Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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L’alcool et le vin : les raisins de l’escalade

Nous savons tous que le vin contient de l’alcool. Il fait même partie de sa définition officielle par l’OIV. Pour certains, ce composant constitue une bonne partie de l’intérêt du produit. Pour d’autres, comme moi, c’est plutôt un associé inévitable mais peu désirable qu’on aimerait voire disparaître, ou en tout cas diminuer en proportion.

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Si le degré d’alcool doit être affiché sur tout contenant et pour quasiment tous les marchés, il existe une tolérance quant à l’écart entre le pourcentage affiché et la réalité. En Europe cette « zone de tolérance » est de 0,5%, tandis qu’aux USA elle atteint 1% pour les vins qui dépassent 14% et 1,5% pour les vins ayant moins de 14%. Autrement dit, en Europe, vous avez le droit de libeller un vin ayant réellement 15% d’alcool avec une mention 14,5%, et on ne s’en prive pas.

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Cela dit, je ne suis pas un obsédé du degré. Le plus important est que le vin apparaisse équilibré et qu’il ne donne pas une sensation de chaleur sur le palais quand je le déguste. Il est vrai que certains vins de 12,5% peuvent sembler trop alcoolisés, tandis que d’autres de 14,5% donnent un bien meilleur impression d’équilibre et de fraîcheur. Je pense aussi qu’il est essentiel de déguster un vin avant d’apporter un jugement sur son équilibre et d’éviter de regarder les détails de l’étiquette en premier lieu.

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C’est un fait que le degré moyen de presque tous les vins est en hausse sensible depuis une bonne vingtaine d’année. Les taux d’alcool indiqués sur les étiquettes de bouteilles de vin tournaient souvent autour de 12,5 % alors et. en remontant bien plus loin, les grands bordeaux ne dépassaient que rarement les 11 degrés. Maintenant la norme pour ces vins est plutôt entre 13,5 et 14,5 degrés d’alcool. On parle souvent du réchauffement climatique comme étant largement responsable de ce fait. Mais les faits ne permettent pas de soutenir cette thèse. Une récente étude a analysé les vins distribués par le monopole de la province canadienne d’Ontario, le Liquor Board of Ontario (LCBO), qui est un des plus grands acheteurs de vin au monde. Quand les résultats étaient comparés avec les augmentations des températures moyennes dans les zones de production, les degrés d’alcool dans les vins avaient augmenté bien plus que ne pouvait être expliqué par des modifications climatiques. Il y a donc d’autres causes.

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Le marché mondial de vin croit aujourd’hui uniquement par l’apport de nouveaux consommateurs dans des pays qui n’étaient pas des marchés importants pour le vin il y a une génération. Ces consommateurs buvaient surtout  de la bière, des alcools forts et/ou des jus de fruits ou sodas, seuls ou en mixtures. Tous ces produits ont peu ou moins de tannins qu’un vin rouge traditionnel, et donnent toujours des impressions de rondeur ou de sucrosité plus importants que les vins d’autrefois. Puis des critiques de vins ont émergés dans ces pays, eux aussi venus de cette culture. Et ils ont encensé des vins ayant un caractère fruité prononcé et une rondeur venant d’une certaine richesse alcoolique. Alors on s’est mis, un peu partout, à cueillir les raisins plus tard et à imaginer des techniques pour maximiser l’extraction de saveurs  fruitées sans avoir ni trop d’acidité ni trop de tannins. Un des résultats de cela est une augmentation des degrés d’alcool. Et ce n’est pas totalement neutre pour le consommation du vin, qui chute en France pour plusieurs raisons, mais peut-être aussi un peu à cause de ces bombes alcoolisés dont on peine à avaler un verre.

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Bien sur le climat joue aussi un rôle. Les vins issus de climats chauds ont toujours tendance à contenir plus d’alcool. Le cépage aussi y contribue, car certains variétés ont besoin de rester plus longtemps sur la vigne que d’autres pour atteindre une pleine maturité. Certains génèrent naturellement plus de sucre que d’autres dans une même zone climatique. On voit cela avec le merlot à Bordeaux qui produit régulièrement des degrés bien plus élevés que les cabernets, et des vins de la rive droite qui atteignent les 15% ne sont plus des raretés. Une des conséquences et une augmentation de la part de cabernet franc dans beaucoup de domaines du secteur. Une autre variété qui est particulièrement problématique est le grenache. Je me méfie de plus en plus des vins du Rhône sud par exemple, à cause de leurs degrés qui atteignent régulièrement les 15% et qui peuvent certaines années largement dépasser ce niveau. C’est pour cela que je trouve la règle qui imposent pour l’appellation Côte du Rhône, par exemple, un minimum de 40% de cette variété  totalement débile et inadapté. De plus en plus de producteurs plantent des variétés moins productives en sucre, et l’INRA les aide en travaillant sur cette question et en produisant de nouvelles variétés comme le caladoc, le marselan ou le couston.

Cette réflexion générale m’a été inspiré par la dégustation récente d’un vin délicieux qui semble faire exception à la règle qui voudrait que bonne maturité va nécessairement de paire avec degré élevé.

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Il est vrai que les vins de Loire ont tendance à être nettement moins alcoolisés que d’autres. Mais nous n’avons pas beaucoup l’habitude d’une  touche aussi légère avec ce cépage. Cet exemple nous prouve qu’un vin peut être à la fois foncé de robe, tannique, frais, mûr, afficher moins de 12° d’alcool, et provenir  d’un millésime pas loin d’être désastreux, 2013.  On doit ce petit merveille aux Marionnet, père et fils, vignerons émérites et créatifs de Touraine. Les amateurs de vins de Loire connaissent bien ce nom qui nous a habitués depuis longtemps à ses sauvignons et gamays régulièrement délicieux. Cette fois, c’est le côt (mieux connu sous le nom de malbec) qui est à l’honneur, en version « non greffée », c’est à dire franc de pied et donc exposé au phylloxéra. Faut-il y voir une relation de cause à effet ? Peut-être, et on se fera un plaisir d’enquêter sur la question. En attendant, on a pris beaucoup de plaisir à croquer dans ce fruit intense et juteux, dans ces tanins fermes mais mûrs, parfaitement pris dans le fruit, avec une sensation de légèreté un peu paradoxale pour ce cépage réputé viril. Du bel ouvrage, et un tour de force vue les conditions du millésime. Une vingtaine d’euros qui se  justifient amplement. Et nous avons hâte de déguster le millésime suivant !

David Cobbold


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Cahors again (2/2)

Cahors, le retour

Ceci est la deuxième partie de l’article commencé la semaine dernière. Il vise à expliquer mes choix parmi les 66 échantillons dégustés (les meilleurs pour moi, bien entendu). Les vins sont listés dans l’ordre de la dégustation, qui fut ordonnée en deux séries : la première consacrée aux vins des 4 terrasses se trouvant dans la vallée, et la deuxième aux vins issus du plâteau (série « Causse »)

Les prix s’entendent TTC départ, tels qu’ indiqués par les producteurs dans les fiches reçues après la dégustation qui avait lieu à l’aveugle.

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David à Cahors (Photo © H. Lalau 2011)

 

Série « Vins des Terrasses »

 

Domaine Le Bout du Lieu 2010

90% malbec, 10% merlot

Un nez frais pour un vin gourmand, aux tanins fins. Il conserve sa séduction jusqu’à sa finale qui est empreinte de la note de fraîcheur qui, souvent, marque les bons vins de Cahors. Un rapport qualité/prix remarquable rajoute à ses atouts.

Prix : 7 euros

 

Château Eugénie, cuvée Pierre le Grand 2010

85% malbec, 15% merlot

Le boisé est un peu marqué, mais ce vin a un joli fruité et une belle texture qui ne masque pas un fond intéressant.

Prix : 8,10 euros

 

Château Lamartine, cuvée Particulière 2010

90% malbec, 10% tannat

On ne compte plus les cuvées « particulière », « prestige » ou « tradition ». Celle-ci a un caractère intense et charnu, très mur (est-ce « particulier » ?), qui m’a fait penser davantage à un style fréquent dans des vins du Nouveau Monde. C’est bien fait dans une mode volontairement moderne.

Prix : 11,50 euros

 

Clos d’Audhuy 2011

100% malbec

Une très belle matière intense qui possède une texture soyeuse. Un beau vin dont la longueur et l’équilibre impressionnent. Je crois aussi que c’est un jeune vigneron. En tout cas un travail manifestement soigné qui donne ce beau résultat qui vaut largement son prix. Un des mes préférés, sinon mon préféré, dans cette première série.

Prix : 13 euros

 

Château Haut Montplaisir, cuvée Prestige 2010

100% malbec

De la finesse et une bonne définition des saveurs, malgré des tannins légèrement crayeux, il me semble.

Prix : 12,50 euros

Clos Triguedina 2010

80% malbec (et je ne sais pas pour le reste)

Un vin ayant de la structure et des saveurs que j’ai trouvées un peu exotiques, voire luxuriantes. Du caractère, mais peut-être un élevage un peu trop appuyé.

Prix : 16,35 euros

 

Château Lamartine, cuvée Expression 2010

100% malbec

Une belle matière pleine de gourmandise. Tannins et fraîcheur sont en bonne équilibre. Deuxième cuvée sélectionnée de ce domaine toujours très fiable.

Prix : 14,50 euros

 

Château Haut Montplaisir, Pure Plaisir 2010

100% malbec

On pourrait en dire autant de ce domaine pour la régularité dans la qualité de sa production.

C’est un vin assez intense par ses saveurs, et la matière est dense et tannique à ce stade. Mais, même s’il n’est pas encore à son apogée, j’aime bien  son équilibre et la légère touche d’amertume en finale qui évoque de nombreux vins italiens.

Prix : 25 euros

 

Château de Mercuès 2011

88% malbec (et ??)

Un beau fruité qui donne un vin séduisant et assez charnu, bien qu’on ressente une certaine chaleur en finale.

Prix : 16,50 euros

 

Château de Mercuès, cuvée 6666 2011

100% malbec

L’élevage est un peu trop perceptible à mon goût, mais c’est un bon vin, aussi dense que long. Un peu cher tout de même…

Prix : 37 euros

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 Le Lot sort de la brume (Photo © H. Lalau 2011)

 

Série « Vins du Causse »

 

Château Haut Borie, cuvée Tradition 2011

100% malbec

Très frais et juteux. Le style semble bien changer après les trois ou quatre derniers vins (dont tous ne figurent pas dans ma sélection) de la série précédentes : des vins puissants et un peu sur-extraits à mon goût. Evidemment on change aussi de registre en matière de prix, passant de vins vendus à plus de 50 euros à celui-ci que ne vaut que 7 euros ! Et à l’aveugle, c’est bien celui-ci que je préfère, largement à cause de cette sensation de fraîcheur. Non, le prix ne fait pas tout.

Prix : 7 euros

 

Château Quattre 2010

100% malbec

Un beau nez qui évoque prune et pruneaux et parts égales. Tannins serrés. Joli vin classique qui respire le Causse.

Prix : 7,50 euros

 

Prieuré de Bovila 2010

100% malbec

Un bon compromis entre vivacité et intensité. C’est long et vibrant.

Prix : 8 euros

 

Métairie Grand du Théron prestige, 2011

100% malbec

Le nez est réduit au départ, car ce vin a une certaine intensité de matière. Mais c’est très bien fait, lisse de texture et travaillé avec soin dans un style moderne assumé.

Prix : 10 euros

 

Métairie Grand du Théron prestige, 2012

100% malbec

Coup double pour ce domaine qui a les même propriétaires que le Château Haut Borie, le premier vin sélectionné dans cette série, ce qui prouve déjà la qualité de travail de la famille Sigaud. J’ai préféré le 2012 au 2011, par son allant et son élégance. Il m’a semblé moins extrait et a gagné en finesse. Tannins bien intégrés. Une belle réussite et une des meilleures affaires de toute ma dégustation.

Prix : 10 euros

 

Château Haut Borie, cuvée Prestige 2011

100% malbec

Et cela continue pour la famille Sigaud ! Ce vin a peut-être une touche de rusticité à l’ancienne que je n’ai pas trouvée chez les autres productions de la famille, mais c’est un bon vin, relativement puissant.

Prix : 10 euros

 

Clos Troteligotte, K-or 2013

100% malbec

Dans le passé, j’ai très bien dégusté les vins de ce domaine, dont j’aime aussi la créativité des noms de cuvées, comme le graphisme des étiquettes qui forment un bel ensemble cohérent. Cette fois, j’avoue les avoir un peu moins bien dégustés. Peut-être étaient-ils défavorisés par la relative jeunesse des échantillons présentés. Cette cuvée est pourtant un vrai délice par son fruité juteux et gourmand qui tire un peu vers la pâte de fruits.

Prix : 9 euros

 

Château Combel La Serre 2010

100% malbec

C’est un peu trop boisé pour moi, mais la matière est belle, intense et longue.

Prix : 9,50 euros

 

Domaine de la Bérangeraie, Les Quatre Chambrées 2010

100% malbec

Ce vin est clairement destiné à une garde et ma note en tient compte, car il n’est pas très accessible aujourd’hui. Les tannins sont très denses et masquent une peu le fruit à ce stade, mais il y a tout ce qu’il faut en dessous et je le reverrai avec plaisir dans quelques temps.

Prix : 12 euros (ce qui est très raisonnable pour un vin de garde)

 

Château de Chambert 2010

100% malbec

Avec Troteligotte, Chambert est un des rares domaines en bio dont j’ai sélectionné un vin dans cette série importante de 66 vins. Cela ne prouve rien du tout, sauf, en ce qui me concerne, qu’être « en bio » n’a aucun rapport avec la qualité du vin, mais plus avec le marketing du vin en question et les convictions du producteur. Ce vin a la fraîcheur typique des vins de causse et une certaine élégance. Il figure parmi les bons, mais pas parmi les meilleurs à cette occasion.

Prix : 15 euros

 

 Rigal, Les Pierres Blanches 2010

100% malbec

La belle fraîcheur domine un peu l’ensemble, mais ce vin a sa place pour se finesse.

Prix : 15 euros

 

Rigal, Les Terres Rouges 2010

100% malbec

Beaucoup d’intensité et toujours cette texture serrée autour de la fraîcheur. Une belle longueur avec une pointe d’amertume agréable en finale.

Prix : 15 euros

 

Métairie Grande du Théron, Parcelle des Origines 2012

100% malbec

Un des meilleurs vins de la série. C’est fin et juteux, avec des tannins parfaitement intégrés dans l’ensemble et un style aussi classique qu’élégant, long et fin. Le Cahors montre son progrès avec des vins comme celui-ci,

Prix : 20 euros

 

Château Eugénie, Haute Collection 2010

100% malbec

Une belle intensité autour d’une excellente qualité de fruit et des tannins bien intégrés. Un bon vin qui dévoile un peu de chaleur en finale.

Prix : 21 euros

 

Château Pech de Jammes 2011

100% malbec

Bon vin, bien fait dans un style « middle of the road« , c’est à dire sans excès et accessible.

Prix : 15 euros

 

Les Carrals de Château Quattre 2010

100% malbec

Ce vin était mon préféré de toute la série. Déjà au nez, il signe la qualité de son équilibre. L’intensité de son fruit n’empêche nullement un parfait équilibre en bouche, avec une matière sensationnelle et vibrante. Excellent et vaut largement son prix.

Prix : 23 euros

 

Domaine du Prince, Lou Prince 2010

100% malbec

Charnu et un peu touffu par moments, il a quand-même une très belle matière et est bien fait dans le style un peu extrait.

Prix : 23 euros

 

Château de Haute Serre, Géron Dadine 2011

100% malbec

Un des très rares vins de la série dont les vendanges furent manuelles. Fait-on des meilleurs vins rouges en récoltant à la main ? Je ne le crois pas, mais il faudrait comparer des lots issus de la même parcelle le même processus derrière pour le savoir, ce qui n’est jamais fait à ma connaissance. La robe est très dense et la matière hyper-serrée. C’est un peu trop pour le plaisir aujourd’hui, mais peut-être que demain cela sera splendide.

Prix : 36 euros

Une autre cuvée de ce domaine (Château de Haute Serre) a été sélectionnée. Le vin s’appelle, curieusement, Icone Wow 2011 et il est très bon mais je trouve son prix, à 100 euros, déraisonnable.

 

L1040928Tout un programme! (Photo © H. Lalau 2011)

Il est à noter que la quasi-totalité des ces vins sont des 100% malbec, ce qui est une nette tendance dans l’appellation. Il y avait aussi bien plus d’échantillons des Terrasses et du Causse que de la Vallée, même s’il y avait de bons vins issus de cette partie aussi. Et cela est une autre tendance, même si nous verrons passer encore des générations avant que ce vignoble ne retrouve sa configuration d’avant le phylloxéra.

Autrement, je crois qu’une bonne partie de ma conclusion peut se lire dans le premier article paru la semaine dernière. Même si quelques cuvées ont des prix que dépassent les 25 euros, il n’est pas nécessaire d’aller si haut pour se faire très plaisir avec un vin de Cahors. Je pense donc que ces vins représentent, dans l’ensemble, de remarquables rapports qualité/prix. Je m’attends aussi à voir émerger de vrais grands vins de Cahors dans les années à venir, tant le potentiel de cette appellation me convainc.

David Cobbold


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Courir à Cahors

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Ce titre peut-être interprété comme une incitation, et cela aurait parfaitement sa justification, tant ces vins rouges du Lot, autrefois durs et rustiques dans l’ensemble, ont, depuis quelques années, acquis une toute nouvelle dimension dans l’expression du fruit profond du malbec, et s’habillent aujourd’hui d’une texture plus veloutée. La séduction est donc là, mais sans aucune perte de caractère car le malbec et ce lieu particulier (ok, le terroir, si vous voulez !) y veillent.

Le vignoble de Cahors est un cas un peu à part dans la mosaïque des appellations du Sud-Ouest de la France. S’il forme un paysage doux et paisible au fond de la vallée serpentine, il se transforme très rapidement et radicalement dès qu’on grimpe de part et d’autre de la rivière, en des zones souvent bien escarpées (mes cuisses et mes mollets s’en souviennent encore, après 17 kms de course à pied tout-terrain), arides en été, glissante en hiver, mais caillouteux partout et ferrugineux par endroits. L’autre sens de mon titre est plus prosaïque : je suis allé ce weekend goûter une soixantaine de vins de Cahors, puis participer à une course à pied à travers une partie du vignoble. Mais rassurez-vous, je ne vous parlerai dorénavant que du vin, sauf à vous rassurer, ayant terminé ma course sans casse. En tout cas, je pourrais dire que j’ai vraiment fait du terrain cette semaine, et le vignoble de Cahors est souvent impressionnant.

Cela faisait une paire d’années que je n’avais pas dégusté tant de vins de Cahors, et deux de plus depuis ma dernière séance importante à l’aveugle qui fut partagée avec Hervé Lalau, entre autres. Tous mes remerciements à l’UIVC d’avoir rendu la chose possible. C’est une appellation chaleureuse, sympathique et dynamique, même si tout n’est surement pas simple en interne, car les dirigeants doivent convaincre un nombre important de vignerons de quitter, pour certains, le 19ème siècle et avancer vers le 21ème. On imagine bien les difficultés ! En tout cas, le cas Cahors est exemplaire par sa progression récente et les résultats commencent à venir, notamment sur le marché américain.

Je voulais déguster un millésime ayant un peu d’âge, en l’occurrence le 2010, mais les ventes ayant pris de l’ampleur et le millésime étant de faible rendement, bon nombre de domaines ont envoyé des 2011 ou des 2012, voire quelques 2013. Ce fut donc une dégustation mixte sur le plan des millésimes qui m’attendait vendredi après-midi au centre viticole d’Anglars. Température des flacons impeccable, bouteilles masquées, crachoirs irrigués et fonds blancs des tables, beaux verres et tranquillité : bref, des conditions parfaites. Les 66 échantillons étaient divisés en deux séries : la première pour les vins de la vallée, la seconde pour les vins issus des terrasses et du plateau, car c’est ainsi que se subdivisent les zones de production, partant des méandres du Lot. Et c’est aussi le nouveau chemin pris par l’appellation qui a un dossier en cours à l’INAO afin d’autoriser des mentions « terrasses » ou « plateau » pour des vins qui en sont issus. Aboutissement prévu dans deux ans.

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Le cépage phare de Cahors est le malbec, et il est de plus en plus mis en avant (et, je dirais, en valeur) depuis que les Argentins ont ouvert une brèche bienvenue dans le dominance du trilogie cab/syrah/pinot noir dans l’esprit des consommateurs, et particulièrement les Anglophones. Et il se trouve que presque tous les vins que j’ai préférés étaient des purs malbecs. Quant aux méthodes de culture (oserai-je parler de dogmes?), un seul de mes vins préférés était le fait d’un domaine pratiquant la viticulture bio.

Je répète que je dégustais à l’aveugle et que je n’ai eu les fiches que le surlendemain de ma dégustation. Donc pas de qualité supérieure imputable aux vins bio pour moi. Cela dépendra des cas. Pour passer vite sur les vins que j’ai moins aimé, mes critiques les concernant touchent à trois aspects : une rusticité persistante dans certains cas, donnant des tannins durs et une absence de fruit ; un usage immodéré du bois dans d’autres cas ; enfin des extractions parfois trop appuyées qui donnaient à quelques vins une impression certes de puissance et d’intensité, mais aussi d’une lourdeur qui impliquait une perte d’une des caractéristiques que j’apprécie le plus dans les malbecs cadurciens : j’ai nommé la fraîcheur.

Mes vins préférés : ils sont tout de même au nombre de 30 sur ce groupe de 66 vins, avec, bien sûr, une gradation dans les préférences. Pour en savoir plus dans le détail il va falloir patienter un peu (une semaine), mais je vais vous livrer de suite les noms des domaines dont les vins vont figurer dans ma liste avec des notes de dégustation. Il y a des habitués parmi mes préférences, mais aussi quelques surprises ou nouveautés. En tout cas, faire figurer une proportion aussi élevée de bons ou très bons vins dans une série si importante est déjà une mesure des progrès en cours à Cahors.

Domaine Le Bout du Lieu 2010

Château Eugénie, cuvée Pierre le Grand 2010

Clos d’Audhuy 2011

Château de Gaudou, cuvée Renaissance 2012

Château Lamartine, Renaissance 2012

Château de Mercuès 2011

Château de Mercuès cuvée 666, 2011

Château Haute Borie Tradition 2011

Château Quattre 2010

Prieuré de Bovila 2010

Astrolabe Malbec 2012 (Vinovalie)

Métairie Grand du Théron prestige, 2011 et 2012

Château Haut Borie prestige 2011

Clos Troteligotte, K-Or 2013

Château Combel la Serre, cœur de cuvée 2010

Domaine de la Bérangère, Les Quatre Chambrées 2010

Château de Chambert 2010

Rigal, Les Pierres Blanches 2010

Rigal, Les Terres Rouges 2010

Métairie Grande du Théron, Parcelle des Origines 2012

Château Pech de Jammes 2011

Les Carrals de Château Quattre 2010 (mon préféré de toute la série)

Domaine du Prince, Lou Prince 2010

Château de Haute Serre, Géron Dadine 2011

Château de Haute Serre, Icône Wow 2011

Plus sur ces vins et leurs prix, avec d’autres observations, une prochaine fois. Mais je veux d’abord rendre un hommage à une famille de propriétaires, les Sigaud, qui ont placé quasiment tous leurs échantillons dans la liste ci-dessus. Du coup, j’ai voulu leur rendre visite et je vous en parlerai la semaine prochaine car leur histoire est remarquable. Pour le moment, massage de jambes et dodo !

David Cobbold


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Méditerranéen, le Malbec?

Les contre-étiquettes sont une source quasi-inépuisable d’inspiration pour les oenophiles… et les journalistes naturellement goguenards que nous sommes. Qu’elles soient informatives, banales, inutiles, choquantes… ou erronées, comme c’est le cas de celle-ci.

Contre étiqueete curieuse (1)

On y lit que le Malbec est un cépage… méditerranéen! De quoi choquer plus d’un ampélographe, car il est on ne peut plus Atlantique.

Ses parents s’appellent Prunelard (un vieux Cépage du Tarn) et Magdeleine Noire (une Charentaise qui a également enfanté le Merlot).

Quand aux endroits où on le trouve aujourd’hui (à part peut-être les Pouilles… et Limoux), ils sont eux aussi atlantiques, que ce soit sur la rive Est de l’océan (Cahors, Bordeaux) ou sa rive Ouest (Argentine).

Contre étiqueete curieuse (2)

Le plus drôle, c’est que l’étiquette fait bien mention de cépages atlantiques comme les Cabernets ou le Merlot…

Quoi qu’il en soit, Limoux, aire partagée entre un versant atlantique et un versant  méditerranéen, est donc une des rares AOC de France avec Cabardès, Malepère et Lavilledieu, à pouvoir proposer des assemblages cabernet-syrah. Les Australiens n’ont qu’à bien se tenir!

Marc et Hervé

PS. Et le vin? Correct. Les épices sont bien là, la contre étiquette ne ment pas. Quant à la richesse aromatique, au fruit généreux, c’est une autre histoire. Mais là, on entre dans le subjectif.


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Les vins de Cahors: de plus en plus haut


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J’ai déjà souligné ici les progrès remarquables accomplis par les vins de Cahors ces dernières années. J’ai pu le vérifier, une fois de plus, lors d’une très large dégustation tenue à Paris la semaine dernière par 45 producteurs (domaines, maisons de négoce et caves coopératives), dont chacun avait apporté, en principe, 3 vins de leur gamme dans des millésime récents.

Cela en faisait bien trop à déguster pour un seul homme, surtout dans le temps imparti, mais j’ai parcouru pour vous une partie de ce vaste champ de malbec –  cépage maintenant revendiqué haut et fort comme faisant partie inséparable de l’identité de l’appellation lotoise.

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Les gammes de vins des producteurs de Cahors sont devenues de plus en plus claires dans leur organisation. Pour simplifier, elles se résument à trois niveaux et styles de vins : une entrée de gamme, le vin le plus souple ; un milieu de gamme, plus complexe et tannique, et un haut de gamme très sélectif et plus concentré, ayant bénéficié souvent d’un élevage plus long.

Le vin d’entrée de gamme peut utiliser le malbec pur, mais  y associe souvent  15 ou 20% de merlot, voire du tannat, pour en faire un vin plus souple et fruité, en tout cas plus accessible en prix et par le goût. Mais la grande majorité des vins dégustés étaient des purs malbecs.

A cette échelle de styles correspond aussi une échelle de prix qui va de 5 à 8 euros pour une bonne entrée de gamme, avec un milieu de gamme entre 8 et 15 euros et un haut de gamme entre 15 et 25 euros, et parfois bien plus chez les plus déraisonnables (ou ambitieux).

Franchement, et sans tenir compte des prix, j’ai parfois préféré les vins entrée-de-gamme ou haut-de-gamme, et il aurait été plus intelligent de ne servir que deux cuvées par producteur, car nous aurions pu déguster chez un plus grand nombre d’entre eux.

Les milieux de gamme cherchent souvent leur voie à mon avis, avec quelques exceptions, particulièrement chez ceux qui utilisent ce créneau pour élaborer des cuvées parcellaires, comme l’excellent Mas del Périé, ou Troteligotte et sa jolie série qui décline  la lettre K avec intelligence et en utilisant vinifications différentes et sélections parcellaires.

Pascal Verhaege - photo Kayne

Pascal Verhaeghe (photo Kayne), un des grands précurseurs de la vague moderne qui a transformé (en bien) les vins de Cahors

Le style des vins a bien évolué et doit beaucoup à l’émulation

De nos jours, il y a une qualité dans le fruit des vins de Cahors, alliée à une relative souplesse de tanins, qui n’a jamais existé auparavant sauf chez quelques pionniers comme Pascal Verhaege et son Château du Cèdre, ou la famille Vigouroux et leurs Haute Serre et Mercuès. Foin des remarques de ces esprits chagrins et anti-progrès qui disent que tout était mieux avant. C’est rarement vrai, mais c’est totalement faux pour les vins de Cahors !

Le Cahors d’autrefois, dur et raide comme une planche de vieux chêne de cuvier, âpre et sans fruit, existe encore et je l’ai rencontré sur un des stands de cette dégustation. Mais c’est devenu l’exception. Les vins ont presque toujours un fruité très gourmand, et possèdent systématiquement cette belle fraîcheur qui est le marqueur du malbec sur ces terrains souvent très calcaires et dans ce climat particulier.

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photo David Cobbold

Mes producteurs préférés (parmi les 26 chez qui j’ai pu déguster)

Château Lamartine, Château Haut Monplaisir, Château Haute Serre, Château de Mercuès, Georges Vigouroux (pour ses très bons vins de négoce), Château de Gaudou, Clos Troteligotte, Château Tour de Miraval, Château Quattre, Lo Domeni, Mas des Etoiles, Mas del Perié, Château Chambert.

Et ma sélection de quelques vins en particulier (qui apparaissent dans l’ordre de ma dégustation)

Château Lamartine, cuvée particulière 2010 (90% malbec, 10% tannat, prix 11,50 euros)

Élaboré à raison de 100.000 bouteilles, ce vin, relativement souple et suave de texture, est aussi gourmand que tendu.

Château Lamartine, Expression 2010 (100% malbec, prix 22 euros)

L’étiquette de ce vin est tristement vieillotte, mais le vin est d’une belle modernité et sort régulièrement parmi les meilleurs dans mes dégustations. D’une belle intensité, mais sans excès de concentration, il présente une très belle qualité de fruit, de la fraîcheur et de la longueur.

Le 2009, dans un style plus chaleureux, est tout aussi bon.

Château Haut Monplaisir, Tradition 2010 (100% malbec, prix 7,10 euros)

Ce vin est une des meilleures affaires que j’ai dégusté ce jour.  Très belle qualité de fruit, et matière parfaitement équilibrée et intense.

Château Haut Monplaisir, Pur Plaisir 2009 (100% malbec, prix 23 euros)

Le nez est magnifique, avec une alliance entre finesse et intensité qui force le respect. C’est aussi dense et impressionnant en bouche. Il faudrait être patient avec lui et je me demande si un peu moins d’extraction n’aurait pas été préférable. Mais on est sur la piste du grand vin ici.

Georges Vigouroux, Pigmentum 2011 (100% malbec, prix 5,50 euros)

Voilà l’exemple de ce qu’il faut faire à Cahors  pour un vin d’entrée de gamme à diffusion large (250.000 bouteilles). Gourmand et souple autour de son fruité pimpant, il a le parfait équilibre pour ce type de vin et assez de caractère pour signer son origine.

Château de Haute Serre 2010 (85% malbec, prix 15,50 euros)

Une très belle matière qui allie élégance et intensité. Vin magnifique et vibrant.

Cahors très haut de gamme

Des vins superbes et un habillage à la hauteur. Mais faut-il monter les prix autour de 100 euros pour prouver que l’on peut faire de grands vins à Cahors ?  (photo David Cobbold)

Les vins de la série de cuvées très-haut-de-gamme de Vigouroux, qui sont nommés, assez curieusement, «Icon Wow», ont des habillages superbes. Ils viennent de sélections très pointues dans chacun des trois domaines vinifiés par l’équipe Vigouroux (Haute Serre, Leret Montpezat et Mercuès). Ils sont tous très bons; mais je ne pense pas que leur prix, qui frôle les 100 euros par bouteille, soit justifié.

Château de Gaudou, Grande Lignée 2010 (85% malbec, 15% merlot, prix 7 euros)

Une autre bonne affaire de cette dégustation avec cette vin au beau nez profond, et beaucoup de charnu et de charpente pour un vin à ce prix.

Château de Gaudou Premium 2012 (100% malbec, prix 20 euros)

Issu d’une vinification très particulière (carbonique puis longue macération) et évidemment en cours d’élévage, donc dégusté sous réserve de la suite des évènements. Le vin a beaucoup de fraîcheur, et aussi une texture très lisse pour un vin si jeune. Les saveurs doivent encore se développer. Très prometteur et au prix abordable pour ce style de produit.

Clos Troteligotte, Kor 2009 (100% malbec, prix 8,50 euros)

Parfumé et élégant, au fruité éclatant. Long et frais

Clos Troteligotte, K 2009 (100% malbec, prix 19 euros)

Superbe vivacité avec des tannins plus carrés. Beaucoup de caractère et longueur.

Clos Troteligotte, K2  2011 (100% malbec, prix 39 euros)

Vin somptueux, qui combine intensité et finesse. Le style frais du plateau est bien là mais en version élégante.

Château Tour de Miraval, Perle Noir 2010 (100% malbec, prix 9 euros)

Un joli vin fin et très fruité. Très beau à ce prix.

Château Quattre 2009 (100% malbec, prix 8 euros)

Vif et précis, ce vin démontre l’intérêt de l’apport en fraîcheur du plateau quercinois  dans un millésime chaud.

Château Quattre, Les Carrals 2009 (100% malbec, prix 18 euros)

Issu d’une parcelle de 3,5 hectares et d’une vinification intégrale en barriques de 500 litres, ce vin a un nez splendide qui marque souvent les grands vins. La bouche confirme. Intense et long, parfaitement équilibré. Un des mes vins préférés de cette dégustation. 

Lo Domeni, Le Clos 2011 (100% malbec, prix 5,50 euros)

Finement fruité et élégant. Belle réussite pour ce premier (ou deuxième ?) millésime de ce domaine constitué par un ancien régisseur de Lagrezette, et un vin très bien placé en termes de prix (je suis du côté du consommateur, ne l’oublions pas !)

Lo Domeni, Vendémia 2011 (100% malbec, prix 11,50 euros)

Une suite logique de la cuvée précédente, avec plus de tout : fruit et structure. Encore bien jeune pour ce type de vin, mais prometteur.

Mas des Etoiles, Une Etoile est Née 2009 (100% malbec, prix 16 euros)

Un très joli vin, intense et long, et qui a toute la matière pour supporter un élevage 100% bois neuf sans broncher.

Château Nozières, l’Elegance (100% malbec, prix 14 euros)

Là, par contre, le boisé est un peu trop marqué pour mon goût, mais cela peut plaire. C’est un très beau vin, aussi intense que long, qui a besoin d’un peu de patience.

Mas del Périé, Les Escures 2011 (100% malbec, prix 9 euros)

Frais, fin et très gourmand. Une délice de Cahors moderne, qui, sans nier en rien ses origines, est à montrer en exemple à tous ceux qui ne croient pas encore au renouveau de cette appellation.

Mas del Périé, Les Acacias 2010 (100% malbec, prix 22 euros)

Le bois reste encore perceptible au nez, mais ce vin dévoile une superbe pureté de fruit. A attendre un peu.

Mas del Périé, La Pièce 2010 (100% malbec, prix 45 euros)

Un nez très complet, intense et pas marqué par le bois. Ce vin à très grand potentiel aura besoin d’un peu de temps mais il est mangifique.

Château de Chambert, Grand Vin 2009 (100% malbec, prix 24 euros)

Un style fin et presque allègre, avec une belle dose de fraîcheur et beaucoup d’élégance.

Château de Chambert, Grand Vin 2010 (100% malbec, prix 24 euros)

Aussi frais mais avec un peu plus d’intensité que le 2009 du même vin. Long, il a un grand potentiel.

Et quelques échos d’ailleurs

Un ami a dégusté en même temps que moi et a pu aller chez certains que je n’ai pas eu le temps de visiter. Château les Cèdre était, d’après lui, aussi bon que d’habitude. En revanche le seul vin de Cosse Maisonneuve présenté, Les Lacquets 2009, était infesté, paraît-il (et comme cela arrive si souvent avec ce vin), par des bretts. Les vins du Clos Triguedina, un des grands pionniers de la qualité à Cahors, étaient aussi très bien, à l’exception de son très haut de gamme.

Conclusion

Le slogan utilisé à répétition par le marketing dynamique et efficace de Cahors, «Cahors is back», n’est pas du tout abusif. Il faudra compter avec cette appellation dans les années à venir et sa réussite croissante sur des marchés à l’export en est un signe.

La France est, semble-t-il, un peu à la traîne dans la reconnaissance de ce renouveau remarquable apporté conjointement par jeunes et moins jeunes vignerons. Mais attention tout de même à ne pas attraper la folie des grandeurs. Des prix au-delà de 50 euros me semblent plus que déraisonnables pour le moment et relever d’un positionnement qui abuse du principe (erroné) du « plus c’est cher, mieux c’est ».

David

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