Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Une histoire de tomate, mais pas que…

Mon premier boulot après l’armée, ce fut à Camaret-sur-Aigues, dans le Vaucluse, au sein d’une coopérative agricole: Le Cabanon, spécialisée dans la conserve de tomate. C’était en 1985.

Ce n’est que bien plus tard que je me suis intéressé au vin, au travers du journalisme.

Ceci, pour vous expliquer que mon attention ait été attirée sur l’article du Figaro consacré au livre de Jean-Baptiste Malet, L’Empire de l’Or Rouge, et dont le point de départ est justement… Le Cabanon.

L’Empire de l’Or Rouge, chez Fayard

Mais à lire cet article, je me dis que la tomate est loin d’être un cas isolé; j’ai pensé au jambon serrano issu de porcs hongrois ou hollandais; aux fraises andalouses plus gorgées de pesticides que de goût; aux huiles d’olives grecques rebaptisées italiennes, aux conserves françaises de haricots chinois… et au vin, bien sûr.

Nous pestons souvent ici – moi le premier – contre les règlements souvent abscons qui régissent notre production de vin, contre tout ce qui peut décourager l’initiative dans la viticulture française. Je n’ai pas changé d’avis. Mais je me demande pourtant si, en évitant que le vin ne soit une simple commodité, une matière première comme les autres, cet encadrement ne permet pas d’éviter certaines dérives comme celles auxquelles on assiste dans la tomate. Et si le contrôle de l’origine était quand même une protection pour le consommateur?

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Hervé Lalau


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Un coup de gnôle pour changer!

Comment ne pas succomber à la délicate exubérance des liqueurs et des eaux-de-vie élaborées par Laurent Cazottes.

Elles enchantent d’une goutte nos palais alanguis par les parfums distillés par le nez.

Laurent Cazottes ?

guignes-cazottes_001.

Je ne le connaissais pas, pas plus que ses produits. D’eux comme de lui, il ne faut pas plus d’un instant pour être conquis.
J’ai presque tout dégusté, voici quelques musts qui m’ont particulièrement ravis, à commencer par cet original breuvage fait de…

72 tomates 2013

Cazottes (1)

Doré vert, le nez rappelle la tomate sans équivoque. Une tomate verte séchée au grand soleil et couchée sur ses feuilles. Un goutte de marc semble s’en écouler, une flaveur s’en échappe, nous frisote les narines de poivre et d’amande. La bouche à peine sucrée croque la graine du fruit, une note salée en sourd, comme une légère amertume, certes élégante. Puis, juste avant d’avaler cette larme parfumée, une impression à la fois boisée et minéral semble la retenir pour que nos dernières papilles en jouissent tout leur sou.

Cazottes tomates (1)

Fleurs de sureau 2012 (27€)

Cazottes (3)

Grenat teinté d’ambre rouge, elle hume la fleur de sureau, c’est dit Laurent ne pervertit pas les envolées essentielles, mais semble concentrer leur éther. Du coup le sureau offre une respiration différente, son souffle se mêle de poivre, d’une pointe de camphre, d’une note animale. Légèrement acidulée, mais contrastée d’une douceur sucrée, la bouche s’offre néanmoins fraîche, fraîcheur renforcée par la légèreté tannique teintée d’aromates. Ces derniers nous laissent sur la langue leur trace de menthe, de sauge et de feuille de noyer.

fleur de sureau

Folle Noire 2012 (23€)

Cazottes (4)

Grenat aux contours légèrement bistre, la liqueur exhale avec intensité le raisin sec et plus curieusement l’artichaut cru. Les parfums qui suivent semblent plus en phase avec le fruit initial, groseille et griotte prennent le relais olfactif et s’orne d’un bouton de rose aux accents d’encens. Tanins et sucre croquent en bouche tout en laissant la laissant fraîche. Sur la longueur l’artichaut se rappelle à nous par une amertume poivrée qui explose en douceur avant de nous quitter.

Guignes et Guins 2012

Cazottes (5)

Elle arbore une petite robe séduisante rose ambré et satiné. Elle respire la griotte confite, ce qui semble logique, mais aussi le marasquin, l’abricot sec, les pêches au sirop et la gelée d’orange amère. Senteurs nuancées de suc de viande et de tisane de queue de cerise. Déjà, elle nous ensorcelle. Les lèvres bien acides, presque vives, apportent d’amusantes nuances de tabac blond aux fruits sentis complétées de thé rouge et de confiture de canneberge. Elle nous quitte sans un regard, nous laissant sur le bout de la langue cette pointe d’amertume au goût de noyau qui nous rappellera toujours son dernier baiser. C’est là qu’on se dit: « quelle guigne ! »

Cerisier guigne

Liqueur de Prunelles passerillées 2012

Cazottes (6)

Colorée d’ambre rouge, elle embaume le pruneau sans équivoque, une chair tendre de prune macérée qui livre des accents particuliers de fumé, de benjoin et de propolis. Puis viennent des senteurs vanillées modulées de cardamome. Subtiles, elles virevoltent volatiles emportant en leur sein bergamote et jasmin.
La bouche est vive, assurément tannique et bien plus sauvage qu’attendu. Une saveur de noyau roule sur les papilles, imprimant à chaque roulement son expression amère de racine de gentiane et de fève de cacao.

 

La distillerie

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L’exploitation se situe à Villeneuve sur Vère dans le Tarn. Laurent Cazottes s’y est installé en 1998 et cultive avec son épouse Marina le domaine qui lui vient de son père ancien bouilleur de cru. La richesse aromatique des produits proposés vient très certainement du sol qui n’offre que quelques dizaine de centimètres de terres arables déposées sur un socle de calcaire actif. Mais aussi de la culture en mode biologique et biodynamique. Sans oublier que la récolte se fait journellement à maturité optimale des fruits et que ceux-ci ne gardent ni pépins, ni queue qui peuvent donner un goût boisé, ni calice, partie végétale peut laisser également sa trace gustative.

www.distillerie-cazottes.com

Ciao

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Marco