Les 5 du Vin

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Le prix des vins: un sujet tabou ?

Je suis souvent surpris, voire choqué, par le fait que certains producteurs ne connaissent même pas le prix de leurs vins dans un marché donné. Or le vin est quand-même une marchandise et les producteurs vivent du fruit de cet échange. En quoi est-il honteux d’être au courant de ce que le consommateur doit débourser pour acheter leur produit ?

Pas si mal pour débuter, hein ?

Mais, au-delà de cette forme de mépris et en creusant un peu cette affaire de prix, je suis aussi souvent étonné par les différents niveaux de prix qui sont demandés pour des vins de qualité et d’origines équivalentes. Le deuxième qualificatif, celui de l’origine, est objectif, ce qui devrait rendre plus simple des comparaisons. Le premier, celui de la qualité perçue, est largement subjectif et peut donc donner lieu à des discussions sans fin. Mais, lors de dégustations à l’aveugle, le champ devient subitement nettement plus nivelé et les écarts de prix constatés, dûs à des facteurs tels que la rareté, le positionnement des producteurs ou la gourmandise des distributeurs, deviennent à la fois plus évidents et, paradoxalement, moins compréhensibles.

A la base du prix d’une bouteille de vin il y a des données économiques en apparence simples qui sont liés aux coûts de production.  Ces coûts ne sont pas constants pour tous les vins, mais peuvent l’être pour tous les vins d’un même type issu d’une même zone géographique ou appellation. Prenons un exemple : un kilo de sauvignon blanc à Sancerre vaut dans les 5 euros, tandis qu’un kilo du même cépage à Rueda, en Espagne, vaut moins de 70 centimes. En Touraine, je crois que ce prix se situe autour de 1,20 euros. Voilà déjà des points de départ qui ne sont pas identiques pour des vins qui peuvent être, sur beaucoup de plans, comparables en profil.

Ces écarts de prix qui sous-tendent le début d’un calcul d’un coût de revient ont déjà été affectés par le marché et en particulier par la renommée de la région en question, avant même le travail de la vinification. Je veux bien que le coût de production d’un kilo de raisins à Sancerre soit légèrement supérieur à celui du même raisin en Touraine, mais pas 5 fois supérieur ! C’est l’image acquise, ou le capital confiance dans le marché qui dicte cet écart de base. Si on va plus loin dans la chaîne des coûts, on sait aussi que le prix du vrac à Sancerre se situe entre 6 et 7 euros la bouteille. Donc, que la partie vinification coûte entre 1 et 2 euros au dessus du prix du raisin. Mon raisonnement est peut-être biaisé, car je n’ai pas tous les éléments en main, mais restez avec moi jusqu’au bout, s’il vous plaît.

Si on regarde maintenant les prix des sancerres dans le marché français, pour éviter de rendre les calculs trop complexes, que voit-on ? En cherchant du sancerre blanc d’un millésime récent sur le site Wine Searcher, je constate qu’en France, les prix pour une bouteille vont de 10 euros à 72 euros chez des revendeurs. Or les coûts de production à Sancerre ne varient pas dans les mêmes proportions, même si on y intègre un rendement en dessous du plafond, la culture biologique et l’élevage en barrique. Les lois du marché, fondées entre autres sur la réputation du producteur, les avis des critiques, et le positionnement du vin chez le producteur (qui sont tous intimement liés), jouent un rôle déterminant dans le prix final au consommateur d’un vin qui devient, du coup, plus ou moins détaché de son coût de production, même en tenant  compte d’une marge bénéficiaire honnête pour le producteur – disons 25%.

Prenons un autre exemple, celui d’un vin rouge produit dans le Médoc. Mon information sur cet exemple date d’il y a trois ans environ et mériterait probablement un petit ajustement, mais je crois que l’approche vaut toujours, d’autant que nous ne sommes guère en période d’inflation. Le producteur d’un cru classé de cette région m’a dit que son coût de revient pour une bouteille, en mettant tous les frais dedans, tournait autour de 10 euros. Et quand je dis tous les frais, cela incluait ses voyages promotionnels et les pages publicitaires achetés dans des revues spécialisées : autrement dit, le budget marketing de la propriété en question plus l’ensemble des coûts de production. Un tel vin est vendu en primeur à un prix qui tourne autour des 30 euros, ce qui laisse une bonne marge pour le producteur comme pour le négociant. Et ce château est plutôt raisonnable dans son positionnement prix par rapport à certains. Je veux bien que les coûts de production d’une propriété de moindre taille dans la même région grimpent un peu au-delà de 10 euros, par le simple fait d’une échelle réduite, mais pas tant que cela.

Evidement, un vin produit dans une région très accidentée, avec des parcelles séparés les unes des autres, des vignes très vieilles et une impossibilité de mécaniser les travaux va engendrer des coûts de production plus élevés. Et je ne parle même pas de la production d’un liquoreux ! Mais là, encore une fois, on constate des écarts de prix considérables entre différents vins issus de conditions et régions comparables. Et ce ne sont pas toujours les vignobles les plus difficiles à travailler qui obtiennent la meilleure valorisation, ni les vins qui ont nécessité le plus de temps de préparation: regardez les prix de la plupart des vieux vins doux naturels, par exemple !

Je ne suis pas en train de proposer ici un prix uniforme par type de vin, ni d’exclure tout écart de prix mérité par une renommée dûment acquise, voire par une certaine rareté. Ce sont des lois du marché qu’on ne peut pas contrôler. Mais je suis choqué par les écarts de prix que nous constatons tous entre les vins les plus chers et les moins chers. Ces écarts n’ont jamais été si importants que de nos jours. Le meilleur exemple de cela est à Bordeaux, vaste région où la fourchette de prix pour un vin rouge peut aller d’un euro à plus de 500 euros, sans qu’on puisse estimer que le plaisir ressenti en dégustant le deuxième vin soit 500 fois supérieur au cas du premier. Ces prix seraient-ils le simple reflet de notre société qui voit des présidents de sociétés ayant abimé leur entreprise partir avec des chèques de millions d’euros tandis que des millions de gens ne gagnent presque rien ? Certains disent qu’il y a assez de milliardaires sur cette planète pour acheter toute la production des crus classés, des grands bourgognes, des champagnes de cuvée spéciales, des vins dits « de garage » à des prix absurdes, etc, et que tout va bien ainsi.  C’est peut être la vérité pour les milliardaires en question. Mais cela me fait mal que des amateurs moins fortunés ne puissent pas se payer de tels vins. D’un autre côté, je me dis que la valeur ne réside pas dans le prix affiché, et qu’on peut trouver autant de plaisir dans un vin à 10 euros que dans une autre à 50 ou à 100. Et je le constate très souvent. Alors cherchons ailleurs que parmi les vins les plus chers, même si ceux-ci peuvent être très bons.

 

David


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The 2015 Loire Vintage – so far to 20.10.2015

Chenin Blanc developing nicely at Domaine Cady providing proof that there are a good number of vigneron ready to take the necessary risks to make fine sweet wine.

Chenin Blanc developing nicely at Domaine Cady providing proof that there are a good number of vigneron ready to take the necessary risks to make fine sweet wine.

 Today we are heading back to London after nearly five weeks in the Loire with much of this spent travelling up and down the Loire following the 2015 vintage.

Given the number of different styles of wine made in the Loire and the long duration of the Loire’s harvest, it is always difficult and dangerous to generalise about Loire vintages.

However, it seems apparent that 2015 is generally a good to very good vintage, although probably not as stellar as hoped at the beginning of August.

Certainly the marked fluctuations in the weather tested producers’ nerves. Rain during flowering for some varieties caused loss through coulure. Then the very dry weather of June and July initially provoked delight but as the dry, hot weather continued drought became a concern. By August vignerons were looking for a couple of periods of light rain. Unfortunately nature, as so often, over compensated and there was some heavy rain in late August that caused problems in Muscadet, provoking rot in the Melon de Bourgogne. The Pays Nantais probably had the most difficult conditions in 2015.

Picking of early varieties like Sauvignon Blanc and Chardonnay started in the Cher Valley right at the end of August. Most of Touraine’s Sauvignon was picked in good conditions during the first part of September. Yields were lower than hoped for due to coulure and the heat and drought of June and July.

The fine start to September around 12th with a week of frequently torrential rain – in places like Bourgueil recording over 100mm during this period. Fortunately this was followed by a period of settled fine weather with a drying wind from the north-east. The Cabernet Franc appeared to stand up well to this dowsing

During this time most of the grapes in Saint-Nicolas-de-Bourgueil and Bourgueil were picked.

This fine spell came to and end with further heavy rain between 4th and 6th October. Tours recorded 28.5mm on the 5th. Since then it has been dry with some good sunny days but also some cool, overcast days. This has allowed Chinon and Saumur to pick their Cabernet Franc and remaining parcels of Chenin Blanc in favourable weather. The same has gone for Anjou

Further east Sancerre and Pouilly and the Central Vineyards have had another good vintage with the Pinot Noir deemed to be particularly successful. Volume is a little down but this is hardly catastrophic after last year’s bumper harvest and avoiding the frost of late April 2012 that hit vineyards further west.

The current fine spell is raising hopes of some fine sweet wines in Anjou for those prepared to wait and truly pick selectively.

It may well prove in time to be fascinating to compare 2014 with 2015.

Santé

Jim


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2015 – it’s all starting to kick off in the Loire!

Picking in Sancerre September 2009

Picking in Sancerre late September 2009

The 2015 Loire vintage is now underway and is likely to continue at least until the middle or end of October. It is certainly quite an early start – not as early as 2011 when some Touraine producers, such as the Clos Roche Blanche, started in late August. Nor as early as 2003 when Reuilly was picking by around 20th August. But it is certainly the earliest since 2011 and unusually everything seems to be starting around the same time.

The Ban des Vendanges for Pinot Gris in Reuilly was last Friday, while for Quincy it was yesterday, Sancerre/Pouilly will be this Wednesday. Often there can be a week to 10 days between the start in Reuilly/Quincy and Sancerre beginning. Not so in 2015 – everything seems to be more telescoped!

Here is a report received yesterday from Charles Sydney, a courtier en vin based in Chinon:

‘Phil and I were out in the Touraine on Thursday – growers were picking some of the earlier ripening parcels in Noyers, Oisly and Cheverny, so I guess elsewhere too.

Philippe Trotignon’s cahier shows 4 trailers coming in between 12 and 12.7° potential with acidity around 5 grams – definitely time to pick🙂

Only problem is the lack of grapes in the vineyards, at least for Sauvignons in the Touraine – Muscadet and Anjou look better fortunately. It’s some time since we’ve seen such small grapes on such small bunches. That’s down to those few chilly days pre-Vinexpo, just at the end of harvest.

Some growers are starting in Muscadet this week but most are waiting – while others in Sancerre and Pouilly are starting! Le monde à l’envers !’

Fingers crossed for a month or more of sunshine!’

Further west picking of the Chardonnay for Crémant de Loire and Saumur Mousseux started yesterday around Le Puy Notre Dame. See here.

In Muscadet Domaine de l’Ecu and Luneau-Papin will be starting this week. Normally they would be considerably in advance of Sancerre.

Emmanuel Ogereau (October 2014)

Emmanuel Ogereau (October 2014)

From Anjou – Emmanuel Ogereau (Domaine Ogereau, Saint-Lambert-du-Lattay):

‘Les vendanges se préparent très bien en Anjou.

Les vignes ont très bien résisté à la sécheresse au mois de Juillet. Les pluies du mois d’Août leur ont fait le plus grand bien.

Les Chenins sont très jolis pour le moment. Ils sont très goutés et les peaux sont déjà assez fines.

On pourrait donc vendanger assez rapidement. Les vendanges pourraient débuter autour du lundi 21 septembre. A voir comment ça évolue…

On espère que le temps sec et frais de ces derniers jours va se maintenir le plus longtemps possible. On croise les doigts.

Pour les Cabernet, on a le temps. Pas de vendanges avant le mois d’octobre.

On est impatients de vendanger notre vignoble de la Martinière à Quarts de Chaume pour la première fois.’

Due to various commitments we are unable to get out to the Loire until 16th September. It goes without saying we are impatient to get out and see what is happening first hand!

Reflecting on Chenonceau

Reflecting on Chenonceau


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The success of Sancerre

Sancerre from the west.

Sancerre from the west.

A week yesterday my co-Cinq colleague David Cobbold reported on a tasting of wines from the Loire’s Central Vineyards. He suggested that Sancerre producers were perhaps resting on their laurels and that the size of the Central Vineyard appellations corresponded to their success.

No doubt there are producers in Sancerre who sit on the appellation’s current reputation but this is far from true for the leading lights, who are constantly looking to improve their wines both through work in the vineyards and investment in equipment in the wineries. Anyone who wants to see the latest winery equipment used in the Loire heads to Sancerre. Unlike some wineries in Italy, parts of Spain, Napa or Chile you won’t find here modern day wine cathedrals designed at great expense to highlight the owners’ deep pockets. In Sancerre and elsewhere in the Central Vineyards there is happily a marked absence of bling. Here wineries are functional. Producers, like Alphonse Mellot and the Vacheron family, in the town of Sancerre itself are naturally constrained by the narrow streets, tightly packed houses and steep slopes. This also used to be the case in Chavignol but recently there has been a trend for some producers, for instance Gérard Boulay and Thomas-Labaille to build new wineries outside the Sancerre’s capital city, especially on the road between Chavignol and Saint-Satur. Even with greater space available these are functional buildings as is the new dairy built by Rians after they acquired the historic Crottin cheese maker – Dubois-Boulay.

Part of the Henri Bourgeois winery above Chavignol.

Part of the Henri Bourgeois winery above Chavignol.

The ever-expanding Henri Bourgeois winery must the most spectacular development in the region. When I first visited the domaine in October 1989 they had a relatively small winery next to Chavignol’s church. The original winery is still there but its has expanded very considerably up the hill. Again the buildings are functional and designed for easy working. Of course there is expensive kit inside but there for a purpose. The new arrangements for receiving and selecting their Pinot Noir grapes are coming through in the wines.

The Joulin celebrating the 2014 vintage.

The Joulin celebrating the 2014 vintage.

During my brief stay in Sancerre in April I visited three producers – Pascal Joulin (Domaine Michel Vattan) in Maimbray, Clément Pinard (Domaine Vincent Pinard) in Bué and Arnaud Bourgeois (Henri Bourgeois) in Chavignol. I largely concentrated on tasting the 2014s, which is a very good vintage here and was confirmed by my visits. What was impressive was the determination of all three to continue to improve the quality of their wines. At Domaine Vincent Pinard, for instance, the top cuvée of their Pinot Noir is destemmed by hand using a team of around 20. Naturally this attention to detail doesn’t come cheap – the 2012 Vendanges Entières sells for 33€ a bottle at the domaine. Would you find the same quality, however, in Burgundy for this price?

Clément Pinard

Clément Pinard

Arnaud Bourgeois

Arnaud Bourgeois

Given Sancerre’s current success and wealth it is easy to forget how poor and backward the area was still at the end of the 1940s and early 1950s. I always remember many years ago André Dézat recounting the lack of electricity in the early 1950s, that water had to be fetched from the well and that for most families in the area they made a living of sorts on a few hectares of polyculture. It was the arrival of the first tractors in the 1950s that allowed the dynamic to start to expand their holdings. This was also the epoch when the leading lights of the appellation started to take their wine up to Paris and so established a reputation. La Maison des Sancerres in the town of Sancerre does an excellent job covering the history of this period along with separate explanations of the geology of the area. This is the starting point for understanding Sancerre.

It should not be surprising that Sancerre is the easily the largest appellation in the Central Vineyards. Simply it has the biggest area of land suited to grape production. The suitable area in Pouilly is much more limited, while for Menetou-Salon it is largely the ridge that runs from Morogues to the town of Menetou-Salon – to the south there is too much clay and there are extensive forests to the north. Now there are 465 hectares planted but back in 1991 Gilbert & Gaillard in their Guides des Vins: Pays de La Loire listed Menetou at 100 hectares.

To the south west in the Cher Valley the land appropriate for vines for the ACs of Quincy and Reuilly is very much limited. For Quincy the focus is on the gravel banks laid down by the Cher and Reuilly relies on the the slopes facing the River Arnon, otherwise this is an area of cereal production. Both ACs virtually disappeared during the 1980s – G&G record 60 ha for Quincy and just 40ha for Reuilly. Following a welcome renaissance Quincy today has some 224 hectares planted with Reuilly on 186 hectares.

Santé!

JBGlassesss


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Two dinners and a lunch (part 2)

Cheu L'Zib, Menetou-Salon

Cheu L’Zib, Menetou-Salon

My last Tuesday’s post left us enjoying a copious, traditional Sunday lunch at that Menetou-Salon institution Cheu L’Zib:

‘We left the Joulins in time to drive to Menetou-Salon for a traditional blow-out Sunday lunch at C’Heu l’Zib. If you have been there once then you will know what will be on the menu as it is virtually unchanging largely because the clientele goes for their terrines, the famous pike in beurre blanc and the slab of wickedly rich charlotte aux chocolate as a coup de grâce!. It is fun to do once every so often – always a good atmosphere of people, often in large family group, enjoying themselves. Just don’t arrange to do anything much, apart from taking a substantial siesta, afterwards. (posted 21.4.2015)’

 

Un vrai menu fixé!

Un vrai menu fixé!

I find the theory and practice of lunch somewhat at variance and by lunch here a mean a substantial lunch with three courses and wine not a hurried grabbed sandwich. The theory is wonderful – setting aside several hours to enjoy a feast in the middle of the day what could be better? It indicates that you are a person of some leisure – not ruled and traumatised by a series of meetings and appointments. The practice can often live up to expectations. It is post-lunch that I find more problematic as a copious and bien arrosé en modération déjeuner can often bring the day to a premature close. Not you understand that I have anything against a siesta even a substantial one – both are admirable and an integral part of a civilised life. A siesta is normally a refreshing rest of variable duration before further activity. A post substantial lunch siesta is all too often instead a prolonged preparation for an early night.

The happy practice of Sunday lunch at Le Zib

The happy practice of Sunday lunch at Le Zib

Isabelle and Pierre Clément, 2013 La Dame de Chatenoy, Mentou-Salon

Isabelle and Pierre Clément, 2013 La Dame de Chatenoy, Mentou-Salon

Anyway more than enough of this philosophy… the much more important question is what we drank at Cheu L’Zib. Naturally the wines of Menetou-Salon have pride of place on the list. I’m not even sure whether any vins d’étranger, from Sancerre for example, are listed. If they are I didn’t notice them. We selected the excellent 2013 La Dame de Chatenoy from isabelle and Pierre Clément as our white Menetou for our apéro and to carry us just about through to the famous pike dish. Well balanced with ripe grapefruit flavours, weight and length.

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The red Menetou was easy to choose: Philippe Gilbert’s 2010 Les Renardières. I am very impressed with Phlippe Gilbert and have often tasted his wine but never to date drunk the wine at table. The 2010 lived up to expectations – voluptuous and delicately silky as only good Pinot Noir can be. Further confirmation of the progress made by leading producers in the Loire’s Central Vineyards through careful work in the vineyard and rigour during the vendange.

As I suspected lunch at Zib virtually finished off the rest of the day but did mean I was thoroughly rested for Monday. A morning bike ride in the Sancerre vineyards– flat it isn’t! A couple of visits in the afternoon – Vincent Pinard and Henri Bourgeois – leading to dinner at Jean-Marc Bourgeois’ La Côte des Mont Damnés in Chavignol.

As I was fractionally late getting to the table due to a very interesting extended tasting with Arnaud Bourgeois – more on the two tastings next week as well as some thoughts on David Cobbold’s fine piece on the Central Vineyards yesterday – Carole had already selected a white – the 2012 Le Chêne Marchand from Lucien Crochet. What an excellent choice this was! Le Chêne Marchand is one of the oldest recognised vineyard sites of Sancerre. As you drive into Bué from the south it is on the slopes to your left hand side. It is limestone with very little top soil – known locally as caillottes. Generally the wines from caillottes, which makes up about 40% of Sancerre’s vineyard, are the quickest and most expressive when young.They tend to be bottled young. This is not the case for Gilles Crochet, the son of Lucien and who has now for a number of years run the domaine. Gilles prefers to give his wines a lengthy élevage. This showed to advantage with the 2012 – complex, good texture with length and balance.

A 1st course

A 1st course

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A 1st course

A 1st course

 

Delicate entrée featuring langoustine

Tagliatelle Géante de Crottin au Beurre de Muscade.

Tagliatelle Géante de Crottin au Beurre de Muscade. very much Jean-Marc’s speciality 

2011 la Bourgeoisie, Sancerre Rouge Henri Bourgeois

2011 la Bourgeoise Sancerre Rouge Henri Bourgeois

Even since I first tasted the whites of Henri Bourgeois back in the early part of 1989 I have been convinced of their quality. The reds, however, I long felt were not of the level of the whites. However, over the last few years there has been a marked improvement in the reds. They have a lot in the handling of the fruit during the vintage. Again like Philippe Gilbert’s Menetou Red the previous day I had tasted these wines bit not drunk them, so I was determined to try one on this night. Its silky texture and spicy fruit backed up my feeling that the gap between the Bourgeois reds and their whites is closing. A lovely bottle and further proof that Pinot Noir from the Central Vineyards is well worth searching out.

Delicious and delicate pigeon – a great foil for the red.

Delicious and delicate pigeon – a great foil for the red.

Sancerre from the west.

Sancerre from the west.

JBGlassesss


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Réflexions sur les vins de Centre Loire

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Un trop bref séjour récent à Sancerre pour animer une table ronde organisée par le CNAOC et portant sur des sujets de fond (le réchauffement climatique, les maladies de la vigne et la réduction des intrants, avec leurs conséquences sur l’encépagement et d’autres règles des appellations) m’a donné l’occasion de demander aux responsables de cette région de m’organiser une dégustation de quelques vins du Centre Loire. Le préavis que j’ai pu donner étant court, je les remercie d’avoir su bien organiser cette dégustation qui a réuni 68 échantillons de l’ensemble des appellations de la région. Je rajoute que cette inter-profession, bien conduite par Benoit Roumet, a l’intelligence de produire un dossier de presse factuel et riche, entièrement libre du bla-bla polluant qui sévit trop souvent dans ce genre de document.

300px-008_Sancerre_sur_sa_butteSancerre  vers cette époque : en tout cas cela ressemblait à ça vendredi dernier (photo Henri Moreau)

Voici les appellations de la région Centre Loire, par ordre alphabétique : Châteaumeillant (90 hectares : vins rouges et rosés de gamay ou pinot noir), Coteaux du Giennois (200 hectares : blancs de sauvignon ; rouges et rosés de pinot noir et gamay), Menetou Salon (550 hectares : blancs de sauvignon; rouges et rosés de pinot noir), Pouilly Fumé (1.320 hectares: blancs de sauvignon), Quincy (280 hectares: blancs de sauvignon), Reuilly (235 hectares: blancs de sauvignon, rouges et rosés de pinot noir, ainsi que «gris» de pinot gris), et enfin la plus grande et la plus connue, Sancerre (près de 3.000 hectares: blancs de sauvignon; rouges et rosés de pinot noir). Je sais bien que techniquement, les 30 hectares de Pouilly-sur-Loire en font partie aussi, mais il semble que le marché et les producteurs ont décidé d’un commun accord de laisser le chasselas aux Suisses ou aux Savoyards et il n’y avait aucun échantillon de cette appellation en voie (probable) de disparition.

carte Loire

La partie orientale du Val de Loire, là où le fleuve amorce son virage vers l’ouest, touche presque à la Bourgogne, ce qu’on voit à peu près sur la plus petite carte

Premier constat: cette région représente sur le plan géographique un point de rencontre entre vallée de la Loire et Bourgogne. Cela se confirme à la fois par son climat, plus nettement continental que les parties en aval sur la Loire, mais aussi par l’encépagement qui emprunte le gamay et pinot noir (et aussi, un tout petit peu, le pinot gris) à la Bourgogne, et le sauvignon blanc à la Loire. Rappelons que ce même sauvignon blanc existe aussi en Bourgogne, pas si loin de là, dans l’appellation Saint Bris, près de Chablis. Le cépage ne reconnaît pas les frontières que quelques imbéciles tentent de lui imposer par pur esprit de protectionnisme !

SANCERRE photo Bookinejpg autre image, plus estivale, du vignoble sancerrois où pentes et orientations varient pas mal (photo Bookine)

Deuxième constat: ces sept appellations connaissent des fortunes assez diverses, comme le reflètent leur tailles relatives. Sancerre mène clairement la danse régionale, avec plus du double de la surface de sa suivante, Pouilly Fumé. Si, historiquement, la proximité avec le fleuve a pu expliquer certains écarts de fortune, je pense qu’aujourd’hui, c’est surtout la facilité avec laquelle on prononce les mots qui joue un rôle prépondérant, sans parler de la qualité perçue des vins (vrai ou faux: j’ai bien dit «perçue»). Si on regarde les pourcentages des ventes réalisées à l’exportation, appellation par appellation il est clair que la taille et l’antériorité de l’appellation jouent un rôle, comme l’indique ce tableau :

 

appellation date création Superficie/ha % export
Sancerre 1936 3000 57%
Pouilly Fumé 1937 1320 53%
Menetou Salon 1959 550 13%
Quincy 1936 300 14%
Reuilly 1937 235 15%
Giennois 1998 200 17%
Châteaumeillant 2010 90 2%

 

Les deux plus grosses appellations sont, et de loin, celles qui exportent le plus. Menetou-Salon, qui les suit de loin, a un nom plus difficile à prononcer et une date de création plus récente. Je ne m’explique pas bien pourquoi Quincy est resté si petite et peu connue, mais il y a sûrement d’autres facteurs qui entrent en compte.

logo centre Loire

Maintenant, parlons de cette dégustation, qui donnera lieu à d’autres commentaires plus ou moins généraux. Je remercie les vignerons ayant accepté d’envoyer des échantillons avec si peu de préavis. Même si ce type de dégustation ne permet pas de donner une vision complète, et encore moins d’établir une quelconque hiérarchie dans la qualité, vu le nombre de vins représentant chaque appellation et chaque couleur (j’en donne les chiffres ci-dessous), avec 68 vins dégustés, je m’autoriserai quand même à faire quelques observations et à souligner mes vins préférés.

Les vins étaient jeunes, et parfois trop jeunes. Je m’explique: ils devaient tous être en vente actuellement: la majorité provenait des millésimes 2012 et 2013, mais avec pas mal de 2014 aussi, dont une forte proportion de Sancerre et de Quincy. La plupart de ces blancs de 2014 méritaient au moins 6 mois de plus d’élevage. La pression des marchés explique probablement une telle précipitation à mettre en vente des vins trop jeunes, car encore fermés et manquant d’affinage dans leurs textures comme dans leurs saveurs. Les millésimes 2012 et 2014 (avec un jugement de potentiel pour ce dernier à cause de sa jeunesse) m’ont parus au-dessus du 2013, dont la météo à rendu l’exercice difficile, je crois.

 

Les vins dégustés

Vins rouges : 1 Châteaumeillant, 1 Coteaux du Giennois, 3 Menetou-Salon, 5 Sancerre

Vins rosés : 2 Reuilly, 1 Menetou-Salon, 2 Sancerre (et un vin de table dont je parlerai)

Vins blancs : 4 Coteaux du Giennois, 4 Reuilly, 14 Quincy, 4 Menetou-Salon, 8 Pouilly-Fumé, 17 Sancerre

 

Mes vins préférés

Vins rouges

Menetou-Salon, Domaine Ermitage, Première Cuvée 2014

Menetou-Salon, Domaine Pellé, Les Cris 2012

Sancerre, M et E Roblin, Origine 2013

Sancerre, Domaine Henri Bourgeois, La Bourgeoise 2012

Vins rosés

Reuilly, Jean Tatin, Demoiselle Tatin 2014

Menetou-Salon, Domaine Ermitage, 2014

Vins blancs

Quincy, Jean Tatin, Succellus 2013

Quincy, Domaine Portier, Quincyte 2013

Quincy, Domaine de la Commanderie, Siam 2013

Quincy, Domaine Villalain, Grandes Vignes 2014

Menetou-Salon, Domaine Pellé, Le Carroir 2013

Menetou-Salon, Domaine Jean Teiller, Mademoiselle T 2013

Pouilly-Fumé, Château de Tracy, HD 2012

Pouilly-Fumé, Domaine Landrat Guyollot, Gemme de Feu 2012

Pouilly-Fumé, Serge Dagueneau et Fille, Tradition 2014

Sancerre, Domaine Laporte, Le Grand Rochoy 2012

Sancerre, Vincent Grall, 2014

Sancerre, Jean Reverdy et fils, La Reine Blanche 2014

 

Remarques sur ces résultats

D’abord le caveat habituel sur une dégustation, même à l’aveugle comme ici: ce n’est jamais qu’une photo instantanée, et qui ne montre qu’un fragment du paysage, vu la représentativité relative de cet échantillonnage. Seule une minorité des producteurs avaient proposé des échantillons. Mais on peut aussi constater que des producteurs dont j’ai déjà très bien dégusté des vins sont au rendez-vous. Je pense à Jean Tatin et au Domaine Portier à Reuilly et Quincy ; aux Domaines Pellé et Jean Teillier à Menetou-Salon ; au Château de Tracy à Pouilly et à Henri Bourgeois, au Domaine Laporte et à Vincent Grall à Sancerre.

Deux vins à part

J’ai mentionné un vin (rosé) produit sous la désignation « vin de table ». Il s’agit d’un cépage récemment sauvé de disparition et qui a été autorisé en plantation à titre expérimental, je crois (ou bien au titre de la sauvegarde de la bio-diversité, je ne sais plus !). Ce cultivar s’appelle le genouillet et le Domaine Villalain, de Quincy et de Reilly, a envoyé un échantillon de son millésime 2014. Je ne fus pas surpris d’apprendre qu’un des ses ancêtres est le gouais blanc, cette variété à la multiple descendance mais dont les vins peuvent aisément ressembler à de l’acide de batterie. Ce n’était pas franchement le cas pour ce vin, aux odeurs inhabituelles de paille et de sciure, avec une belle vivacité mais peu de fruit. Une curiosité, du moins pour l’instant.

Le pinot gris peut produire , sous l’appellation Reuilly, des vins qualifiés de rosés, mais dits « gris de gris » et en réalité blancs à peine tachés. J’ai beaucoup aimé celui de Jean Tatin, même si je le considère plutôt comme un blanc. Le nez est très aromatique et la texture suave. Equilibre et longueur sont excellents, avec juste une pointe de tannicité à la fin qui trahit un travail de macération, peut-être.

Les défauts de certains vins

Un vin bouchonné, quelques vins trop soufrés et un bon nombre de blancs mis en bouteille trop jeunes. En mettant ces vins blancs sur le marché si rapidement, on a tendance à les simplifier. Et, du moins dans le cas des Sancerre, il n’y a pas d’excuse du côté de la rentabilité. Après, il y a des questions de style. En ce qui concerne les vins de sauvignon blanc, je n’aime pas les odeurs agressives de buis ou, pire, de pipi de chat. Je crois que les deux proviennent d’une forte présence de molécules de la famille des thiols. On rencontre cela plus facilement lorsque les raisins ne sont pas assez mûrs. Peut-être aussi quand l’élevage n’a pas encore calmé ce type d’odeur primaire (un avis d’expert serait le bienvenue sur ce sujet technique).

J’ai aussi l’impression que Sancerre vit un peu sur sa renommée. Cela semble être les cas si on regarde la proportion de vins que j’ai appréciés par rapport au nombre d’échantillons dégustés (même si ça n’est pas très fiable statistiquement)…

Je n’ai pas les prix de ces vins, mais le rapport qualité/prix d’un Menetou-Salon, par exemple, est sans doute plus favorable en moyenne, que celui d’un Sancerre.

David Cobbold


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Two dinners and a lunch (part one)

2014 Sancerre Gérard Boulay

2014 Sancerre Gérard Boulay.

After spending three weeks in the Cher Valley, some 40 kilometres east of Tours, we headed for a three-night stay in Chavignol – an opportunity to eat well and enjoy some Sauvignon Blanc and Pinot Noir not forgetting to fit in a few tastings and a bike ride to mitigate some of the acquired calories.

We arrived early on Saturday evening and checked into our favoured hotel in the area – La Côte des Monts Damnés – run by Karine and Jean-Marc Bourgeois. That evening we ate just down the road at the Restaurant Au P’tit Goûter run by Gilles Dubois formerly of the famous Chavignol cheese company Dubois-Boulay until it was bought by the large diary company – Rians. There are some who maintain that the Crottins from Dubois-Boulay are not as good since the takeover. Happily I think this is wrong as the cheeses remain as good as they always were.

But back to Au P’tit Goûter, which is becoming more sophisticated with choice of couple of menus. A strong point remains the choice of local wines, sourced by Gilles from his many years of contact with local producers. We started with the 2014 Tradition from Gérard Boulay, who for me is one of the top producers in Sancerre. His 2014 Tradition was simply delicious to drink. The 2014s are being lauded in Sancerre and with some reason. They have great balance – balance that was evident from the very beginning not just here but throughout the Loire. There is a vibrant tension without the richness of a vintage like 2009, which I assume reflects the cool 2014 Summer. The Indian summer in September ripened the grapes but left the acidities present. Although there are crucial months, for example September here in the Loire, the whole of the growing season plays its part so the 2014 wines will still, in part, reflect the cool summer. The few 2014s in bottle that aI tasted are already showing well and should be wines to keep.

Not surprisingly Crottin plays an important role in the cooking here.

Not surprisingly Crottin plays an important role in the cooking here – a cocotte of melted Crottin.

2013 Sancerre Rouge Domaine Pierre Martin

2013 Sancerre Rouge Domaine Pierre Martin

Pierre Martin is one of the younger Sancerre growers, who has impressed me over the past seven or eight years. Although 2013 is not the greatest vintage for Sancerre Rouge, I was interested to see how Pierre had fared in 2013. Although lighter than vintages like 2009, 2010 and 2014, this still had a some fruit concentration and Pinot silky texture – enough to cope with our duck leg. This was the first of three reds that we drank over our stay – all three impressed underlining the progress that has been made with Pinot Noir in the Central Loire vineyards over the past two decades.

Heads up! Pascal, Nathalie and Rémy Joulin celebrate the 2014 vintage.

Heads up! Pascal, Nathalie and Rémy Joulin celebrate the 2014 vintage.

Sunday morning there was was time to spend just over an hour with Pascal Joulin (Domaine Michel Vattan) to taste the unbottled 2014s and a few previous vintages in bottle. Again the vibrant, clean and finely balanced 2014s impressed. From the bottled wines I enjoyed the texture and length of the 2013 Argile, Sancerre Blanc and the more concentrated and beginning to evolve 2012 Les L.O., which has an intriguing touch of bitterness in the long finish. Pascal releases L.O. only in good vintages – 2002, 2006, 2010, 2012 and most probably 2014.

Following our tasting we had a quick look at some of his vineyards high up on the steep slopes above the little village of Maimbray. We discussed the problem of erosion on these steep slopes and the role grassing over the vineyards and careful cultivation plays in reducing water runoff. Pascal explained that he leaves the prunings amongst the vines which further helps to slow down rainwater. Sancerre can be prone to severe storms. I remember a good 15 years or more ago a an early August storm with torrential rain that washed down lots of soil from the vineyards flooding out cellars and with a landslide cutting the road between Saint-Satur and Chavignol. This was in the days when the use of weedkiller was more widespread than it is now.

The practice of blitzing these steeply sloped vineyards with weedkiller is, however still unfortunately too common. Pascal showed me one of his neighbour’s vineyard which is entirely weed killered and every time it rains heavily the soil is washed down. This seems such a short-term approach and, given the price that Sancerre commands, not one that can be defended through economic necessity as can be argued in AC Touraine, especially those producers who are members of a coop or who supply négociants.

We left the Joulins in time to drive to Menetou-Salon for a traditional blow-out Sunday lunch at C’Heu l’Zib. If you have been there once then you will know what will be on the menu as it is virtually unchanging largely because the clientele goes for their terrines, the famous pike in beurre blanc and the slab of wickedly rich charlotte aux chocolate as a coup de grâce!. It is fun to do once every so often – always a good atmosphere of people, often in large family group, enjoying themselves. Just don’t arrange to do anything much, apart from take a substantial siesta, afterwards.

Details of what we drank – Menetou-Salon, of course – and the rest of our visit will be posted next week.

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J-Elvis1