Les 5 du Vin

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Millésime Bio : Carignan/Grenache, la confrontation

À l’occasion du désormais très vaste et très international salon Millésime Bio, qui se tient chaque année en Janvier, à Montpellier, la capitale du Languedoc vibre de multiples fêtes pour l’heure toutes aussi modestes et joyeuses. Le Beaujolais bio – j’en reparlerai – faisait sa fiesta dans une ambiance du tonnerre, la Vallée du Rhône n’était pas en reste, les différents courants de la biosphère non plus répartis en autant de salons « off » plus ou moins prisés à l’instar de ce très réussi salon des Outsiders réunissant pour la première fois des vignerons étrangers au Languedoc épris par cette région au point de s’y installer. Mais pour changer des années précédentes, cette année j’ai choisi de m’arrêter sur quelques événements plus ou moins importants organisés en marge du plus gros des salons consacrés aux vins que compte la planète bio.

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Ce premier article a son importance car il met en scène deux associations qui me tiennent à cœur : la Grenache Association d’un côté, animée magistralement par sa grande et savoyarde prêtresse Marlène Angelloz, dite Marlène Fan de Grenache sur les réseaux sociaux ; et Carignan Renaissance de l’autre, présidée par le talentueux œnologue germano-languedocien Sebastian Nickel. Les deux associations n’ont d’autres objectifs communs que de déclencher l’intérêt des amateurs de vins envers ces deux cépages hautement représentés dans notre grand Sud et même sous d’autres cieux plus ou moins lointains. J’en ai déjà parlé ici même, lors d’une première rencontre amicale dite battle qui n’a de bataille que le nom et dont la vocation n’a qu’une simple mission : confronter les défenseurs des deux cépages dans une atmosphère plutôt joyeuse.

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Sebastian et Marlène, les instigateurs de la battle !

Cette fois la rencontre avait lieu en plein cœur de l’Écusson, autrement dit le vieux Montpellier, dans les murs historiques de la Salle Pétrarque. Il y avait là un monde fou, amateurs, sommeliers et journalistes curieux, attirés par l’aspect inhabituel que pouvait présenter une telle dégustation. Pouvoir en effet passer d’un domaine présentant sa cuvée de grenache pur à un autre fier de faire goûter son carignan de vignes centenaires, sans oublier la surprise de tomber sur un vigneron armé à la fois d’un grenache blanc et d’un carignan vinifié en rosé, rendait l’exercice de la prise de notes, même parfois dans la bousculade, encore plus excitant. Je me suis régalé !

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Pour ma part, en dehors des vins que je connais bien (Stella Nova, Bertrand-Berger, Calavon, L’Anehl, Rimbert, Mas Mellet, Vaquer, Sainte-Croix, Clos du Gravillas, Plan de L’Homme, Leconte des Floris, Treloar, Rémi Jaillet, etc), domaines sur lesquels on peut retrouver quelques commentaires passés en inscrivant leurs noms sur notre moteur de recherche, j’ai été très agréablement surpris par la pureté d’un Faugères 2011 carignanisé, pour ne pas dire fortement inspiré par le carignan sur sol de schiste, celui du Mas des Capitelles. La cuvée Loris de ce domaine révélait un rouge, extraordinaire de pureté et de finesse.

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Dirk, amoureux fou de Carignan. Photo©MichelSmith

Autre surprise, cette fois avec Hubert Valayer, un vigneron-trufficulteur de la Drôme, plus particulièrement du terroir de Vinsobres où il dirige avec son frère Denis le Domaine de Deurre. Rehaussé de 30 % de mourvèdre, son très carignan Vinsobres 2015 s’annonce comme étant une superbe affaire. Le belge Dirk Vermeersch, quant à lui, a fait sensation avec ses deux cuvées vinifiées en Vin de France. La (grenache) GT-G 2010 était d’une longueur étonnante, tandis que la (carignan) GT-C séduisait par sa maturité et ses notes grillées. De son côté, Peter Fischer, du Château Revelette, dans le haut pays d’Aix-en-Provence, fait toujours sensation avec sa série de Pur déclinée en rouges dans les deux cépages qui nous intéressent et donnant à chaque fois des vins ouverts et plutôt faciles d’approche, pleins d’esprit et de fruit. En profiter au passage pour goûter son blanc dédié à un autre cépage, l’ugni blanc.

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Retour au Languedoc avec Brigitte Chevalier du Domaine de Cébène qui nous gratifie d’un savoureux et sensuel grenache Ex Arena 2013 tout en fraîcheur et salinité issu de vignes plantées sur un sol du Villafranchien. Ne pas manquer non plus son remarquable et très élégant Faugères Belle Lurette 2014 bien inspiré par les vieilles vignes de carignan sur schiste. Côté Roussillon, l’ami Julien, du Domaine Amistat, m’a une fois de plus charmé avec son grenache 2013 tout en sève, riche de matière et de jovialité au point que l’on ne cessait de vouloir remplir son verre !

La semaine prochaine, toujours dans le cadre de Millésime Bio, je proposerai une promenade dans le Beaujolais avec quelques gamays d’anthologie !

Michel Smith

 


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Un aperçu de Crozes Hermitage

La semaine dernière, je vous ai parlé d’une appellation, Gaillac, que j’ai critiquée pour l’hétérogénéité de ses vins. Cette semaine, je vais vous parler d’une autre appellation, Crozes Hermitage, qui me semble présenter un aspect différent sur ce plan.

Certes, elle ne couvre que la moitié environ de la surface de Gaillac et ne produit que deux types de vins : blancs et rouges, secs tous les deux. De surcroît, elle simplifie le sujet de l’encépagement presque à l’extrême, car les rouges sont des mono-cépages de syrah, tandis que les blancs, très minoritaires, admettent un assemblage marsanne/roussanne. Je ne vous parlerai ici que des rouges car, à l’origine des mes observations, il y avait une dégustation organisée à Paris, le 15 décembre dernier, de 28 vins rouges de Crozes-Hermitage, produits par autant de producteurs différents. Il ne s’agissait pas d’une véritable dégustation horizontale, car elle concernait 6 millésimes différents. Mais cette formule à l’avantage de permettre un regard sur l’évolution de ces vins dans le temps, du moins pour les plus anciens. Un compromis, certes, mais un compromis qui a son intérêt.

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Malgré une taille relativement faible de 1.600 hectares, Crozes Hermitage est la plus vaste des appellations de la partie septentrionale du Rhône français (oui, car il y a la partie suisse aussi). Le climat et les expositions méritent un peu d’attention.  Si on considère la latitude, l’aire de Crozes se répartit autour du 45ème parallèle, comme celles de Bordeaux et de Gaillac (bon, en pinaillant, on trouvera que la ville de Gaillac se situe vers 43,9°). Mais, n’en déplaise à ceux qui voient une sorte de magie dans les nombres, surtout quand ils correspondent à leur lieu de production, cette information ne suffit pas à doter une région d’une possibilité innée de produire de grands vins.

A Crozes-Hermitage, le climat est continental avec une touche d’influence méditerranéenne. Quant aux aspects topographiques et géologiques, la partie nord de cette appellation qui s’étend sur la rive gauche du fleuve est une extension de l’appellation Hermitage, avec des sols assez pentus, de type granitique.

trail 3On peut juger du caractère pentu d’une partie de l’appellation par cette image qui montre l’auteur en plein effort de montée, lors d’un trail de 15km couru entre Hermitage et Crozes en 2012, je crois.

Cette partie historique de l’appellation Crozes Hermitage (qui date de 1937) compte pour moins d’un tiers de la superficie actuelle qui a été étendue vers le sud dans les années 1950, incluant une zone plus large, appelée Châssis, présentant des surfaces plus planes et des sols d’alluvions argilo-sableuses, parfois très caillouteux. Il y a aussi des parties plus calcaires. En tout, 11 communes participent à l’appellation. L’axe formé par le fleuve joue aussi un rôle climatique important, en permettant l’influence des vents par exemple.

Les prix des vins

Dans ce cas, comme souvent, les prix dépendent largement de l’image projetée (le positionnement prix, si nous préférez) et de la réputation du producteur, et parfois aussi de la rareté de la cuvée en question. La fourchette de prix pour ces vins se situe entre 12 à 35 euros. Le niveau supérieur de cette fourchette étant celui des cuvées de Chapoutier, Jaboulet ou Combier, par exemple. On peut donc trouver d’excellents Crozes Hermitage entre 15 et 25 euros. A titre de comparaison, et parce que j’ai négligé de parler de cet aspect la semaine dernière, les vins de Gaillac mentionnés ont une fourchette de prix plus basse, qui va de 7 à 25 euros.

 

Les vins de cette dégustation

Haut Chassis

Un de mes vins préférés parmi les 28 était aussi le plus ancien vin de la série : le Domaine des Hauts-Châssis, Les Châssis 2005. Il avait pour lui un nez profond et expressif, la belle qualité de ses saveurs fruitées de type prune/pruneau (même à 10 ans d’âge), des notes élégantes de fumée et une impression globale d’une puissance maîtrisée et d’une grande beauté. J’ai beaucoup moins aimé la cuvée Le Rouvre 2007 de Yann Chave, la trouvant trop boisée, dure et ingrate en bouche.

 

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Des deux vins du millésime 2009 présentés, j’ai préféré, de loin, celui d’Emmanuel Darnaud, la cuvée Au Fil du Temps. Le nez avait une touche animale dans les limites du raisonnable qui ne réduisant pas sa belle ampleur en bouche, et ce vin avait aussi une très bonne structure et beaucoup d’intensité : un vin harmonieux et énergique. La cuvée Les Croix, du Domaine Les Bruyères, était un cran en-dessous, avec un nez épicé, une fermeté qui le situait sur le versant de la finesse plutôt que sur celui de l’ampleur et une petite raideur en finale. Pour les jansénistes peut-être ?

 

etiquette-clos-des-grives-2010S’en est suivie une belle série de 6 vins du millésime 2010. Le Clos des Grives, du Domaine Combier brillait comme souvent et sera encore meilleur avec quelques années de plus. C’est un vin d’une grande élégance, très juteux et avec des tanins très fins. Je n’ai pas aimé la cuvée Roche Pierre, du Domaine Belle, austère et pas tout à fait nette, probablement à cause d’une bonne dose de bretts. La cuvée Gaby, du Domaine de Colombier, m’a semblé fermée mais fine et avec une jolie structure. La cuvée Thalabert, de Paul Jaboulet montrait un fruité séduisant et charnu, une impression de pureté et de précision et une belle longueur. J’ai eu un peu de mal à juger le Château Curson, du Domaine Etienne Pochon, car il m’est paru austère et fermé, mais certainement bien fait. Le dernier vin de ce millésime, la cuvée tradition du Domaine des Sept Chemins, était probablement le plus accessible pour beaucoup, car souple, juteux et vibrant, donnant ses sensation très plaisantes mais peu complexes (peut-être un soupçon de bretts aussi ?).

 

LesMachonnieresCrozesHermitageMes notes pour les 6 vins proposés issus du millésime 2011 sont globalement inférieures à celles pour la série des 2010, avec une exception notable : la cuvée Les Machonnières, du Domaine des Entrefaux. Ce vin m’a emballé avec un nez très attrayant, une grande impression d’énergie donné par sa vivacité et sa finesse, une qualité très gourmande de fruit et une bonne longueur. Un des mes fins préférés de toute la série. Le Domaine Etienne Bécheras, avec sa cuvée Le Prieuré d’Arras  a produit un bon 2011, de structure légère et de fruité délicat mais assez savoureux. J’ai trouvé le vin du Domaine Betton, la cuvée Caprice, trop réduit et assez simple ; le Clos des Comirets, du Domaine Fayolle, me gênait par sa finale trop asséchante et la cuvée Ghany, du Domaine Gaylord Machon, avait un joli nez mais décevait ensuite, semblant maigre en milieu de bouche et décousu. Enfin Le Grand Courtil, du Domaine Ferraton, était bien agréable, assez riche en bouche et expressif au nez, avec un bon équilibre et de la longueur.

aleofane1Tous les autres vins (au nombre de 12) étaient issus du millésime 2012. Ces vins sont très jeunes et ne s’expriment pas encore totalement, alors, pour vous épargner, je ne vous parlerai que des mes préférés. J’ai beaucoup aimé Aléofane, de Natacha Chave (et ce n’est pas la première fois) : un vin qui, bien que très jeune en apparence, montre une grande précision de saveurs et un équilibre intéressant. La Cave de Tain, avec sa cuvée Les Hauts du Fief, est une autre réussite dans ce millésime, précis et au très beau fruité. La cuvée Les Varonniers de M. Chapoutier est aussi très beau, fin, poivré au nez, presque délicat à ce stade. Le Domaine des Grands Chemins, de la Maison Delas est juteux et fin, encore un vin qui joue sur le registre de la délicatesse plutôt que sur celui de la puissance, comme c’est le cas pour le Domaine Laurent Habrard. Deux autres vins ont retenu mon attention : La Fleur Enchantée, du Domaine Saint Clair, pour sa vivacité précise et sa bonne longueur, et, surtout, le Domaine des Remizières, et sa cuvée Christophe, qui était ma meilleure note de cette série de 2012 : intense, long et bien équilibré, la matière est très belle et ce vin fera une excellent bouteille dans les années à venir.

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Les autres vins dégustés dans ce millésime étaient : Cave de Clairmont, cuvée Immanence; Philippe et Vincent Jaboulet, cuvée Nouvelère ; Gabriel Meffre, Laurus; Domaine Melody, Etoile noire ; Domaine Michelas St. Jemms, Terre d’Arce.

 

Conclusion

Une dégustation plutôt convaincante, dans l’ensemble; en tout cas, présentant beaucoup moins de faiblesses qualitatives que dans le cas de Gaillac. Certes, sur le plan stylistique, la donne est plus simple avec un seul cépage et un seul type de vin. Mais j’ai l’impression que, derrière les leaders de cette appellation, bien installés mais qui ne se reposent nullement sur leur lauriers, il y a aussi plein de domaines moins connus qui font ce qu’il faut pour donner une belle qualité de vin aux consommateur, quelques soient les difficultés de tel ou tel millésime.

Une bonne année 2016 à toutes et à tous, si possible avec plein de bonnes découvertes de partout!

David Cobbold


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Deux appellations d’exception dans une séance: Condrieu et Côte Rôtie

 Domaine-du-CouletCôte Rôtie, Domaine du Coulet (pas présent à cette dégustation). Photo domaine et La Note Rouge

Il ne m’arrive pas souvent de déguster une série complète de vins issus de deux appellations aussi rares que discrètes. Cela s’est passé très récemment dans une seule séance et à Paris. J’ai aussi eu cette chance de les déguster dans des conditions presque idéales car j’étais le seul dégustateur présent au moment où je suis arrivé dans la boutique des très chics et chères cuisinières Cornue, dans le très chic et cher 7ème arrondissement. Il faut dire que j’avais du me taper une dégustation de la sélection « Foires aux Vins » d’un enseigne de GD avant, et même si cette sélection contenait quelques (trop rares) bons vins, là, j’allais changer sérieusement de braquet !

 CondrieuVignes à Condrieu vues du Rhône (photo Jack van Ommen)

Le menu contenait 16 vins de l’appellation Condrieu  dans le millésime 2013, et 26 vins de l’appellation Côte Rôtie, très majoritairement des 2012, mais avec quelques vins de 2013, 2011 ou 2010. Faut-il présenter ces appellations ? Bien sûr que si, car je doute que tous nos lecteurs les connaissent bien. Ces deux zones contiguës se trouvent juste au sud de Lyon, sur la rive droite du Rhône. Elles sont aussi d’une étonnante complémentarité, l’une ne produisant que du vin rouge, et l’autre que du blanc. Leur discrétion vient essentiellement de leur petite taille, elle même dictée par une topographie aussi étroite qu’exigeante : Côte Rôtie occupe 300 hectares de vignes et Condrieu 180. Associé à cette rareté, leur niveau de prix élevé reflète autant la qualité reconnue des vins que leur faible production. Les prix public (en France) des Condrieu que j’ai dégustés varie entre 28 euros et 80 euros la bouteille, tandis que la fourchette pour les Côte-Rôtie présents est quasiment identique (30/80). Comme en Bourgogne, les vins peuvent se scinder entre les cuvées de type « village », issus généralement d’assemblages entre diverses parcelles dans l’appellation, et des cuvées mono-parcellaires ou sectorielles, souvent plus chères.

L’encépagement est simple : Syrah pour les Côte-Rôtie et Viognier pour les Condrieu – bien qu’une des particularités de l’appellation Côte Rôtie, partagée avec quelques autres appellations de rouge de la région, est d’autoriser une part de raisins blancs dans le vin. Cette proportion peut atteindre 20% ici, mais la plupart des vins dégustés ce jour étaient des syrahs à 100% et, parmi les 5 cuvées contenant un peu de viognier, aucun ne dépassait 10% de ce cépage si tendre et parfumé.

La syrah a certainement ses origines dans cette région, issu qu’il est d’une mère savoyarde et iséroise (la mondeuse banche) et d’un père ardèchois (la dureza). Le viognier fait partie de la même famille que la syrah (serine) et serait soit son demi-frère ou soeur, soit un des ses grand-parents, car tous les détails de la famille restent à découvrir, même si on les sait liés par la mondeuse blanche.

Cette dégustation a aussi voulu ordonner les vins selon leur localité précise dans l’appellation, dont l’identité  à été déterminée par une sorte d’analyse de la nature des sols. Là nous entrons dans ce qui est pour moi une zone d’ombre et qui me semble obéir davantage à une doxa de la communication actuelle autour du vin qu’à une réalité pertinente pour le dégustateur. L’approche de chaque producteur, aussi bien à la viticulture qu’en vinification et élevage, me semble expliquer davantage les différences de goût entre les vins que les influences différentes entre sols contenant  « migmantitte sombre« , « granite à muscovite » ou « granite à biotite« , pour ce qui concerne Condrieu et selon les termes du carnet qui m’a été remis. Je veux bien étudier cette question sérieusement le jour où un producteur, ayant des parcelles sur les trois zones, me présente des vins issus de ces trois zones et  dont tout le processus d’élaboration, y compris l’âge des vignes et la nature de la matière végétale (clone, porte-greffe et tout), serait identique. On tiendra aussi compte de différences d’altitude, d’exposition et de drainage, facteurs qui sont, à mon avis, bien plus importants que la nature précise de différentes sortes de granites.

Mais passons à l’essentiel qui est la très grande qualité de l’ensemble des ces vins, à quelques exceptions près (il en fallait bien pour montrer que tout n’est jamais parfait dans ce monde).  Je vais parler d’abord des vins que j’ai préférés, et ils sont nombreux, puis faire quelques remarques plus critiques sur quelques rares  cuvées qui me semblaient d’un niveaux inférieur, et sur une qui a des soucis d’ordre technique. Un mot d’abord sur les conditions de ma dégustation. Les vins étaient servis à découverts. Les condrieu étaient un peu chauds, ce qui permis de voir lesquels ne dépendaient pas uniquement de la température de service pour la sensation de fraîcheur qui doit exister dans le vin pour son équilibre. Pas de problème avec les vins rouges en revanche. Je ne vous embêterai pas avec les notes sur 20 que j’ai attribués à ces vins. Je trouve ce système utile pour se souvenir de mes appréciations relatives mais je sais aussi ses limites. Mais je vous indique que, pour les vins que j’ai aimés, mes notes allaient de 15/20 à 18/20.

 

Vins blancs

 

1). Les Condrieu d’assemblage préférés

 

Domaine Christophe Pichon, Condrieu 2013

prix 30 euros

Riche, avec une belle qualité de fruit et une très belle texture soyeuse. Un vin parfumé et plein, sans excès d’alcool.

 

Guigal, Condrieu 2013

prix 36 euros

Un beau vin avec une jolie acidité qui lui donne l’équilibre naturel essentiel. De loin le plus grand producteur de l’appellation, avec 120,000 bouteilles ce qui, à mes yeux, est une sacré performance à ce niveau de qualité.

 

Les Vins de Vienne, Condrieu La Chambée 2013

prix 35 euros

Un vin fin et précis, avec beaucoup de fraîcheur.

 

2). Les Condrieu parcellaires préférés

 

Domaine Faury, Condrieu La Berne 2013

prix 40 euros

Très parfumé et fine de texture avec une structure souple. L’acidité et un peu faible à mon goût.

 

Domaine du Chêne, Condrieu Volan 2013

prix 33 euros

Vif et alerte, un vin délicat qui a beaucoup de finesse

 

Domaine François Villard, Condrieu Le Grand Vallon 2013

prix 35,50 euros

Parfumé, frais et long, avec une superbe texture. Un de mes vins préférés et qui démontre que le viognier,  ici et entre de bonne mains, peut être tout le contraire de ces soupes lourdes qu’on peut trouver trop souvent ailleurs.

 

Cave Yves Cuilleron, Condrieu La Petite Côte 2013

prix 28,50 euros

Aussi un de mes préférés. Très vif et avec un toucher toute en finesse, c’est un très joli vin.

 

Montez, Domaine du Monteillet, Condrieu Chanson 2013

prix NC (vin pas encore en bouteille)

Fin et bien aromatique, il a aussi une belle acidité pour ce type de vin.

 

Domaine Christophe Blanc, Condrieu Les Vallins 2013

prix 28 euros

Un vin concentré mais très fin qui donne une sensation dynamique très intéressante par son acidité intégré. Un des meilleurs de la série, et un des moins chers aussi !

 

Domaine Christophe Pichon, Condrieu Caresse 2013

prix 50 euros

Un beau vin qui semble assez intense, encore un peu serré et qui sera sans doute plus expressif dans une paire d’années.

 

Domaine Guigal, Condrieu la Doriane 2013

prix 63 euros

Ce vin est un assemblage de plusieurs parcelles. C’est assez dense et j’ai noté une présence d’alcool dans l’équilibre finale, ainsi qu’une note d’amertume. Aura probablement besoin d’un peu de temps aussi, mais j’avoue que j’attendais ce vin à un niveau supérieur, même s’il est bon.

 

Domaine Vernay, Condrieu Côte de Vernon 2013

prix 80 euros

Pour moi le meilleur vin de la série, mais c’est aussi, et de loin, le plus cher. Tout cela n’a rien d’inéluctable, mais cela arrive. Intense et avec beaucoup de fraîcheur et une très grande complexité dans les saveurs. C’est aussi long que fin. Un grand vin !

 

 

3). Les Condrieu que j’ai moins aimés

 

Domaine Louis Chèze, Condrieu Brèze 2013

prix 31 euros

J’ai trouvé que ce vin avait une texture plus ferme que d’autres et donnait une sensation un peu trop chaleureuse en finale

 

Domaine Mouton, Condrieu Côte Châtillon 2013

prix 30 euros

Rond et facile mais assez plat

 

Domaine Perret, Condrieu Clos Chanson 2013

prix 40 euros

M’a semblé assez simple et manquant de finesse. Il a cette finale d’amertume qu’on peut trouver dans ce cépage et qui fait le bonheur des asperges.

 

Vins rouges

 

1). Les Côte Rôtie d’assemblage préférés

 

Domaine Jasmin, Côte-Rôtie 2012

95% syrah, 5% viognier

prix 32 euros

Un très beau vin classique, d’une facture solide. Ce n’est peut-être pas le plus suave de la série mais c’est un des plus longs.

 

Guigal, Côte-Rôtie Brune et Blonde 2010

96% syrah, 4% viognier

prix 40 euros

Avec une production de 220,000 bouteilles par année, cette cuvée fait figure de géante dans l’appellation, ce qui ne l’empêche pas d’émerger parmi les très bonnes cuvées que j’ai dégusté. Sa petite part de viognier ainsi que son vieillissement supplémentaire (36 moins minimum en fûts dont 50% sont neufs) doivent en partie expliquer sa grande suavité. Mais ce vin est aussi dynamique, grâce à une belle vivacité et possède une bonne longueur.

 2). Les Côte Rôtie parcellaires préférés

 

Cave Yves Cuilleron, Côte-Rôtie Coteau de Bassenon 2012

90% syrah, 10% viognier

prix : 38 euros

Une qualité de fruit splendide et un fond ayant beaucoup de complexité. Le bois de son élevage est parfaitement absorbé même si  sa structure destine ce vin à une attente en cave de quelques années. Très bonne longueur.

 

Domaine Vernay, Côte-Rôtie Maison Rouge 2012

100% syrah

prix 78 euros

Je n’ai pas les moyens  d’acheter des vins comme celui-ci, mais je dois dire que je le regrette ! C’est fin, complexe et plein de saveurs intéressantes. Aussi riche que bien équilibré.

 

Domaine Duclaux, Côte-Rôtie Maison Rouge 2012

100% syrah

prix 56 euros

Une expression très pure du cépage dans cette région, donnant un vin fin mais ayant beaucoup de précision et de relief. Il a un petit côté rustique qui peut plaire aussi. En tout cas un très beau vin.

 

Guigal, Côte-Rôtie Château d’Ampuis 2010

93% syrah, 7% viognier

prix 82 euros

Ce vin cher est assez somptueux, intense et complexe, avec pas mal d’extraction et une sacrée longueur en bouche. A attendre impérativement.

 

Domaine de Bonserine, Côte-Rôtie La Garde 2011

100% syrah

prix 60 euros

Un vin avec une bonne intensité dans ses saveurs, de belle facture mais encore austère par ses tannins et qu’il faudra attendre.

 

Domaine Lafoy, Côte-Rôtie Rozier 2012

100% syrah

prix 36 euros

Vin intense et assez vif.

 

Domaine Gerin, Côte-Rôtie La Viallière 2012

100% syrah

prix 50 euros

Les nez est un peu réduit et marqué par son élevage, mais en bouche on découvre une belle intensité et des notes boisées agréables. Encore un vin qu’il vaudrait mieux attendre au moins 5 ans pour le voir s’épanouir.

 

Domaine Clusel, Côte-Rôtie Les Grandes Places 2012

100% syrah

prix 80 euros

L’acidité m’a semblée plus importante dans ce vin que dans la plupart. C’est long et tannique, le tout dans un style austère mais avec une bonne dose de finesse. Pas le plus sexy, mais bien fait et nécessitant de la garde. Un peu cher cependant.

 

 

3). Les Côte-Rôtie que j’ai moins aimés

 

Domaine Bernard, Coteaux de Bassenon 2012

100% syrah

prix 32 euros

Le nez très fumé reste très marqué par son élevage et ce vin assèche un peu le palais en finale

 

Domaine Stephan, Côte-Rôtie Coteau de Tupin 2011

100% syrah

prix 70 euros

Pour moi, ce vin est indigne de l’appellation. En plus, c’est un des plus chers ! Au nez, j’ai soupçonné l’ usage de la macération carbonique, technique qui fait que tous les vins ont à peu près la même odeur. La fiche technique le confirme. Il a en plus une acidité volatile décapante. Maigre, acide et sans fruit. Est-ce un accident sur cette bouteille ? Je l’espère pour les clients qui l’ont acheté.

 

Domaine Barge, Côte-Rôtie Le Combard 2012

93% syrah, 7% viognier

prix 38 euros

Un style relativement austère et tannique qui donne un vin ingrat pour l’instant par rapport aux autres. Peut-être qu’après quelques années …..

 

Domaine Bonnefond, Côte Rozier 2013

100% syrah

prix 40 euros

Un peu rustique et avec des tannins asséchants.

 

Domaine Semaska, Château de Montlys 2012

100% syrah

prix 55 euros

Nez de bois fumé un peu exotique. J’ai aussi senti un peu de CO2. Ne semble pas très résolu comme vin.

 IMG_6828Mauvaise photo (de moi) mais fine équipe qui est montée à Paris avec les vins des deux appellations. Les voici avec la série de condrieu posée sur un « piano » Cornue qui vaut le prix de trois Ducati Panigale R ! Je sais que je pendrai la plus légère des ces options si j’avais une telle somme.

Conclusions générales

1). Je ne connais pas la mode de sélection des 42 vins que j’ai dégusté (16 Condrieu et 26 Côte Rôtie), mais je pense que cet échantillonnage est assez représentatif des deux appellations.

2). Il est très rare pour moi de trouver un pourcentage de l’ordre de 80% de vins qui me semblent bons ou très bons, voire excellents, dans une telle série.

3). La fourchette de prix ne reflète pas systématiquement la qualité du vin. Comme toujours, d’autres facteurs comme la renommée du producteur et son réseau de distribution jouent un rôle non négligeable.

4). Les Condrieu sont des vins blancs à boire assez rapidement, et même si quelques cuvées pourront bénéficier de 2 ou 3 ans de garde supplémentaire, la plupart des vins ci-dessus sont déjà à boire.

5). Pour les Côte-Rôtie c’est plus compliqué et mes notes ci-dessus tentent de refléter ces variations de style.  On ne peut même pas déduire de la présence d’un part de viognier que le vin sera plus souple, nécessairement. Il est certain qu’il s’agit sont des vins de garde, même si on peut prendre plaisir à en voire certains dès maintenant.

David Cobbold


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Rhône-sud : les Villages sur la voie du Cru (II)

Je ne sais pas ce qui nous prend à tous, aux 5 du Vin, mais depuis quelques mois nous sommes, semble-t-il, abonnés aux feuilletons, aux reportages fractionnés. Une chose est sûre, ce n’est pas par fainéantise : pour ne parler que de ma pomme (oui, même en vacances, je bosse…), que ce soit au retour d’une dégustation, d’un salon professionnel ou d’un reportage organisé, je m’aperçois que j’ai souvent énormément de choses à raconter. Bon signe, n’est-ce pas ? Signe que mon cerveau tourne rond (enfin, cela reste à voir…), que mon imagination bouillonne et que ma curiosité est loin de m’abandonner. Ce n’est pas pour dire du mal, mais j’ai quelques difficultés à trouver sur la sacro sainte blogosphère pinardière des blogs aussi riches et variés que le nôtre ! Espérons aussi au passage que le site officiel Vins-Rhône.com que je vous recommandais la semaine dernière et qui, à y regarder de plus près, consacre un article aux blogs « influenceurs » du vin, daignera rajouter les 5 parmi sa liste !

Sun un pont d'Avignon... Photo©MichelSmith

Sur un pont d’Avignon… Photo©MichelSmith

À titre d’exemple, je me souviens que lorsque j’étais allé faire une excursion en Toscane, l’an dernier, je m’étais fixé comme règle de ne m’intéresser qu’au seul cépage Sangiovese. Il se trouve que j’ai ramené dans ma besace de quoi alimenter ma part de blog sur 4 jeudis de suite ! Si vous en avez le courage, ça commençait ici. Avec les Côtes du Rhône Villages « suivis d’une mention géographique » (rappelez-vous, je vous briefais sur le sujet jeudi dernier), je compte bien vous tenir en haleine un bon moment, même si, dans l’ensemble, il s’agira de dégustations qui, je l’espère, ne seront pas trop barbantes à lire. Avant d’aller plus loin, il est bon de savoir que, pour l’heure, ces appellations récentes ne concernent que des vins rouges.

Châteauneuf-de-Gadagne. Photo©DanielMariotte

Châteauneuf-de-Gadagne. Photo©DanielMariotte

Commençons ce tour d’horizon par Gadagne, entre Rhône et Durance

Sur la rive gauche du Rhône, Gadagne est la plus récente et la plus modeste de ces nouvelles appellations dont certaines ont 10 ans. Tout part d’un village perché au sud-est d’Avignon, territoire historique que celui des félibres, qui fut d’abord classée Côtes du Rhône en 1937, puis Côtes du Rhône Villages en 1997 avant d’être consacré « presque cru » (appellation dont j’ai la primeur) en 2012. Pour la petite histoire, il eut été logique de lui donner le nom de Châteauneuf-de-Gadagne, puisque tel est son nom en réalité. Or, c’était sans compter sur la réticence des vignerons de Châteauneuf-du-Pape qui firent pression – du moins c’est ce que l’on raconte – pour que cette mention de Châteauneuf soit abandonnée au profit du simple nom de Gadagne. Il en allait de la confusion que le consommateur forcément tête en l’air aurait pu ne pas manquer de faire avec le célébrissime cru papal ! En plus de Châteauneuf-de-Gadagne, quatre communes vauclusiennes peuvent revendiquer l’AOP : Caumont-sur-Durance, Morères-lès-Avignon, Saint-Saturnin-lès-Avignon et Vedène. Les vignes sont situées sur un plateau couvert de galets roulés sur une superficie assez modeste : 34 ha. Ce qui explique qu’il n’y avait que trois exposants de ce cru lors du dernier salon Découvertes en Vallée du Rhône. Or, par étourderie, et je m’en excuse auprès d’eux, quelque peu dérouté par la diversité des lieux préposés à la dégustation, je n’ai finalement dégusté qu’un seul domaine.

Basé à Jonquerettes, présent sur Vacqueyras et Châteauneuf-du-Pape, le domaine qui vinifie des nombreuses cuvées en Côtes du Rhône, dont un excellent pur Grenache, n’en dédie qu’une seule au Gadagne : un Villages 2013 élevé un an en cuve, très marqué par la Syrah âgée de 45 ans (85 %), le reste étant composé d’autres cépages (un peu de Viognier…), franc mais rond en attaque, riche en matière et assez persistant en bouche. Une valeur sûre à 8,10 € la bouteille départ cave.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Puis par le prometteur Puyméras, au pied du Ventoux

Le plus à l’est des « villages crus », dans un paysage accidenté, Puyméras, un village attachant un peu à l’écart des grands circuits touristiques, prête son nom pour la cause du vin à quatre autres communes voisines posées à cheval sur deux départements, la Drôme et le Vaucluse : Faucon, Mérindol-les-Oliviers, Mollans-sur-Ouvèze, Saint-Romain. Les vignes qui se partagent le paysage avec les oliveraies et les champs de lavande occupent des terrasses assez sableuses et caillouteuses sur des terres rouges où l’on note la présence du calcaire. Classées Villages depuis 1979, puis Villages avec mention en 2005, les vignes (majorité de Grenache noir, entre 220 et 600 mètres d’altitude), profitent pleinement des températures nocturnes fraîches qui sont les bienvenues en été et qui donnent des vins très équilibrés. Pour le moment, environ 130 ha sont concernés par l’appellation et seuls deux domaines avaient fait le déplacement sur Avignon.

La cave coopérative de Puyméras compte 235 adhérents qui travaillent sur 1200 ha de vignes dont 120 sur la commune. Tout n’est pas encore déclaré en Puyméras, mais on trouve tout de même trois cuvées de bons rapports qualité-prix arborant l’appellation. La cuvée Comtesse (60% Grenache, le reste en Syrah) offre simplicité et souplesse avec juste ce qu’il faut de corpulence pour une viande grillée (5,60 €) ; pour 20 centimes de plus, la cuvée Chasseur, dominée par la Syrah (90 %), est dense et structurée, marquée par d’aimables tannins ; entre les deux (5,70 €), ma préférence va à la cuvée bio (10% des vins de la cave sont certifiés bio) au joli nez de garrigue (Grenache à 60%, reste en Syrah), à la fois dense et souple en bouche, ce qui n’empêche pas une certaine structure et des tannins agréablement frais.

  • Domaine Bernard

Basé à Saint-Romain, à 3 km de Vaison-la-Romaine sur la route de Nyons ce domaine livre la production de 35 ha à la cave précédemment citée. Sur les 5 ha restant, Ludovic Bernard travaille deux cuvées en Puyméras : l’une en 2012 (80% Grenache) livre un nez fin de garrigue et d’épices sur une bouche ronde et gracieuse, souple mais copieuse, marqués par de sympathiques et fins tannins en finale (7 €) ; l’autre en 2010, baptisée Augustin (le grand-père de Ludovic), est toujours majoritairement Grenache, mais elle est agrémentée par 20% de Syrah et 15% de Carignan. Une grosse partie de l’assemblage passe un an en barrique de deux vins. Cela donne un nez chaleureux au possible, très garrigue (laurier, romarin), une belle densité, beaucoup de précision aussi avec une finale marquée par le fruit rouge (cerise), le tout pour un prix délicieux : 9 €.

La semaine prochaine, nous irons du côté du Plan de Dieu et du Massif d’Uchaux pour finir, par un dernier article, sur les galets roulés de Signargues, dans le Gard.

Michel Smith


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Découvertes en Vallée du Rhône, édition 2015: 1ère partie, Ampuis

Comme à son habitude, le grand rendez-vous du Rhône a été à la hauteur. De plus, cette année, on commençait par le haut géographique, le Nord. Une manière plus détendue d’aborder cet énorme évènement avant de passer à la vitesse supérieure. Le Nord nous fait débuter crescendo, le premier salon à Ampuis comptait moins de 80 exposants. Le lendemain, les trois lieux nous en offraient un peu plus. De quoi s’adapter en douceur au demi-millier d’exposants à Avignon.

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Ampuis, salle polyvalente, Condrieu et Côte Rôtie

C’est parti sans se bousculer, le monde arrive petit à petit, dehors le soleil luit (c’est juste pour la rime)

Ça s’est gâté par après.

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Premier arrêt au stand Bonserine dont le Côte Rôtie Viallière 2012 nous a beaucoup plu. La bouche bien juteuse, aérienne par son côté floral. La soie tannique qui vous fait frissonner les papilles. La Sarrasine plus facile et La Garde sur sa garde, élevée en 100% FN (pour fût neuf), elle subit encore la loi de son logement.

 

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André François propose une petite verticale riche d’enseignements. La Gerine 2012 joliment fruitée modère l’austérité habituelle de ce territoire de schiste. La Gerine 2011 aux tannins bien serrés se flatte d’avoir suffisamment de gras pour nous séduire. La Gerine 2010 s’ouvre et se dit qu’elle pourrait être, déjà, une agréable compagne de table.

Découvertes 2015 015

Yves Cuilleron nous fait déguster toute sa gamme; donc, on déguste d’abord, après on fera une pause. La conversation nous entraine sur des sentiers obliques où cépages anciens réapparaissent, Durif, Duréza et compagnie auront bientôt quelque chose à dire. On termine avec les plus classiques Condrieu; La Petite Côte 2013 florale et élégante, minaude dans verre; Les Chaillets 2013, minéral et droit, semble construit pour le repas et la cave, de la trempe des Condrieu de garde, comme le dernier né, Vertige 2013 dont l’élevage en barriques demande du temps.

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À deux pas de là, en fait en face, Paul Amsellem semble en pleine forme, on hésite un instant vu la troupe qui assaille le stand, mais la vue de l’étiquette Coteau de Vernon 2013 renforce notre détermination à fendre la foule jusqu’au graal. Le graal reste le graal, avant d’en lamper une gorgée, le rite nous impose les Terrasses de L’Empire 2013 et Les Chaillées de l’Enfer 2013, mais la règle est des plus agréables et nous nous en acquittons avec grâce, le premier révélant épices et fleurs, le second affirme sa puissance et nous laisse humer sa fleur d’oranger; enfin, Vernon est à la fois ample, aérien et croquant, rafraîchi par un minéral légèrement salin.

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On interrompt quelques instants le déjeuner de Jean-Michel Stephan qui ne présente qu’une cuvée, la seule en bouteille, Côte Rôtie 2013, un vin qui assemble les dix parcelles du domaine et qui se vinifie sans soufre ajouté comme le reste de la gamme. Les tanins certes fins se ressentent derrière le velours fruité, le jus apporte de la gourmandise et de la fraîcheur.

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Stéphane Montez charme son entourage. C’est qu’avec ses Côte Rôtie Fortis 2012 à la jolie matière tendre et fruitée et Les Grandes Places 2011 au caractère puissant, il a des arguments qui laissent muets le moindre passant. Et puis, autre argument, il a, au plus près de Salma, presque collé au Château Grillet, quelque 2.500 mètres d’une charmante Grillette 2012 dont il essaye de percer les mystères. Nous, on l’a trouvée parfumée de fleurs et d’épices, certes capiteuse mais dont la texture ligneuse donnée par l’élevage de 23 mois en demi-muids neufs apporte une respiration qui dévoile en partie son délicat corsage.

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J’ai faim, mais rien à faire, André Perret nous a vus et ses Condrieu nous font de l’œil. Le Trad 2013 minéral et tendu par une fraîcheur sapide, on monte d’un cran avec Clos Chanson 2013 velouté sur cristal salin, agrémenté d’une amertume gracieuse qui sur la longueur se transforme en grain de poivre, Chery 2013 pour finir le crescendo plus frais, plus dense, plus minéral, avec élégance renversante et une longueur infinie, vraiment top.

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On ne fait jamais ce qu’on veut, 10 mètres de repos et hop on joue des coudes pour se rapprocher de François Villard entouré de bouteilles et d’une densité de population avide de tout goûter. Tout est bon, mais j’ai un faible pour la cuvée des coiffeurs Mairlant 2013 un St Jo blanc égaré mais qui y mérite grâce à son élégance sa place au milieu des Côte Rôtie et Condrieu, comme le superbe De Poncins 2013 dont la puissance retenue étonne bien équilibré par une matière ancrée dans le minéral. Pour qui recherche la délicatesse, les Condrieu qui vous caressent, je conseille Grand Vallon 2013 qui s’apparente à une dentelle minérale parée de pétales aux parfums sensuels.

François est sur la photo

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D’une Grandes Places à l’autre, celle des Gerin père et fils, Les Grandes Places 2012 nous a plu, son élégance, le raffinement de ses tanins, la fraîcheur du jus agréablement fruité, tout en notes délicates qui introduit ici des parfums floraux, là des nuances épicées ne laisse personne indifférent.
J’ai piqué la photo de la bouteille sur leur site, la mienne fait peur.

gp  internet

Christophe Pichon nous fait déguster en primeur son Condrieu 2014, quel beau millésime, riche et extrêmement tendu, avec à la fois du gras et une acidité hors du commun pour un Condrieu.

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Philippe Guigal nous a fait la totale. Et parmi cet échantillonnage fleuve, j’ai été surpris par le raffinement du Condrieu haut de gamme la Doriane 2013 que jusqu’ici je n’appréciais guère. De nouvelles parcelles en Chery, en Vernon et d’autres sont venus affiner l’originale mouture qui s’en retrouve métamorphosée.
Côté rouges, la gradation a été sublime, début gentiment fruité, mais toutefois bien tenu par les tanins Côte Rôtie Brune et Blonde 2011 suivi du Château d’Ampuis 2011 à la fois plus tannique et plus croquant avec sous-jacent un fruité frais qui promet, puis tout a dérapé et on s’est vu obliger de déguster La Mouline, La Turque et La Landonne, ma préférence va à la première, j’aime son élégance, la pureté du fruit, sa légèreté aérienne tout en ayant du caractère, de la profondeur et de la longueur.
Bref, on finit en beauté et je vous rassure: nous avons eu le temps, mon collègue et moi, de manger un morceau entre deux dégustations!

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L’épisode suivant parlera du lendemain, des trois salons de Tain.
Quant au Sud, il viendra, gourmand et pertinent, un peu plus tard.

Marco

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Ciao

 


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Des blancs vertigineux aux Printemps de Châteauneuf

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De 2013 à 1985, les blancs castel papaux étaient au rendez-vous et ont marqué les esprits !
Huit cuvées pour le plus grand plaisir de nos papilles, en voici les commentaires relevés en direct comme une interview sur le vif.

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Domaine du Vieux Donjon 2013

Blanc doré lumineux qui donne envie de le humer. Le nez très floral mélange les fleurs d’amandier et d’oranger, quelques épices comme le poivre blanc, des fruits comme la poire fondante.
Bouche très croquante, voire crispy, elle développe des arômes qui rappelle les fleurs et les fruits sentis, ajoute un minéral important dont le relief renforce avec le croquant la fraîcheur, une belle fraîcheur envahissante qui met en valeur le fruit.
Moitié clairette, moitié Roussanne en cuve.

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Château Jas de Bressy 2008

Robe un rien évoluée au jaune plus intense. Nez qui commence à s’ouvrir sur des confits, fruits blancs, poire et figue, bien poivrées avec une note de safran.
Bouche encore fermée, ce qui est classique pour les Chateau9 qui traversent systématiquement une phase ingrate, moment durant lequel il n’est guère souhaite de les déguster, encore moins de les boire, cela dure entre 4 et 9 ans selon les millésimes, après, c’est génial, il faut de la patience…
Mais revenons au Jas qui avoue une texture ferme qui en fin de bouche nous lâche une fragrance d’abricot sec souligné d’un trait de réglisse dont l’amertume agréable nous rafraîchit.
Moitié Grenache, moitié Roussanne, moitié en barriques, moitié en cuve béton, 9 mois d’élevage, puis gardé 1 an en bouteille avant mise en marché.

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Château de Vaudieu 2004

Joli doré très lumineux au nez subtil de bigarreau et de fleur de tilleul, un rien de verveine et du bois de réglisse, un soupçon d’écorce d’orange qui nous émeut comme le souvenir des tisanes de nos grands-mères.
Bouche pareille qui décolle sur une belle fraîcheur qui tout de go met les arômes d’agrumes en valeur, un ensemble juteux qui ne manque pas de grâce.
Assemblage de 80% de Grenache, 15% de Roussanne et 5% du rare Picardan, en barriques pendant 3 à 4 mois.

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Domaine du Grand Tinel 2002

Une belle réussite, si d’aventure on croit tous les vins de ce millésime de plus pluvieux légers et dilués, il faut savoir que nombres de raisins blancs ont été ramassés avant le déluge et pour rappel 2002 se présentait fort bien avant la première goutte.
Doré intense, il offre encore de léger reflets verts. Le nez s’épice de safran, de pamplemousse, de poivre, de thym, de citron vert, de cédrat confit.
Presque vif en bouche, il offre une impression tannique qui renforce sa structure. Sa touche saline équilibre avec grâce le confit des fruits.
Assemblage de 60% de Grenache, 20% de Clairette et 20% de Bourboulenc.

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Domaine de la Janasse 1998

Robe dorée encore verte, le nez expressif de confiture de prune, de reine-claude mélangée de figue, souligné de réglisse, ombré de poivre et petites notes délicates de vanille et de chocolat blanc.
Bouche très fluide qui marque au passage les papilles du goût délicat des fruits charnus et secs, la noisette en tête, puis viennent les jus des agrumes qui redonnent grâce à leur amertume savoureuse un regain de fraîcheur.
J’ai oublié de noter la composition de l’assemblage, malo non faite.

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Domaine Font de Michelle 1994

Jaune doré aux senteurs de grillé, de foin, de cacao, voire du beurre de cacao, un note de vanille, plus la rafraichissante mandarine.
La bouche débute amère, un beau bitter au parfum de gentiane tout de suite enrobé du jus des agrumes qui apportent une fraîcheur intense.
Assemblage de 30% Grenache, 30% de Clairette, 30% de Roussanne et 10% de Bourboulenc.

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Domaine de la Solitude 1993

Robe jaune clair étonnement jeune. Le nez délicat, très élégant, il évoque les fleurs de tilleul et d’amandier, d’oranger aussi, les prunes jaunes confites, la bergamote…
La bouche s’exprime par une très fine amertume et une fraîcheur éclatante, une saveur de noisette un rien beurrée, la fougère qui d’un coup nous fait que ce Châteauneuf « meursaulte » comme un Chardonnay de belle tenue. Quelle délicatesse, quelle légèreté, quelle présence.
Assemblage de 50% de Grenache et itou de Clairette.

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Clos du Mont Olivet 1985

D’un beau doré cuivré intense, on passe dans un autre univers. La crème brûlée nous saute au nez et nous met au parfum, nous voilà dans le monde particulier des arômes pâtissiers, poire tatin, biscuit au thé vert et à la verveine, pâte d’amande à la menthe, chocolat à la gentiane étoilé de zestes confit de cédrat, avec en fond un soupçon de truffe qui renforce la sapidité, la longueur nous accompagne longtemps, nous rappelant à chaque instant l’égrainage des notes délicates.

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Encore une belle démonstration de la longévité des blancs du Sud…

Ciao

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Marco


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Le Petit Sommelier: pas si petit que ça !

Il existe certainement bon nombre de bistrots de rêve pour l’amateur de vins, à Paris ou ailleurs dans le monde. Le problème, particulièrement en France, est de les distinguer parmi la masse d’établissements, parfois même ceux qui se disent « bistrot à vins », mais pour lesquels le vin n’est qu’une vache à lait, une quantité négligeable, un truc qu’il faut avoir, un emmerdement de plus dont on s’occupe le moins possible, ou bien un phénomène de mode sur le dos duquel le patron joue la carte de l’opportunisme.

Rassurez-vous, l’établissement dont je vais vous parler relève de la première catégorie mentionnée : celle des bistrots de rêve. J’ai déjà mentionné, en passant, cet endroit dans un autre article sur ce blog (du 20 janvier 2014, si le sujet vous intéresse) à propos d’un repas tout au porto, car Le Petit Sommelier de Paris organise régulièrement des dîners à thème avec d’excellents producteurs parmi ceux qui figurent sur sa carte impressionnante.

IMG_5902Pierre Vila Palleja, qui n’est pas exactement un petit sommelier

Cela dit, quand, à la sortie de la Gare Montparnasse, on découvre dans l’Avenue du Maine la devanture du Petit Sommelier, on ne peut guère soupçonner les richesses viniques que recèle cette enseigne. Son décor « Néo-Art-Nouveau » est d’un style « brasserie chaleureuse » qui peut se trouver ailleurs. C’est sympathique et accueillant, avec une touche rétro qui cache un peu son jeu. Ce lieu est aussi une vraie brasserie, ce qui vous permettra de vous restaurer selon vos besoins et à toute heure. Lors de notre arrivée à midi, un samedi, notre élégant voisin de table en était à son petit déjeuner, avec thé, croissants, jus d’orange et deux œufs au plat.

Le faux semblant du Petit Sommelier, ce lieu aux possibilités multiples, se poursuit avec le patron, Pierre Vila Palleja (voir ci-dessus), qui n’est pas petit du tout, car il doit bien mesurer au moins 1m90.

IMG_5905L’accueil est parfait, du patron à ses co-équipiers (photo David Cobbold)

Le vrai trésor ici, outre un excellent accueil et une très bonne nourriture de bistrot, est évidemment la carte des vins. Jugez pour vous-mêmes, même si cette version de la carte n’est pas nécessairement à jour et qu’il a bien d’autres vins disponibles :

http://www.petit-sommelier.com/carte/vins.pdf

Ce n’est pas par hasard si cette carte a été adoubée 4 ans de suite par le Wine Spectator (que j’appelle parfois Wine Speculator, ou bien Wine Dictator). Pierre a été sommelier dans des grands établissements avant de reprendre ce bistrot familial que ses parents avaient acheté en 2001. Ils ont depuis poussé les murs, refait le décor et constitué une carte de vins qui ferait drôlement envie à beaucoup de lieux prestigieux… les prix en moins. Car le « petit » de l’enseigne pourrait s’appliquer aux coefficients pratiqués : 2 sur les grands vins et 3,5 au maximum sur les vins les moins chers. Pour vous éviter de compter, cette carte comporte 700 références dont 18 sont proposées au verre. Le restaurant est ouvert en permanence du lundi au samedi, entre 11h et 23h, ce qui est exemplaire et bien pratique pour ceux ou celles qui arrivent à la gare avec un peu d’avance, ou bien qui débarquent avec une petite faim ou soif. Mais je vous conseille de prendre votre temps ici et de profiter de ce lieu exceptionnel pour tout amateur de vins.

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Lors de mon dernier repas ici, qui date de samedi 8 mars à midi, peu de temps avant le triste match du XV de France en Ecosse, j’ai attaqué avec un verre d’un très bon Muscadet, Le Fief de Breil, de Jo Landron (photo ci-dessus). Assez dense, il allait très bien avec des magnifiques huîtres de Bretagne (Prat-ar-Coum, je crois), qui m’ont semblé bien salées. Certains diraient que ce vin a des saveurs « minérales », mais je ne mange pas souvent de clous et ne sais pas trop ce que cela peut bien signifier. Ayant fini mon verre avant les huîtres, j’ai poursuivi avec un splendide blanc d’Espagne, issu de la DO galicienne Valdeorras, et du cépage Godello. Cette variété, que l’on trouve aussi bien au Portugal qu’en Espagne, sous divers noms (Gouveio et aussi, à tort, Verdelho au Portugal), est en pleine renaissance en Galice. Le vin en question, appelé Louro do Bollo (voir photo ci-dessous) et élaboré par la famille Palacios, était plus gras, plus suave et plus parfumé que le Muscadet, mais contenait aussi toute l’acidité utile pour accompagner les sel des huîtres. Il vaut très largement le prix au verre de 8 euros.

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Ma compagne, comme beaucoup de Françaises, il me semble, ne boit que rarement de vin blanc sauf quand il y a des bulles dedans, ce qui m’interpelle car on trouve le comportement inverse en Angleterre avec bon nombre des femmes qui ne boivent jamais de vin rouge: encore une différence culturelle? Mais elle a daigné goûter à ce nectar et elle était d’accord sur sa qualité. Puis elle a pris la direction de l’Italie, plus précisément du Piémont, avec un verre d’un formidable Nebbiolo (oui, je l’ai goûté aussi) de la DOC régionale Langhe et du producteur Parusso (photo ci-dessous). Ferme comme il faut, mais subtilement fruité, ce qui n’est pas toujours le cas avec ce cépage aussi capricieux que le pinot noir. Je pense qu’il serait difficile de déguster des Barolos ou Barbarescos, issus du même cépage, aussi jeunes, mais l’appellation régionale peut produire des vins plus amènes.

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Enfin, pour accompagner mon bœuf bourguignon, j’ai préféré l’intensité d’une syrah rhodanienne à la délicatesse d’un pinot noir de Bourgogne en optant pour un Crozes Hermitage du Domaine Combier. Des deux bouteilles sur la photo ci-dessous, c’était celle de droite, appelé Laurent Combier. Impeccable !

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Et combien ça coûte ?

Le patron ayant eu la gentillesse de nous offrir deux verres parmi les quatre que nous avons consommés, j’estime la facture à environ 95 euros, avec deux entrées, deux plats, les 4 verres d’excellents vins et un café. Soit 47 euros par personne, à peu près. Service au top, lieu agréable, très bonne nourriture avec des produits de qualité, et le plaisir de rêver au regard d’une carte de vins remarquable en largeur comme en profondeur, dont 20% des références vous permettent de voyager bien plus loin que les destinations desservies par la gare d’à côté. Et tout cela au cœur de Paris, à Montparnasse. Si vous disposez de plus de temps, d’un portefeuille suffisamment garni, et que vous n’avez pas de travail à faire dans les heures qui suivent votre repas (ce qui fut malheureusement mon cas samedi) laissez-vous aller avec un Champagne de 1988 et/ou un Vega Sicila de 1985 : c’est dire les ressources de cet établissement que tout amateur de vin devrait inscrire dans son carnet.

Le Petit Sommelier, 49 Avenue du Maine, 75014 Paris (tel : 01 43 20 95 66)

http://www.petit-sommelier.com/

Bon voyage!

David Cobbold

(PS. maintenant, je signe de mon prénom et de mon nom, vu qu’il y a des personnes, que je rechigne un peu d’appeler « bio-cons », qui ne lisent ni les articles complètement, ni la présentation de ce blog, avant de poster leurs commentaires).

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