Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Vinification en terre cuite : utile ou mode ?

Il est intéressant d’observer la constance des allers et retours entre présent en passé en matière de mode, y compris dans le vin qui n’échappe pas à cette forme de dialogue entre l’époque présente, avec ses avantages et inconvénients, et une époque révolue qu’on a un peu trop tendance parfois à regarder avec des lunettes roses; des lunettes qui filtrent les mauvais côtés pour dire que tout était mieux avant, ce qui est manifestement faux ! Mais il y a des exceptions à ce type de nostalgie bête et je trouve que la vinification en vaisseaux de terre cuite fait partie de celles-ci, car les résultats peuvent être probants.

Batterie de Dolia de vinification de l’ère romain enterrées à la Villa Rustica

Il arrive parfois que la redécouverte de techniques anciennes, s’ils sont bien comprises et utilisés d’une manière censée, apportent quelque chose au vin. Dans un temps pas si ancien que cela, l’arrivée du béton à permis aux vinificateurs de se passer de vielles cuves en bois difficiles à nettoyer et coûteuses à remplacer. Puis le béton fut remplacé à son tout par l’acier inoxydable. Aujourd’hui on voit dans de très nombreux chais un retour du béton. Si on va plus loin en arrière, les premières vinifications historiques ont très probablement eu lieu dans des contenants en terre cuite, souvent enterré, comme dans la photo ci-dessus, mais aussi parfois à l’air libre. Si cette technique n’a jamais totalement disparu, car elle reste pratiquée, d’une manière certes  marginale, en Georgie, en Espagne ou au Portugal, par exemple, tandis qu’elle avait été abandonnée pour l’essentiel ailleurs.

Mais quelques producteurs, ici est là, en Italie, en Slovénie, mais aussi en France, remettent cette très ancienne technique au goût du jour pour des types de vins variables et avec parfois de résultats très intéressants. Avant de regarder cela en détail, je tiens à corriger une erreur étymologique trop fréquente.

de vraies amphores au musée d’histoire de Marseille : essayez donc de vinifier là-dedans !

On entend souvent des vins ainsi produits décrits comme étant des vins « d’amphore ». Ceci démontre l’ignorance de ceux qui utilisent ce terme dans ce contexte.

La vérité sur les amphores

Le mot amphore, ou amphora, vient de l’ancien grec et du mot ἀμφορεὺς, qui était une abréviation pour ἀμφιφορεὺς, venant de la racine de ἀμφὶ, signifiant des deux côtés, et de φέρειν, signifiant porter. De la racine ἀμφὶ on connait aussi amphithéâtre, pour un lieu de spectacle ou de rassemblement dans lequel le spectateur est installé pas uniquement en face de la scène, mais en arc d’un fragment de cercle. La racine φέρειν signifie que l’objet en question était porté, et les deux anses situés autour du col d’une amphore attestent bien de cet usage. Les amphores était utilisées pour le transport et aussi pour le stockage et le service de petits volumes de vin ou d’autres substances liquides pendant toute l’antiquité grecque et romaine. Leur contenance variait, en gros, entre 15 et 30 litres et un homme (ou deux, à la rigueur) pouvait les porter grâce à leurs deux anses. Ils avaient aussi un col très étroit, aussi bien pour pouvoir verser le vin que pour permettre un bouchage plus ou moins efficace de l’ouverture pendant le transport et le stockage. Je ne vois dans les jarres en terre cuite utilisées de nos jours pour la vinification ni col étroit, ni anses, ni forme pointue du fond comme dans l’image ci-dessus. Et elles sont beaucoup trop grosses pour être porté par un seul homme, même vide. Non, on ne vinifie pas dans une amphore ! Si nous voulons donner à ces vaisseaux le terme latin, il s’agirait de dolia (dolium au singulier), mais le mot français jarre me semble bien convenir aussi.

Et voici des dolia. Pas pareil !

Maintenant à quoi sert de vinifier dans un dolium (ou jarre) et quels sont ses avantages et inconvénients ? Cela semble quand-même le plus intéressant.

La matière, c’est de l’argile qui, lorsqu’elle est cuite, durcit et devient plus ou moins étanche. Je dis plus ou moins, non seulement parce qu’il peut y avoir des fuites, ce qui constituerait un défaut de fabrication, mais aussi parce que, comme une barrique en bois, il y a une très faible et lente migration d’air à travers de minuscules pores dans le paroi de la jarre, qui permettent une micro-oxygénation au vin. Cela peut être bénéfique au vin rouge comme au vin blanc en l’arrondissant, mais sans l’apport de saveurs et de tanins que peuvent donner un contenant en bois. Parfois, il faut enduire les parois internes pour parfaire l’étanchéité de la jarre. Cela se faisait beaucoup dans l’Antiquité, en utilisant de la poix, qui est un mélange à base de résine et de goudron végétal obtenu par distillation ou chauffe de bois résineux ou de térébenthine. C’est certainement cette technique qui a donné naissance au Retsina, vin grec dont les arômes et saveurs résineux sont très prenants. Aujourd’hui on essaie d’avoir des jarres naturellement étanches et, s’il fait faire un enduit intérieur, celui-ci est neutre !

On peut laisser ces jarres à l’air libre dans le chai, ou bien les enterrer totalement ou partiellement, comme en Géorgie, par exemple, ou on les appelle qvevris. En Georgie ou en Arménie, cette très ancienne technique n’a jamais disparu et est utilisée depuis depuis 8,000 ans, même si aujourd’hui les vins de qvevri ne représentent qu’un tout petit pourcentage de la production. Même chose au Portugal, depuis bien moins longtemps, mais ou la pratique subsiste, comme dans le Nord-Est d’Italie, en Espagne et en Slovénie.

Un certain nombre de bons producteurs de vins en France (et ailleurs) s’intéressent à cette technique. Pour les blancs, on peut pratiquer dans ces récipients une macération pelliculaire (comme cela se fait en Géorgie par exemple) ou pas. Cela donne un résultat très différent à celui d’un blanc « classique » à avec un profil tannique qui est inhabituel dans un vin blanc. Mais ce n’est pas une obligation, pas plus que de laisser s’installer une oxydation progressive qui fait virer la couleur vers l’orange. Selon Yves Canarelli, ce type d’élevage, au contraire, protégerait le vin naturellement de l’oxydation, ce qui obvie le besoin de rajouter des sulfites. Je n’ai pas vérifié ce dernier point, mais cela mérite investigation.

Jarres modernes dans un chai de maturation : on ne peut toujours pas les porter à dos !

N’étant pas un expert dans le domaine technique, je vais citer mon collègue le Dr. Paul White, qui participe comme moi au Comité International du Sauvignon Blanc.

« Même si la vinification en jarres de terre cuite (appelées, de façon erronée, amphores) s’adapte à l’élaboration de vins dits natures, elle peut tout aussi bien en être totalement dissociée. Intéressante du point de vue purement technologique, elle renforce les avantages de la vinification en cuves inox ou en barriques de chêne, tout en diminuant leurs inconvénients.

S’il est vrai que la fermentation en cuves inox accentue la pureté variétale, elle a aussi tendance à engendrer une certaine acidité brute désagréable et des textures peu développées. Technique à double tranchant, la fermentation en barrique permet de son côté à l’oxygénation d’arrondir les bords incisifs d’un jeune vin bourru et d’accélérer l’intégration des textures et des saveurs, mais elle peut aussi entraîner des arômes envahissants et des tanins boisés qui dissimulent et dénaturent la typicité variétale.

C’est là que la vinification en jarres de terre cuite intervient avec brio, offrant l’effet atténuant apporté par l’oxygénation du bois sans pour autant introduire d’autres arômes ou des tanins. La personnalité du vin puise sa source exclusivement dans le raisin, tout le raisin et rien que le raisin. »

Comme avec tout outil technique, la fermentation en jarres de terre cuite n’est pas une panacée pour faire des bons vins. J’ai dégusté d’excellents fait avec l’aide de ces outils, mais aussi des horreurs. Je pense qu’il faut toujours déguster un vin avant de savoir comment il a été fait car le discours sur les potions magiques ou la prononciation de mots ou expressions à la mode risquent de dévier votre attention, voir d’influencer votre jugement.

Quelques noms de producteurs français qui utilisent des jarres en terre cuite (des bons uniquement !)

Domaine Gayda (Pays d’Oc)

Yves Canarelli (Corse)

Clos d’un Jour (Cahors)

Clos Troteligotte (Cahors)

Jean-Claude Lapalu (Brouilly)

Frédéric Magnien (Bourgogne)

Stéphane Tissot (Arbois)

Domaine Viret (Rhône)

Et il y en a surement bien d’autres, mais les cuvées « jarres » des producteurs cités sont bonnes et ni pleins de bretts ni fortement oxydées, ce qui n’est pas nécessairement le cas de tout ce que j’ai dégusté issu de cet outil de vinification (voir mon article récent sur quelques bons vins croates et aussi ceux de Roxanich).

David Cobbold


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Une occasion unique pour découvrir les vins d’Autriche

Les 5 du Vin ont décidé d’ouvrir ses colonnes, le temps d’un weekend, à des annonces d’événements autour du vin qui peuvent intéresser nos lecteurs, qu’ils soient professionnels ou amateurs. Il s’agira de dégustations, colloques ou autre opérations ayant un intérêt éducatif qui permettront à chacun d’explorer les vins d’une appellation, d’une région ou d’un pays et/ou d’échanger avec les producteurs et acteurs en question. Il sera stipulé si l’événement est ouvert à tout public ou bien réservé à des professionnels du vin.  

Cette première annonce concerne uniquement les professionnels du vin (importateurs, distributeurs, acheteurs, cavistes, sommeliers ou journalistes), et les vins d’Autriche, pays dont nous avons parlé plusieurs fois sur ce blog, dont hier et mercredi dernier. L’événement aura lieu à Paris le 22 janvier 2018.

L’Austrian Wine Marketing Board et ADVANTAGE AUSTRIA PARIS (qui est la Section commerciale de l’Ambassade d’Autriche), ont le plaisir de vous inviter à une grande dégustation des vins d’Autriche, ainsi qu’à la conférence de presse qui va l’accompagner.

Au cours de cette conférence de presse, M. Wilhelm Klinger, directeur de l’Austrian Wine Marketing Board, présentera les évolutions récentes, les tendances et les perspectives du vin autrichien.

Date: Lundi  22 janvier 2018,

Conférence de presse de 11h00 à 12h00

Dégustation : toute la journée, de 10h30 à 17h

Lieu: Hôtel Plaza Athénée, 27 avenue de Montaigne – 75008 Paris

(parking le plus proche: Vinci, Avenue Georges V)

Imprimez votre invitation à la conférence de presse

Le Grand Tasting Autrichien se déroulera toute la journée et vous proposera plus de 200 vins d’une trentaine de domaines viticoles. La majorité des vignerons seront présents en personne pour vous faire découvrir leur production, les autres seront représentés par leurs importateurs.

Imprimez votre invitation pour l’AUSTRIAN TASTING

Merci de vous inscrire avant le 10 janvier auprès d’ADVANTAGE AUSTRIA Paris: paris@advantageaustria.org, T: 01 53 23 05 06.

 

Au moins deux membres de ce blog seront présents  


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Introduction aux vins d’Autriche

Ce mercredi, sur ce même site, Hervé partageait avec nous ses coups de cœur lors du Wine Summit 2017. Pour rappel, il s’agit d’un des grands rendez-vous organisés autour des vins d’Autriche et qui a lieu tous les deux ans dans ce pays à l’intention des professionnels du vin.

 Avant de révéler demain les détails d’une importante dégustation qui aura lieu à Paris le 22 janvier et qui permettra aux professionnels de vin en France (et alentour) de faire plus ample connaissance avec les vins de ce pays, je vais vous présenter, d’une manière surtout factuelle et basique, les vins d’Autriche.

L’Autriche produit environ 1% des vins du monde. On est très loin des mastodontes comme la France, L’Italie, ou l’Espagne, mais ces vins méritent amplement notre intérêt, et, selon moi du moins, notre estime. Alors comment se structure la production autrichienne ?

La loi qui gouverne la production de vin en Autriche fait partie intégrale de la structure hiérarchique de la législation européenne sur le vin. Les catégories de vin peuvent relever de la tradition française des AOC (DAC en Autriche) mais aussi de la tradition allemande : Landwein, Qualitätswein, avec ou sans prédicats comme SpätleseAuslese et Eiswein.

Les régions de production en Autriche et leurs tailles

Comme on le voit clairement sur la carte ci-dessus, le vignoble autrichien est concentré dans la partie orientale du pays. Ce vignoble dans son ensemble couvre 46.500 hectares. Les Etats fédéraux de Niederösterreich (28.145 ha), de Burgenland (13.100 ha) et de Steiermark (4.633 ha) ont le statut de régions de vins reconnues, mais il y a aussi 16 autres régions de production, dont Vienne (637 ha), ainsi que Bergland qui contient cinq régions de production de vin : Kärnten, Oberösterreich, Salzburg, Tirol, Vorarlberg.

 

grappe et feuille du cépage grüner veltliner, la vedette autrichienne

Les cépages

36 variétés de vigne sont autorisées pour la production de vins de qualité (Qualitätswein et Landwein) en Autriche : 22 blancs et 14 rouges. La part des vins rouges est en hausse depuis 20 ans et atteint maintenant un tiers du vignoble total.

Parmi ces variétés on trouve des noms connus ailleurs comme RieslingPinot BlancChardonnay, Muskateller, TraminerPinot NoirMerlotCabernet Sauvignon et Syrah, mais des variétés domestiques dominent la production. Parmi elles, de loin la plus importante est le blanc Grüner Veltliner qui compte pour près d’un tiers de la surface total du vignoble du pays. On trouve aussi d’autres variétés blanches comme NeuburgerRotgipflerZierfandler et Roter Veltliner, puis, en rouge, les ZweigeltBlaufränkisch, Sankt Laurent et Blauer Wildbacher.

L’ampélographie et la viticulture ont une longue histoire en Autriche car l’Institut Fédéral de Viticulture à Klosterneuberg, près de Vienne, date de 1860, ce qui en fait la plus ancienne école de viticulture au monde.

Pour de plus amples informations, je ne peux que vous conseiller, surtout si vous lisez l’allemand, l’anglais, le russe ou le mandarin, de visiter l’excellent site de Wines of Austria :http://www.austrianwine.com/

David Cobbold


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Liberty, comme un flambeau dressé sur l’autre Châteauneuf

Notre ami Marc vient de subir une grosse opération chirurgicale; celle-ci s’est bien passée, Marc doit à présent se reposer et faire preuve de patience pour un total rétablissement.

Un petit mot d’encouragement lui ferait certainement plaisir – après tout, lui n’a jamais été avare d’encouragements pour ce qui s’agit des vignerons et des vigneronnes. Comme en témoigne encore aujourd’hui ce billet.

 

 

Ce vin est un clin d’œil de Julien Barrot à Châteauneuf-du-Pape depuis « l’autre » Châteauneuf, Châteauneuf-de-Gadagne.

Un village qui n’a pas tout à fait droit de cité sur l’étiquette – ses vins ne peuvent pas porter leur nom complet, juste « Côtes du Rhône Villages Gadagne ». Le mot Châteauneuf  étant réservé à son homonyme plus célèbre.

Quoi qu’il en soit, c’esrt bien à Châteauneuf de Gadagne, à 125 mètres d’altitude, qu’est née sa cuvée Liberty, grâce à la complicité de son vieux compère vigneron Yannick Alliaud, et à ses vignes. Celles-ci poussent sur le même terroir Villafranchien qu’à La Crau, avec le même encépagement, sur la même rive gauche du Rhône, mais un rien plus au sud-est, presqu’à l’ombre d’Avignon. L’étiquette répond aux mêmes caractéristiques que les Château9 de Julien, ça pourrait être trompeur, mais la qualité y est, et à l’aveugle, on pourrait bien douter…

 

Liberty 2015 Vin de France Domaine La Barroche

Violet pourpre aux reflets améthyste, son nez évoque la chair de figue noire, la datte fraîche et la mûre, relevées de poivre et soulignées de réglisse. La bouche propose des tanins soyeux maculés du jus de baies rouges et noires éclatées sur le minéral anguleux d’un galet disloqué. On y ressent les saveurs délicates du cassis, de la framboise et de la myrtille, accompagné de la texture râpeuse de l’arbouse. Le parfum subtil de la violette renforce l’élégance du vin. La fraîcheur en sublime le raffinement et enchante les papilles par l’inattendu de son propos à la fois simple, immédiat et profond, au caractère fort, mais retenu.

Un vin qui s’apprécie à différents degrés, on peut le boire comme ça, juste pour le plaisir ou y plonger pour l’ausculter et en percevoir toutes les subtilités.

Comment qu’il est fait

Issu d’une parcelle complantée, Liberty assemble 55% de Grenache, 18% de Syrah, 12% de Mourvèdre, 10% de Cinsault et 5% de Carignan dont la moyenne d’âge avoisine les 65 ans. La vendange manuelle n’égrappe que les rafles non mûres. La vinification se fait en cuves béton enterrées avec des macérations supérieures à 4 semaines. L’élevage 18 mois se passe en foudres et demi-muids. Le vin n’est pas filtré à la mise en bouteille.

Avec quoi qu’on peut le boire

Son caractère particulier demande des plats à la fois forts en goût et généreux comme un civet de lièvre au cassis ou un agneau aux herbes. Côté grillade, les saucisses piquantes ou parfumées au fenouil. Quant au plat froids, le carpaccio de magret de canards ou le plus subtil, mais non moins puissant émincé de poulpe aux pois chiches et chorizo.

Ses autres cuvées, Julien Barrot les élabore sur le terroir de Châteauneuf-du-Pape.

www.domainelabarroche.com

 

Ciao

Marco


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“Who is Marie-Louise Banyols? Qui suis-je?”

Suite à la demande d’un lecteur, il y a quelque temps, notre ami Hervé a suggéré à chacun des 5 du Vin de se présenter; j’ai un peu traîné, car je vous ai déjà parlé de moi à deux reprises et vous connaissez maintenant mon parcours jusqu’en 1977, date de naissance de ma fille.

Les années qui suivirent se déroulèrent tranquillement entre la brasserie Le Drink Hall et les vignobles. Quand mes parents prirent la retraite en 1986, mon mari et moi avons tenté une nouvelle aventure, celle d’ouvrir un restaurant à Perpignan : Le Relais Saint-Jean niché aux pieds de l’Eglise Saint-Jean, dont la porte ouvre sur la cathédrale. La carte des vins  que j’avais intitulée « Les vins que j’aime » faisait la part belle aux crus régionaux, avec plus de 400 références. Ce fût une expérience difficile, mais positive, non pas d’un point de vue financier, mais d’un point de vue professionnel : nous sommes rentrés de plein fouet et avec une totale inconscience dans la restauration dite « gastronomique » dans laquelle nos clients du Drink-Hall ne nous ont pas suivis. Nous sommes donc repartis « à zéro », comme on dit. Nos premiers moments de fierté furent les notes du Gault et Millau !

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Parallèlement, j’ai passé des concours, pour me rassurer sur mes compétences; en 1990 j’ai décroché le titre de meilleur sommelier du Languedoc-Roussillon et au participé à la finale de meilleur sommelier de France aux côtés de Beaumard et de Poussier.

L’expérience du Relais Saint-jean fut brève; en 1990, un de nos clients bouchonniers nous a proposé d’installer un restaurant dans une très belle villa des années 30 qu’il avait restaurée à Céret, et qu’il voulait faire vivre – de plus, il était gourmand. Nous voici donc,  fin mai 90,  installés à l’ombre de gigantesques platanes devant la Porte d’Espagne et la Place Pablo Picasso, où l’on dansait la sardane. Nous avons été séduits par le charme cette grande maison familiale à l’ambiance Belle Epoque catalane. L’aventure des Feuillants allait durer 10 ans, des années dont je garde de merveilleux souvenirs. A l’époque, je rêvais même de créer un Salon régional des vins…

En 1991, le Guide Michelin nous décerne la première étoile. J’ai commencé à faire partie du Comité de dégustation de la R.V.F où j’ai beaucoup appris aux côtés de Michel Bettane, Michel Dovaz, Pierre Casamayor, Bernard Burtschy, Thierry Desseauve… J’ai continué à participer à quelques dégustations et à écrire quelques articles, principalement sur l’Espagne, jusqu’en 2010.

 

Les Feuillants, à l’ombre des platanes

En 1997, récompense suprême : au travers de mon mari, Didier Banyols, Les Feuillants se voient attribuer deux étoiles au Michelin. Le plus grand moment de ma vie professionnelle, je ne l’oublierai jamais.

Pendant tout ce temps, je n’ai jamais abandonné le vin, sillonnant la France de vignoble en vignoble avec la R.V.F ou l’Association des sommeliers à laquelle je participais pleinement.En 1992, je reçois le titre de Maître Sommelier des mains de l’Union de la Sommellerie Française.

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Ma dernière expérience professionnelle dans le monde de la restauration se passa à Bordeaux avec l’ouverture du complexe “Les Sources de Caudalie”, Vinothérapie, Hôtel **** Luxe et restaurant gastronomique, que nous avons dirigé pendant 2 ans avec mon mari. Nous avons récupéré une * Michelin dès la première année.

En 2001, rien ne va plus, nous quittons Bordeaux et nous nous séparons.  J’ai alors voulu donner un tournant à ma vie professionnelle, et me consacrer entièrement au vin. C’est Jean-Luc Colombo, Star du Rhône Nord, qui m’en a donné l’opportunité en m’offrant la direction commerciale de son domaine. Un an à Cornas, chez un homme généreux et talentueux, oenologue épicurien et emblématique vigneron de Cornas, m’a apporté une très belle expérience. Mais, je voulais quitter la France, des problèmes personnels me poussaient vers cette solution et quand la possibilité de rentrer à LAVINIA s’est présentée, je ne l’ai pas laissée passer.

C’était en juillet 2001. J’ai ouvert le magasin LAVINIA Barcelona, que j’ai dirigé pendant 4 ans. Ce fut une autre expérience professionnelle intense et passionnante. Nouveau pays, nouveaux vignerons, nouveaux journalistes, nouvelle cuisine, tout est à recommencer. Je découvre une nouvelle culture du vin, une nouvelle approche; les débuts sont difficiles, très difficiles, je suis loin de ma famille, de mes amis, mais le travail est absorbant, je m’y consacre pleinement, j’ai tout fait pour m’adapter et j’y suis arrivée. J’ai adopté et aimé ce pays, je me suis accrochée et la nouvelle aventure du vignoble espagnol a commencé.

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Lavinia Barcelone

Puis après l’ouverture de LAVINIA Paris, j’ai peu à peu quitté LAVINIA Barcelona, pour devenir en 2005,  directrice de produits pour tout le Groupe LAVINIA (Espagne, France et Suisse), tâche que je partageais avec Marc Sibard. Je fus responsable de la sélection des vins, eaux de vie et accessoires pour tous les magasins du Groupe LAVINIA. A partir de 2010, j’ai cumulé cette fonction avec celle de Directrice de produits pour une autre société du Groupe : « VINS DU MONDE » spécialisée dans l’importation et la distribution des vins internationaux.

Dégustations, visites de vignobles européens, salons nationaux et internationaux, relation avec les Domaines, négociations, formation des équipes, ont fait partie de mon quotidien, c’était intense, pas de place pour une vie privée, mais j’ai aimé ces années où j’ai pu créer de véritables liens d’amitié avec beaucoup de vignerons.

En juin 2015, je pars non sans regret à la retraite, j’ai 67 ans, place aux jeunes! C’est alors que les Cinq m’ont proposé de les rejoindre. Je continue bien sûr à participer à de nombreuses dégustations, à fréquenter les salons de vins et à visiter les vignobles: il est pratiquement impossible d’abandonner le monde du vin.

Hasta Pronto,

MarieLouise Banyols

 

 

 

 


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Encore une étude sur les bulles du Champagne

Des chercheurs des Laboratoires de Recherche Appliquée de l’Université du Texas, dont on ne vantera jamais assez le travail, ont présenté à la très sérieuse Acoustical Society of America une étude détaillée sur les bulles de deux vins effervescents.

Il en ressort que les bulles de Moët & Chandon Impérial sont légèrement plus fines que celles d’un Brut Californien (dont on ne nous dit pas le nom, ni la méthode d’obtention, malheureusement). Ping.

Il en ressort aussi que le type de verre utilisé influence beaucoup le résultat. Les chercheurs vont jusqu’à émettre l’idée que les flûtes en plastique sont à proscrire pour le service des belles cuvées. Pang.

Toute la communauté des oenophiles se joint à moi pour remercier les chercheurs d’avoir mené ces importants travaux. La macrobullie a été trop longtemps classé au rang des maladies orphelines, et partant, n’a pas toujours bénéficié des budgets de recherche qu’il aurait mérité. Heureusement, des opérations comme le Bullothon et le Télébulle ont pu y remédier. Pong.

Il est cependant dommage que l’acoustique d’échantillons d’autres vins effervescents de méthode traditionnelle (Crémants, Franciacorta, English Sparkling, Sekt, Cava…) n’aient pas été analysée. On aurait ainsi pu déterminer si le Champagne bénéficie, oui ou non, d’un avantage qualitatif au plan du çon. Pung.

Pour en savoir plus, c’est ICI.

Et pour la recherche contre les maladies rares, c’est LA

Moralité: acoustique, et toc!

Hervé Lalau


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Introducing Gerhard Richter, by Mouton Rothschild

« Gerhard Richter, né à Dresde1 le , est un artiste peintre allemand dont l’œuvre est reconnue, depuis les années 1980, « comme une expérience artistique inédite et remarquable2 ». »

Ce n’est pas moi qui le dit, mais ce cher Wikipédia. Moi, je ne le connais pas, et j’ai appris son existence lors de la présentation de l’étiquette du Château Mouton Rothschild 2015.

En effet, c’est lui qui l’a peinte.

Comme quoi le vin mène à tout: même à l’art moderne.

Remarquable, qu’ils disaient…

Her Lalau