Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


1 commentaire

Un blanc, un rosé et un rouge pour l’été

Trois cuvées venues de trois régions françaises éloignées. Rafraîchissantes, gourmandes et fruitées, elles se dégustent autant à l’apéro qu’au dîner.

Commençons par l’Atlantique, avec le Muscadet 2014 du Château de Cléray. Un vin qui a fait un peu de cave pour nous offrir structure et caractère. Je propose de le mettre en carafe une bonne heure avant de le servir, cela lui ouvre l’esprit et réjouit le nôtre.

Vallet 2014 Muscadet Sèvre et Maine Château de Cléray

Vert jaune, il offre un nez de tisane à la verveine et à l’écorce d’orange. Puis, il nous étonne par quelques notes iodées qui nous rappellent un bouquet d’algues sèches. La bouche s’avère onctueuse, souplesse inattendue, mais pourvue d’une fraîcheur intense sans être vive. Elle a le goût du citron, celui du cédrat, de la groseille à maquereau aussi. Un parfum de miel flotte au fond du palais et retrouve la verveine du nez. Enfin, quelques épices viennent compléter ce Muscadet au caractère inhabituel, mais assurément bien affirmé.

Vallet se trouve au cœur du vignoble nantais à 25 km au sud-est de Nantes. Le sol de la parcelle se compose de schistes déposés sur des granits. Cette sélection parcellaire voit sa maturité poussée au maximum. Le vin s’élève 18 mois sur lies. La Maison Sauvion, installée en Eolie, le pays du vent qui caresser les vignes de sa douce brise océanique. Acquis par Ernest Sauvion en 1935, le Château du Cléray-Sauvion est l’une des plus anciennes propriétés du vignoble de Sèvre et Maine. Elle s’étend sur 95 hectares, plantés principalement de Muscadet Sèvre & Maine, mais également Gros-Plant, Chardonnay et Sauvignon.  http://fr.sauvion.com

Sympa avec des huîtres un peu grasses mais bien iodées pour faire dans l’accord classique, mais il ne renie pas quelque poisson blanc de l’océan, ni une terrine de lapereau ou pour faire plus fort un grenadin de veau aux morilles, son caractère un peu maturé fonctionne à merveille avec les morilles.

 

Continuons par la Méditerranée et son arrière-pays provençal, pour y déguster le rosé du Château Pigoudet, cuvée Classic.

Classic 2016 Coteaux d’Aix Château Pigoudet

Rose pâle, un nez floral qui nous charme par ses parfums de fleurs d’amandier et de genêt, suivis de fragrances de melon Cavaillon et de grains de grenade. La bouche fraîche semble suave avec ses notes douces de gelées de fraise et de framboise, de miel de thym et de fleur d’oranger. Un développement aromatique qui lui confère à la fois élégance et caractère à l’esprit bien rafraîchi par des jus acidulés où les agrumes règnent, juste nuancés du croquant de la groseille blanche. Un rosé convivial.

Le Classic assemble 70% de Cinsault et 30% de Grenache qui poussent dans sol de colluvions calcaires à matrice argileuse. La parcelle est exposée plein sud, mais à 400 m d’altitude et protégée au nord par la barrière rocheuse de la montagne de Vautubière. La vendange se fait la nuit et est pressée dans la foulée. Les jus sont laissés sur bourbes à basse température, puis débourbé clair et fermentés. L’élevage se fait en cuve. Filtration légère à la mise.  Le domaine de 40 ha se situe sur la commune de Rians tout au nord-est des Coteaux d’Aix. www.pigoudet.com

Ici aussi la carafe s’impose pour en développer plus rapidement le fruit et il ne faut pas le servir trop frais. On peut taper dans les recettes provençales, pissaladière, petits farcis, mais aussi la bourride à laquelle il apporte son fruit tout en résistant à l’aïoli. S’il reste des artichauts crus ou chauds, il adopte. Pour changer un peu, un chèvre chaud (sans miel) sur lit de feuilles de chêne, la salade ne lui fait pas peur, ou une souris d’agneau que le rosé aime déglacer le confit.

 

Restons au Sud, mais en Languedoc, avec le Faugères Sur le Zinc du Domaine Les Serrals.

Sur le Zinc ! 2016 Faugères Domaine Les Serrals

Rouge croquant, Faugères plein de fruits, il séduit les papilles en moins de deux gorgées. Là, c’est fait, c’est adopté, on est fan. Mais avant d’y regoûter, le nez voudrait mieux l’analyser et montrer qu’avant la succulence des baies, des accents de garrigue peuplée de genêt, d’arbouse et de cade viennent le chatouiller. Puis quelques épices, du poivre, des graines de coriandre, de la réglisse, montrent que le plaisir peut être pourvu d’un brin de complexité. La bouche s’impatiente et veut après ce bref discourt savourer le charnu des groseilles, des fraises et des cassis dont le jus frais coule à satiété. Les tanins ? Ils y sont, et gratouillent agréablement la langue, histoire d’ajouter leur relief à la structure certes avant tout gourmande.

Le vin assemble 60% de Syrah qui fermentent grains entiers et 40% de Carignan de cuvaison courte. L’élevage se fait en cuve sur lies totales. Les 5 ha de vignes sont conduits en mode biologique et s’étendent sur les coteaux schisteux qui entourent Faugères. C’est avant tout Chloé Barthet, aidée par Frédéric Almazor, qui installée depuis janvier 2016 mène ce domaine des plus prometteurs. Une belle découverte.

www.serrals.com

Un rouge qui peut se boire comme un rosé, frais et croquant, les tanins en plus. Tanins et fruité qui le font apprécier sur un tartare de veau à l’italienne (câpres, roquette, parmesan, huile d’olive et pignons grillés), mais aussi sur des grillades et des légumes à la plancha. Ou comme ça, sans rien pour boire un coup entre copains.

Bel été à tous!

 

Ciao

 

Marco


Poster un commentaire

Carnet de notes de Vinexpo 2017 (2/2)

Pour une fois j’ai de la suite dans les idées, à défaut d’avoir tout noté !

Cette semaine, un retour sur quelques vins dégustés à Vinexpo il y a 15 jours. Après l’Autriche la semaine dernière, nous allons passer par l’Australie, La Georgie, La Croatie, la Chine et la région de Muscadet cette semaine. Voilà ce qui fait une des attractions majeurs de salons comme Vinexpo : la possibilité, en une demie-journée, de déguster des vins de pays que je n’ai pas souvent l’occasion de visiter, comme de revisiter des producteurs et contrées plus familiers tout en faisant des découvertes.

Un mot d’abord sur les vins blancs de Penfolds, qui proviennent pour partie de South Australia, mais qui font appel aussi, pour certains vins, à des assemblages qui varient chaque année et dont les raisins proviennent parfois de plusieurs états, dont la Tasmanie, la Nouvelle Galles du Sud et le Victoria, en plus de leur base historique, l’Australie du Sud. Cette pratique d’assemblages issus de zones parfois très éloignées peut choquer des personnes qui semblent croire qu’il n’y a qu’une seule manière de faire des grands vins : se focaliser sur une seule parcelle, à la bourguignonne, ou du moins sur des parcelles dans la même zone de méso-climat comme à Bordeaux. Mais, si on réfléchit un peu, ce qui prime dans la qualité d’un vin c’est la qualité du fruit et l’équilibre, l’intensité, les saveurs et la longueur du vin fini. Dans ce cas, peu importe les origines précises, du moment où le vin est réussi. On met de côté le parti-pris issu d’une vision étroite et on juge uniquement le résultat. Après tout, on le fait bien pour le Champagne, alors pourquoi pas à une échelle plus grande ? Une dégustation à l’aveugle des blancs de Penfolds (et il en va de même pour les rouges), surtout ceux issus du Chardonnay, m’a convaincu pleinement de la pertinence de cette approche : ces vins peuvent se comparer aux plus grands blancs de Bourgogne.  Le vin ci-dessus en est un parfait exemple. Yattarna veut dire « petit-à-petit » dans une des nombreuses langues aborigènes de ce pays-continent. On remarque sur l’étiquette, en dessous de ce nom de cuvée, la mention Bin 144. Il a fallu dix ans et 144 essais à l’équipe de Penfolds pour faire aboutir leur volonté de produire un grand vin de Chardonnay issu de climats frais. Et c’est très réussi. A la sortie du premier millésime (1995) de ce vin en 1998, les critiques l’ont encensé en disant que ce vin constituait une sorte de révolution stylistique pour le Chardonnays du pays. En effet, sa vivacité, son intensité vibrante et sa longueur sans aucune lourdeur ni trace de sur-maturité m’a fait prendre les millésimes 2012 et 2014 pour des Puligny-Montrachet Premier Cru d’un très bon producteur. Et le prix de vente y est presque comparable : c’est même nettement moins cher qu’un Puligny-Montrachet Les Pucelles de Leflaive, par exemple. Les sources viticoles de Yattarna varient chaque millésime car seule la qualité du fruit et son adéquation stylistique avec le profil recherché compte. En ce qui concerne le millésime 2012 (l’étiquette ci-dessus), il s’agit de deux sites en Tasmanie (Derwent Valley et Coal Valley), une dans la zone côtière du sud de Victoria (Henty) et des vignobles de South Australia (Adeleide Hills). Moins de 50% des barriques (françaises) sont neuves. Mais on peut aussi explorer ce style moderne des Chardonnays d’Australie chez Penfolds avec des vins bien plus abordables : Le Bin 15A ou le Bin 311 par exemple, tous les deux très séduisants, à la texture admirable et doté d’une grande finesse.

Georgie : Tamada

Deuxième étape dans ce voyage éclair dans une partie de Vinexpo : La Géorgie. Ce fut l’occasion de déguster quelques vins récents des marques Tamada et Vismino produits par GWS à Telavi, à l’est de Tblissi, en incluant deux vins issus d’une vinification en qvevris (des jarres en terres cuites qui sont enterrés et dans lesquelles on opère fermentation et macération des blancs comme des rouges). J’ai parlé de cette tradition ici il y a quelques mois.

Je me méfie parfois de ces vins de qvevri qui peuvent partir dans tous les sens et être parfois carrément désagréables, mais rien de cela avec les deux vins de qvevri dégusté chez Tamada, qui portent le désignation Grand Reserve et une typo en rouge pour les distinguer des vins en vinification moderne. Passons sur les étiquettes qui sont, disons, d’un style tradimoche ! Le Tamada Grand Reserve blanc 2014 est fait avec les cépages Rkatsilteli, Mtsvane et un peu de Kisi. Le nez est étonnant, complexe et dense, avec des notes d’écorce d’orange et de pomme blette. Beaucoup de fraîcheur en bouche, et sans trace d’oxydation, mais évidemment ce côté tannique qui vient de la macération des peaux. Un vin blanc à part qui doit être intéressant à accorder avec des plats épicés ou avec de la viande.

Dans la gamme des vins classiques (c’est à dire des « non-qvervris ») de Tamada, j’ai beaucoup aimé le Kindzmarauli 2014 (photo ci-dessus). Kindmarauli est une des appellations sous-régionales de la Kakheti dédiée au très beau cépage Saperavi. Ce vin m’a plu par la qualité de son fruit, son éclat et sa longueur. J’espère le trouver prochainement en France !

Croatie : Côte Dalmate et Istrie

Visite rapide au petit stand dédié à plusieurs domaine Croates. J’y ai dégusté des vins de deux domaines. D’abord Stina, qui se situe sur l’île de Brac sur la côte Dalmate et qui porte une étiquette blanche faciale plus que minimaliste (photo ci-dessus, avec la contre-étiquette). J’ai particulièrement aime leur blanc du cépage Posip car il réussit à éviter la lourdeur alcoolique qui prend trop souvent le dessus avec cette variété, tout en étant suave et bien fruité. Je me souviens d’avoir visité, avec Mairie-Louise Banyuls et d’autres collègues, ce producteur il y a près de cinq ans.

Puis un domaine d’Istrie, proche de la frontière avec la Slovénie, Kabola Winery et de très bons Malvasia, le grand cépage blanc de la région. Je ne sais pas pourquoi les gens persistent à appeler leurs vins faits en jarres de terre cuite par la désignation « Amphora » car l’amphore a des anses et doit être portable par une personne, ce qui n’est pas du tout le cas des ces vaisseaux qu’on devrait probablement appeler « dolium » ou, au pluriel, « dolia ».

La Chine, dont on parle beaucoup mais ne goûte que rarement

Un collègue et ami m’a conseillé de faire un tour sur un stand (qui n’était pas celui qui regroupait la plupart de vins chinois) pour déguster un bon Chardonnay originaire, je crois, de la région de Shandong. Le producteur s’appelle Château Nine Peaks et j’ai dégusté deux versions, dont celle en photo, plus qu’honorable, puis une autre, plus haut de gamme mais dont l’élevage était encore en cours. Ce sont facilement les deux meilleurs blancs que j’ai dégusté de ce pays viticole en devenir, mais il fait aussi avouer que je manque singulièrement d’expérience dans ce domaine.

Pour finir, le Pays Nantais et de surprenants vins de cépages, dont la plupart viennent de bien plus loin.

Je connaissais les excellents Muscadets de Frères Couillaud et je les ai dégusté de nouveau avec plaisir à cette occasion. Mais il y avait aussi une très intéressante nouveauté sur leur stand : une gamme de vins de cépage vendue sous la désignation « Vin de France », dont un magnifique Petit Manseng doux, un Viognier plein de fraîcheur, et plusieurs autres. J’avais remarqué une partie de cette gamme quelques temps avant Vinexpo, lors de la dégustation de la sélection Auchan pour les Foires aux Vins, car cet enseigne bien renseigné en a sélectionné plusieurs.Les autres ci-dessus ? R pour Riesling, PG pour Pinot Gris et SG pour Sauvignon Gris. Une expérience plus que louable que je suis heureux de voir aboutir.

David

 


Poster un commentaire

2017 Loire – « très compliqué ! » « plus rien »

Gel27.4.2016
Frost destruction: April 2016
For the second successive year the Loire, along with many other vineyards both in France and elsewhere in Europe, has been hit by a series of April frosts. Just as in 2016 it has been a whole series of early morning frosts running over 10 days from 19th April through to 29th April. In some places it was up to five nights of frost in others it was even six.
This pattern of April frosts is strikingly different from before when it tended to be one night of frost as it was with the severe 1991 and the early April frost of 2003. Instead in both 2016 and 2017 Loire producers have faced a succession of frosts often striking different parts of the vineyard on different nights.
Naturally successive frosts are very tiring and dispiriting to fight and the morale of many Loire producers is now low after the last fortnight of April, especially as mild weather in March had brought the vines on early.

This year many Loire producers have fought back against the frost using helicopters, more wind machines than in previous years as well as burning bales of straw. Anything to raise the temperature.

It is still too early to have a full picture of the damage. Nor is the damage evenly spread along the valley. In some places, like Muscadet, the damage is worse than it was last year as it is in Savennières, while overall in Touraine the damage is less than last year. Naturally this is of little comfort to producers who have suffered severe losses with some producers in Muscadet, for example, have lost their entire 2017 crop – ‘plus que rien’ remains.

There are rumours of producers deciding to quit because the succession of difficult years, especially if they have been severely hit by frost two years running. Others able to hang on will have a very complicated year managing how to allocate their greatly reduced stocks and to keep their bankers happy. This is likely to be especially delicate for those producers who have recently made significant investments – in a new winery for example.
François Robin, La fédération des vins de Nantes 
‘The 2017 frosts are more serious than last year with around 40%-50% of our vineyards affected, although we will not have a full picture until the end of this week. Damage is variable depending upon site and how far temperatures fell in particular areas.Unfortunately the heart of the Sèvre-et-Maine – Vallet, Mouzillon, Clisson and La Chapelle-Heulin – are the worst affected. The south of the Sèvre-et-Maine, around Saint-Fiacre, for example, is not as affected nor overall the Coteaux de la Loire and Côtes de Grandlieu.’

BU0A0972
Emmanuel Ogereau

Emmanuel Ogereau (Domaine Ogereau, Saint-Lambert-duLattay, Anjou)
Emmanuel Ogereau (Domaine Ogereau): “Savennières was wiped out on 27th – only 10% of the crop remains and there is also severe damage in other parts of Anjou, especially around Rochefort-sur-Loire and Chaudefonds-sur-Layon. There was another frost in Savennières the following night but that had little effect as the damage had already been done the night before.

In Saint-Lambert we have lost between 30%-40% with our Chenin being particularly badly hit. Parts of the Coteaux d’Aubance have been seriously affected especially vineyards close to the river.”

Tessa Laroche, Domaine aux Moines, Savennières
Tessa Laroche confirmed Emmanuel’s report on Savennières: « We have lost 80% of our crop. »

Marie-Anne Simonneau, Syndicat de Saumur-Champigny
We had five mornings of frost – April: 20th, 21st, 27th, 28th and 29th. Each time different parts of the appellation were hit including parcels usually are not frosted. Happily not all of the appellation has been hit but equally some domaines have suffered serious losses.
Patrick Vadé: Domaine Saint Vincent Saumur-Champigny (commune of Saumur)
« The damage is worse than last year. There were two episodes of frost. The first particularly on the morning of Thursday 20th April and then the following week for three successive early mornings: 27th, 28th and 29th.The frost on the 20th hit the higher parts of the Saumur-Champigny appellation, which usually escapes the frost. For instance I’ve lost around 15% from my lower slopes. The frosts in the second week – 27th, 28th and 29th – hit the lower parts of the appellation that are prone to frost – St Cyr, Chacé etc. Some producers have lost virtually 100%.

Talking to the Cave Robert et Marcel (the Cave Co-operative of St Cyr) they have lost 20% of their 1800 hectares.

The frost of Saturday 29th was a surprise as the forecast was for + 2 but then for a brief period early in the morning the temperature dropped to minus 2 with a white frost. It all happened very quickly. »

Because of the favourable forecast most producers were tucked up in bed so not in a position to attempt to alleviate this final April frost.

Guillaume Lapaque, Vins de Bourgueil and directeur at Fédération des Associations Viticoles d’Indre-et-Loire et de la Sarthe 
Overall the 2017 frost has been much less devastating in Indre et Loire than in 2016. We calculate that the loss in the département is in the order of 15%, whereas last year it was 50%.

There are, however, areas that have been very badly hit. These include Azay-le-Rideau (over 60% loss) with the exception of Château de l’Aulée which used a helicopter. Touraine Noble Joué has also been hit again – 45% in 2017 and even more last year – 85%. Savigny-en-Véron and Beaumont in Chinon are badly hit with producers losing virtually all their crop. In Touraine Amboise the area around the town was hit – in particular the Domaine la Grange Tiphaine – while Limeray, on the north bank of the Loire, wasn’t affected. Unfortunately losses in Montlouis are around 40%.

This year producers fought back against the frost, while last year they were taken by surprise. We had seventeen helicopters – 7 in Montlouis, 5 in Bourgueil and 5 elsewhere.

The forecast on Saturday 29th was wrong as above freezing temperatures were forecast when instead they fell below zero. Unfortunately we had stood the helicopters down.

BU0A0992

Stéphanie Degaugue with Patricia Boucard (right)

Patricia Boucard, Lamé Delisle Boucard
« Fortunately our losses through the frost this year are much less than last year – around 20%. The effects are very variable and seems to depend upon the air currents. We used a helicopter as well as burning bales of straw.

Jacky Blot, Domaine de la Taille aux Loups 
« Morale is low. Taking 2016 and 2017 together we have one harvest in two years. Fortunately Domaine de la Butte in Bourgueil wasn’t touched. Also our wind machine saved most of the Clos Mosny – 80% of the Clos is OK with just between a hectare and 1.5 hectares affected. Also Clos Michet wasn’t hit but the parcels we use for Rémus are very badly hit. Across in Vouvray we have a 50% loss in Bretonnière with the lower part badly hit.

Inevitably our prices will have to rise with our bankers urging that prices have to go up. This wouldn’t be the case if we regularly had a vintages like 2015 when we made around 37 hl/ha, which is what we aim for.’

Benoît Roumet, director of Bureau du Centre Vignobles du Centre Loire
Benoît reports that it is a mixed picture in the Central Vineyards.
« Pouilly and the Coteaux du Giennois have been hit by the frost but Giennois less than in 2016. The northern part of Sancerre around Sainte-Gemme-en-Sancerrois has been hit. Also Châteaumeillant has been seriously affected. Elsewhere those parts of Quincy not protected by wind machines have losses – but 80% of the appellation has wind machine protection and there are no significant losses in Reuilly.

Menetou-Salon, which was very badly hit last year, has not been hit this year.’       

 

 

 


4 Commentaires

News shorts: Muscadet astounds, April frosts strike again, DWWA 17

Decanter-6.17

June 2017 issue of Decanter: Muscadet is back

Muscadet-back

 

Back in February 2017 Decanter magazine held a panel tasting of Muscadet with extended lees aging. I was one of the trio of tasters. The other two were Chris Kissack (The Wine Doctor) and Ben Llewelyn (Carte Blanche). It was easily the most impressive Decanter panel tasting that I have ever been to as the depth of quality was remarkable. There were 11 wines judged to be Outstanding with three of these scored as Exceptional and a further 63 wine Highly Recommended. Few of these wines cost more than £20 and many £15 or under, so offering remarkable quality.

2007 Excelsior, Muscadet Sèvre et Maine, Domaine Pierre Luneau Papin was the top wine with an aggregate score of 99 points.

Although all three of us on the panel are fans of good Muscadet, we were, however, taken aback by the number of excellent wines that we tasted from the around 110 samples submitted. These extended lees aging Muscadets provide a different expression of Muscadet – more complex and with a great depth of flavour and are great value.

Their quality will not be a surprise to my fellow Les 5 colleagues as a few years ago David brought a superb 1989 Muscadet Sèvre et Maine to one of our dinners at Le Relais (Angers)

Muscadet-lees aging  07Excelsior

•••

2017 Decanter World Wine Awards and April frost
Last week was the latest edition of the Decanter World Wine Awards tasting. This competition was launched in 2004 and I have been the Regional Chair for the Loire since its inception. This year DWWA attracted some 17,200 entries and it was both good and humbling to see that the Loire entries had kept up despite the succession of small vintages since 2012 and in particular with all the difficulties producers experienced during the 2016 growing season.

Very sadly, just as last year, DWWA took place while producers in the Loire and other parts of France and Europe were being threatened again by a succession of April frosts. Just like last year some of the most serious damage occurred early in the morning of 27th April. Unlike the devastating frost of April 1991, which happened over a single night, 2016 and 2017 have seen a series of frosts over several nights spread over two weeks causing huge stress for producers and often areas that escaped the initial frosts were subsequently hit.

My post next Tuesday will be a round-up of how badly the Loire has been hit by frost in 2017.

Buddhaas

 

 


7 Commentaires

Jim’s off on an adventure: The Luneau-Papins

Pierre-Marie, Marie, Monique et Pierre Luneau 

(Domaine Pierre Luneau–Papin) with the 2014 Muscadet juice

 


Pierre-Marie listening to the 2014…. 

While I am away my Tuesday posts will be brief and prepared in advance using photos for some Loire producers. If my fellow Les 5 wish to add any other posts on my Tuesday slot they are very welcome to do so.

 

jbglassescrps


12 Commentaires

Est-ce ainsi que les ceps vivent?

Depuis deux ans, des viticulteurs de Cognac achètent des vignes dans le Muscadet; non pour les exploiter, juste pour les arracher, afin de pouvoir replanter des surfaces équivalentes à Cognac.

cep

Un cep, c’est pour faire du vin, pas pour ouvrir un droit de replantation! (Photo (c) H. Lalau)

 

La chose est légale – il faut seulement avoir fait une récolte avant d’arracher. Et potentiellement rentable, puisque le prix des vignes est très bas en Muscadet, comme dans tous les vignobles en crise.

Mais n’y a-t-il pas là comme un détournement de la réglementation? Sans compter que les Cognaçais ne font pas dans la dentelle: certains brûlent les ceps arrachés à l’huile de vidange.

A quoi riment toutes ces règles biscornues – qu’elles soient françaises ou européennes; qui servent-elles, qui protègent-elles?  Et quid de la fameuse libéralisation des plantations?

Heureux les consommateurs qui consomment sans savoir tout ce qui se trame derrière le noble breuvage de Bacchus!

Hervé Lalau

 


9 Commentaires

Grappillons quelques bons vins de saison – et abordables!

En cette période ou on ne parle que de « grands vins », de choses chères et parfois rares pour appâter le client, je vais prendre un peu le contre-pied et vous parler de quelques vins plus modestes que j’ai croisé récemment et qui m’ont semblé exemplaires, chacun selon son type et pour des prix abordables. Ce ne sont pas de premiers prix, mais aucun ne dépasse 20 euros la bouteille et le niveau moyen se situe autour de 12 euros. Cela vous fera un repas de fête réussi et peu onéreux, ou si c’est trop tard, une sélection pour les mois à venir, quand vous ne voulez plus vous ruiner. J’ai opté pour une gamme qui peut remplir toutes les cases ou presque d’un repas de fêtes (ou autre): une bulle et un liquoreux, trois blancs et trois rouges. De quoi faire quelques beaux accords avec les mets de saison.

La bulle

cremant-de-bourgogne-bailly-lapierre-cuvee-vive-la-joie-2006

Crémant de Bourgogne, cuvée Vive la Joie 2008, Cave Bailly Lapierre

J’ai dégusté cette cuvée, dans différents millésimes, à plusieurs reprises et j’ai toujours été impressionné par sa plénitude et le plaisir immédiat qui est fournie par ce caractère délicatement fruité qui remplit la bouche et la laisse impatiente pour la prochaine gorgée. C’est presque le prix de certains Champagnes bas de gamme mais sa qualité leur est nettement supérieure.

Prix public environ 13 euros

 

Le liquoreux

ninon-article-1

 

Ninon, Muscat à Petit Grains 2015, Vin de France, Cave d’Alba

Il y a de plus en plus de vins intéressants qui sortent du carcan parfois trop rigide des appellations, et ce vin d’Ardèche en fait partie. Le vignoble a failli disparâitre mais il revit grâce à ce vin très aromatique (on s’en douterait vu le cépage) somptueux par sa texture, presque luxuriant mais parfaitement en équilibre par une belle pointe de fraîcheur.

Prix public 12,50 euros

Les vins blancs

domaine-pierre-luneau-papin-froggy-wine-blanc

Muscadet Sèvre-et-Maine, Froggy Wine 2015, Pierre Luneau-Papin

C’est parce que la parcelle s’appelle « Les Grenouilles » que Pierre Luneau-Papin, régulièrement l’un des meilleurs vignerons du Muscadet, a ainsi nommé sa cuvée et j’aime bien la touche d’humour dans le nom et l’étiquette. Je suis fan de ses vins, comme de bien d’autres des meilleurs producteurs de cette appellation si injustement décriée, depuis un moment. Celui-ci peut parfaitement remplir son rôle de rafraichir et d’ouvrir le palais en accompagnant huitres ou autres fruits de mer, mais il est bien plus qu’un somple accompagnateur. Son fruité fin et sa belle rondeur se laissent boire tout seul. Vaut bien des vins blancs plus chers.

Prix public environ 10 euros

polz

Sauvignon Blanc Spielfeld 2014, E & W Polz, Sud-Steiermark, Autriche

Je trouve que les meilleurs Sauvignon Blancs d’Autriche, qui viennent tous de la Styrie, font partie de plus accomplis des vins de ce cépage au monde. Un verre de ce vin-ci, dégusté au prix de 5 euros dans un bar à vin à l’aéroport de Vienne (et qu’est-ce qu’on attend pour présenter un choix de vins au verre de ce niveau et à ces prix dans les aéroports en France ?), m’a semblé parfaitement illustrer ce propos. Il arrive a combiner l’intensité fruité d’un Sauvignon de Marlborough (NZ) sans l’accent parfois caricaturalement expressif avec la texture légèrement râpeuse mais finement ciselé d’un Sancerre. Le vin est long sans aucune lourdeur. Cela doit être le climat semi-montagneux, combiné à une vinification très précise et un long élevage dans des contenants en bois assez volumineux et pas neufs. Cette dimension tactile qui colle à la langue est une des choses que j’apprécie dans ce vin, outre son équilibre entre fruit et acidité.

prix public en Autriche environ 17 euros : ce n’est pas un premier prix, mais d’autres sauvignons dans la gamme de cet excellent producteur sont disponibles à partir de 9 euros.

25662-250x600-bouteille-domaine-laurent-cognard-montagny-1er-cru-les-bassets-blanc-montagny

Montagny 1er Cru, Les Bassets 2014, Laurent Cognard & Co

Je ne connaissais pas ce producteur et j’ai reçu cette bouteille en tant qu’échantillon envoyé par une agence de presse. D’après ce que j’ai pu glaner comme information, il s’agit d’un jeune vigneron qui a pu acheter un peu de vignes tout en travaillant comme salarié avant 2006, puis il en a repris d’autres parcelles à la retraite de ses parents qui étaient en cave coopérative. Vendanges manuelles, pressurage douce, levures « indigènes », malos faites et une association de vinification/élevage en cuves et vaisseaux en bois de différentes tailles. En tout cas le résultat m’a semblé très probant, avec un mariage intéressant entre rondeur et vivacité, de la pureté dans les saveurs fruites et une bonne longueur. Heureusement pas de « minéralité » à l’horizon (private joke) !

Prix public : autour de 20 euros : ce n’est pas exactement donné mais cela vaut d’autres blancs de Bourgogne à 30/35 euros

Les vins rouges

chermette

Beaujolais Nouveau, cuvée Vieilles Vignes 2016, Pierre-Marie Chermette

Ce producteur (ci dessus, montrant qu’il ne mouille pas que sa chemise pour faire ses vins), qui fait aussi d’excellents vins dans les crus Brouilly, Fleurie et Moulin-à-Vent, produit chaque année ce qui sont pour moi des vins exemplaires du type primeur issu de l’appellation Beaujolais. Là aussi on a le choix entre différentes cuvées : Les Griottes et Vieilles Vignes. Cette année j’ai acheté et bu une bouteille de la deuxième cuvée, peu de temps après la sortie de ces vins. Ce vin m’a enchanté par son fruité très croquant, son allégresse sur la langue et l’impression de joie de vivre (et de boire) qu’il m’a transmis instantanément. Et il a tout ce qu’il faut pour tenir encore un an si jamais cela vous inquiétait.

Prix en boutique à Paris: environ 8 euros.

18918-250x600-bouteille-mas-baux-grand-red-rouge-cotes-du-roussillon

Côtes du Roussillon Mas Baux, Grand Red, 2015

Pas la première fois que j’apprécie les vins de ce très bon producteur non plus. Sur le plan stylistique, c’est bien évidemment très différent du précédent, plus riche mais également très fruité et gourmand à souhait mais avec la dimension chaleureuse qui parle de ses origines sudistes en plus. Beaucoup de vin pour ce prix.

Prix public : 8,50 euros

 linsoumiseDes jeunes couples qui font d’excellents vins très abordables à Bordeaux, cela existe et ce n’est pas rare du tout. Que les « non-pensants » arrêtent avec leur stupide « Bordeaux bashing » ! 

Bordeaux Supérieur, Château l’Insoumise cuvée Prestige 2014

Voulez-vous du classique et du pas cher ? Voici un parfait exemple que j’ai choisi récemment à l’aveugle parmi 25 vins de cette appellation et dans ce millésime. C’était un de mes trois vins préférés de cette série et le moins cher des trois. Il vient de la région de Saint-André de Cubzac (rive droite) et son assemblage donne une part moins important au Merlot que la plupart de ses concurrents: 60% pour 35% de Cabernet Sauvignon et 5% de Cabernet Franc. Le résultat est un vin droit, net et très classique au nez avec un boisé encore présent dans un ensemble relativement puissant et structuré mais sans aucun excès. C’est clairement du Bordeaux et c’est très bien fait.

Prix public 8 euros

Bonnes fêtes, ou ce qu’il en reste

David Cobbold