Les 5 du Vin

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Voyage dans l’espace et dans le temps

Lors d’un apéritif et du repas qui a suivi, avec des amis, nous avons eu la chance de voyager beaucoup, aussi bien dans l’espace que dans le temps. Grâce à un outil techno miraculeux ? Non, grâce au vin. Je trouve que le vin a cette capacité formidable de vous faire voyager dans au moins trois dimensions : l’espace, celui de son lieu origine ; le temps, celui de sa date de naissance et du parcours qui nous en sépare ; enfin la dimension intérieure de nos sensations éprouvées en le dégustant. On peut évidemment rajouter la dimension des échanges que le vin ne manque pas de stimuler.

Nous avons dégusté, successivement, 4 vins, tous excellents dans leurs types et styles respectives. D’abord deux vins effervescents, un français et un californien, puis un Pinot Noir d’Afrique du Sud, et enfin un Gewurztraminer d’Alsace. Voilà pour l’espace. Question de temps, la première « bulle », la française, était certainement jeune mais ne portait pas de millésime. La bulle californienne était de 2006 et le Pinot Noir sud africain était de 2005. Pour finir, le Gewurztraminer était de 2008. Un peu plus qu’une décennie et trois continents visités pendant ce repas donc.

Les détail des vins et quelques commentaires de mémoire

Gaudou Exception est un blanc de noir brut produit par le Château Gaudou (Cahors) avec le cépage Malbec et sous la désignation Vin de France. Je n’ai pas le souvenir d’avoir souvent dégusté un effervescent élaboré avec du Malbec. J’étais très agréablement surpris par la finesse de ce vin, qui se vend pour le prix modeste de 7 euros. C’était fruité juste ce qu’il faut, avec de la matière mais sans aucune lourdeur. Merci à mon ami Florent d’avoir apporté ce flacon : une belle découverte ! Nous avons eu aucun mal à terminer la bouteille et à entamer la suivante à l’apéritif.

Schramsberg Blanc de Noirs Brut 2006 vient d’une des zones viticoles fraîches de la Californie et qui s’appelle North Coast. J’avais ce flacon dans ma cave depuis quelques années et elle s’est révélée excellente, d’une grande finesse de structure, profond et avec juste ce qu’il faut de patine apportée par le temps. Ce vin avait la force pour continuer avec l’entrée du repas.

Bouchard Finlayson Galpin Peak Pinot Noir 2005 vient de la région de Walker Bay en Afrique du Sud.  Zone fraîche aussi, par le double influence des montagnes derrière et de l’océan devant. J’ai le souvenir d’avoir vu des baleines au large de la côté à Walker Bay lors d’un voyage il y a quelques années. Je servi ce vin un peu frais et il a fallu attendre une dizaine de minutes pour que toute la finesse du cépage se révèle dans le verre. Vin parfaitement à point maintenant, délicieusement suave de texture, fin mais sans la moindre maigreur. Il m’en reste deux ou trois flacons qui tiendront (si je décide de les laisser) quelques années de plus sans problème. Nous avons parlé d’Hannibal car Peter Finlayson adore ce pachyderme et fait aussi un vin qui porte le nom du célèbre général carthaginois et qui mêle cépages français et italiens en souvenir de sa traversée des Alpes. Le vin allait très bien avec un sauté de veau.

Jean Becker, Gewurztraminer 2008 (Alsace). Pas issu de vendanges tardives et avec juste un soupçon de sucre résiduel. Il s’agit d’un Gewurz très fin, presque délicat par ses arômes qui sont pourtant bien typés mais sans vulgarité. Tout le contraire du style souvent lourd que certains obtiennent avec ce cépage. Le temps ne semblait pas avoir eu d’emprise sur lui. De quoi finir la soirée en beauté, et sans vider le flacon cette fois (nous n’étions que 4).

Voilà, un beau voyage comme seul le vin peut nous procurer

David

 

 


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En Transit (o) vers le ciel

Aux Valles Calchaquíes, tout au Nord de l’Argentine, poussent des vignes parmi les plus hautes du monde: plus de 1700 m au dessus du niveau de la mer !

C’est là que se niche la Bodega El Tránsito. Comme un clin d’œil au fameux «train des nuages», le plus haut d’Amérique, qui vous emmène à 4.200 mètres d’altitude, en transit vers le ciel…

Salta-VallesCalchaquies-P3140151.JPGValles Calchaquies (photo Mariano)

Sous le soleil exactement

Sortez les GPS : nous sommes dans la province de Salta, à 1.300 kilomètres au Nord-Ouest de Buenos Aires et à 1.250 au Nord de Mendoza. Cette latitude tropicale serait bien inhospitalière pour la vigne, si l’altitude ne tempérait pas la chaleur.

Restent cependant deux problèmes; le premier, c’est la sécheresse (250mm de pluie par an, en moyenne), que seule l’irrigation permet de compenser – heureusement, l’eau des glaciers qui descend des Andes est assez abondante. Le second, plus insidieux, ce sont les ultra-violets, qui brûlent les raisins.

Le paysage est impressionnant, les premiers contreforts des Andes sont tout proches, la vigne est aussi joliment peignée qu’une coiffure de première communiante.

Si votre idée de l’Argentine se limite à Mendoza, changez de disque dur: de Cafayate à Lujan de Cuyo, il y a la même distance qu’entre l’Anjou et La Mancha, et à peu près deux fois le dénivelé.

D’ailleurs, alors que Mendoza a surtout misé sur les cépages rouges, et notamment le Malbec et la Bonarda, Cafayate est plutôt une région de blanc; son cépage de prédilection est le Torrontés – le blanc argentin par excellence, aussi résistant à l’ensoleillement qu’à la fraîcheur.

Pietro Marini Torrontés

Un très bon choix, si j’en crois le premier vin dégusté, signé Pietro Marini.

Ne vous fiez pas à sa couleur plutôt pâle, ce vin déborde de caractère. En bouche, le plus côté muscaté du cépage ressort bien, mais il s’allie à quelque chose de plus complexe, du pamplemousse confit et de la pâte d’amande, de la banane verte ; sa bouche est vive, très franche, avec un retour du pamplemousse, mais aussi des épices (poivre noir) et un zeste d’agrumes. Pourquoi donc est-ce que je m’imagine au pied des Andes, en costume de gaucho, une rondelle de citron entre les lèvres…?

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Pietro Marini Malbec 2010

Le second est un rouge d’assemblage, de la marque Pietro Marini également – son Malbec, pour être précis.  J’ai eu un coup de cœur pour ce vin. Il s’agit d’une série limitée (40.000 bouteilles, tout de même), issue à 100% de Malbec de 15 ans d’âge.

La robe est profonde, légèrement violacée ; le nez est très flatteur – prunes, pruneau, petits fruits noirs, très pur aussi. La bouche est fraîche et joyeuse, sur les fruits noirs, un peu de cuir, les tannins sont particulièrement raffinés.

Le malbec acquiert ici une autre dimension, il claque, cinglant comme un coup de fouet dans la pampa.

La bouche est aussi longue que la cordillère des Andes… Le genre de vin propre à réjouir le cœur de l’homme.

C’est tout le mal…bec que je vous souhaite.

Hervé Lalau


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Rencontre de vigneron : Julien Ilbert, Domaine Combel-la-Serre, Cahors

Il est des choses que se font assez naturellement. D’autres qu’il faut construire avec une certaine patience. Ma rencontre avec Julien Ilbert fait partie de la première catégorie. Pour commencer, j’ai dû bien déguster un ou deux de ses vins dans une récente dégustation à l’aveugle des vins de Cahors, dont j’ai parlé sur ce blog. Car je pense beaucoup de bien de la nouvelle génération des producteurs à Cahors, qu’ils soient connus ou pas, qu’ils soient «gros» ou «petits». Car ni la renommée, ni la taille d’une unité de production de vin ne sont en lien direct avec sa qualité.

IMG_6867souvenir de la rencontre à Vinexpo : Julien Ilbert est à droite, Philippe Fezas à gauche

 

Mais revenons à Julien Ilbert et aux vins qu’il élabore avec son père sur la propriété familiale dont la base se trouve dans le hameau de Cournou, sur le plateau du Causse, au sud du Lot et dans un triangle formé par Cahors, Luzech et Sauzet. Je me suis fait l’écho, récemment, d’une rencontre heureuse avec lui est ses vins à Vinexpo, où je l’ai trouvé par hasard sur un stand qu’il partageait avec Philippe Fezas, du Domaine Chiroulet, en IGP Côtes de Gascogne. Ses vins m’ont tellement emballé que je me suis promis d’aller lui rendre visite à la prochaine occasion. Etant provisoirement Gascon, c’est maintenant chose faite.

La famille Ilbert est installé sur ces terres depuis le début du 20ème siècle et leur histoire viticole doit ressembler celle de milliers d’autres familles paysannes : agriculture mixte pendant longtemps et raisins portés à la cave coopérative jusqu’en 1998. C’est le moment où le père de Julien décide de quitter la cave et de vinifier ses propres vins. Cinq ans plus tard son fils le rejoint sur le domaine (le millésime 2003 ne devait pas constituer des débuts les plus aisés !). Le domaine est divisé en deux parties qui sont le résultat d’apports familiaux passés, et ils forment un ensemble d’une vingtaine d’hectares. S’il reste un peu de merlot que Julien vend en vrac et va arracher progressivement, l’essentiel du vignoble est planté de malbec. Mais il y a aussi une petite nouveauté, qui rentrera en production cette année pour la première fois, avec un hectare de vermentino dont les belles grappes saines laissent présager de beaux espoirs si le dieu de la pluie voudrait bien se donner une peu de peine prochainement. Oui, vous l’avez deviné, Julien n’est pas exactement un traditionaliste figé.

IMG_6959_2Il y a bien des grappes saines sur ses plants de malbec, mais Julien a besoin de pluie bientôt

 

La gamme de Combel la Serre et sa présentation sont le juste reflet de l’esprit curieux, chercheur et un brin provocateur de Julien. En cela il est ben servi par les étiquettes et textes conçues par Vincent Pousson qui relate avec justesse et humour des histoires vrais et des attributions utiles autour de chaque vin. Cette gamme d’ailleurs n’a pas fini d’évoluer, car le produit haut de gamme actuel, nommé un peu banalement Elite, va se subdiviser prochainement en deux cuvées parcellaires. C’est à la mode, et je n’en pense pas nécessairement du bien, mais voyons les résultats. Et tout cas la gamme est non seulement cohérente, elle est aussi pleine de ressources et possède des vins de fort caractère qui savent bien se différencier entre eux. Attention juste à ne pas trop les multiplier.

IMG_6864La gamme de Combel-la-Serre telle qu’elle apparaîtra bientôt, toute en flacons bourguignons, encore une originalité

 

L’arrivée à la propriété n’est pas faite pour vous impressionner : des bâtiments encore en parpaings ou en briques crus, sans enduit ni vieilles pierres, au bord de la route en sortie du hameau. C’est juste fonctionnel mais on attendra pour l’harmonie avec le paysage lotois ! Je me suis dis que l’essentiel doit se trouver dans la vigne et à l’intérieur. Et c’est vrai, car tout y est propre : dans les vignes par le truchement de beaucoup de travail (et que Julien justement fait visiter en premier lieu), aussi bien au sol que sur la végétation, puis dans le chai qui est équipé d’une manière simple mais fonctionnelle avec cuves en inox et en béton, puis un chai à barrique pour les cuvées nécessitant un élevage plus long et oxydatif. L’attention au détail dans ce chai passe par des contenants variables entre les barriques et les 500 litres, mais avec aussi des contenants du tonnelier autrichien Stockinger, connus pour leur impact faible et doux sur les vins. Dans les vignes, pas de trace de désherbant, Ilbert travaillant en mode biologique. Mais c’est propre, la nature est bien surveillée ici !

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Les parcelles se situent toutes à des altitudes proches sur cette causse (entre 250 et 300 mètres, au pif). Ils ont des expositions variables et des sols qui sont essentiellement très calcaires mais avec des parts plus ou mois importantes d’argile, de fer et même, à un endroit, de galets, comme si le Lot a fait un méga-cru une année il y a bien longtemps. Une parcelle proche de la maison, nommé « La Vigne derrière chez Carbo » (les voisins se nomment Carbo) produit un des vins les plus originaux de la gamme des Ilbert. Son malbec est vinifié en macération carbonique (technique qui me déçoit souvent mais pas ici), ce qui lui fait perdre l’appellation Cahors mais qui produit un délicieux vin de soif comme on aimerait en rencontrer plus souvent, surtout par ces temps chauds. Le Carbo 2014, Côtes du Lot (8,50 euros) est presque le vin rouge parfait d’un été, en tout cas j’ai déjà éclusé la moitié du carton que j’ai acheté et il va falloir y retourner ! Une délice de fruits frais, fin et léger avec ses 12° d’alcool, très gourmand et parfaitement digeste.

IMG_6973_2Image prise dans ma cuisine : cet été j’ai besoin de vins comme le « Carbo » de Julien Ilbert !

 

Le rosé est tout aussi original, même si je trouve son acidité un poil agressif en ce moment. Je crois que je vais le laisser 6 mois à un an pour voir. Ce pur malbec porte le nom aussi original que compliqué de «L’Epatant Antidote à la Chaleur de Causse». Refusé à l’agrément des vins IGP pour motif de réduction sévère (que je n’ai pas trouvée sur les bouteilles dégustées), il est donc vendu en Vin de France, à 5,80 euros. Nez de cerise, de kirsch et de framboise, très vif et bien fruité, sa couleur profonde et son élevage sur lie lui donnent beaucoup de caractère et le destine en priorité aux repas. On est (heureusement) très loin de ces rosés dites «de piscine», qui doivent être faits pour remplir des piscines et non des gosiers.

Ensuite, la gamme des Cahors plus classiques se décline en trois volumes: Pur Fruit 2012 (7,20 euros), Château 2011 (10,20) et Elite 2011 (dont j’ai oublié le prix). Les millésimes suivants seront mis en bouteille le mois prochain. Le Pur Fruit porte bien son nom : une délice fruité, bien équilibré, prunelle et cerise amer. Jamais dans le passé on ne trouvait des Cahors comme cela ! La cuvée «Château» a tout autant de fraîcheur mais plus de tannins, qui restent parfaitement au service de l’ensemble sans le dominer. Une très belle structure affinée. La cuvée Elite est bien plus suave et intense. Son élevage réussi s’intègre bien dans la masse, mais il aura encore besoin d’un an ou deux en bouteille.

 

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Une rencontre qui en appelle d’autres, j’espère. Julien Ilbert fait partie de ces jeunes vignerons qui donnent de l’espoir et de l’envie autour d’eux. Ils ne roulent pas sur l’or et mettent toute leur énergie et leurs moyens dans l’essentiel: leur vigne et la vinification de leurs vins. Ils travaillent dur, n’ont pas la grosse tête ni vous servent un bla-bla inutile et prétentieux: leur abord est aussi facile que leurs vins, ils vous parlent avec spontanéité et sincérité. Et, dans ce cas, avec une bonne dose de créativité aussi. Oui, c’est l’homme qui fait le vin, même si le terroir fournit inévitablement le cadre.

 

David Cobbold


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L’alcool et le vin : les raisins de l’escalade

Nous savons tous que le vin contient de l’alcool. Il fait même partie de sa définition officielle par l’OIV. Pour certains, ce composant constitue une bonne partie de l’intérêt du produit. Pour d’autres, comme moi, c’est plutôt un associé inévitable mais peu désirable qu’on aimerait voire disparaître, ou en tout cas diminuer en proportion.

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Si le degré d’alcool doit être affiché sur tout contenant et pour quasiment tous les marchés, il existe une tolérance quant à l’écart entre le pourcentage affiché et la réalité. En Europe cette « zone de tolérance » est de 0,5%, tandis qu’aux USA elle atteint 1% pour les vins qui dépassent 14% et 1,5% pour les vins ayant moins de 14%. Autrement dit, en Europe, vous avez le droit de libeller un vin ayant réellement 15% d’alcool avec une mention 14,5%, et on ne s’en prive pas.

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Cela dit, je ne suis pas un obsédé du degré. Le plus important est que le vin apparaisse équilibré et qu’il ne donne pas une sensation de chaleur sur le palais quand je le déguste. Il est vrai que certains vins de 12,5% peuvent sembler trop alcoolisés, tandis que d’autres de 14,5% donnent un bien meilleur impression d’équilibre et de fraîcheur. Je pense aussi qu’il est essentiel de déguster un vin avant d’apporter un jugement sur son équilibre et d’éviter de regarder les détails de l’étiquette en premier lieu.

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C’est un fait que le degré moyen de presque tous les vins est en hausse sensible depuis une bonne vingtaine d’année. Les taux d’alcool indiqués sur les étiquettes de bouteilles de vin tournaient souvent autour de 12,5 % alors et. en remontant bien plus loin, les grands bordeaux ne dépassaient que rarement les 11 degrés. Maintenant la norme pour ces vins est plutôt entre 13,5 et 14,5 degrés d’alcool. On parle souvent du réchauffement climatique comme étant largement responsable de ce fait. Mais les faits ne permettent pas de soutenir cette thèse. Une récente étude a analysé les vins distribués par le monopole de la province canadienne d’Ontario, le Liquor Board of Ontario (LCBO), qui est un des plus grands acheteurs de vin au monde. Quand les résultats étaient comparés avec les augmentations des températures moyennes dans les zones de production, les degrés d’alcool dans les vins avaient augmenté bien plus que ne pouvait être expliqué par des modifications climatiques. Il y a donc d’autres causes.

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Le marché mondial de vin croit aujourd’hui uniquement par l’apport de nouveaux consommateurs dans des pays qui n’étaient pas des marchés importants pour le vin il y a une génération. Ces consommateurs buvaient surtout  de la bière, des alcools forts et/ou des jus de fruits ou sodas, seuls ou en mixtures. Tous ces produits ont peu ou moins de tannins qu’un vin rouge traditionnel, et donnent toujours des impressions de rondeur ou de sucrosité plus importants que les vins d’autrefois. Puis des critiques de vins ont émergés dans ces pays, eux aussi venus de cette culture. Et ils ont encensé des vins ayant un caractère fruité prononcé et une rondeur venant d’une certaine richesse alcoolique. Alors on s’est mis, un peu partout, à cueillir les raisins plus tard et à imaginer des techniques pour maximiser l’extraction de saveurs  fruitées sans avoir ni trop d’acidité ni trop de tannins. Un des résultats de cela est une augmentation des degrés d’alcool. Et ce n’est pas totalement neutre pour le consommation du vin, qui chute en France pour plusieurs raisons, mais peut-être aussi un peu à cause de ces bombes alcoolisés dont on peine à avaler un verre.

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Bien sur le climat joue aussi un rôle. Les vins issus de climats chauds ont toujours tendance à contenir plus d’alcool. Le cépage aussi y contribue, car certains variétés ont besoin de rester plus longtemps sur la vigne que d’autres pour atteindre une pleine maturité. Certains génèrent naturellement plus de sucre que d’autres dans une même zone climatique. On voit cela avec le merlot à Bordeaux qui produit régulièrement des degrés bien plus élevés que les cabernets, et des vins de la rive droite qui atteignent les 15% ne sont plus des raretés. Une des conséquences et une augmentation de la part de cabernet franc dans beaucoup de domaines du secteur. Une autre variété qui est particulièrement problématique est le grenache. Je me méfie de plus en plus des vins du Rhône sud par exemple, à cause de leurs degrés qui atteignent régulièrement les 15% et qui peuvent certaines années largement dépasser ce niveau. C’est pour cela que je trouve la règle qui imposent pour l’appellation Côte du Rhône, par exemple, un minimum de 40% de cette variété  totalement débile et inadapté. De plus en plus de producteurs plantent des variétés moins productives en sucre, et l’INRA les aide en travaillant sur cette question et en produisant de nouvelles variétés comme le caladoc, le marselan ou le couston.

Cette réflexion générale m’a été inspiré par la dégustation récente d’un vin délicieux qui semble faire exception à la règle qui voudrait que bonne maturité va nécessairement de paire avec degré élevé.

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Il est vrai que les vins de Loire ont tendance à être nettement moins alcoolisés que d’autres. Mais nous n’avons pas beaucoup l’habitude d’une  touche aussi légère avec ce cépage. Cet exemple nous prouve qu’un vin peut être à la fois foncé de robe, tannique, frais, mûr, afficher moins de 12° d’alcool, et provenir  d’un millésime pas loin d’être désastreux, 2013.  On doit ce petit merveille aux Marionnet, père et fils, vignerons émérites et créatifs de Touraine. Les amateurs de vins de Loire connaissent bien ce nom qui nous a habitués depuis longtemps à ses sauvignons et gamays régulièrement délicieux. Cette fois, c’est le côt (mieux connu sous le nom de malbec) qui est à l’honneur, en version « non greffée », c’est à dire franc de pied et donc exposé au phylloxéra. Faut-il y voir une relation de cause à effet ? Peut-être, et on se fera un plaisir d’enquêter sur la question. En attendant, on a pris beaucoup de plaisir à croquer dans ce fruit intense et juteux, dans ces tanins fermes mais mûrs, parfaitement pris dans le fruit, avec une sensation de légèreté un peu paradoxale pour ce cépage réputé viril. Du bel ouvrage, et un tour de force vue les conditions du millésime. Une vingtaine d’euros qui se  justifient amplement. Et nous avons hâte de déguster le millésime suivant !

David Cobbold


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Cahors again (2/2)

Cahors, le retour

Ceci est la deuxième partie de l’article commencé la semaine dernière. Il vise à expliquer mes choix parmi les 66 échantillons dégustés (les meilleurs pour moi, bien entendu). Les vins sont listés dans l’ordre de la dégustation, qui fut ordonnée en deux séries : la première consacrée aux vins des 4 terrasses se trouvant dans la vallée, et la deuxième aux vins issus du plâteau (série « Causse »)

Les prix s’entendent TTC départ, tels qu’ indiqués par les producteurs dans les fiches reçues après la dégustation qui avait lieu à l’aveugle.

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David à Cahors (Photo © H. Lalau 2011)

 

Série « Vins des Terrasses »

 

Domaine Le Bout du Lieu 2010

90% malbec, 10% merlot

Un nez frais pour un vin gourmand, aux tanins fins. Il conserve sa séduction jusqu’à sa finale qui est empreinte de la note de fraîcheur qui, souvent, marque les bons vins de Cahors. Un rapport qualité/prix remarquable rajoute à ses atouts.

Prix : 7 euros

 

Château Eugénie, cuvée Pierre le Grand 2010

85% malbec, 15% merlot

Le boisé est un peu marqué, mais ce vin a un joli fruité et une belle texture qui ne masque pas un fond intéressant.

Prix : 8,10 euros

 

Château Lamartine, cuvée Particulière 2010

90% malbec, 10% tannat

On ne compte plus les cuvées « particulière », « prestige » ou « tradition ». Celle-ci a un caractère intense et charnu, très mur (est-ce « particulier » ?), qui m’a fait penser davantage à un style fréquent dans des vins du Nouveau Monde. C’est bien fait dans une mode volontairement moderne.

Prix : 11,50 euros

 

Clos d’Audhuy 2011

100% malbec

Une très belle matière intense qui possède une texture soyeuse. Un beau vin dont la longueur et l’équilibre impressionnent. Je crois aussi que c’est un jeune vigneron. En tout cas un travail manifestement soigné qui donne ce beau résultat qui vaut largement son prix. Un des mes préférés, sinon mon préféré, dans cette première série.

Prix : 13 euros

 

Château Haut Montplaisir, cuvée Prestige 2010

100% malbec

De la finesse et une bonne définition des saveurs, malgré des tannins légèrement crayeux, il me semble.

Prix : 12,50 euros

Clos Triguedina 2010

80% malbec (et je ne sais pas pour le reste)

Un vin ayant de la structure et des saveurs que j’ai trouvées un peu exotiques, voire luxuriantes. Du caractère, mais peut-être un élevage un peu trop appuyé.

Prix : 16,35 euros

 

Château Lamartine, cuvée Expression 2010

100% malbec

Une belle matière pleine de gourmandise. Tannins et fraîcheur sont en bonne équilibre. Deuxième cuvée sélectionnée de ce domaine toujours très fiable.

Prix : 14,50 euros

 

Château Haut Montplaisir, Pure Plaisir 2010

100% malbec

On pourrait en dire autant de ce domaine pour la régularité dans la qualité de sa production.

C’est un vin assez intense par ses saveurs, et la matière est dense et tannique à ce stade. Mais, même s’il n’est pas encore à son apogée, j’aime bien  son équilibre et la légère touche d’amertume en finale qui évoque de nombreux vins italiens.

Prix : 25 euros

 

Château de Mercuès 2011

88% malbec (et ??)

Un beau fruité qui donne un vin séduisant et assez charnu, bien qu’on ressente une certaine chaleur en finale.

Prix : 16,50 euros

 

Château de Mercuès, cuvée 6666 2011

100% malbec

L’élevage est un peu trop perceptible à mon goût, mais c’est un bon vin, aussi dense que long. Un peu cher tout de même…

Prix : 37 euros

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 Le Lot sort de la brume (Photo © H. Lalau 2011)

 

Série « Vins du Causse »

 

Château Haut Borie, cuvée Tradition 2011

100% malbec

Très frais et juteux. Le style semble bien changer après les trois ou quatre derniers vins (dont tous ne figurent pas dans ma sélection) de la série précédentes : des vins puissants et un peu sur-extraits à mon goût. Evidemment on change aussi de registre en matière de prix, passant de vins vendus à plus de 50 euros à celui-ci que ne vaut que 7 euros ! Et à l’aveugle, c’est bien celui-ci que je préfère, largement à cause de cette sensation de fraîcheur. Non, le prix ne fait pas tout.

Prix : 7 euros

 

Château Quattre 2010

100% malbec

Un beau nez qui évoque prune et pruneaux et parts égales. Tannins serrés. Joli vin classique qui respire le Causse.

Prix : 7,50 euros

 

Prieuré de Bovila 2010

100% malbec

Un bon compromis entre vivacité et intensité. C’est long et vibrant.

Prix : 8 euros

 

Métairie Grand du Théron prestige, 2011

100% malbec

Le nez est réduit au départ, car ce vin a une certaine intensité de matière. Mais c’est très bien fait, lisse de texture et travaillé avec soin dans un style moderne assumé.

Prix : 10 euros

 

Métairie Grand du Théron prestige, 2012

100% malbec

Coup double pour ce domaine qui a les même propriétaires que le Château Haut Borie, le premier vin sélectionné dans cette série, ce qui prouve déjà la qualité de travail de la famille Sigaud. J’ai préféré le 2012 au 2011, par son allant et son élégance. Il m’a semblé moins extrait et a gagné en finesse. Tannins bien intégrés. Une belle réussite et une des meilleures affaires de toute ma dégustation.

Prix : 10 euros

 

Château Haut Borie, cuvée Prestige 2011

100% malbec

Et cela continue pour la famille Sigaud ! Ce vin a peut-être une touche de rusticité à l’ancienne que je n’ai pas trouvée chez les autres productions de la famille, mais c’est un bon vin, relativement puissant.

Prix : 10 euros

 

Clos Troteligotte, K-or 2013

100% malbec

Dans le passé, j’ai très bien dégusté les vins de ce domaine, dont j’aime aussi la créativité des noms de cuvées, comme le graphisme des étiquettes qui forment un bel ensemble cohérent. Cette fois, j’avoue les avoir un peu moins bien dégustés. Peut-être étaient-ils défavorisés par la relative jeunesse des échantillons présentés. Cette cuvée est pourtant un vrai délice par son fruité juteux et gourmand qui tire un peu vers la pâte de fruits.

Prix : 9 euros

 

Château Combel La Serre 2010

100% malbec

C’est un peu trop boisé pour moi, mais la matière est belle, intense et longue.

Prix : 9,50 euros

 

Domaine de la Bérangeraie, Les Quatre Chambrées 2010

100% malbec

Ce vin est clairement destiné à une garde et ma note en tient compte, car il n’est pas très accessible aujourd’hui. Les tannins sont très denses et masquent une peu le fruit à ce stade, mais il y a tout ce qu’il faut en dessous et je le reverrai avec plaisir dans quelques temps.

Prix : 12 euros (ce qui est très raisonnable pour un vin de garde)

 

Château de Chambert 2010

100% malbec

Avec Troteligotte, Chambert est un des rares domaines en bio dont j’ai sélectionné un vin dans cette série importante de 66 vins. Cela ne prouve rien du tout, sauf, en ce qui me concerne, qu’être « en bio » n’a aucun rapport avec la qualité du vin, mais plus avec le marketing du vin en question et les convictions du producteur. Ce vin a la fraîcheur typique des vins de causse et une certaine élégance. Il figure parmi les bons, mais pas parmi les meilleurs à cette occasion.

Prix : 15 euros

 

 Rigal, Les Pierres Blanches 2010

100% malbec

La belle fraîcheur domine un peu l’ensemble, mais ce vin a sa place pour se finesse.

Prix : 15 euros

 

Rigal, Les Terres Rouges 2010

100% malbec

Beaucoup d’intensité et toujours cette texture serrée autour de la fraîcheur. Une belle longueur avec une pointe d’amertume agréable en finale.

Prix : 15 euros

 

Métairie Grande du Théron, Parcelle des Origines 2012

100% malbec

Un des meilleurs vins de la série. C’est fin et juteux, avec des tannins parfaitement intégrés dans l’ensemble et un style aussi classique qu’élégant, long et fin. Le Cahors montre son progrès avec des vins comme celui-ci,

Prix : 20 euros

 

Château Eugénie, Haute Collection 2010

100% malbec

Une belle intensité autour d’une excellente qualité de fruit et des tannins bien intégrés. Un bon vin qui dévoile un peu de chaleur en finale.

Prix : 21 euros

 

Château Pech de Jammes 2011

100% malbec

Bon vin, bien fait dans un style « middle of the road« , c’est à dire sans excès et accessible.

Prix : 15 euros

 

Les Carrals de Château Quattre 2010

100% malbec

Ce vin était mon préféré de toute la série. Déjà au nez, il signe la qualité de son équilibre. L’intensité de son fruit n’empêche nullement un parfait équilibre en bouche, avec une matière sensationnelle et vibrante. Excellent et vaut largement son prix.

Prix : 23 euros

 

Domaine du Prince, Lou Prince 2010

100% malbec

Charnu et un peu touffu par moments, il a quand-même une très belle matière et est bien fait dans le style un peu extrait.

Prix : 23 euros

 

Château de Haute Serre, Géron Dadine 2011

100% malbec

Un des très rares vins de la série dont les vendanges furent manuelles. Fait-on des meilleurs vins rouges en récoltant à la main ? Je ne le crois pas, mais il faudrait comparer des lots issus de la même parcelle le même processus derrière pour le savoir, ce qui n’est jamais fait à ma connaissance. La robe est très dense et la matière hyper-serrée. C’est un peu trop pour le plaisir aujourd’hui, mais peut-être que demain cela sera splendide.

Prix : 36 euros

Une autre cuvée de ce domaine (Château de Haute Serre) a été sélectionnée. Le vin s’appelle, curieusement, Icone Wow 2011 et il est très bon mais je trouve son prix, à 100 euros, déraisonnable.

 

L1040928Tout un programme! (Photo © H. Lalau 2011)

Il est à noter que la quasi-totalité des ces vins sont des 100% malbec, ce qui est une nette tendance dans l’appellation. Il y avait aussi bien plus d’échantillons des Terrasses et du Causse que de la Vallée, même s’il y avait de bons vins issus de cette partie aussi. Et cela est une autre tendance, même si nous verrons passer encore des générations avant que ce vignoble ne retrouve sa configuration d’avant le phylloxéra.

Autrement, je crois qu’une bonne partie de ma conclusion peut se lire dans le premier article paru la semaine dernière. Même si quelques cuvées ont des prix que dépassent les 25 euros, il n’est pas nécessaire d’aller si haut pour se faire très plaisir avec un vin de Cahors. Je pense donc que ces vins représentent, dans l’ensemble, de remarquables rapports qualité/prix. Je m’attends aussi à voir émerger de vrais grands vins de Cahors dans les années à venir, tant le potentiel de cette appellation me convainc.

David Cobbold


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Courir à Cahors

Paysage_vigne_5

Ce titre peut-être interprété comme une incitation, et cela aurait parfaitement sa justification, tant ces vins rouges du Lot, autrefois durs et rustiques dans l’ensemble, ont, depuis quelques années, acquis une toute nouvelle dimension dans l’expression du fruit profond du malbec, et s’habillent aujourd’hui d’une texture plus veloutée. La séduction est donc là, mais sans aucune perte de caractère car le malbec et ce lieu particulier (ok, le terroir, si vous voulez !) y veillent.

Le vignoble de Cahors est un cas un peu à part dans la mosaïque des appellations du Sud-Ouest de la France. S’il forme un paysage doux et paisible au fond de la vallée serpentine, il se transforme très rapidement et radicalement dès qu’on grimpe de part et d’autre de la rivière, en des zones souvent bien escarpées (mes cuisses et mes mollets s’en souviennent encore, après 17 kms de course à pied tout-terrain), arides en été, glissante en hiver, mais caillouteux partout et ferrugineux par endroits. L’autre sens de mon titre est plus prosaïque : je suis allé ce weekend goûter une soixantaine de vins de Cahors, puis participer à une course à pied à travers une partie du vignoble. Mais rassurez-vous, je ne vous parlerai dorénavant que du vin, sauf à vous rassurer, ayant terminé ma course sans casse. En tout cas, je pourrais dire que j’ai vraiment fait du terrain cette semaine, et le vignoble de Cahors est souvent impressionnant.

Cela faisait une paire d’années que je n’avais pas dégusté tant de vins de Cahors, et deux de plus depuis ma dernière séance importante à l’aveugle qui fut partagée avec Hervé Lalau, entre autres. Tous mes remerciements à l’UIVC d’avoir rendu la chose possible. C’est une appellation chaleureuse, sympathique et dynamique, même si tout n’est surement pas simple en interne, car les dirigeants doivent convaincre un nombre important de vignerons de quitter, pour certains, le 19ème siècle et avancer vers le 21ème. On imagine bien les difficultés ! En tout cas, le cas Cahors est exemplaire par sa progression récente et les résultats commencent à venir, notamment sur le marché américain.

Je voulais déguster un millésime ayant un peu d’âge, en l’occurrence le 2010, mais les ventes ayant pris de l’ampleur et le millésime étant de faible rendement, bon nombre de domaines ont envoyé des 2011 ou des 2012, voire quelques 2013. Ce fut donc une dégustation mixte sur le plan des millésimes qui m’attendait vendredi après-midi au centre viticole d’Anglars. Température des flacons impeccable, bouteilles masquées, crachoirs irrigués et fonds blancs des tables, beaux verres et tranquillité : bref, des conditions parfaites. Les 66 échantillons étaient divisés en deux séries : la première pour les vins de la vallée, la seconde pour les vins issus des terrasses et du plateau, car c’est ainsi que se subdivisent les zones de production, partant des méandres du Lot. Et c’est aussi le nouveau chemin pris par l’appellation qui a un dossier en cours à l’INAO afin d’autoriser des mentions « terrasses » ou « plateau » pour des vins qui en sont issus. Aboutissement prévu dans deux ans.

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Le cépage phare de Cahors est le malbec, et il est de plus en plus mis en avant (et, je dirais, en valeur) depuis que les Argentins ont ouvert une brèche bienvenue dans le dominance du trilogie cab/syrah/pinot noir dans l’esprit des consommateurs, et particulièrement les Anglophones. Et il se trouve que presque tous les vins que j’ai préférés étaient des purs malbecs. Quant aux méthodes de culture (oserai-je parler de dogmes?), un seul de mes vins préférés était le fait d’un domaine pratiquant la viticulture bio.

Je répète que je dégustais à l’aveugle et que je n’ai eu les fiches que le surlendemain de ma dégustation. Donc pas de qualité supérieure imputable aux vins bio pour moi. Cela dépendra des cas. Pour passer vite sur les vins que j’ai moins aimé, mes critiques les concernant touchent à trois aspects : une rusticité persistante dans certains cas, donnant des tannins durs et une absence de fruit ; un usage immodéré du bois dans d’autres cas ; enfin des extractions parfois trop appuyées qui donnaient à quelques vins une impression certes de puissance et d’intensité, mais aussi d’une lourdeur qui impliquait une perte d’une des caractéristiques que j’apprécie le plus dans les malbecs cadurciens : j’ai nommé la fraîcheur.

Mes vins préférés : ils sont tout de même au nombre de 30 sur ce groupe de 66 vins, avec, bien sûr, une gradation dans les préférences. Pour en savoir plus dans le détail il va falloir patienter un peu (une semaine), mais je vais vous livrer de suite les noms des domaines dont les vins vont figurer dans ma liste avec des notes de dégustation. Il y a des habitués parmi mes préférences, mais aussi quelques surprises ou nouveautés. En tout cas, faire figurer une proportion aussi élevée de bons ou très bons vins dans une série si importante est déjà une mesure des progrès en cours à Cahors.

Domaine Le Bout du Lieu 2010

Château Eugénie, cuvée Pierre le Grand 2010

Clos d’Audhuy 2011

Château de Gaudou, cuvée Renaissance 2012

Château Lamartine, Renaissance 2012

Château de Mercuès 2011

Château de Mercuès cuvée 666, 2011

Château Haute Borie Tradition 2011

Château Quattre 2010

Prieuré de Bovila 2010

Astrolabe Malbec 2012 (Vinovalie)

Métairie Grand du Théron prestige, 2011 et 2012

Château Haut Borie prestige 2011

Clos Troteligotte, K-Or 2013

Château Combel la Serre, cœur de cuvée 2010

Domaine de la Bérangère, Les Quatre Chambrées 2010

Château de Chambert 2010

Rigal, Les Pierres Blanches 2010

Rigal, Les Terres Rouges 2010

Métairie Grande du Théron, Parcelle des Origines 2012

Château Pech de Jammes 2011

Les Carrals de Château Quattre 2010 (mon préféré de toute la série)

Domaine du Prince, Lou Prince 2010

Château de Haute Serre, Géron Dadine 2011

Château de Haute Serre, Icône Wow 2011

Plus sur ces vins et leurs prix, avec d’autres observations, une prochaine fois. Mais je veux d’abord rendre un hommage à une famille de propriétaires, les Sigaud, qui ont placé quasiment tous leurs échantillons dans la liste ci-dessus. Du coup, j’ai voulu leur rendre visite et je vous en parlerai la semaine prochaine car leur histoire est remarquable. Pour le moment, massage de jambes et dodo !

David Cobbold


8 Commentaires

Méditerranéen, le Malbec?

Les contre-étiquettes sont une source quasi-inépuisable d’inspiration pour les oenophiles… et les journalistes naturellement goguenards que nous sommes. Qu’elles soient informatives, banales, inutiles, choquantes… ou erronées, comme c’est le cas de celle-ci.

Contre étiqueete curieuse (1)

On y lit que le Malbec est un cépage… méditerranéen! De quoi choquer plus d’un ampélographe, car il est on ne peut plus Atlantique.

Ses parents s’appellent Prunelard (un vieux Cépage du Tarn) et Magdeleine Noire (une Charentaise qui a également enfanté le Merlot).

Quand aux endroits où on le trouve aujourd’hui (à part peut-être les Pouilles… et Limoux), ils sont eux aussi atlantiques, que ce soit sur la rive Est de l’océan (Cahors, Bordeaux) ou sa rive Ouest (Argentine).

Contre étiqueete curieuse (2)

Le plus drôle, c’est que l’étiquette fait bien mention de cépages atlantiques comme les Cabernets ou le Merlot…

Quoi qu’il en soit, Limoux, aire partagée entre un versant atlantique et un versant  méditerranéen, est donc une des rares AOC de France avec Cabardès, Malepère et Lavilledieu, à pouvoir proposer des assemblages cabernet-syrah. Les Australiens n’ont qu’à bien se tenir!

Marc et Hervé

PS. Et le vin? Correct. Les épices sont bien là, la contre étiquette ne ment pas. Quant à la richesse aromatique, au fruit généreux, c’est une autre histoire. Mais là, on entre dans le subjectif.