clicquot and Prosecco. Franco’s post is here. 
Reflecting on Cheonceau

Reflecting on Cheonceau


21 Commentaires

Les Jihadistes du vin enregistrés : le complot démasqué !

Le contexte :

« Le mouvement jihadiste des vins sans soufre, verts, issus de raisins pas mûrs, faibles en alcool, oxydés et puant la fosse à purin sont des trucs pour masochistes promus par la police anti-plaisir…. » Robert Parker sur Twitter

 

Le lieu :

Une maison protégée appartenant à Al Qaïda, quelque part au Wazaristan, Pakistan

 2053650photo France TV

 

L’enregistrement pirate :

Cheikh Omar : Khalid, je vous avais pourtant demandé de ne pas me déranger avant l’heure de la prière.

Khalid : Avec toutes mes excuses Cheikh, mais je devais porter d’urgence cette information à votre connaissance. Ce Blobber Parker nous a découvert ! Regardez un peu ce qu’il vient d’écrire. (Khalid tend son i-pad au Cheikh Omar)

Cheikh Omar : En effet. Mais nous n’aurons pas besoin de le réduire au silence : il sert parfaitement notre cause.

Khalid : Désolé mais je ne pige pas, Cheikh.

Cheikh Omar : C’est pourtant clair ! Blobber Parker a compris que nous utilisons le vin dans la cause du jihad. C’est un homme futé et son nez flaire la ruse aussi bien que le pinard. Mais son problème est que plus personne ne croit en lui. Il a été le plus puissant des critiques du vin mais maintenant son peuple se moque de lui. Plus il parle de jihad, plus on le ridiculise et on finit par croire le contraire de ce qu’il dit ! Donc il est devenu un atout pour nous.

Khalid : Alors c’est un prophète qui prêche dans le désert ?

Cheikh Omar : Khalid, je dois vous mettre en garde contre l’usage abusif du mot « prophète ». Quelques frères pourraient prendre cela très très mal. Je vous rappelle qu’il s’agit d’un Infidèle !

Khalid : Vous avez raison Cheikh et je vous prie de m’excuser. Je vais reformuler ma remarque : il s’agit d’un empereur aussi bienveillant que sage, qui a été rejeté par son peuple dégénéré et en perdition. Mais il y a un point qui m’échappe toujours Cheikh : en quoi le vin fait-il partie du jihad ?

Sheikh Omar : Khalid, nous avons étudié ces gens-là avec beaucoup d’attention.

Khalid : Quels gens ?

Cheikh Omar : Les Américains, Khalid, mais aussi les Français et tous les autres Occidentaux ! Ce sont des peuples décadents et hédonistes qui se perdent dans les plaisirs de la chair. Par conséquent, ils préfèrent naturellement des vins décadents et hédonistes. Il nous a semblé que si on pouvait les convaincre de renoncer aux vins de plaisir et à les détourner de ce qui  les rend vraiment heureux, nous arriverions à les affaiblir et à faire baisser leur résistance.

Khalid : C’est génial Cheikh, mais comment faire ?

Cheikh Omar : Cela passe par la Bourgogne. Nous avons convaincu les Infidèles que le vrai vin de plaisir est un Bourgogne, ou éventuellement un vin de Loire pour ceux qui n’ont pas d’argent.

Khalid : Et ce n’est pas vrai ?

Sheikh Omar : Mais vous n’avez jamais dégusté cette daube ?  Moi si ! C’était exactement comme ce Blobber Parker a dit : maigre, acide et dur. Seule une personne qui déteste le plaisir, les enfants et les mignons petits chiots peut aimer ça ! Les arômes étaient pires que l’haleine de mille chameaux ! Il paraît que tous les vins de Bourgogne ont cette odeur épouvantable qui ferait fuir une armée.

Khalid : Mais alors comment faire pour convaincre les gens que de tels vins sont bons ?

Cheikh Omar : Nous avons recruté une armée de jeunes éphèbes que l’on appelle des sommeliers. Nous avons flatté leur vanité, puis nous leur avons dit que Parker n’aimait pas les vins de Bourgogne et leur suiveurs, qu’il ne pouvait plus rien goûter en dessous de 15° d’alcool et que son palais était flingué. Mais qu’eux pouvaient devenir célèbres en soutenant les vins de Bourgogne et de Loire. Une fois les sommeliers dans notre poche, les imbéciles de journalistes ont suivi et tout ce beau monde a entraîné les consommateurs qui sont tous des moutons. Nous avons accéléré le processus en infiltrant les blogs et sites de discussion avec des pseudonymes et en vantant les vins de Bourgogne et de Loire. Les infidèles ont gobé tout cela très facilement !

Khalid : C’est un coup de maître Cheikh !

Cheikh Omar : On ne pouvait rêver mieux. Ces Amerloques et ces Froggies pathétiques se sont laissés convaincre que la voie de la rédemption passait par la Bourgogne. En réalité, c’est la voie vers le prochain califat. Et cette fois-ci, Inch’Allah, nous serons aux portes de Beaune, puis de Paris, et non pas de Vienne !

Mes remerciements et félicitations à  Mike Steinberger pour la version originale de ce texte, que j’ai librement traduit, raccourci et parfois légèrement  modifié. Après tout, traduire c’est trahir !

 

David Cobbold

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