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Côtes de Gascogne blancs secs, suite et dégustation

Une sélection des meilleurs affaires parmi les vins à moins de 6 euros de cette dégustation

La semaine dernière j’ai présenté d’une manière assez succinte cette appellation qui est la deuxième en taille parmi les vins IGP de France. Mais une mésaventure du clavier vous a privé de l’article prévu, qui incluait mes impressions lors d’une dégustation assez large de ses vins, essentiellement des blancs secs qui dominent la production dans cette région. C’est reparti pour un tour….

Grâce à l’aide d’Alain Desprats, le directeur des Côtes de Gascogne, cette dégustation à l’aveugle a réuni, au Château de Mons, 7 vins rosés, 38 blancs secs et, pour terminer, 9 rouges (dans cet ordre de dégustation). J’aurais peut-être dû demander aussi des échantillons de blancs doux, catégorie dont la production augmente entre 10 et 15% chaque année en Gascogne, mais je n’ai pas voulu en faire plus à cette occasion.

Le vignoble de Gascogne s’enroule sur les pentes généralement douces des collines calcaires du Gers, parmi bocages, bois, champs de céréales et quelques rares zones de pâturage. Cela donne un paysage doux et chaleureux, doré et presque luxuriant par endroits en ce fin de mois d’août. Ce vignoble est en expansion, comme on le voit clairement par le nombre de parcelles de très jeunes vignes. Il est aussi fortement mécanisé, permettant ainsi une réduction de coûts significative, ce qui explique aussi, en dehors des qualités propres des vins, sa grande réussite commerciale qui est très largement fondée sur des exportations. Les domaines sont souvent (mais pas toujours) assez grands pour un pays viticole comme la France, dépassant régulièrement les cent hectares.

Les cépages plantés laissent une trace claire de l’origine de ce vignoble, qui est essentiellement le résultat d’une reconversion de l’ancien vignoble produisant de l’Armagnac à partir d’une majorité d’Ugni Blanc, avec le Colombard en appoint. Entre parenthèses, je n’ai jamais bien compris pourquoi on n’appelle pas cette première variété par le nom de son pays d’origine (l’Italie), c’est à dire Trebbiano, car je trouve que cela sonne tellement mieux que Ugni Blanc. En tout cas cette variété est encore bien présente dans certains assemblages, à côté du dit Colombard, mais aussi du Sauvignon Blanc et d’une part croissante de Gros Manseng. Un peu de Chardonnay et de Petit Manseng complètent ce portefeuille pour les cépages blancs. Avec la liberté qui caractérise la catégorie des IGP, on peut y produire vins issus de mono-cépages ou d’assemblages, selon sa volonté.

Mes préférés

Voici mes préférés dans la catégorie des blancs secs. L’ordre de la présentation respecte l’ordre de la dégustation qui a commencée avec les vins les plus légers. A ce propos, il est intéressant de noter que beaucoup des vins, du moins dans la première partie, titrait autour de 11% d’alcool, chose devenue très rare de nos jours, exception faite de l’Allemagne. Je signale aussi que j’avais demandé des échantillons de deux cuvées au maximum par producteur pour éviter tout biais en faveur des gammes les plus larges.

Tariquet Classic 2016

(Ugni blanc, Colombard, Sauvignon, Gros Manseng : prix 5,60). Un pionnier de la catégorie et un vin d’une belle régularité qui s’est encore confirmée à cette occasion. Ne tirez pas sur le pianiste, il fait très bien ! J’ai l’impression que cette cuvée a gagné en profondeur aussi. Le nez fin et relativement complexe trouve confirmation en bouche avec un bel équilibre entre fruit et acidité, de la netteté et une longueur qui fait honneur dans cette catégorie de prix (14/20).

Domaine Saint-Lannes, Signature 2016

(Colombard, Gros Manseng, Ugni Blanc : prix 5,60). Malgré un côté un peu herbacé, ce vin a un bon équilibre générale et reste très agréable dans le registre d’une fraîcheur bien ciselée (13,5/20).

Domaine Arton, Les Hauts d’Arton 2016

(Colombard, Sauvignon, Gros Manseng : prix 6,20). Ce domaine est le plus à l’est de l’aire, près de Lectoure. Son joli nez fin a un aspect fumé qui rajoute de la complexité. Belle tenue en bouche, sur le versant de l’austérité mais avec du fond (13,5/20).

Les Hauts de Montrouge 2016

(Colombard, Sauvignon : prix 4 euros). Produit par la cave coopérative de Nogaro, ce joli vin a un beau nez dont les accents toastés/grillés font penser à un usage bien dosé de bois, mais cela serait surprenant. en tout cas il évite bien les excès de thiols qui guettent souvent les vins de ces deux cépages. De la finesse et une très belle acidité. Un des meilleurs rapports qualité/prix de cette dégustation. (14/20)

Villa Dria, Colombard – Sauvignon 2016

(prix 6 euros). Vivacité et intensité se retrouvent en équilibre dans ce vin. On peut appeler cela « minéralité » si cela vous plaît. En tout cas un joli fruit citrique, du volume et de la longueur (14/20).

Caprice Colombelle 2016

(Colombard, Gros Manseng : prix 5,50). Un des nombreux vins de l’autre géant de la région, l’excellente Cave de Plaimont.  Nez fin et complexe qui rajouté une certaine complexité à sa vivacité naturelle. En bouche on découvre des saveurs de fruits exotiques sans la moindre sensation de lourdeur (14/20).

Domaine de Miselle 2016

(Colombard 80% et Gros Manseng : prix 5 euros). Un concurrent sérieux pour le prix du meilleur rapport qualité/prix de cette dégustation. Un beau nez assez plein, et de jolies saveurs qui évitent toute caricature via une texture raffinée et des saveurs bien maîtrisées (14,5/20).

Domaine de Joÿ, Sauvignon Blanc 2016

(prix 6,20).Un joli sauvignon blanc, bien vif et reconnaissable mais pas trop vert. Sa jolie fruité et sa bonne tenue en bouche lui donne du coffre et de l’élégance (14,5/20)

Domaine Saint Lannes, Gros Manseng 2016

(prix 6,60). Le deuxième vin de ce producteur, que je ne connaissais pas auparavant, à sortir à l’aveugle. Ce vin possède un gras que je n’avais pas encore senti dans la série. Changement de cépage sans doute. Belle intensité et longueur et un excellent équilibre entre fruité et texture (14/20).

Domaine Laffitte, Sauvignon – Gros Manseng 2016

(prix inconnu). Nez bien parfumé par des notes de vanille. Il y a du bois ? Cela semblerait se confirmer en bouche avec une très belle matière arrondie et bien équilibrée. Une certaine richesse pour la catégorie mais sans aucune lourdeur pour ce vin raffiné (15/20).

Domaine Chiroulet, Terres Blanches 2016

(Gros Manseng, Sauvignon Blanc, Ugni Blanc : prix 6,50). Un très bon vin avec un certain volume, du gras et un équilibre intéressant entre fruit et matière; droit et fin avec une belle longeur (14,5/20).

Domaine de Cassaigne 2015

(Gros Manseng, Colombard : prix 7 euros). Deuxième vin de la Cave de Plaimont a réussir son examen de passage ! Ce domaine de 30 hectares entoure le Château de Cassaigne, ancienne résidence d’été de évêques de Condom, et est géré par Plaimont depuis son centre à Condom. Du volume au nez, en partie grâce à un élevage bien maitrisé : à signaler que ce vin a un an de plus que la plupart des autres. Très belle texture mais une certaine fermeté, voire une pointe d’amertume en fin de bouche. Cela lui donne un caractère à part (14/20).

Domaine de Pellehaut, Réserve Famille Berault 2015

(Sauvignon, Chardonnay Gros Manseng, Petit Manseng : prix 13 euros). Son beau nez semble marqué par le chardonnay et par un élevage réussi. La texture suave confirme pour ce vin complet, fin et d’une très belle longueur en bouche (15/20).

Les Maestrojuan, père et fils, qui produisent le vin ci-dessus et possèdent deux domaines : Entras et Bordenave.

Entras, Lo Cèu 2014

(Petit Manseng, Ugni Blanc, Colombard : prix 15 euros). Mon coup de coeur de toute la dégustation des blancs secs, à tel point que j’en ai acheté après une visite à ce domaine tenu par la famille Maestrojuan. Lo Cèu signifie le ciel en gascon, mais cette cuvée s’appelait auparavant Planeta ce qui lui a valu quelques ennuis avec le producteur sicilien éponyme ! La robe est aussi intense que le nez. Vin riche, gourmand et puissant en bouche. Long et très bon (15,5/20).

A signaler aussi que j’ai dégusté récemment, mais hors ce cadre (et donc pas à l’aveugle), un excellent blanc sec de Petit Manseng du Domaine Pellehaut, qui se confirme comme un des autres leaders de l’appellation sur le plan qualitatif.

 

En conclusion

Il est difficile de trouver des vins blancs secs d’un meilleur rapport qualité/prix que les Côtes de Gascogne (hormis peut-être les Muscadets). Ce que confirme leur réussite commerciale. La semaine prochaine je vous parlerai des rosés et rouges que j’ai dégustés. Le bilan était plus nuancé, même si l’échantillon était plus étroit.

David

 

 

 

 

 


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Comment fonctionne un bon concours de vins? L’exemple du Concours Mondial de Sauvignon

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Toutes les photos sont de Pierre Jarrige qui couvrait l’évènement

 

Je sais bien que la plupart des professionnels du vin connaissent assez bien le fonctionnement des concours de vins pour y avoir participé avec plus ou moins d’assiduité ou de régularité. Mais nous n’écrivons pas ce blog uniquement pour les gens du métier. C’est pourquoi je pensais qu’il était intéressant de vous montrer un reportage et présentation d’un des concours (et un sérieux, bien entendu) auquel j’assiste en tant que membre du jury depuis quelques années.

Le Concours Mondial du Sauvignon est organisé chaque année depuis sept ans par les mêmes équipes que le Concours Mondial de Bruxelles. Comme son nom l’indique, il est dédié aux vins d’un seul cépage, ou du même cépage majoritaire (à 51% minimum) dans le cas d’assemblages. Les règles sont claires et de bon sens, mais leur application nécessite une bonne dose de rigueur. Je vais en exposer les principales :

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Dégustateurs professionnels uniquement

Dégustation assise et à l’aveugle, évidemment

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Pas plus de 40 vins servis à chaque jury dans chaque séance qui dure une matinée (entre 3 heures à trois heures trente). Nous en avions 35 ou 36 par matinée lors de cette édition.

Vins servis dans des séries comparables, ce qui veut dire que les mono-cépages sont séparés des assemblages, les boisés des non-boisés, les régions ou pays d’origine sont regroupés, et les millésimes aussi à l’intérieur des critères de tri déjà annoncés.

Les jurys ne savent que le ou les millésimes des vins de chaque série, ainsi que le fait qu’il s’agit de mono-cépages ou d’assemblages et de vins boisés ou non-boisés. Mais les origines ne sont pas révélées avant la fin des séances et la sortie définitive de la salle de dégustation pour éviter tout biais.

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Les feuilles de dégustation sont collectées après chaque série.

Bons verres, bonne luminosité, température parfaite et service au rythme des jurys sous le contrôle d’un responsable de sous-jury, dont les membres sont au nombre de 5 ou 6.

Enfin, et c’est important, il n’y a aucune pression pour accorder un quota de médailles, chacun notant les vins selon son jugement sur une feuille calibrée et c’est un ordinateur qui compulse les résultats.

Pour les « special awards », c’est un jury composé des chefs de chaque table qui re-jugent, toujours à l’aveugle, les finalistes de chaque catégorie. Là, il y a souvent des discussions car les styles peuvent différer. Il y avait en tout près de soixante jurés, venus de beaucoup de pays différents.

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Cette édition du Concours Mondial de Sauvignon s’est tenue à Bordeaux, comme tous les deux ans, car non seulement Bordeaux produit plus de Sauvignon Blanc que toute autre région, mais l’appellation Bordeaux est à l’origine de ce concours devenu véritablement international. Je rajouterai que c’est aussi à Bordeaux, sous la direction du regretté Denis Dubourdieu, que la plupart des recherches sur les caractéristiques de ce cépage a été conduits. Les autres années, le concours voyage dans un autre pays ou région producteur de Sauvignon Blanc. Ainsi nous avons pu visiter, lors des éditions antérieures, la Loire, le Frioul (Italie) et la Rueda (Espagne). L’année prochaine cela sera au tour de la Styrie, en Autriche. L’avantage énorme de ce principe d’itinérance est de permettre aux journalistes et autres professionnels d’élargir horizons et connaissances, et, pour les régions concernées, de faire connaître leurs paysages, vignoble, producteurs et styles.

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Les échantillons en provenance d’une vingtaine de pays étaient au nombre de 870 cette année : chiffre légèrement inférieur à celui de l’édition 2016 à cause d’une récolte très déficitaire dans différents pays, et notamment en vallée de Loire et en Autriche, pour ne citer que ces deux exemples.

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Je ne vais pas vous révéler les résultats de ce concours, d’autant plus qu’il me sont totalement inconnus à l’heure ou j’écris cet article. Ils seront divulgués lors du salon Prowein, et seront disponibles par la suite sur le site du concours, mais je vais m’autoriser quelques observations d’ordre général qui ne peuvent évidemment concerner que les 6 séries de vins que j’ai dégusté avec mon jury.

1). Peu de vins ayant des défauts majeurs : quels excès de sulfites, deux vins un peu prématurément oxydés, et aucune bouteille bouchonnée. Il faut dire que, pour ce dernier problème, environ 25% des flacons que j’ai vu était fermé par des capsules à vis.

2). La qualité moyenne (je sais que cette expression ne veut pas dire grande chose) des vins que j’ai dégusté m’a semblé au-dessus de ce que j’ai pu goûter lors des éditions précédentes. Effet d’un beau millésime 2016 dans certaines régions? Peut-être. Effet de progrès de d’émulation? Peut-être aussi. En tout cas, du moins dans les séries qui ont été servies à notre jury, je n’avais nullement l’impression que ce concours est utilisé par certains producteurs pour essayer de «larguer» des invendus en espérant qu’une quelconque loi des moyennes leur fasse obtenir une médaille !

3). Par exemple j’ai eu deux séries de vins de Touraine, tous du millésime 2016, et les vins m’ont semblé bien plus fins, plus suaves en texture, et plus aboutis que lors des éditions précédentes.

4). Je note aussi une tendance, pas partout mais qui va quand-même croissant, à éviter les excès d’arômes de type thiols. Je pense que ce type de Sauvignon finit par fatiguer et nous avons bien plus de finesse en générale qu’il y a quelques temps.

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Conclusion

Je maintiens que ce type de concours sert bien la cause des vins qui y figurent, et peut largement aider à faire connaître la catégorie (le cépage et les appellations qui le produisent) dans son ensemble, et pas uniquement les lauréats de chaque édition.

Il permet aussi aux membres de jury d’affiner leurs approches de la dégustation en cherchant les nuances et les qualités (et pas seulement les défauts) d’un vin dans un registre de type bien défini. Nous ne comparons que ce qui est comparable !

Les rencontres avec producteurs et collègues issus de différents horizons sont aussi très enrichissantes.

Et il y a sûrement plus, mais je m’arrêterai là !

David

 

 

 


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Gérard Boulay: two Sancerres + 2017 VitiLoire

Gérard Boulay: two magnificent 2014 Sancerres

 

2014 Monts Damnés


2014 La Côte 

Saturday evening two friends – Suzie and Mark – came for apéros. They are now Epeigné-les-Bois’ sole wine producers with their bijou vineyard – Clos Chossay.

I thought it would be interesting to try two of Gérard Boulay’s single site wines – Monts Damnés and La Côte – both from 2014.

I decided to serve the Monts Damnés first as it is more austere and mineral, while La Côte, which is the last of Gérard‘s vines to be harvested, had a little more weight. Both were excellent and still young with many years ahead of them. 

Les Monts Damnés site is now well known but La Côte (La Grand Côte) is much less well known – in part because it is off the beaten track unlike Les Monts Damnés.

 View of Chavignol (nestling below the surrounding hills in the distance)

Les Monts Damnés are to the right of the village in this photo,
while La Grande Côte is round to the left towards Amigny
beyond Le Cul de Beaujeu, which dominates Chavignol

  Some of the slopes of  Les Monts Damnés looking towards Sancerre
Gérard Boulay 

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The annual VitiLoire consumer fair in the centre of Tours, which is always held on the last weekend in May, is well worth visiting. It is a great opportunity to taste a wide range of wines from all over the Loire as well as to buy them.

5 spots incontournables pour les wine lover 
Press release:

‘À seulement 1 heure de Paris, VitiLoire est la plus grande manifestation gratuite et grand public autour des 79 appellations des vins du Val de Loire, 1er vignoble oenotouristique de France. Le temps d’un week-end prolongé, c’est également l’occasion de découvrir Tours, Cité Internationale de la Gastronomie, les bars à vins, les restos, les meilleurs cavistes de la ville et de vivre des expériences inédites dans le vignoble !

VitiLoire
Gastronomie, vins, patrimoine, culture : Tours remet le couvert avec la 15e édition de Vitiloire ! Avec ses grandes tablées conviviales et sa ribambelle de petits kiosques d’artisans locaux et de producteurs viticoles, VitiLoire est un événement 100 % locavore. C’est aussi le meilleur moyen pour goûter les grandes appellations de la région, telles que Sancerre, Vouvray, Chinon et de commander ses bouteilles directement auprès de petits vignerons. Du bar à vins qui invite les amateurs à voyager dans le temps grâce à une sélection de millésimes aux ateliers de dégustation pour s’initier aux vins du Val de Loire et comprendre leur processus de fabrication, VitiLoire est un vrai rendez-vous pour les amateurs ou dégustateurs avertis.

VitiLoire 2017 // Samedi 27 de 10h à 19h et dimanche 28 mai de 10h à 18h
3 560 m2 d’exposition à ciel ouvert en plein centre-ville
• 79 AOC du Val de Loire
• 140 exposants (vignerons, caves coopératives et négociants du Val de Loire, artisans des métiers de bouche, services) • 10 chefs cuisiniers Tourangeaux
• Fréquentation 2016 : 35 000 visiteurs
• Entrée libre

  • 5 € le verre collector pour déguster les vins
• Nombreux services : livraisons, grooms, garderie d’enfants
• Horaires : samedi de 10h à 19h, dimanche de 10h à 18h
•

Lieux : Place de la Gare, Boulevard Heurteloup, Jardin de la Préfecture

Bar à vin/resto/caviste : le vin dans tous ses états
Verre d’A.O.P Touraine sur la Place Plum’ ou à la Guiguette de Tours sur Loire à l’heure de l’apéro, bars à vins, cavistes : Tours égrène intra-muros une multitude de bonnes adresses. Avec sa déco trendy, son épicerie et sa jolie cour privative, La Réserve comble tous les goûts avec une carte des vins riche de 70 références qui font voyager les palais dans tous les vignobles de France. Authentique par nature, La Cave sur la Place tire son épingle du jeu avec une sélection de vins en bio, biodynamie et nature. Côté agapes, le QG est un nouveau restaurant artisanal qui prône les circuits courts et les produits frais avec une belle sélection de vins au verre à partir de 5€. La Réserve // 84 rue Colbert – La Cave sur la Place // Place Velpeau – Le QG // 9, place du Grand-Marché, formule déjeuner à 21€

Segway© dans les vignes
Ecologique, silencieux et insolite, le segway s’aventure désormais au coeur des différentes A.O.C des Vins de Loire. Balades de 1h30 ou 2h avec ou sans dégustation de Vins de Loire, la société Gyroway propose plusieurs randos-vignes en gyropode au départ d’une cave partenaire à destination de Chinon, Touraine, Bourgueil, Saint Nicolas de Bourgueil, Vouvray, MontLouis ou Saumur Champigny.

Gyroway // Balade de 2h – 49€ pour les adultes / 39€ pour les moins de 16 ans

Nuit dans un domaine viticole
Propriété viticole en pleine nature, le Château de Fontenay, producteur en A.O.C Touraine à Bléré, propose 4 chambres d’hôtes avec vue sur le Cher et 12 hectares de vignes. Le lieu parfait pour se reposer, méditer et se ressourcer à l’ombre des des glycines…
Le + : certains éléments de la déco du château proposés à la vente !

A partir de 99€ la nuit pour 2 personnes

Randos dans le vignoble
Organisées par le service Archives et Patrimoine de la Ville de Tours et encadrées par le Comité Départemental de Randonnée Pédestre d’Indre-et-Loire et l’Of ce de Tourisme de Tours, VitiLoire propose 3 circuits pédestres thématiques à la découverte du patrimoine viticole et gastronomique de Tours ainsi qu’une grande randonnée à Vélo de 3 heures. Vigne, Loire et Littérature // samedi 27 – Une balade de 6,5 km qui permet de découvrir le passé viticole de Saint-Cyr-sur-Loire, terre de nombreux écrivains tels que Balzac, Anatole France ou encore Tocqueville.

Vigne en ville // dimanche 28 – Une balade de 8,4 km qui relie VitiLoire au domaine viticole du Clos de Rougemont.
Cité de la Gastronomie // samedi 27 – Un parcours urbain de 4 km pour découvrir les spécialités culinaires de la ville autour des Halles de Tours.

Histoire et Paysages du Vouvray – dimanche 28 – Randonnée cycliste de 25 km immerge les visiteurs en plein coeur des vignobles de Vouvray…’

Scenes from previous editions:

 

 

 

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Que veut dire le mot « minéral » appliqué à un vin ?

Ce billet a été, en partie, généré par ma rencontre récente (voir mon article de lundi dernier) avec ce concept de « minéralité » lors d’une dégustation de vins de Gigondas.

Voici la définition du terme « minéral » donné par Vikidia, le dictionnaire destiné aux 8-13 ans (ce qui correspond assez bien à mon niveau en matière scientifique !):

« Un minéral est une substance qui n’est pas vivante et peut être formée naturellement ou synthétisée artificiellement. Il se définit par sa composition chimique et l’organisation de ses atomes. Les minéraux sont généralement solides dans les conditions normales de température et de pression. »

Il est difficile, voire impossible, de décrire le goût d’un vin par des mots, mais nous tentons constamment de le faire, car il le faut bien. Dans nos tentatives de transposer des sensations physiques, aussi bien olfactives que tactiles et gustatives, en mots, nous recourrons tout le temps à des analogies, approximations et métaphores qui ne sont que rarement satisfaisants.  Surtout ils ne fonctionnent pas pour tout le monde. De plus ces analogies et les mots qui les accompagnent subissent l’influence des modes et on sait bien que la mode est forcément passagère.

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Autrefois on parlait d’un vin puissant comme « ayant de la cuisse », par exemple. Plus personne n’utilise ce genre d’expression de nos jours. Mais il a été remplacé par d’autres qui, probablement, auront aussi une durée de vie limitée. Je pense par exemple au mot « minéral » que j’entends de plus en plus et, ce qui est plus étrange, appliqué à toutes sortes de vins. Un vin décrit comme étant « minéral » révèle en réalité un raccourci pour « ayant un goût qui semble relever du domaine minéral ». Le problème avec les raccourcis est que, souvent, ils induisent d’autres notions que celles qu’ils sont censés décrire. Il y a des minéraux dans tous les vins, mais pas plus dans certains que dans d’autres. Donc il n’y a pas des vins plus « minéraux » que d’autres, au sens stricte du terme. De toute façon, ces minéraux sont soit sans aucun goût, soit présents dans des quantités qui ne les rendent pas perceptibles par un palais humain.

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Alors d’où vient cette idée de décrire certains vins comme étant « minéraux » ? Je vous propose deux types d’explications.

La première est une volonté de communiquer qui relève du marketing du vin. Décrire le goût d’un vin comme étant « minéral » induit, du moins dans l’intention de celui qui tient ce discours, l’idée qu’il a un lien directe avec la terre, et particulièrement avec la roche qui se trouve sous la terre de surface. Cette projection relève largement de l’ordre du fantasme car la plupart des minéraux qui constituent les roches ne sont pas solubles dans de l’eau et donc ne peuvent en aucun cas être transmis à la vigne, à supposer même que leurs molécules arrivent à passer dans le système racinaire de la plante, remonter jusqu’au fruit et survivre à une double transformation biochimique: celle du mûrissement du raisin et celle, plus radicale, de la fermentation du jus. Les minéraux dans un vin proviennent essentiellement de l’humus dans le sol de surface et non pas de la roche en dessous. Cela n’a donc aucun sens d’insister sur le substrat géologique pour expliquer les différences entre les productions d’une parcelle et une autre. Mieux vaut analyser la vie microbienne du sol et décrire les méso-climats, altitudes ou autres facteurs liés à la topographie, sans parler des méthodes de culture ni de la matière végétale.

Par ailleurs, les parts de certains minéraux qu’on peut trouver dans un vin sont infiniment petites. Seuls le potassium et le calcium s’approchent du mille parts par million, ce qui les rendent totalement indétectables par le palais humain.
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Mais ce terme « minéral » a clairement une connotation positive pour certaines personnes (pas pour toutes, car tout le monde n’est pas nécessairement séduit par l’idée de bouffer des clous ou de lécher une plaquette d’acier !). De plus il a tendance, dans les discours que je lis et que j’entends, à être associé à des vins artisanaux plus qu’à des vins produits à plus grande échelle. On tombe aussi, une fois de plus, dans le syndrome du « small is beautiful » et le marketing de niche, pour initiés seulement. Qui n’a pas assisté au type de commentaire suivant, par un sommelier ou journaliste disant d’un air entendu « belle minéralité tendue ». Personnellement cela suscite l’image d’un fil de fer tendu entre deux piquets dans une vigne mais ne me donne pas très envie du boire le vin en question.

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Maintenant glissons vers les sensations qui peuvent sous-tendre l’emploi de ce terme. Là j’avoue que, de temps en temps, je suis tenté de l’employer moi-même, en général quand je ne sais pas comment décrire autrement une sensation. C’est un mot ombrelle qui comble un vide dans nos capacités d’analyse et de description. En tant que tel il peut avoir son utilité quand il nous manque des descripteurs plus précis. Souvent il est associé à d’autres mots/concepts, comme « frais », « pure », « élégant », voire « austère ». Dans ces cas, il s’agit essentiellement de vins dont l’acidité est bien perceptible, voir dominante sur d’autres sensations. Dans certains cas il peut y avoir aussi une sensation crayeuse, très légèrement granuleuse comme lorsqu’on lèche un caillou. Dans ce cas, il s’agit d’une sensation tactile plus que gustative. Dans d’autres cas l’impression associée est un peu saline aussi, mais le point commun reste l’acidité et une certaine absence de saveurs fruités qui masquent cette vivacité due à l’acidité.

j-m-bourgeoisJean-Marie Bourgeois, qui produit d’excellents Sauvignons Blancs aussi bien à Sancerre qu’à Marlborough en Nouvelle Zélande

Une comparaison entre un Sauvignon Blanc de Sancerre et un autre de Nouvelle Zélande illustrera bien ce phénomène : le deuxième étant généralement bien plus fruité que le premier, mais tout aussi acide. Mais on dira que le Sancerre est plus « minéral » car on ne trouve pas d’autres mots pour le décrire, tandis que le vin néo-zélandais abonde de saveurs fruitées. Une autre comparaison intéressant peut se faire entre deux chardonnays, un de Chablis et un autre de Meursault, par exemple. Je parierai que l’incidence de descripteurs utilisant le mot « minéral » seront plus nombreux avec le premier qu’avec le deuxième, simplement parce que le Chablis est plus acide et moins fruité. Je n’irai pas jusqu’à dire que vin « minéral » est un vin sans goût, mais c’est souvent un vin dont les saveurs fruités sont limitées, en tout cas pas très expressifs, et le vin est tout sauf gras en bouche.

Certains experts fournissent des explications pour une impression de « minéralité » du côté de la vinification. Par exemple, il arrive que la réduction, ou la présence de soufre ou de terpènes, donnent une impression un peu dur dans un vin qui est ainsi qualifié de « minéral ». Et cela peut arriver pour des vins de toutes les couleurs. On voit donc ce terme surgir un peu partout, mais sans qu’il y ait nécessairement un lien avec le sens premier du mot.

Deux chercheurs en Espagne (Palacios et Molina) ont analysé la composition chimique des vins dans lesquels les dégustateurs éprouvaient des sensations de « minéralité », puis ils ont soumis ces vins à une double dégustation : à l’aveugle puis à découverte, en modifiant l’ordre de service. Ils ont découvert que ces dégustateurs pouvaient facilement être influencés par leur connaissance de l’origine de tel ou tel vin lorsque son identité était révélé. Dans cette expérience, le poids de descripteurs tels que « minéral », « cailloux », « pierre-à-fusil », « schiste », etc., augmentait fortement quand les personnes dégustaient les mêmes vins à découvert qu’ils avaient dégusté auparavant à l’aveugle. Le lien entre l’impression et le savoir donne bien des idées.

La description d’un vin est une chose difficile et nous manquons d’outils dans notre langage pour le faire correctement. On sait très bien identifier une saveur sucré ou salé, mais le terme « minéral » a presque autant d’interprétations qu’usagers. Il se prête aussi facilement à des associations : par exemple on peut faire croire à quelqu’un qui a visité le vignoble de la Mosel en Allemagne qu’un Riesling qui en est issu a le goût de ses sols en schiste, ou, pour un visiteur de Chablis à l’influence de ses sols de craie. Peut-être bien. Mais c’est un fait que ses deux vins sont issus de climats frais et de cépages qui produisent, dans ces sites, des raisins à forte acidité. Donc « minéral » ou « minéralité » appliqué à un vin sont certes des termes évocateurs et romantiques pour certains et clairement des outils de marketing devenus courants dans la communication, mais ils n’ont aucune définition précise et peuvent même rebuter des consommateurs qui pensant qu’un vin est surtout fait de raisins ! Et répétition n’est pas valeur, même si cela plait à certains.

 

bis repetita placent

David Cobbold


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Choses diverses, dégustées et aimées

Dans cette période de départ en vacances, pour certains du moins, je voulais donner de la place à des vins que j’ai goûtés et aimés récemment, sans nécessairement avoir de la matière pour tout un article sur chacun d’entre eux.

Coïncidence ou signe de mes préférences actuelles ou de saison, ils sont tous blancs.

Yann AlexandreYann Alexandre et son épouse

Commençons par des bulles, de Champagne en l’occurrence.

J’ai découvert ce vin et son producteur lors d’une récente conférence de presse tenue à Paris par un groupe issus des Vignerons Indépendants de Champagne et à propos de leur démarche vers une agriculture plus éco-responsable (les cyniques vont dire « mieux vaut tard que jamais », mais moi j’applaudis). Le vigneron en question s’appelle Yann Alexandre et son domaine est basé à Courmas, au sud-ouest et proche de Reims dans la zone parfois appelée la Petite Montagne de Reims. Je n’ai pas encore eu le temps d’aller le voir sur place, mais ce n’est que partie remise, tant j’ai trouvé le style des vins inspirant et le vigneron intéressant. Plutôt que de recopier des parties de son site web, qui est très claire et dénué de toute artifice, je vous invite à aller voir vous-même si cela vous intéresse. Sa production est très limitée, mais de la plus haute qualité.

http://www.champagneyannalexandre.fr/

Voici mes notes rapides sur les deux cuvées dégustées :

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Yann Alexandre, Roche Mère Brut Nature

Intense, au fruité élancé et  juteux, et à la texture légèrement crayeuse mais sans excès. C’est fin et très gourmand.

Yann Alexandre, Sous les Roses Blanc de Noirs

La dimension de ce vin est plus large et plus imposante que le précédent. Le fruité s’exprime d’une manière encore plus savoureuse et la longueur est magnifique.

J’ai adoré la pureté et la sapidité des saveurs de ces deux vins qui sont capables à la fois de donner un plaisir immédiat et d’en garder sous le pied pour révéler des couches de complexité. Attention, ces champagnes ne sont pas donnés car je les vois en vente chez des cavistes à des prix entre 35 et 50 euros, du moins pour les cuvées comme celles-ci. Mais on est dans le domaine du très très bon pour la région.

Les Anjou de la Grande Gauterie

Maintenant place à des vins plus abordables, cette fois-ci de la Loire et produits par un néo-vigneron américain, Daniel Henderson au Domaine de la Grande Gauterie.

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J’ai croisé Daniel à plusieurs reprises dans des dégustations à Paris et nous sommes tous les deux professeurs pour des écoles différentes qui proposent les formations WSET. Il a récemment investi dans un domaine  angevin et a élaboré toute une gamme de vins à partir du millésime 2015. Le domaine s’appelle Grande Gauterie et se situe à Saint-Lambert du Lattay. Je pense qu’il a eu de la chance de démarrer avec un millésime de cette qualité, mais j’ai trouvé que ses vins sont réussis à travers toute la gamme d’une dizaine de cuvées que j’ai dégusté (voir photo). Même le Cabernet d’Anjou, qui n’est pas un type de vin que j’apprécie généralement, était parfaitement fait et bien équilibré, tendrement fruité et gentiment doux. Rouges de Cabernet Franc et blancs secs de Chenin Blanc sont impeccables et les doux montent progressivement en intensité à travers les cuvées sans jamais perdre leur sens d’équilibre. Et, cerise sur le gâteau, les prix (public) sont très doux, allant de 5 à 6 euros pour les cuvées de base à 8 à 12 euros pour les cuvées plus spécifiques et limitées. J’ai noté aussi que ses tarifs sont bien étudiés pour laisser travailler les cavistes car les prix aux professionnels sont à la moitié des prix public. C’est assez rare chez des « petits » vignerons et mérite d’être souligné. Voilà un début remarquable et je lui souhaite pleine réussite.

Partons maintenant vers l’Est et hors de France…

Vendredi soir, après avoir oublié à midi de me rendre à une dégustation de vins du Jura (l’inconscient nous joue des tours, et plus souvent qu’on ne le pense !), je me suis rendu à une dégustation de vins allemands du Rheinhessen produits par deux jeunes femmes, Gesine Roll et Katharina Wechsler, sur leurs domaines respectifs. Bien que la situation évolue favorablement, il est effectivement trop rare de pouvoir déguster des vins allemands en France. Cette fois-ci, c’est l’excellent caviste parisien, Soif d’Ailleurs, dont j’ai déjà parlé ici, qui a aidé à équilibrer les choses.

image1Gesine Roll, à gauche, et Katharina Weschler avec tous les vins de la dégustation

Weingut K. Weschler, Westhoffen, Rheinhessen

D’abord les vins de Katharina, dont le site web est uniquement en allemand, ce qui me surprend car elle parle parfaitement français et anglais et a fait des études à Paris en sciences économiques avant de revenir vers le domaine familiale de Westhoffen, faire des études d’oenologie et commencer à vinifier en 2009. Auparavant son père vendait les raisins. Ses vins sont tous sous capsule à vis, heureusement.

http://www.weingut-wechsler.de/

K. Weschler Scheureube 2015

Je n’ai pas dégusté grand nombre de vins de cette variété intéressante qui est un croisement entre le Riesling et une vigne sauvage, produit en Allemagne début 20ème. C’est même surprenant qu’il n’ait pas eu plus de succès que le bien plus ordinaire Müller-Thurgau; il doit y avoir une histoire de rendement là-dessous.

Vin franchement, mais subtilement, aromatique, tranchant par une acidité puissante bien intégrée. Un fruité très agréable, de la longueur et un bel équilibre. J’en boirais volontiers à l’apéritif. (prix public 13 euros)

K. Weschler Riesling Westhoffen 2015

Le Riesling « de village » de ce producteur, selon une équivalence logique avec la Bourgogne.  C’est d’une délicieuse finesse, assez fruité au départ, puis rapidement plus crayeux. Il finit parfaitement sec. Sa très belle acidité (9,5 g) le pousse vers les longueurs. Un vin élancé et très salivant. (prix 16 euros).

K. Weschler Riesling Kirchspiel 2014

Issu d’un premier cru de la commune de Westhoffen, ce vin est hyper précis et d’une belle intensité. Encore très jeune et donc un peu austère, il semble aussi plus léger que le vin précédent, probablement à cause d’un fruité plus discret et d’un millésime plus compliqué. Je pense qu’il lui faudra une bonne année de plus pour trouver tout son potentiel. (prix 28 euros).

Weingut Weedenborn, Monzernheim, Rheinhessen 

Le domaine de 16 hectares de Gesine Roll est situé à courte distance de celui de Katharine Weschler et les deux femmes sont amies. A le différence de Katharina, Gesine aime le Sauvignon Blanc, sans négliger le Riesling. Autre particularité du domaine : la présence de terres rouges, qui donnent d’ailleurs leur nom à certaine cuvées. Encore une fois, le site web est uniquement en allemand :

http://www.weedenborn.de/

Weedenborn Terra Rossa Sauvignon Blanc 2015

J’ai d’abord trouvé les arômes de ce vin un peu trop violents, me rappelant quelques vins de l’Afrique du Sud.  Les choses s’améliorent bien en bouche avec plus de rondeur tout en restant vif et expressif.

Weedenborn Terra Rossa Riesling 2014

40% de ce vin a été élevé dans des grands récipients en bois. Un Riesling sec de grand style, intense, croquant et fin. J’aime aussi sa pointe d’amertume en finale. Très bonne longueur.

Neumeister (Styrie)

J’ai un peu discuté avec Gesine Roll de vins de Sauvignon Blanc d’autres pays et nous avons trouvé une référence en commun : les vins de Neumeister, à Straden en Styrie (Autriche). Elle échange même des bouteilles avec cet excellent producteur dont j’ai déjà parlé ici-même. Cela tombe bien car je voulais terminer cet article par un des meilleurs Sauvignons Blancs que j’ai dégusté de ma vie.

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http://www.neumeister.cc/

Et ce site est bilingue allemand-anglais.

Neumeister Stradener Sauvignon Blanc, Alte Reben 2012

Je ne trouve pas mes notes de dégustation pour ce vin, mais je l’ai dégusté à deux reprises : une première fois au domaine, et une deuxième sur le stand du producteur à Prowein. Chaque fois, il m’a tiré des larmes des yeux par sa beauté. Je ne peux pas en dire plus ! Il n’est pas bon marché (55 euros annoncé sur le site de vente directe du producteur), mais cela reste bien moins que des vins de Didier Dagueneau, par exemple. Il n’est produit que dans les très bons millésimes. J’ai appris récemment que ce producteur, comme d’autres de sa région, a souffert du gel en 2016 et ne récoltera pas grande chose cette année. Goûtez ce vin (et d’autres de chez lui) si vous en avez l’occasion.

David

 


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Oz Clarke, London celebrates, Champeau

 Oz, Chris Stroud (marketing manager – 

Europe, New Zealand Winegrowers),  

Sir Alexander Lockwood Smith  

 Sir Alexander Lockwood Smith, 

NZ High Commissioner to UK 

On Friday 6th may Oz Clarke, writer, actor and broadcaster, was inducted into the The New Zealand Hall of Fame at a brief ceremony at the top of New Zealand House. Sir Alexander Lockwood Smith, the New Zealand High Commissioner, made the presentation.

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Press release:

‘Oz Clarke inducted in to New Zealand Wine Hall of Fame

Oz Clarke, the man who helped put New Zealand Wine on the map, will be inducted into the New Zealand Wine Hall of Fame on International Sauvignon Blanc Day, Friday May 6.  

 Oz is the first person in the UK to receive this honour, and only the second non-Kiwi (after Australian David Hohnen in 2006) to be recognised for having made major contributions to the development and enhancement of the domestic and export-based wine industry in New Zealand.

 A passionate New Zealand Sauvignon Blanc enthusiast and advocate, Oz will be presented with his certificate of membership fittingly on International Sauvignon Blanc Day, at New Zealand House in London.

 “There had never before been a wine that crackled and spat its flavours at you from the glass,” Oz said at the inaugural International Sauvignon Blanc Celebration, held in Marlborough earlier this year, where he captivated the audience as a keynote speaker with his first memories of tasting New Zealand Sauvignon Blanc.

 Oz first visited New Zealand in 1987 as a guest overseas judge at the inaugural Air New Zealand Wine Awards, the country’s premier national wine competition. He came again a few years later to judge, and has been a regular keynote speaker at the triennial Pinot Noir International events held in Wellington since 2001.

 Commenting on Oz’s induction, the chairman of the New Zealand Wine Hall of Fame Trust, Bob Campbell MW (who, incidentally judged on the same panel as Oz in 1987) said:

 “Oz is special to Kiwi winemakers because, in 1984 he was among the first to recognise that Marlborough Sauvignon Blanc had added a new style and flavour to the world of wine, and he never stopped saying it to anyone who would listen. Then, in 2001 he rated our best Pinot Noirs as being up there with the best of Burgundy – not better than but comparable with and complementary in style.” 

 « On personal and regional levels, Oz has taken the time and trouble to get to know our wine people and their terroirs, and the synergies are such that we have come to regard him as an honorary Kiwi.”

 

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Celebrating London’s first Muslim Mayor – Sadiq Khan 

Crémant de Loire Rosé, Lamé Delisle Boucard

 

Last night we opened a bottle of the Crémant de Loire Rosé from Lamé Delisle Boucard to celebrate the election early on Saturday morning of Sadiq Khan as the new Mayor of London and the first Muslim to be elected to the post. Sadiq Khan was elected by a landslide despite a very unpleasantly racist campaign by the Conservatives that has been subsequently widely criticised by various senior Conservative figures. Despite these tactics Khan has been impressively dignified.  

Lamé’s Crémant Rosé is made from 70% Cabernet Franc and 30% Cabernet Sauvignon and spends 24 months sur latte. Lovely delicate strawberry and raspberry fruit.

Proud to be a Londoner!     


Views of Sadiq Khan’s London 

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Franck Champeau – Domaine Champeau, Pouilly-Fumé

 Franck Champeau, 

Domaine Champeau, Pouilly-Fumé

(above and below)

I was quite surprised to find a substantial Pouilly-Fumé domaine in the Wines Unearthed section of this year’s London Wine Trade Fair. The Wines Unearthed section described as ‘unsigned talent from the world of wine’ was for producers not represented in the UK. 

Domaine Champeau is based in the village of Saint-Andelain and has 20 hectares of vines – the vast majority being Sauvignon Blanc but they also have 1.40 ha of Chasselas for AC Pouilly-sur-Loire. This makes them the largest producer of Pouilly-sur-Loire – the much reduced appellation for Chasselas that used to be the dominant grape variety here – albeit essentially for the production of table grapes. The domaine was founded in 1942 when Franck’s grandparents started with just 1.70 ha of vines. He and his brother, Guy, are the third generation to run the domaine. 

I met Franck Champeau on the stand. Unfortunately like so many other Loire producers he has been hit by the recent late April frosts, especially that of early in the morning of Wednesday 27th April. « We have lost 50% of our crop, » Franck told me, « and overall throughout the appellation the loss is 50%. »

I was impressed with the wines I tasted with Franck – in particular the mineral 2014 Silex and and the attractively concentrated 2015 Pouilly-Fumé. For anyone looking for that relatively rare beast – a Pouilly-Fumé not imported into the UK – should take a look at these wines.    

Ex-chair


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VSIGP (1): Vin de France, oui, mais avec quelle stratégie de marque?

Premier volet de notre semaine VSIGP – Vins sans Indication Géographique de Provenance, pour les intimes. On démarre avec le Vin de France, et c’est David qui s’y colle…

Une stratégie de marque digne de son nom implique tout le processus, de l’élaboration du produit jusqu’au réseaux de distribution. A mes yeux, une appellation, même prestigieuse, ne peut se substituer à une stratégie de marque individuelle, et tous les vins qui réussissent à vendre leurs vins bien au-delà du prix moyen de leur appellation en sont la preuve, depuis les vins du DRC jusqu’à la production d’un Marcel Lapierre, par exemple. S’il est vrai que beaucoup  de vins médiocres se reposent sur la marque « ombrelle » que constitue l’appellation, qu’elle soit AOP, IGP ou autre, ce n’est jamais le cas de ceux qui réussissent.

Cela ne veut pas dire que l’appellation ne sert à rien. Elle fournit un cadre, une espèce de garantie d’origine qui peut et doit aider le consommateur. Mais c’est le producteur qui est, in fine, responsable aussi bien de la qualité de ses vins que de la réussite de son marketing. Cette question va se poser avec d’autant plus d’acuité que le cadre en question sera large. C’est la cas de la désignation Vin de France, dans laquelle je disais il y a quelques semaines que je croyais en tant que cadre permettant la constitution d’entités de production capables de rivaliser avec celles du Nouveau Monde.  Mais il faut que les producteurs dans cette catégorie, qui autorise des assemblages très larges (à condition de rester en France) ainsi qu’une vaste choix de cépages, aient une bonne stratégie qui s’adapte à la catégorie et aux prix demandés dans les marchés visés.

Par le biais de la dégustation de 7 échantillons de cette catégorie, j’ai voulu tester l’aspect produit, n’ayant pas au moment d’écrire ni les prix de vente public, ni d’autres éléments du marketing-mix pour juger du reste, hormis les noms des cuvées et l’habillage des flacons. En revanche, pour la plupart des cuvées, les prix ex-cellars sont annoncée entre moins de 2,50 et 4 euros. On peut imaginer des prix de vente public au double des ces chiffres.

D’abord, les vins blancs :

Kiwi Cuvée Bin 086, Sauvignon Blanc 2015 

(producteur en Loire : Lacheteau) capsule à vis

Une attaque frontale du pays qui a le mieux réussit avec ce cépage : non seulement ils ont pris le nom donné au habitants de la Nouvelle Zélande, mais ils utilisent la terminologie courante pour désigner une cuvée de vin en Australie (Bin + un numéro de lot). C’est plus que culotté, cela frise la copie ! La capsule à vis convient parfaitement, en revanche, et le vin est très bien fait. C’est même facilement le meilleur de cette série de blancs : aromatique sans excès, touchant la gamme classique des asperges, citron et groseille à maquereau, mais sans tomber dans l’excès. Vibrant et alerte en bouche, assez pleine de texture et d’une longueur efficace. Un vin que je boirais avec plaisir.

Je serai curieux de connaître son prix, même si je ne suis pas convaincu par cette stratégie d’imitation que je vois mis en place.

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Daudet-Naudin, Chardonnay 2015

(producteur situé en Bourgogne) bouchon liège massif

Je pense que la capsule serait plus appropriée comme fermeture et aiderait à conserver plus de fraîcheur dans ce vin qui en a besoin. L’habillage est dans le registre classico-moderne, assez élégant. Le vin me semble plus sudiste qu’un Bourgogne, avec un boisé discret mais présent, un palais bien rond et presque chaleureux, une pointe d’amertume en finale et un profil un peu mou. Pas désagréable, mais peut mieux faire.

Patriarche Père et Fils, Viognier 2015

(producteur en Bourgogne) bouchon liège aggloméré

Le nez est séduisant à l’aune du registre habituel de ce cépage, mais le vin me semble mou en bouche et manque de précision. La sensation d’amertume en finale est assez caractéristique. Habillage classico-moderne.

Secret d’Automne, Viognier-Sauvignon 2015 (moelleux)

(producteur en Ardèche : Vignerons Ardéchois) pas vu le bouchon

Vin plaisant, sans histoires, aux saveurs agréables, tendres et fruitées. Peut convenir à certains marchés mais quelle tristesse, cet habillage ! Je ne décèle aucune stratégie particulière dans la présentation de ce vin qui est d’une banalité affligeante.

 

Les vins rouges

 

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Café du Midi, Merlot 2015

Je ne sais pas qui est le producteur ni où se trouve sa base, n’ayant pas l’étiquette définitive. Bouchon aggloméré.

L’étiquette doit être provisoire car il n’y a presque aucune mention légale dessus ! On joue clairement sur une image classique de la France (« Café », puis « Midi » et un dessin d’une terrasse de café).  Le nez est chaleureux et rond, de type prunes cuites. Même rondeur assez fruitée en bouche. Souple, simple et plaisant. Je ne vois pas trop ce que ce vin propose, outre son origine, face aux merlots entrée de gamme de Chili, par exemple, qui sont souvent meilleurs.

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La Villette, Cabernet Sauvignon 2015

Le producteur est basé en Bourgogne. Bouchon en liège aggloméré

On voit ici une volonté claire de construire une marque, avec des ingrédients visuels qui créent l’ image d’une France traditionnelle d’une autre époque. Ce n’est pas du modernisme, mais c’est bien fait. Ce vin est le meilleur des trois rouges que j’ai dégusté et confirme mon impression à la dégustation qui a suivi la conférence de presse il y a quelques semaines. Nez fin et précis, marqué par un boisé (probablement des copeaux) mais aussi très fruité (cassis). Il a aussi une bonne petite structure pour le tenir deux ou trois ans sans problème, et une excellente fraîcheur. Très agréable, ce vin vaut largement certains issus d’IGP ou d’AOP.

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Syrah (non millésimé), Vins Descombe

La producteur se trouve dans le département du Rhône. Bouchon synthétique.

L’approche visuelle et simple et moderne, avec le nom du cépage et une signature. Pas de millésime, donc assemblage verticale. Un peu de gaz au départ. Bon fruité, assez expressif. Acidité élevée et une pointe d’amertume en finale. Aurait besoin d’un peu plus de rondeur pour plaire au plus grand nombre. Correct, quand même.

 

Conclusion générale

Cette dégustation était bien trop restreinte pour pouvoir tirer de vraies conclusions, d’autant plus que je ne dispose pas d’éléments sur les options commerciales, y compris les volumes produits et les prix de vente. Il y avait deux bons vins dans le lot, et, sur ces mêmes vins, un parti pris (très différent) lisible à travers les habillages. Mais je trouve que le niveau de créativité est trop pauvre (sur la base de cette courte sélection, du moins) pour réellement aider les marques en question à faire leur trou et démontrer tout l’intérêt de cette catégorie. Peut-être est-il trop tôt pour voir émerger de véritable stratégies innovantes ?

Affaire à suivre, dans un an ou deux peut-être…..

 

David

(PS, je serai en route ce lundi pour deux journées de piste au circuit du Vigean avec l’engin ci-dessous. C’est bien rouge mais cela sera sans vins, forcément)

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