Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Qu’est-ce que le Sud-Ouest ?

C’est le genre de questions qui semble idiote, tellement la réponse est évidente. Le Sud-Ouest de la France, c’est le sud-ouest de la France !

Sauf que pour ce qui est du vin, personne ne sait vraiment où fixer ses limites.

Faut-il prendre comme frontières celles de l’ancienne région Midi-Pyrénées? Mais alors, on exclut les appellations Irouléguy, Béarn, Tursan, Duras, Côtes-du-Marmandais, Buzet, Jurançon et tout le Bergeracois, appellations qui se trouvent en (Nouvelle) Aquitaine.

Faut-il plutôt s’en tenir au Sud-Ouest géographique? Dans ce cas, Bordeaux en fait partie, bien sûr.

D’ailleurs, n’est-ce pas à Bordeaux qu’est situé le siège du journal… Sud-Ouest ?

«Grand vin du Sud-Ouest»

Oui, mais si Bordeaux revendique sans restriction l’héritage culinaire du Sud-Ouest (foie gras, confit, magret…), côté vins, il fait plutôt bande à part – au moins depuis que les «vins du Haut-Pays» (Bergerac, Cahors, Gaillac…) ne viennent plus compléter ses cuvées. Vous ne verrez jamais sur une bouteille de Bordeaux la mention «Grand vin du Sud-Ouest» !

D’ailleurs, bon nombre d’ouvrages de référence, comme le Guide Hachette ou le Grand Larousse du Vin, excluent Bordeaux du Sud-Ouest – tout en y intégrant le Bergeracois.

Le ministère de l’Agriculture, lui, a découpé le vignoble français en 10 bassins; dans l’acception ministérielle, le «Bassin Viticole Sud-Ouest» ne comprend ni la Gironde (Bordeaux) ni la Dordogne (Bergeracois), ces deux départements composant le «Bassin Viticole Aquitaine».

Par contre, le «Bassin Viticole Sud-Ouest» intègre les vignobles des Landes, du Béarn et du Pays basque.

C’est ce découpage que suit l’Interprofession des Vins du Sud-Ouest, qui regroupe non seulement les AOP, mais également les IGP de 11 départements: 8 en région Occitanie (Lot, Gers, Aveyron, Haute-Garonne, Tarn, Tarn-et-Garonne, Ariège et Hautes-Pyrénées), et 3 en Nouvelle-Aquitaine (Lot-et-Garonne, Landes et Pyrénées-Atlantiques). Bien que ce périmètre exclue le Bergeracois, les vins qui en sont issus sont parfois intégrés dans la communication de l’organisation, de même que les Côtes-de-Duras.

Pour plus d’info: http://www.france-sudouest.com/fr/page/missions

Cépages: la foire aux origines

L’encépagement est-il un facteur discriminant pour identifier « l’espace Sud-Ouest » ? Pas vraiment, car les quelques 60 cépages de la région, d’origines diverses, débordent largement des frontières administratives.

Le grand ancêtre des cépages dits «bordelais», le Cabernet franc, est en effet originaire du pied des Pyrénées (peut-être même du Pays Basque espagnol) – il est apparenté au Morenoa et au Txakoli Noir. De même que le Carménère.

Le Merlot, lui, est un croisement entre le Cabernet Franc et la Magdeleine Noire des Charentes (mais celle-ci est également apparentée à l’Abouriou lot-et-garonnais).

A l’inverse, le sauvignon fait partie de la famille des Traminers, dont le berceau  est le centre de l’Europe centrale. De même que le Petit Manseng, apparenté au savagnin.

Ou encore, le Colombard, apparenté au Gouais, alias Heunisch.

Le Malbec, fils du Prunelard et demi-frère du Merlot

Le Malbec, qu’on a cru un temps bourguignon, est un croisement entre un cépage tarnais, le Prunelard, et la Magdeleine noire des Charentes, dont on a déjà vu qu’elle avait enfanté le Merlot.

La Négrette, elle, divise les ampélographes – présente à Fronton, mais aussi en Vendée (et jadis aussi à Gaillac), on évoque à son propos une origine chypriote, mais aussi agenaise ou pyrénéenne.

Entre les locaux qui n’en sont pas, et les internationaux qui sont d’anciens locaux, on s’y perd un peu.

Patrimoine commun 

Bref, le Sud-Ouest est d’abord l’espace de ceux qui se sentent du Sud-Ouest, qu’ils soient Gascons, Guyennais, Béarnais, Basques, Quercynois, Périgourdins, Albigeois, Rouergats, voire Limousins, Saintongeais ou Angoumois (pour autant qu’ils se reconnaissent de ces anciennes provinces abolies à la Révolution).

La Guyenne historique

 

La Gascogne historique

 

Il n’a pas plus de limites fixes que le «Midi-Moins-le-Quart», autre (joli) terme par lequel on le désigne parfois. Notons en outre qu’il englobe des domaines linguistiques assez divers, entre le Basque et les différentes formes de la langue d’Oc que sont le Gascon, le Saintongeais, le Limousin ou le Languedocien (pour simplifier).

Par ailleurs, les cinq plus grosses AOC/IGP de l’ensemble Sud-Ouest (hors Bordeaux) se trouvent toutes en Occitanie, à commencer par l’IGP Côtes-de-Gascogne, qui représente à peu près autant d’hectos que les 9 suivantes réunies (voir tableau ci-dessous).

 

Les 10 plus grandes AOC/IGP du Sud-Ouest (chiffres 2015)

IGP Côtes de Gascogne          12.182 ha       1.063.138 hl

AOC Cahors                            3.434 ha         187.803 hl

IGP Côtes du Tarn                  2443 ha          179.029 hl

AOC Gaillac                            3.059 ha         140.315 hl

IGP Comté Tolosan                1.623 ha         119.978

AOC Buzet                              2091 ha          115.000 hl

AOC Fronton                           1.400 ha         67.421 hl

AOC Côtes du Marmandais    1.314 ha         67.000 hl

IGP Côtes du Lot                     722 ha            60.760 hl

AOC Madiran                          1.169 ha         53.729 hl

 

En résumé, même si cela pourrait devenir un enjeu commercial, la «marque» Sud-Ouest appartient donc aussi bien aux Occitans qu’aux Aquitains (nouveaux ou anciens). Peut-être feraient-ils mieux de la partager, comme un patrimoine culturel commun ? Vu d’ailleurs, en effet, une rivalité trop affirmée serait sans doute mal perçue.

Hervé Lalau


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Trop de transparence tue-t-elle la lisibilité ?

Je m’interroge sur le bien-fondé des intentions de ces lobbies (hygiénistes?) qui poussent pour une transparence absolue dans l’information fournie au consommateur quant aux ingrédients de nos aliments, vin compris. Je suis sûr que tout cela part d’un très bon sentiment, mais est-ce vraiment si utile que cela, puis, surtout, est-ce vraiment applicable et efficace ?

Je vais vous fournir un exemple réel qui aidera à illustrer mon propos. Cet exemple est tiré du domaine alimentaire, mais on peut, avec un minimum de connaissances des pratiques œnologiques, le transposer au monde du vin si jamais ces défenseurs d’une transparence totale, digne des puritains de tous bords, obtiennent gain de cause en ce qui concerne le pinard.

Lors d’un récent voyage à bord d’un train de la SNCF (un jour de non-grève évidemment), j’ai acheté et consommé un bol de pâtes intitulé ainsi : Penne Tomate, Courgette, Olives Vertes et Basilic. Je vous épargne des commentaires de dégustation sur ce petit plat qui m’a très correctement nourri. Ce qui a surtout attiré mon attention était la longue liste d’ingrédients que le producteur est obligé d’afficher sur son emballage. Pour une fois que cette liste fut lisible sans y appliquer une loupe, je puis vous en livrer le contenu dans sa totalité. On y va ?

(caractères gras et parenthèses sont fidèles à l’original)

Ingrédients : Pâtes penne 45% (semoule de blé dur), tomates 22%, coulis de tomates 10% (tomates 93,5% (pulpe de tomates fraîches 78%, concentré de tomates 15,5%)), courgettes 10%, olives vertes 5% (olives vertes en rondelles, eau, sel, acide citrique E330), échalotes 2%, câpres 2% (câpres, eau, sel, vinaigre), huile d’olive, basilic, ail, maltodextrine (maïs, pommes de terre), légumes 8,1% (céleri, navet, chou, oignon, poireau, carotte), extrait de levure, sucre, huile de palme (matière grasse végétale non-hydrogénée), sel, épices et aromates, jus de citron), sucre, sel, muscade, poivre noir, huile de tournesol, gomme xanthène.

Allergènes : Gluten, céleri, fruits à coque. Produit sur un site utilisant tous les allergènes majeurs.

J’ai eu un peu de mal à faire les additions à l’intérieur de cette liste impressionnante de complexité, et je n’ai pas toujours compris toutes les parenthèses non plus. Mais, au-delà de mes petits problèmes de mal-comprenant, je m’interroge sérieusement sur l’utilité de tout cela. Combien de personnes lisent tout ce qui est écrit sur les emballages de chaque objet qu’on achète ? Et, parmi ces rares (ce n’est qu’une supposition) personnes, combien sont capables d’interpréter correctement les informations qui y sont inscrites, et qui sont probablement utiles uniquement pour un médecin ou autre expert en diététique.

Maintenant, si nous appliquons la même approche à une bouteille de vin, quelle serait la taille d’une contre-étiquette nécessaire à contenir, d’une manière lisible, tout ce qui peut contenir un flacon? On pourrait penser que les vins dits « nature » échapperont largement à ce genre de contrainte. Mais, si on appuie un peu, il faudrait aussi lister les taux d’acidité volatile, le pourcentage de brettanomyces et de bactéries diverses, avec leurs noms en latin, la quantité de CO2, les taux de TCA ou de TCP, etc, etc. Et qui va payer les analyses sophistiquées en laboratoire qui seront nécessaires aux détections de ces substances sur chaque lot ?

En somme, je crains que nous n’ouvrons par cette insistance une sacrée boîte de Pandore, et sans aucune efficacité outre celle de relever encore d’un cran ou deux le phénomène des phobies alimentaires dont on voit de plus en plus les effets.

David Cobbold

 


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La preuve par Tintin

En réaction à la vague d’hygiénisme dévoyé dont trop de journaux se font l’écho actuellement, j’appelle à la barre le sieur Tintin.

Plaise à la cour, dans son immense sagesse, de produire devant le jury une aquarelle de George Remy, tirée de l’album « Le Sceptre d’Ottokar », et récemment mise en vente chez Christies; aquarelle dans laquelle le susdit Tintin, reporter passablement affamé, est en fuite dans les montagnes de Bordurie. Et qu’emporte-t-il dans sa fuite? Une miche de pain et une fiasque de vin, bien sûr!

La preuve est faite qu’il s’agit là d’aliments de première nécessité (même dans une oeuvre de fiction).

Alors qu’on peut très bien se passer de Mme Buzyn, de M. Evin, de M. Got, de leurs amalgames et de leurs litanies.

Vive le vin!

Hervé Lalau

 

 


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Green Cadet Cocktail

Marre des arômes de sauvignon de votre Mouton Cadet Sauvignon Blanc? Passez à la vitesse supérieure, avec ce communiqué:

Green Cadet,
le cocktail rafraîchissant à base de
Mouton Cadet Sauvignon Blanc

Green Cadet est le premier cocktail original qui place le vin au coeur de sa recette en sublimant ses saveurs ! En effet, le long drink met à l’honneur le sauvignon blanc, un cépage gourmand et rafraîchissant.

Pour obtenir ce cocktail surprenant à l’équilibre parfait, il suffit d’ajouter deux ingrédients subtilement dosés au Mouton Cadet Sauvignon Blanc : un trait de sirop de sucre et un zeste de citron vert, c’est tout.
Green Cadet accompagne parfaitement les apéritifs en extérieur, les pique-niques sur l’herbe ou les soirées estivales en apportant du fruit et de la fraîcheur aux accords des plus traditionnels aux plus audacieux. Une signature osée, en parfaite adéquation avec l’esprit pionnier de Mouton Cadet.

Green Cadet, la Recette :

Dans un grand verre piscine préalablement rempli d’une dizaine de glaçons, verser :

• 12 cl de Mouton Cadet Sauvignon Blanc

• 1 cl de sirop de sucre

• ajouter un zeste de citron vert

Remuer délicatement et déguster !

Une création dédiée au Mouton Cadet Sauvignon Blanc

Issu d’un terroir riche en histoire et traditions, Mouton Cadet n’a de cesse de se renouveler.

Une création originale qui s’inscrit parfaitement entre héritage et modernité, dans un milieu urbain végétalisé comme en pleine nature.

Très facile à réaliser, Green Cadet est un cocktail de toutes les occasions. Ce long drink sera également à la carte des meilleures terrasses : Le Comptoir de l’Arc (Paris 16), Monsieur Mouche (Paris 8), La Terrasse du Plaza (Nice), La Bastide de Venelles (Aix-en-Provence), Le Petit Pavillon (Marseille), Le Comptoir Marseillais (Marseille) ou encore O 2 Scènes (Boulogne-Billancourt).

 

Dont acte.

Le commentaire d’un néophyte

J’ai juste un petit problème de cohérence. A quoi bon se décarcasser à vinifier un blanc sec à partir d’un « terroir riche en histoire et traditions », si c’est pour lui ajouter du sucre et du citron? Mais peut-être que je ne suis pas dans la cible. Pour rappel, ici, ce sont les 5 du Vin. Pas les 5 du Bar. Maintenant, bien sûr, vous faites ce que vous voulez avec votre Mouton.

Hervé Lalau


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Deux vins pour Mme Zinzin

Quand je pense à nos «amis» anti-vins, j’aime que rien ne se perde. Voici deux flacons qui pourraient les inspirer, les inciter à plus de tolérance, s’ils n’étaient des jusque-boutistes de la pire espèce… Je les ai dégustés lors de Val de Loire Millésime, la semaine dernière, à Blois. Entre autres jolis vins.
Le premier est un Anjou Village 2016, une cuvée du Domaine de Brizé fièrement intitulée «Clos Médecin».
Un vin équilibré, balancé comme une ordonnance: une once de violette, une gélule de cerise; le poivron est très léger, la pivoine prend le dessus. Tannins présents mais non envahissants. Le plaisir d’un vin élégant et plein de caractère. Bref, un Médecin qui ne nous les a pas Brizé menu comme le pinot du même nom…
Le second est un Saumur Méthode Traditionnelle du Domaine de Matignon
Anis, poire, bulle fine, légèrement crémeux. Un peu de coing et ananas, une belle amertume en finale. Juste assez pour avoir l’envie de rempiler pour un second mandat – je veux dire, un second verre.
J’espère qu’Édouard Philippe en fera rentrer dans la cave de… Matignon, pour l’aider à rendre sereinement les bons arbitrages.

Hervé Lalau