Les 5 du Vin

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Pragmatisme, optimisme, les deux mamelles du vin

D’accord avec la plupart d’entre vous sans doute pour dire que ces mots en «isme» il conviendrait de les fuir. Panurgisme, puritanisme, intégrisme, dogmatisme, évangélisme, laïcisme, bouddhisme, chauvinisme, paganisme…et tant d’autres encore. Parfois, quand je les entend j’ai envie de mettre ma veste par dessus la tête. Alors, me direz-vous, à quoi bon s’en servir dès le titre, revenir dessus en accroche et tout le long d’un article ? Toute la question est là, merci de la poser aussi clairement. Je pourrais dire que c’est pour faire travailler vos méninges, en particulier celles de nos chers Truc & Charlier, célèbres duettistes commentateurs de la Toile, mais ce serait trop facile.

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Trève de taquineries, commençons donc par le début.

Des deux explications livrées par mon Larousse virtuel concernant le pragmatisme – « doctrine qui prend pour critère de vérité le fait de fonctionner réellement, de réussir pratiquement » et « Attitude de quelqu’un qui s’adapte à toute situation, qui est orienté vers l’action pratique » -, je préfère la dernière qui évoque le mouvement, une prise de conscience qui va si bien avec le fait de se bouger, de se remuer, de ne pas en rester en l’état actuel des choses, de voir quelque chose de positif même dans l’échec. Là, je retrouve avec bonheur la sagesse vigneronne, son bon sens paysan (je sais, ça fait un peu pétainiste, mais c’est tellement vrai…), sa conscience humaine qui le guide vers la sage prise de décision, vers le passage à l’acte, vers l’avenir aussi. Votre vigne est attaquée par plus fort qu’elle, de façon massive qui plus est, point n’est besoin de rester là planté, comme désarmé. Votre sens du pragmatisme vous dicte l’action. La même vigne vous a livré de magnifiques raisins et c’est l’optimisme qui pointe le bout de son nez vous redonnant une sacrée dose d’espoir.

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Pourquoi je vous entretiens de ça ? Encore un sujet qui n’a ni queue ni tête, me reprocherez-vous à juste titre peut-être ! Or, l’actualité récente, les épisodes de grêle, par exemple qui furent nombreux sur le vignoble de la Champagne au Pic Saint-Loup en passant par le Beaujolais et la Charente, ont cette année comme les années précédentes joué beaucoup sur la conscience vigneronne, sur son moral. Certains refusent d’envisager ne serait-ce qu’un étude sérieuse sur le coût d’une assurance alors qu’il y a à portée de la main des experts dans les chambres d’agriculture ou les interprofessions capables de les conseiller, qu’il est possible d’obtenir de l’aide, de se grouper, d’intervenir parcelle par parcelle. Puis on remet à plus tard la réflexion. Pendant ce temps, une viticultrice de mes amies, du côté de Saint-Chinian, probablement plus pragmatique que les autres, ne s’est pas posée trente six mille questions : plutôt que de se réveiller un jour au bord de la ruine – il n’y a rien de plus désolant qu’une vigne hachée par la grêle -, elle est assurée depuis des années, en paie certes le prix assez élevé (il y a moyen de négocier, dit-elle), mais peut ainsi dormir sur ses deux oreilles. Et quid de la perte de récolte due à la sécheresse ? Au moins 30 % en moins en moyenne dans nos vignobles sudistes, sans parler des autres. Là aussi il doit y avoir moyen d’exercer son sens du pragmatisme. Comme ces vignerons qui depuis des années ont installé un réseau de goutte à goutte dans leurs rangées de vignes. En respectant à la lettre la législation, en prenant le sujet à bras le corps, en entrecoupant des informations entre eux, en dialoguant avec les techniciens, ils sont arrivés à équiper les parcelles qui souffrent le plus souvent et à garantir une vraie régularité dans leur production.

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Beaucoup de ces chefs d’entreprises (n’oublions jamais que les vignerons sont des patrons) ne tergiversent plus lorsqu’il faut aller à un salon en Allemagne ou au Brésil pour ouvrir un marché auquel on croit dur comme fer. Pas question d’hésiter, il faut foncer. N’est-ce pas Hervé Bizeul, fierté du Roussillon qui naviguez par monts et par vaux pour faire connaître de grands vins par avance dépréciés simplement parce qu’ils sont rattachés au Sud, autrement dit au trou du cul de ce bas monde ? Regardez le succès commercial de cette coopérative du Gers dont David, moi-même et nos camarades vantons ici même l’enthousiasme. Si c’est pas du pragmatisme et de l’optimisme (certes gascon) ça, alors je me damne ! La Chine ne leur fait pas peur, le monde entier non plus. On pourrait dire la même chose sur la famille Grassa dans leur vaste Domaine du Tarriquet qui, plutôt que de rester le cul sur leur chaise à critiquer les autres, plutôt que d’accuser notre bureaucratie et de taper sur l’incompétence légendaire de nos politiciens, ont préféré se lancer dans un modèle de production qui fait aujourd’hui école.

wp_20160823_006Alors que tout va mal si l’on s’en tient aux vicissitudes de l’actualité, des gens déterminés, des vignerons décidés à faire de très bons vins tout en restant originaux nous en connaissons une flopée aux 5duVin que ce soit en Provence, dans le Roussillon ou ailleurs. Comme au Domaine la Casa Blanca sis à Banyuls-sur-Mer où, après avoir labouré péniblement à l’aide d’une mule – efficace sur du plat, la traction animale ne l’est plus du tout en zone de montagne -, les trois propriétaires de ce domaine de 8 ha se sont inspirés de méthodes plus pragmatiques pratiquées en Suisse, en Italie et dans le nord de la Vallée du Rhône, à savoir le treuil mobile qui se déplace horizontalement en haut du coteau et qui aide le laboureur à remonter chaque rang en tirant sa charrue. Résultats : c’est plus rapide, moins épuisant, moins cher, moins compliqué, plus efficace ! Quitte à se débarrasser des murettes qui font le charme des anciennes vignes. Et que dire encore de ce vigneron génial du Mâconnais, Marc Guillemot, véritable touche-à-tout qui n’hésite pas à faire des pieds et des mains pour retrouver les données techniques d’un vieux tracteur récupéré dans une vente ? Ben oui, un vieux tracteur sauvé de la casse c’est toujours utile par les temps qui courent. Et le gars ne s’arrête pas là : système de récupération de l’eau de pluie pour ses préparations en biodynamie, distillerie, jardinage, rien ne lui échappe !

Pour finir, on peut mettre bien des choses positives sur le compte du pragmatisme. Ainsi, il est de notoriété publique que dans mon devoir d’informer, je soutiens becs et ongles les initiatives locales, très souvent bénévoles, destinées à rassembler du monde autour du vin. Bien loin de ces déjeuners de presse huppés ou ces dégustations mondaines organisées à grands frais dans un hôtel de luxe de Londres, Milan ou Paris, bien éloigné aussi des coûts démentiels soulevés par de vastes campagnes de pub, il n’y a rien de tel que l’union entre vignerons d’un même courant, d’une même appellation, dans un projet festif et promotionnel destiné à rehausser le moral des troupes tout en attirant les amateurs, les vrais, c’est-à-dire ceux qui achètent du vin plutôt que ceux qui goûtent du bout de la langue en se plaignant sans cesse de ne pas être traité comme des stars.

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Un parfait et très inattendu exemple de cette unité pour la cause commune m’en a encore été donné l’autre jour par l’équipe du Minervois. Cela se passait sur les bords du Canal du Midi, à Homps plus précisément, là où s’arrêtent de nombreux adeptes du tourisme fluvial, à deux pas de la Maison des Vins du Minervois où l’on trouve de réelles pépites à prix départ propriété. En cette période de chaleur intense qui a marqué le début du mois de Septembre, il y avait foule pour participer, sur deux jours, à la seconde édition de Tastes en Minervois. Plus de quatre vingt vignerons, la plupart en vendanges ou en passe de l’être, avaient accepté de donner de leur temps, de se mélanger grands ou petits confondus et de jouer la règle du jeu qu’ils ont eux même élaborée qui consistait à présenter et faire déguster une cuvée (seulement) de leur choix à un public payant venu là en famille ou en bande d’amis.

Une organisation du tonnerre (parkings balisés, sanitaires, espace pour « pitchounets », orchestres, animations, température des vins) mobilisée pour recevoir environ 7.000 visiteurs, dont beaucoup d’étrangers, venus goûter les mini plats concoctés selon des thèmes précis par quatre chefs émérites qui, eux aussi, ont fait un boulot remarquable. Ce moment festif était bien entendu payant (15 €) avec les vins « à discrétion » comme on disait jadis, et il faut souligner que les vignerons présents n’étaient pas là pour vendre, mais plus pour partager l’événement et communiquer le plus possible sur leur métier. Le but final étant de montrer qu’une appellation aussi vaste et variée que celle du Minervois pouvait se rassembler, faire corps et donner l’image d’une réelle unité, l’image d’une appellation dans l’action.

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Vous en conclurez peut-être sournoisement que je me suis laissé embarquer par je ne sais quel enthousiasme à propos d’un communiqué de presse bien rédigé et vous aurez grand tort. Peut-être aussi trouverez-vous que je suis d’une naïveté décidément déconcertante, voire incorrigible. Pourtant, je ne puis m’empêcher de constater que pour exister dans la masse (j’allais écrire la nasse !) du Languedoc viticole ou d’une autre région, il faut non seulement se distinguer, aller vers le public, festoyer avec les amateurs et montrer cet aspect positif, enthousiaste, inventif, jeune et moderne du vin, sans pour autant faire dans le blingbling. Le Languedoc le fait en précurseur depuis longtemps avec ses randonnées dégustations inspirées par Slow Food dans différents terroirs qui rencontrent chaque été un succès franc et massif. Pour en arriver là, vous pouvez me croire, surtout dans un monde qui noircit tout, il faut une bonne dose de pragmatisme. Et d’optimisme  !

Michel Smith


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Aucune garantie pour le vin !

Je ne suis pas un génie de la consommation ni un roi de la défense (ou de la défonce…) du consommateur. Pas même un anti vin dit « nature » ou bio. Les risques ne me font pas (trop) peur. Je ne déteste pas Tarriquet et encore moins Georges Duboeuf ou Gérard Bertrand. Or, il m’est apparu dans un songe virant presqu’au cauchemar ce matin que, petit a) je n’avais toujours pas pondu mon article du Jeudi ; petit b) que le vin n’entrait pas (ou si peu) dans la gamme des produits de consommation courante offrant une garantie ; petit c) que ce sujet-là était si rarement abordé sur les blogs généralistes du vin que j’avais une chance d’intéresser le Lecteur brossé dans le sens du poil, comme toujours. Encore un sujet niais, me direz vous. Soit, je l’assume.

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C’est vrai ça ! Quelles garanties avons-nous de boire un bon vin ? Nada ! Que dalle mes potos ! Pour nous consommateurs de vins, même « pros », c’est à nos risques et périls. Votre plaquette de beurre est défectueuse, elle présente une odeur de rance ou tout autre défaut, vous pouvez toujours la ramener à votre hyper. Cela prendra peut-être du temps, mais en y mettant les formes il y a de fortes chances pour qu’on vous la remplace illico. Idem avec vos chips à l’ancienne trop molles, votre calendos amoniaqué ou votre sauciflard qui frise la moisissure. Raison pour lesquelles nos industriels ne lésinent nullement sur les produits chimiques dits « conservateurs » et ne manquent pas d’imagination pour protéger leurs trésors de malbouffe dans des emballages de génie qui contribuent à la pollution de notre planète. D’ailleurs, ils ne se gênent pas non plus côté vins.

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Mais mettez-vous un instant dans la peau d’un consommateur qui rapporterait une bouteille de vin à son vendeur avec ce genre de complainte : « Mes invités trouvent qu’il a un goût bizarre, je vous retourne ce Beaujolais Nouveau pour le changer contre un autre. » Ou même : « Il y a un goût de bouchon dans ce Château Truc acheté ici même à la Foire au Vin d’Octobre dernier, remboursez-moi ! » Ou encore « Regardez l’étiquette de mon Clos Machin que vous auriez dû protéger dans un emballage plastique, elle est foutue parce que ma boîte de lait à 6 pour le prix de 5 s’est éclatée dans le Caddie© ». La preuve est là, flagrante : face au vin, à moins d’avoir appris par cœur le Bettane & Desseauve, ne sachant déjà pas vraiment ce qu’il achète, le consommateur lambda, vous et moi, est en plus totalement démuni de garantie ! On pourrait avancer que le vin est l’un des rares produits « vivants » que l’on achète en payant parfois fort cher sans aucune garantie de satisfaction. Même s’il s’agit de Château Petrus.

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Certes, pour les amoureux du vin il y a des solutions. Par exemple, prendre la peine de dénicher un bon caviste et de s’y attacher en suivant ses conseils d’achat, mais là encore, ce n’est pas évident. Combien sont-ils à nous inspirer une réelle confiance ? Quelles garanties offrent-t-ils réellement à leurs clients ? Quels services ? Un parking gratuit avec un porteur pour glisser avec soin le carton acheté dans le coffre de voiture ? Quelques bouteilles débouchées le Samedi matin pour faire déguster aux fidèles et ainsi faciliter leur choix ? Un remplacement plutôt agacé pour une bouteille que l’on croit « bouchonnée » alors qu’elle a le goût d’une planche mal repassée ? Un bouchon émietté ? Un dépôt ? Un trouble ? Un nez bizarre ? Un goût d’égout ? « Et alors ma bonne dame, je n’y peux rien. Ce n’est pas moi qui fait le vin. » Le caviste – le caviste sérieux s’entend – est pourtant le seul commerçant qui pourra vous offrir une garantie minimum en cas de pépin. Certes, bon gré mal gré il vous remplacera la bouteille, mais il aura un mal de chien à faire comprendre au vigneron que ce dernier devrait lui remplacer la bouteille jugée défectueuse par un type qui se dit « connaisseur »… à moins de tomber sur une grosse boîte, un négociant compréhensif ou un revendeur qui a les moyens de bien faire son métier. Reste la question qui tue et que j’ai oublié de poser : est-ce qu’un Michel Chapoutier, une Philippine de Rothschild ou un Guigal accepterait de remplacer une bouteille d’Ermitage, de Petit Mouton ou de Landonne ? Essayez voir…

Un vrai bon caviste, les Caves Maillol à Perpignan ! Photo©MS

Un vrai bon caviste, Guillaume, des Caves Maillol à Perpignan ! Photo©MS

Vous pensez qu’il vaut mieux dans ce cas opter pour un marchand de vins dits sans soufre ? Avez vous la certitude que son Morgon n’a pas traîné 10 mois exposé à la lumière ou à la chaleur du magasin ? Le brave homme ou l’avenante marchande seront-ils d’accord pour vous remplacer une bouteille au goût de cul de poule ? Tentez l’expérience et il y a fort à parier que vous serez catalogué de piètre amateur incapable de reconnaître dans ce vin « nature » la réelle noblesse du raisin foulé aux doigts de pieds (de fée ?)

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L’autre solution, celle de l’achat à la propriété, n’est jouable que dans le seul cas où l’on sait que l’on peut faire confiance au vigneron. On connaît le gars (ou la fille), son nom est dans tous les guides, on l’a même rencontré lors d’un salon et, avant tout, on est un inconditionnel de son vin. Pourtant, imaginez que vous receviez un jour une commande et que le vin qui va avec ne ressemble pas du tout à ce que vous attendiez de lui. Dans ce cas, à moins de palabrer au téléphone, de prendre un week-end en Bourgogne pour ramener la marchandise à son lieu de naissance afin d’implorer un changement, ou de la renvoyer à vos frais par un transporteur, il ne vous reste plus que vos yeux pour pleurer. Car là encore, il n’y a aucune garantie pour le consommateur. Et que dire de la vente en ligne et de certains sites qui ne sont même pas capables de rembourser des cartons de grands crus jamais livrés bien que payés d’avance ?

Boire du vin comporte des risques et c’est peut-être pour cela que nous l’aimons, notre cher pinard car il nous en fait voir de toutes les couleurs. Vous me direz que consommer des huîtres ou des fromages c’est aussi risqué. Cela dit, je suis étonné de constater que les compagnies d’assurances n’aient pas encore réfléchi à ces problèmes de la vie courante. À quand la garantie offerte pour 5 ou 10 euros de plus, selon la commande ? Les cavistes, s’ils veulent redorer leurs blasons, feraient bien d’étudier une assurance garantie idoine qui redonne confiance au consommateur. Sinon, il risque de se tourner de plus en plus vers les vins de cavalerie que l’on trouve dans les grandes surfaces… Sauf dans les quartiers chics à haut pouvoir d’achat, bien sûr.

Bon, allez, assez gueulé. J’vais m’recoucher…

Michel Smith


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A cold March makes Loire vignerons happy

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25th March 2013: tight bud little signs of life

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2nd April 2012: vines already in leaf

Although inhabitants in parts of the UK facing huge snowdrifts and loss of electric power might reasonably disagree, Loire producers are happy with a cold March this year.

They remember only too clearly how unseasonably warm March and early April 2012 was. How the vines went berserk in the warm dry weather. Then how the vignerons worst fears were realized during the night of 16th and 17th April when frost destroyed a very substantial part of the 2012 crop.

This year the vines appear to be a good three to four weeks behind last year, so a good chance that unless there is a late frost the Loire may well escape frost damage in 2013. If this is the case it will be very good news for few producers will be able to support another tiny vintage like 2012.

The stats for Tours on Metéo France (25.3.13) tell a clear story

(remembering that we still have another seven days to go before the end of the month):

Temperature:

2013: Average maximum daily temps to date for March: 10.9˚C

2012: Average maximum daily temps for March: 15.6˚C

1991-2010: Average maximum daily temps for March: 12.3˚C

Hours of sunshine:

2013: 77

2012: 213

Average – 1991-2010: 144

Rainfall

2013: 47 mm

2012: 11.8 mm

Average: 50.3 mm

Both sunshine hours and average temperatures are well down on the average and certainly way below the exceptional temperatures of last year. Although it is still quite wet underfoot with puddles in some of the vineyards, rainfall for the first part of 2013 has been around the average. January  – 53.7 mm (average: 66.2) and February – 57.1 mm (average: 55.8 mm).

After a year off due to the frost and poor flowering, the 2013 Loire crop could  be large if history is a guide. For example 1992 was a very big crop after the severe frost of 1991. This is partly nature rebalancing after a year off but also there is a tendency to prune less severely in order to make up some of the shortfall from the previous year.

Hopefully the climate in 2013 will look more kindly on the vignerons than 2012 did.

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25th March 2013: buds tightly shut

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In contrast 2nd April 2012 – in leaf

Buddhaas