Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Clos Rougeard & Château de Sancerre: two headline Loire purchases

NadiFoucaultasNady Foucault tasting in the
Clos Rougeard cellar in 2009

BureauduRégisseurs

 

There have been two recent purchases of well-known Loire domaines that have hit the headlines. Firstly Maison Ackerman buying Château de Sancerre from the Campari Group, who have decided to divest themselves of all their still wine portfolio. Then at the end of last week came the long-awaited confirmation that Martin and Olivier Bouygues, owners of Château Montrose in Saint Estèphe, have bought Clos Rougeard from the Foucaults.

One of these deals makes obvious commercial sense whereas for the other the advantage is, I think, more questionable.

Ackerman, the most important Loire owned négociant in the valley and since early 2015 part of the group Terrena, has pursued an expansionist policy. Acquisitions over the past few years include in 2015 the 110-hectare Château de Varière in Brissac-Quincé, which has vineyards in a number of Anjou appellations including the Quarts de Chaume and Bonnezeaux. It also includes the 40-hectare Domaine de la Perruche in Montsoreau for Saumur and Saumur-Champigny.

Previously Ackerman bought the sparkling wine producer Monmousseau based in Montrichard in the Cher Valley in 2011 and the Celliers du Prieuré based in Saint-Georges-sur-Loire in 2014.

The purchase, which is subject to a final administrative approval, of Château de Sancerre gives Ackerman 55-hectares in the Loire’s best known and successful appellation. The deal completes Campari’s sale of its still wine businesses – Sella & Mosca and Teruzzi & Puthod in Italy and Casa Lapostolle in Chile. It is welcome that an important Sancerre domaine returns to a company based in the Loire.

In contrast I have to wonder a little about the Bouygues brothers buying Clos Rougeard, especially over the long term. There is no doubt that through the efforts of the late Charly Foucault and his brother Nady, this small domaine has become the most iconic Loire estate with their wines now fetching higher prices than any other Loire domaine. Equally there is no doubt that together Charly and Nady and previous generations of the Foucaults made lovely wines. I still remember an amazing afternoon in the the magical cellar at Chacé tasting/drinking a 1937 ‘Saumur-Champigny’ followed by a 1921 ‘Coteaux de Saumur’.

Ouest-France yesterday speculated that it cost the Bouygues brothers 14 million euros to clinch the deal. The paper’s credibility is slightly undermined here by captioning their photo of the two brothers in their cellar at ‘Macé’ when it should be Chacé. Jane Anson in Decanter reports that Hervé Berland, CEO of Château Montrose in Saint-Estèphe will now also oversee Clos Rougeard with Nady Foucault remaining as consultant.

It remains to be seen how much Nady, at retirement age, will actually be involved and for how long.  You can promise to continue the traditions and methods of the Foucaults but what of their inimitable personalities? Without their touch and presence will the Clos Rougeard wines still be seen as extraordinary? The Les Poyeux vineyard, for example, is not a monopole. In years to come will the Clos Rougeard Les Poyeux be seen as worth so much more than Les Poyeux from Antoine Sanzay or Bonnelière (Bonneau family)? Furthermore this sector of Saumur is frost prone.

It all remains to be seen. The Loire needs internationally renowned producers….à suivre….

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Part of Les Poyeux

 

Buddhaas

 

JIM BUDD

 

 

 


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Jim’s off on an adventure: Amélie Neau

 


Amélie Neau, Domaine de Nerleux,
Saumur-Champigny, Saumur and Coteaux du Saumur

While I am away my Tuesday posts will be brief and prepared in advance using photos for some Loire producers. If my fellow Les 5 wish to add any other posts on my Tuesday slot they are very welcome to do so.

 

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Eloge de la facilité (et du Saumur-Champigny)

La scène se passe fin novembre, au domaine des Sanzay, à Varrains. Avant de passer à la dégustation, Céline Sanzay, la vigneronne, m’avertit: « Nous avons surtout des cuvées souples, faciles à boire ». Pourquoi donc ai-je l’impression qu’elle s’en excuse, alors que pour moi, c’est plutôt un atout?

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Céline Sanzay devant l’entrée de sa cave dans le tuffeau

Je m’explique.

Je ne connais personne, parmi les oenophiles, qui aime les vins rudes et difficiles. Bon, d’accord, si, peut-être quelques pervers, mais je ne les classerai pas parmi les oenophiles. Juste parmi les besogneux du gosier… ou de la plume, éventuellement.

Ceux-là vantent l’austérité d’un vin qui ne s’ouvrira jamais, glosent sur les tannins qui vont se fondre, appellent puissance ou vivacité ce qui n’est que de l’alcool excessif ou de l’acidité mordante. Ils défendent les extrêmes par goût du paradoxe ou pour jouer les critiques pointus. Ils passent à côté de tant de belles choses!

En musique, ils tiendraient Boulez ou Stockhausen pour supérieurs à Bach, Mozart ou Beethoven (car ces trois-là ont l’outrecuidance de parler à tout le monde, avant toute exégèse). En peinture, ils écarteraient Renoir, Monet, Turner, Fragonard, au profit de Malevitch ou Dubuffet. En cinéma, ils crachent sur Besson ou Cameron mais encensent quiconque nécessite un papier de deux pages dans les Cahiers (oui, ça existe encore!) pour que le lecteur, le spectateur, le pauvre regardeur commence à comprendre le pourquoi du comment de l’oeuvre.

Je ne serai jamais d’accord avec ces « collègues ».

J’aime les vins qui se donnent au palais, j’aime les vins qui se tiennent bien à table, j’aime les vins  qui réjouissent le coeur. Vinum bonum laetificat cor hominis. Les vins qu’il n’est pas besoin d’expliquer pour apprécier. Les vins dont on finit la bouteille à deux ou trois et qui vous donnent du plaisir sans modération.

Je suis gavé de ces cuvées hyper-extraites censées sortir du lot, exploser la concurrence, ravir l’« expert »... Ce fut le cas, récemment, lors d’un passage en Languedoc. Les vignerons de La Méjanelle, de Saint Drézery et de Saint Christol avaient sorti leurs plus vins les plus impressionnants à l’attention d’un petit groupe de journalistes. Pour être impressionné, j’ai été impressionné. Défavorablement. Trop de bois, trop de puissance, trop de tout. Ce sont les cuvées d’entrée de gamme que j’ai préférées. Le plus amusant, c’est de constater que de bons vieux auteurs comme Julien ou Rendu, au 19ème siècle, vantaient déjà ces crus du Languedoc pour leur… élégance.

Bien sûr, entretemps, beaucoup de choses ont changé; les cépages ne sont plus les mêmes (sauf peut-être le mourvèdre, quand il y en a); la baisse des rendements s’est accompagnée d’une hausse des degrés, renforcée encore par le réchauffement climatique. Parallèlement, la clientèle a fondamentalement changée; le vin, boisson quotidienne et « pain liquide » des travailleurs de force, c’est bien fini. Le Français moyen boit beaucoup moins, mais prétend boire mieux.

Ce n’est pas une raison pour lui vendre du vin au prix du bois, de l’alcool et de l’extrait sec…

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Une des ces cuvées faciles (mais pas maigrichonnes) dont Saumur Champigny a le secret

Pour en revenir à Saumur-Champigny, qui est mon point de départ, j’oserai même dire que les vins souples et faciles (au sens noble du terme) sont ce que l’on attend le plus de cette joyeuse appellation. Je ne dis pas qu’elle ne peut pas produire autre chose, des cuvées naturellement plus concentrées – j’emploie le mot naturellement au sens premier, pas au sens naturiste, juste parce que certains climats, certaines expositions fournissement naturellement des vins plus denses – je pense aux Poyeux, par exemple. Je dis seulement que ces cuvées-là doivent rester les exceptions qui confirment la règle, et pas le but ultime du vigneron, sa recherche de lettres de noblesse viticole. Un Champigny austère, c’est une erreur de casting. De Funès dans un film de Godart. Ou pire, Caubère ou Amalric dans un film de Dany Boon.

Il y a pour moi au moins autant de mérite à proposer un vin joyeux au plus grand nombre qu’une cuve de vin qui impressionne quelques blasés.

A propos, saviez-vous qu’une étude américaine récente révèle que la perception gustative culmine vers 25-30 ans et se dégrade à partir de 45. Les oenophiles de plus de 45 ans recherchent donc les goûts plus forts, faute d’identifier les plus délicats…

Par chance, moi, quand je me rase le matin, je ne pense pas à la présidence de la république, même pas à celle de la Cave de Saint Cyr en Bourg, je pense seulement que j’ai encore 15 ans dans l’âme. C’est sans doute pour ça que j’aime les vins élégants, voire faciles.

Chez les Sanzay, vous en trouverez, et j’espère pour longtemps encore.

Hervé Lalau


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Deux beaux Saumur-Champigny

A Saumur-Champigny, il y a en gros deux sortes de cuvées. Les cuvées tradition, qui jouent la carte du gouleyant et du fruité, du plaisir immédiat – un peu comme les Saint Nicolas de Bourgueil. Et puis il y a les cuvées plus charpentées, plus portées vers la garde, un peu à l’image de certains Chinon.

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Douceur angevine… ou plutôt saumuroise (Photo (c) H. Lalau 2014)

Je dis « un peu », parce que toute classification a un côté simplificateur.

Ceci étant posé, les deux cuvées qui suivent appartient plutôt à la deuxième catégorie, bien qu’elles ne manquent pas de fruité.

La première, c’est Les Adrialys, du Domaine Saint Vincent.

C’est le vin du Président des Vignerons de Saumur-Champigny, Patrick Vadé. Un des rares vignerons implantés sur le territoire de la commune de Saumur. Son domaine compte 35 ha, qui font la part belle au fameux tuffeau des collines des bords de Loire.

Outre le fruit déjà mentionné (framboise, surtout), Les Adrialys fait montre d’un caractère bien trempé – comme son auteur; il est généreux mais un poil rugueux. La marque de raisins de qualité, d’une macération poussée et d’un bel élevage (un an). Tout ça nous donne de beaux tannins soyeux, juteux mais serrés, une finale ferme avec un poil de salinité tout au bout.

Tiens, on s’en reverserait bien un verre…

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Un conseil à suivre…

La seconde cuvée est celle de Clotilde LegrandLes Terrages.

Héritière d’une dynastie vigneronne dont les premières traces remontent au 17ème siècle, Clotilde a repris le domaine familial à Varrains. 15 hectares presque totalement voués au Cabernet Franc, et répartis entre 20 parcelles (sur 5 communes). Toujours aidée de ses parents, elle élabore plusieurs cuvées de Saumur-Champigny dont ces Terrages, dont l’étiquette arbore fièrement la reproduction d’une scène de chasse.

Faut-il le servir sur un gibier? Pas nécessairement. Avec ses tannins bien présents, mais souples, avec son nez de framboise et de griotte, avec sa fluidité qui évoque le velours des robes de gentes dames, il conviendra aussi bien à la charcuterie qu’aux viandes rouges, à la volaille ou aux venaisons.

Vin joyeux mais assez robuste, il est l’archétype du Saumur-Champigny de plaisir concentré – mais qui voudrait se prendre la tête avec du vin, mis à part quelques dangereux psychopathes étiqueto-centrés?

Je préfère de loin le beau slogan de l’appellation: « Moments partagés ».

Hervé Lalau

 


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Quand les 5 du Vin s’essaient à la vidéo…

Alors, Fredrik Filliatreau, ce 2014 à Saumur-Champigny?

La réponse ICI

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Merci, Fredrik, on en redemande!

 

Hervé « Geek » Lalau

PS. J’ai essayé de placer la video directement sur le site, mais ni le format MOV ni le M4V ne sont pris en charge par WordPress (dommage, ce sont les seuls que j’ai). Alors je suis passé par mon site perso.