Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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A propos de Pierre Bergé

Dans le concert d’hommages qui fait suite au décès de Pierre Bergé, j’ai envie de faire entendre ma toute petite voix discordante. Et de rappeler que non, tout le monde ne partageait pas ses vues. Ni son dépit d’être « malheureusement complètement Français ».

Pierre Bergé m’horripilait. Dans les grandes largeurs. Et ce n’est pas de voir les grands médias traiter sa nécrologie comme celle d’un personnage éminent (il ne suffit pas pour moi d’être riche, ni « ex de », ni actionnaire d’un journal pour mériter ce qualificatif) qui calme mon agacement.

Je me permets donc de reproduire ici un billet publié sur mon blog perso, il y a 4 ans, à son sujet. Même réchauffé, je lui trouve encore une certaine actualité.

Je précise bien sûr que mes propos n’engagent en rien les autres membres de cette coopérative d’écriture…

Un morceau de catho avec votre anisette?

Pierre Bergé porte un nom d’anisette. C’est bien la seule chose qui m’amuse aujourd’hui dans le personnage.

Tant que le couturier joue les pasionarios de la cause homosexuelle, je n’ai rien à dire. Il sait de quoi il parle. Je n’adhère pas forcément – sa sortie sur les ventres à louer, notamment, me débecte. Et même, avouons-le, je suis opposé à bon nombre de ses combats. Mais il est libre de sa parole; et s’il milite pour ce qu’il considère comme ses droits, qui suis-je pour le censurer?

Mais quand il ramène sa cerise à propos des jours fériés légaux, là, je dis, « Cordonnier, pas au-dessus de la chaussure ». Couturier, pas au-dessus du chiffon. Homme d’affaires, pas au-dessus de ton cours de bourse.

Pierre, tu n’es pas mon berger

Pierre Bergé demande la suppression des fêtes chrétiennes en vertu de la laïcité.

Là encore, c’est son droit de le penser. Mais en vertu de quelle autorité exprime-t-il cette pensée à la tribune d’une grande radio, urbi et zarbi. Qui représente-t-il?

L’Amicale des anciens directeurs de l’Opéra Bastille serait-elle devenue le cénacle où se décide le rythme de vie des Français et leur pratique religieuse?

L’ex-compagnon de (c)route de Bernard Buffet et d’Yves Saint Laurent se prendrait-il pour le berger de nos âmes égarées? Ou bien est-ce sa participation dans le capital du Monde qui lui vaut de figurer parmi les polémistes de RTL? Et de nous faire profiter, à nous qui ne lui avons rien demandé, des avis éclairants de la lampe Bergé?

J’aimerai aussi savoir si M. Bergé compte exiger du gouvernement du Maroc – pays où il possède une maison et des habitudes – le même engagement. En l’espèce, la suppression des jours fériés musulmans.

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Tant va la cruche à l’eau…

Je subodore que M. Bergé n’aime pas trop l’Eglise catholique. Je le suspecte même de bouffer du catho, à l’occasion. D’ailleurs, peu ou prou, tous ceux qui n’adhèrent pas à ses causes sont les victimes de son appétit féroce.

Mais je pense que M. Bergé prend ses désirs pour des réalités, ses engagements pour des obligations, sa spécificité pour une généralité.

En vertu de quoi je demande – non, j’exige – d’être reçu sur RTL pour dire le contraire de ce qu’il a dit, moi qui n’ai aucun avis autorisé sur la question – mais pas moins que lui.

Vous me direz – et vous aurez raison – que ce genre de billet n’a rien à faire sur un blog de vin.

Ben oui, justement, c’est comme quand M. Bergé s’exprime sur la laïcité et les fêtes catholiques.

Alors moi, faute de micro et de participation dans le capital d’un groupe de médias, j’utilise ce tout petit espace de liberté. Catholique de tradition familiale (pas trop sectaire, je crois), mais aussi Français de souche, de culture et de coeur, je n’ai pas envie de me laisser bouffer.

Comme disait le grand Jacques: « Et si mes frères se taisent, et bien tant pis pour elles ».

Mais combien de temps encore pourra-t-on mettre ce genre de choses dans une chanson?

Hervé Lalau


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Nobel Bob revisited

La grande nouvelle de la semaine écoulée, pour moi, c’est l’attribution du Prix Nobel de littérature au sieur Robert Zimmerman, alias Bob Dylan.

Et ce qui m’intéresse le plus, dans cette information, c’est la réaction de certains commentateurs. Comme celle de Pierre Assouline, qui qualifie ce prix de « Bras d’honneur à la littérature ». Pour M. Assouline, en effet, les oeuvres de Dylan entrent dans la catégorie des ritournelles.

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Un bel album de ritournelles

On ne peut évacuer l’opinion de Monsieur Assouline d’une simple revers de main sur la guitare; car dans le genre délicat de la biographie, qui est au commentaire ce que la pyramide de Khéops est à ma cabane de jardin, mais peut-être pas le plus créatif des genres littéraires, Monsieur Assouline est sans doute ce qui se fait de mieux depuis la mort du regretté Jean Lacouture.

Simenon, Dassault, Hergé, Gallimard, Cartier-Bresson, Albert Londres – il les a tous à son tableau de chasse. Bref, s’il est un arbitre du bon goût, de l’artistiquement correct, c’est bien lui.

Alors pourquoi ai-je pris ce commentaire du commentateur comme une marque de mesquinerie pour l’artiste?

Si je vous dis Dario Fo, Derek Walcot, Patrick White ou Wole Soyinka, que me répondez-vous? Sans doute pas grand chose.

Il s’agit pourtant d’illustres prix Nobel de littérature, prix au hasard des trois dernières décennies. Illustres, au moins dans le monde de M. Assouline.

La différence entre leur grande célébrité et celle de l’auteur de ritournelles, c’est que je peux vous citer pas mal d’oeuvres de Dylan. Et même en siffloter quelques unes le matin sous la douche: « How does it feel, to be on your own, like a complete unknown, like a rolling stone… ».  Any day now, I shall be released… 

Elite de rouge

Toutes choses étant égales par ailleurs, comme on dit dans la science pure, cette affaire me fait penser au vin. Et plus particulièrement, aux très grands crus très chers.

Je ne sais pas ce que boit M. Assouline. Du bon, je lui souhaite. Mais pas du trop confidentiel, j’espère!

Voila bientôt 30 ans que je fais ce métier. Je n’ai jamais pu déguster un seul verre de La Romanée, ni de Haut Brion. On me dit que ce sont de grands vins. L’équivalent de grandes toiles dans la peinture ou de grands livres dans la littérature; le hic, c’est que personne ou presque ne les voit ni ne les boit jamais, dans la vie courante. Ne me parlez pas des quelques sessions de primeurs où certains daignent furtivement se montrer à une coterie de dégustateurs professionnels. Cela n’est pas représentatif de leur future carrière, ni de leur potentiel, bon ou mauvais. Ce n’est pas là qu’on peut juger de leur qualité, de leur prétendue supériorité.

Et puis, en admettant même qu’ils soient effectivement supérieurement bons, je ne suis pas sûr d’avoir vraiment envie de commenter pour le commun des buveurs un vin produit à raison de 5.000 bouteilles par an (c’est la production de La Romanée-Conti), et vendu sur réservation.

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Combien font 5.000 bouteilles divisées par 1,4 milliard de Chinois?

Au-delà de leur prix (déraisonnable, mais ce n’est pas à moi de juger de ce que vous faites de vos économies), je ne vois guère l’intérêt de vous en parler. Mon rôle, tel que je le conçois, n’est pas de faire vendre, ni de faire monter les cours; il n’est pas non plus de vous faire saliver devant un vin que vous ne boirez jamais – pas plus que moi, d’ailleurs. Un vin dont je me demande, en outre, si vous pourriez, si je pourrais l’apprécier à sa juste valeur, compte tenu de la pression sociale et financière que sa réputation fait peser sur le dégustateur. Imaginez un peu que la bouteille soit fatiguée, ou bouchonnée. Ou simplement pas tout à fait au niveau de sa légende. Combien d’entre vous (d’entre nous) seraient-ils capables de ne pas se raconter d’histoires, de juger ce vin pour ce qu’il est, et pas pour sa légende? Au fait, c’est quoi, le goût d’une légende? « A beautiful texture and a perfect balance? » Plus d’arômes? Plus de fond? Plus de longueur? Plus de snobisme?

De plus, mon public-cible n’est ni l’investisseur, ni le thésaurisateur. Moi, j’aime joindre l’utile et l’agréable. Je veux dire, j’aime que mon commentaire soit utile, pour que le vin dont je parle vous soit agréable. Et qu’on puisse échanger nos impressions.

Voila pourquoi je serai toujours plutôt de côté de Bob plutôt que de celui des incontournables inconnus de M. Assouline –  je les lui laisse, d’ailleurs, en espérant qu’il fera leurs biographies à ma place.

Don’t think twice!

Au fait, ne voyez dans ce billet aucune nostalgie de ma part. Je n’ai découvert Dylan que sur le tard; j’étais trop jeune pour faire mai 68, et même pour défiler contre la guerre du Viet-Nam. Mais quiconque a lu les textes de Dylan a constaté qu’il est bien plus qu’un protest song writer. Il a lui même abandonné ce costume vers 1965. « Don’t follow leaders, and watch your parking meter! »

Même Monsieur Assouline aurait dû s’en apercevoir. Est-il seulement passé un jour par les Gates of Eden? A-t-il rencontré Mr Jones ou la Sad-Eyed Lady of the Lowlands? Qu’est-ce qui peut bien manquer à ces textes, Monsieur le commentateur, pour que vous refusiez à l’artiste son brevet de littérature?

Ou qu’est-ce qui vous manque à vous? Le sens de l’émotion?

Alors bien sûr, « on peut pas aimer tous les gens, y a une sélection, c’est normal, on lit pas tous le même journal ». Mais quand José Saramago, Kenzaburo Oe ou Seamus Heaney ont décroché leur Nobel de littérature, moi, je n’ai rien dit. Je n’empêche personne de prendre son pied là où aucune autre homme n’a mis la main – ou bien serait-ce l’inverse? J’accepte même une certaine dose d’hermétisme (ne serait-ce que dans les oeuvres de Tupperware). Et si les hommes, idéalement, naissent libres et égaux, qui suis-je pour les obliger à partager le même goût pour une culture accessible, et des vins accessibles?

Si nostalgie il y a, de ma part, c’est seulement celle du temps où mon père pouvait s’acheter une bouteille de Grand Cru Classé sans nous condamner à manger des pâtes Carrefour sans oeufs frais tout le reste du mois. Manque de chance: il n’était pas très Bordeaux. Coup de chance: grâce à lui, j’ai découvert le Pommard et le Cahors (de Triguedina).

J’ai entendu un jour la citation suivante:  « L’art est ce qui mérite de rester ». Voila 50 ans que les ritournelles de l’ami Bob se passent de génération en génération; les cheveux sont sans doute moins longs sur les campus, mais ces chansons sont toujours « on the road ». Alors, Messieurs les jurés du Prix Nobel, Don’t Think Twice, it’s Alright!

bobdylanbloodonthetracksHervé Lalau

PS1. Un petit mot, pour finir, sur les dispositions exactes du testament d’Alfred Nobel en matière de littérature (version suédoise sur demande); juste pour éclairer  M. Assouline. « Among the five prizes provided for in Alfred Nobel’s will (1895), one was intended for the person who, in the literary field, had produced « the most outstanding work in an ideal direction ». The Laureate should be determined by « the Academy in Stockholm », which was specified by the statutes of the Nobel Foundation to mean the Swedish Academy. These statutes defined literature as « not only belles-lettres, but also other writings which, by virtue of their form and style, possess literary value ».

PS2. La biographie d’Hergé par Pierre Assouline ne fait pas l’unanimité, notamment au sujet de la réalité de l’engagement de l’auteur de Tintin au côté du rexisme, puis du nazisme. Je n’ai malheureusement pu joindre M. Müsstler pour lui demander des précisions. Je doute cependant qu’Hergé ait eu un véritable goût pour la politique. Moi non plus, d’ailleurs, et c’est peut-être ce qui nous rapproche.

PS3. Et pour les vrais aficionados, CECI


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Qu’est-ce qui pousse le mieux dans un champ d’intérêt?

J’ai rencontré un jour un type très intelligent – la preuve, c’est qu’il dirigeait une grande agence de pub – et qui m’a expliqué sa théorie des champs d’intérêt.

Il paraît que nous avons tous des champs d’intérêt et ou de compétence particuliers, des sujets qui nous interpellent, où on ne nous la fait pas, et pour lesquels souvent, nos nerfs sont plus à vif.

Moi par exemple, c’est le vin, la musique et l’histoire – sans oublier ce que je qualifierai de littérature digeste et intelligible – vous pouvez donc retirer Proust et Joyce.

Mais comme vous le diront certains collègues et néanmoins amis, en cuisine, je suis une bille.

En sciences aussi.

IMG_1434Le soleil est dans le champ (Photo © H. Lalau 2012)

Cette longue et paresseuse intro (écoutez donc Lazy, par le groupe qui porte le nom d’une robe de vin), cette longue et paresseuse intro, donc, pour vous expliquer que, comme tout un chacun, je ne m’indigne ou ne m’enthousiasme que pour ce qui m’intéresse vraiment; et ce que je comprends un minimum.

Ainsi, quand on annonce que Pluton est rétrogradé au rang de planète naine, je sourcille à peine; quand je lis que la Peugeot 308 est voiture de l’année, je me dis « ça doit être une bonne voiture »; quand je découvre que le fil de terre est vert et jaune dans les faisceaux électriques, je me dis: « il doit y avoir une bonne raison ». Quand j’entends dire que Froome est dopé, ou pas, je ne me prononce pas: je n’ai pas d’éléments pour trancher.

Par contre, quand je lis que 2013 a permis aux Grands Crus de Bordeaux de faire des vins gourmands sur le fruit, d’une grande buvabilité et à boire jeune, ou quand je lis que des coopératives du Languedoc veulent pouvoir utiliser du moût concentré pour contourner l’interdiction de chaptaliser dans le Sud de l’Europe, je sors de mes gonds.

Ce genre de sainte colère ne vous touche peut-être pas, ami lecteur, parce que tout buveur que vous êtes, votre sphère de compétence ou d’intérêt particulier est peut-être ailleurs – dans l’étude comparée des coléoptères, dans la résolution des équations du degré que vous voulez, ou dans celle du mystère de l’éternel féminin, dans l’orientation scolaire, ou dans la mise en place d’une société sans classes, que sais-je?

Alors je me dis qu’on pourrait s’entraider. Que j’ai besoin de vous pour résoudre les gros problèmes de robinets de la planète que je ne soupçonne même pas; mais que vous pouvez me déléguer un peu de l’information viticole – oh, pas à moi tout seul, il y en a d’autres et c’est notre diversité qui fait notre intérêt. Est-ce trop demander?

Parfois, à remuer toute la boue qu’on lance sur notre profession, même parmi nos chers collègues de la presse généraliste, sans parler des vertueux blogueurs, j’ai l’impression que oui.

A force de lire que nous sommes tous pourris, tous ringards, tous à la solde des puissants, des conventionnels, des riches ou des gros, je me dis qu’il y a du boulot pour redorer notre blason.

Mais le jeu en vaut-il la chandelle? Quel argument pourrait-il bien convaincre les théoriciens du grand complot viticole?

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Tout ça ne nous rendra pas le Congo, ni les comptoirs des Indes. Tout ça ne vaut pas un bon verre de vin. En voici un qui devrait réunir tous les buveurs de bonne foi: la Cuvée Khazan 2013, du Mas de Libian. Une cuvée qu’on ne devrait pas revoir de sitôt: cette année-là, faute de grenache, victime de la coulure, les Thibon ont dû miser sur la Syrah à 90%. D’un mal peut parfois naître un bien: le vin est vif, épicé, presque primesautier malgré sa corpulence. J’aime le retour du fruit noir en arrière bouche, comme le point final d’une belle tirade.

IMG_1398Après la moisson (Photo © H. Lalau 2012)

Oui, d’un mal peut naître un bien. Plutôt que de perdre mon temps à polémiquer sur le bio, sur le bon, sur le nature ou sur le sexe des levures, j’en suis revenu au goût du vin.

Hervé Lalau


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Un débat sur le vin dit nature qui restera dans les anales

Oui, le mot « anales », avec un seul « n », est intentionnel; vu le niveau du débat…

Michel Bettane a fait pas mal parler de lui, la semaine dernière, avec un article particulièrement véhément contre les vins dits nature.

Rien de très neuf – ce n’est pas mon copain Olif qui me démentira.

Sauf peut-être que cette diatribe, c’est en Italie qu’on peut la lire – et plus spécifiquement, dans le Gambero Rosso.

Ce qui me gêne, dans l’article de Michel Bettane, ce ne sont pas tant ses arguments, ses descriptions des vins déviants que l’on peut effectivement trouver sous le nom de vin nature, que leur généralisation à tous les vins nature, évidemment abusive.

Je trouve tout aussi abusive la levée de boucliers qui s’en est suivie de la part des partisans du vin nature.
Eux ont décrit Bettane comme un vieux gourou finissant, radoteur et obtus, se découvrant sur le tard une ambition de lobbyiste; c’est pour le moins exagéré.

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L’objet de la dernière polémique en date

Bien sûr que les naturistes peuvent se sentir agressés, et c’est humain qu’ils répliquent, même vertement. Mais sauf à considérer le vin nature comme une vérité révélée, comment défendre l’indéfendable, le mauvais vin?

J’ai dégusté des vins nature comme ceux que décrit Bettane, des produits qui sont peut être sans soufre, mais aussi sans intérêt, car défectueux. Dans un cas, en Italie, justement, je me rappelle l’avoir fait remarquer au producteur qui m’a dit que je n’avais rien compris, que le vin nature demandait une formation particulière à la dégustation…

Dans d’autres cas, j’en ai bu d’excellents, de superbes, d’exaltants…

Alors je ne me sens vraiment pas le droit de condamner la démarche naturiste. Le sectarisme de certains de ses adeptes, par contre, si. Notamment quand ils ferment les yeux sur les horreurs de leurs collègues sous prétexte qu’ils sont de la même chapelle; et surtout quand ils disent à qui veut les entendre que seuls leurs vins expriment le terroir…

J’ai un peu l’air de vouloir ménager la chèvre et le goût de chou. Ce n’est pas le cas.

Michel Bettane ne fait pas partie du cercle de mes relations.
Je ne fais pas non plus partie de la mouvance naturiste.
Je trouve juste dommage ce déferlement d’intolérance, de part et d’autre. Le débat mérite mieux.
On est tombé là bien bas, au cul de la bouteille. Ni d’un côté, ni de l’autre, on a écouté l’autre.

Je pense pourtant que les vignerons dits conventionnels ont pas mal à apprendre des naturistes (au moins, de certains); que les naturistes doivent réaliser qu’ils font partie de la grande famille de la viticulture; et que leur choix, que je trouve légitime, même si leur voie est étroite, n’est qu’un des choix possibles pour faire du vin, et idéalement, du bon.

Tant pis si je me fais insulter de part et d’autre, comme c’est souvent le cas quand on refuse de choisir un camp; au moins, je suis en accord avec mes idées, mon ressenti. Je ne suis que d’un seul camp: celui de la liberté de vinifier à sa guise, d’en subir les conséquences… et de ne pas trop la ramener…

Oecuméniquement vôtre,

Hervé