Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

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#Carignan Story # 289 : Précieuses Grands-Mères !

J’aime cette idée que de vouloir dédier ainsi un vin aux grands-mères. Dans ce cas précis, le Côtes du Roussillon Villages Les grands-mères signifie beaucoup de choses chères à mon cœur, un monticule de symboles. Bien évidemment, il y a l’âge canonique de ces vieilles vignes de Carignan parfois centenaires implantées dans le cirque aride de Vingrau qui s’ouvre sur les Corbières. De précieuses et merveilleuses grands-mères encore bien utiles dans les assemblages puisqu’elles donnent toute leur sève aux vins du coin pour autant qu’on les prenne respectueusement en considération. Mais j’aime ces grands-mères pour une autre raison tout aussi évidente : elles symbolisent la présence des femmes. Présence dans les vignes, certes, mais aussi au sein des exploitations viticoles (je n’aime pas trop ce mot là, mais enfin…), des domaines que souvent, durant les guerres notamment, elles dirigeaient avec poigne et efficacité, sans pour autant chercher de reconnaissance particulière.

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Comptabilité, gestion, taille, vendange, lessive, ménage, cuisine, jardinage, nos grands-mères des vignes assumaient leur part (gigantesque) de travail parfois dans l’ombre, sans rien demander d’autre en remerciement que la satisfaction du travail bien fait. Elles étaient utiles et rendaient service jusqu’au dernier souffle de leur vie. Alors, quand Alain Razungles, donnant à l’époque un coup de mains à ses parents au Domaine des Chênes, à Vingrau, a décidé il y a une décennie déjà de baptiser une cuvée majoritairement Carignan de ce joli et simple nom, Les grands-mères, j’étais aux anges, réalisant ô combien ce que cette cuvée pouvait représenter de sens dans une région où l’on a tout fait pour éradiquer ce cépage. À mes yeux, la cuvée est celle de l’hommage. C’est le vin de la mémoire, des années de travail harassant de génération en génération, le respect du passé autant que de la confiance en l’avenir.

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J’ai déjà consacré il y a peu un article à Alain Razungles et à son village de Vingrau, ici même. L’homme, qui aime préciser qu’il n’est pas « passéiste, encore moins intégriste« , est très satisfait de ses 6 ha de Carignan qu’il refuse toujours d’arracher. La moitié des raisins sont traités en macération carbonique et le vin est élevé en cuves sans fréquenter le bois, « comme on le faisait autrefois », précise Alain, faisant probablement référence aux années 50, lorsque le vin d’ici avait l’appellation Corbières du Roussillon. Il y a effectivement un style Corbières dans ce 2011, un goût épicé aux parfums de garrigue difficilement définissable qui marquait les meilleurs vins lorsque j’atterrissais en Languedoc-Roussillon la première fois à la fin des années 80. On pourrait croire ce goût ancien ou passé de mode. Pas pour moi en tout cas, car la fraîcheur est toujours au rendez-vous quand bien même la matière dense et serrée donne envie de le conserver encore quelques années.

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Attention, je ne dis pas que c’est le meilleur Carignan du Roussillon. Ce qui est certain, c’est que c’est l’un des plus civilisés que je puisse trouver, un des meilleurs rapports qualité-prix (moins de 10 €) dans la catégorie super vin de grillade que je viens d’inventer pour l’occasion, notamment sur des côtelettes de mouton saisies sur un feu apaisé de sarments de vignes. Cela tombe plutôt bien en cette période bénie où les vendanges rythment encore quelque peu la vie de nos campagnes du Sud.

Michel Smith

Les Albères, vers Argelès...Photo©MichelSmith


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#Carignan Story # 288 : Le temps béni des Albères

Et me voilà encore obligé de regarder en arrière, contraint de me repasser le film de la nostalgie, du temps où de ma fenêtre je distinguais la masse sombre des Albères parfois si proche que j’avais l’impression de pouvoir la toucher. En ce temps-là, je filais à l’assaut des sentiers de cette montagne couverte de chênes lièges. Aux pieds de cette queue pyrénéenne qui sert si bien de frontière avant d’aller se fondre dans la Grande Bleue, certains domaines se distinguaient par l’équilibre de leurs vins. Je mettais cela sur le compte de l’exposition plutôt nord de leurs vignes et sur les éboulis de toutes sortes qui pouvaient s’amonceler en ce lieu offrant un coussin confortable aux plantes.

Les Albères, vers Argelès...Photo©MichelSmith

Les Albères, vers Argelès…Photo©MichelSmith

Une ou deux fois, je ne sais plus trop, j’y allais voir un bon docteur et son épouse coquette. Ernest, trop tôt disparu comme on dit en pareil cas, Ernest Pardineille, était vétérinaire et il trouvait le temps et l’argent pour bichonner sa vigne et ses vins dans un vieux mas cossu où il y avait de la place pour assouvir sa seconde passion, laquelle occupait une poignée d’hectares et une cave qui sentait bon le vieux rancio. Juliette, son épouse, pétillait non loin de la cave dans une boutique où les pots de miel du coin, les flacons de vins aussi – je me souviens d’un Rivesaltes 1982 tuilé de robe très porté sur le noyau de cerise qui se vendait à 28 Francs départ cave -, côtoyaient les meubles de campagne et les bibelots anciens. Parfums de cire et de rancio, le tout était charmant, délicieusement suranné, paisible, heureux. Ce lieu s’appelait, et s’appelle encore, le Mas Rancoure, à Laroque-des-Albères. Et il est aujourd’hui entre les mains de leur fille, Anne-Isabelle.

Antoine me présente

Antoine me présente « sa » bouteille… Photo©MichelSmitth

L’autre soir, je suis retourné aux pieds des Albères dans un autre lieu qui brille désormais dans les guides sans perdre pour autant de son charme. Ce Cabaret, restaurant déjanté où l’on se restaure sous un mûrier géant autour de plats simples et canailles préparés dans la légèreté, je vous en ai déjà parlé il y a 3 ans, mais mon ami Vincent Pousson l’a fait mille fois mieux que moi dans son blog que je vous invite à lire aussi régulièrement que le nôtre. Ça y est, vous avez bien lu ? Vous avez bien saisi la magie de l’endroit ? Imaginez donc l’Antoine qui de sa voix rauque, entre deux regards de braise posés sur des coquillages qu’il convient d’arroser d’un large filet d’huile d’olive, vous annonce fièrement « la » bouteille, celle qu’il tente de vous faire goûter depuis des lustres. Flatté, on pourrait croire qu’elle fut mise de côté spécialement pour moi, mais elle figure bel et bien au tarif à un prix raisonnable qui pourrait se situer entre 30 et 40 € si je me souviens bien de l’addition. Mais au diable les varices comme disait un vieux pote à moi !

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Oui, pourquoi ne pas céder aux sirènes des vignes centenaires rencontrées lorsque je faisais mes premiers pas dans le Roussillon tandis qu’Antoine et sa compagne Émilie vivaient je ne sais quelle aventure loin de là ? Ce vin ne pouvait être qu’un pur Carignan ! Un Côtes Catalanes 2013 vinifié nature comme il est précisé sur l’étiquette, par un certain Michaël Georget. La robe, noire au possible, cachait suavité et tendresse qui se glissaient en bouche avec cet équilibre particulier que l’on ressent chez les bons vignerons du piémont des Albères. Du fruit il y avait aussi, mais rien d’exubérant, sans aucune putasserie, un fruit discret de petites merises bien mûres gentiment acidulées. Sur le coup, je ne lis pas l’étiquette dans le détail. Je comprends qu’il y a un élevage en fûts, que la vigne est en biodynamie, et je ne réalise que bien après : la très vieille vigne dont j’avais savouré le jus est la même que celle que je découvrais au Mas Rancoure à la toute fin des années 80.

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Par l’entremise d’Antoine, je reçus plus tard confirmation d’Anne-Isabelle Pardineille, la fille de Juliette et Ernest : « Oui je suis leur fille et le carignan que vous aimez est issu de nos vignes que nous avons préservées après la mort de notre père en 93 et heureusement reprises par Michael Georget . Vous reviendrez nous voir ? » Michaël Georget a repris une partie des vignes du Mas Rancoure en 2012, dont les vieux Carignans centenaires qu’il travaille avec le concours d’un cheval de trait connu sous le nom de Goliath. On pourrait même dire qu’il les a sauvé ! Anne-Isabelle les lui a cédées tout en lui facilitant l’accès à la cave de son papa. Une belle histoire, ne trouvez-vous pas, pour ce vin baptisé Le temps retrouvé. Pour tout savoir des aventures de ce chinonais passé par l’Alsace, reportez-vous à ce reportage paru l’an dernier sur le blog La Pipette aux Quatre Vents.

Il me reste à vous dire que je verrais bien ce vin se faufiler crânement sur la chair suintante et rôtie d’un lapin de garennes aux herbes. De là à en faire un vin de lapin, il ne faut pas exagérer. Puisque la chasse va bientôt reprendre, il serait intéressant aussi de le réserver pour un cuissot d’isard ou une palombe qui serait cuite à la goutte de sang.

Et si vous êtes végétariens, c’est votre affaire !

Michel Smith

Vingrau, le cirque et son tapis de vignes. Photo©MichelSmith


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Patrimoine viticole : Vingrau, mais quel cirque !

Trou de mémoire passager : comment dit-on déjà beau en langue catalane. Ne cherchez pas ! Je l’ai fait dans la foulée et simple comme bonjour, c’est bella. Et grandiose ? Simple aussi : grandios avec un accent aigu sur le « o » que je n’arrive jamais à placer. Mais lorsque l’on se veut arpenteur de vignobles comme moi, comment dire beau en catalan – ou en occitan d’ailleurs – en y ajoutant une forte intonation vineuse ? Là, j’ai la réponse sur le bout de la langue puisqu’il suffit de dire Vingrau ! Pas uniquement parce qu’il y a du « vin » dans ce mot, mais aussi « grau », gradi en latin, pour grade ou marche. En effet, la légende dit que pour accéder à ce cirque majestueux, il fallait, une fois tourné le dos à la côte, grimper les vingt grades (vingrau) du Pas de l’Escala, le col qui permet de dévaler en boucles jusque sur le village de Vingrau blotti juste en contre-bas. Plus de marches à gravir de nos jours, juste une belle route goudronnée qui serpente dans la garrigue allant jusqu’à ce panorama spectaculaire bordé de falaises dont l’à-pic est devenu la coqueluche des grimpeurs du monde entier. Il y a longtemps, dans les années 1988 je crois bien, lorsque j’ai été confronté pour la première fois à la beauté du lieu en montant par le camp de Rivesaltes et la pinède de Montpins, je fus littéralement espanté comme on dit à quelques kilomètres d’ici, de l’autre côté de la frontière invisible qui sépare les PO de l’Aude. « Putain, c’est grandiose ! » me suis-je esclaffé alors.

Vingrau, le cirque et son tapis de vignes. Photo©MichelSmith

Vingrau, le cirque et son tapis de vignes. Photo©MichelSmith

À chaque fois que je repasse le col de l’Escala, c’est la même sensation d’émerveillement. Pourtant, ce ne sont pas les sites viticoles qui manquent par ici : Tautavel, Cucugnan, Maury, La Tour de France, la route de la corniche au dessus de Banyuls et de Collioure, celle qui va de Calce à Estagel… on ne sait plus où donner des yeux ! Lors de ma dernière balade dans le village de Vingrau où plusieurs caves ouvraient leurs portes à la manière de ce qui se fait à Calce et dans tant d’autres villages, je me suis arrêté à la Cave coopérative, aujourd’hui mariée à celle de Tautavel. J’y ai goûté mon vin favori, Le Cirque, un Côtes Catalanes bouché vis qui ne coûte que 5 €. En blanc (Grenache gris, mais il existe aussi un Muscat), c’est pas mal du tout, en rosé aussi, tandis qu’en rouge 2014 (Grenache noir, Syrah, Carignan), j’ai retrouvé le petit vin de grillades que j’aime tant.

Le bel accueil... Photo©MichelSmith

Le bel accueil… Photo©MichelSmith

Au bout du village, chez Hervé Bizeul, j’ai été agréablement surpris par la droiture et la densité du rouge Côtes du Roussillon Villages Vieilles Vignes 2012 (25 €). Dans le même millésime et la même appellation, un Clos des Fées savoureux et très discrètement boisé, fort long en bouche (50 €), vinifié en partie en demi-muids de 500 litres et élevé en barriques neuves, révèle la quintessence d’un travail d’assemblage équilibré, là aussi à partir de vieilles vignes qui ne manquent pas dans ces anciennes Corbières du Roussillon.

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À côté, au Domaine de L’Edre, Jacques Castany et son épouse m’ont présenté leur Villages 2012 Carrément rouge d’une densité et d’une fraîcheur assez bluffantes (14,50 €). Un tour rapide au Domaine de L’Éléphant, chez Renaud Chastagnol, ainsi qu’au minuscule et nouveau Domaine du Bac (à suivre) où j’ai pu goûter quelques beaux vins : un rouge 2011 assez tannique et long pour le premier (45 €) et un superbe Côtes du Roussillon blanc 2013 pour le second (12 €). Enfin, je n’ai pu résister à me lancer sur le petit chemin qui conduit chez Alain Razungles, éminent professeur à Sup Agro (Montpellier).

Alain Razungles. Photo©MichelSmith

Alain Razungles. Photo©MichelSmith

Tout en enseignant, Alain ne s’est jamais séparé du Domaine des Chênes créé par ses parents. Il y vinifie des blancs extraordinaires au point que ceux-ci représentent près de la moitié de ses ventes, ce qui est assez unique dans le Roussillon. J’aime particulièrement l’IGP Côtes Catalanes Les Olivettes 2011 associant les macabeu au muscat d’Alexandrie : ample, gras, c’est un vin jouissif, bien structuré qui procure beaucoup de plaisir à l’apéritif et qui tiendra volontiers quelques années de plus. Je n’ai pas noté les prix, mais ils sont raisonnables et ne dépassent pas 10 €, départ cave bien entendu. Dans la même trempe, le Côtes du Roussillon Les Sorbiers 2012 et Les Magdaléniens 2011, laissent plus de place à la barrique ainsi qu’au Grenache blanc et au Macabeu. Ce sont des vins de pur plaisir.

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Dans la série des rouges, j’ai un faible pour le Villages 2011 Les Grands Mères. Mais j’en reparlerai un jour dans ma rubrique du Dimanche car le vin est pour l’essentiel composé de Carignan. Le Tautavel (un Villages) Le Mascarou 2011, Syrah, Grenache et Carignan noirs chacun présent au tiers, élevage en barriques anciennes, jouit d’un nez porté sur la finesse. Il réserve beaucoup de volume et de chaleur en bouche, est armé de beaux tannins et d’une remarquable longueur et peut encore tenir 5 à 10 ans (autour de 12 €). Le Tautavel La Carissa 2007, Grenache et Syrah en majorité, complétés par le Carignan et le Mourvèdre avec un élevage en barriques au quart neuves, a conservé lui aussi un nez magnifique, en plus de notes très concentrées (torréfaction), épicées et chaleureuses, sans oublier une grande longueur (près de 20 €).

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À noter qu’il y a dans ce domaine de 38 ha encore vendangé à la main et qui continue de livrer 30 % de sa production (jeunes vignes) à la coopérative locale, de fort belles affaires à réaliser en matière de Vins Doux Naturels dont un Rivesaltes ambré d’anthologie, sans parler d’un renversant Côtes Catalanes Rancio sec L’Oublié 1999, issu d’un Macabeu élevé sous voile en barriques durant 7 ans. Un vin d’une profondeur inouïe doté d’une belle mais forte amertume évoquant le rance de la noix verte. Cela faisait 10 ans au moins, depuis mon travail préparatoire pour mon livre Les Grands Crus du Languedoc et du Roussillon paru en 2005, que je n’avais exploré ce domaine exemplaire qui, non content de développer une gamme assez complète démontrant la spécificité de ce cirque naturel tapissé de vignes pour beaucoup très âgées, va chercher à maintenir haut le culte de la tradition qu’offrent les VDN. À commencer par le Muscat de Rivesaltes que j’avais oublié de recommander. Un vin représentatif de ce terroir argilo-calcaire largement recouvert de cailloutis et de galets roulés par endroits. Bien à l’écart du cirque de Vingrau, à 300 mètres d’altitude parmi les grès de la garrigue, Alain Razungles entretient aussi quelques parcelles qui donnent des vin de belle tenue.

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D’un côté les Corbières, de l’autre le Roussillon. Photo©MichelSmith

Ainsi va le Roussillon, d’un pas sûr. Comme Tresserre, Cassagnes, Saint-Paul-de-Fenouillet, Calce, Montner ou Latour-de-France, d’autres encore, Vingrau, petit à petit, rejoint la palette des villages vignerons. Ils l’étaient déjà du temps où la Maison Byrrh recherchait les degrés élevés du Grenache, mais ils le sont bien plus maintenant qu’ils vinifient et qu’ils mettent en bouteilles.

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Tenez, à force de rêvasser, j’ai oublié le plus fameux d’entre tous, Jean Gardiès, le plus talentueux aussi peut-être. Le gars est de Vingrau, mais pour une raison qui lui appartient, il n’exposait pas ses vins en cette fin Juin où le village ouvrait ses caves à grands renforts de flonflons et de guirlandes. Ce sera l’occasion pour moi d’aller lui rendre une visite plus approfondie une fois qu’il se sera tiré de ses vendanges. En attendant, si vous ne savez que faire ce week-end, prenez donc rendez-vous avec Alain Razungles ! Vous ne serez pas déçus du voyage et il vous indiquera même l’ancienne voie romaine qui traverse le vignoble près de chez lui. Ou, en longeant le Verdouble vers Tautavel et l’antichambre des Corbières, allez découvrir à la Caune de l’Arago, la grotte du plus vieil européen, à Tautavel, en même temps que la plus vieille incisive de France !

Quel cirque ce Roussillon !

Michel Smith

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Pendant que les parents trinquent, qui fait le clown ? Photo©MichelSmith

L'escalivade et le Carignan blanc. Photo©MichelSmith


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#Carignan Story # 284 : de cargolade en escalivade…

Prenez un vigneron sympa comme le Sud en produit des tonnes. Philippe Modat, par exemple, sur lequel j’ai déjà écrit tout le bien que je pensais ici. Dans son vignoble enchanteur de Cassagnes, en plein Fenouillèdes, il recevait cet été ses amis parisiens parmi lesquels je m’étais incrusté sachant d’une part que Philippe est le roi de la cargolade et d’autre part que sa maman passe pour être la madone de la cuisine catalane ! Comme d’habitude, il y avait son copain, le vigneron Jean Gardiès, ténor du Roussillon, accompagné de son épouse, Christine. Leur Carignan rouge 2010 Les vignes de mon Père a déjà fait l’objet d’un article dans ces lignes, article que je n’ai pas retrouvé dans les archives de notre ancien hébergeur, mais dont j’ai heureusement gardé une trace sur mon ordinateur…

Vue sur le Domaine Modat à Cassagnes. Photo©MichelSmith

Vue sur le Domaine Modat à Cassagnes. Photo©MichelSmith

Voici ce que m’inspirait ce rouge, il y a 2 ou 3 ans : Cette cuvée, je l’ai goûtée l’autre jour à Perpignan chez Jean-Pierre Rudelle, marchand de vins de son état. C’était dans sa version 2010, en vente à l’heure actuelle au prix, certes conséquent, de 20 € (au Domaine Gardiès, on a toujours considéré à juste titre que les vins, fussent-ils du Roussillon ne devaient pas être bradés), et je dois dire que j’ai été véritablement impressionné. Élevé en demi-muids, le Carignan sur argilo-calcaire des coteaux de Vingrau, sur la route de Tautavel, étonne à la fois par sa densité, sa profondeur, sa structure bien ferme, sa longueur et sa pureté de fruit. Pas de doute, même si mon observation fait un peu cliché, ce vin fait partie de ces Carignans de légendes qui commencent à fleurir chez quelques maîtres vignerons. Mieux, je dirai que c’est un vin d’intelligence, la conséquence plus d’une réflexion que d’une précipitation.

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Lors de cette belle journée estivale, tandis que se préparait la cargolade, Jean Gardiès, que je n’avais pas revu depuis un bout de temps et dont les vignes sont désormais certifiées bio, nous a fait la surprise d’ouvrir une de ses nouvelles cuvées, un rare Carignan blanc. Je dis rare, or ce n’est pas tout à fait le cas puisque de plus en plus de vignerons mettent en avant ce cépage que l’on croyait relégué aux oubliettes il y a seulement 20 ans, mais qui revient pourtant en force ces temps-ci dans pas mal d’assemblages ou dans les cuvées où il est vinifié seul.

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C’est le cas ici avec ce Côtes Catalanes 2014 qui ne figure même pas sur le site Internet du domaine et dont le prix de vente se situe autour de 20 €. Il offre du charnu, un semblant de rondeur charmeuse en attaque, mais aussi et surtout une magistrale structure empreinte de fraîcheur laquelle maintient le palais en éveil tout en encadrant la bouche de sa persistance. Bien sûr qu’il allait bien sur les escargots farcis d’aïoli et cuits aux sarments !

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Pour mon plus grand plaisir, ce blanc faisait encore plus l’affaire sur l’escalivada de légumes, un plat typiquement catalan, qu’un enfant de 12 ans serait capable de réaliser tant il paraît facile. Ce qui compte pourtant, du moins tel est mon avis, c’est d’avoir à sa disposition un beau plat en terre pouvant aller au four, mais aussi du thym frais de la garrigue, un ou deux feuilles de laurier, une bonne huile d’olive, des poivrons rouges bien épluchés, de l’ail, des oignons de Toulouges, des aubergines et des courgettes du potager coupées en longues lamelles… sans oublier une grand mère cuisinière pour bien surveiller le plat afin qu’il ne brûle point. Cependant, chacun a sa recette, son petit plus, son truc.

L'escalivade et le Carignan blanc. Photo©MichelSmith

L’escalivade et le Carignan blanc. Photo©MichelSmith

Pour vous aider, je vous invite à visionner ici la recette que propose Pierre-Louis Marin, le chef de Montner. Ces légumes confits et croquants se mangent froids l’été. Bien entendu, pour bien l’accompagner, un blanc du pays s’impose dans sa jeunesse, à l’instar des Lucioles du Domaine Modat où je me trouvais ce jour-là et avec lequel je me suis régalé au début. Mais sans faire offense à Philippe, le plat préparé par sa maman (merci Madame !) était comme magnifié par le Carignan blanc de Jean. Sacrés vignerons !

Michel Smith


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#Carignan Story # 282 : parmi de vieux flacons…

Cela m’arrive de temps en temps : à force de collectionner, je suis tombé l’autre soir sur un lot de vieilleries pas si antiques que ça. Des vins divers et variés tirés d’un fond de cave. Mon œil fut attiré immédiatement par le gros flacon (tant pis pour toi, mon cher Hervé…) oublié du Château de Gaure, bouteille lourde d’un vert antique quelque peu grisé, joliment illustrée et estampillée Carignan. En relisant la contre-étiquette que tout le monde néglige de parcourir de peur d’y lire un discours banal et sans intérêt, j’en déduisis qu’il s’agissait d’un tri particulier effectué lors de la vendange 2008 au sein d’une parcelle ancienne plantée de rouge, du côté de Latour-de-France, dans le Roussillon. Le but ? Cueillir les grappes des carignans blancs disséminés – complantés si vous préférez – dans cette parcelle. Le mélange de cépages était classique dans la région où il arrive encore aujourd’hui, dans une vigne que l’on croit être majoritairement plantée de grenache rouge, par exemple, de trouver de ci de là quelques pieds de grenache blanc ou gris, parfois même du macabeu ou du muscat. Ce fut pour moi comme un rappel que la vigne n’a qu’une vie dès lors qu’on s’en occupe, et que si l’on veut que nos enfants en profitent, on se doit de l’entretenir en renouvelant ce qui est sans vie.

Photo©MichelSmith

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Signes d’un temps révolu où le vigneron – pauvre, la plupart du temps – remplaçait ses manquants au fur et à mesure avec les plants dont il disposait sans trop se soucier du cultivar en question. « Je ne sais plus ce que c’est, devait-il penser, mais je n’ai pas d’argent ni de temps pour aller chez le pépiniériste donc, je plante et on verra bien ce que ça donne » ! Pas de je m’enfoutisme à voir là-dedans, mais plutôt une grande logique paysanne, un simple raison pratique et financière dans un pays souvent reculé où les communications n’étaient en rien semblables à celles dont nous jouissons de nos jours. En outre, peut-être par simple effet de mode, peut-être aussi pour remplir les cuves, mais de la Côte Rôtie au Bordelais il était courant en ce temps-là d’ajouter jusqu’à 20 ou 30 % de vin blanc dans son rouge. L’essentiel étant de le vendre au courtier qui le trouvait franc et marchand. Car il fallait bien que l’argent rentre.

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Mais revenons à nos vieilles vignes. La zone du Fenouillèdes, maintes fois évoquée ici pour ses paysages de toute beauté et ses nombreux vignerons de talent intéressés dès le départ par la valeur de nos carignans, la plupart plantés sur schiste, a évité semble-t-il plus qu’ailleurs de sombrer dans la frénésie des arrachages massifs qui eurent lieu dans les années 80 au profit de la Syrah, certes élégante, mais légèrement putassière. Dans ce coin des Pyrénées-Orientales, on maintient en vie avec respect pas mal de vieilles vignes de Carignan, ou de Grenache. Certains vont jusqu’à les vénérer. Non par excès de conservatisme, mais parce que l’on sait que ces plants donnent des vins de haute volée et de très faibles rendements, tout en sachant pertinemment que, faute de pouvoir partir en Côtes du Roussillon, appellation où le cépage Carignan n’est guère en odeur de sainteté (jusqu’à récemment, car le vent tourne, fort heureusement…), ces vins seront étiquetés Côtes Catalanes – ex Vin de Pays, pour ceux qui suivent – ou Vin de France, soit ex Vin de Table.

C’est le cas de cette belle bouteille, Vin de Table (à l’époque) 2008, issu de raisins de Carignan blanc achetés sur place, donc un horrible vin de négoce (pardon pour le sarcasme), vinifié dans une seule barrique comme l’explique fort bien la contre-étiquette. Pour être honnête, je m’attendais au pire. Non pas que le Château de Gaure soit des plus mauvais, bien au contraire, mais parce que je suis encore aux prises avec ces horribles clichés et préjugés que je m’attache pourtant avec l’âge à combattre avec acharnement : le blanc du Sud ne vieillit pas, le négoce c’est de la merde, le vin est celui d’un riche propriétaire, ma cave n’est pas climatisée, etc.

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Quelques mots sur le propriétaire de Gaure, Pierre Fabre. Ses ancêtres vignerons viennent du Gard, tandis que de son côté il a fait sa vie en Belgique. Amoureux du Sud, il s’est entiché d’un domaine de 200 ha de bois et de vignes à proximité de Limoux et de Carcassonne où il vient régulièrement se ressourcer et pratiquer son hobby, la peinture, celle-là même que l’on retrouve sur ses étiquettes. N’ayant que des vignes blanches sur le secteur de Limoux, il a acquis d’autres vignes rouges, Grenache surtout, mais aussi Carignan et Mourvèdre, dans la vallée de l’Agly à une cinquantaine de kilomètres de chez lui. Heureusement qu’il y a encore en France des gens comme lui, des gars qui prennent la peine d’investir dans une propriété de taille non seulement pour y vivre des heures de bonheur avec leurs enfants, mais aussi pour entretenir la terre, la cultiver (en bio), la faire vivre et en récolter des fruits. Oui, tout cela est heureux.

Si j’en crois les caciques, ceux qui clamaient jadis que le Sud était incapable de produire du bon vin blanc, ce dernier aurait du être sifflé dans sa première ou seconde année. N’allez surtout pas les écouter dans le cas où vous tomberiez sur un beau blanc comme celui-là ! Il me rappelle l’exceptionnelle droiture d’un autre Carignan blanc, celui de Daniel Le Conte des Floris, un 2004 de la région de Pézenas (Hérault) goûté il y a deux ans grâce à la générosité de son géniteur. La légère blondeur habituelle de la robe a pris une tonalité certes un peu plus foncée, mais sans aucun excès. Le nez n’est guère expressif, un peu strict peut-être, mais il est pourtant bien là, on le sent, on le devine. Avec ce 2008, tout se passe en bouche. Servi pas trop froid, comme il se doit, on a quelque chose de ténu, comme une sensation de puissance mêlée d’opulence. Voilà un vin qui marque le palais, qui s’impose avec force et noblesse. Aucun boisé hormis une très légère touche pain d’épices, des notes de pêche compotée, de pinède et de cédrat. Et en finale, cette bienveillante acidité qui vous émoustille le palais en faisant durer le plaisir. Pour ma part, j’aimerais le tester sur un poulet au citron ou sur un gros poisson, genre baudroie. Je suis ravi car il me reste un flacon du même vin que je vais attendre encore un peu !

Michel Smith


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#Carignan Story # 280 : Ça se boit bien !

Mieux, le Carignan que j’ai bu l’an dernier dans un restaurant de Perpignan, La Cuisine des Sentiments, où la carte des vins fait l’effort de sortir des sentiers battus, ne manquait ni de douceur, ni de structure, ce qui est somme toute une des qualités premières du Carignan vinifié avec soin à partir de beaux raisins. Celui-là, du Domaine La Beille, était signé Agathe Larrère et Ashley Hausler. Il s’agissait d’un valeureux Côtes Catalanes (IGP) 2013 certifié AB (bio), originaire de Corneilla-La-Rivière, là même où Luc Charlier a sa cave et vinifie « le plus beau Carignan du monde », selon un certain Michel Smith qui en a bu des vertes et des pas mûres depuis qu’il est installé dans le Midi.

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Une fois en bouche, le vin m’offrait un large et radieux sourire avec des tannins chaleureux mais doux. Malgré ses 14,5° de teneur en alcool, il glissait bien dans mon gosier, s’accordant au passage avec mon agneau, laissant une structure fraîche et gentiment poivrée. Je crois me souvenir que sur table il dépassait de peu les 20 € et, croyez moi, je n’avais nullement l’impression d’avoir été volé dans la mesure où le vin remplissait le rôle de compagnon de table que j’exigeais de lui. J’ai même pu emporter le fond de la bouteille pour le finir tranquillement chez moi. Un signe qui ne trompe pas : le vin se boit, donc il est bon !

Michel Smith


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#Carignan Story # 276 : le blanc qui papillonne

Du blanc, enfin du blanc ! Du blanc pour rappeler que notre cher Carignan n’est pas que rouge ou rosé. Du blanc pour saisir au vol l’impact que peut avoir sur la dégustation non aveugle le nom d’une cuvée accolé sur une étiquette de vin. Du blanc bu chaud aussi, enfin à température ambiante (22°), pour changer et montrer que le blanc n’est pas nécessairement l’ami de la glace. En prenant le pouls du nez de cet Effet papillon bien de chez nous (il en existe un autre à Savennières, si ma mémoire ne me trahit pas), bouteille apportée sur ma table par Mireille, que je remercie au passage, j’ai senti comme un battement d’ailes, un léger papillonnage d’effluves monter du verre : il y avait des notes épicées douces et profondes, des miettes granitiques broyées réduites en poussières, du schiste rouillé comme brûlé par le temps, du fumé et de la fumée de sarments, de l’écorce de cédrat et du zeste de citron, enfin que des choses sérieuses, bonnes, apaisantes et stimulantes à la fois. Un vin naturel, en somme, un vrai vrai, comme je les aime.

Photo©MichelSmith

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Bien entendu ce blanc 2014 brandit l’étendard Côtes Catalanes, certainement l’IGP qui rassemble le plus de vins de Carignan sous sa bannière. Cela ne me surprend pas car, en plus d’être montagne, ce vin est mer. Mer et montagne, donc bien Catalan, typique du Roussillon devrais-je dire. Aucun dépaysement pour moi ! En bouche, toujours à la même température, je le sens chaud, c’est vrai, mais sec, bien droit, massif comme le roc des Albères, tendre, friable et salin comme le sable d’Argelès, collant comme l’huile des plantes de la proche garrigue. Pourtant, s’il est bien de montagne, ce n’est pas des Albères qu’il vient, mais d’une montagne voisine elle aussi schisteuse, celle du Haut-Fenouillèdes, comme le stipule la contre-étiquette apposée par Marjorie et Stéphane Gallet du Domaine du Roc des Anges. Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, le domaine des Gallet, à 30 ou 40 km de Perpignan, se trouve non loin du lieu où la rivière Maury va rejoindre son fleuve, l’Agly, aux portes de Corbières et de l’Aude. Le Roc des Anges est aussi connu pour son magistral Carignan rouge, le 1903 plus d’une fois décrit ici. Je crois savoir, sans en avoir la certitude, que ce vin est issu de vins achetés en altitude (autour de 400 m), du côté de Saint-Paul-de-Fenouillet où le raisin mûrit dans la journée et profite à fond des nuits fraîches pour se ressaisir.

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Cap vers l’ouest donc,  le long de la RD 117 qui mène vers Foix en traversant le Fenouillèdes. On ne le croirait pas comme ça, mais ce modeste ruban inauguré en 1824 sur le tracé d’une voie romaine n’est autre que l’ancienne Nationale reliant, côté français, la Catalogne au Pays Basque. Etymologiquement, nous sommes bien plus dans le pays des foins que dans celui du fenouil, même si cette plante ne manque pas dans les parages. Au passage, pour en finir avec un détail qui a tout de même son importance, notons que les gens du cru disent le (la pour certains) FenouillèdesFenolleda, Frenolheda ou Fenolhedes en occitan – pour désigner ce petit territoire pyrénéen qui fut un temps catalan (fenollet ou fenolhet dans cette langue) puisqu’il dépendait, avant le traité de Corbeil (1258), des comtés de Cerdagne et de Besalu. En réalité, des linguistes ont démontré depuis que dans le Fenouillèdes on utilisait presqu’autant de mots catalans qu’occitans. Pour éviter le risque d’une énième polémique linguistique, disons simplement que le Fenouillèdes est une région de moyenne montagne des Pyrénées-Orientales et de l’Aude où l’on parle un peu plus occitan que catalan en se servant toutefois de plus en plus de la langue française…

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Mais revenons à nos papillons. Aucune puissance exagérée malgré la chaleur de la matière qui papillonne en bouche. Au contraire, si l’on ne sent pas du tout d’excès d’alcool, on a quelque chose d’alerte, de rythmé, le tout dans un joli sens de l’équilibre ponctué de savoureuses notes salines.

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Et d’en revenir ainsi à la mer. C’est presque automatique, mais je repense à ces « oreilles » de denti, un fameux poisson de nos côtes si joliment préparé l’autre jour par Carlos Orta Cimas, le chef de mon restaurant favori Villa Mas où j’étais invité par mon ami carignaniste Philippe Modat. J’ai la conviction que ce blanc légèrement fumé, sauvage et minéral collerait à la chair fine de ce poisson tant apprécié des pêcheurs.

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Par acquis de conscience, j’ai revu L’effet papillon à une température beaucoup plus normale pour un blanc après un certain temps passé au réfrigérateur. Le nez est sur la finesse, la bouche délicate, subtile qui vire plus sur l’agrume en finale. L’idéal serait donc de le saisir à une température intermédiaire afin de vibrer à l’unisson et de ressentir les fameux battements d’aile que tout enfant de la campagne a connu au moins une fois dans sa vie en capturant l’insecte dans le creux de ses mains pour épater les autres. C’est ainsi que je propose de le cueillir à 16°, température qui convient parfaitement au Carignan rouge soit dit en passant, surtout en été.

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Stéphane et Marjorie Gallet. Photo©MichelSmith

Le nouveau blanc de Marjorie et Stéphane ne manque pas de succès et je ne serais pas surpris qu’il disparaisse vite des rayonnages de nos cavistes. Chez moi, aux Caves Maillol on m’a assuré qu’ils étaient sur le point d’en recevoir une deuxième fournée. Prix de vente : 10,50 €. Si j’étais vous, j’irais faire le plein sur le champ ! Les poissons de l’été vous remercieront et vous contribuerez, qui sait, grâce à cette belle étiquette, à faire revoler de plus belle ces insectes ailés qui, je ne sais pas pour vous, ont tendance à disparaître dans nos campagnes.

Michel Smith

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