Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Le Chenin dans tous ses états

S’est tenue, vendredi dernier à Faye d’Anjou, une journée d’étude sur le cépage chenin blanc. Trois des 5 y ont assisté, et Hervé puis Marc auront probablement, plus tard cette semaine, des choses à en dire. A moi donc d’ouvrir le bal.

IMG_7060Cette journée était organisé dans le petit village désertique (plus de café et la moitié des maisons à vendre) de Faye d’Anjou avec l’intitule suivant : « La Chenin, histoire et actualités »

D’abord, félicitations aux organisateurs pour leur initiative et la qualité des interventions qui furent denses et rarement trop longues. Je crois n’avoir dormi que pendant deux d’entre elles ! Puis ils ont eu la bonne idée d’y associer des travaux pratiques avec deux dégustations de chenins ligériens. J’espère qu’une prochaine fois la chose aura une envergure plus internationale, comme les regrettées journées de chenin avec concours qui ont eu lieu à Fontevraud il y a quelques années. J’ai le souvenir, à ces occasions, du refus stupide de l’appellation Vouvray de présenter des échantillons à ce concours, en disant, le nez fermement orienté vers le ciel, « mais nous ne produisons pas de chenin, nous produisons du vouvray ». Vu ce que Jim a raconté récemment sur ce blog, cette appellation-là n’est pas à une décision inepte et mesquine près !

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Le chenin blanc est une variété quelque peu paradoxale : versatile quant aux types de vins produits (blanc secs, demi-secs, liquoreux ou effervescents), adaptable à une large gamme de climats (du tempéré au chaud),  elle est également exigeante au niveau des soins et de la surveillance lorsqu’il s’agit de produire des vins de haute qualité, comme elle a une grande sensibilité à son emplacement (exposition etc). Mais le paradoxe est, qu’à la différence des chardonnays, sauvignon blanc et, à moindre degré, riesling, le chenin a manqué une grande carrière internationale, du moins jusqu’à présent. Les causes sont certainement multiples. On pourrait citer en premier lieu des facteurs geo-économiques : le Val de Loire n’ayant jamais obtenu ce statut de région de référence stylistique qui a fait la fortune de Bordeaux, de Bourgogne ou du Champagne. La faute aussi à une absence historique d’une négoce aussi qualitative que puissante, ce qui est à l’opposé des trois régions déjà cités, auxquelles on peut rajouter la Vallée du Rhône. L’absence d’une ville majeure de référence qui concentre une grande partie de l’activité commerciale de la région a du aussi joueur en sa défaveur : en effet, Nantes n’a jamais été une ville de vin comme Bordeaux, Beaune ou Reims/Epernay, et ni Angers, ni Tours n’ont pu prendre cette place-là.  Puis il faut aussi citer le rôle de cépage « tout-venant » que l’Afrique du Sud, qui est le pays ayant de loin la plus grande surface de chenin au monde, à donné à cette variété. Ainsi l’Afrique du Sud n’a jamais mis le chenin en avant, comme, par exemple, les argentins l’ont fait pour le malbec. Et en France, ses surfaces sont divisées parmi un grand nombre de petites appellations dont les notoriétés peinent à franchir les frontières de l’hexagone. Même si ce n’était pas le cas, le refus de la plupart des producteurs de mettre le nom du cépage sur leurs étiquettes (ce qui est pourtant autorisé), n’aurait rien fait pour améliorer sa reconnaissance par un public plus large que quelques aficianados.

IMG_7066Patrick Baudoin est le Président du Syndicat Anjou Blanc. Il est aussi le producteur d’un des meilleurs vins de la région que j’ai pu déguster ce jour-là.

Car les faits sont têtus malgré tout le bien que nous pouvons penser du potentiel de ce très intéressant cultivar (j’ai dégusté à diverses occasions des vins formidables issus de plusieurs appellations ligériennes, mais aussi sud-africains, aussi bien en sec qu’en liquoreux), et malgré son ancienneté indiscutable. Si Rabelais le mentionne dans Gargantua en 1534 dans un phrase qui évoque déjà la vinothérapie (note 1), la variété est surement plus ancienne, le chenin blanc  n’occupe que la 28ème place (chiffres de 2010) dans le palmarès des variétés les plus plantées au monde, et le 11ème ou 12ème parmi des variétés blanches. En France, son lieu d’origine probable (mais pas certain), le chenin n’occupe que le 16ème place. L’Afrique du Sud en possède presque deux fois la surface de la France (18,500 hectares contre 9,800 hectares), mais ailleurs il ne pèse pas lourd et il s’est assez peu répandu car quatre pays, en incluent les USA et l’Argentine, totalisent 95% des surfaces totales dans le monde. Cela dit, il est entendu que ce n’est ni la notoriété ni le nombre d’hectares plantés qui déterminent le potentiel qualitatif d’un cépage. Regardez aussi le grüner veltliner, ou, plus rare encore, la petite arvine ! Mais le rôle historique de la France en établissant des benchmarks pour des vins de qualité via un certain nombre de cépages aurait dû, il me semble, donner une place plus importante au chenin blanc. Cependant la roue tourne et on peu espérer qu’elle tournera vers une plus grande reconnaissance ce cette grande variété à l’avenir.

IMG_7062Savennières est probablement une des plus consistantes des appellations de chenin. Voici un des bons que j’ai dégusté

 

Pour poursuivre le chapitre technique et historique, l’ampélographe Jean-Michel Boursiquot nous a confirmé qu’un des parents du chenin blanc est le savagnin ou traminer, mais que l’autre reste à découvrir. En revanche il a énormément de liens de parenté avec un grand nombre d’autres variétés, aussi bien en France (le colombard, par exemple) que dans des pays aussi éloignés que l’Autriche ou le Portugal. Comme toute variété ancienne, le chenin a beaucoup de synonymes. Il a aussi au moins un faux ami : le chenin noir, qui lui est totalement distinct sur le plan ampélographique. Si la mobilité des cépages était, au moyen âge, le résultat des déplacements monastiques ou des lubies des puissants, elle a pris une autre ampleur, plus commerciale, à partir de la fin du 18ème siècle, comme nous l’a expliqué l’historien Benoit Musset. Ainsi on trouve du chenin dans le sud-ouest et dans le Languedoc (à Limoux notamment).

IMG_7067Ce vin magnifique de l’obscure appellation Anjou Coteaux de la Loire, est fait avec des raisins confits.

 

Aujourd’hui, la grande interrogation des producteurs de chenin ligériens est de savoir vers quel type de vin faut-il s’orienter. La production des liquoreux selon une méthode naturelle est assujetti à des variations du aux conditions climatiques qui rend l’exercice aléatoire et donc peu rentable. Vous rajoutez à cette difficulté déjà majeure une désaffection quasi-générale pour des vins sucrés et vous avez déjà la réponse ! Bulles ou vins secs, certainement. Pour la bulle, elle occupe déjà une bonne partie de la production, même s’il est difficile de qualifier la part de chenin dédié à cette part, car la plupart des 6 appellations ligérienne de vins effervescents autorise des assemblages avec d’autres cépages, particulièrement le chardonnay. Mais est-ce que la valorisation est suffisante dans ce cas ? On ne recherché pas une grande concentration (certains duraient « minéralité ») dans ce type de vin et cela nuirait probablement à un usage intelligent des meilleurs sites.

IMG_7063Un autre bon Savennières

 

Pour éviter d’être trop sérieux dans cette affaire, qui pourtant le mérite amplement, j’ai proposé le texte suivant aux organisateurs en guise de conclusion : « le chenin est long et la pente est parfois raide, et, chenin faisant, j’ai croisé Miss Botrytis et Mlle Bulles. Un jour il fera sec j’espère. »

Je sais qu’il est de bon ton de moquer la réalité des marchés, et donc du marketing. Mais là encore les faits sont têtus. Combien d’habitants de New York, grande ville de consommation de vins de qualité, savant que le chenin blanc est le cépage de l’appellation Anjou ? Ou qu’Anjou se trouve en Val de Loire ? Le producteur du vin ci-dessous semble avoir tout compris au problème du lien entre étiquette et consommateur. Il s’agit de l’informer, et non pas de le mystifier. Non seulement tout est résumé avec élégance sur l’étiquette, mais le vin est aussi très bon.

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Une dégustation faite il y a un peu plus d’un an (voir ici https://les5duvin.wordpress.com/2014/07/14/la-difficile-conversion-des-habitudes-le-cas-des-anjou-blanc-secs/) m’a révélé, pas pour la première fois, tout le potentiel qualitatif des Anjou blancs. Cette fois-ci j’ai dégusté bien moins de vins, mais issus de différentes appellations, car Saumur et Savennières, sans parler des bulles et vins doux, étaient aussi de la partie. Je pense qu’un des mes collègues  évoquera la dégustation de 80 vins qu’ils ont pu faire la veille de ce colloque, mais je tiens à mentionner quelques vins que j’ai beaucoup aimé et qui étaient présentés dans une dégustation qui a clôturé la journée :

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Savennières

Château de Breuil

Domaine de Closel, Clos du Papillon 2011

Dpmaine Laureau, Les Genêts 2005

Domaine aux Moines 2013

Anjou blanc

Domane Cady 2014

Domaine Ogereau, En chenin 2013

Domaine Patrick Beaudoin, Les Gâts 2012 (un grand vin pour moi)

Domaine de Juchepie, Le Clos 2012

 

Pour finir sur une note de (grande) douceur, et pour rendre hommage aux grands vins doux et moelleux produits avec le chenin, j’ai aussi beaucoup aimé ce vin :

Anjou Côteaux de la Loire

Musset-Roulier, Raisins Confits 2010

 

David Cobbold

 

1). « Et avec gros raisins chenins estuvèrent les jambes de Frogier, mignonnement, si bien qu’il fust tanstot guerry. »
François Rabelais GARGANTUA 1534 LIVRE I chap. XX


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#Carignan Story # 266 : Et voilà t’y pas qu’ça mousse !

La carignanesque surprise est venue par le train (ou l’avion, je ne sais plus) de Bruxelles, grâce à notre ami et complice Marc Vanhellemont que je tiens à remercier ici publiquement. Débarqué à Perpignan pour un concours et une nuit autour du Grenache, il avait ce soir-là dans sa besace cette étrange bouteille à dégoupiller. N’étant pas un spécialiste de la chose brassicole, je me garderai bien de trop rentrer dans le domaine technique et j’invite d’ores et déjà Marc, comme Luc-Léon (private joke) d’ailleurs, à compléter ce que je vais publier ce Dimanche. Je leur demande aussi instamment de me corriger au cas où je publierais une grosse bourde. Une chose est sûre : Cantillon et Carignan font la paire : ce sont deux noms qui vont bien ensemble !

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

L’objet mousseux identifié provient donc de la Brasserie Cantillon, institution fondée en 1900 et devenue en quelques temps la championne des bières dites « naturelles » fermentées pour la plupart spontanément en fûts anciens (également en amphores !) à l’image d’une gueuze bio très appréciée des connaisseurs. Après avoir tâté du Riesling et du Chardonnay depuis pas mal d’années, après une bière au Pineau d’Aunis, voilà que la valeureuse brasserie Cantillon s’est essayée au Carignan dans le cadre d’une gamme dite Vigneronne. Ici, si j’ai bien compris, le moût est mis à macérer dans le lambic et cela donne une bière assez colorée à l’œil. Au départ, le nez est un peu dur, mais pas pour trop longtemps. Arrive alors une certaine touche de finesse qui se fait sentir avec l’apparition notamment de délicates notes de framboise. En bouche, l’attaque est douce, ronde et l’on est vite rassuré par une belle amertume que j’attribue naïvement au houblon (s’il y en a !), ce qui a pour effet d’ajouter une fraîcheur fruitée bienvenue assez persistante allant  jusqu’en finale.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Je ne sais trop comment marier cette bière au Carignan. Avec un jarret de veau ou de cochon ? Toujours est-il que dans l’ensemble, c’est une bien belle trouvaille qui me donne envie d’aller visiter la Brasserie Cantillon. Depuis le temps que je le dis, va falloir que je réserve mon train !

Michel Smith

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Les 3/5 du Vin@Millésime Bio

Marco – watching the professionals

Marco – watching the professionals

The colour – bio green – and the angle of the pen is crucial to the proper assessment of wine. Here you see perfect co-ordination!

The colour – bio green – and the angle of the pen is crucial to the proper assessment of wine. Here you see perfect co-ordination!

Flawless!

Flawless!

It is possible that a few of our readers consider that being part of Les 5 du Vin is somehow glamorous. I have to tell you there is not much glamour in having to leave a Côtes du Rhone evening at Le Petit Jardin Montpellier early to return to an Ibis hotel room to compose my Tuesday post. I left Marco Vanhellemont and Michel Smith enjoying an in-depth look at some organic Rhônes.

Yesterday was the start of VInisud, so it was good that 60% of Les 5 were able to meet up. It has become a truism that Millésime Bio has been a great success. 800 exhibitors all with the same sized table with lots of buyers in the aisles speaking a considerable range of languages plus a good number of journalists from France, Belgium, Holland and Germany etc along with a few from the USA.

MilésimeBio attracts a number of UK buyers but strangely very few journalists/ writers from the UK are here. Yesterday morning I spotted Andrew Jefford, now resident in Montpellier, and later Paul Strang, who is looking for a publisher for his new book on Languedoc. Along with myself, this appears to be the sum total of the UK press that has got out to the largest organic wine show in the world.

An early sight of Michel in the distance already discovering a new Carignan.

An early sight of Michel in the distance already discovering a new Carignan.

Michel with Philippe  d'Allaines of Abbaye de Valmagne.

Michel with Philippe d’Allaines of Abbaye de Valmagne.

Not sure whether Michel is off to the Mad Hatter's tea party but the bottle – LE SECRET DE FRÈRE NONENQUE from Valmagne is excellent value @6€!

Not sure whether Michel is off to the Mad Hatter’s tea party but the bottle – LE SECRET DE FRÈRE NONENQUE from Valmagne is excellent value @6€!

JBGlassess


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Zurich, salon apéro au Schloss Sihlberg

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À l’invitation de Susi et Andreas, de www.swiss-wine-connection.ch, me voici débarquant comme un grand à Zurich, ville où je n’avais jamais les pieds. Il fait beau et je décide d’aller à pied de la gare, Zürich HB, jusqu’à mon hôtel en longeant la Limatt, la rivière qui arrose la ville. De loin, j’aperçois une grue gigantesque, plus haute que les toits de la vieille ville. Bizarre, cette géante qui pointe son épingle rouillée vers les cieux. De près, elle semble incongrue… mais l’anachronique arabesque d’acier trône indifférente tant à l’admiration qu’aux quolibets. Dans son petit communiqué, Susi en parlait, affirmant qu’avec pareil engin, Zürich se prenait pour un port. Un port où le vin coule à flot…

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Un mot sur la grue

En 2009, l’association d’artistes «zürich transit maritim» www.zurich-transit-maritim.ch installe cinq bollards en fonte sur le Limmatquai (le bollard est une bitte d’amarrage)Copie (2) de ztm-legenden et sonne ainsi le début de la métamorphose de Zürich en ville portuaire. Mais les bollards n’étaient que les prémices d’une transformation plus profonde qui culmine avec l’installation de la grue portuaire annoncée par le groupe d’artistes lors de l’inauguration.
De mai 2014 à mars 2015, la grue de 90 tonnes provenant du port Baltique de Rostock sera visible sur le Limmatquai.

Zurich, port à vin

Le vin suisse se produit majoritairement dans la partie occidentale du pays. Valais, Vaud et Genève se partagent les deux tiers de la superficie totale du vignoble. «À contrario, une large part du vin est bue dans la «Greater Zurich Area». Pas étonnant dès lors que Zurich soit le lieu privilégié par les producteurs pour les dégustations de vins, qu’il s’agisse de vins indigènes ou internationaux. En cette année de l’installation de la grue portuaire, nous nous emparons du concept artistique controversé en les poussant un peu plus loin. En effet, si le projet d’un canal transhelvétique reliant le Rhône au Rhin, très actuel encore au milieu du siècle dernier, s’était réalisé, verrait-on aujourd’hui des tonneaux de vin de Genève, ou de plus loin encore, déchargés sur les quais de Zurich? »

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Avec ou sans canal transhelvétique, Zürich devient chaque année le havre des vins helvétiques. Mémoire & Friends, organisée depuis 2009, a lieu le dernier lundi du mois d’août. C’est l’un des plus importants événements de la scène viticole suisse. Parmi les exposants figurent les 54 membres de la Mémoire des Vins Suisses www.mdvs.ch ainsi qu’une centaine de leurs amis. Ceci vaut le voyage à Zurich, avec ou sans bateau…

 

Et le Schloss Sihlberg dans tout ça ?

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Si le lundi se consacre à l’ensemble des appellations suisses, la veille, l’organisation propose un programme off, cette année, la rencontre avec les vignerons du coin. La ville de Zürich et ses environs comptent quelques domaines, ce dimanche offrait une fin de journée exceptionnellement ensoleillée des plus propices aux discussions bachiques. Le cadre : la terrasse agréable du Schloss Sihlberg, une grosse villa qui doit remonter au début 20ème. Alanguis au soleil, on dirait une fiction, une bonne douzaine de producteurs attendaient les visiteurs.
Ne connaissant rien, mais certes bardé de quelques a prioris, je commence la dégustation flanqué de mon confrère et copain Alexandre Truffer qui s’occupe de la version francophone du magazine Vinum. La surprise est de taille, les premiers vins dégustés nous plaisent. Originaux et d’excellentes factures, on se dit qu’on est bien tombé, « c’est toujours ça de pris ». L’ensemble dégusté a été sans fausse note, par-ci par-là, certes quelques faiblesses, mais une série de belles découvertes avec en tête, le cépage autochtone, le Räuschling.

Les coups de cœur

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Le Räuschling Lattenberg 2013 Zweifel Weine le premier dégusté et une grande première pour moi, une découverte, celui-ci, frais, citronné, croquant et des plus désaltérant. Le domaine produit aussi un Malbec 2012 qui pousse sur sable et ne ressemble ni à un argentin, ni à un cadurcien, élégant, il offre un fruité évocateur de marmelade de cerise tissé dans une soie tannique délicate. http://www.zweifelweine.ch

Le Sauvignon 2012 de Winzerei zur Metzg a le grand avantage de ne pas goûter le Sauvignon, aux antipodes des tristes productions variétales, le Zurichois offre du musc et de la réglisse qui embaument avec délicatesse la gelée de groseille blanche.

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www.winzerei-zur-metzg.ch

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La Suisse francophone est venue en force et qualité:  Alexandre Truffer (Vinum et Romanduvin, déjà cité,  et Laurent Probst –http://vinsconfederes.ch/ – discutent autour du Sauvignon de Metzg.

Landolt Weine AG. Vinifie nombre de parcelles entourées des murs de la ville, c’est un peu le Haut Brion alémanique, sans comparer toutefois les vins…
Son Stadt Zürich Schaumwein brut Pinot Noir en méthode traditionnelle vaut un bon Champagne. La perle nacrée, le galbe langoureux, la suavité fraîche d’une groseille blanche, le poivré délicat des prémices charnels. http://www.landolt-weine.ch

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Assemblage de Müller-Thurgau, Räuschling et Pinot Blanc pour la Cuvée Blanche 2013 Weingut Diederik à Küsnacht, lieu tristement célèbre, c’est là qu’est morte notre reine Astrid en 1934 dans un accident de voiture. La fraîcheur éclatante du vin lui rend hommage, il a de l’éclat, un développement minéral et une rondeur envoûtante. http://www.diederik.ch

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Meilener Räuschling Seehalden 2013 Schwarzenberg Weinbau qui n’est autre qu’un vin blanc des plus gracieux, alliant fraîcheur délicate et croquant gourmand. Le Meilener Pinot Noir Sélection 2011 au nez fumé, apparaît comme un PN classique alémanique comme on pourrait se l’imaginer, mais son fondu, ses épices, ne font qu’embellir son fruit. http://www.reblaube.ch

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Peut-être le plus beau Räuschling le R3 2012 AOC Zürichsee Lüthi Weinbau qui se parfume avec raffinement de rose blanche avant de fondre comme une poire savoureuse.
Tout aussi surprenant, le Pinot Noir Barrique 2012 à la caresse tannique subtil, au fruité bien dessiné, contour de cerise noire mélangée de fraise et de prunelle. Il préfermente à froid pendant 15 jours. http://www.luethiweinbau.ch

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Belle démonstration, belle découverte, quel apéritif, quel envie d’en connaître plus.

Le lendemain, on attaquait la grosse dégustation, en salle, une autre histoire, une autre ambiance, faudra qu’on en parle…

Et pour mieux comprendre la Suisse et ses vins, le dernier bouquin d’Ellen…

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Ellen Wallace, Editor GenevaLunch
editor@genevalunch.com
http://www.genevalunch.com
Tel: +41 21 806 3800

 

Ciao

Copie de ztm-legenden

 

Marco


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2 histoires de cavistes, enfin presque, à vous de choisir

Cab’ Franc, 4 bout’ retrouvées !

«Si si Cap, je suis sûr que c’est ici, le GPS est formel et l’endroit correspond aux vues du sat d’observation.»

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« Mais y a rien ici Marco, encore un de vos fantasmes d’historien fouille-merde, vous m’avez promis du rouge pin’, là y a que des cailloux. »

Ses recherches ont pourtant été longues et précises. Marco sait qu’il n’est pas bon de faire venir d’en haut le Cap sans de concret à lui mettre sous le pied. Le scientifique déballe son nouveau joujou, un goniomètre laser qui trace dans l’air chargé de poussière les contours des anciens bâtiments. C’est top, les rues apparaissent en dentelle lumineuse au teint blafard.

À une époque reculée, il y avait là une mégapole. Aujourd’hui, quelques reliefs à peine perceptibles rompent la monotonie de l’endroit. Tout est ocre jaune, sableux et caillouteux. Le souffle n’a pas fait de différence. Petits ou grands, voire immenses, les immeubles ont été réduits à néant.

C’est ce qui énerve Cap, pour lui ici rien n’a pu subsister.

«Bon, Marco, on ne va pas y passer la journée, je vais renvoyer mes gars à la nav et les faire remonter. Et j’ai bien envie de vous laisser ici pour la nuit. Rien à foutre moi que la femme de Jimibudy a lu dans un vieux bouquin en papier une histoire de bouffe avec du rouge pin’ qui se passe dans la Loire. Qu’en plus, le mec qui en boit dans l’histoire dit que c’est du Chin’ quelque chose et que c’est fait avec du Cab’ Franc. Sais même pas où c’est, ça existe plus.»

«Cap, les archives retrouvées dans les doc de l’ancienne bibliothèque contenaient un plan de la ville. Imaginez les rues, les gens, les pigeons qui volent, l’air frais. Là, regardez bien ce que dessine le laser, on aperçoit le pourtour d’une vitrine.»

C’était avant le dernier réchauffement et l’arrivée des exos qui ont tout pillé. Le gouv central a décidé de les souffler pour s’en débarrasser définitivement. De la ville, il ne reste rien, pas même un morceau de mur.

«Le magasin devait faire l’angle. À l’intérieur une collection de bout’ bien exposées. C’est comme si j’y étais, comme si je pouvais les toucher.»

«Une collection, c’est ça, … et vous allez me lire ce qu’il y a écrit sur les étiquettes. Ça aussi, c’était aussi dans les archives ? C’est bien beau l’imagination, mais trouver du Cab’ Franc ici. Déjà que du rouge pin’, ça se fait plus que dans les serres de la stat’ et que j’en ai jamais bu, je crois qu’on perd son temps. »

«C’est là, j’en suis sûr. Je l’ai lu dans un recueil d’un de mes ancêtres qui a consacré sa vie au pin’.»

«Quoi ? On pouvait se consacrer rien qu’au rouge pin’ ?»

«Oh, il n’y avait pas que du rouge pin’, il y avait du blanc, du rosé, même du bulle pin’»

«Du bulle pin’, du blanc, du rosé, pourquoi pas du sucré, n’importe quoi, on nage en pleine science-fiction, mon petit Marco.»

«Il faut creuser là, Cap, juste là. En-dessous, il devrait y avoir une cave remplie de bouteilles, un véritable trésor ! »

«Et pourquoi, je creuserais là ? Qu’est-ce qui me dit que je ne vais pas perdre mon temps et celui de mon équipe ?»

«C’est le prof Georgio Camione, le géol du centre. Dessous, c’est du calcaire. À l’époque, on le creusait facilement et ça faisait de grandes caves bien fraîches où on gardait le pin’.  Et du Cab’ Franc, mon trisaïeul, il en a même bu qui avait plus de cent ans. Je l’ai lu. »

«Ouais, dans les mémoires de votre ancêtre qui devait être alcoolique pour écrire de pareilles inepties. Enfin, si le prof a dit que c’était possible, on creuse. Tout ça pour faire sourire la femme de Jimibudy, ce qui fera plaisir aux oligarques Hervitch, Davitch et Mitch. Les enfoirés, je préférais faire la chasse aux exos, c’était simple, tu partais, t’en cassais, tu revenais, on te posait pas de questions. Aujourd’hui, faut faire des ronds de jambes à ces messieurs et creuser des trous où y a rien, mais où il faut trouver quelque chose.»

Les machines arrivent avec l’équipe du Cap. Le chantier se met en place. C’est rapide, les hommes sont rodés et goguenards comme d’habitude. «Le pauvre Marco ne touche pas souvent le gros lot.» Ça les fait rire, ça, ça n’a pas changé, les jeux de mots, ceux qui font penser à d’autres. «Le Marco y va toucher le gros lot, cette fois? Il aurait plus facile de toucher les gros lolos de la pilote de not’ nav. Mais y prendrait une droite. Farouche la Bellama.» Le bruit se fait aigu, les excavatrices rognent aspirent la poussière, la rejettent plus loin. Puis, elles commencent à entamer la roche. Quelque chose s’esquisse. Un endroit un peu plus sombre. Les engins poursuivent le grattage du calcaire.

«Stop ! Un morceau du sol s’est affaissé. Apportez des pelles et des barres, on va terminer à la main

Une trappe se dégage. L’aspireuse se met en action et dévoile des marches, l’entrée d’un sous-sol. Le travail manuel reprend. Quelques ossements reposent au bas de l’escalier. Marco identifie rapidement les squelettes d’une femme et d’un homme. Ils semblent emmêlés. Un reflet attire son regard. En deux coups de truelles, il dégage une bout, puis quatre autres.

«Cap, cette fois c’est le gros lot. Cinq bout’ de rouge pin’ au bas de cet escalier. Plus loin, il doit en avoir des milliers.»

«Qu’est-ce qui a écrit sur les étiquettes ?»

«C’est vrai, c’est incroyable, elles ont encore leurs étiquettes.»

Avec son frontal grossissant, Marco déchiffre petit à petit l’inscription décolorée, presque effacée. Chino s’inscrit sans son viseur. « Domai d la Nob ». Tout excité, il prend vite les quatre autres, et arrive à lire Chi ou encore Chino, enfin Chinon sur la mieux conservée. Le millésime s’est effacé, mais pas entièrement le nom des domaines. Nico… Gro..ois, …thilde Pain, Dom…. Des..urdes et …maine …olas Pag.t.

« Ce sont des Chin’, donc du Cab’ Franc. Cap, si on en buvait une? »

La bout’ s’ouvre sans trop de cérémonie. Deux gobelets de fortune voient le liquide encore bien rouge maculer les parois brillantes du plastocrist. Ils n’osent pas attendent. Regardent le pin, puis le respirent, cette fois avec recueillement. Il leur faut beaucoup de concentration pour se rappeler comment s’appellent les parfums qu’ils sentent. Fruits rouges, des épices, des feuilles sèches, … Ils goûtent, il a la température du sous-sol, un bon 15° de moins qu’à la surface. Ça leur fait frais en bouche, fait croquer le fruité, souligne le poivre, les impressions de cannelle. Ils se regardent, rient.

« Il se fait tard, on leur remonte les quatre bout’. Mais c’était quoi cet endroit où on pouvait trouver autant de pin’ ? » 

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«Ça s’appelait un caviste et celui-ci semble être mort dans sa cave, sauvé du souffle, mais enseveli avec quelqu’un dans les bras. Une mort à la fois atroce et romantique.»

 

 

Thème Loire, Chinon et Cie

«Je suis à la bourre. Comme d’hab’. En plus, j’ai oublié de prendre une bouteille chez moi, parti trop vite. Il est 19 heures. Il y a un caviste pas trop loin, peut-être sera-t-il encore ouvert. Pourvu qu’il ait du Loire.»

 photo www.jeanmiaille.fr

Un couple sort du magasin. En trois pas Marc franchit la porte.

«J’allais fermer!»

«Désolé d’arriver si tard, il me faut absolument un vin de Loire. Vous en avez ?»

« Bien sûr, je suis caviste, pas marchande de petits pois. Et quel Loire voulez-vous. Rouge, blanc, moelleux, effervescent ? »

«J’aime beaucoup le Cabernet Franc. Vous auriez du Bourgueil ou du Chinon?»

«J’ai les deux et d’autres. Mais je viens de rentrer quelques jeunes vignerons de Chinon. Ça vous intéresse ?»

«Je ne les connais pas et acheter sans avoir dégusté, c’est risqué !»

«Vous pourriez me faire confiance, c’est mon métier de dénicher de jeunes talents. Après, il faudrait que vous me parliez de ce que vous aimez dans le Chinon, que je puisse vous conseiller la cuvée qui vous plaira.»

Tout à son affaire, Marc regarde les bouteilles, le magasin, les rayons, revient sur les étiquettes, prend les bouteilles en main, sous les yeux amusés de la caviste. Lui, il ne s’est même pas rendu compte du sexe de son interlocutrice. Pourtant, une partie de sa clientèle masculine est loin d’être insensible à son charme. Mais Marc ne pense qu’à sa soirée. Ses potes connaissent son métier. Il écrit sur le vin. Ce qu’il apporte doit être top. Il regarde encore le nom des domaines.

«Nicolas Paget, c’est bien ça ? »

 «C’est une cuvée sur argile à silex, en macération longue, elle a beaucoup de fraîcheur, un fruit croquant, rien que du plaisir.»

 «Et Nicolas Grosbois et Baptiste Desbourdes ? Jamais entendu parler, ils viennent d’arriver, ils ont repris le domaine familial? Je peux en goûter un. En vitesse, si vous voulez, je suis pressé.»

Marie le trouve sympa ce client tardif. Le retenir un peu, ne lui déplaît pas. Elle ouvre Clothilde Pain, cuvée Sans Dessus Sans Dessous, peut-être que ça attirera son attention. Il le déguste, le trouve bon, y va de son petit commentaire. Rien à faire, il paie et s’en va.

bouteille

Après quelques pas, Marc s’aperçoit qu’il n’a pas son écharpe autour du cou. S’arrête et refait le chemin à l’envers, histoire de se rappeler où il l’a perdue ou oubliée. Il visualise l’intérieur du magasin. Revoit les bouteilles bien rangées, les cartons dans un coin où il avait déposé son manteau pas son écharpe, l’entrée de la cave d’où elle était remontée avec le vin. Elle !? Il remarque enfin que le caviste… est ravissante. Lui, ne quittait pas des yeux les bouteilles, impatient. Sa mémoire lui renvoie l’image du visage souriant, moqueur. L’écharpe lui servira de prétexte et c’est en courant qu’il retourne à l’angle encore illuminé deux rues plus loin.

«Votre écharpe?»

«Je crois l’avoir oubliée à l’intérieur.»

«Cette fois, j’allais vraiment fermer. Mais, entrez, il commence à pleuvoir. Je vous sers un verre ? J’oubliais, vous êtes très pressé.»

Il ne l’est plus. Le sourire de Marie l’a définitivement conquis. Cette fois c’est lui qui imagine une foule d’astuces pour allonger le temps. Imagination vaine. Notre aveugle lui plaît et elle est bien décidée à le connaître mieux. Oubliée la soirée, la sienne aussi, comme Marc, elle devait retrouver quelques amis pour leur faire déguster ses nouveaux Chinon. Décidément, l’appellation a du succès. La Noblaie colore les verres.

«On trinque?»

«Au Chinon!»

«Ça me va. J’en ai d’autres dans la cave, ça vous tente?»

«J’adorerais!»

Et plus si affinités bien entendu, bien qu’il semble que l’affaire soit depuis longtemps entendue.

La trappe ouverte, quelques marches plus bas, quelques bouteilles dans les bras, les lèvres se rapprochent. Le souffle balaya la ville à ce moment-là. Les exos signent leur arrivée sur notre bonne vieille planète. Paris s’est envolée avant qu’il la prenne dans ses bras. C’est moche.

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L’histoire s’est ensuite réécrite. Les pillages extraterrestres, le refuge des stations orbitales, le départ soudain des exos.

Cap n’avait jamais bu de vin, du Cabernet Franc encore moins. Alors qu’attendons-nous pour jouir de ces nectars de Loire, comme d’autant d’autres. On ne sait jamais…

Ce post participe au concours du Wine Blog Trophy, n’hésitez pas à voter pour lui: ICI

Ciao

 

Marco

 

 

 

 

 


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Curry ou curry ? Lequel préférez-vous?

Qui ne connaît le curry ?

Il fait partie de notre environnement culinaire. On le retrouve à toutes les sauces… Mais sait-on ce qu’est vraiment le curry et peut-on en parler au singulier ? 

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Son origine

Le terme curry vient de la déformation du mot tamoul kari. Il s’agit d’une plante, le Murraya koenigii, et par extension le plat en sauce que ses feuilles contribuent à aromatiser. Lors de la colonisation anglaise, le nom du plat est devenu celui du mélange d’épices, le curry.

Le terme exact de cet assemblage est massala qui signifie tout simplement mélange. Et chaque région d’Inde élabore le sien (Bénares, Madras, Goa, …). En vérité, les massala sont légion.

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Une poudre miracle

L’Inde commercialise ses épices depuis l’antiquité. Par voie de terre ou d’eau, la route des épices mène tout droit à Goa. Un commerce qui a suscité de tous temps moult convoitises. Les colonisateurs Anglais ne s’en sont pas privés et créent vers la fin du 18es des mélanges types baptisés Currys de Madras destinés à l’exportation vers l’Europe. Conditionnés en boîtes métalliques, ils apportent à nos cuisines occidentales une note exotique. Depuis, rien n’a vraiment changé, on achète toujours du curry en poudre sans se soucier ni du mélange, ni de l’origine. Et pourtant…

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Massalas en tous genres

En Inde, l’écart des coutumes culinaire varie autant entre le Nord et le Sud que les cuisines finlandaise et grecque… Les massalas se particularisent selon les habitudes et traditions religieuses et gourmandes de chaque région.

Le nord préfère par exemple les feuilles de menthe à celles de cari. Une tendance qui s’inverse dans le sud. L’ail présent dans 80 % des massalas nordiques disparaît pratiquement dans le Sud qui apprécie les notes brûlantes des piments.

Quelques ingrédients font toutefois l’unanimité. Curcuma, cannelle, coriandre, poivre, cumin et piment se retrouvent dans la plupart des recettes.

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Quelques accords gourmands de currys et de vins

Ils existent de nombreux currys. Ils apportent chacun leurs nuances aux plats. Leur trouver un partenaire apte à les sublimer n’est pas toujours évident. Suggérer quelques accords semble dès lors pertinent.

Voici trois variations currys élaborées par le Comptoirs des Épices

www.comptoir-des-epices.eu

Une petite société familiale, près de Verviers au sud de la Belgique, qui se passionne pour les épices.

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Filets de Volailles au Curry Noir

Ce massala particulier se compose d’épices grillées et concassées, aneth, ajowan (graine au goût proche du thym), carvi, sésame noir, moutarde, cardamome noire, … Sa couleur foncée met en valeur la texture claire des viandes blanches. Comme les filets de volaille cuits à la vapeur parfumés de lait de coco et de curry noir. Qu’accompagne volontiers…

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Gewurztraminer Grand Cru Altenberg de Bergbieten 2011 Domaine Loew

Doré pâle aux reflets cuivrés, il se parfume de poudre de riz, nuancée de fleur d’oranger et de gelée de rose. Élégant dès la première gorgée, les parfums se reconnaissent en bouche, avec un rien de douceur qui enjolive leur tournure, un trait de fraîcheur qui en précise le caractère, l’exotique suit avec ses arômes de lychee et de mangue, contrebalancé par la subtile mélisse et le miel d’acacia, un relief minéral au goût d’amande amère souligne la structure et perdure sur toute la longueur. 

 

Subtilement, il emplit la bouche et trace son épure aromatique faite du tressage intime des arômes des deux partenaires. La note coco se laisse entrainer dans des volutes anisées. La douceur ambiante assourdit le léger piquant. Le grillé du curry booste les fruits.

 

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Filet de Porc Vindaloo

Le nom de ce curry trouve son origine dans les colonies portugaises de Goa, vinha d’alho signifie vin et ail. Dès le 16es, les colons portugais importaient en Inde du porc saumuré et conservé dans du vinaigre de vin et de l’ail. Le filet de porc mariné au curry, senteurs aillées et sauce tomate en est une interprétation. Avec la viande relevée…

 

Rasteau 2007 Domaine Gourt de Mautens

Grenat, le nez encore bien rouge malgré l’âge, chair de cerise parfumée de cannelle et de poivre. La fraîcheur buccale laisse pantois, délicate, dessinée en fin liséré acidulé, elle sert de fil d’Ariane aux papilles qui en explorent les méandres aromatiques. Chaque recoin dissimule tantôt baies croquantes, tantôt épices et réglisse. Le serpolet, la sauge, le laurier tracent leur chemin de garrigues au milieu des fruits. Mûrs, les tanins finement tissés enserrent le volume buccal que la langue déchire en un mouvement sensuel.

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Tomate et ail disparaissent, remplacés par une série d’agrumes rafraîchissants, certes encouragés par la cardamome et l’amchoor, poudre de mangue verte, présentes dans le curry. Le suave curcuma s’occupe lui des fruits rouges qu’il semble relever d’un pointe de sel.

 

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Dés de Poulet au Curry Vert Thaï

Ce mélange typique Thaïlandais doit son parfum et sa couleur aux herbes qui le composent. La coriandre, la ciboule et le corrête asiatique sont ses principaux ingrédients. Il est parfait sur les viandes blanches, le poisson ou les légumes. Les dés de poulet sur lit de poireau se rafraîchissent de curry vert…

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Viognier Les Contours de Deponcins 2010 François Villard

Le Condrieu exacerbe le goût du légume et ce dernier reconnaissant lui renvoie l’ascenseur capiteux. Le vin, minéral, floral, au goût subtil d’abricot et de pêche de vigne, trouve auprès de la coriandre une alliée de taille. L’association se fait sur les goûts sucrés, amplifié par la ciboule et rafraîchit par le lemon grass. Le gingembre recherche activement tous les pétales disponibles pour offrir à la viande un bouquet mignon. Le Condrieu trouve dans le plat un ressort inattendu qu’il exploite jusqu’à la dernière goutte.

 

 

Ciao

souper habib..nepal nov 09 n°1 267 

Marc

 

 

 

 

 


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Harzé fête le fromage chaque année

C’est quoi Harzé ?

C’est un village au sud-est de Liège qui abrite un magnifique château dans lequel se déroule chaque au mois d’août un super concours de fromages wallons.

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Super concours parce qu’il n’y a pas vraiment de stress, c’est le concours des gastronomes, qui s’il avait vraiment fait beau, auraient mis leur culotte courte. Ici, pas d’enjeux vraiment économiques, juste la reconnaissance d’un aréopage mixte qui va du consommateur amoureux du fromage au technicien d’école fromagère.

SAMSUNG CAMERA PICTURESje suis sur la photo…

Un assemblage bigarré des plus sympathiques qui offre récompense (une médaille en chocolat comme on dit Belgique, c à d une reconnaissance honorifique) mais qui vaut son pesant de cacahuète. Le fromager dont le fromage a été déclaré le préféré des jurés exulte, c’est peut-être pour lui plus important que le concours officiel organisé au début de l’été par les instances régionales. Concours dont sont tirés les fromages à Harzé dégustés. Et ce qu’il y a d’appréciable, c’est que tous les fromages de type industriel se sont fait jeter pour ne garder que l’artisanal. Quand on aime le fromage, le vrai, on peut ne pas être d’accord sur le choix définitif du concours, mais on est à l’unisson sur la qualité intrinsèque des produits proposés.

???????????????????????????????c’est du sérieux…

D’ailleurs, mon trio ne correspond absolument pas avec le podium gagnant qui a récompensé « Saint-Roch Fenugrec » un fromage à pâte dure au lait cru, le Saint-Roch Fenugrec se décline en formats rond et rectangulaire. Son goût est presque comparable à un fromage aux noix tout en présentant plus de finesse (un Rambol amélioré…).

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Le Doré de Lathuy en deuxième position, fromage fermier biologique au lait cru à pâte molle fabriqué uniquement à partir de lait de vache bio.

Sa forme est celle d’un cylindre plat de 12 cm de diamètre et de 3 cm d’épaisseur. Son poids est d’environ 300 grammes.

Sa croûte jaune safran recouverte d’un fin duvet blanc rappelle un peu celle du reblochon. Sa pâte est onctueuse et souple jaune foncée. Sa teneur en matière grasse est de 45%. Sa saveur particulièrement délicate laisse un arrière-goût de noisette caractéristique. C’est pas mal, mais manque un peu de caractère.

Le troisième une Pyramide cendrée de la fromagerie de la Machine très bien faite mais guère originale. J’ai préféré de chez eux, la tomme de chèvre au goût légèrement piquant.

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Mon trio gagnant : le Troufleur de de la fromagerie du même nom, élaboré par Isabelle Ledur, fait avec le lait cru de Montbéliarde dans la haute Ardenne belge, une pâte molle à la croûte lavée affinée pendant 2 mois à la bière de Bellevaux, une brasserie artisanale près de Malmédy.

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La Mébiss le deuxième, une tomme de brebis à la douce complexité, élaborée par la fromagerie des Trois Maisons – Bertrand Bernard.

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Enfin, à nouveau d’Isabelle Ledur le Cœur de Bellevaux affiné à la bière brune, plus fort, plus affirmé. Un cœur que les techniciens ont aussi plébisplébiscité…

 

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photo  http://www.marie-a-tout-prix.be

Le concours fini, il nous restait à boire quelques mousses bien de chez nous en mangeant un boulet frite  une spécialité liégeoise.

La Belgique un pays gourmand…

 

Ciao

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Marc