Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Jefford’s eloquent plea for the UK to remain in the EU + SA celebratory fizz

Stronger in Europe
Boris Johnson No 10
The ex-Mayor of London – Boris Johnson – leads those campaigning to leave 
Johnson has long been a supporter of the EU and his decision to campaign to leave is widely seen as a brazen piece of political opportunism towards his ambition to become Prime Minister of the UK  
 
OK I know that most of this post is not about wine but it may be about something even more important than wine.
In less than a month the UK will vote on whether to remain a member of the European Union or leave. The Referendum will be on Thursday 23rd June 2016. Given that we joined the European Community in 1973 – 43 years ago – holding another Referendum on whether to stay in or not rather underlines our always ambivalent attitude to the European Union and the European ideal.
I have long been a convinced supporter of a European Union and hope that we will vote to remain in the EU. I see myself as a European whose main home is in London. To vote to leave would be a terrible mistake and a disaster.
Fortunately the recent opinion polls seem to be moving in the right direction – Remain now leads Leave where not long ago it was either a dead heat or a small lead for Leave. However, a month is still a long time and much could change. Also opinion polls can get results badly wrong. It does appear that the most significant factor is the economy and the likely economic effects leaving the EU would have. Here those pressing to leave appear to be losing the argument due to uncertainties involved.
AndrewJeffRoeds Andrew Jefford  
On Saturday wine writer Andrew Jefford posted on Facebook an eloquent and wise plea for remaining in the European Union:
‘These are my children’s eyes, photographed by their mother. They are young British citizens who, at present, live as freely in Europe as they could in the UK. They aren’t, of course, old enough to vote in the UK’s June 23rd referendum on continuing membership of the European Union, but their lives will be affected far more than my life will by the outcome. If you are a young British voter, please vote. It will be the most significant vote you’ll ever cast. No General Election will ever have this level of significance.
The economic arguments for Britain remaining in the European Union are many and compelling. Leaving would be an act of economic self-harm. Most of the putative upside – only thinly sketched out by those who wish the UK to leave the European Union – is hopeful fantasy, as would quickly become evident in the slow economic hangover that will follow any possible vote for Brexit. Independent international economists overwhelmingly concur with this view.
EU migration to the UK has been of great economic benefit. Farming, transport, construction and the health service are four sectors among many which would struggle in the UK without EU workers. Migration is not a separate issue to economics, as those advancing the Brexit argument assert.

Read the rest of Andrew’s post here.

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Graham Beck’s Brut Rosé – a wine for celebrations

Brut Rosé

Brut Rosé BL
Over the weekend we have enjoyed three bottles of Graham Beck’s excellent Brut Rosé. A blend of Pinot Noir and Chardonnay it has been an ideal fizz to celebrate a 92nd birthday for Netta Macintyre. The Brut Rosé is clean and very nicely balanced with raspberry and red cherry flavours. Available from Majestic for £11.99 or £9.99 for a mixed six bottles it is very good value.
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Ideal fizz for a 92 year old 

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Un parcours visiteurs exemplaire : le cas Hennessy

On parle de plus en plus d’oenotourisme; Mais combien de visites sont bien pensées, structurées d’une manière intelligente, et intéressantes visuellement et intellectuellement pour une population nécessairement diverse ? Voici un bel exemple…

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J’ai pu visiter, samedi dernier, le nouveau parcours pour visiteurs mis en place à Cognac par la maison Hennessy.  Il est exemplaire à plus d’un titre et je vais y revenir. Certaines personnes tapent trop souvent (et bien trop facilement) sur les grandes marques. Je pense, dans un souci d’équilibre et de justice, qu’il faut aussi saluer la qualité de leurs produits, réalisations et activités, du moins pour les meilleurs. Par exemple, sait-on que le cognac seul représente 20% du chiffre d’affaires des exportations de vins et spiritueux français, et que ce chiffre est largement le fait de 4 marques, avec Hennessy comme leader. Comme en Champagne, ou, dans un registre un peu différent, à Bordeaux, les performances économiques de la filière française des vins et spiritueux doivent beaucoup à des leaders, et ces leaders sont incontestablement les grandes marques. Autant je suis pour la diversité de styles, de tailles et d’approches, autant j’estime qu’il ne faut pas renier la dette que tous doivent aux pionniers, dont cette maison qui vient de fêter ses 250 ans d’existence.

IMG_7516Un tierçon, contenant plus de 530 litres d’un Cognac plus que centenaire. Un parmi des centaines de la sorte qu’un peut parfois voir dans un des « paradis » chez Hennessy. La provenance viticole y figure toujours, comme içi des vignes ayant appartenu à la famille. Quand l’évolution du cognac est jugé suffisante, les eaux-de-vie sont transférées dans des dames-jeanne en verre. 

 

Mais mon sujet du jour est autre : il s’agit de l’éducation du public tel qu’il peut et doit être conduite lors d’une visite à un lieu de production. De l’oenotourisme si vous préférez. Visiter une région de production, et un lieu de production en particulier, doit permettre au visiteur de comprendre le processus de production, ainsi que quelques éléments qui constituent les particularités de ce producteur-là. Un parcours de visite doit être agréable, beau et informatif. Dans le cas d’un producteur historique, ce parcours doit lier le passé au présent, sans faire dans le passéisme et, si possible, en donnant une sensation de dynamisme permanent. Tous ces critères sont réunis dans le nouveau parcours visiteur chez ce grand producteur de Cognac.

IMG_75318 générations de la famille Fillioux ont présidé le comité de dégustation dans cette salle chez Hennessy, entourée de ce qu’on appelle des « orgues » d’eaux-de-vie. Une belle leçon de continuité !

La ville de Cognac est loin d’avoir la séduction de Bordeaux. Modeste et assez délabrée, ce n’est pas pour ses atours que le touriste, amateur de boissons alcoolisés ou pas, s’y déplacerait. La Charente et certes une province agréable, souvent bucolique et bénéficiant d’une belle architecture en pierres blanches parfois un peu noircies par le temps et le vapeurs d’alcool. Mais, pour attirer le touriste de passage et le rendre heureux de son étape, il faut proposer des choses plus élaborées. Bien entendu, les maisons de cognac en ont les moyens, comme, la plupart du temps, le patrimoine pour nourrir de tels projets. Mais la conception et la réalisation du parcours visiteur d’Hennessy me semble assez exemplaire à tous égards. Il utilise habilement le site, aux bords du fleuve Charente, pour initier le visiteur à l’influence géographique et à l’importance de ce moyen de transport dans le développement du commerce des eaux de vie de la région, car le parcours commence par un court voyage en bateau fluvial. Un ancien chai de stockage et de vieillissement a été laissé dans son jus (pierres et poutres noircies par la vapeurs de cognac) pour servir de toile de fond à un parcours à la scénographie très moderne, axée sur une explication visuelle et commentée sur tout le processus d’élaboration de l’eau de vie charentaise. La vigne, bien entendu, la distillation, évidemment, mais aussi la tonnellerie, le vieillissement et le travail extraordinaire d’assemblage. Les modes de consommation du cognac, autrement moins compassées qu’en France, sont aussi illustrées dans un tour de monde aussi visuelle que sonore. Est-ce que cela suffira pour donner un goût pour le Cognac à des français grand buveurs d’une eau de vie écossaise ? J’en doute, mais est-ce l’objet ?

IMG_7534La complexité de l’assemblage et la variabilité des lots d’eaux-de-vie qui y participent, peuvent être démontré d’une manière visuelle et claire

 

La visite se poursuit dans une des de ces chais-cathédrales de tonneaux (pièces cognaçaise de 350 litres ou tierçons de 530 litres) qui impressionnent autant par la vue que par le parfum. Chez Hennessy il y a 350,000 de ces vaisseaux, mais on n’en voit qu’une petite partie. Enfin, avec une belle alternance entre tradition et modernité, on est invité à retraverser la Charente par un pont pour regagner le bâtiment d’accueil moderne, habillement intégré à un ensemble ancien par l’architecte Wilmotte, et ou on peut soit visiter une splendide exposition d’oeuvres d’art contemporain intitulé « Next Stop Hennessy » réalisées après des visites des artistes concernés chez Hennessy et qui intègre une exposition de l’histoire de la maison, soit participer à un atelier de dégustation dans une salle claire, au décor très épuré et assez japonisant qui fait habilement allusion au matériaux de la confection du cognac, cuivre et bois en particulier. On peut bien sur faire les deux !

IMG_7532La salle de dégustation pour les visiteurs est lumineuse et moderne. On se croirait un peu dans un restaurant japonais

 

J’ai particulièrement aimé l’association permanente entre passé et présent qui se perçoit par alternance et parfois en même temps tout au long de ce parcours qui mérite qu’on y consacrer une heure et demie au moins. Cela est d’autant plus pertinent quand on pense qu’une eau-de-vie issu de la dernière récolte pourrait rejoindre, pendant au moins 100 ans, les stocks énormes qui séjournent sous ces toits-là. Un des « paradis » d’Hennessy contient effectivement des cognacs qui datent de 1800. L’avenir se construit aujourd’hui quand on raisonne sur le temps long comme ici. Bien entendu la marque Hennessy est omni-présente dans ce parcours, mais jamais d’une manière lourde ou trop intrusive. J’ai appris des choses et j’ai pris du plaisir. Je pense que cela sera la cas pour tous les visiteurs.

David Cobbold

(texte et photos)

Informations pratiques sur le circuit de visites

Rue de la Richonne – 16100 Cognac – France

Visites en 6 langues : français, anglais, espagnol, allemand, russe et chinois,

Groupe de 25 personnes maximum

Ouvert toute l’année à partir du 23 mai 2016,

Informations et réservations : http://www.lesvisites.hennessy.com

Label tourisme handicap : tout le parcours est accessible aux personnes à mobilité réduite. Labellisé Vignobles et Découverte (label Atout France)

Informations pratiques sur l’exposition « Next Stop Hennessy »

Rue de la Richonne – 16100 Cognac –France

Du 23 mai au 18 septembre 2016

Du lundi au dimanche de 10h00 à 19h00.  Audioguide gratuit à disposition en Français et Anglais. Entrée Libre


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Festif, qu’ils disaient…

« Le Champagne est le vin le plus festif et convivial au monde, roi des célébrations ». 

Ainsi commence le sympathique communiqué que j’ai reçu cet après-midi pour appuyer la Fête du Champagne, à Reims.

Ce n’est pas pour être contrariant, mais je m’inscris en faux.

Depuis 15 ans, hors frontières, et notamment en Belgique, le Champagne a cessé d’être un vin convivial et festif.

Parce qu’il est devenu trop cher. Et si le segment des bulles a explosé, au cours des deux dernières décennies, ce n’est pas grâce au Champagne, mais à des alternatives plus abordables, le Cava, le Prosecco, et dans une moindre mesure, les Crémant et les bulles de marque, type Café de Paris, Martini et Kriter. Ce sont eux qui ont permis de sortir la consommation d’effervescents du ghetto des fêtes de fin d’année, des soirées snob ou des signatures de gros contrats, pour la faire entrer dans l’ère moderne et dans la vie des familles, des consommateurs lambda. Quitte à proposer leurs bulles en canettes ou en mixers.

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Ca n’enlève rien, bien sûr, à la qualité du Champagne, ou plutôt des Champagnes, car il en est de toutes sortes, des bons, des moins bons, de petits, des grands, des produits de volume ou des produits de terroir; mais je pense que cela méritait d’être dit.

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Comté, mariages à l’italienne

Des mariages en blanc…

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Le Comté aime le changement et sa complexité lui permet d’aborder une multitude d’accords. Le voilà en Italie pour une expérience pétillante – ou pas.

Pour les aficionados du fromage jurassien, je préciserai le nom de la fruitière qui l’a produit, le degré d’affinage et le nom de l’affineur.

Cela pourrait s’appeller Trois Comtés et tre vini del Norte dell’Italia…

accord Comté et vin

Le premier Comté

Un Comté de Gillois, âgé de 9 mois, affiné par Rivoire-Jacquemin à Lons-le-Saunier

 Pâte ivoire.

Odeur de lait frais à la crème de châtaigne, d’aiguilles de pin, de poivre noir et de muscade, de vanille et d’amandes effilées, légère note iodée.

Texture élastique.

Goût aérien où l’on retrouve l’acidulé d’une groseille blanche, le végétal frais d’un vert de poireau, l’amande pilée, le poivre et la muscade, le champignon juste cueilli.

Le vin

Sorti du Spritz, le Prosecco peut se révéler des plus intéressants, tout dépend de la volonté du producteur. Ici, chez les Coletti, on pratique les deux méthodes, la Charmat et la traditionnelle www.vini-coletti.com

bouteille Phoja Phoja Vino Frizzante Prosecco Azienda Agricola Coletti

Robe blanche au très léger vert aux nombreux cordons nacrés.
Nez de pomme douce au poivre, de poire à la cannelle, avec une pointe anisée.

Impression sucrée en bouche alors que le vin est sec. Puis viennent les accents minéraux qui rappellent la terre humide. Le fruit vient après et transforme la pomme en pomme au four, ajoute de la poire tatin, des épices douces. L’ensemble baigné de fraîcheur citronnée.

Cépage Glera 100%, Prosecco élaboré en cuve close, mais avec un affinage de 5 mois sur lies pour lui donner du corps et de la rondeur, ainsi que de la complexité. Il titre 11°, contient 5 g d’acidité et est dosé à 10g/L.

Un accord pointu

Les bulles rendent le fromage d’un minéral presque tranchant, aigu à couper les fruits blancs, poires fondantes et pommes juste acidulées se voient en un instant détaillées. Puis viennent les épices et le floral des deux partenaires. Le poivre blanc et le cumin, la réglisse qui apporte son amertume délicate, la fleur d’amande qui les parfume avec grâce.

Rivoire Jacquemin (11)

 

Le deuxième Comté

Un Comté les Fins de 20 mois, affiné par Rivoire-Jacquemin à Lons-le-Saunier

 Pâte jaune ivoire prononcé étoilée de concentrations de tyrosine.

Odeur de miel de châtaignier et de lavande, confiture de quetsche, poivre blanc qui poudre le cuir, crème vanille à la chicorée.

Texture cassante.

Goût acidulé de tarte au citron et de confiture de rhubarbe qui installe une grande fraîcheur sapide en bouche. Vient ensuite l’amertume des zestes d’agrumes, citron, mandarine qui renforce encore la fraîcheur. Puis les épices qui relèvent le lait bouilli et les crèmes aux fruits secs.

Le vin

Un vin de la région montagneuse du Trentin au pied des Dolomites élaboré par l’excellente Elisabetta Foradori. www.elisabettaforadori.com

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Fontanasanta Manzoni Bianco 2013 IGT Vigneti delle Dolimiti Elisabetta  Foradori

Jaune doré.

Nez floral de bouton de rose, de fleur d’amandier, vivifié de citron confit, adouci de kumquat, viennent ensuite des impressions méditerranéennes d’aiguilles de pin et de pignons grillés.

Bouche ample rafraîchie de citron confit, de marmelade de groseille blanche, fraîcheur renforcée par l’amertume superbe qui nous rappelle le cédrat confit. Il y a aussi cette impression tannique qui renforce le caractère de ce vin blanc et qui aidé du minéral installe un relief perceptible en milieu de bouche. Grande longueur très épicée.

Cépage Manzoni 100% qui est un croisement entre Riesling et Pinot Blanc. Macération pré fermentaire pendant une semaine en cuves béton. Élevé dans des barriques d’acacias durant 12 mois.

Accord imprévu

Un accord très sec, très minéral, presque austère. Et d’un coup, des saveurs gourmandes de liqueur de poire et d’amande surgissent, puis l’élégance parfumée de fleur d’oranger, l’amertume gracieuse des zestes d’orange. Comme quoi, il ne faut jamais se fier aux premières apparences…

 

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 Le troisième Comté

 Comté des Majors, 35 mois (mai 2013), affineur Marcel Petite au Fort Saint Antoine

Pâte blanc nacré.

Nez minéral qui évoque les pierres calcaires chaudes de soleil, puis viennent les odeurs de fenil où sèche le foin, le tabac blond que roule le bouvier, le pot de lait un peu aigre qui parfume l’encaustique des meubles de la cuisine.

Texture qui garde encore de l’onctuosité.

Goût étonnamment fruité, perception renforcée par l’impression sucrée de confiture de lait, mais aussi de rhubarbe, de prune et d’orange, avec la note brûlée de la chicorée, de la fève de cacao, de la croûte de pain. La fraction salée du bouillon cube se renforce et s’iode. L’amertume de la réglisse se fait discrète. La finale retrouve la douceur en forme de pâte de poire et de datte.

Remarques : seuls quelques Comté atteignent un tel degré d’affinage. Leur sélection se fait avec beaucoup de rigueur par l’affineur qui sait jauger leur potentiel. Ces «raretés» répondent aux attentes de quelques consommateurs amateurs de fromages puissants…

Le vin

Une deuxième bulle qui vient de l’est de Vérone www.giovannimenti.com

bouteille Menti

Ommomorto 2011 Menti Vino Azienda Agricola Giovani Menti

 Doré ocré.

Nez de confiserie, de miel de fleur d’oranger, puis de gelées de pomme, de rhubarbe, de framboise, avant de trouver les nuances oxydatives de la pâte de coing bien épicé, de la feuille de tomate et de la branche de céleri.

Bulle fine, intense à la saveur minérale. Perception fruitée d’eaux-de-vie de fraise des bois et de framboise que vient perturber le croquant du sel, puis une impression sucrée suivi d’amer racinaire. Il y a aussi cette élégance florale et gourmande de gelée de rose et d’angélique confite.

Assemblage de 97% de Durella et 3% de Garganega en méthode traditionnelle avec prise de mousse en bouteille, conservée sur pointe (c’est-à-dire la bouteille le col en bas) et dégorgement à l’ouverture à table, c’est assez fun !

 Accord minéral (habillé)

Il démarre en nous offrant de jolies pâtes de fruits, des tartes pâtissières à la crème de chicorée, épicée de poivre et de curcuma. Puis viennent encore les fruits secs, comme les noisettes, amandes et arachides, qui habillent le développement minéral aux accents presque austères. Austère certes au début, puis de plus en plus riches. Finale longue qui reste minérale et fruitée.

C’est sympa l’Italie…

Ciao

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Marco


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Du rififi chez Freixenet

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Un peu d’actualité: la querelle des héritiers déséquilibre Freixenet, un groupe qui facture plus de 500 millions d’euros, et qui semble aujourd’hui sur la corde raide. Voila qui nous rappelle qu’au delà d’une certaine taille, le vin n’est plus seulement une affaire de vignerons, ni même une affaire de famille, mais une affaire tout court…

Actuellement, Freixenet est entre les mains de trois branches de la famille: les Ferrer, qui possèdent 42% des actions ; les Bonet, avec en tête José Luis Bonet, le Président du groupe, qui eux détiennent 29% et enfin les Hevia Ferrer, menés par Enrique Hevia, le Directeur financier, qui possèdent les autres 29%.

Les causes de la tension

Les résultats économiques de ces dernières années ainsi que les différents intérêts de chaque partie rendent les choses complexes : les actionnaires reprochent au Président du Groupe, José Luis Bonnet, une gestion malheureuse ; le dernier exercice n’a pas vu de répartition de dividendes.

Comme il s’agit d’un groupe familial, il ne publie pas ses résultats financiers, sauf rares exceptions; mais en 2015, le marché espagnol s’est tassé, ce qui n’a pas été compensé par une augmentation des marchés à l’exportation. La chute des ventes (-5,6%) s’est traduite par une baisse de la rentabilité du groupe: 2,2 millions de bénéfice pour le dernier exercice, contre plus de 30 millions avant la crise ! Sans parler d’une augmentation de la dette qui atteint plus de 150 millions.

Les justifications apportées : d’une part, la crise globale et financière, le boycott depuis 2004 des produits catalans dans le reste de l’Espagne, et en plus, dans le cas de Freixenet, en Catalogne même, suite aux déclarations de José Luis Bonet, défiant les indépendantistes ; d’autre part, la concurrence du groupe Garcia Carrion, avec sa marque Jaume Serra, et ses prix très bas, qui lui ont permis de grignoter une partie du marché de Freixenet aussi bien sur le plan national qu’international ! Notamment, la chute des ventes en Allemagne, le second marché important après l’Espagne, due à une tentative d’augmenter les prix, qui a entrainé une réduction de la facturation de plus de 20%.

Crise, boycott, nouveaux producteurs, prix bas, ont eu raison du binôme Freixenet/Codorniu qui dominaient le monde du cava.

Les deux branches familiales minoritaires sont disposées à vendre si aucun changement significatif n’intervenait dans la gestion. Ensemble, elles représentent 58% du capital, et si donc si ces actions se retrouvaient dans les mains d’une personne externe, cette dernière aurait le contrôle de la compagnie.

La possible sortie du conflit

Le manque d’informations dans les médias ne contribue pas à éclaircir les doutes du marché sur le futur de ce groupe. Plusieurs possibilités :

  • ou bien la gestion change de mains,
  • ou bien la famille Hevia vend ses actions – soit aux autres actionnaires familiaux, ce qui maintiendrait le statut de la société, soit à l’extérieur. Un des candidats extérieurs, justement, serait Henkel & Co. Un groupe allemand, encore plus gros que Freinent, puisque son chiffre d’affaires est de quelque 700 millions d’euros. Mais ce dernier se refuse à commenter «des rumeurs de marché».

Si Henkell voulait s’emparer des 58% des actions, il lui faudrait débourser plus de 300 millions d’euros, semble-t-il.

Aux dernières nouvelles, le débat, durant le dernier conseil d’administration de Freixenet, a porté sur la possibilité de laisser le groupe allemand analyser ses comptes, ce qui lui permettrait de former une offre concrète. Une offre que la branche des Helvia voudrait convaincre les Bonet d’accepter.

Le hic: Henkell ne serait disposé à entrer dans Freixenet qu’à condition que son investissement lui offre le contrôle de la société. Or, tous les membres du clan Bonet ne sont pas prêts à vendre leurs actions, et pensent à une autre solution.

Les Ferrer, quant à eux, ne veulent pas vendre, et sont très réticents à ouvrir leurs comptes à un groupe qu’ils considèrent comme concurrent.

Les actuels propriétaires de la société ont la préférence sur tout autre acheteur extérieur afin de maintenir le capital entre les mains de la famille. Ils doivent juste égaler l’offre de l’acheteur potentiel. Pour cette raison, la branche  représentée par le Président d’honneur José Ferrer, essaie de trouver un financement pour acheter les actions de leurs cousins.

Affaire à suivre…images 100 AÑOS

Hasta pronto

Marie-Louise Banyols

Sources www.mercadosdelvino.comimages

 

 

 

 


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In Memoriam Jean-Pierre Mareigner (Champagne Gosset)

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Jean-Pierre Mareigner (Photo (c) Jim Budd)

J’apprends avec tristesse le décès inopiné de Jean-Pierre Mareigner, le chef de cave des Champagnes Gosset.

En plus de 33 ans à ce poste, Jean-Pierre Mareigner avait été à l’origine de nombreuses cuvées de la maison d’Aÿ – la plus vieille maison de vin de Champagne. Y compris la fameuse cuvée Celebris.

Ayant eu le plaisir de le rencontrer à la faveur de son passage à Bruxelles, pour une masterclass organisée par son importateur de l’époque, j’en garde l’image d’un homme précis, compétent et modeste à la fois. Il n’avait que 60 ans.

Mes condoléances à sa famille et à ses proches.

Hervé Lalau

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