Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Un mois sans alcool

C’est ce que l’on appelle un défi – ou pour faire plus branché, un challenge. Il s’agit de ne pas boire une goutte d’alcool pendant tout le mois de février. C’est belge. Ca s’appelle « Tournée Minérale ». Et c’est organisé par la Fondation belge contre le Cancer. Ca fait envie!

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Pour assurer un peu de buzz à l’opération, quelques personnalités de la télévision belge, et même des politiques s’y sont joints. Non, ça ne veut pas dire qu’ils vont fumer du cannabis à la place – en tout cas, je n’ai pas d’info à ce sujet.

Au fait, à quand une opération « un mois sans fumette », avec support télévisé?  Après tout, plusieurs études sérieuses ont révélé que la fumée du cannabis était encore beaucoup plus toxique que celle du tabac (Husset 2006), et présentait encore plus de risque de cancer (Mehra 2006, Sasco 2007) . Ce n’est pas moi qui le dit… c’est l’Institut National (français) du Cancer.

Moi, bien sûr, je réprouve toutes les addictions – tout ce que l’on ne peut plus contrôler, tout ce qui finit par vous contrôler. Y compris l’addiction aux médias, et l’addiction au pouvoir politique. Mais je continuerai à boire mon vin quotidien, en février aussi. Je rassure la Fondation, je n’ai jamais la gueule de bois; je dors du sommeil du juste; et mon poids est stable. Bref, je n’appelle pas ça de l’addiction. Ou alors, manger est aussi une addiction. La vie est une addiction.

De la modération à l’abstinence, et vice versa

En participant à cette opération, mes confrères belges pensent tous qu’ils participent à une bonne cause, qu’ils montrent le bon exemple; je pense qu’ils se trompent; l’abstinence, c’est pour moi comme un aveu d’échec: « j’arrête tout à fait de boire, parce que je ne sais plus dire non au troisième verre ». Parce que c’est devenu un esclavage. Moi, je pense qu’il vaut mieux apprendre à boire peu, mais du bon (je parle du vin). Pour moi, le vin est un plaisir maîtrisé;  il ne me domine pas. Si je pratique l’abstinence, c’est toujours avec modération.

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Alors, en levant mon verre d’Anjou blanc à votre santé (Patrick Baudouin, Cuvée Les Saulaies 2013, publicité gratuite), je ne cherche certainement pas à donner un quelconque exemple; mais je pense à cette vieille histoire:

Un médecin communique à un de ses patients les résultats de ses dernières analyses:

« Je serai direct avec vous, vous n’avez plus que quelques semaines à vivre ».

« Mais Docteur, il n’y a rien qu’on puisse faire? Vous ne pouvez rien me prescrire? »

-« Si, si, je vais vous faire une ordonnance ».

Et le médecin d’écrire:

« Pas d’alcool. Pas de vin. Pas de sorties. Pas de restaurant. Pas de sexe. » 

-« Merci, Docteur. Et cela va améliorer mes chances de survie? »

-« Non, mais le temps va vous paraître beaucoup plus long ».

Un mois sans radio, plutôt

Tiens, je me demande si je ne vais pas plutôt me faire « un mois sans radio ».

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Patrick Cohen me lasse. Nicolas Poincaré m’escagasse. Charline Vanhoenacker m’exaspère. Thomas Sotto m’irrite. Laurent Ruquier me fatigue. Marc-Olivier Fogiel m’énerve.

Passe encore qu’ils me servent du Penelopegate, du One-Bad-Trump-Story-A-Day ou du Vivre Ensemble jusqu’à plus soif – moi aussi, à mes heures, je pratique le comique de répétition.

Passe encore que les slogans de leurs radios respectives (Inter Venez, Mieux Capter son Epoque, Première Radio de France) sonnent creux: l’époque est à l’euphémisme – les publi-reportages sont des communiqués, les aveugles sont des mal-voyants, les illégaux des migrants, il n’y a que les buveurs qui aient obtenu une promotion sémantique : pour l’ANPAA, ce sont tous des drogués.

Mais les incessantes leçons de morale orientée de mes chers confrères, le mélange constant entre faits et commentaires, entre indignation et raillerie, entre sondages et résultats, me donnent envie de fermer le poste. Je voudrais de l’info, ils me la pré-digèrent, et ça me gave. Allez, une soupe, et au lit!

Hervéno-sex