Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Central Loire Vineyards: forthcoming events

Events: 14th August to 9th September 2017 

Plenty of events here for the diaries of those of you in the Central Loire vineyards for the next month or so. 

 

 

 

 

 

 

Exhibitions:

 

NouveauOs


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Clos Rougeard & Château de Sancerre: two headline Loire purchases

NadiFoucaultasNady Foucault tasting in the
Clos Rougeard cellar in 2009

BureauduRégisseurs

 

There have been two recent purchases of well-known Loire domaines that have hit the headlines. Firstly Maison Ackerman buying Château de Sancerre from the Campari Group, who have decided to divest themselves of all their still wine portfolio. Then at the end of last week came the long-awaited confirmation that Martin and Olivier Bouygues, owners of Château Montrose in Saint Estèphe, have bought Clos Rougeard from the Foucaults.

One of these deals makes obvious commercial sense whereas for the other the advantage is, I think, more questionable.

Ackerman, the most important Loire owned négociant in the valley and since early 2015 part of the group Terrena, has pursued an expansionist policy. Acquisitions over the past few years include in 2015 the 110-hectare Château de Varière in Brissac-Quincé, which has vineyards in a number of Anjou appellations including the Quarts de Chaume and Bonnezeaux. It also includes the 40-hectare Domaine de la Perruche in Montsoreau for Saumur and Saumur-Champigny.

Previously Ackerman bought the sparkling wine producer Monmousseau based in Montrichard in the Cher Valley in 2011 and the Celliers du Prieuré based in Saint-Georges-sur-Loire in 2014.

The purchase, which is subject to a final administrative approval, of Château de Sancerre gives Ackerman 55-hectares in the Loire’s best known and successful appellation. The deal completes Campari’s sale of its still wine businesses – Sella & Mosca and Teruzzi & Puthod in Italy and Casa Lapostolle in Chile. It is welcome that an important Sancerre domaine returns to a company based in the Loire.

In contrast I have to wonder a little about the Bouygues brothers buying Clos Rougeard, especially over the long term. There is no doubt that through the efforts of the late Charly Foucault and his brother Nady, this small domaine has become the most iconic Loire estate with their wines now fetching higher prices than any other Loire domaine. Equally there is no doubt that together Charly and Nady and previous generations of the Foucaults made lovely wines. I still remember an amazing afternoon in the the magical cellar at Chacé tasting/drinking a 1937 ‘Saumur-Champigny’ followed by a 1921 ‘Coteaux de Saumur’.

Ouest-France yesterday speculated that it cost the Bouygues brothers 14 million euros to clinch the deal. The paper’s credibility is slightly undermined here by captioning their photo of the two brothers in their cellar at ‘Macé’ when it should be Chacé. Jane Anson in Decanter reports that Hervé Berland, CEO of Château Montrose in Saint-Estèphe will now also oversee Clos Rougeard with Nady Foucault remaining as consultant.

It remains to be seen how much Nady, at retirement age, will actually be involved and for how long.  You can promise to continue the traditions and methods of the Foucaults but what of their inimitable personalities? Without their touch and presence will the Clos Rougeard wines still be seen as extraordinary? The Les Poyeux vineyard, for example, is not a monopole. In years to come will the Clos Rougeard Les Poyeux be seen as worth so much more than Les Poyeux from Antoine Sanzay or Bonnelière (Bonneau family)? Furthermore this sector of Saumur is frost prone.

It all remains to be seen. The Loire needs internationally renowned producers….à suivre….

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Part of Les Poyeux

 

Buddhaas

 

JIM BUDD

 

 

 


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Gérard Boulay: two Sancerres + 2017 VitiLoire

Gérard Boulay: two magnificent 2014 Sancerres

 

2014 Monts Damnés


2014 La Côte 

Saturday evening two friends – Suzie and Mark – came for apéros. They are now Epeigné-les-Bois’ sole wine producers with their bijou vineyard – Clos Chossay.

I thought it would be interesting to try two of Gérard Boulay’s single site wines – Monts Damnés and La Côte – both from 2014.

I decided to serve the Monts Damnés first as it is more austere and mineral, while La Côte, which is the last of Gérard‘s vines to be harvested, had a little more weight. Both were excellent and still young with many years ahead of them. 

Les Monts Damnés site is now well known but La Côte (La Grand Côte) is much less well known – in part because it is off the beaten track unlike Les Monts Damnés.

 View of Chavignol (nestling below the surrounding hills in the distance)

Les Monts Damnés are to the right of the village in this photo,
while La Grande Côte is round to the left towards Amigny
beyond Le Cul de Beaujeu, which dominates Chavignol

  Some of the slopes of  Les Monts Damnés looking towards Sancerre
Gérard Boulay 

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The annual VitiLoire consumer fair in the centre of Tours, which is always held on the last weekend in May, is well worth visiting. It is a great opportunity to taste a wide range of wines from all over the Loire as well as to buy them.

5 spots incontournables pour les wine lover 
Press release:

‘À seulement 1 heure de Paris, VitiLoire est la plus grande manifestation gratuite et grand public autour des 79 appellations des vins du Val de Loire, 1er vignoble oenotouristique de France. Le temps d’un week-end prolongé, c’est également l’occasion de découvrir Tours, Cité Internationale de la Gastronomie, les bars à vins, les restos, les meilleurs cavistes de la ville et de vivre des expériences inédites dans le vignoble !

VitiLoire
Gastronomie, vins, patrimoine, culture : Tours remet le couvert avec la 15e édition de Vitiloire ! Avec ses grandes tablées conviviales et sa ribambelle de petits kiosques d’artisans locaux et de producteurs viticoles, VitiLoire est un événement 100 % locavore. C’est aussi le meilleur moyen pour goûter les grandes appellations de la région, telles que Sancerre, Vouvray, Chinon et de commander ses bouteilles directement auprès de petits vignerons. Du bar à vins qui invite les amateurs à voyager dans le temps grâce à une sélection de millésimes aux ateliers de dégustation pour s’initier aux vins du Val de Loire et comprendre leur processus de fabrication, VitiLoire est un vrai rendez-vous pour les amateurs ou dégustateurs avertis.

VitiLoire 2017 // Samedi 27 de 10h à 19h et dimanche 28 mai de 10h à 18h
3 560 m2 d’exposition à ciel ouvert en plein centre-ville
• 79 AOC du Val de Loire
• 140 exposants (vignerons, caves coopératives et négociants du Val de Loire, artisans des métiers de bouche, services) • 10 chefs cuisiniers Tourangeaux
• Fréquentation 2016 : 35 000 visiteurs
• Entrée libre

  • 5 € le verre collector pour déguster les vins
• Nombreux services : livraisons, grooms, garderie d’enfants
• Horaires : samedi de 10h à 19h, dimanche de 10h à 18h
•

Lieux : Place de la Gare, Boulevard Heurteloup, Jardin de la Préfecture

Bar à vin/resto/caviste : le vin dans tous ses états
Verre d’A.O.P Touraine sur la Place Plum’ ou à la Guiguette de Tours sur Loire à l’heure de l’apéro, bars à vins, cavistes : Tours égrène intra-muros une multitude de bonnes adresses. Avec sa déco trendy, son épicerie et sa jolie cour privative, La Réserve comble tous les goûts avec une carte des vins riche de 70 références qui font voyager les palais dans tous les vignobles de France. Authentique par nature, La Cave sur la Place tire son épingle du jeu avec une sélection de vins en bio, biodynamie et nature. Côté agapes, le QG est un nouveau restaurant artisanal qui prône les circuits courts et les produits frais avec une belle sélection de vins au verre à partir de 5€. La Réserve // 84 rue Colbert – La Cave sur la Place // Place Velpeau – Le QG // 9, place du Grand-Marché, formule déjeuner à 21€

Segway© dans les vignes
Ecologique, silencieux et insolite, le segway s’aventure désormais au coeur des différentes A.O.C des Vins de Loire. Balades de 1h30 ou 2h avec ou sans dégustation de Vins de Loire, la société Gyroway propose plusieurs randos-vignes en gyropode au départ d’une cave partenaire à destination de Chinon, Touraine, Bourgueil, Saint Nicolas de Bourgueil, Vouvray, MontLouis ou Saumur Champigny.

Gyroway // Balade de 2h – 49€ pour les adultes / 39€ pour les moins de 16 ans

Nuit dans un domaine viticole
Propriété viticole en pleine nature, le Château de Fontenay, producteur en A.O.C Touraine à Bléré, propose 4 chambres d’hôtes avec vue sur le Cher et 12 hectares de vignes. Le lieu parfait pour se reposer, méditer et se ressourcer à l’ombre des des glycines…
Le + : certains éléments de la déco du château proposés à la vente !

A partir de 99€ la nuit pour 2 personnes

Randos dans le vignoble
Organisées par le service Archives et Patrimoine de la Ville de Tours et encadrées par le Comité Départemental de Randonnée Pédestre d’Indre-et-Loire et l’Of ce de Tourisme de Tours, VitiLoire propose 3 circuits pédestres thématiques à la découverte du patrimoine viticole et gastronomique de Tours ainsi qu’une grande randonnée à Vélo de 3 heures. Vigne, Loire et Littérature // samedi 27 – Une balade de 6,5 km qui permet de découvrir le passé viticole de Saint-Cyr-sur-Loire, terre de nombreux écrivains tels que Balzac, Anatole France ou encore Tocqueville.

Vigne en ville // dimanche 28 – Une balade de 8,4 km qui relie VitiLoire au domaine viticole du Clos de Rougemont.
Cité de la Gastronomie // samedi 27 – Un parcours urbain de 4 km pour découvrir les spécialités culinaires de la ville autour des Halles de Tours.

Histoire et Paysages du Vouvray – dimanche 28 – Randonnée cycliste de 25 km immerge les visiteurs en plein coeur des vignobles de Vouvray…’

Scenes from previous editions:

 

 

 

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Que veut dire le mot « minéral » appliqué à un vin ?

Ce billet a été, en partie, généré par ma rencontre récente (voir mon article de lundi dernier) avec ce concept de « minéralité » lors d’une dégustation de vins de Gigondas.

Voici la définition du terme « minéral » donné par Vikidia, le dictionnaire destiné aux 8-13 ans (ce qui correspond assez bien à mon niveau en matière scientifique !):

« Un minéral est une substance qui n’est pas vivante et peut être formée naturellement ou synthétisée artificiellement. Il se définit par sa composition chimique et l’organisation de ses atomes. Les minéraux sont généralement solides dans les conditions normales de température et de pression. »

Il est difficile, voire impossible, de décrire le goût d’un vin par des mots, mais nous tentons constamment de le faire, car il le faut bien. Dans nos tentatives de transposer des sensations physiques, aussi bien olfactives que tactiles et gustatives, en mots, nous recourrons tout le temps à des analogies, approximations et métaphores qui ne sont que rarement satisfaisants.  Surtout ils ne fonctionnent pas pour tout le monde. De plus ces analogies et les mots qui les accompagnent subissent l’influence des modes et on sait bien que la mode est forcément passagère.

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Autrefois on parlait d’un vin puissant comme « ayant de la cuisse », par exemple. Plus personne n’utilise ce genre d’expression de nos jours. Mais il a été remplacé par d’autres qui, probablement, auront aussi une durée de vie limitée. Je pense par exemple au mot « minéral » que j’entends de plus en plus et, ce qui est plus étrange, appliqué à toutes sortes de vins. Un vin décrit comme étant « minéral » révèle en réalité un raccourci pour « ayant un goût qui semble relever du domaine minéral ». Le problème avec les raccourcis est que, souvent, ils induisent d’autres notions que celles qu’ils sont censés décrire. Il y a des minéraux dans tous les vins, mais pas plus dans certains que dans d’autres. Donc il n’y a pas des vins plus « minéraux » que d’autres, au sens stricte du terme. De toute façon, ces minéraux sont soit sans aucun goût, soit présents dans des quantités qui ne les rendent pas perceptibles par un palais humain.

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Alors d’où vient cette idée de décrire certains vins comme étant « minéraux » ? Je vous propose deux types d’explications.

La première est une volonté de communiquer qui relève du marketing du vin. Décrire le goût d’un vin comme étant « minéral » induit, du moins dans l’intention de celui qui tient ce discours, l’idée qu’il a un lien directe avec la terre, et particulièrement avec la roche qui se trouve sous la terre de surface. Cette projection relève largement de l’ordre du fantasme car la plupart des minéraux qui constituent les roches ne sont pas solubles dans de l’eau et donc ne peuvent en aucun cas être transmis à la vigne, à supposer même que leurs molécules arrivent à passer dans le système racinaire de la plante, remonter jusqu’au fruit et survivre à une double transformation biochimique: celle du mûrissement du raisin et celle, plus radicale, de la fermentation du jus. Les minéraux dans un vin proviennent essentiellement de l’humus dans le sol de surface et non pas de la roche en dessous. Cela n’a donc aucun sens d’insister sur le substrat géologique pour expliquer les différences entre les productions d’une parcelle et une autre. Mieux vaut analyser la vie microbienne du sol et décrire les méso-climats, altitudes ou autres facteurs liés à la topographie, sans parler des méthodes de culture ni de la matière végétale.

Par ailleurs, les parts de certains minéraux qu’on peut trouver dans un vin sont infiniment petites. Seuls le potassium et le calcium s’approchent du mille parts par million, ce qui les rendent totalement indétectables par le palais humain.
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Mais ce terme « minéral » a clairement une connotation positive pour certaines personnes (pas pour toutes, car tout le monde n’est pas nécessairement séduit par l’idée de bouffer des clous ou de lécher une plaquette d’acier !). De plus il a tendance, dans les discours que je lis et que j’entends, à être associé à des vins artisanaux plus qu’à des vins produits à plus grande échelle. On tombe aussi, une fois de plus, dans le syndrome du « small is beautiful » et le marketing de niche, pour initiés seulement. Qui n’a pas assisté au type de commentaire suivant, par un sommelier ou journaliste disant d’un air entendu « belle minéralité tendue ». Personnellement cela suscite l’image d’un fil de fer tendu entre deux piquets dans une vigne mais ne me donne pas très envie du boire le vin en question.

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Maintenant glissons vers les sensations qui peuvent sous-tendre l’emploi de ce terme. Là j’avoue que, de temps en temps, je suis tenté de l’employer moi-même, en général quand je ne sais pas comment décrire autrement une sensation. C’est un mot ombrelle qui comble un vide dans nos capacités d’analyse et de description. En tant que tel il peut avoir son utilité quand il nous manque des descripteurs plus précis. Souvent il est associé à d’autres mots/concepts, comme « frais », « pure », « élégant », voire « austère ». Dans ces cas, il s’agit essentiellement de vins dont l’acidité est bien perceptible, voir dominante sur d’autres sensations. Dans certains cas il peut y avoir aussi une sensation crayeuse, très légèrement granuleuse comme lorsqu’on lèche un caillou. Dans ce cas, il s’agit d’une sensation tactile plus que gustative. Dans d’autres cas l’impression associée est un peu saline aussi, mais le point commun reste l’acidité et une certaine absence de saveurs fruités qui masquent cette vivacité due à l’acidité.

j-m-bourgeoisJean-Marie Bourgeois, qui produit d’excellents Sauvignons Blancs aussi bien à Sancerre qu’à Marlborough en Nouvelle Zélande

Une comparaison entre un Sauvignon Blanc de Sancerre et un autre de Nouvelle Zélande illustrera bien ce phénomène : le deuxième étant généralement bien plus fruité que le premier, mais tout aussi acide. Mais on dira que le Sancerre est plus « minéral » car on ne trouve pas d’autres mots pour le décrire, tandis que le vin néo-zélandais abonde de saveurs fruitées. Une autre comparaison intéressant peut se faire entre deux chardonnays, un de Chablis et un autre de Meursault, par exemple. Je parierai que l’incidence de descripteurs utilisant le mot « minéral » seront plus nombreux avec le premier qu’avec le deuxième, simplement parce que le Chablis est plus acide et moins fruité. Je n’irai pas jusqu’à dire que vin « minéral » est un vin sans goût, mais c’est souvent un vin dont les saveurs fruités sont limitées, en tout cas pas très expressifs, et le vin est tout sauf gras en bouche.

Certains experts fournissent des explications pour une impression de « minéralité » du côté de la vinification. Par exemple, il arrive que la réduction, ou la présence de soufre ou de terpènes, donnent une impression un peu dur dans un vin qui est ainsi qualifié de « minéral ». Et cela peut arriver pour des vins de toutes les couleurs. On voit donc ce terme surgir un peu partout, mais sans qu’il y ait nécessairement un lien avec le sens premier du mot.

Deux chercheurs en Espagne (Palacios et Molina) ont analysé la composition chimique des vins dans lesquels les dégustateurs éprouvaient des sensations de « minéralité », puis ils ont soumis ces vins à une double dégustation : à l’aveugle puis à découverte, en modifiant l’ordre de service. Ils ont découvert que ces dégustateurs pouvaient facilement être influencés par leur connaissance de l’origine de tel ou tel vin lorsque son identité était révélé. Dans cette expérience, le poids de descripteurs tels que « minéral », « cailloux », « pierre-à-fusil », « schiste », etc., augmentait fortement quand les personnes dégustaient les mêmes vins à découvert qu’ils avaient dégusté auparavant à l’aveugle. Le lien entre l’impression et le savoir donne bien des idées.

La description d’un vin est une chose difficile et nous manquons d’outils dans notre langage pour le faire correctement. On sait très bien identifier une saveur sucré ou salé, mais le terme « minéral » a presque autant d’interprétations qu’usagers. Il se prête aussi facilement à des associations : par exemple on peut faire croire à quelqu’un qui a visité le vignoble de la Mosel en Allemagne qu’un Riesling qui en est issu a le goût de ses sols en schiste, ou, pour un visiteur de Chablis à l’influence de ses sols de craie. Peut-être bien. Mais c’est un fait que ses deux vins sont issus de climats frais et de cépages qui produisent, dans ces sites, des raisins à forte acidité. Donc « minéral » ou « minéralité » appliqué à un vin sont certes des termes évocateurs et romantiques pour certains et clairement des outils de marketing devenus courants dans la communication, mais ils n’ont aucune définition précise et peuvent même rebuter des consommateurs qui pensant qu’un vin est surtout fait de raisins ! Et répétition n’est pas valeur, même si cela plait à certains.

 

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David Cobbold


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2016 Loire – to have and have not

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Sancerre town rises above the mist – viewed from the Côte des Monts Damnés

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Layers of mist highlighting the main road from Sancerre to Bourges – the line of trees

Today I am am following on from last week’s post The Agony & the Ecstasy covering the nearly two days we spent in Sancerre, Pouilly-Fumé and briefly Menetou-Salon early last week.

If there is any Loire appellation that could stand a difficult and virtually non-existent vintage, it is Sancerre. Instead, if there is any substantial Ligerian appellation that has come through this ‘very complicated year’ relatively unscathed it is Sancerre. Indeed there appear to be a good number of Sancerre producers who have enjoyed a normal to bumper crop in 2016.

« It’s almost scandalous! » admitted Philippe Prieur of Domaine Paul Prieur in Verdigny.

Sancerre – the haves:

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Paul and Benoît Fouassier
 (Sancerre)
We started on Monday 3rd October and finished on the 14th. Our Sauvignon Blanc was hit by frost, coulure and then the drought with a significant amount of these grapes burnt by the heat of July and August. We haven’t fully calculated the yields yet but it is between 30hl-40hl per ha for Sauvignon Blanc with the fruit between 12-13 potential alcohol with acidity varying from 4.5- 4.8. The acidity levels are higher than 2015 but lower than 2014.

The Pinot Noir fared better both at flowering and from the heat of the summer, so yields of 42 hl/ha and 13.5% potential alc.

Henry Natter (Montigny)
Unlike many other Sancerre producers who had finished or were just finishing, Henry Natter was in the middle of picking but well satisfied with the quantity and quality of the 2016 vintage. Often one of the last in the appellation to picky Natter still had another five days of harvest to do.

Vincent and Adélaïde Grall (Sancerre)
The Gralls were decidedly happy with 2016. Vincent: « We finished last Wednesday (12th October) having started on the 3rd October. Our Sauvignon is between 11.5-12.5. Following the rain towards the end of September the grapes have plenty of juice, so we have made 65 hl/ha.

Alphonse Mellot (Sancerre)
Alphonse Mellot jnr: « We finished last Friday (14th). The Sancerre reds are exceptional – 14% potential alcohol and between 4.5-5 acidity with a yield of 28 hl/ha. » This is not low for the Mellot reds as low Pinot Nor yields are customary here.  « The whites are between 12%-14% alc with yields between 50-55 hl/ha. However, it is a very different story for the Mellot vineyards in the Côte de la Charité, which were hit by the April frosts. « For the Chardonnay it is 6 hl/ha, while for the Pinot Noir we picked just 4 hl/ha. »

Matthieu and Jean-Yves Delaporte, Domaine Vincent Delaporte (Chavignol)
I caught up with Matthieu and his father Jean-Yves early on Monday evening when they were finshing sorting over their last cases of Pinot Noir. Both were well pleased with the 2016 – 60hl/ha for the whites and 50 hl/ha for the reds.

Pierre Martin (Chavignol) 
« It’s a good vintage. We started on Wednesday 5th October and finished yesterday (17th October). The rain in mid to end of September was crucial after the long dry spell in July, August and early September. Our Sauvignon Blanc is between 12-13% potential alc and 4-4.3 acidity, while the Pinot Noir is at 13% potential. Yields are between 55-60 hl/ha.

Gérard Boulay (Chavignol)
Gérard was also happy  with 2016. « We started on Monday 3rd October and finished on Sunday 16th. Our white Sancerre is between 12%-13.5%, while the Pinot is at 13.5%. There is a lot of tartaric acid this year – the recent fresh nights have been good for maintaining acidity. Yields are between 45/50 hl/ha. The Cul de Beaujeu is particularly good. »

Domaine Paul Prieur (Verdigny)
Luc Prieur: « We started on Monday 3rd October and finished on Friday 14th. » Luc is very happy with the quality of 2016. « Our Sauvignon came in at between 12%-12.5% potential and 4.7 to 5 acidity with a yield between 55-60 hl/ha, while the Pinot is at 13.6%-14% and 50 hl/ha. Some of our Pinot suffered from mildew and sunburn during the heat of July and August.

François Crochet (Bué)
François and Karine Crochet are also very happy with their 2016. François: « We started on Friday 30th September having got special permission to start early. Yields for the Sauvignon are between 45-50 hl with a potential around 12% and 5 gms acidity. We had to pick our Pinot twice as grapes facing south got burnt by the sun. We picked these first to make rosé. These grapes came in at 13.3%. The rest we picked a little later for our Sancerre Rouge and were up to 14% potential. The Pinot yield is around 35-40 hl/ha. »

François likens 2016 to the 2014s, while a number of other Sancerre producers put 2016 between 2014 and 2015 in style, so having some of the richness of 2015 but more acidity than 15 and less than 14. Certainly the juices that I tasted appeared promising – clean, mouth-filling with a freshness in the finish.

 

 

The have nots

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Above Les Loges, Pouilly-Fumé 

Pouilly-Fumé:



Jonathan Pabiot (Les Loges, Pouilly-sur-Loire)
« Overall we lost 65% of the crop including all of our Chasselas. We started on Monday 3rd October and finished on 13th. The communes of Saint Martin, Saint-Laurent and to the south of Pouilly-sur-Loire – the southern part of the appellation – was particularly badly hit by the frost. In some of our parcels where we normally harvest 50 hl/ha we only managed 5 hl/ha, while in the commune of Tracy we picked 35hl/ha. Fortunately our best parcels escaped the frost. »

Michel Redde et Fils (Pouilly-sur-Loire)
Sébastien Redde: « It has been a very complicated year. Of our 42 hectares, 10ha have recorded a total loss – no more than 2 ha/ha, 5 hectares were hit between 20%-50% by the frost here we averaged 15 hl/ha.  After the April frosts the mildew ravaged two hectares with a 90% loss. Overall we have made 30 hl/ha but the quality is good.

Masson-Blondelet (Pouilly-sur-Loire)
Pierre-François Masson: « Some of our Pouilly-Fumé parcels were badly hit. In those in the commune of St Martin we only picked 7.5 hl/ha and the same for those in Pouilly. However, our vines in Saint-Andelain were not hit by the frost. We are happy with what we picked in Sancerre – 45 hl/ha, while for the Pinot it was down – 25 hl/ha compared to around 40 hl/ha in a normal year. Unfortunately we will have to restrict allocations. »

Menetou-Salon

Domaine Philippe Gilbert
Menetou-Salon is among the worst hit by the April frost of the Loire appellations and Philippe Gilbert is no exception. « In a normal vintage we make 500hl of both red and white, so 1000 hls. This year we have 17 hls of rosé, between 60-70 hls of red and between 60 – 68 hls of white. » This adds up to around 150-160 hls in 2016. – 15% of a normal year. » The fact that the quality in 2016 is high must, of course, be particularly galling.

Philippe will not be going to Millésime Bio in January 2017. « There is no point in me going just to explain that I have no wine to sell! » he says.

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Today we cross La Manche and return to to Madame May’s lunatic asylum – no further comment required!

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Loire 2016 –the agony and the ecstasy

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The last of the 2016 Pinot Noir arriving at
Domaine Vincent Delaporte, Chavignol (AC Sancerre)

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Carefully tipping the Pinot Noir onto the sorting table
@Domaine Vincent Delaporte 

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Cabernet Franc on Mi-Pente,
Domaine de la Butte, Bourgueil 

The universal refrain throughout the Loire is that 2016 is ‘a very complicated year’ – late April frost, poor flowering for some varieties, lot of mildew and then drought and heat in July and August. 2016 has been a natural lottery with clear winners and losers. There are those who have had the good luck to have escaped nature’s ravages and those who have lost and been left with nothing.

I do not recall another Loire vintage where there has been such a stark contrast between those who have ended up with an excellent harvest both in quality and quantity and those who have nothing at all or virtually nothing. It is not a question of one part of the Loire that has suffered more than others. Instead it is really a mixture.

Bourgueil and Chinon were badly hit by the frost and then by the other plagues that nature inflicted this year. Many on the gravel vineyards are harvesting perhaps 4 hl/ha sometimes less. Whereas walking up through the vines of Domaine de la Butte on Friday the Cab Franc looked good and if not plentiful and decent crop by volume. I gather there is an abundance of grapes in the vineyards of Pierre-Jacques Druet – now controlled by Ampelidae. This has been down to good fortune as Ampelidae didn’t take control until the 1st April, so the vines were pruned late and budding was delayed so missed the destructive frost at the end of April.

The difference in the Central Vineyards, where we are making a brief visit, is extraordinarily stark. In Sancerre many of the vignerons are ecstatic over the quality of the 2016 vintage. « The Sancerre reds are exceptional » said Alphonse Mellot Jr. « 28 hl/ha (normal for the Mellot reds) and around 14% potential and 4.5 acidity. I’m not sure at the moment about the exact yield for the whites but around 50-55 hl/ha with potential degrees varying between 12%-14%. However, at Les Pénitents (Côtes de la Charité) that was hit by frost we have only made 6 hl/ha for the whites (100% Chardonnay) and just 4 hl/ha for the Pinot Noir. »

We saw several Sancerre producers yesterday – Henry Natter, Benoît and Paul Fouassier, Adélaïde and Vincent Grall and Jean-Yves Delaporte, Natalie (his wife) and Matthieu – they were all very pleased with 2016. In contrast the Fouassier cousins reported that Philippe Gilbert, an excellent producer in  Menetou-Salon, which was hit badly by the April frost has only harvested between 4/5 hl/ha.

Truly the agony and the ecstasy!

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2016 Sauvignon Blanc at Henry Natter, Montigny (AC Sancerre)

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Le prix des vins: un sujet tabou ?

Je suis souvent surpris, voire choqué, par le fait que certains producteurs ne connaissent même pas le prix de leurs vins dans un marché donné. Or le vin est quand-même une marchandise et les producteurs vivent du fruit de cet échange. En quoi est-il honteux d’être au courant de ce que le consommateur doit débourser pour acheter leur produit ?

Pas si mal pour débuter, hein ?

Mais, au-delà de cette forme de mépris et en creusant un peu cette affaire de prix, je suis aussi souvent étonné par les différents niveaux de prix qui sont demandés pour des vins de qualité et d’origines équivalentes. Le deuxième qualificatif, celui de l’origine, est objectif, ce qui devrait rendre plus simple des comparaisons. Le premier, celui de la qualité perçue, est largement subjectif et peut donc donner lieu à des discussions sans fin. Mais, lors de dégustations à l’aveugle, le champ devient subitement nettement plus nivelé et les écarts de prix constatés, dûs à des facteurs tels que la rareté, le positionnement des producteurs ou la gourmandise des distributeurs, deviennent à la fois plus évidents et, paradoxalement, moins compréhensibles.

A la base du prix d’une bouteille de vin il y a des données économiques en apparence simples qui sont liés aux coûts de production.  Ces coûts ne sont pas constants pour tous les vins, mais peuvent l’être pour tous les vins d’un même type issu d’une même zone géographique ou appellation. Prenons un exemple : un kilo de sauvignon blanc à Sancerre vaut dans les 5 euros, tandis qu’un kilo du même cépage à Rueda, en Espagne, vaut moins de 70 centimes. En Touraine, je crois que ce prix se situe autour de 1,20 euros. Voilà déjà des points de départ qui ne sont pas identiques pour des vins qui peuvent être, sur beaucoup de plans, comparables en profil.

Ces écarts de prix qui sous-tendent le début d’un calcul d’un coût de revient ont déjà été affectés par le marché et en particulier par la renommée de la région en question, avant même le travail de la vinification. Je veux bien que le coût de production d’un kilo de raisins à Sancerre soit légèrement supérieur à celui du même raisin en Touraine, mais pas 5 fois supérieur ! C’est l’image acquise, ou le capital confiance dans le marché qui dicte cet écart de base. Si on va plus loin dans la chaîne des coûts, on sait aussi que le prix du vrac à Sancerre se situe entre 6 et 7 euros la bouteille. Donc, que la partie vinification coûte entre 1 et 2 euros au dessus du prix du raisin. Mon raisonnement est peut-être biaisé, car je n’ai pas tous les éléments en main, mais restez avec moi jusqu’au bout, s’il vous plaît.

Si on regarde maintenant les prix des sancerres dans le marché français, pour éviter de rendre les calculs trop complexes, que voit-on ? En cherchant du sancerre blanc d’un millésime récent sur le site Wine Searcher, je constate qu’en France, les prix pour une bouteille vont de 10 euros à 72 euros chez des revendeurs. Or les coûts de production à Sancerre ne varient pas dans les mêmes proportions, même si on y intègre un rendement en dessous du plafond, la culture biologique et l’élevage en barrique. Les lois du marché, fondées entre autres sur la réputation du producteur, les avis des critiques, et le positionnement du vin chez le producteur (qui sont tous intimement liés), jouent un rôle déterminant dans le prix final au consommateur d’un vin qui devient, du coup, plus ou moins détaché de son coût de production, même en tenant  compte d’une marge bénéficiaire honnête pour le producteur – disons 25%.

Prenons un autre exemple, celui d’un vin rouge produit dans le Médoc. Mon information sur cet exemple date d’il y a trois ans environ et mériterait probablement un petit ajustement, mais je crois que l’approche vaut toujours, d’autant que nous ne sommes guère en période d’inflation. Le producteur d’un cru classé de cette région m’a dit que son coût de revient pour une bouteille, en mettant tous les frais dedans, tournait autour de 10 euros. Et quand je dis tous les frais, cela incluait ses voyages promotionnels et les pages publicitaires achetés dans des revues spécialisées : autrement dit, le budget marketing de la propriété en question plus l’ensemble des coûts de production. Un tel vin est vendu en primeur à un prix qui tourne autour des 30 euros, ce qui laisse une bonne marge pour le producteur comme pour le négociant. Et ce château est plutôt raisonnable dans son positionnement prix par rapport à certains. Je veux bien que les coûts de production d’une propriété de moindre taille dans la même région grimpent un peu au-delà de 10 euros, par le simple fait d’une échelle réduite, mais pas tant que cela.

Evidement, un vin produit dans une région très accidentée, avec des parcelles séparés les unes des autres, des vignes très vieilles et une impossibilité de mécaniser les travaux va engendrer des coûts de production plus élevés. Et je ne parle même pas de la production d’un liquoreux ! Mais là, encore une fois, on constate des écarts de prix considérables entre différents vins issus de conditions et régions comparables. Et ce ne sont pas toujours les vignobles les plus difficiles à travailler qui obtiennent la meilleure valorisation, ni les vins qui ont nécessité le plus de temps de préparation: regardez les prix de la plupart des vieux vins doux naturels, par exemple !

Je ne suis pas en train de proposer ici un prix uniforme par type de vin, ni d’exclure tout écart de prix mérité par une renommée dûment acquise, voire par une certaine rareté. Ce sont des lois du marché qu’on ne peut pas contrôler. Mais je suis choqué par les écarts de prix que nous constatons tous entre les vins les plus chers et les moins chers. Ces écarts n’ont jamais été si importants que de nos jours. Le meilleur exemple de cela est à Bordeaux, vaste région où la fourchette de prix pour un vin rouge peut aller d’un euro à plus de 500 euros, sans qu’on puisse estimer que le plaisir ressenti en dégustant le deuxième vin soit 500 fois supérieur au cas du premier. Ces prix seraient-ils le simple reflet de notre société qui voit des présidents de sociétés ayant abimé leur entreprise partir avec des chèques de millions d’euros tandis que des millions de gens ne gagnent presque rien ? Certains disent qu’il y a assez de milliardaires sur cette planète pour acheter toute la production des crus classés, des grands bourgognes, des champagnes de cuvée spéciales, des vins dits « de garage » à des prix absurdes, etc, et que tout va bien ainsi.  C’est peut être la vérité pour les milliardaires en question. Mais cela me fait mal que des amateurs moins fortunés ne puissent pas se payer de tels vins. D’un autre côté, je me dis que la valeur ne réside pas dans le prix affiché, et qu’on peut trouver autant de plaisir dans un vin à 10 euros que dans une autre à 50 ou à 100. Et je le constate très souvent. Alors cherchons ailleurs que parmi les vins les plus chers, même si ceux-ci peuvent être très bons.

 

David