Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


24 Commentaires

Florilège d’idées reçues en matière de vin

Voici une petite liste d’idées reçues à propos du vin, qui, si elles n’ont pas inspiré Flaubert pour son fameux dictionnaire, méritent tout de même l’attention de l’honnête homme, surtout oenophile.

Les petits rendements font les grands vins.

A ce compte-là, le plus petit Corbières serait meilleur que le plus grand cru d’Alsace.

Le rendement exprimé en hl/ha n’a pas beaucoup de sens, il faut tenir compte de la densité de plantation, de la pente, du sol, des conditions climatiques, du cépage…
53794191
Une source éternelle d’inspiration

Les levures indigènes ou naturelles sont meilleures que les levures de laboratoire.

Nous vivons entourés de bactéries et de levures, nous en apportons dans les caves à chaque fois que nous en visitons, des équilibres se créent, se défont, se recréent. Le concept de levure naturelle est à manier avec de longues pincettes. Pour un exemple où effectivement, on a obtenu un vin différent et intéressant en « laissant travailler les levures naturelles »  (j’ai souvenance d’un cas dans le Palatinat), combien de cas contraires? D’un autre côté, des levures sélectionnées peuvent totalement changer l’aromatique ou le taux d’alcool d’un vin. C’est parfois écrit en toutes lettres sur la boîte. Attention à ne pas jouer les apprentis-sorcriers!

Le soufre est un des apports de l’oenologie moderne qui standardisent le vin.

Ce sont les Hollandais, au 17eme siècle, qui ont « méché » pour la première fois les barriques pour améliorer la stabilité du vin dans le transport.
Le modernisme est donc tout à fait relatif. Nos grands-pères soufraient. Leurs pères aussi, bien avant que l’on parle de « tout chimique ».

L’avenir est au bio.

A titre perso, je l’espère. Pour le vin en lui-même, mais surtout pour les vignerons qui épandent les pesticides au risque d’y laisser leur santé, et pour la planète. Pour autant que l’on règle le problème du cuivre, bien sûr.
Les bio, qui traitent mécaniquement et plus souvent, auraient un moins bon bilan carbone, à ce qu’on dit. Peut-être, mais les effets des pesticides dans nos nappes phréatiques me semblent plus graves, à court terme. Et pour la qualité du vin? Là, je botte en touche. J’ai déjà dégusté de très mauvais vins bio – notamment ceux de viticulteurs qui sont passés au bio pour des raisons d’opportunité plus que de conviction. Le bio est-il en train de perdre son âme? Cela mériterait un plus long développement.

La tradition, il n’y a que ça de vrai!

C’est quoi, une tradition? Ca remonte à quand? La surah était à peine présente en Languedoc avant les années 1960. La tradition languedocienne, avant le phylloxéra, c’étaient des cépages quasiment disparus, car soit compliqués à vinifier, soit peu productifs, soit peu qualitatifs, comme le Terret ou le Piquepoul Noir. En 1850, on considère encore le Grenache comme un nouveau venu dans la vallée du Rhône. En Costières, on ne jure que par le Plant de Saint Gilles – le Mourvèdre.

Dans le Médoc, on trouve à l’époque beaucoup de Petit Verdot (dont on nous dit qu’il améliore les cabernets)
A Saint Emilion, le cépage principal n’est ni le Merlot, ni le Cabernet, mais le Noir de Pressac, alias Malbec. C’est dire comme les temps changent.
Et encore ne parle-t-on que des cépages. Que faut-il penser de techniques modernes de vinification, apparues dans les années 60-70. Que seraient nos vins sans le contrôle des températures? Mais que penser du micro-bullage, de la cryoextraction, de l’osmose inverse?  Où s’arrête l’aide au vigneron, et où commence le lissage des millésimes, le gommage de l’effet terroir?
IMG_2932

Chouette, un vin élevé (pas très longtemps, quand même) dans le respect de la tradition!

Pour être juste, il faudrait aussi tenir compte de l’évolution du goût des consommateurs  (nos grands pères buvaient des vins de 10 à 11°, rarement plus), de la baisse des rendements moyens, du passage des vignes franc de pied aux greffes sur plants américains et du réchauffement climatique.

Le Champagne fait moins mal à la tête que les autres effervescents.

C’est ce qu’ont répondu des Belges, dans les années 90, à des sondeurs. Mais c’est ce qu’on appelle du déclaratif. Ce n’est pas parce qu’on le dit que c’est vrai.
Le Champagne fait cependant plus mal au portemonnaie, alors depuis, pas mal de Belges sont passés au Cava.

Les rosés de coupage sont imbuvables. Ils sont une insulte au vin de qualité.

Plusieurs dégustations à l’aveugle ont prouvé que le consommateur ne pouvait pas faire la différence. Dans certains cas, il préfère même le rosé coupé. Et puis, il y a le cas du Champagne rosé: cette appellation autorise le coupage et personne ne s’en plaint.
Par ailleurs, le « coupage » des raisins blancs et rouges, lui, est autorisé dans bon nombre d’appellations de rosé, y compris les plus connues, comme Côtes de Provence ou Coteaux d’Aix.

Les vins nature sont intrinsèquement meilleurs.

Vous êtes néo-bougnat à Paris, spécialisé dans le sans soufre, et donc ça vous arrange de le croire. Moi, je préfère déguster. On en reparle après. Et ne me dîtes pas que je dois éduquer mon goût au vin nature, ou je vous dirai qu’il vous faut vous éduquer pour lire mes articles.

Les vins nature sont intrinsèquement mauvais.

« Tous oxydés, tous pleins de volatile, tous surfaits. Une arnaque, quoi ».  Là encore, je dis, dégustons. J’adore certains vins de Lapierre, de Terre des Chardons, des Côtes de la Molière. Pas de soufre, mais pas de déviation on plus.

La France, fille aînée de Bacchus, possède les meilleurs terroirs au monde.

Il n’y a pas de « meilleurs terroirs au monde », juste des terroirs dont l’histoire a prouvé la valeur; et c’est lié non seulement au sol, au climat et à leur adéquation aux cépages, mais aussi aux usages locaux, à la qualité du substrat humain et au commerce du vin.
Dans l’Antiquité romaine, les vins les plus cotés étaient ceux de Carthage, les auteurs latins y plaçaient les meilleurs crus de leur monde.
Au Moyen-Âge, le Roi Philippe Auguste, lui, les plaçait à Chypre.

Les meilleurs vins du monde sont ceux de Bordeaux.

Si c’est Robert Parker qui le dit…
Mais si on me laisse voix au chapitre, je vous dirai que tout classement est un instantané, une photo figée dans le temps.
En 1750, le Duc de Richelieu, gouverneur de Guyenne, écrivait à Louis XV que sa province ne produisait guère que  de « petits vins ». 30 ans plus tard, le New Claret était sur la table de George Washington. Par ailleurs, parler de « meilleurs vins du monde », c’est établir une drôle de hiérarchie. Entre quoi et quoi?

Rayas est meilleur qu’Yquem.

Comparer Yquem et Rayas, Margaux et Romanée Conti, Constantia et Montalcino, Hugel et Lapierre, Vega Sicilia et Errazuriz, Gaja et Dagueneau, c’est totalement idiot, non? Et pourtant, des classements de ce genre existent, le Wine Spectator en sort un chaque année.
C’est un peu comme si on voulait classer les peintres, les musiciens ou les monuments. Bach est-il meilleur que Mozart? Monet meilleur que Rembrandt? Le Taj Mahal meilleur que Notre Dame?
Ne faisons pas de préférences subjectives, à un moment donné, pour un dégustateur donné, un critère d’évaluation dans une perspective historique, avec toutes les implications commerciales que cela comporte.
Lundi, je préfère ce Cahors, mardi, ce Chianti, mercredi, ce Marestel, jeudi, ce Chinon. Samedi, je m’éclate au Côte Rôtie. Dimanche, je bois du café.
Pas de quoi en faire un livre de référence.

Parker déguste mieux que moi.

Sans doute. Et il n’est pas le seul. Ma plus grosse « claque », en la matière, c’est une vigneronne qui me l’a donnée, elle s’appelle Nadine Sire – une dégustatrice hors pair. Heureusement qu’elle n’écrit pas dans une revue de vin!

Par ailleurs, compte tenu de la variété des goûts des consommateurs, je crois souhaitable qu’il n’y ait pas qu’une seule autorité, une seule référence, une seule façon de voir le vin et d’écrire à propos du vin. Je suis contre l’idée de gourou. Mais je respecte la compétence.

Bettane déguste mieux les vins de la Romanée Conti que les vins nature.

Joker.

Je fais de gros efforts pour ne pas avoir d’oeillères ni d’idées préconçues avant de déguster un vin. Pourtant, c’est vrai, je l’avoue, j’ai quelques préjugés – a priori, je n’aime pas trop retrouver du cabernet sauvignon, du sauvignon ou du chardonnay dans tous les coins de France, par exemple. Alors qui suis-je pour juger des marottes, des obsessions ou des préférences d’un collègue? Tout au plus puis-je espérer de lui que devant chaque verre, il les dépose; et que sur le métier, une cent-millième fois, il remette son ouvrage.

J’ai lu l’échange de commentaires entre les deux Michels, Smith et Bettane, à propos du dernier Guide Bettane & Desseauve. Les auteurs de ce guide sont-ils trop prudents? A vous de juger. Le jour où j’éditerai un guide, sans doute me poseré-je aussi la question de savoir les risques que je peux prendre. Ce n’est pas demain la veille.

Hervé Lalau


10 Commentaires

Nature? Bio? Et puis quoi encore? Le twist, pardi !

On dit que le ridicule ne tue pas, n’est-ce pas ? Vins nature par-ci, vins nature par-là, vins bio ceci, vins bio cela, il commence à en avoir marre le ronchon de service que je suis !

Tiens ça me rappelle un truc qui n’a pas duré et qui, in French, s’appelait La Leçon de Twist. À ceux qui comme moi l’apprenaient, les parents nous promettaient les pires horreurs : luxure de l’épaule, épanchement de synovie, déformation de la hanche… De tous côtés on n’entendait plus que ça, «un air nouveau qui nous vient de là-bas, un air nouveau qui nous fait du dégât, et comme moi il vous prendra…» Voilà ce que nous baragouinait Richard Anthony, en 1962, avec sa gueule de cocker battu et sa voix de faux crooner.

Eh bien franchement, entre nous, c’est une bonne chose que la vogue du twist n’aie duré que l’espace de quelques étés. Comme je n’ai pu vous trouver l’original, vous pourrez rigoler avec la très mauvaise interprétation de Dalida et de son compagnon de piste, l’inimitable Maurice Biraud. Mais au fait, pourquoi une telle intro ? Par provocation, bien sûr! Parce que « twist », en British, ça signifie «tordu». Et il me semble que notre étroit monde du vin est devenu tordu. Complètement tordu !

179092_544342182252731_1351942281_n

Si vous ne savez quoi faire ce week-end, allez-y, y’aura que du bio !

Bio ? Nature ? Huguenot ? Juif russe orthodoxe ? Catho de la Grande Armée ? François d’Argentine ou François de Corrèze ? Dans le débat ô combien stérile qui nous use le ciboulot et nous entraîne régulièrement sur ces lignes et ailleurs à prendre position, comme dans une guerre de tranchée, je me range du côté de Saint Hervé.

Pour ou contre les vins dits « natures », bio gaucho ou bio bobo, je propose une simple trêve, un gentlemen’s agreement. Que l’on cesse d’un côté de les stigmatiser de manière systématique et trop souvent caricaturales, voire inutilement méchante ; et que l’on arrête de l’autre de se sentir persécuté par les vilaines critiques au point de pondre des messages sur le mode mélo dramatique tel celui délivré l’autre jour sur le blog de la vigneronne Isabelle Perraud.

Alors, quid de ces qualificatifs « bio », « nature », « vivant » qui horripilent mon collègue de blog (Hi, David !) du lundi ? Les fois où j’insiste un peu trop sur le terroir, le bio ou le vin nature, j’ai toujours l’impression d’être un speaker officiel de Radio Hanoï dans les années 70. Je m’attends – mieux même, j’espère -, une réplique cinglante de The Voice of America pour défendre le pragmatisme de la pensée libérale et le capitalisme de la viticulture moderne.

Pardon David, mais le ténébreux forgeron que je suis n’a pas le talent d’un Léon ni celui d’un Louis pour finasser dans la dentelle langagière. Aussi, je promets solennellement de ne plus utiliser ces mots-là à tort et à travers, de ne le faire que pour informer le Cher Lecteur de manière pratique, genre «Il cultive ses 20 ha depuis 1968 et a été certifié bio à partir de 2001» ; de taire les propos vignerons tels «Je n’utilise plus de soufre, sauf à la mise», propos que je juge inutiles puisqu’il ne s’agit pas de réel «sans soufre» ; d’oblitérer les déclarations péremptoires du style «Je milite à fond pour les vins vivants» ce qui ne veut strictement rien dire. En bon journaliste, je ne livrerai que des faits, rien que des faits. Cela ne m’empêchera pas d’aimer beaucoup de ces vins-là, de ces vins différents.

De les aimer, de le dire et de tenter d’expliquer pourquoi. Même avec maladresse, n’en déplaise à Monsieur Truc Georges ou à Madame Machin Georgette.

addon.php

Comment vous expliquer à toutes et à tous ce que vous êtes déjà censés savoir : que le vin de maintenant (2013) est mille fois meilleur que celui que buvait mon cher pépé René, qui a fait Verdun, soit dit en passant, et que la bibine d’aujourd’hui le ferait se réveiller dans sa tombe de Vineuil-Saint-Firmin (Oise).

Comment vous affirmer sans jouer les devins que le Pinard avec un « P » majuscule sera encore plus excitant demain aux yeux de nos crétins de chérubins ? Comment vous faire admettre que, le progrès aidant, les connaissances en matière de biologie aussi, de techniques viticoles, de robotisation, de vinification et d’élevage feront que notre discours d’aujourd’hui, si jamais il ressort un jour, paraîtra obsolète, à mille lieues des préoccupations du moment et du plaisir engendré par la saveur d’un divin nectar des années 2063 ?

On ne peut à la fois, du moins me semble-t-il, tirer à boulets rouges sur les vins dits «nature», les «sans soufre ajouté qui ont quand même du soufre mais si peu» et les autres vins biologiques en disant pour résumer que tout cela c’est du pipeau, du pipi de chat ou de la roupie de sansonnet, pour en même temps se glorifier (« Bigre, ma chère, vous vous rendez compte, j’en ai trouvé un bon ! »), se donner bonne conscience en en sortant un ou deux du lot parce que l’on est bien obligé de reconnaître que, comme dans la vraie vie des vins dits «conventionnels», force est d’admettre qu’il y en a parfois un de bon voire, pourquoi pas, de génial.

De même qu’il me paraît délicat de soutenir mordicus que la seule voix de salut réside dans la production de vins sans soufre ajouté alors que, sans être un expert, le non ajout de soufre n’est pas un gage absolu de qualité, de robustesse du vin et de protection contre l’oxydation. Reste que tous ces «courants» ont contribué à faire avancer les choses : retour au travail de la terre, à l’agriculture, meilleure qualité du raisin, moins d’intrants dans les sols et dans les vins, j’en passe…

Signature

Mais qui suis-je pour parler ainsi ? Pas grand chose. Un critique émérite ? Surtout pas. Un journaliste qui en a vu d’autres au rayon «vertes et pas mûres» ? Sans doute, peut-être. Un philosophe du vin ? Ça se saurait. Un observateur pinardier ? Certainement.

Tenez, mes derniers voyages se sont déroulés en Val de Loire, puis en Provence. J’y ai rencontré pas mal de vignerons, certains que je connaissais depuis mes débuts, d’autres que je découvrais. Dans les conversations, tous m’ont parlé de biologie, de retour à la terre, la vraie, celle qui vit au point qu’elle est belle à regarder, tous étaient fiers de traverser ces moments excitants où le travail de la vigne redevient attentionné au lieu d’être bâclé. Et pourtant ce ne sont pas des imbéciles, encore moins des « bisounours ».

Ils ont voyagé, pour certain bien plus que moi, sont allés à Davis en Californie et dans les grandes écoles agraires de Nouvelle Zélande, ont accepté maintes responsabilités et empilé des diplômes et des thèses à ne plus savoir qu’en faire.

images

Il me paraît difficile ou pour le moins peu confortable pour un critique fut-il émérite, ou pour un journaliste qui se revendique impartial, de camper ad vitam æternam sur une position de principe, une idée non évolutive. Idem pour un vigneron dont la tâche principale, sans vouloir lui donner de leçons, doit être d’écouter sa vigne avant que de chercher à se faire admettre dans telle ou telle chapelle. Moi-même, j’ai fait mon         «coming out» il y a longtemps (cela m’a pris du temps, je le confesse !), lorsque j’ai décidé en mon âme et conscience de ne plus me positionner stupidement en maudissant l’utilisation du bois dans le vin.

Désormais, j’accepte l’idée du bois (même neuf !) dans les vinifications et l’élevage aux seules conditions que cela ne soit pas un argument commercial, que cette pratique ne me soit pas mentionnée avant que j’attaque une dégustation et que ce bois ne serve pas à maquiller le vin. De même que je suis fort mal à l’aise lorsqu’un vigneron, avant de me faire goûter sa production, m’embarque sur l’indispensable nécessité qu’il met à me convaincre de son œuvre permanente pour la sauvegarde de la planète alors que dans sa cave il utilise son iPhone 3 , 4 ou 5  (je ne sais plus quoi), qu’il fait marcher à fond les climatiseurs et qu’à la moindre occase il se jette sur son paquet de Malboro acheté lors d’une escapade andorrane en promenant toute la famille dans une Mercedes dernier cri.

addon-1.php

Voyons, tout ce qui entraîne un raisonnement «par principe» est d’une bêtise sans nom. Soyons logiques avec nous-mêmes. Vivons avec notre époque sans ornières, les yeux bien ouverts. Faisons du vin, le mieux possible et, c’est bien ce qui compte après tout, buvons-le sans trop de retenue. Pro nature ou anti naturisme, achetons et consommons le vin que l’on aime, un point c’est tout. N’en dégoûtons pas les autres.

Petula Clark EP2-1

J’en appelle donc aux deux parties à user de bon sens et à faire preuve d’ouverture d’esprit. Et pour aller dans ce sens et vous redonner un peu de pêche, retournons à mon intro. Mes bien chers frères, je redis que la vie ne serait que peu de chose s’il n’y avait mon twist préféré, le seul qui, à l’époque, n’ait pas fait l’objet de mes railleries et de mes moqueries, un morceau interprété par Petula Clark et judicieusement mis en image par un internaute de talent sur le tube.

Isabelle, David, Luc, Georges, Marc, Hervé, Jim, Frigide, François et les autres, allez venez tous en piste avec moi !

Michel Smith