Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Jim’s off on an adventure: The Luneau-Papins

Pierre-Marie, Marie, Monique et Pierre Luneau 

(Domaine Pierre Luneau–Papin) with the 2014 Muscadet juice

 


Pierre-Marie listening to the 2014…. 

While I am away my Tuesday posts will be brief and prepared in advance using photos for some Loire producers. If my fellow Les 5 wish to add any other posts on my Tuesday slot they are very welcome to do so.

 

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Est-ce ainsi que les ceps vivent?

Depuis deux ans, des viticulteurs de Cognac achètent des vignes dans le Muscadet; non pour les exploiter, juste pour les arracher, afin de pouvoir replanter des surfaces équivalentes à Cognac.

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Un cep, c’est pour faire du vin, pas pour ouvrir un droit de replantation! (Photo (c) H. Lalau)

 

La chose est légale – il faut seulement avoir fait une récolte avant d’arracher. Et potentiellement rentable, puisque le prix des vignes est très bas en Muscadet, comme dans tous les vignobles en crise.

Mais n’y a-t-il pas là comme un détournement de la réglementation? Sans compter que les Cognaçais ne font pas dans la dentelle: certains brûlent les ceps arrachés à l’huile de vidange.

A quoi riment toutes ces règles biscornues – qu’elles soient françaises ou européennes; qui servent-elles, qui protègent-elles?  Et quid de la fameuse libéralisation des plantations?

Heureux les consommateurs qui consomment sans savoir tout ce qui se trame derrière le noble breuvage de Bacchus!

Hervé Lalau

 


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Grappillons quelques bons vins de saison – et abordables!

En cette période ou on ne parle que de « grands vins », de choses chères et parfois rares pour appâter le client, je vais prendre un peu le contre-pied et vous parler de quelques vins plus modestes que j’ai croisé récemment et qui m’ont semblé exemplaires, chacun selon son type et pour des prix abordables. Ce ne sont pas de premiers prix, mais aucun ne dépasse 20 euros la bouteille et le niveau moyen se situe autour de 12 euros. Cela vous fera un repas de fête réussi et peu onéreux, ou si c’est trop tard, une sélection pour les mois à venir, quand vous ne voulez plus vous ruiner. J’ai opté pour une gamme qui peut remplir toutes les cases ou presque d’un repas de fêtes (ou autre): une bulle et un liquoreux, trois blancs et trois rouges. De quoi faire quelques beaux accords avec les mets de saison.

La bulle

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Crémant de Bourgogne, cuvée Vive la Joie 2008, Cave Bailly Lapierre

J’ai dégusté cette cuvée, dans différents millésimes, à plusieurs reprises et j’ai toujours été impressionné par sa plénitude et le plaisir immédiat qui est fournie par ce caractère délicatement fruité qui remplit la bouche et la laisse impatiente pour la prochaine gorgée. C’est presque le prix de certains Champagnes bas de gamme mais sa qualité leur est nettement supérieure.

Prix public environ 13 euros

 

Le liquoreux

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Ninon, Muscat à Petit Grains 2015, Vin de France, Cave d’Alba

Il y a de plus en plus de vins intéressants qui sortent du carcan parfois trop rigide des appellations, et ce vin d’Ardèche en fait partie. Le vignoble a failli disparâitre mais il revit grâce à ce vin très aromatique (on s’en douterait vu le cépage) somptueux par sa texture, presque luxuriant mais parfaitement en équilibre par une belle pointe de fraîcheur.

Prix public 12,50 euros

Les vins blancs

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Muscadet Sèvre-et-Maine, Froggy Wine 2015, Pierre Luneau-Papin

C’est parce que la parcelle s’appelle « Les Grenouilles » que Pierre Luneau-Papin, régulièrement l’un des meilleurs vignerons du Muscadet, a ainsi nommé sa cuvée et j’aime bien la touche d’humour dans le nom et l’étiquette. Je suis fan de ses vins, comme de bien d’autres des meilleurs producteurs de cette appellation si injustement décriée, depuis un moment. Celui-ci peut parfaitement remplir son rôle de rafraichir et d’ouvrir le palais en accompagnant huitres ou autres fruits de mer, mais il est bien plus qu’un somple accompagnateur. Son fruité fin et sa belle rondeur se laissent boire tout seul. Vaut bien des vins blancs plus chers.

Prix public environ 10 euros

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Sauvignon Blanc Spielfeld 2014, E & W Polz, Sud-Steiermark, Autriche

Je trouve que les meilleurs Sauvignon Blancs d’Autriche, qui viennent tous de la Styrie, font partie de plus accomplis des vins de ce cépage au monde. Un verre de ce vin-ci, dégusté au prix de 5 euros dans un bar à vin à l’aéroport de Vienne (et qu’est-ce qu’on attend pour présenter un choix de vins au verre de ce niveau et à ces prix dans les aéroports en France ?), m’a semblé parfaitement illustrer ce propos. Il arrive a combiner l’intensité fruité d’un Sauvignon de Marlborough (NZ) sans l’accent parfois caricaturalement expressif avec la texture légèrement râpeuse mais finement ciselé d’un Sancerre. Le vin est long sans aucune lourdeur. Cela doit être le climat semi-montagneux, combiné à une vinification très précise et un long élevage dans des contenants en bois assez volumineux et pas neufs. Cette dimension tactile qui colle à la langue est une des choses que j’apprécie dans ce vin, outre son équilibre entre fruit et acidité.

prix public en Autriche environ 17 euros : ce n’est pas un premier prix, mais d’autres sauvignons dans la gamme de cet excellent producteur sont disponibles à partir de 9 euros.

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Montagny 1er Cru, Les Bassets 2014, Laurent Cognard & Co

Je ne connaissais pas ce producteur et j’ai reçu cette bouteille en tant qu’échantillon envoyé par une agence de presse. D’après ce que j’ai pu glaner comme information, il s’agit d’un jeune vigneron qui a pu acheter un peu de vignes tout en travaillant comme salarié avant 2006, puis il en a repris d’autres parcelles à la retraite de ses parents qui étaient en cave coopérative. Vendanges manuelles, pressurage douce, levures « indigènes », malos faites et une association de vinification/élevage en cuves et vaisseaux en bois de différentes tailles. En tout cas le résultat m’a semblé très probant, avec un mariage intéressant entre rondeur et vivacité, de la pureté dans les saveurs fruites et une bonne longueur. Heureusement pas de « minéralité » à l’horizon (private joke) !

Prix public : autour de 20 euros : ce n’est pas exactement donné mais cela vaut d’autres blancs de Bourgogne à 30/35 euros

Les vins rouges

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Beaujolais Nouveau, cuvée Vieilles Vignes 2016, Pierre-Marie Chermette

Ce producteur (ci dessus, montrant qu’il ne mouille pas que sa chemise pour faire ses vins), qui fait aussi d’excellents vins dans les crus Brouilly, Fleurie et Moulin-à-Vent, produit chaque année ce qui sont pour moi des vins exemplaires du type primeur issu de l’appellation Beaujolais. Là aussi on a le choix entre différentes cuvées : Les Griottes et Vieilles Vignes. Cette année j’ai acheté et bu une bouteille de la deuxième cuvée, peu de temps après la sortie de ces vins. Ce vin m’a enchanté par son fruité très croquant, son allégresse sur la langue et l’impression de joie de vivre (et de boire) qu’il m’a transmis instantanément. Et il a tout ce qu’il faut pour tenir encore un an si jamais cela vous inquiétait.

Prix en boutique à Paris: environ 8 euros.

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Côtes du Roussillon Mas Baux, Grand Red, 2015

Pas la première fois que j’apprécie les vins de ce très bon producteur non plus. Sur le plan stylistique, c’est bien évidemment très différent du précédent, plus riche mais également très fruité et gourmand à souhait mais avec la dimension chaleureuse qui parle de ses origines sudistes en plus. Beaucoup de vin pour ce prix.

Prix public : 8,50 euros

 linsoumiseDes jeunes couples qui font d’excellents vins très abordables à Bordeaux, cela existe et ce n’est pas rare du tout. Que les « non-pensants » arrêtent avec leur stupide « Bordeaux bashing » ! 

Bordeaux Supérieur, Château l’Insoumise cuvée Prestige 2014

Voulez-vous du classique et du pas cher ? Voici un parfait exemple que j’ai choisi récemment à l’aveugle parmi 25 vins de cette appellation et dans ce millésime. C’était un de mes trois vins préférés de cette série et le moins cher des trois. Il vient de la région de Saint-André de Cubzac (rive droite) et son assemblage donne une part moins important au Merlot que la plupart de ses concurrents: 60% pour 35% de Cabernet Sauvignon et 5% de Cabernet Franc. Le résultat est un vin droit, net et très classique au nez avec un boisé encore présent dans un ensemble relativement puissant et structuré mais sans aucun excès. C’est clairement du Bordeaux et c’est très bien fait.

Prix public 8 euros

Bonnes fêtes, ou ce qu’il en reste

David Cobbold


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Some echoes from 30th Salon des Vins de Loire

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The First Salon des Vins de Loire was in 1987 and to date it hasn’t missed a year not even after the terrible frost of April 1991. Despite some voices saying that it should be called off the 1992 edition went ahead. My first Salon was in January 1990 and I have been to every edition since.

The biggest threat the Salon now faces is Prowein, which has grown enormously over the last decade and a number of significant producers have decided to opt for the Dusseldorf and miss the Loire Salon. Late in the day the organisers of the Salon found a place and a formula for organic La Levée de la Loire last year. This year they have added a Demeter (biodynamic) fair as well. My impression from the first day (Monday) is that this edition is busier than last year but we need to see what Tuesday will bring.

Muscadet in danger:
Can I taste your Melon-Colombard Muscadet blend please?
If you want to upset a top quality Muscadet producer, this or a variant of the same, is the question to ask.

There is now a serious likelihood that in the next couple of years that producers will be allowed to add Colombard, Chardonnay and possibly other varieties to Melon de Bourgogne in the making straight Muscadet. For the moment this will not be allowed for the zonal Muscadets – Sèvre-et-Maine, Côtes de Grandlieu and Coteaux de la Loire or the cru communaux – but we all know about ‘mission creep’.

Many of the top Muscadet producers, like Vincent Caillé, the Luneau-Papins, Joseph Landron, Eric Chavalier, Gilbert Bossard and others, are vehemently opposed to allowing other grape varieties to be used for Muscadet.

However, I talked yesterday to Bernard Jakob,the directeur général of Ackerman. He is in favour of the change as providing a way of saving those producers who are struggling in the Pays Nantais. Bernard quoted the vote by a substantial majority of the vignerons in favour of the change.

When I pointed out that if producers wanted to blend other varieties to Melon it was already perfectly possible to do so and sell this as an IGP or a Vin de France. Bernard replied that producers wanted to be able to keep using the Muscadet name.

I have to say that I have little sympathy with this move to add new varieties to the Melon de Bourgogne for Muscadet. Even, if the change, is strictly limited to straight Muscadet it is all too likely to undermine the image of all Muscadet just at the moment that the qualities of good Muscadet – and there are now some very good Muscadets – are being rediscovered. Currently top Muscadet is easily among the best bargains to be found in the wine world, so why threaten to potentially destroy all the good work that has been done by conscientious producers to produce excellent wines and raise the appellations image.

The idea that producers want to be able to add new varieties while keeping the Muscadet name is deeply dubious. Just suppose that I have vines in the Clos de Vougeot or Chambertin and I wanted to include some Gamay or Syrah along with my Pinot Noir while keeping the appellation, I doubt if I would get a very sympathetic hearing.

It would be very interesting to know more about the background to the vote by producers to allow other varieties like Colombard in Muscadet.

Furthermore is the addition of Colombard or other varieties really going to save struggling producers? Muscadet-sur-Colombard will surely be sold to supermarkets at a basement price in competition with the Côtes de Gascogne, cheap wines from the Midi as well as places like Australia, Chile and Argentina. Dealing with aggressive supermarkets is unlikely to provide salvation for struggling growers as the recent report into Tesco’s habitual policy of screwing its producers to improve its bottom line only too clearly demonstrates – see here and here.

It is all too likely that if the change goes through there will soon be pressure to increase the permitted yields for Muscadet very substantially because producers in the Pays Nantais cannot compete with IGP Côtes de Gascogne and cheap whites from other countries. May be producers will again be asked to vote on keeping yields as they are at 65hl/ha or increase them to 80 hl/ha, 100 hl/ha or 150 hl/ha…

I fear if this change goes through it is all too likely to be catastrophic for the Muscadet appellations. While I have sympathy for struggling producers they should be looking to IGP or vin de France rather than bastardising Muscadet.

Other brief echoes
Ludo and Sophie Ragot
have sold their fine Café de la Promenade in Bourgueil with the new owners taking over in March.

Having handed over the Château de Tracy (Pouilly-Fumé) vineyards to his sisters, Comte Henry d’Assay has set up a négociant business – SAS Comte Henry d’Assay.

After some 20 years this is expected to be the last Salon des Vins de Loire that Gérard Pelletier will be welcoming vignerons, importers and press to his excellent restaurant – Le Relais. At the age of 62 Gérard has decided to embark on a second life. Thank you Gérard and we wish you a long and enjoyable retirement.

 

Buddhaas

 


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2015 – it’s all starting to kick off in the Loire!

Picking in Sancerre September 2009

Picking in Sancerre late September 2009

The 2015 Loire vintage is now underway and is likely to continue at least until the middle or end of October. It is certainly quite an early start – not as early as 2011 when some Touraine producers, such as the Clos Roche Blanche, started in late August. Nor as early as 2003 when Reuilly was picking by around 20th August. But it is certainly the earliest since 2011 and unusually everything seems to be starting around the same time.

The Ban des Vendanges for Pinot Gris in Reuilly was last Friday, while for Quincy it was yesterday, Sancerre/Pouilly will be this Wednesday. Often there can be a week to 10 days between the start in Reuilly/Quincy and Sancerre beginning. Not so in 2015 – everything seems to be more telescoped!

Here is a report received yesterday from Charles Sydney, a courtier en vin based in Chinon:

‘Phil and I were out in the Touraine on Thursday – growers were picking some of the earlier ripening parcels in Noyers, Oisly and Cheverny, so I guess elsewhere too.

Philippe Trotignon’s cahier shows 4 trailers coming in between 12 and 12.7° potential with acidity around 5 grams – definitely time to pick 🙂

Only problem is the lack of grapes in the vineyards, at least for Sauvignons in the Touraine – Muscadet and Anjou look better fortunately. It’s some time since we’ve seen such small grapes on such small bunches. That’s down to those few chilly days pre-Vinexpo, just at the end of harvest.

Some growers are starting in Muscadet this week but most are waiting – while others in Sancerre and Pouilly are starting! Le monde à l’envers !’

Fingers crossed for a month or more of sunshine!’

Further west picking of the Chardonnay for Crémant de Loire and Saumur Mousseux started yesterday around Le Puy Notre Dame. See here.

In Muscadet Domaine de l’Ecu and Luneau-Papin will be starting this week. Normally they would be considerably in advance of Sancerre.

Emmanuel Ogereau (October 2014)

Emmanuel Ogereau (October 2014)

From Anjou – Emmanuel Ogereau (Domaine Ogereau, Saint-Lambert-du-Lattay):

‘Les vendanges se préparent très bien en Anjou.

Les vignes ont très bien résisté à la sécheresse au mois de Juillet. Les pluies du mois d’Août leur ont fait le plus grand bien.

Les Chenins sont très jolis pour le moment. Ils sont très goutés et les peaux sont déjà assez fines.

On pourrait donc vendanger assez rapidement. Les vendanges pourraient débuter autour du lundi 21 septembre. A voir comment ça évolue…

On espère que le temps sec et frais de ces derniers jours va se maintenir le plus longtemps possible. On croise les doigts.

Pour les Cabernet, on a le temps. Pas de vendanges avant le mois d’octobre.

On est impatients de vendanger notre vignoble de la Martinière à Quarts de Chaume pour la première fois.’

Due to various commitments we are unable to get out to the Loire until 16th September. It goes without saying we are impatient to get out and see what is happening first hand!

Reflecting on Chenonceau

Reflecting on Chenonceau


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Muscadet dans le temps (2/2)

Suite à mon article de la semaine dernière, j’ai poursuivi mes investigations sur la capacité de vieillissement de certaines cuvées de Muscadet avec une deuxième série de vins. Cette série était constituée de vins ayant subi un élevage au moins égal à 18 mois, et parfois bien plus, mais qui revendiquaient aussi une désignation communale à l’intérieur de la grande zone de Muscadet. A ce jour, seulement trois communes possèdent officiellement ce statut-là: Gorges, Clisson et Le Pallet. Mais bien d’autres sont en attente: Goulaine, Château-Thébaud, Monnières-Saint-Fiacre, Mouzillon-Tillières, La Haye-Foussière, Vallet….fermez le ban, en se souvenant aussi qu’il existait déjà trois désignations sous-régionales de Muscadet : Sèvre et Maine, Côteaux de la Loire, et Côtes de Grandlieu (sans parler du « sur lie » ou « pas-sur-lie ») !

IMG_6462Mes vins préférés de cette dégustation. Ces étiquettes ne sont pas trop moches, et certaines sont même honorables, mais il faut dire que le niveau moyen dans l’appellation, aussi bien sur le plan de la clarté que sur celui de l’esthétique, est assez proche du degré zéro ! Il reste du boulot pour les graphistes de la région Nantaise. 

Etant totalement contre la multiplication des appellations pour les vins en général, j’ai du mal à comprendre comment une telle explosion de désignations pourrait aider cette région qui a pourtant bien besoin de sortir de l’ornière. Certes, on pourra toujours dire que cela va appuyer la sacro-sainte recherche d’une identification au « terroir ». Mais qu’est-ce que cela veut dire en réalité, et quelle importance cela peut-il avoir quand on voit le poids dans le bilan final du travail de chaque producteur ?

Certes, il était nécessaire, pour la santé économique de cette région viticole, de trouver une manière de vendre les meilleurs muscadets plus cher que la triste moyenne régionale actuelle. Mais est-il vraiment utile d’avoir au moins 10 nouvelles sous-régions pour une zone pas si vaste que cela (9.000 hectares en tout)? Et, de surcroît, ces communes ont souvent des noms à rallonge qui seront totalement impossibles à retenir pour un Français, sans parler des barbares qui importent, parfois, ces vins-là. Je crains que la fierté locale ait, une fois de plus, primé sur l’analyse marketing dans cette affaire et que tout cela ne mène à rien, ou à pas grand chose, car les différences entre toutes ces appellations communales ne sont pas toujours évidentes. Ayant effectué une dégustation triée par cru communal l’an passé lors du Salon des Vins de Loire à Angers, je n’ai pas été convaincu d’une quelconque typicité communale. Et, même si elle existait, serait-elle pertinente pour le consommateur ?

Comme toujours, la vérité est dans le verre, et nous verrons que la qualité dépend surtout du couple vigneron/millésime et non d’une sorte de loi sacrée du sol, ou, plus exactement, du binôme sol/meso-climat.

IMG_6469Les Daltons ? Non, votre serviteur entouré par les Cormerais, père et fils

 

Deuxième partie de ma dégustation de Muscadets ayant de l’âge : les Muscadets avec désignation communale.

14 vins sélectionnés sur un total de 24 échantillons dégustés

Les élevages des vins de cette série sont longs : 18 mois au minimum et souvent bien plus

Comme la semaine dernière, le service des vins était en semi-aveugle, seul le millésime et l’appellation étant connus.

 

Clos du Pont 1990, Sèvre et Maine, Mouzillon (16/20)

Beaucoup de complexité au nez qui est marqué par des notes fumées. Si c’est dû à un élevage sous bois, celui-ci est bien réussi. Belle richesse au palais aussi avec un ensemble long et savoureux, très bien équilibré (plus à la vente).

Clos du Pont 2002, Sèvre et Maine, Mouzillon (16/20)

Le nez est un peu fermé, assez complexe avec une impression de bois qui reste discret. En bouche c’est intense et riche en saveurs. Excellent vin que je mettrais avec intérêt dans des dégustations à l’aveugle avec des blancs d’autres régions (plus à la vente).

Domaine du Haut Bourg 2001, Côtes de Grandlieu, Bouaye (16/20)

Le nez est splendide avec de jolis parfums aériens. Ce vin manifeste une grande délicatesse, comme de la dentelle. L’équilibre me semble idéale (plus en vente).

Bonnet Huteau 2005, Sèvre et Maine, Goulaine (15,5/20)

Le nez a beaucoup de complexité et une profondeur intéressante. La texture est soyeuse et ses belles saveurs sont longues et salivantes. Un vin splendide qui en vaut largement d’autres vendus à deux fois ce prix (12 euros).

Domaine du Haut Bourg 2002, Côtes de Grandlieu, Bouaye (15,5/20)

Un joli nez, parfumé avec des arômes floraux. Belle association de vivacité et de souplesse. Gourmand et délicat. Très bon vin (plus à la vente, malheureusement).

Domaine de la Fruitière, M de la Fruitière 2002, Sèvre et Maine, Château Thébaud (15,5/20)

Vin très suave avec des saveurs magnifiques, complexes et gourmandes. Cette richesse apparente lui va bien, car la sensation de sur-maturité est parfaitement maîtrisée et se trouve portée en longueur par une très belle fraîcheur. Vaut son prix (25,40 euros)

Pierre Luneau Papin, Excelsior 2002, Sèvre et Maine, Goulaine (15/20)

Une très beau nez, plus puissant et chaleureux que la plupart de cette série. Ce vin semble relever d’un autre style mais est bien réussi dans son profil, comme tous les vins dégustés de ce domaine (plus à la vente).

Michel Luneau, Tradition Stanislas 2003, Sèvre et Maine, Mouzillon (14,5/20)

Vin très savoureux avec une impression de richesse et de rondeur très agréable. Bonne longueur et prix très modeste pour une telle qualité (10,50 euros).

Bonnet Huteau, Heritage 2003, Sèvre et Maine, Goulaine (14,5/20)

Le nez, si pas très expansif, est plein de finesse pour un millésime plutôt rond dans son expression. En bouche la sensation est différente : légèrement oxydative avec des notes de caramel (peut-être un bouchon peu étanche ?). Bonne fraîcheur en finale qui prouve le tenue de ce vin mais pourquoi est-ce que ces vins n‘adoptent pas tous la capsule à vis ? Un peu cher (25 euros).

Bonnet Huteau, Heritage 2002, Sèvre et Maine, Goulaine (14,5/20)

Le nez donne une impression crémeuse, avec une belle complexité. Pas très long, mais des saveurs d’une fraîcheur parfaite à 12 ans d’âge (23 euros).

Michel Bregeon 2004, Sèvre et Maine, Gorges (14,5/20)

Beaucoup de vivacité et même un soupçon d’arômes de type végétal. Mais c’est un vin aussi délicat que vif, avec un joli équilibre autour de son acidité. (10,20 euros)

Les Bêtes Curieuses 2004, Sèvre et Maine, Gorges (14/20)

Les arômes transmettent une sensation de pureté. Tendre, salivant, mais pas d’une grande complexité, c’est un bon vin très agréable, frais et fin (13,80 euros).

Domaine du Haut Bourg , Origine 2003, Côtes de Grandlieu, Bouaye (14/20)

Le nez semble relativement tendre. Est-ce du au millésime ou à l’influence d’un élevage sous bois ? Ou aux deux ? La texture est très belle en tout cas, même si ce vin manque un peu de vivacité en fin de bouche. Encore un tarif des plus raisonnables (9 euros).

Pierre Luneau Papin, Excelsior 2005, Sèvre et Maine, Goulaine (14/20)

Encore un peu fermé, le nez fait preuve de finesse et d’une belle vivacité. En bouche ce vin reste un peu austère et sa texture et légèrement crayeuse, mais il a beaucoup de fond et va surement très bien évoluer (25 euros).

 

Visite du vignoble

Jo Landron
Jo Landron dans ses vignes. C’est un des pionniers du bio et de la biodynamie dans la région mais il évite bien de tomber dans les pièges du sectarisme

Le lendemain de la dégustation dont le compte-rendu apparaît pour moitié ci-dessus et pour moitié la semaine précédente, le bureau du Wine & Business Club de Nantes (oui, il y a à Nantes des hommes d’affaires qui sont fiers de leur vignoble) a organisé une série de visites dans le vignoble, ce qui m’a permis d’améliorer mes connaissances et rencontrer des gens formidables. Dans l’ordre, nous nous sommes rendus chez Bruno Cormerais, Gilbert Bossard et Jo Landron. Merci à eux pour leur accueil. Bruno et Gilbert sont en train de passer la main à leur fils respectifs. Le fils de Jo s’installe, par choix, sur un domaine plus petit que celui d’une quarantaine d’hectares bâti par son père. Tous font partie de ceux qui croient en leur appellation et dont les vins font honneur. Une promenade dans les vignes avec Jo Landron est très instructive et m’a permis de découvrir quelques beaux coins cachés aux abords de la rivière.

Conclusion

IMG_6463Certains, comme Bruno Cormerais, mettent tant l’accent sur sa commune (en l’occurence Clisson) qu’on ne voit même plus Muscadet sur l’étiquette. Je ne pense pas que cela aide bien l’ensemble, même si ses étiquettes font partie des plus belles de l’appellation

J’ai déjà exprimé mon scepticisme quant à l’intérêt de la multiplications de sous-appellations ou désignations locales. Mais ce qui me semble bien plus important est la qualité d’une proportion significative des échantillons dégustés. Sans tenir compte des prix de vente (pas toujours connus car certains vins ne sont plus à la vente), j’ai retenu comme « bons » ou « très bons » la moitié des 58 échantillons dégustés dans ces deux séries. Il s’agit, pour moi, d’une proportion très élevée et marque, une fois de plus, le potentiel qualitatif de cette appellation qui soufre pourtant de plusieurs handicaps.  A commencer par le nom de son cépage unique, inconnu ailleurs et doté d’un nom difficile à retenir et peu vendeur : qui voudrait afficher « melon de bourgogne » sur son étiquette ? Pourtant c’est bien ce cépage unique, délicat et plastique, et donc pas dominateur par rapport au travail du vigneron, qui fait l’identité des vins de Muscadet. Il ne faudrait surtout pas céder aux sirènes de l’aromatisation facile et commencer à y rajouter sauvignon ou colombard. Peut-être trouver un nom de cépage plus sexy que « melon » ? Autre ligne d’attaque possible : insister sur les capacités de bonne garde de ces vins, et les valoriser parfois mieux, au regard des prix très bas de certaines cuvées retenues (6 euros pour des vins de qualité ayant 10 ans d’âge, est-ce bien raisonnable ?).

Et tout cas, cette dégustation, comme celle organisée il y a peu de temps à titre privé par le caviste Yves Legrand, m’a convaincu que les meilleurs Muscadets sont à situer au niveaux des très bons blancs d’ailleurs en France, bourgogne compris. Merci à Interloire pour sa parfaite organisation dans ses locaux près de Nantes. Je trouve dommage et peu rationnel que certains producteurs ne veuillent par participer à ces actions collectives. Sont-ils capables de monter de telles opérations pour faire connaître leurs vins ? Merci aussi à l’équipe d’amateurs de vin (mais grands professionnels par ailleurs) du Wine & Business Club de Nantes de m’avoir organisé aussi une belle tournée dans le vignoble.

 

David Cobbold

(textes et photos, sauf celle de Jo Landron dont je n’ai pas réussi à trouver le nom de l’auteur)


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Muscadet : un trésor caché ? (1/2)

Je vais publier cet article, qui concerne essentiellement la capacité de vieillir des vins de Muscadet, en deux parties à une semaine d’intervalle. En voici la première, avec un compte-rendu de dégustation qui concerne les Muscadets vieillis mais sans mention communale. Cette sélection comporte 15 vins sur les 33 échantillons dégustés. La semaine prochaine, vous aurez droit aux vins avec mention communale et à ma sélection de 15 vins sur les 24 échantillons dégustés, ainsi qu’à quelques remarques en guise de conclusion.

muscadet-bregeon-5Est-ce que le Muscadet est toujours un vin pâle, simple et assez vif ? Parfois oui, mais parfois les choses sont bien plus complexes, comme je l’ai découvert, et pas pour la première fois, lors de cette dégustation.

Il y a deux réactions possibles quand on suggère, en compagnie, de commander une bouteille de Muscadet à table. La première est un regard d’injurié qui tente de cacher l’insulte par un masque d’étonnement ; la deuxième est un œil approbateur, mêlé d’une pointe d’admiration et, parfois, d’un brin de méfiance. Les deux types de réactions, avec des nuances en ce qui concerne le second, nécessitent qualifications et explications.

La première réaction «type» est celle d’un amateur lambda, qui se méfie encore du Muscadet, ou, au mieux, ne le conçoit que dans le registre très mineur de vin pour rincer des fruits de mer. La faute à un passé, pas trop éloigné, rempli de flots de vins médiocres, produits avec des rendements déraisonnables et copieusement soufrés. La deuxième pourrait être celle d’un professionnel du vin, convaincu par la qualité remarquable des meilleurs vins de Muscadet mais conscient que cette qualité dépend, surtout, du producteur et de son approche.

Carte-des-rgions-viticoles-du-Pays-nantais-et-de-Vendee-C-M.CRIVELLAROPour bien situer la géographie et l’influence océanique, un peu de recul peut être utile

 Les causes de cette désaffection, pour ce qui a longtemps été une des appellations françaises de blancs secs les plus en vogue, ont déjà été mentionnées. Mais la mécanique du renouveau dans la qualité des meilleurs vins de cette région nantaise, donc océanique, méritent qu’on s’y attarde un peu. Comme toujours, le point de départ, et qui reste la pierre angulaire, a été la volonté et le talent de quelques producteurs opiniâtres. Ceux-là continuent à mener le bal. Mais la prise de conscience du potentiel du cépage melon de bourgogne (un nom curieux et un peu malheureux qui fait partie des petits handicaps de l’appellation) est devenue plus large. Après tout, cette variété est un cousin du chardonnay car les deux ont pour co-géniteur le gouais blanc, parfois connu sous l’intitulé de «Casanova des vignes».

Après une vague de modernistes qui ont tenté de lui donner des lettres de noblesse avec des élevages sous bois, d’autres, peut-être plus sages, ont insisté sur ses capacités de vieillissement en bouteille ou bien en cuve enterrée et vitrifiée. Ce sont ces vins-là que j’ai voulu tester lors d’une récente dégustation près de Nantes, organisée pour moi par Interloire, et qui a réuni près de 60 échantillons. Le vin le plus jeune de cette série provenait du millésime 2005, et le plus ancien de 1982. Et la fourchette des prix, du moins pour les vins encore à la vente, allait de 6 à 50 euros : ce dernier prix, excessif à mon avis, étant exceptionnel dans une série dont la valeur moyenne tournait autour de 15 euros pour des flacons ayant une bonne dizaine d’années de mûrissement derrière eux. Et, vu le niveau des meilleurs vins que j’ai dégustés, il serait très difficile d’égaler leur rapport qualité/prix dans ce pays.

carte MusadetLes sous-régions du Muscadet existait déjà. Maintenant arrivent les appellation communales : Clisson, Gorges et Le Pallet. D’autres attendent leur heure. Cela ne va pas simplifier la donne pour le consommateur, mais c’est probablement une solution pour tirer une partie de l’appellation vers le haut. L’influence géographique de l’eau, et pas uniquement de l’océan, est assez évidente sur cette carte.

La dégustation s’est ordonnée en deux séries de vins. D’abord les Muscadet-sur-Lie sans appellation communale, ensuite les Muscadet-sur-Lie avec appellation communale, que celle-ci soit actuelle ou en cours de confirmation par les instances, de plus en plus centralisées, qui gouvernent ce genre de chose. Les vins du premier groupe étant globalement plus âgés que ceux du deuxième car la mise en place des ces communes désignées, opération clé dans l’image nouvelle que Muscadet souhaite projeter, est relativement récente.

Les Muscadet-sur-Lie sans désignation communale

Les vins notés sont mes préférés parmi les échantillons présentés. Tous les vins étaient servis en semi-aveugle, car je ne connaissais que leurs millésimes. Les écarts de prix entre vins d’un niveau équivalents m’ont semblé assez importants. Outre le positionnement prix très ambitieux d’une des cuvées, je pense que ces écarts reflètent surtout la renommé des producteurs et leur réussite commerciale. Mais je dirais aussi que les vins les moins chers parmi ma sélection méritent clairement d’être vendus à des prix un peu plus élevés. L’ordre des notes suit celui de mes préférences, puis l’ordre alphabétique dans chaque série ayant la même note.

Domaine de la Landelle, l’Astrée 1999 (15,5/20)

Ce vin était servi en magnum.

Un très beau nez, aussi fin qu’expressif. Belle complexité de saveurs qui combinent finesse et une certaine puissance avec une belle acidité intégrée qui assure une finale fine et salivante (28 euros, pour le magnum)

 

Michel Luneau, Vins de Mouzillon 2005 (15/20)

Le nez semble plus discret que la plupart, mais aussi plus fin. J’aime bien sa pointe d’amertume qui rend plus précise la sensation de ses belles saveurs. Un ensemble long, salivant et très fin, encore plus remarquable vu son prix très modeste. (6 euros)

 

Pierre Luneau Papin, L d’Or 1999 (15/20)

Une première bouteille fut bouchonnée. La deuxième était splendide : joli nez floral. Beaucoup de gourmandise en bouche avec de belles saveurs fruitées. C’est frais, long et parfaitement harmonieux avec un équilibre idéal. (plus à la vente)

 

Louis Métaireau, Grand Mouton, One 2005 (14,5/20)

Le nez est fin mais assez puissant, dans un registre un peu herbacé. Tendre à l’attaque, le vin à ensuite une bonne tenue ferme, une acidité moyenne, un bon équilibre et longueur. Le prix me semble assez délirant cependant, à entre deux et six fois le niveau de ses concurrents proches en qualité (36 euros).

 

Domaine Landron, Le Fief du Breil 2000 (14,5/20)

La première bouteille était oxydée (bouchon poreux, probablement). La deuxième étalait une belle richesse s’arômes et de saveurs, avec beaucoup de matière et une texture fine. Bonne longueur et une acidité pour soutenir cet ensemble (25 euros)

 

Château de la Pingossière 1990 (14,5/20)

Le nez est simple et un peu fermé. Bien équilibré en bouche, assez puissant mais avec une bonne fraîcheur et une très bonne longueur (n’est plus en vente).

 

Domaine de la Poitevinière 2005 (14,5/20)

La première bouteille était bouchonnée. La deuxième avait une robe jaune paille, donc très prononcé pour un muscadet de cet âge. Le nez semble aussi assez évolué, avec des arômes qui me rappellent des vieux sauvignons. Bien arrondi en bouche aussi, avec des saveurs exotiques mais très agréables et complexes. Encore un vin vendu à un prix très faible (5,80 euros)

 

Château de l’Aulnaye 2003 (14/20)

Un très beau nez, aussi riche que fin. Bonne équilibre entre vivacité de la matière et finesse de texture (9,5 euros)

 

Château de la Bourdinière 1990 (14/20)

Bonne intensité au nez. Un peu d’amertume en bouche mais les saveurs sont larges et assez longues, ce qui lui donne une belle complexité. Un peu cher peut-être (27 euros).

 

Bruno Cormerais, Vieilles Vignes 1989 (14/20)

Ce producteur, qui a aussi présenté un 1982 d’une jeunesse étonnante, a fait ici un vin au nez floral expressif et à l’acidité bien présente qui lui donne un bon équilibre, même si les saveurs manquent un peu de précision (plus à la vente).

 

Domaine de la Landelle, Les Blanches 1998 (14/20)

Le nez est vif, même un peu vert. Ses belles saveurs et sa vivacité prononcée indiquent qu’il pourra encore tenir longtemps (12 euros)

 

Domaine Landron, Le Fief du Breil 2005 (14/20)

Nez vif, aux arômes qui rappellent le genet. C’est précis dans la définition des saveurs et assez long (18 euros)

 

Pierre Luneau Papin, L d’Or 2005 (14/20)

Un beau nez, riche et complexe. Une très bonne largeur dans les saveurs et un parfait équilibre, malgré une pointe de sècheresse en finale (18 euros)

 

Louis Métaireau, Grand Mouton, Premier Jour 1989 (14/20)

Au premier nez, présence de soufre et une sensation de réduction. Le vin se révèle en bouche avec une sensation saline marquée. Semble étonnamment jeune malgré ses 25 ans. Mais deux euros par année passée est un tarif bien trop élevé pour ce vin ! (52 euros)

 

Domaine de la Perrière, Olivier de Clisson 2005 (14/20)

Le nez assez herbacé me donne une impression de réduction au début. L’attaque est tendre, mais est suivie d’une impression vivace, avec des saveurs très nettes (7 euros)

 

 David Cobbold