Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


15 Commentaires

Huîtres de Leucate et Picpoul de Pinet Carte Noire de L’Ormarine 2016, plaisir garanti!

Je bois si peu souvent, pour ne pas dire jamais des vins de caves coopératives que j’avais oublié combien on pouvait se régaler avec eux! Il y a les vins que l’on boit et ceux qu’on déguste, le Picpoul de Pinet Carte Noire de la cave de L’Ormarine fait partie des premiers.

C’était dimanche dernier, à Leucate, nous y allons régulièrement manger des huîtres. Si vous ne connaissez pas l’endroit ça vaut la peine d’y faire un tour, c’est assez unique! Ce site de production  a été créé dans les années 70 ; au début, il n’y avait que des producteurs de moules, mais très vite, les pionniers de l’époque se sont aperçus que l’étang était un milieu naturel merveilleux pour la culture de l’huître. Il a gardé toute sa typicité avec ses baraquements en enfilade qui chaque année un peu plus, soignent leur décoration.

Depuis le début, nous avons pris l’habitude d’aller chez Allary, maison familiale, producteurs à Leucate depuis plus de 30 ans qui cherche toujours l’innovation. Les huitres y sont d’une qualité et d’une fraicheur parfaites. J’aime bien la « Cap Leucate », huître creuse à la chair fine au gout de noisette, et la « Caramoun » Made in Allary, qui a été primée « médaille d’argent » au Salon de l’Agriculture 2017. La technique consiste à la sortir de l’eau quotidiennement afin de reproduire artificiellement le cycle des marées, pour obtenir des qualités gustatives exceptionnelles : fine, longue en bouche et beaucoup plus craquante, sa chair est vraiment excellente et son gout très prononcé. En revanche, j’apprécie moins les grosses ou les belles moyennes, trop grosses à mon goût, la chair y perd en finesse. Vous ne trouverez dans ces « baraques » que des huîtres et des moules, parfois quelques palourdes, en principe, ils ne sont autorisés à vendre que leur production, et non transformée ; rien de cuisiné, donc. Les huîtres sont affinées dans les viviers pendant 48 heures minimum ce qui permet de diminuer légèrement leur taux de salinité et fait ressortir ce petit goût de noisette soi-disant propre à l’étang de Leucate.

IMG_0656-600x600
Là où ça se complique, c’est quand on veut choisir un vin pour les accompagner, la carte est inexistante, l’offre se limite tout au plus à 4 ou 5 bouteilles de blancs, un de Leucate, sans plus de mention, un Muscat sec et 2 Picpoul de Pinet dont cette Carte Noire de la Cave coopérative de Pinet. Le choix a été rapide, le Muscat sec, ça n’est pas trop ma tasse de thé, le blanc de Leucate ça ne me parlait pas, restaient les Picpoul de l’Ormarine, j’ai opté pour la Carte Noire 2016, le plus connu.

La marque L’Ormarine a été créée en 1992, à l’occasion du 70e anniversaire de la coopérative de Pinet. Elle compte maintenant près de 400 coopérateurs pour une surface de 2100 hectares, dont une grande partie en AOC. C’est un blanc issu d’un cépage unique le « Piquepoul ». Le sol argilo-calcaire s’ouvre pleinement sur la mer. Ce qui fait dire que « son terroir, c’est la mer » – c’est elle qui lui apporte l’acidité.

IMG_1267 (002)

 

DÉGUSTATION

J’ai lu sur le site de la coop, que cette cuvée était issue d’une « sélection stricte à la parcelle puis au quai. Vendange nocturne pour préserver fraîcheur et arômes. Macération pré-fermentaire à froid, Fermentation à basse température et conservation dans des cuves thermorégulées. Filtration et préparation des vins pour un conditionnement à la propriété (n’ayons pas peur des mots). »

Pas facile de déguster dans ces petits verres, c’est à peine si on pouvait apprécier la robe or clair, mais vu l’endroit, on l’accepte facilement, et puis, on n’était pas vraiment là pour ça, priorité aux huîtres ! Je ne m’attendais à rien, donc je me suis laissée surprendre par son joli nez frais qui laissait échapper quelques discrètes notes florales et d’agrumes fraîches. Il passe très bien, trop, sa fraicheur et son côté finement acidulé sont très agréables. Il se boit très facilement, il est aérien, vif, séduisant, il faut faire attention à ne pas terminer la bouteille avant l’arrivée des huîtres qui se font attendre, mais c’est bondé, donc il faut se montrer compréhensif ! C’était la première fois que je goutais cette cuvée, même si je la connaissais car elle est devenue incontournable dans l’appellation. Il paraît même, que la cave est en manque de volume, il n’y a pas assez de vin pour satisfaire la demande ! Ça fait plaisir à entendre car ça n’est pas si courant dans le Languedoc !

Les huîtres sont magnifiques, et le vin les accompagne bien, sa rondeur, sa vivacité, ses notes de citron confit et sa légère amertume répondent à la chair des huîtres. Il est capable de résister à leur goût iodé et puissant de façon très honnête. Cette fraîcheur finale finement acidulée, citronnée et très tonique rince la bouche, c’est juste ce qu’il faut. Que demander de plus ?

Quant au prix, il est doux, 9,50€ sur table, je crois que le prix public est aux alentours des 5,50€ la bouteille.

Conclusion : Une valeur sûre sur des coquillages, rapport qualité/prix imbattable. Je suis encore sous la surprise de cette agréable et inattendue dégustation !

Hasta pronto,

Marie-Louise Banyols