Les 5 du Vin

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Sklava était son nom

En Grèce aussi, on s’efforce de sauvegarder le patrimoine de vieux cépages locaux. Récemment, j’ai dégusté un vin issu d’un de ces plants quasi-disparus, le Sklava.

La clef du mystère

Il s’agit d’un cépage blanc de l’Argolide, au Nord du Péloponnèse; il est connu localement depuis le 12e siècle, sous plusieurs versions (blanc, gris et noir); son nom dériverait soit du mot esclave, soit du mot clef. Il aurait des cousins en Italie – le schiava gentile, et au Tyrol – le vernatsch, ou trollinger (en rouge).
Comme d’habitude, cependant, il ne faut pas prendre ces parentés au pied de la lettre – des ressemblances au plan de la sémantique ou de l’apparence ne sont pas toujours confirmées par la génétique.

Vignes en Argolide

Quoi qu’il en soit des origines du Sklava, dans les années 1980, il n’en restait plus que quelques pieds dans le Péloponnèse; et s’il est parvenu jusqu’à nous, c’est notamment grâce aux efforts d’Elias Zacharias, un agronome grec qui en a replanté un hectare et demi, dont il tire la cuvée… Sklava (pourquoi faire compliqué!).
Depuis 1999, le Sklava fait d’ailleurs partie des cépages recommandés de l’appellation Arkolidos. Mais ce vin-ci est présenté en vin de Grèce.
 

Entre Jacquère… et Riesling

 Ni son histoire (quelque peu nébuleuse), ni sa rareté ne justifieraient un billet. Mais le vin est intéressant. Il ne ressemble à rien d’autre. Ou alors, à beaucoup de choses à la fois. En tout cas, dans ce 2016.
Le nez évoque aussi bien le Viognier que le Riesling (pêche, abricot, citron); en bouche, j’ai pensé plutôt à une Jacquère (j’étais en Savoie il y a quelques semaines) ou à un Tressalier. C’est très sec, mais aromatique; long, ample, mais surtout très vif. On discerne aussi quelques tannins. La finale est agréablement fumée, presque maltée.
Bref, ce cépage a le droit d’exister, comme la mésange à longue queue, le renard polaire ou le journaliste viticole.

Hervé Lalau