Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Le vin reste-il une affaire d’hommes?

34 Commentaires

Quand j’étais une jeune adolescente, je croyais parce que c’était ainsi que je le percevais, que le vin était une affaire d’hommes. En 20 ans, la situation a VRAIMENT changé, et les femmes ont investi rapidement tous les secteurs de la profession, où elles  y assument même des postes représentatifs.  Œnologues, vigneronnes, viticultrices, sommelières … elles sont de plus en plus nombreuses à exercer et à revendiquer, leur passion pour le vin, elles rattrapent le temps perdu à la vitesse grand V.

La place de la femme dans le monde du vin:  un sujet qui m’a poursuivi tout au long de ma carrière et que je n‘aimais pas aborder, je le haïssais, et si je le pouvais, je fuyais tous les forums et débats ayant  attrait à ce thème. Il est vrai qu’à l’heure actuelle, les choses ses sont calmées, tout ça n’est plus d’actualité, c’est de l’histoire ancienne.

Quand j’ai débuté ma vie professionnelle comme sommelière dans les années 70, le vin était sans contestation possible une histoire d’hommes, je me souviens qu’ au restaurant, beaucoup d’hommes refusaient de se laisser conseiller par une femme! Je dois pourtant reconnaître que le fait d’être une femme ne m’a causé aucun problème, bien au contraire comme nous soyons très peu nombreuses à exercer cette profession, cela m’a beaucoup aidé. Je ne gênais personne, et donc on m’accueillait les bras ouverts avec beaucoup de « bienveillance ». J’étais invitée à de nombreuses dégustations, évidemment, je ne saurai jamais si c’était pour figurer sur la photo finale ou pour la qualité de mes commentaires. Peu m’importait, pendant ce temps, je formais mon palais, j’apprenais, j’avançais. Je participais à beaucoup d’évènements, à des débats radiophoniques ou encore télévisés. Tout à coup, il semblait que l’opinion d’une FEMME, qui commençait à occuper un espace,  si petit soit-il dans ce  monde masculin pouvait intéresser ! Il est évident que tout cela a pas mal facilité mon parcours. Parfois, j’enrageais, je voulais qu’on me reconnaisse pour mes valeurs professionnelles et non pour être une des premières femmes à se mouvoir dans le circuit professionnel. Certes, j’ai du travailler beaucoup et démontrer en permanence qu’une femme avait les mêmes possibilités de comprendre un vin qu’un homme, mais à la fin, mes collègues sommeliers, les hommes qui m’entouraient finirent par oublier que j’étais une femme. Je l’ai parfois regretté,  je me rappelle que lors des vols réguliers que je faisais entre Paris et Perpignan, je rencontrais souvent des clients du restaurant, et ils étaient incapables de me parler d’autre chose que de vins, de leur cave…pour eux, je n’existais pas en tant que femme, c’était assez horripilant. Les mêmes qui quelques années auparavant quand je leur tendais la carte des vins, me disaient : nous attendons le sommelier !

Aujourd’hui, dans le nouvel univers professionnel, les vigneronnes, comme les œnologues ou sommelières ont largement conquis ces territoires exclusivement masculins il y a à peine 45 ans.  Je n’ai pas les chiffres sous la main, mais je me risquerai à dire, qu’en Espagne en tout cas, les œnologues femmes exerçant sont plus nombreuses que les hommes, ce qui ne me plait pas beaucoup non plus, parce que certes on peut penser que c’est grâce à leurs performances, à leur engagement, à leur audace à l’heure d’innover, à leur conscience professionnelle qu’elles occupent ces postes, mais on peut aussi trouver à ce phénomène une autre explication: les femmes de plus en plus occupent des professions que les hommes laissent tomber, ou bien elles acceptent des salaires bien plus modestes. Ça me révolte et ça reste une preuve que le monde du vin, (il a beau le nier), continue d’être réellement machiste, peut-être plus encore en Espagne qu’en France. Mais CHUT, n’en dites rien.  Les femmes savent se défendre, elles se révèlent aussi professionnelles que les hommes et parfois bien plus,  celles qui réussissent en veulent et sont redoutables d’efficacité, finalement avoir des hommes en face, c’est sain et motivant.

Mais de manière globale, et ce depuis une vingtaine d’années,  les femmes  sont maintenant totalement intégrées dans le monde du vin,  peu à peu, elles rattrapent le temps perdu, et elles sont présentes partout : une acheteuse qui goute un vin et qui discute avec un vigneron, image inconcevable à mes débuts, n’attire plus l’attention de personne.  Les hommes acceptent de voir monter les femmes en première ligne, les vigneronnes  prennent leur vraie place, elles ne restent plus dans l’ombre de leur mari, même si sur le plan physique, les hommes restent les plus forts, les femmes savent se faire aider. Choisir un vin et l’apprécier, porter un jugement, n’est plus une prérogative réservé aux hommes.

Voir la réussite de Jancis Robinson ou de Sarah Janes – vous me direz qu’elles sont anglaises, et qu’elles n’ont pas leur équivalent en France où les hommes dominent encore ce créneau et paraissent indétronables. Mais nous avons Myriam Huet, Claire Brosse, Hélène Piot,  Isabelle Bachelard, Laure Gasparotto….qui ont su trouver leur place.

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Sarah Jane, Decanter

Les spécialistes en marketing  montrent un autre aspect de la présence de la femme et de son importance. Dans un moment où la production mondiale croit plus rapidement que la consommation, ils  se servent d’elle dans leurs campagnes, les utilisent comme ils l’ont fait un certain temps avec les produits ménagers ! Ils se sont rendu compte que les femmes jouent un rôle clef dans la consommation du vin. Nous sommes celles qui décident! Les tendances du marché sont entrain de s’organiser autour des Femmes ; les séminaires, les conférences sur ce thème se multiplient. Il est clair que tout ça est dicté par la nécessité ce se mobiliser pour trouver une autre clientèle. Selon certaines études, 80% des décisions alimentaires sont prises par des femmes et elles représentent donc un potentiel essentiel dans les pays producteurs de vins. Tout ça me fait gentiment sourire, car les femmes n’ont besoin d’aucune étude, ni campagne publicitaire pour se rapprocher du vin, ça fait déjà quelques années qu’elles s’y intéressent, se sont les plus nombreuses inscrites aux cours de dégustation, se sont elles qui se montrent les plus curieuses, qui ont le moins d’idées préconçues, le plus de personnalité. Quand elle achète un vin, la femme se laisse guider par ses gouts et s’intéresse à la relation qualité/prix, elle ne craint pas de demander conseil,  ça ne lui pose aucun problème, elle n’a aucune honte à ne pas savoir, ce qu’elle veut c’est apprendre, en savoir plus.  Les femmes ne sont pas des buveuses d’étiquettes, elles se laissent très facilement attirer par des vins nouveaux, des marques non traditionnelles. De plus en plus pointues, elles deviennent exigeantes et sont absolument capables de choisir un vin pour elles-mêmes ou pour offrir.

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Tout ce qu’on aime! Qui cherche -t.on à séduire??????

Des associations se créent pour la promotion des vins (Femmes et Vins de Bourgogne, ViniFilles, par exemple), la dégustation (L’école des Femmes du Vin), on cherche à capter la niche « nouvelle » que représente la femme.

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Rien ne m’exaspère plus que le fameux concept de « vin de femme », ou d’entendre parler d’un vin féminin, s’il existe comment le définirions-nous ? Une question essentielle qui divise tous les spécialistes. Selon les uns, il serait  blanc, rosé, ou rouge léger, facile à boire, légèrement sucré…je n’arrive pas à savoir qui a colporté ses âneries, peut-être bien les femmes elles-mêmes allez savoir ? Pire encore j’entends des dégustateurs parler de vin pour les femmes, généralement il s’agit de vins sans personnalité et « sucraillons ». Rien n’est plus éloigné de la réalité, vous imaginez une femme aimer un homme mou, effacé, doucereux ? Non bien sur, les femmes aiment la virilité, mais ne s’enferment pas dans un style unique, les femmes modernes aiment tous les types du vin du moment qu’elles éprouvent du plaisir à le boire, des vins de soif, mais aussi souvent des vins puissants, avec beaucoup de personnalité, de sensualité et d’élégance.  Je demeure persuadée que les femmes cherchent dans un vin, ce qu’elles aimeraient trouver chez un homme. Elles savent choisir leurs marques, leurs régions, leur style. On pourrait débattre de ce sujet des pages entières, je peux vous donner ma définition du vin féminin : tout simplement un vin qui plait aux femmes !

Il est évident que la définition d’un vin féminin, n’est pas la même pour un homme comme pour une femme ; dans la bouche d’un homme, soit c’est un compliment, il veut souligner, la douceur, la sensualité, l’élégance  du vin, soit c’est méprisant, le vin ne mérite que le palais d’une femme, et  il est donc sans intérêt aucun. Voilà d’où viennent tant de divorces !

Quand aux vins qu’elles élaborent est-il si différent de celui des hommes ? Parlez-en avec Dany Rolland qui est arrivé à bordeaux dans les années 70, une vraie révolution, ou encore avec Nadine Gublin, à qui on posait la question existe-t-il des vins de femmes ? Les vins produits par des femmes sont-ils différents ? « Il n’y a pas, pour moi, de style de vin « féminin », et il n’existe aucune certitude sur ce sujet. Chaque individu a sa sensibilité, et produit son vin en respectant le terroir. Dans ce domaine, il n’y a pas de question de genre, mais uniquement d’individu… la production du vin requiert déjà un tel nombre de paramètres, qu’il serait bien difficile d’y reconnaître un caractère typiquement féminin. » En matière de dégustation non plus, pas de stéréotypes : « Pour participer à de nombreuses dégustations (pour le Guide Hachette, entre autres, … ca ne me saute pas aux yeux. Je vois des femmes aimer des vins construits, très riches, très enrobés avec beaucoup d’alcool et des hommes aimer des vins tout en élégance, sur un fruité croquant et tout en finesse. Pour moi, pas de stéréotype, ni de vérité». Je suis entièrement d’accord avec elle.

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Catherine Bernard « la vigneronne » de Michel Smith, elle a eu un parcours atypique

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Dany Rolland Photo Vincent Pousson, légende: « Une Femme qui en a »

En Grande Bretagne, les femmes consomment plus de vins que les hommes, au Japon, le vin est considéré comme une boisson féminine par opposition au Saké ou au Cognac. Il n’est pas exagéré de dire que la Femme a largement participé à là croissance des vins de qualité ces dernières années, elles ont apporté une nouvelle vision, elles ne trainent pas avec elles le poids de la tradition, elles ont une autre façon de parler du vin. On dit qu’elles possèdent une sensibilité spéciale, que leur sens sont plus développés, possible, mais se sont des hommes qui m’ont appris à déguster et je garde une grande admiration pour certains d’entre eux, chez qui je n’ai pas perçu moins  de sensibilité ou  moins de nez que chez nous…Simplement, il y a beaucoup plus d’hommes que de femmes qui dégustent, tous ne s’impliquent pas de la même façon, ça n’estpas le cas des femmes;dans l’ensemble elles ne font pas preuve d’autant de prétention, n’ont pas autant de préjugés, emploient des termes plus directs, plus naturels et donc se font davantage remarquer.

En conclusion, je soutiens sans faire preuve d’un féminisme sectaire (je ne suis en rien une Féministe), que les femmes sont devenues incontournables dans ce milieu, LE VIN N’EST PLUS UNIQUEMENT UNE AFFAIRE D’HOMMES,  l’heure des Femmes est arrivée, de la à dire que le vin devient un univers de femme, je ne l’espère pas, je ne le souhaite pas… mais   parce que je suis convaincue que la mixité est enrichissante, je crois avant tout que c’est l’heure du PARTAGE.

 

Hasta Pronto.

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Marie-Louise Banyols

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

34 réflexions sur “Le vin reste-il une affaire d’hommes?

  1. Parler ici d’un manifeste « pro domo » serait de facto une preuve de sexisme lamentable !

    Bravo donc à Marie Louise pour avoir écrit cette page d’histoire à un moment où les questions encore sensibles d’égalité entre hommes et femmes restent d’actualité.
    Il est évident dans le monde du vin que ce sexisme existant encore ailleurs a été balayé quasi manu militari. En sortant de France et des saxonnes, on n’oubliera pas de citer Marie-Thérèse Chappaz, immensément respectée par tous les amateurs et producteurs de sa région.
    Maintenant, évitons de tomber dans les excès inverses, du style des mouvements « féministes » qui veulent interdire le choix classique des couleurs : rose pour les filles, bleu pour les garçons. Laissons les choses se faire calmement et oui, tout sera gagné quand on ne dira plus : « c’est un vin de femme »… une notion qui garderait toujours un sous-entendu inapproprié.

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    • Tout à fait d’accord. les excès sont néfastes, et je fuis les mouvements féministes , c’est pourquoi je parle de » partage. »

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    • Dans ma région (Rhône méridional) et localement, la notion de « vins de femmes » a été promue par des femmes qui ont cru trouver dans cette voie hasardeuse un moyen de se distinguer ; et non pas d’intégrer le peloton des hommes sommeliers, cavistes, ou tout simplement producteurs. L’histoire a fait long feu, sous la plume acérée de quelques critiques qui ont démontré le côté ridicule de cette distinction…De plus, le marché n’a pas suivi ; les acheteurs ou acheteuses n’ont pas adhéré à ce concept. Actuellement, tout est terminé. Le terme de « féminin » est encore employé, en revanche, dans les descriptifs du vin pour caractériser une palette tannique douce, dépourvue de tannins « crêtus ». Et parée de notre séduisantes.
      Très beau papier Marie-Louise, qui suscite une série impressionnante de commentaires.

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      • Non, le marché ne pouvait pas suivre, moi-même je n’ai pas adhéré à ce concept. Certaines femmes vigneronnes ont cherché à se distinguer, de nombreuses associations se sont crées, je ne sais pas si elles fonctionnent, mais personnellement je ne les fréquentais pas. Le point de vue de nadine sur les vins de femmes résume très bien la question.

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  2. Soyons honnête : l’Italie aussi a un nombre conséquent de grandes vigneronnes, à commencer par Elisabetta Foradori. Et du côté des dégustatrices, il est toujours surprenant à quel point les commentaires des dames ont une justesse rarement évidente chez les hommes. par contre, le phénomène qui m’a toujours surpris sur ce plan, c’est que les commentaires des dames sont basés, pour elles, sur des évidences et n’ont nul besoin d’explications alambiquées. Ça, c’est un véritable « plus » parfaitement en phase avec ce qu’écrit Jean-Paul Kauffmann dans la revue Vigneron, je cite :

    « Il y a vingt ans on disposait de 200 mots pour décrire le vin. Il y en aura bientôt 1.500. 20 mots suffisent. Nous avons atteint les limites de l’excès, de l’enflure et du surenchérissement ».

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  3. N’oublie pas les blogueuses…

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  4. Merci Marie-Louise, Je n’adhère pas à toutes vos interprétations, mais partage à 100% vos observations de terrain et votre conclusion.

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  5. Aïe, MLB ! Je confesse m’être conduit comme un « womanizer », avec beaucoup de travers macho, dans les années ’80 et même encore ’90. Ce sont des femmes – formidables – qui m’ont fait évoluer vers un féminisme de fait, non pas militant et stérile, mais actif. Votre article me plaît et décrit une situation réelle, et encourageante.
    Mais, car avec Léon il y a tjs un « mais » ou alors je « shut up my big mouth » …
    Toutes les professions qui se féminisent voient aussi leurs rémunérations diminuer ! Je le déplore mais c’est un fait. L’exemple le plus frappant fut la carrière médicale.
    Tous les métiers du vin qui se sont « féminisés » se sont accompagnés – il y a concomitance (j’ai vérifié les consonnes), je ne dis pas forcément une relation cause-effet à tous les coups – d’une baisse de leurs revenus : la petite propriété viticole, pour commencer. Et même la plus grande : on est loin de la splendeur de la pétillante Claire Villars (jadis la chérie platonique de mon ami Bernard Arnould) ou de votre ex-employeuse Florence Cathiard (une hôtesse de grande qualité). On est même loin du prestige des « dames Faller », que je porte personnellement en très haute estime. Ces femmes d’exception ont incarné un statut aujourd’hui disparu (ou presque) et ont peu d’égales dans les générations suivantes. Qu’on en me parle pas de Carole Bouquet ou d’Angelina Jolie : ces actrices magnifiques sont impliquées financièrement dans un vignoble, certes, mais les appeler « vigneronnes » me paraît abusif.
    Pour les oenologues, techniciens utiles et respectables, leur nombre s’est décuplé dans le monde et, de stars qu’ils étaient parfois (à tort, personne ne mérite ce statut), ils sont pour la plupart à présent des salariés au service de structures qui vendent du conseil oenologique, des produits phyto ou oeno (surtout), de la barrique et même du « marketing ». Certains sont sans emploi ou sont VRP pour des imprimeurs d’étiquettes, pour des tonneliers ou même vendeurs pour le vin de certaines coopératives. Pourtant, ¾ des progrès dans la qualité du vin de ces 40 dernières années (incontestables selon moi) sont le résultat de leur action.
    Pour les « petites vigneronnes », il est certain qu’elles sont plus nombreuses que jadis (compagnes médiatisées de vignerons ou bien même « en célibataire »). Elles sont très motivées, très compétentes, mais notre métier rapporte de moins en moins (financièrement parlant, car il existe autre chose dans l’existence, heureusement).
    Enfin, pour les sommeliers, le constat est effrayant ! J’en rencontre beaucoup, j’ai donné cours dans des instituts de formation professionnelle et je continue à « tutorer » des formations pour des écoles hôtelières de grand prestige : ils sont de plus en plus pointus et compétents (en règle générale) mais ils changent d’affectation à un rythme effrayant et beaucoup quittent vite la profession pour devenir « caviste », dans l’illusion (beaucoup déchantent) qu’ils feront fortune dans cette branche. Le « grand » sommelier de jadis, qui gère la cave d’un restaurant prestigieux, et ce depuis 10 ou 20 ans, et qui en connaît tous les vins, qui parcourt le vignoble aux frais du patron, dont l’avis – feutré mais péremptoire – fait autorité, existe encore mais est une espèce en voie de disparition. Maintenant, ils font des concours (c’est du bidon ou presque), posent pour des magazines (mais ne passent pas leurs vacances à Saint-Ouen et n’habitent pas un meublé de Créteil) et ne sont plus jamais dans leur salle. Les autres, la majorité, ceux qui bossent en salle, sont devenus des hommes du rang comme les autres, parfois maître d’hôtel en même temps, et qui ne rechignent pas à porter une assiette, à desservir, à enlever les miettes ou à assurer la « découpe en salle » (j’adore cela) ou le flambage en public. Rien de mal à cela, au contraire, mais le lustre en prend un coup.
    Et les femmes cavistes (encore rares) embrassent une profession qui a du mal pour le moment.
    Donc, pour résumer mon propos : je me réjouis sincèrement du nombre croissant de femmes dans notre milieu (la parité serait un rêve), mais je pense que la raison principale de cette tendance est la diminution des revenus du secteur. Triste constat.

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    • Brillant exposé Luc, si je n’avais craint de trop allonger mon billet, j’aurais tenu beaucoup de vos propos. Oui, toutes les professions qui se féminisent voient leurs revenus diminuer, mais aussi perdent en crédibilité et respectabilité, c’est dur de le reconnaitre. C’est deplorable, ça n’est pas lié à l’arrivée des Femmes, mais ça l’accompagne. Quant au prestige de nos grandes vigneronnes comme Colette Faller, c’est le statut qui a disparu, le prestige de certaines vigneronnes existe encore, Marie-Thérèse Chappaz, en est un bon exemple, dans le bordelais, j’aurais plutôt cité Bérénice ou Marie-Laure lurton ou encore Véronique Sanders, dans le languedoc Marlene Soria…
      Quant à la sommellerie, se srait trop long de vous exposer mes idées, peut-être un jour. mais le métier tel qu’on l’entendait avant est en voie de disparition vous avez raison.
      Je n’adhère pas complètement à votre conclusion, une des raisons du nombre croissant des femmes dans le monde du vin est certes la diminution des revenus, mais aussi et surtout, la passion, la volonté de s’inscrire dans un monde masculin,….

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  6. Pendant que j’écrivais mon commentaire, vous en avez publié beaucoup d’autres. La notion de « féminisme » mérite un petit mot aussi. Si c’est simplement vouloir accorder aux femmes la place qu’elles méritent, càd la même que celle des hommes, a priori, je crois que beaucoup d’hommes devraient être féministes, et qu’un petit nombre l’est réellement. J’espère que j’en fais partie. Par contre, une amie de mon amie de coeur, qui est un peu ma « maîtresse à penser » (rien qu’à penser), milite pour qu’on réserve des couloirs pour les femmes dans les piscines publiques, ou même des heures où les hommes y seraient interdits. Il paraît que nous sommes brutaux et que nos regards (pleins de convoitise ou au contraire de dédain) sont insupportables. Ceci ne rélève pas du féminisme militant, mais de la pathologe psychiatrique, à mes yeux de (vieux) mâle borné. Maintenant, inculquer le respect et la courtoisie à certains petits voyous qui fréquentent les piscines ne feraient pas de mal. Sur ce point, on est d’accord.

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  7. Un article qui m’en rappelle un autre, lors d’un « VdV » (Vendredi du vin) consacré aux cuvées 100% Vigneronne 🙂

    Juste un tout petit « bémol » à propos des achats de vin par une dame !

    «  » »Quand elle achète un vin, la femme se laisse guider par ses goûts et s’intéresse à la relation qualité/prix, elle ne craint pas de demander conseil, ça ne lui pose aucun problème, elle n’a aucune honte à ne pas savoir, ce qu’elle veut c’est apprendre, en savoir plus. Les femmes ne sont pas des buveuses d’étiquettes, elles se laissent très facilement attirer par des vins nouveaux, des marques non traditionnelles. » » » »

    La réalité statistique après plusieurs enquêtes, c’est qu’en grande surface, le vin acheté par Madame, l’est en tout premier lieu en raison de sa JOLIE ÉTIQUETTE, et en second, par son NOM SYMPATHIQUE ! Donc, son goût pour l’étiquette plus que par son goût en bouche 🙂
    Il reste donc encore assez de boulot à faire !

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    • Ce que tu dis est vrai, maître Gérard. Pour les voitures aussi, les critères sont rarement mécaniques ou économiques. Le seul hic, c’est que ceci ressort d’enquêtes, réalisées d’après des questionnaires. Cette méthode elle-même, universelle dans les sciences sociales, est très peu fiable. Et les statistiques qu’on lui applique (elles existent et ont été validées par des gens beaucoup plus compétents que moi) ne sont pas du tout « ROBUST » (c’est le terme technique consacré).
      Enfin, je ne suis pas sûr que le billet de MLB parle du même genre d’achat par une femme. La ménagère de plus de 45 ans qui pousse son caddy chez Carouf’ est sans doute l’une des toute premières acheteuses de vin de Belgique (et de France), tu as raison de le souligner. Mais MLB envisage sans doute la femme qui choisit le vin sur la carte d’un restaurant (avec ou sans le sommelier), ou chez un caviste, ou chez le traiteur, où elle dispose d’un interlocuteur. Le temps où le chef de rayon vin de la GD (surtout Delhaize et Colruyt en Belgique) était un conseiller assez éclairé est révolu. Maintenant, il fourgue sa camelote aseptisée suivant ce que son chef lui dit (ou les primes qu’il encaisse). Et quand c’est la « foire aux vins », les gens ne viennent là que pour « avoir moins cher », sachant par avance (catalogue) ce qu’ils souhaitent emporter (s’il en reste), privant par là-même des gens comme toi et tes semblables du fruit de LEUR travail. Ils emportent avec 20% de moins (économie d’échelle, produit d’appel) ce qu’ils ont goûté ailleurs (parfois chez le caviste, d’ailleurs).
      Tu parles de « boulot à faire ». Tu as raison à nouveau. Pas sûr que la tête de gondole soit la meilleure école!

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      • Merci Luc d’avoir précisé ce qui, apparemment, devait l’être 🙂

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      • Merci de ces précisions et oui, effectivement vu sous l’angle « la femme qui choisit le vin sur la carte d’un restaurant (avec ou sans le sommelier), ou ……………….. », il y a de gros progrès de fait. Plusieurs bars à vins / cavistes sont tenus aujourd’hui par des femmes, et je suis content que dans beaucoup de restaurants, ils demandent à présent « à qui puis-je donner la carte des vins » ? Madame ? Monsieur ? Et pareil pour déguster le vin, dans deux restaurants la semaine passée, accompagné d’amie(s), le maître d’hôtel – sommelier à demandé « à qui puis-je faire déguster le vin »……… J’adore ce changement. Il en reste bien d’autres à faire 😉

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      • Oui Luc, vous avez tout à fait raison, j’évoquais à la fois mon expérience de sommelière et mon expérience de caviste. J’aurais du le préciser. Je ne connais pas les consommateurs des grandes surfaces, ça manque à mon profil.

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    • Encore une fois, j’ai parlé de mon expérience de caviste, nos clientes n’ont certainement pas le même profil que celles qui vont acheter dans les supermarchés. Vous avez donc raison, il faut relativiser mes propos, je n’ai jamais eu à couvrir les rayons des grandes surfaces. Il faudra qu’à l’avenir je pensé à préciser les situations.

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  8. Dans un sens (garçon draguant fille) comme dans l’autre (nana draguant mec), le vin est un outil de séduction, ne trouvez-vous pas ? Avant de la séduire complètement, d’être « sûr de mon coup » comme on disait non sans arrogance machiste dans la cour de mon lycée, je débouche un grand champagne. Pas un truc canon archi huppé et ruineux (exit donc les Dom Pérignon, Krug, Salon, Cristal et autre joyau de la couronne champenoise), encore moins un roteux de pacotille ou de boîte de nuit, mais un vin – je dis bien un vin – sexy – je dis bien sexy – revigorant et plein de ressources. Le champagne, c’est comme une invite à faire plus ample connaissance, un de ceux qui commande à se laisser conduire vers l’intimité et plus encore si le sort en décide ainsi. C’est peut-être hors-sujet mais cet aspect séduction me tient à coeur : une femme qui trouve les mots pour réagir à mon Champagne a toutes les chances de rester une amie la vie entière !

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    • Quelle chance pour elle, Michel. Comment dit-on « roteux » en dialecte acadien ou en occitan du Biterrois? Si j’accepte de boire du champ’ avec toi (pas du Vranken quand même, ne m’en demande pas trop), est-ce que je resterai ton ami à jamais, moi aussi?
      PS: pour les étrangers qui découvrent ce blog, « Bite et Roi », n’est pas un vilain jeu de mot machiste de plus sous ma plume.

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    • Mais oui, Michel, vive les vins sexy qu’ils soient féminins ou masculins pourvu qu’ils nous apportent l’ivresse!

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  9. L’Âme du vin, de Ch. Beaudelaire. J’allumerai les yeux de ta femme ravie.

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  10. Oui !!! Osera-t-on ? nous le dira-t-on ? Un jour peut-être, oui un jour que le vin est né d’abord de la cuisine des femmes ? Alors que notre homme courrait après le gibier et autres dangers quotidiens (!) voila une théorie, qui me semble, à moi, plus qu’admissible

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  11. Merci pour l’article! Il fallait que je laisse un commentaire à propos du mot « féministe ». Comment ne pouvez-vous pas l’être? Le mot désigne simplement être pour l’égalité homme-femme… Vous n’avez pas l’air d’être quelqu’un qui milite pour garder les femmes à la maison?

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    • J’adore votre intervention, qui est le bon sens-même. Malheureusement, on doit bien définir ces termes et tout le monde n’accorde pas la même signification aux mots. Ma mère était médecin spécialiste en 1961 (il n’y en avait pas beaucoup) et avait un mari chirurgien. Elle partait seule aux Indes pour 3 semaines en 1963 et roulait en Porsche (la petite 1600 cc). Elle gérait le ménage (avec de l’aide), réglait les vacances et mon père n’a jamais signé un chèque ni vu un extrait bancaire. Il s’en foutait. Elle se baladait à poil dans la maison, pissait en forêt, était une excellente joueuse de tennis, fumait un peu (y compris le cigare), aimait le cognac et le vin. Elle parle 4 langues. Actuellement (86 ans), elle conduit tjs (mais plus une voiture de sport), ne fume heureusement plus depuis plus de 50 ans, dirige toujours tout à la baguette et dit : je ne suis pas féministe !!!!!! Comprendra qui pourra! Ah, j’oublie, elle boit plus de vin qu’avant. Brave femme!

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    • NON bien sur, je ne milite pas pour garder les femmes à la maison. Peut-être ,ma définition du féminisme n’est pas correcte: pour moi les féministes sont dans l’exagération, je suis pour l’égalité homme-femme. Donc, si le mot désigne simplement ça, oui je suis une féministe.

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  12. Merci de ce bel article Marie-Louise.
    Pour élargir la discussion, j’ai constaté que dans le domaine du vin comme dans mon premier métier la publicité, les vendeurs de vin sont surtout des vendeuses. Est-ce parce que les femmes sont plus fines et moins pressées de conclure des ventes délicates et très subjectives ?
    Pour confirmer si besoin votre article quant aux goûts comparés des femmes et des hommes, je propose actuellement au Domaine de Provensol une syrah du sud avec beaucoup de caractère. Plus de la moitié des acheteurs, après dégustation bien sûr, sont des acheteuses.

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    • Se sont surtout des vendeuses, parceque tout simplement, à l’heure actuelle les hommes tournent le dos à cette profession. Ceci dit, elles s’en sortent très bien.
      Je ne suis pas étonnée que les Femmes aiment votre Syrah du Sud.

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  13. On peut peut-être conclure que non, le vin n’est plus une affaire d’hommes et c’est tant mieux.
    J’aimerais, du coup, qu’on jette aux rebuts ces termes ridicules du genre « vin féminin » ou « vin de femmes » qui n’ont aucun sens.

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    • J’adhère , n’utilisons plus ces termes ridicules, mais je crains que ça ne soit un voeu pieu, car ces termes ont un sens pour tous ceux qui les emploie, et bien souvent un sens différent. mais, je constate avec pliasir que tous les commentaires concordent:il faut abandonner l’usage de ces termes. je m’en réjouis.

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  14. Qu’est-ce qu’on va donc bien pouyoir écrire sur Ch. Margaux, David? Vin de sables? Défendu, c’est à Listel. Vin de Rastapopoulos (ce n’est pas le patronyme exact, celui-ci c’est pour « Les Cigares du Pharaon »)? Non, c’était par le passé. Vin du Prof. Peynaud? Faux, le grand homme n’est plus là. Vin de messe? Pourquoi, c’est ridicule. Je sais: vin d’Hemingway. Mais il était misogyne, manque de bol!
    Peut-être va-t-on faire comme les grands dégustateurs de jadis et continuer d’affirmer: « Margaux est un vin féminin ». C’est con, mais les grandes affirmations le sont souvent. Bonne nuit David !

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  15. C’est l’exemple qui tue! Margaux restera dans l’esprit de beaucoup de dégustateurs un « vin Féminin » au vrai sens du terme, c’est à dire un vin qui est supposé avoir toutes les qualités de la FEMME IDÉALE: sensuelle, élégante, tendre, caressante, ect, ect….
    Bonne nuit LUC, vous êtes incorrigible, mais on aime ça.

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