Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Brad et Angelina divorcent: et après?

Un peu de tristesse dans ce monde de bruts sans année: de source bien informée (la Mme Pipi du Bureau des Affaires Matrimoniales de Malibu-sur-Sarthe), c’est officiel, Angelina Jolie a demandé le divorce; après 12 ans de vie commune, deux ans de mariage et une bonne année d’anorexie. Son bulletin de santé devrait bientôt être consultable sur youtube-digestif, avec celui de François Mitterrand.

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Les paparazzi, qui sont sans doute de bons papas dans la vraie vie, s’inquiètent déjà de l’avenir des enfants du couple. Nous aussi. Mais on se demande surtout qui aura la garde de leur petit nid d’amour provençal, le Domaine de Miraval. Brad semblait adorer l’endroit, et s’intéressait au vin. Angelina, beaucoup moins.

« L’amour, c’est aussi accepter la différence de l’autre », comme disait la regrettée Macha Béranger, conseillère conjugale radiophonique.

Quoi qu’il en soit, selon legossip.net, qui est un peu à l’information pipol ce que Onze Mondial est à l’information scientifique, Miraval aurait été mis en vente à la fin août. Il y aurait-il un rapport?

Hervé Galalau

 


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Tristesse de la pâleur (ou éloge de la couleur)

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La course à la pâleur dans les vins rosés fait rapidement son chemin depuis quelques années, et, selon moi, provoque des ravages. Chaque fois, ou presque, que je déguste un des ces machins pâlots, sans saveur particulière (sauf un peu de bonbon anglais, parfois) mais avec sa dose d’alcool réglementaire qui dépend, en gros, du binôme cépage/climat, j’en suis de plus en plus convaincu. A contrario, chaque fois, ou presque, que je déguste un rosé ayant une robe soutenue, à mi-chemin entre blanc et rouge, je ressent davantage de saveurs, de tenue en bouche et (c’est l’essentiel il me semble) du plaisir. Je sais bien que ceci est un peu caricatural, mais ce constat est quand-même basé sur un grand nombre d’expériences et sur un tout petit peu d’analyse. En tout cas, comme disait le maire de la commune voisine « c’est mon avis et je le partage ».

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Tout cela n’est pas le seul fait de la Provence, même si la dictature par l’absence de couleur dans les vins rosés est très largement inspirée par la réussite de ces vins passe partout, et qui plaisent, apparemment, à « tout le monde »: donc à personne. Je ne suis pas contre la réussite commerciale, bien au contraire (salut Luc !). Ce qui m’horripile dans cette affaire est la banalisation d’un style, et le comportement « moutonnesque » de la plupart des autres régions, à commencer par le Languedoc-Roussillon ou le Bordelais : régions qui, il n’y a pas si longtemps, faisaient beaucoup de vrais vins rosés avec de la couleur, du goût et tout et tout, et pas essentiellement des faux blancs. Mais la Provence a fait du rejet de la couleur un système de jugement de la qualité. J’en veux pour preuve le fait que la quasi-totalité des appellations de cette région refusent d’agréer des vins rosés qui dépassent une certaine intensité de ton, et cette barre est placée bien bas ! Même Bandol, grand fief des rouges de caractère et de garde (merci au Mourvèdre), a été un moment gagné par ce diktat de la pâleur pour ses vins rosés devenu, malheureusement, le type de vin majoritaire de cette appellation. Je crois que les choses sont en train, doucement, de s’inverser dans cette appellation qui doit absolument garder ses différences avec l’océan des rosés pâles qui l’entoure, mais le constat est bien triste. Et si j’étais producteur en Provence, je me garderais bien de mettre tous mes œufs dans le même panier (rose). La mode est volatile par définition.

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Dans cette période où la communication à outrance sur tout ce qui est supposé être « naturel et donc bon » (quelle foutaise, aussi!), est-ce qu’on parle des techniques utilisées pour retirer de la couleur des moûts ou des vins quand Dame Nature, qui n’est ni bonne ni mauvaise et qui se fiche pas mal de tout cela, fournit les conditions qui augmentent températures et couleur dans la peau des baies ? Bine sûr que non. Et pourtant, c’est bien une intervention technique, une de celles-là mêmes qui sont tant décriées par les tenants d’une interférence minimale de l’homme et ses outils dans le vinification (autre sujet qui pourrait déclencher un article bientôt). Je vois dans tout cela soit un paradoxe, soit une méconnaissance des faits.

Pour évoquer une autre région, gagnée elle aussi par la même mode absurde, la dégustation au cours de la semaine passée de deux Champagnes rosés qui vont à contre-courant de cette triste tendance m’a conforté dans mon opinion. La dernière version du Ruinart Rosé est un vrai vin rosé, bien coloré, très expressif en fruit, et avec assez de structure pour tenir sur autre chose que des chips. Pareil pour le Nicolas Feuillatte  Rosé 2006, Cuvée 225, qui est aussi savoureux que frais, long en bouche et parfaitement défini dans son profil. Voilà deux exemples de ce qui peut être un vrai Champagne rosé, c’est à dire autre chose qu’un blanc à peine teinté, ce qui est le cas, par exemple, de la dernière livraison du Veuve Clicquot Rosé (la version 2008 de ce vin m’a bien déçu, contrairement au blanc du même millésime).

Osons un petit écart sur le chemin glissant mais passionnant du marketing, car c’est bien sur ce terrain que s’est bâti le réussite des rosés de Provence, et, par extension, de la catégorie toute entière. Quel est donc l’intérêt de faire un vin rosé qui n’est qu’une petite variation sur la même chose en blanc ? Question rhétorique bien entendue. Mais tentons d’y répondre : dans l’imaginaire, le pâleur donne une impression de légèreté. La transparence est aérienne, et non pas terrienne et, j’ose rajouter, elle induit la notion de « pureté » dans les têtes d’une partie de la population de plus en plus obsédée par ce concept touchant à l’alimentaire. Même si c’est surtout inconscient, je crois bien que cela joue. Cette légèreté ressentie, dans le domaine du vin, convient aussi à une consommation par temps chaud et c’est bien cela qui a donné un aspect très saisonnier à la vente des vins rosés, même si des producteurs ayant misé à fond sur ce type de produit luttent pour en étendre les périodes de consommation.

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no comment !

Je pose, à la fin, une autre question rhétorique.  La mode (nécessairement stupide selon moi) doit-elle tout emporter, même dans le domaine du vin ? Bien sûr que non, nous sommes d’accord, mais elle a des influences bien plus importantes que celles que nous admettons généralement, et ces influences ont des socles plus profonds que ceux que nous sommes prêts à reconnaître facilement. Ce n’est pas une raison suffisante pour y céder. Il faut juste ouvrir ses sens et son cerveau.

 

David Cobbold


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La Loire beckons and other musings..

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By the time this post appears on the portal of Les 5 du Vin, I will have left London behind and will be installed in the far east of Indre-et-Loire – able to watch the folly and confusion of Brexit from a distance. To date we have established that Brexit means Brexit just as Weetabix means Weetabix, Ready Brek means Ready Brek, while beanz means Heinz. I trust this makes the UK’s post EU referendum position crystal clear….

We will be in the Loire to follow the 2016 harvest such as it will be after the ravages of frost, mildew as well as hail in places such as Jasnières. It is difficult to imagine that it will be a happy vintage with lots of joyous and pleased vignerons and vigneronnes as there were in years like 2005, 2009, 2010, 2014 and 2015.

Picking will be late. Muscadet is expected to start from around the 20th-22nd September, while some like Lamé Delisle Boucard think that they won’t pick their Cabernet until as late as 26th October. The very dry, hot weather through July and August hasn’t helped their few remaining grapes to ripen as their vines have shut down due to lack of water. However, in the Anjou-Saumur region they started picking Chardonnay for the Crémants yesterday.

I expect to have more detailed updates on the 2016 Loire harvest next and subsequent Tuesdays.

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François Chidaine and Jacky Blot with their 
Vin de France Vouvray

I was very pleased to see that Jacky Blot and François Chidaine now have eight stars between them for their wines, which include their Montlouis and Vin de France Vouvray. Jacky and Joëlle Blot have been promoted to a five star domaine in the latest Bettane et Desseauve guide, while François and Manuéla are now a three star domaine in La Revue du Vin de France. You would have thought that Vouvray would be keen to  have these two producers adding lustre to their appellation rather than treating them as outcasts……still it is what is in the bottle that is important. I will happily buy and drink their Vin de France Vouvray.

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Le vin reste-il une affaire d’hommes?

Quand j’étais une jeune adolescente, je croyais parce que c’était ainsi que je le percevais, que le vin était une affaire d’hommes. En 20 ans, la situation a VRAIMENT changé, et les femmes ont investi rapidement tous les secteurs de la profession, où elles  y assument même des postes représentatifs.  Œnologues, vigneronnes, viticultrices, sommelières … elles sont de plus en plus nombreuses à exercer et à revendiquer, leur passion pour le vin, elles rattrapent le temps perdu à la vitesse grand V.

La place de la femme dans le monde du vin:  un sujet qui m’a poursuivi tout au long de ma carrière et que je n‘aimais pas aborder, je le haïssais, et si je le pouvais, je fuyais tous les forums et débats ayant  attrait à ce thème. Il est vrai qu’à l’heure actuelle, les choses ses sont calmées, tout ça n’est plus d’actualité, c’est de l’histoire ancienne.

Quand j’ai débuté ma vie professionnelle comme sommelière dans les années 70, le vin était sans contestation possible une histoire d’hommes, je me souviens qu’ au restaurant, beaucoup d’hommes refusaient de se laisser conseiller par une femme! Je dois pourtant reconnaître que le fait d’être une femme ne m’a causé aucun problème, bien au contraire comme nous soyons très peu nombreuses à exercer cette profession, cela m’a beaucoup aidé. Je ne gênais personne, et donc on m’accueillait les bras ouverts avec beaucoup de « bienveillance ». J’étais invitée à de nombreuses dégustations, évidemment, je ne saurai jamais si c’était pour figurer sur la photo finale ou pour la qualité de mes commentaires. Peu m’importait, pendant ce temps, je formais mon palais, j’apprenais, j’avançais. Je participais à beaucoup d’évènements, à des débats radiophoniques ou encore télévisés. Tout à coup, il semblait que l’opinion d’une FEMME, qui commençait à occuper un espace,  si petit soit-il dans ce  monde masculin pouvait intéresser ! Il est évident que tout cela a pas mal facilité mon parcours. Parfois, j’enrageais, je voulais qu’on me reconnaisse pour mes valeurs professionnelles et non pour être une des premières femmes à se mouvoir dans le circuit professionnel. Certes, j’ai du travailler beaucoup et démontrer en permanence qu’une femme avait les mêmes possibilités de comprendre un vin qu’un homme, mais à la fin, mes collègues sommeliers, les hommes qui m’entouraient finirent par oublier que j’étais une femme. Je l’ai parfois regretté,  je me rappelle que lors des vols réguliers que je faisais entre Paris et Perpignan, je rencontrais souvent des clients du restaurant, et ils étaient incapables de me parler d’autre chose que de vins, de leur cave…pour eux, je n’existais pas en tant que femme, c’était assez horripilant. Les mêmes qui quelques années auparavant quand je leur tendais la carte des vins, me disaient : nous attendons le sommelier !

Aujourd’hui, dans le nouvel univers professionnel, les vigneronnes, comme les œnologues ou sommelières ont largement conquis ces territoires exclusivement masculins il y a à peine 45 ans.  Je n’ai pas les chiffres sous la main, mais je me risquerai à dire, qu’en Espagne en tout cas, les œnologues femmes exerçant sont plus nombreuses que les hommes, ce qui ne me plait pas beaucoup non plus, parce que certes on peut penser que c’est grâce à leurs performances, à leur engagement, à leur audace à l’heure d’innover, à leur conscience professionnelle qu’elles occupent ces postes, mais on peut aussi trouver à ce phénomène une autre explication: les femmes de plus en plus occupent des professions que les hommes laissent tomber, ou bien elles acceptent des salaires bien plus modestes. Ça me révolte et ça reste une preuve que le monde du vin, (il a beau le nier), continue d’être réellement machiste, peut-être plus encore en Espagne qu’en France. Mais CHUT, n’en dites rien.  Les femmes savent se défendre, elles se révèlent aussi professionnelles que les hommes et parfois bien plus,  celles qui réussissent en veulent et sont redoutables d’efficacité, finalement avoir des hommes en face, c’est sain et motivant.

Mais de manière globale, et ce depuis une vingtaine d’années,  les femmes  sont maintenant totalement intégrées dans le monde du vin,  peu à peu, elles rattrapent le temps perdu, et elles sont présentes partout : une acheteuse qui goute un vin et qui discute avec un vigneron, image inconcevable à mes débuts, n’attire plus l’attention de personne.  Les hommes acceptent de voir monter les femmes en première ligne, les vigneronnes  prennent leur vraie place, elles ne restent plus dans l’ombre de leur mari, même si sur le plan physique, les hommes restent les plus forts, les femmes savent se faire aider. Choisir un vin et l’apprécier, porter un jugement, n’est plus une prérogative réservé aux hommes.

Voir la réussite de Jancis Robinson ou de Sarah Janes – vous me direz qu’elles sont anglaises, et qu’elles n’ont pas leur équivalent en France où les hommes dominent encore ce créneau et paraissent indétronables. Mais nous avons Myriam Huet, Claire Brosse, Hélène Piot,  Isabelle Bachelard, Laure Gasparotto….qui ont su trouver leur place.

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Sarah Jane, Decanter

Les spécialistes en marketing  montrent un autre aspect de la présence de la femme et de son importance. Dans un moment où la production mondiale croit plus rapidement que la consommation, ils  se servent d’elle dans leurs campagnes, les utilisent comme ils l’ont fait un certain temps avec les produits ménagers ! Ils se sont rendu compte que les femmes jouent un rôle clef dans la consommation du vin. Nous sommes celles qui décident! Les tendances du marché sont entrain de s’organiser autour des Femmes ; les séminaires, les conférences sur ce thème se multiplient. Il est clair que tout ça est dicté par la nécessité ce se mobiliser pour trouver une autre clientèle. Selon certaines études, 80% des décisions alimentaires sont prises par des femmes et elles représentent donc un potentiel essentiel dans les pays producteurs de vins. Tout ça me fait gentiment sourire, car les femmes n’ont besoin d’aucune étude, ni campagne publicitaire pour se rapprocher du vin, ça fait déjà quelques années qu’elles s’y intéressent, se sont les plus nombreuses inscrites aux cours de dégustation, se sont elles qui se montrent les plus curieuses, qui ont le moins d’idées préconçues, le plus de personnalité. Quand elle achète un vin, la femme se laisse guider par ses gouts et s’intéresse à la relation qualité/prix, elle ne craint pas de demander conseil,  ça ne lui pose aucun problème, elle n’a aucune honte à ne pas savoir, ce qu’elle veut c’est apprendre, en savoir plus.  Les femmes ne sont pas des buveuses d’étiquettes, elles se laissent très facilement attirer par des vins nouveaux, des marques non traditionnelles. De plus en plus pointues, elles deviennent exigeantes et sont absolument capables de choisir un vin pour elles-mêmes ou pour offrir.

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Tout ce qu’on aime! Qui cherche -t.on à séduire??????

Des associations se créent pour la promotion des vins (Femmes et Vins de Bourgogne, ViniFilles, par exemple), la dégustation (L’école des Femmes du Vin), on cherche à capter la niche « nouvelle » que représente la femme.

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Rien ne m’exaspère plus que le fameux concept de « vin de femme », ou d’entendre parler d’un vin féminin, s’il existe comment le définirions-nous ? Une question essentielle qui divise tous les spécialistes. Selon les uns, il serait  blanc, rosé, ou rouge léger, facile à boire, légèrement sucré…je n’arrive pas à savoir qui a colporté ses âneries, peut-être bien les femmes elles-mêmes allez savoir ? Pire encore j’entends des dégustateurs parler de vin pour les femmes, généralement il s’agit de vins sans personnalité et « sucraillons ». Rien n’est plus éloigné de la réalité, vous imaginez une femme aimer un homme mou, effacé, doucereux ? Non bien sur, les femmes aiment la virilité, mais ne s’enferment pas dans un style unique, les femmes modernes aiment tous les types du vin du moment qu’elles éprouvent du plaisir à le boire, des vins de soif, mais aussi souvent des vins puissants, avec beaucoup de personnalité, de sensualité et d’élégance.  Je demeure persuadée que les femmes cherchent dans un vin, ce qu’elles aimeraient trouver chez un homme. Elles savent choisir leurs marques, leurs régions, leur style. On pourrait débattre de ce sujet des pages entières, je peux vous donner ma définition du vin féminin : tout simplement un vin qui plait aux femmes !

Il est évident que la définition d’un vin féminin, n’est pas la même pour un homme comme pour une femme ; dans la bouche d’un homme, soit c’est un compliment, il veut souligner, la douceur, la sensualité, l’élégance  du vin, soit c’est méprisant, le vin ne mérite que le palais d’une femme, et  il est donc sans intérêt aucun. Voilà d’où viennent tant de divorces !

Quand aux vins qu’elles élaborent est-il si différent de celui des hommes ? Parlez-en avec Dany Rolland qui est arrivé à bordeaux dans les années 70, une vraie révolution, ou encore avec Nadine Gublin, à qui on posait la question existe-t-il des vins de femmes ? Les vins produits par des femmes sont-ils différents ? « Il n’y a pas, pour moi, de style de vin « féminin », et il n’existe aucune certitude sur ce sujet. Chaque individu a sa sensibilité, et produit son vin en respectant le terroir. Dans ce domaine, il n’y a pas de question de genre, mais uniquement d’individu… la production du vin requiert déjà un tel nombre de paramètres, qu’il serait bien difficile d’y reconnaître un caractère typiquement féminin. » En matière de dégustation non plus, pas de stéréotypes : « Pour participer à de nombreuses dégustations (pour le Guide Hachette, entre autres, … ca ne me saute pas aux yeux. Je vois des femmes aimer des vins construits, très riches, très enrobés avec beaucoup d’alcool et des hommes aimer des vins tout en élégance, sur un fruité croquant et tout en finesse. Pour moi, pas de stéréotype, ni de vérité». Je suis entièrement d’accord avec elle.

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Catherine Bernard « la vigneronne » de Michel Smith, elle a eu un parcours atypique

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Dany Rolland Photo Vincent Pousson, légende: « Une Femme qui en a »

En Grande Bretagne, les femmes consomment plus de vins que les hommes, au Japon, le vin est considéré comme une boisson féminine par opposition au Saké ou au Cognac. Il n’est pas exagéré de dire que la Femme a largement participé à là croissance des vins de qualité ces dernières années, elles ont apporté une nouvelle vision, elles ne trainent pas avec elles le poids de la tradition, elles ont une autre façon de parler du vin. On dit qu’elles possèdent une sensibilité spéciale, que leur sens sont plus développés, possible, mais se sont des hommes qui m’ont appris à déguster et je garde une grande admiration pour certains d’entre eux, chez qui je n’ai pas perçu moins  de sensibilité ou  moins de nez que chez nous…Simplement, il y a beaucoup plus d’hommes que de femmes qui dégustent, tous ne s’impliquent pas de la même façon, ça n’estpas le cas des femmes;dans l’ensemble elles ne font pas preuve d’autant de prétention, n’ont pas autant de préjugés, emploient des termes plus directs, plus naturels et donc se font davantage remarquer.

En conclusion, je soutiens sans faire preuve d’un féminisme sectaire (je ne suis en rien une Féministe), que les femmes sont devenues incontournables dans ce milieu, LE VIN N’EST PLUS UNIQUEMENT UNE AFFAIRE D’HOMMES,  l’heure des Femmes est arrivée, de la à dire que le vin devient un univers de femme, je ne l’espère pas, je ne le souhaite pas… mais   parce que je suis convaincue que la mixité est enrichissante, je crois avant tout que c’est l’heure du PARTAGE.

 

Hasta Pronto.

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Marie-Louise Banyols


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M. Propre et Mr Clean

Le dernier billet de notre ami David, ce lundi, a suscité chez moi un sentiment de gêne. En toute amitié, je crois de mon devoir de le mettre en garde.

Mon cher David, il me semble que tu glisses là sur une pente savonneuse! Laver plus blanc que white, c’est bien, mais attention de ne pas te faire blacklister.  Tu sais, David, dans notre monde de bisounours, il y a pas mal de communicants qui pensent que la presse du vin doit être aux amis de Bacchus ce que Point de Vue Image du Monde est aux salles d’attente des proctologues: le miroir de l’actualité heureuse.

Mea maxima culpa

J’ai autant plus de raisons de t’inciter à la prudence que moi aussi, j’ai fauté; il y a deux ans, j’ai été déçu par un Crémant de Muré – leur cuvée Prestige. Comble du mauvais goût, je l’ai écrit sur mon blog perso.

J’ai d’autant moins d’excuses que contrairement à toi, je n’ai pas longtemps hésité avant d’écrire; c’est sorti tout seul. C’est mon côté impulsif. J’avais oublié d’enclencher l’autocensure sur ma boîte de vitesse.

Choqué par tant de bassesse, à l’époque, notre collègue Louis Havaux a tout de suite trouvé les mots pour relativiser la chose: selon lui, pour autant que je n’aie pas été frappé d’agueusie, j’avais dû tomber sur une mauvaise bouteille. Pas de chance, ni pour moi, ni pour ma Maman, pour qui j’avais acheté ce flacon. Les mauvaises bouteilles sont au même prix que les autres. 

Pas de chance pour toi non plus, David, d’être à nouveau tombé sur une mauvaise bouteille, deux ans après. A ce degré de poisse, c’est tout juste si l’on ne pense pas à changer de métier. 

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Tough on freaky Crémants, too!

Pas plus que toi, je n’ai quoi que ce soit contre la Maison Muré, dont je me rappelle incidemment avoir apprécié un des Crémants, il y a quelques mois, chez IVV. Et je précise que c’était une dégustation à l’aveugle. Je ne connais pas les Muré. Je n’ai jamais marché dans leurs vignes, comme me le conseille M. Jean. Mais comme c’est le lot de la plupart des gens qui leur achètent du vin,  je ne pense pas que cela puisse être retenu contre moi. 

Inversément, on pourrait même reprocher à ceux qui fréquentent trop assidûment un domaine de perdre leur objectivité. C’est le vin que nous jugeons, pas le vigneron ou la vigneronne, aussi sympathiques soient-ils.  Quant aux vignes, oui, elles sont importantes, et c’est toujours un plaisir de les voir. Mais les belles vignes ne font pas forcément les bons vins.

Quoi qu’il en soit, pas plus que toi, David, je n’ai vraiment l’habitude de commenter les vins qui me déçoivent – globalement, je trouve plus productif d’inciter le consommateur à boire bon que de le détourner de ce qui me semble défectueux, ou moins intéressant. A tort ou à raison, car pour notre excellent confrère Marc-André Gagnon, « toute critique est positive ».

C’est aussi une question de temps et de place: la vie est trop courte et les pages vins, trop rares. Vous imaginez Decanter publier des listes de vins à 7/20? Parker, pondre des notes sur des daubes à 45/100 ? Pourtant, dans les supermarchés, chez les cavistes, et même parmi les échantillons que nous recevons, ou les bouteilles que nous achetons, il y a beaucoup plus de 45 que de 95. Un de nos commentateurs trouve « immonde » que tu publies une critique négative sans en parler au préalable avec le producteur – une absence totale de scrupules qu’il attribue à tes origines anglaises, perfide David. Moi qui suis Français de souche, et généralement fier de l’être, ce que je trouverais vraiment immonde, c’est de tromper mon lecteur en lui faisant croire que tout le vin il est bon, et que tout le monde il est gentil. 

Et puisqu’on en est aux citations, que penses-tu de celle-ci: « Sans la liberté de blâmer, il n’est pas d’éloge flatteur ».

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Quand je dis que je n’ai pas pour habitude de publier des commentaires négatifs, il y a quand même quelques exceptions, de temps à autre – ce fut le cas récemment avec mon compte-rendu de dégustation des Gevrey-Chambertin 2014. On me dira qu’il s’agissait d’un petit millésime (j’ai lu le même argument sous la plume du même commentateur). Je répondrai que les prix du « petit millésime » n’avaient rien de petit, eux.

Bref, quand je me permets de déroger à ma règle, c’est que je juge que cela peut apporter des arguments pour une démonstration plus générale, au service du consommateur – et je crois que c’est le cas de ton billet comme du mien, David. Il se trouve que c’est tombé deux fois sur Muré, pas de chance pour eux, mais le sujet est tellement plus vaste! Et l’avantage du vin, c’est que tout est remis en question chaque année. Une hirondelle ne fait pas le printemps, un seul commentaire ne fait pas une réputation.

Une proposition

Maintenant, soyons concrets. Compte tenu de notre belle complicité, David (rien qui ne rapproche plus qu’une mauvaise expérience!), je te propose de lancer le Concours International des Vins Pas Nets®.

Comme je ne pense pas pouvoir trouver de sponsors parmi les interpros, ni parmi les bouchonniers ou les verriers, qui sont les bailleurs de fonds habituels de ce genre d’événements, je pense plutôt prospecter du côté des fabricants de nettoyants pour vitres. Quitte à travailler dans la transparence…

Avec l’argent dégagé, nous pourrions peut-être lancer un magazine; la presse ne rapporte pas grand chose, mais elle constitue toujours une belle vitrine pour un concours.

Nous y signerions nos articles sous deux alias: M. Propre et Mr. Clean. Ne serait-ce que pour pouvoir continuer à marcher dans les vignes en toute impunité, et à fréquenter nos confrères plus consensuels que nous – je n’ai pas dit jésuites, note bien.

Ad Majorem Vini Gloriam,

Hervé Lalau 😦


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Bordeaux, ce très, très grand terroir

Si l’on en croit le nouveau site officiel des Vins de Bordeaux, ceux-ci sont pluriels; mais leur terroir lui, est (au) singulier: c’est Notre Terroir.

D’où un paradoxe: comme les vins sont l’expression du terroir, ou pour être plus précis, doivent démontrer un lien au terroir, nous avons donc affaire à des vins à la fois différents et identiques.

Trêve de plaisanterie: pourquoi ne pas simplement écrire « Nos terroirs ». Ce serait tellement plus exact.

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Hervé Lalau