Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


6 Commentaires

Vous avez dit « food pairing »?

C’est ce qu’on appelle chez nous les accords vins & mets.

Quoi qu’il en soit, la liste ci-dessous, éditée par Vine Pair pour le Thanksgiving, a de quoi faire réfléchir.

Vous noterez qu’aucune appellation de vin n’est mentionnée – juste des cépages.

Sauf le Muscadet – sans doute une erreur (ou bien parce que personne ne connaît le melon de Bourgogne aux States?). Quoi qu’il en soit, les producteurs qui seraient tentés de marier leur Muscadet avec la tarte au potiron m’en diront des nouvelles…

Quant au mariage entre le pinot noir et les patates douces aux marshmallows… J’espère que les Bourguignons apprécieront!

Les producteurs de Gamay Beaujolais, eux, seront peut-être surpris d’apprendre qu’ils ont en compétition avec le Bourbon de Wild… Turkey pour arroser la dinde.

Reste le cas des choux de Bruxelles et du Sauvignon. Pas sûr que notre ami Marc soutienne l’initiative. Il adore les unions iconoclastes, c’est vrai. Mais celle-là?

En ce qui me concerne, je n’émettrai qu’un seul voeu: que nos amis américains se gardent leur dinde, leur Thanksgiving, et même leur Vendredi Noir. Déjà que je n’accroche pas à leur Halloween…

Hervé Lalau


7 Commentaires

Breton bees in red bonnets (Les Bonnets Rouges) invade InterLoire …..

Christmas appears to have come early at InterLoire’s Tours office….

(Photo credit: Les Bonnets Rouges)

On Friday 13th October around 5pm eight members of Les Bonnets Rouges interrupted business at the main offices of InterLoire in Tours. Claiming that Muscadet is a ‘Vin Breton’ (wine from Brittany) and not the Loire, they demanded that InterLoire should cease to allegedly force producers, under a new rule that came into force on 1st August 2017, to put ‘Val de Loire’ on their bottles of Muscadet, Gros-Plant, Côteaux d’Ancenis etc.

 Jean-Martin Dutour, Président of InterLoire 

 

The invaders demanded that InterLoire immediately change the new rules. They also demanded to meet with Jean-Martin Dutour, the current President of InterLoire.

Dutour reported that « Je leur ai dit qu’ils se trompaient de cible » (They had got the wrong target) and he told them to go and see the Fédération des Vins de Nantes.

Press release (13th October 2017) from Les Bonnets Rouges – Les Frelons:  

‘Le pays Nantais fait partie de la Bretagne depuis plus de dix siècles et aucun découpage administratif ne peut faire disparaître cette vérité. Nier l’appartenance de la Loire-Atlantique à la Bretagne est une pourriture grise, une combinaison d’arrogance bureaucratique et d’inculture.
Muscadet, Gros-Plant, Côteaux d’Ancenis… Ce sont nos vins bretons.  InterLoire, l’interprofession des vins du Val de Loire les a annexés. Elle cultive la confusion et le mensonge dans l’esprit des Français et des consommateurs étrangers, au détriment de nos vins traditionnels.
Un fleuve ne crée ni un pays, ni un terroir, ni une identité.
Depuis le 1er Août 2017, les nouveaux statuts d’InterLoire oblige les appellations des vins nantais à indiquer leur appartenance au Val de Loire. Les récents accords interprofessionnels indiquent qu’il est obligatoire de mentionner  « Val de Loire » sur les bouteilles. Tout ceci est absurde et inacceptable.
Les vins bretons n’ont rien à faire avec les vins du Val de Loire.
Le pays nantais n’a rien à faire avec la région des Pays de Loire.
A partir d’aujourd’hui, vendredi 13 octobre 2017, nous occupons les locaux d’InterLoire (qui se situent à Tours. NDLR) pour dénoncer ce double scandale.
Ce que nous voulons dans l’immédiat : la modification des statuts d’InterLoire.’

In response to the invasion of InterLoire’s office in Tours the Fédération des Vins de Nantes issued a statement disassociating themselves from the actions of Les Bonnets Rouges in Tours. The statement points out that the use of Val de Loire is optional and that the Vins de Nantes are both part of the Loire basin and naturally attached to Brittany.

Press release (13th October 2017) from the Fédération des Vins de Nantes:

Suite au communiqué adressé par le groupe des « Bonnets Rouges » concernant le Muscadet et InterLoire et l’action d’occupation des locaux d’InterLoire à Tours engagé par ce même groupe ce jour, la Fédération des Vins de Nantes par la voix de son Président Christian GAUTHIER déclare :

« Nous ne connaissons pas l’identité des personnes qui mènent cette action ni leur relation avec la viticulture. Sur la forme, nous condamnons toute action d’intimidation de ce type pour défendre des idées et porter des revendications. Nous nous désolidarisons des prises de position de ce groupe qui n’est en aucun ni légitimé ni mandaté par notre structure professionnelle.

Sur le fond, la Fédération ne s’engagera sur aucune position politique concernant les enjeux territoriaux car ce n’est pas la nature de sa mission. Les Vins de Nantes appartiennent au bassin du Val de Loire tout en revendiquant leur attachement naturel à la Bretagne, à son identité et à sa culture. Par ailleurs, il est fait allusion dans leur communiqué d’une obligation d’indiquer sur la bouteille la mention « Val de Loire » pour les AOC de Nantes. Nos obligations réglementaires concernant l’étiquetage sont encadrées dans nos cahiers des charges d’appellation et la mention « Val de Loire » est facultative. »

•••

Comment

The organisation Les Bonnets Rouges has had a serious purpose – see history here and here. However, it is difficult to take their action in Tours yesterday seriously as producers in the Pays Nantais are not forced to put Val de Loire on their wine bottles. The use of the term is optional as the Vins de Nantes Federation points out. Furthermore, it is not in the power of InterLoire to compel producers to put ‘Val de Loire’ on their wine bottles/labels. This can only be a requirement in the regulations governing an appellation contrôlée, which would have to have the approval of the INAO.

This appears to have been an ill-thought out stunt that makes Les Bonnets Rouges look ridiculous. It is not clear whether there were any vignerons amongst the eight invaders.

See also this post by our friend Vincent Pousson

Jim Budd

Chinese cap


Poster un commentaire

Paulée Nantaise: a great initiative involving Muscadet producers and restaurants in Nantes


Paulée Nantaise, 26th,27th and 28th October 2017
Following two years – 2016 and 2017 – when severe April frosts have hit producers in the Pays Nantais, this is an excellent initiative involving domaines in the Pays Nantais and 30 restaurants in Nantes.  Each domaine involved has teamed up with a particular restaurant – see details below. 

The aim is to raise money to pay for frost protection in the local vineyards, in particular buying and installing wind machines. It is great to see the producers and the restaurants in Nantes working together as in the past the city of Nantes has all too often not shown any great interest in vineyards that are largely to the south of the city. At least 50% of the takings from the evening meals in the restaurants, where the vignerons will be presenting their wines during a meal and the chefs matching dishes with the wines, will go to the vignerons to help them invest in frost protection. 

If you happen to be in the area at the end of October this is an excellent opportunity to help an excellent list of local wine producers including many of the areas top estates. 

It looks like this initiative has inspired other Loire producers, who have also recently suffered frost damage in 2016 and 2017. I understand that some Anjou producers are now looking to organise a similar event with restaurants in Anjou. 

Communiqué de Presse


Ces chefs solidaires des vignerons

Les 26, 27 et 28 octobre prochains à Nantes, 30 chefs s’associent avec autant de vignerons pour proposer dans leur restaurant une soirée exceptionnelle en accords mets et vins. Cette initiative originale vise à soutenir les vignerons de l’aire d’appellation du Muscadet dont les vignes ont été, une fois de plus, durement touchées par les intempéries.

Lors de ces soirées, chaque chef accueillera, dans son restaurant, le vigneron associé et travaillera ses vins en accords aux plats. 50%, au minimum, du chiffre d’affaires réalisé lors de ces dîners seront reversés sous forme de dons à l’association L’é.paulée nantaise, qui redistribuera, équitablement, la totalité de la somme aux vignerons participants. 

 « Je vous sollicite suite aux différents coups de fil passés aux vignerons avec qui je travaille. Ils ont été, une fois encore, durement touchés par le gel. Par endroits, jusqu’à 100% des récoltes sont détruites ! Ne pourrait-on pas, le temps d’une soirée, afficher notre solidarité ? » Lorsqu’au mois de mai dernier, Nicolas Guiet, chef de l’U.ni à Nantes, écrit à ses confrères pour les alerter sur la situation des vignerons et leur proposer son idée, tous affichent leur solidarité et répondent favorablement.

« La région nantaise a souvent tourné le dos à son vignoble. Nous ne pouvons faire de même avec cette génération de vignerons, qui a bousculé les traditions pour tendre vers une expression du terroir, un artisanat de qualité tout en préservant respectueusement notre environnement. Les vignerons nous ont toujours soutenus, à nous de leur rendre la pareille ! »

L’association L’é.paulée Nantaise renouvellera ce type d’opérations si besoin. Elle souhaite par ailleurs provoquer un élan d’une plus grande ampleur en France et à l’étranger. « D’autres vignerons sont touchés ailleurs. Incitons les chefs à créer partout des réseaux d’entre-aide ! Donnons encore plus de sens à nos métiers ! » 

 

Les maisons participantes

Le Pavillon / Domaine des Hautes Noëlles ; L’Atlantide 1874 Maison Guého / Domaine de Bellevue ; Analude / Château du Coing ; Le Baco Saveurs / Domaine Bruno Cormerais ; Lamaccotte / Domaine Landron Chartier ; Le Plan B. / Domaine Julien Braud ; Clémence / Domaine Ménard Gaborit ; Le Laurier Fleuri / Domaines Chéreau Carré ; Pickle’s / Domaine Brégeon ; Lulu Rouget / Domaine de l’Ecu ; La Raffinerie / Domaine de l’Aujardière ; L’Atelier d’Alain / Vignoble Malidain ; La Poissonnerie mais pas que / Domaine Bonnet Huteau ; Les Caudalies / Domaine Luneau Papin ; Le Café du musée des Arts / Domaine de la Brégeonnette ; L’U.ni / Domaine Fay d’Homme ; Les Brassés / Château les Aveneaux ; L’ardoise / Domaine de la Paonnerie ; Le Clos du Cellier / Domaine du Grand Chatelier ; Le Restaurant du Pont / Domaine du Haut Bourg ; Le Bistrot de l’Alchimiste / La famille Lieubeau ; Les Chants d’Avril / Domaine Complémen’terre ; L’instinct Gourmand / Domaine de la Foliette ; Le Manoir de la Boulaie / Domaine Landron ; Song Saveurs et Sens / La Tour Gallus ; Le Petit Boucot / Domaine de la Pepeiere ; Bé2M / Domaine des Cognettes ; L’O Deck / Domaine Poiron Dabin ; La Cascade / Domaine Luneau ; A Boire et à Manger / Domaine de la Sénéchalière.


Contact L’é.paulée Nantaise : epauleenantaise@gmail.com / facebook.com/epaulee.nantaise

 Chinese cap


2 Commentaires

2017 harvest in Pays Nantais – first impressions

 Melon de Bourgogne @Domaine Pierre Luneau-Papin 

Still a little green – will be picked later this week 

or early next week 

 

We arrived in the Pays Nantais this morning after a night in a cheap hotel close to Saumur. It is clear that many producers were badly hit this year by the frosts at end of April. Unfortunately April 2016 also saw bad frosts – again at the end of April. Ironically 2017 is very promising in terms of quality – such a pity that the frost was so damaging. 

Today we visited Domaine Pierre Luneau-Papin, Fred Niger (both in Le Landreau) and the Lieubeau family in Château-Thébaud. Fred is undoubtedly the worst hit as he has lost 98% of the crop – not funny as he lost 90% in 2016 and 85% in 2012. Fortunately he is part of 11 organic vignerons across France who help each other out by selling grapes/must when frost or hail strikes. Nevertheless it is very far from easy – very dispiriting when you yet another vintage destroyed by frost over night.

For Pierre and Marie Luneau only their Butte de la Roche is yielding a normal harvest, while the Lieubeau family has 40% from their 70 hectares.  

Understandably there are now projects underway to install frost protection systems. Clearly producers cannot survive such losses for very long.  

 

Marie Luneau, CRM and Eric Narioo (Les Caves de Pyrene)
as well as wine @Vino di Anna on Mount Etna (Sicily)

Pierre Marie and Marie Luneau (Domaine Luneau-Papin)


Pierre Luneau with the new Stockinger wooden vats

 Monique Luneau – le grand chef with 

vegetables from the garden

 

In the cellar of Fred Niger van Amphore 
(above and below)

 

Three of the Lieubeau family, who work on the domaine 
Right to left – Chantal, Marie her daughter
and Vincent, her youngest son

 Local priest to give blessing? 

With François Lieubeau, Vincent’s elder brother

The local priests did bless the vignoble 

but unfortunately it was in late May/earlyJune.

In 2018 it will need to be in late March 

before the threat of April frosts

 

 

Lieubeau – Melon de Bourgogne for their 2017 Cru Château-Thébaud

Arrival of the Lieubeau’s 1st load of Gros Plant 

Le Ban des Vendanges was issued today.

Playing around with the ISO speeds
@100 ISO above

 

@ 20000 ISO

 

@ H2 – 102,400 ISO

NouveauOs


1 commentaire

Un blanc, un rosé et un rouge pour l’été

Trois cuvées venues de trois régions françaises éloignées. Rafraîchissantes, gourmandes et fruitées, elles se dégustent autant à l’apéro qu’au dîner.

Commençons par l’Atlantique, avec le Muscadet 2014 du Château de Cléray. Un vin qui a fait un peu de cave pour nous offrir structure et caractère. Je propose de le mettre en carafe une bonne heure avant de le servir, cela lui ouvre l’esprit et réjouit le nôtre.

Vallet 2014 Muscadet Sèvre et Maine Château de Cléray

Vert jaune, il offre un nez de tisane à la verveine et à l’écorce d’orange. Puis, il nous étonne par quelques notes iodées qui nous rappellent un bouquet d’algues sèches. La bouche s’avère onctueuse, souplesse inattendue, mais pourvue d’une fraîcheur intense sans être vive. Elle a le goût du citron, celui du cédrat, de la groseille à maquereau aussi. Un parfum de miel flotte au fond du palais et retrouve la verveine du nez. Enfin, quelques épices viennent compléter ce Muscadet au caractère inhabituel, mais assurément bien affirmé.

Vallet se trouve au cœur du vignoble nantais à 25 km au sud-est de Nantes. Le sol de la parcelle se compose de schistes déposés sur des granits. Cette sélection parcellaire voit sa maturité poussée au maximum. Le vin s’élève 18 mois sur lies. La Maison Sauvion, installée en Eolie, le pays du vent qui caresser les vignes de sa douce brise océanique. Acquis par Ernest Sauvion en 1935, le Château du Cléray-Sauvion est l’une des plus anciennes propriétés du vignoble de Sèvre et Maine. Elle s’étend sur 95 hectares, plantés principalement de Muscadet Sèvre & Maine, mais également Gros-Plant, Chardonnay et Sauvignon.  http://fr.sauvion.com

Sympa avec des huîtres un peu grasses mais bien iodées pour faire dans l’accord classique, mais il ne renie pas quelque poisson blanc de l’océan, ni une terrine de lapereau ou pour faire plus fort un grenadin de veau aux morilles, son caractère un peu maturé fonctionne à merveille avec les morilles.

 

Continuons par la Méditerranée et son arrière-pays provençal, pour y déguster le rosé du Château Pigoudet, cuvée Classic.

Classic 2016 Coteaux d’Aix Château Pigoudet

Rose pâle, un nez floral qui nous charme par ses parfums de fleurs d’amandier et de genêt, suivis de fragrances de melon Cavaillon et de grains de grenade. La bouche fraîche semble suave avec ses notes douces de gelées de fraise et de framboise, de miel de thym et de fleur d’oranger. Un développement aromatique qui lui confère à la fois élégance et caractère à l’esprit bien rafraîchi par des jus acidulés où les agrumes règnent, juste nuancés du croquant de la groseille blanche. Un rosé convivial.

Le Classic assemble 70% de Cinsault et 30% de Grenache qui poussent dans sol de colluvions calcaires à matrice argileuse. La parcelle est exposée plein sud, mais à 400 m d’altitude et protégée au nord par la barrière rocheuse de la montagne de Vautubière. La vendange se fait la nuit et est pressée dans la foulée. Les jus sont laissés sur bourbes à basse température, puis débourbé clair et fermentés. L’élevage se fait en cuve. Filtration légère à la mise.  Le domaine de 40 ha se situe sur la commune de Rians tout au nord-est des Coteaux d’Aix. www.pigoudet.com

Ici aussi la carafe s’impose pour en développer plus rapidement le fruit et il ne faut pas le servir trop frais. On peut taper dans les recettes provençales, pissaladière, petits farcis, mais aussi la bourride à laquelle il apporte son fruit tout en résistant à l’aïoli. S’il reste des artichauts crus ou chauds, il adopte. Pour changer un peu, un chèvre chaud (sans miel) sur lit de feuilles de chêne, la salade ne lui fait pas peur, ou une souris d’agneau que le rosé aime déglacer le confit.

 

Restons au Sud, mais en Languedoc, avec le Faugères Sur le Zinc du Domaine Les Serrals.

Sur le Zinc ! 2016 Faugères Domaine Les Serrals

Rouge croquant, Faugères plein de fruits, il séduit les papilles en moins de deux gorgées. Là, c’est fait, c’est adopté, on est fan. Mais avant d’y regoûter, le nez voudrait mieux l’analyser et montrer qu’avant la succulence des baies, des accents de garrigue peuplée de genêt, d’arbouse et de cade viennent le chatouiller. Puis quelques épices, du poivre, des graines de coriandre, de la réglisse, montrent que le plaisir peut être pourvu d’un brin de complexité. La bouche s’impatiente et veut après ce bref discourt savourer le charnu des groseilles, des fraises et des cassis dont le jus frais coule à satiété. Les tanins ? Ils y sont, et gratouillent agréablement la langue, histoire d’ajouter leur relief à la structure certes avant tout gourmande.

Le vin assemble 60% de Syrah qui fermentent grains entiers et 40% de Carignan de cuvaison courte. L’élevage se fait en cuve sur lies totales. Les 5 ha de vignes sont conduits en mode biologique et s’étendent sur les coteaux schisteux qui entourent Faugères. C’est avant tout Chloé Barthet, aidée par Frédéric Almazor, qui installée depuis janvier 2016 mène ce domaine des plus prometteurs. Une belle découverte.

www.serrals.com

Un rouge qui peut se boire comme un rosé, frais et croquant, les tanins en plus. Tanins et fruité qui le font apprécier sur un tartare de veau à l’italienne (câpres, roquette, parmesan, huile d’olive et pignons grillés), mais aussi sur des grillades et des légumes à la plancha. Ou comme ça, sans rien pour boire un coup entre copains.

Bel été à tous!

 

Ciao

 

Marco


Poster un commentaire

Carnet de notes de Vinexpo 2017 (2/2)

Pour une fois j’ai de la suite dans les idées, à défaut d’avoir tout noté !

Cette semaine, un retour sur quelques vins dégustés à Vinexpo il y a 15 jours. Après l’Autriche la semaine dernière, nous allons passer par l’Australie, La Georgie, La Croatie, la Chine et la région de Muscadet cette semaine. Voilà ce qui fait une des attractions majeurs de salons comme Vinexpo : la possibilité, en une demie-journée, de déguster des vins de pays que je n’ai pas souvent l’occasion de visiter, comme de revisiter des producteurs et contrées plus familiers tout en faisant des découvertes.

Un mot d’abord sur les vins blancs de Penfolds, qui proviennent pour partie de South Australia, mais qui font appel aussi, pour certains vins, à des assemblages qui varient chaque année et dont les raisins proviennent parfois de plusieurs états, dont la Tasmanie, la Nouvelle Galles du Sud et le Victoria, en plus de leur base historique, l’Australie du Sud. Cette pratique d’assemblages issus de zones parfois très éloignées peut choquer des personnes qui semblent croire qu’il n’y a qu’une seule manière de faire des grands vins : se focaliser sur une seule parcelle, à la bourguignonne, ou du moins sur des parcelles dans la même zone de méso-climat comme à Bordeaux. Mais, si on réfléchit un peu, ce qui prime dans la qualité d’un vin c’est la qualité du fruit et l’équilibre, l’intensité, les saveurs et la longueur du vin fini. Dans ce cas, peu importe les origines précises, du moment où le vin est réussi. On met de côté le parti-pris issu d’une vision étroite et on juge uniquement le résultat. Après tout, on le fait bien pour le Champagne, alors pourquoi pas à une échelle plus grande ? Une dégustation à l’aveugle des blancs de Penfolds (et il en va de même pour les rouges), surtout ceux issus du Chardonnay, m’a convaincu pleinement de la pertinence de cette approche : ces vins peuvent se comparer aux plus grands blancs de Bourgogne.  Le vin ci-dessus en est un parfait exemple. Yattarna veut dire « petit-à-petit » dans une des nombreuses langues aborigènes de ce pays-continent. On remarque sur l’étiquette, en dessous de ce nom de cuvée, la mention Bin 144. Il a fallu dix ans et 144 essais à l’équipe de Penfolds pour faire aboutir leur volonté de produire un grand vin de Chardonnay issu de climats frais. Et c’est très réussi. A la sortie du premier millésime (1995) de ce vin en 1998, les critiques l’ont encensé en disant que ce vin constituait une sorte de révolution stylistique pour le Chardonnays du pays. En effet, sa vivacité, son intensité vibrante et sa longueur sans aucune lourdeur ni trace de sur-maturité m’a fait prendre les millésimes 2012 et 2014 pour des Puligny-Montrachet Premier Cru d’un très bon producteur. Et le prix de vente y est presque comparable : c’est même nettement moins cher qu’un Puligny-Montrachet Les Pucelles de Leflaive, par exemple. Les sources viticoles de Yattarna varient chaque millésime car seule la qualité du fruit et son adéquation stylistique avec le profil recherché compte. En ce qui concerne le millésime 2012 (l’étiquette ci-dessus), il s’agit de deux sites en Tasmanie (Derwent Valley et Coal Valley), une dans la zone côtière du sud de Victoria (Henty) et des vignobles de South Australia (Adeleide Hills). Moins de 50% des barriques (françaises) sont neuves. Mais on peut aussi explorer ce style moderne des Chardonnays d’Australie chez Penfolds avec des vins bien plus abordables : Le Bin 15A ou le Bin 311 par exemple, tous les deux très séduisants, à la texture admirable et doté d’une grande finesse.

Georgie : Tamada

Deuxième étape dans ce voyage éclair dans une partie de Vinexpo : La Géorgie. Ce fut l’occasion de déguster quelques vins récents des marques Tamada et Vismino produits par GWS à Telavi, à l’est de Tblissi, en incluant deux vins issus d’une vinification en qvevris (des jarres en terres cuites qui sont enterrés et dans lesquelles on opère fermentation et macération des blancs comme des rouges). J’ai parlé de cette tradition ici il y a quelques mois.

Je me méfie parfois de ces vins de qvevri qui peuvent partir dans tous les sens et être parfois carrément désagréables, mais rien de cela avec les deux vins de qvevri dégusté chez Tamada, qui portent le désignation Grand Reserve et une typo en rouge pour les distinguer des vins en vinification moderne. Passons sur les étiquettes qui sont, disons, d’un style tradimoche ! Le Tamada Grand Reserve blanc 2014 est fait avec les cépages Rkatsilteli, Mtsvane et un peu de Kisi. Le nez est étonnant, complexe et dense, avec des notes d’écorce d’orange et de pomme blette. Beaucoup de fraîcheur en bouche, et sans trace d’oxydation, mais évidemment ce côté tannique qui vient de la macération des peaux. Un vin blanc à part qui doit être intéressant à accorder avec des plats épicés ou avec de la viande.

Dans la gamme des vins classiques (c’est à dire des « non-qvervris ») de Tamada, j’ai beaucoup aimé le Kindzmarauli 2014 (photo ci-dessus). Kindmarauli est une des appellations sous-régionales de la Kakheti dédiée au très beau cépage Saperavi. Ce vin m’a plu par la qualité de son fruit, son éclat et sa longueur. J’espère le trouver prochainement en France !

Croatie : Côte Dalmate et Istrie

Visite rapide au petit stand dédié à plusieurs domaine Croates. J’y ai dégusté des vins de deux domaines. D’abord Stina, qui se situe sur l’île de Brac sur la côte Dalmate et qui porte une étiquette blanche faciale plus que minimaliste (photo ci-dessus, avec la contre-étiquette). J’ai particulièrement aime leur blanc du cépage Posip car il réussit à éviter la lourdeur alcoolique qui prend trop souvent le dessus avec cette variété, tout en étant suave et bien fruité. Je me souviens d’avoir visité, avec Mairie-Louise Banyuls et d’autres collègues, ce producteur il y a près de cinq ans.

Puis un domaine d’Istrie, proche de la frontière avec la Slovénie, Kabola Winery et de très bons Malvasia, le grand cépage blanc de la région. Je ne sais pas pourquoi les gens persistent à appeler leurs vins faits en jarres de terre cuite par la désignation « Amphora » car l’amphore a des anses et doit être portable par une personne, ce qui n’est pas du tout le cas des ces vaisseaux qu’on devrait probablement appeler « dolium » ou, au pluriel, « dolia ».

La Chine, dont on parle beaucoup mais ne goûte que rarement

Un collègue et ami m’a conseillé de faire un tour sur un stand (qui n’était pas celui qui regroupait la plupart de vins chinois) pour déguster un bon Chardonnay originaire, je crois, de la région de Shandong. Le producteur s’appelle Château Nine Peaks et j’ai dégusté deux versions, dont celle en photo, plus qu’honorable, puis une autre, plus haut de gamme mais dont l’élevage était encore en cours. Ce sont facilement les deux meilleurs blancs que j’ai dégusté de ce pays viticole en devenir, mais il fait aussi avouer que je manque singulièrement d’expérience dans ce domaine.

Pour finir, le Pays Nantais et de surprenants vins de cépages, dont la plupart viennent de bien plus loin.

Je connaissais les excellents Muscadets de Frères Couillaud et je les ai dégusté de nouveau avec plaisir à cette occasion. Mais il y avait aussi une très intéressante nouveauté sur leur stand : une gamme de vins de cépage vendue sous la désignation « Vin de France », dont un magnifique Petit Manseng doux, un Viognier plein de fraîcheur, et plusieurs autres. J’avais remarqué une partie de cette gamme quelques temps avant Vinexpo, lors de la dégustation de la sélection Auchan pour les Foires aux Vins, car cet enseigne bien renseigné en a sélectionné plusieurs.Les autres ci-dessus ? R pour Riesling, PG pour Pinot Gris et SG pour Sauvignon Gris. Une expérience plus que louable que je suis heureux de voir aboutir.

David

 


Poster un commentaire

2017 Loire – « très compliqué ! » « plus rien »

Gel27.4.2016
Frost destruction: April 2016
For the second successive year the Loire, along with many other vineyards both in France and elsewhere in Europe, has been hit by a series of April frosts. Just as in 2016 it has been a whole series of early morning frosts running over 10 days from 19th April through to 29th April. In some places it was up to five nights of frost in others it was even six.
This pattern of April frosts is strikingly different from before when it tended to be one night of frost as it was with the severe 1991 and the early April frost of 2003. Instead in both 2016 and 2017 Loire producers have faced a succession of frosts often striking different parts of the vineyard on different nights.
Naturally successive frosts are very tiring and dispiriting to fight and the morale of many Loire producers is now low after the last fortnight of April, especially as mild weather in March had brought the vines on early.

This year many Loire producers have fought back against the frost using helicopters, more wind machines than in previous years as well as burning bales of straw. Anything to raise the temperature.

It is still too early to have a full picture of the damage. Nor is the damage evenly spread along the valley. In some places, like Muscadet, the damage is worse than it was last year as it is in Savennières, while overall in Touraine the damage is less than last year. Naturally this is of little comfort to producers who have suffered severe losses with some producers in Muscadet, for example, have lost their entire 2017 crop – ‘plus que rien’ remains.

There are rumours of producers deciding to quit because the succession of difficult years, especially if they have been severely hit by frost two years running. Others able to hang on will have a very complicated year managing how to allocate their greatly reduced stocks and to keep their bankers happy. This is likely to be especially delicate for those producers who have recently made significant investments – in a new winery for example.
François Robin, La fédération des vins de Nantes 
‘The 2017 frosts are more serious than last year with around 40%-50% of our vineyards affected, although we will not have a full picture until the end of this week. Damage is variable depending upon site and how far temperatures fell in particular areas.Unfortunately the heart of the Sèvre-et-Maine – Vallet, Mouzillon, Clisson and La Chapelle-Heulin – are the worst affected. The south of the Sèvre-et-Maine, around Saint-Fiacre, for example, is not as affected nor overall the Coteaux de la Loire and Côtes de Grandlieu.’

BU0A0972
Emmanuel Ogereau

Emmanuel Ogereau (Domaine Ogereau, Saint-Lambert-duLattay, Anjou)
Emmanuel Ogereau (Domaine Ogereau): “Savennières was wiped out on 27th – only 10% of the crop remains and there is also severe damage in other parts of Anjou, especially around Rochefort-sur-Loire and Chaudefonds-sur-Layon. There was another frost in Savennières the following night but that had little effect as the damage had already been done the night before.

In Saint-Lambert we have lost between 30%-40% with our Chenin being particularly badly hit. Parts of the Coteaux d’Aubance have been seriously affected especially vineyards close to the river.”

Tessa Laroche, Domaine aux Moines, Savennières
Tessa Laroche confirmed Emmanuel’s report on Savennières: « We have lost 80% of our crop. »

Marie-Anne Simonneau, Syndicat de Saumur-Champigny
We had five mornings of frost – April: 20th, 21st, 27th, 28th and 29th. Each time different parts of the appellation were hit including parcels usually are not frosted. Happily not all of the appellation has been hit but equally some domaines have suffered serious losses.
Patrick Vadé: Domaine Saint Vincent Saumur-Champigny (commune of Saumur)
« The damage is worse than last year. There were two episodes of frost. The first particularly on the morning of Thursday 20th April and then the following week for three successive early mornings: 27th, 28th and 29th.The frost on the 20th hit the higher parts of the Saumur-Champigny appellation, which usually escapes the frost. For instance I’ve lost around 15% from my lower slopes. The frosts in the second week – 27th, 28th and 29th – hit the lower parts of the appellation that are prone to frost – St Cyr, Chacé etc. Some producers have lost virtually 100%.

Talking to the Cave Robert et Marcel (the Cave Co-operative of St Cyr) they have lost 20% of their 1800 hectares.

The frost of Saturday 29th was a surprise as the forecast was for + 2 but then for a brief period early in the morning the temperature dropped to minus 2 with a white frost. It all happened very quickly. »

Because of the favourable forecast most producers were tucked up in bed so not in a position to attempt to alleviate this final April frost.

Guillaume Lapaque, Vins de Bourgueil and directeur at Fédération des Associations Viticoles d’Indre-et-Loire et de la Sarthe 
Overall the 2017 frost has been much less devastating in Indre et Loire than in 2016. We calculate that the loss in the département is in the order of 15%, whereas last year it was 50%.

There are, however, areas that have been very badly hit. These include Azay-le-Rideau (over 60% loss) with the exception of Château de l’Aulée which used a helicopter. Touraine Noble Joué has also been hit again – 45% in 2017 and even more last year – 85%. Savigny-en-Véron and Beaumont in Chinon are badly hit with producers losing virtually all their crop. In Touraine Amboise the area around the town was hit – in particular the Domaine la Grange Tiphaine – while Limeray, on the north bank of the Loire, wasn’t affected. Unfortunately losses in Montlouis are around 40%.

This year producers fought back against the frost, while last year they were taken by surprise. We had seventeen helicopters – 7 in Montlouis, 5 in Bourgueil and 5 elsewhere.

The forecast on Saturday 29th was wrong as above freezing temperatures were forecast when instead they fell below zero. Unfortunately we had stood the helicopters down.

BU0A0992

Stéphanie Degaugue with Patricia Boucard (right)

Patricia Boucard, Lamé Delisle Boucard
« Fortunately our losses through the frost this year are much less than last year – around 20%. The effects are very variable and seems to depend upon the air currents. We used a helicopter as well as burning bales of straw.

Jacky Blot, Domaine de la Taille aux Loups 
« Morale is low. Taking 2016 and 2017 together we have one harvest in two years. Fortunately Domaine de la Butte in Bourgueil wasn’t touched. Also our wind machine saved most of the Clos Mosny – 80% of the Clos is OK with just between a hectare and 1.5 hectares affected. Also Clos Michet wasn’t hit but the parcels we use for Rémus are very badly hit. Across in Vouvray we have a 50% loss in Bretonnière with the lower part badly hit.

Inevitably our prices will have to rise with our bankers urging that prices have to go up. This wouldn’t be the case if we regularly had a vintages like 2015 when we made around 37 hl/ha, which is what we aim for.’

Benoît Roumet, director of Bureau du Centre Vignobles du Centre Loire
Benoît reports that it is a mixed picture in the Central Vineyards.
« Pouilly and the Coteaux du Giennois have been hit by the frost but Giennois less than in 2016. The northern part of Sancerre around Sainte-Gemme-en-Sancerrois has been hit. Also Châteaumeillant has been seriously affected. Elsewhere those parts of Quincy not protected by wind machines have losses – but 80% of the appellation has wind machine protection and there are no significant losses in Reuilly.

Menetou-Salon, which was very badly hit last year, has not been hit this year.’