Les 5 du Vin

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Faut il se fier au bio ?

A la suite du salon Millésime Bio, que je n’ai pas encore visité mais qui est régulièrement couvert par mes collègues de ce blog, je trouvais intéressant de tenter d’avoir une vision un peu plus large de cette approche agricole afin de la situer dans le contexte générale de la viticulture.

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Ce tableau montre la croissance pour la France des surfaces viticoles cultivées en biologique entre 2001 et 2011

La croissance rapide pendant ces dernières années des surfaces viticoles cultivées en « bio » semble ralentir actuellement. Selon les informations fournies par Eurostat, dans le cas de l’Espagne, leader dans ce domaine, ces surfaces ont été multipliées par 5 entre 2002 et 2011, passant de 16,000 à 80,000 hectares.  En France, selon la même source, l’augmentation est presque aussi spectaculaire (4 fois), passant de 15,000 à 60,000 hectares. L’Italie, qui avait au point de départ en 2002 37,000 hectares de vignes déclarés en bio, est arrivé en 2011 au chiffre de 53,000 hectares, perdant ainsi le leadership de ce marché. Mais, depuis 2011, ces taux de croissance se sont considérablement ralenti et, dans certaines régions, la surface cultivée en bio a même reculée.

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Pour rester sur la cas de la France, la surface du vignoble cultivé en bio représente environ 8% de la surface viticole totale, ce qui semble assez faible vu la couverture médiatique attribuée aux vins qui en sont issu. Il est vrai que plus le climat est frais et humide, plus la viticulture biologique est difficile à mettre en place. Cette surface faible semble aussi un peu paradoxale quand, en parallèle, on annonce aussi que 35% de buveurs réguliers de vin dans 4 marchés européens (France, UK, Allemagne et Suède) boivent des vins bio. Ils doivent en boire de temps en temps seulement..

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Parmi les nombreux labels que existent pour certifier les démarches viti-vini qui sont censés respecter au mieux l’environnement. Lequel lave plus blanc que blanc ? Mystère !

On peut difficilement contester le fait que ce mouvement, qui constitue une réaction de fond contre la pollution massive des sols (et parfois aussi des gens qui les travaillent) par un usage excessif et souvent mal compris d’engrais, d’herbicides, de pesticides et d’autres produits de traitement depuis un cinquantaine d’années, fait partie d’une prise de conscience quant à l’urgence de réfléchir autrement au processus agricole, et spécialement viticole. Le vignoble en France et sur-consommateur de ces produits par rapport à toute autre forme d’agriculture et il est effectivement nécessaire et urgent de modifier l’approche « tout chimie » de la viticulture. Mais je me demande parfois si le « tout bio » est nécessairement la bonne voie. En tout cas, il contient quelques contradictions qui relèvent d’une approche qui me semble parfois plus dogmatique que purement rationnelle. Je vais y revenir.

Il y a quelques mois j’ai présenté à un club oenophile les vins d’un domaine de Saint Emilion, Château Laroze, car je les ai trouvé d’une élégance et d’une fraîcheur devenus rare dans cette région depuis quelques années. Guy Meslin, dont c’est le domaine familiale, m’a dit avoir pratiqué pendant des années la « biodynamie » sur son vignoble mais l’a abandonné car il ne trouvait pas cette technique adaptée à son cas. Il ne revendique aujourd’hui aucun label dans la famille bio car, dit-il, aucune de ces certifications ne se donnent la peine de vérifier le produit final. Il s’agit de certifications du processus, incluant depuis 2012 la vinification, mais sans aucune analyse de la composition chimique d’un vin. Meslin opère cela lui-même, via un laboratoire spécialisé, pour s’assurer que ses vins ne contiennent aucun résidu de produits indésirables. On a bien vu lors de différents tests opérés que certains vins bio en contiennent, des résidus indésirables, même si ce n’est pas le cas le plus fréquent.

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Le magazine Decanter a récemment fait état d’un autre producteur de qualité ayant abandonné le système bio. Il s’agit de Sebastien Vincenti, du Domaine de Fondrèche dans les Côtes de Ventoux. J’ai visité ce producteur il y a quelques années et il me semblait alors au sommet qualitatif des vins de cette appellation. Fondrèche était certifié par Ecocert depuis 2009, mais Vincenti a déclaré à Decanter qu’il abandonnait ce processus afin de rester cohérent avec son approche d’une viticulture réellement sans dommage pour l’environnement. Il dit que l’application de certains produits de synthèse, au bon moment, peuvent mieux protéger l’environnement que des alternatives autorisées dans l’agriculture biologique. Il dit aussi ceci :  » je vais réduire le cumul de cuivre dans mes sols en modifiant mes traitements afin de trouver un équilibre entre produits de synthèse et produits organiques ». Il fait référence particulièrement au cuivre, qui, bien qu’étant « organique », est un métal lourd, nocif pour la santé et qui ne se dégrade pas, ou très mal, dans les sols.

J’ai toujours pensé que le refus de tout produit de synthèse était un prise de position basé sur un dogme, et non pas sur un argument rationnel qui prenait en compte une vision holistique de l’environnement.. Pourquoi est-ce que tous les produits de synthèse seraient nécessairement nocifs ? Et pourquoi aucun ne serait biodégradable ? Le cuivre, en tout cas, ne l’est pas, ce qui a amené d’autres producteurs à quitter le système bio. C’est le cas, par exemple, du Domaine Fons Sanatis dans le Languedoc. Le propriétaire dit que cela lui semblait fou d’employer 5 kg de cuivre par hectare et par an.

Un autre aspect de l’approche d’une viticulture plus propre est le bilan carbone de l’exploitation. J’avais interviewé le directeur d’un excellent domaine à Chablis, William Fèvre, au moment où il expérimentait la culture bio sur une partie de son vignoble et il m’a dit que le nombre de traitements rendus nécessaire par l’emploi des produits autorisés en bio, qui sont lessivés dès la moindre pluie et donc rendu inopérants sur la vigne, faisait que ses tracteurs passaient entre 4 et 10 fois plus souvent dans la vigne, avec comme résultat un compactage des sols et une consommation de gasoil en forte hausse. Bilan carbone négative donc. Vincenti dit la même chose, mais, étant dans un climat plus sec, la différence est moins importante.

Quant à des différences entre les goûts des vins bio et vins non-bio, on est sur des sables mouvants, tant il est difficile de comparer ce qui n’est pas forcément comparable. Andrew Jefford, dans un autre article récent dans Decanter (Jefford est plutôt un supporteur du bio), dit que lors du grand concours annuel organisé par ce magazine et dans l’édition 2015, les vins bio ont obtenu, proportionnellement, moins de médailles que le moyenne sur l’ensemble des vins. Les vins biodynamiques étaient, en revanche, dans les clous de cette moyenne. Si on peut se fier à des statistiques, cela pourrait indiquer qu’il n’y a aucun avantage gustatif évident entre vin bio et vin non-bio.

phyto1Les effets sur des cultures de surface de différentes quantités de cuivre dans le sol

Il faut dire à leur défense que les plus attentifs des « bios » font très attention aux doses de cuivre employées et cherchent activement des produits de remplacement. Mais le cuivre semble avoir d’autres avantages, notamment dans le domaine de la lutte contre certaines maladies du bois. Par contre, sa nocivité sur les sols est bien attesté, du moins pour les couches superficielles, le microflore et même la vie dans les eaux autour.  « Quand on défonce une vigne et qu’on y remet des grandes cultures, il peut arriver que ces cultures poussent extrêmement mal en raison du cuivre accumulé dans les premiers centimètres de sol durant des décennies de traitement. Je l’ai constaté de mes propres yeux dans un cas concret ; en fin de compte, l’agriculteur a abandonné les grandes cultures et replanté une vigne, car cette plante s’enracine suffisamment en profondeur et échappe ainsi aux hautes concentrations de cuivre dans la couche supérieure du sol», relate Christian Keimer, ancien responsable du secteur « Protection de sols » du Canton de Genève.

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Je ne suis pas en train de dire que les « bios » sont des plus grands pollueurs du vignoble, ni que les vignerons qui adoptent cette approche ressemblent, par leur méthodes, à ce qui est illustré dans la photo ci-dessus. Les choses ont bien évoluées, heureusement. Mais je dis simplement que cette affaire est un peu plus complexe que sa présentation habituelle laisserait entendre. Le « bio », sous toutes ses formes, fait vendre actuellement et certains marchés, comme bon nombre de pays de l’Europe du Nord, exigent une proportion croissante de vins labellisé « bio » dans leurs achats. Un producteur de qualité à Chinon, Philippe Alliet, m’a dit avoir été obligé de passer par une certification en bio juste parce que ces marchés l’exigeaient, alors qu’il cultivait son vignoble d’une manière extrêmement respectueuse, sans herbicide, engrais chimique ou insecticide, et depuis toujours. Il m’avait dit qu’il trouvait cela absurde mais qu’il était obligé de s’y plier pour des raisons commerciales, même si cela allait impliquer l’usage de doses plus importantes de cuivre sur ses sols.

 

Je crois, bien évidemment, en une viticulture propre et attentive à l’environnement, mais est-ce que le « bio », dans ses formes actuelles du moins, constitue réellement une panacée ? Je crois qu’il est permis de poser la question.

David Cobbold


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Trois Français à Toro (3 & fin): Viñedos Alonso del Yerro

Suite et fin de notre périple à Toro… Un précision: les Français, cette fois-ci, ne sont pas les propriétaires, mais l’équipe de consultants qui les accompagne, Stéphane Derenoncourt en tête… Javier Alonso et María del Yerro, eux, sont bel et bien espagnols.

Néo-vignerons

Ils n’appartiennent pas au monde du vin: Javier venait de l’industrie pharmaceutique, Maria était traductrice. En 2002, ils décident d’investir dans un domaine de vin, d’abord en Ribera del Duero, où ils achètent une belle finca, Santa Marta, au Nord de la D.O.

Ils ne sont pas pressés, mais très méticuleux; ils se consacrent sans relâche à cette bodega, car ils sont déterminés à produire des vins de caractère. Conscients de leurs faiblesses, ils s’entourent de conseils; ceux de Claude Bourguignon, tout d’abord, puis du célèbre consultant bordelais Stéphane Derenoncourt, et de son collaborateur, l’œnologue français Lionel Gourgue.

Maria et Xavier 2

Maria et Javier

Sur les conseils de Stéphane, ils constituent un vignoble de 26 hectares, planté exclusivement de Tempranillo, à plus de 800 m d’altitude, répartis entre quatre parcelles d’argile rouge et de sable pierreux qui recouvrent des pierres calcaires. Finalement, ils terminent par la construction de la cave, simple mais efficace. Comme ils ne sont pas tenus par un souci de rentabilité immédiate, ils ont à cœur de faire les meilleurs vins possibles. Ils n’ont ni le poids du passé ni celui de la tradition. Certes ils ont eu la chance d’avoir pu investir, mais se sont de véritables passionnés qui ne se contentent pas d’avoir les moyens, ils se sont vraiment appropriés de ce projet, Maria et Javier sont partout, et s’investissent à 100% sur le domaine. Ils arrivent avec de nouvelles idées mais aussi avec des compétences validées par des expériences réussies dans d’autres activités. Ils remettent en question bon nombre de principes. Ils bousculent les conservatismes. Ils ouvrent de nouvelles voies. C’est très rafraîchissant. Il se dégage de ce domaine une atmosphère spéciale, on se sent bien dans cette propriété. Il en résulte des vins qui expriment à merveille leur terroir d’origine. Ils ont su hisser ce jeune domaine au rang des belles propriétés de la Ribera del Duero en seulement 10 ans.

 

Ils élaborent deux vins dans cette D.O:

-Alonso del Yerro, la cuvée emblématique du domaine

-Maria, le grand vin, uniquement dans les meilleurs millésimes.

Etape 2: Toro

Mais venons en à Toro. En 2007, la famille élargi ses horizons en achetant un vignoble de presque 10 hectares, plantés entre 1930 et 1988: Pagos de Miguel. Convaincus du potentiel de Toro, Javier et Maria se sentaient prêts pour un nouveau défi, eux aussi ont souhaité participer à la rénovation des vins de cette D.O. et produire un grand vin.

PAGOS DE MIGUEL ( MORALES DE TORO, ZAMORA) 2

Pagos de Miguel

Stéphane Derenoncourt est toujours là pour les assister et les aider à concrétiser le vin qu’ils imaginent. Comme en Ribera del Duero, tout est mis en œuvre pour maîtriser l’environnement global de la vigne tout en tenant compte du sol, du microclimat et de l’écosystème. Les produits chimiques sont proscrits, le labour et les vendanges sont manuels, le raisin est présélectionné sur le vignoble au moment de la vendange. Celle-ci est faite par petites caissettes de 12 kg et, dès son arrivée à la cave, elle passe par deux tables de tri et est dirigée vers les cuves par gravité. Comme Javier et Maria n’ont pas de chai à Toro, ils louent un espace chez une autre bodega, Montelarreina, où ils disposent de tout leur matériel et de leur liberté. Les installations disposent de petites cuves en acier inoxydable d’une capacité de 100 hl, dans lesquelles le vin mûrit de 25 à 30 jours. Une fois faite la fermentation, le vin passe dans des barriques neuves en chêne français pour la fermentation malolactique. Il y est élevé sur lies, par bâtonnage et élevé 15 mois en barriques de chêne français.

Ces terres donnent naissance à un seul vin, Paydos.  Le résultat est une version complexe, fruitée et pleine de nuances de la Tinta de Toro. 2008 fut le premier millésime sur le marché, seules 5000 bouteilles furent mises à la vente. Il faut en saluer la qualité, des plus prometteuses.

Dès l’année suivante, le millésime 2009 fut considéré comme un des grands vins de Toro par la critique ! Né de raisins mûrs et sains, la bouche offrait une puissance contenue, de la fraîcheur et une grande élégance.

 

En mai 2012, Javier a souffert d’un AVC dont il a mis longtemps à se remettre et qui l’a éloigné du vignoble. Heureusement, 6 mois avant sa maladie, leur fils ainé, Miguel, qui est ingénieur agronome, avait rejoint le domaine; depuis, avec sa mère il a pris la relève. Pendant toute la maladie de Javier, et encore maintenant, Maria a fait face sur tous les fronts, s’appuyant sur son fils, sans ne jamais laisser rien paraitre. C’est une femme pour laquelle j’ai la plus grande admiration. Elle est l’âme de ce vignoble, infatigable, elle est partout, elle aime ses vignes et sait parler de son vin, même si ce n’est pas elle qui le vinifie, elle est dedans. Croyez-moi, les Alonso-Yerro gagnent d’année en année le titre de vigneron.

En 2012, année très difficile, on l’a vu, Maria décide de ne pas élaborer de Paydos, mais de vendre tout le raisin; d’une part ça n’était pas un grand millésime; d’autre part, elle savait qu’elle serait moins présente sur Toro; elle choisit donc de consacrer tout son temps disponible à son mari et à la Ribera del Duero.C’est sans doute pour cette raison que des rumeurs ont couru que le projet était abandonné. Il n’en est rien, le millésime 2013 est sur le point de sortir sur le marché et 2014 tout comme 2015 sont en cave et en élevage. Paydos a de beaux jours devant lui.

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Paydos 2011

Cépage:Tinta de Toro

Paydos est un vin à la couleur profonde, au nez intense dans lequel se mêlent des notes de fruits rouges et noirs à des notes fleuries. La bouche est puissante mais soyeuse, très fruitée, épicée avec une touche de cacao, les tannins élégants et racés. La finale est persistante et balsamique.

Idéal pour accompagner des viandes rouges, des cassoulets, des daubes, et même des Perdrix…

Vol: 15,5% vol.
Comme pour tous les vins de Toro, je vous recommande de le servir à une température de 15 à 17º

Prix public: approx. 30euros

Bonne route à Maria et à Miguel, ils n’ont pas fini de faire parler d’eux!

Pour conclure, Toro est une très belle appellation, qui jouit maintenant d’une reconnaissance internationale, elle a attiré les plus grands noms qui ont donné naissance à de grands vins, parmi les plus grands d’Espagne, Toro joue dans la Cour des Grands !

Parallèlement, l’appellation voit se développer aujourd’hui des tous petits domaines qui travaillent les vins de style « nature » ; on peut citer Kiko Calvo Dominguez, ou Alvar de Dios Hernández; il y en est un que j’apprécie tout particulièrement:Viña Zangarrón, peut-être aurons-nous l’occasion d’en reparler.

Hasta pronto,

Marie-Louise Banyols


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Riesling : le retour

Il y a quelques semaines nous avons démarré, un peu timidement, une petite série d’articles, coups de coeur ou chroniques autour de ce grand cépage rhénan qu’est le riesling. Il est temps d’y revenir.

Je dois avouer que je suis un grand amoureux de cette variété, même si je n’aime pas toutes ses expressions aromatiques, et notamment la gamme qui sent les hydrocarbures (pétrole, si vous préférez, mais cela ne donne pas plus envie !). Par conséquence je vous parlerai peu de ces rieslings-là, même si, pour certains, cela passe pour un des marqueurs de « typicité » : néologisme débile qui ne signifie pas grande chose sauf, peut-être, le dénominateur commun le plus faible entre les vins d’une région ou cépage.

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Mais revenons à notre sujet du jour, qui est un vin du Domaine Gresser, dont la dizaine d’hectares est situé à Andlau. Je pense que la plupart des amateurs connaissent mieux le Domaine Kreydenweiss, sur cette même commune, et qui fait aussi des vins remarquables. Les Gresser sont pourtant ici depuis le 16ème siècle et Rémy Gresser fut le président du CIVA (l’organisme collectif des vins d’Alsace) pendant des années. Mais qui connaît ses vins ?

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Je viens de déguster son Riesling Grand Cru Kastelberg 2011 et c’est un vin formidable, qui allie, comme seul de riesling sait le faire, finesse et puissance des saveurs. Nous l’avons bu en compagnie d’un filet de veau aux champignons et il n’a eu aucun mal à tenir tête au plat, sans jamais le dominer. Il y avait dans ce vin de très lointains relents de la gamme cire/petrôle, mais rien pour me gêner. Surtout cette texture ferme, allongée, cette formidable intégration de l’acidité qui fait tant partie de la nature du cépage sans jamais sembler être plaqué sur la surface du vin. Un vin qui donne envie de finir la bouteille, tant sa complexité encourage une exploration poussée des ses subtilités.

Le site web de Gresser met en avant la géologie qui sous-tend ses parcelles. Je passe sur ce sujet auquel je ne comprends manifestement pas grande chose (demandez avis à Georges Truc), mais je vous montre la carte quand-même. On voit bien que l’Alsace est très complexe sur ce plan-là.

 

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Il y a autre chose que l’habillage de ce vin évoque pour moi: c’est la clarté exemplaire de la communication sur les éléments qui le composent. Il faut dire que ce n’est pas toujours le cas, en Alsace ou ailleurs. Surtout en Alsace peut-être, ou certains des grands noms vous laissent dans le brouillard total quant à la quantité de sucre résiduel que vous risquez de trouver dans le vin. Je vous montre ci-dessus (deuxième photo) la contre-étiquette de ce vin qui est exemplaire dans ce domaine. L’échelle de sucre y est bien présente, comme la nature du sol et d’autres mentions, obligatoires ou non. Et le tout est lisible !

Un exemple à suivre….

Et bon match (ou good game, c’est selon) !

David Cobbold

 


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L’approche angevine du salon des vins…

Je me jette à la suite de la réflexion de Michel, hier, à propos des salons off qui nous voient faire des kilomètres qui n’en valent pas toujours la peine. À Angers, le salon des vins de Loire accueillait « La Levée de la Loire », comme l’an dernier; s’y est ajouté cette année Demeter. Du coup, les vins ligériens se voient affublés de quelques étrangers à leur région, étrangers qui viennent parfois d’outre Atlantique. De plus, et là au sein même du salon, quelques stands de bières régionales ont fleuri pour la plus grande joie de nos papilles fatiguées en fin de journée.

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Ça remonte

Du coup, le nombre de visiteurs, en baisse chronique ces dernières années affiche une petite remontée. Certes, elle n’est que de 3% enregistré de ce côté-ci de la force, mais atteste d’un regain d’intérêt pour les vins élaborés le long du fleuve. N’oublions pas que tous les bios ne sont pas regroupés comme des pestiférés tout au bout du salon, mais qu’ils s’éparpillent parmi leurs confrères. Une certaine bonne humeur régnait des deux côtés de la force (on se fait scanner à chaque passage entre le Salon des Vins de Loire et la partie réservée à La Levée et Demeter) ce qui semble de bonne augure pour ce rendez-vous bientôt trentenaire.

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De gros à petit et inversement

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Une bulle en guise de mise en bouche semble propice à l’activation optimale des papilles. La nouvelle cuvée L’Essentiel de la Maison Ackerman s’est volontiers prêtée à l’expérience. Faite à 90% de Chenin, elle offre un bouche aérienne où explose avec raffinement les bulles rafraîchissante. Citron, un rien de pêche, une étoile de carambole viennent parfumer le palais aux aguets des moindres sensations.

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Restons en blanc, mais tranquille cette fois, avec la cuvée L’ocre jeanne 2014 du Domaine Brazilier, en Coteaux du Vendômois. Élevé sur lies et non sulfité, ce 100% Chenin de teinte légèrement dorée se déploie ample et confit rafraîchit par une amertume délicate qui s’enroule autour du squelette minéral.

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Passons aux rouges et pourquoi pas un trio de Bourgueil recueillis des deux côtés… Tout d’abord la très élégante Cuvée Prestige 2013 de Lamé Delisle Boucard au touché sensuel, parfumée de chocolat épicé et de gelées de fruits, fraîche et gourmande.
Suivi d’Un Coup de Breton (l’ancien nom du Cabernet Franc) 2013 d’Antoine et François Jamet à la confiture de griotte bien poivrée, à la bouche aérienne comme un coup de vent sur l’estran, aux senteurs florales de violette.
Puis encore, la Conversation 2014 du Domaine Ansodèle (ex Domaine d’El..) conversation particulière d’un vin qui dévoile sans rougir son potentiel et les prémices des fleurs et fruits à venir…

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D’un trio à l’autre, les bulles de cépages ligériens, le Melon traduit en Bretesche, un brut nature élaboré par Jérémie Huchet, iodé comme l’océan, à l’anis et la réglisse rafraîchissants, un zeste de citron qui donne du répondant.
L’incroyable phil’en BULLE fait de Romorantin par Philippe Tessier qui offre une impression tannique qui ajoute au relief délivré par les bulles aromatiques aux accents de guimauve, de mélisse et de poire douce.
Le coquin Déshabille-moi un nature qui fristouille comme l’indique Hervé Bossé et qui croque fruité sous la dent comme un Grolleau frais et fruité sait le faire.

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Pour terminer avec la Loire ne partons pas sans un mot pour ce superbe Les Churettes 2014 de Juchepies, le genre de vin qui arrête les conversations tellement ses amers surprennent. Ils peuplent le vin lovés parmi la douceur, 40 grammes d’onctuosité fraîche qui offre une texture langoureuse, des épices et des fruits à l’infini. Il subjugue qui le déguste.

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J’en ai profité pour déguster un grec nature 100% Xinomavro de Naoussa 2013 du Domaine Thymiopoulos, bien sympa au fruité évident qui met la cerise, la prunelle et la violette bien en évidence.
Un grec exilé à Mendoza en Argentine propose un Malbec de soif, la cuvée Fresh de Doña Silvana 2014 Bodegas Krontiras.
Et puis, il y a les importateurs Brill et Gilis, situés aux abords de Tour à Saint Cyr sur Loire, qui fournissent pour l’instant le circuit professionnel en superbes vins allemands, autrichiens et italiens.

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Revenons en France avec la cuvée Les Nouvelles 2014, un Savagnin agréablement typé de Philippe Chatillon.
La Cabotte en Massif d’Uchaux qui m’a fait déguster le même vin de Clairette, la Sauvageonne 2014, vinifié en amphore de 220 litres et en barriques de 224 litres. Le premier fondu, dynamique et frais, déjà bien harmonieux, le second certes équilibré mais encore dissocié avec une acidité partiellement intégrée.

Bref, il y avait de quoi faire et comme dit au début final écumante avec quelques bières de belles factures la blonde La Culotte des Filles de la Brasserie Le Druide de Boisillier bien malté et à l’amertume douce. La Galinette, une de caractère.
La belle gamme de la Brasserie Trompe Souris où la rousse bio sort du lot grâce à sa fraîcheur, sa longueur, ses épices.

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Que nous réserve le Salon l’année prochaine ?

Ciao

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Marco

pharebleu


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Millésime Bio 2016 (2ème volet) : Au top !

Après des années de bons et loyaux services où durant trois jours pleins (bien plus en comptant les autres salons) je risquais ma santé en m’adonnant à toutes les dégustations possibles et (in)imaginables, y compris les plus exécrables, ceci dans le seul but de découvrir des vins bios qui aujourd’hui connaissent la gloire, j’ai quand même consenti à consacrer une petite journée au Salon Millésimes Bio version 2016 qui attirait pléthore d’exposants rendant aujourd’hui l’efficacité de la visite de plus en plus aléatoire ainsi que le souligne ce court billet pêché dans Vitisphère. Je le déplore et pour ma part, cela fait quelques années que j’agite le chiffon rouge. N’ignorant pas que mon ressenti professionnel ne touche personne d’autre que moi-même, je m’autoriserai toutefois en fin d’article à suggérer quelques pistes forcément naïves qui permettraient peut-être de pimenter un peu plus l’intérêt d’un tel salon tout en ravivant la flamme organique.

BIOTOP

Toujours est-il qu’après mes rouspétances de l’an dernier à pareille époque, je me suis lancé dans la quête désespérée de salons dits off où, je dois l’avouer, les choses ne sont pas toujours faîtes pour que l’on puisse déguster au mieux. J’avais déjà donné (Verchant, Roots 66, Les Affranchis, etc) mais il faut croire que j’étais en manque. Cohues, bousculades, personnages suffisants en mal de grands discours sur le commerce du vin ou les bienfaits des vins sans intrants, seaux débordants de crachats, odeurs pestilentielles mélangeant parfums bradés et tabacs de contrebande, force est de constater une fois de plus que la plupart des gens qui viennent se frotter et se bousculer dans ce genre d’événements au rabais lancés à grands coups de buzz sur les réseaux sociaux, sont là non pour travailler, c’est-à-dire goûter chaque vin et prendre des notes, mais pour se battre et tenter d’arracher quelques goutes d’un précieux liquide-miroir-aux-alouettes dispensé par la main d’un gars qui se dit vigneron parce qu’il a plongé un jour dans la mode du sans soufre. Voilà, c’est dit. Certes, le vigneron paie moins cher qu’une exposition sur 3 jours au salon officiel – Millésime Bio, en l’occurrence -, mais que gagne-t-il au final hormis le plaisir que l’on éprouve (peut-être) à déboucher une trentaine de bouteilles pour des boit-sans-soifs que l’on sert à la chaîne et qui vous promettent au passage monts et merveilles ? La satisfaction d’attirer cent ou deux cent personnes dans des conditions parfois rocambolesques ?

pharebleu

Bien sûr, face à ce tableau bien noir et forcément exagéré, il y avait des exceptions. Quelques rares moments de grâce, de paix et d’organisation qui suffisent à vous dire que vous ne vous êtes pas déplacés pour rien. À l’image des Outsiders de Louise Hurren ou du Salon Biotop lancé depuis quelques années déjà par Isabelle Jomain, laquelle a eu l’idée d’attirer les amateurs au sommet d’un phare-château-d’eau édifié dans la très hideuse (ou très kitch, selon les goûts) station balnéaire de Palavas-les-Flots, à quelques kilomètres à peine de l’aéroport et du centre des expositions de Montpellier où se tenait Millésime Bio. Justement, j’y suis allé.

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Photo©MichelSmith

Autant le dire tout de suite, sur la cinquantaine de domaines occupant le restaurant du Phare de la Méditerranée, je n’ai pu en goûter que quelques uns, ce qui prouve bien que ce n’est pas en une journée que l’on peut sérieusement faire le tour d’un salon de ce type. Je reprends donc pour vous mes notes les plus significatives en commençant, une fois n’est pas de coutume, par le Bordelais. J’ai renoué en effet avec le Côtes de Bourg du Château Falfas que je n’avais pas goûté depuis 10 ans au moins et si je n’ai pas été séduit par les cuvées Les Demoiselles, j’ai néanmoins aimé le rouge 2011 du château qui, fort de ses quatre cépages, était en plein épanouissement, à la fois complexe, au bord de l’évolution et relativement facile d’approche. Idem, en dépit des tannins marqués, avec le Château Gombaude-Guillot 2011 Clos Plince. Mais le plus beau sans conteste était le Pomerol 2008 en magnum de ce même domaine, un vin dense et fier.

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Photo©Brigitte Clément

Dans le Sud, j’ai aimé le très syrah rosé 2014 du Domaine Les Arabesques à Montner (Roussillon) déclaré en Vin de France que j’ai trouvé vif et élancé. Chez le sieur Padié (Jean-Phi pour les intimes), j’ai vécu une fois de plus la joie immense que procure son Calice 2015 également estampillé Vin de France, un rouge libre et sans complexe entièrement dédié au carignan de Calce. Joie aussi, exprimée non sans détermination au travers de toutes les cuvées du Domaine Rousselin, à Lesquerde. À commencer par un rouge Roc’n Rousselin (du nom des propriétaires), grenache, merlot, macabeu, qui se boit presque sans retenue. Tout comme leur Rendez-vous, une syrah bien en verve, dense, large, souriante. Sans oublier leur Côtes-du-Roussillon-Villages Lesquerde 2014 Les Orientales donnant un rouge envoûtant.

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Laurence Rousselin (Photo©Brigitte Clément)

Trop brève incursion en Touraine, au stand de mes amis Coralie et Damien Delécheneau du Domaine La Grange Tiphaine. À commencer par leur Bécarre, un Amboise de pur cabernet franc qui se lampe comme l’on respire ! Et sans oublier la Clef de Sol (cabernet-franc et côt) 2014 assez ferme en bouche mais dotée d’une belle longueur. Quant au Nouveau Nez, c’est un pet’nat pur et fin qui met une fois de plus Montlouis à l’honneur ! Toujours dans la Loire, quel plaisir de retrouver mes amis du Domaine de Veilloux, Michel et Arnaud Quenioux avec leur Cheverny blanc 2014 Les Veilleurs, toujours aussi vif et incisif, dense et salin. Leur Argilo blanc 2011 est un des plus beaux du secteur et il laisse ressortir de jolies notes évoquant le noyau de pêche et d’autres fruits blancs. Sans oublier le romorantin 2014 qui regorge de finesse et de notes fumées.

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Photo©Brigitte Clément

Les vins de Provence étaient en nombre, mais dans la cohue, je n’ai pu m’approcher que de ceux de l’ami Peter Fischer du Château Revelette. Deux surprises de taille : l’ugni blanc 2015 Pur et le rosé 2014 tout en carignan ! En passant, coup d’oeil vers le Beaujolais. Je me suis régalé du Petit Poquelin du Domaine des Côtes de la Molière, gamay 2015 étiqueté Vin de France. Mais leurs crus Moulin à Vent, Fleurie et Morgon ne m’ont guère enthousiasmé en 2015 bien que le fruité me semblait apparent sur les deux derniers. Un soupçon de déception aussi en Champagne, chez les Fleury, outre une excellente cuvée de pur pinot noir et un brut nature Cuvée de l’Europe (15 % de chardonnay) toujours aussi droit et prenant.

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Photo©MichelSmith

Restons donc dans les bulles avec une fascinante et très catalane maison familiale, Alta Alella Privat. Les Pujol-Busquets, qui vivent dans leurs vignes à portée de vue de la Méditerranée, au cœur de la discrète D.O. Alella, sont parmi les rares (les seuls ?) à produire du Cava au nord de Barcelone. J’ai bien aimé l’éclat fruité de leur brut nature AA Privat 2013 (xarel-lo, macabeu, parellada), leur Bruant 2014, un pur xarel-lo vinifié sans surlfites à la fois vineux et crémeux, ainsi que leur Laietà Gran Reserva, un brut nature 2012 affichant 36 mois de vieillissement sur lattes et présenté dans un très joli flacon, réplique de ce qui se faisait jadis lorsque les blancs du coin étaient envoyés à la cour d’Espagne. Cette dernière cuvée, xarel-lo pour l’essentiel, mais avec un peu de chardonnay et de pinot noir, se goûtait avec beaucoup de sève et de longueur.

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Photo©Brigitte Clément

Voilà pour la partie dégustation. Maintenant, revenons sur l’épineuse question du salon Millésime Bio. Pas question de remettre en cause ici le succès déclaré de cet événement. Mais, compte tenu de la multiplicité des manifestations annexes qui viennent se greffer au salon officiel, nous sommes en droit de nous poser des questions sur son avenir. Un questionnement qui rejoint ici même celui de notre ami Jim Budd à propos du Salon des Vins de Loire.

Morceler et communiquer juste, ne serait-ce que pour avancer mieux ?

Attention, je prends bien soin, n’étant ni expert ni donneur de leçons, de faire de mon intertitre un questionnement. Mais le problème a été tant de fois abordé ici comme ailleurs, par moi comme par d’autres, qu’il me paraît utile pour une fois de faire quelques suggestions aux organisateurs du salon Millésime Bio. L’une serait, par exemple, de diviser le salon en trois parties correspondantes à trois halls d’expositions bien distincts. Le hall principal, celui par lequel les visiteurs entrent, serait consacré aux novices, c’est-à-dire aux vignerons récemment concernés par la bio, ceux qui auraient entre trois et dix années d’expériences en prenant en compte la date de leur certification officielle. Le hall suivant pourrait être affecté aux anciens, aux domaines ayant plus de dix années de pratique de l’agriculture biologique. Un dernier hall pourrait être réservé à ceux des vignerons qui pensent aller plus loin que la simple revendication AB, je pense aux biodynamistes par exemple, ou aux tenants bio du sans soufre ajouté.

Je sais le reproche que l’on ne manquera pas de me faire : cette partition risque de semer la zizanie dans le monde du bio. Mais après 40 ans d’observation, je constate 1) qu’il faut du temps pour être vraiment dans l’esprit bio et que la terre comme la plante ont aussi besoin de ce temps d’adaptation ; 2) que la biodynamie est véritablement un exercice à part, un courant qui, par moment et, selon les cas, s’éloigne vraiment de la simple culture bio ; 3) que les jeunes (ou les nouveaux) qui démarrent en bio n’ont pas toujours réalisé les efforts à fournir, mais qu’ils ont en revanche une besoin d’aide médiatique pour se faire connaître puisqu’ils viennent après leurs aînés qui, certes ont essuyé les plâtres bien avant eux, mais qui ont en revanche bénéficié à fond de la curiosité des médias face à ce qui, à l’époque, apparaissait alors comme étant une tendance novatrice dans le monde viticole. Pour le reste, Millésime Bio doit garder son esprit d’origine qui fait que l’on peut voisiner un grand nom de Bourgogne alors que l’on vient de Croatie ou de Cahors, et que l’année d’après, la place qui vous sera attribuée ne sera pas la même que celle d’avant.

Sur le plan de la communication, il me paraît essentiel d’accorder plus d’impact à l’événement, de lui donner plus d’éclat (mais sans esbroufe), que ce soit avec ou sans l’aide de la région Languedoc/Roussilon, de la mairie de Montpellier et de Sud de France. Plutôt que d’offrir le transport et une nuit d’hôtel à des prescripteurs que l’on invite en masse en misant sur une large participation d’ensemble, sans trop savoir d’où viennent les invités ni ce qu’ils font réellement, il me paraîtrait plus judicieux de sélectionner chaque année au sein de la presse en général (blogueurs, journalistes étrangers ou nationaux) une dizaine d’entre eux (voire plus) pour une semaine tous frais payés afin de les faire participer – un peu à l’instar de Vinitaly – à des jurys de dégustation ou à des projets de visites dans des appellations régionales, projets impliquant bien entendu la publication d’articles. Évidemment, ce groupe de journalistes changerait d’année en année et cela n’empêcherait nullement par ailleurs d’accueillir dignement d’autres prescripteurs, comme ceux de la presse régionale par exemple, ni de réinviter des journalistes ayant bénéficié quelques années avant des avantages précités.

Autre aspect régulièrement mis de côté : la quantité de vins présentés. Certains abusent et débarquent sur le salon avec une dizaine, parfois plus, d’échantillons de vins, dont beaucoup souvent imbuvables en cours d’élevage, tirés de la cuve ou de la barrique. Ainsi, il arrive que l’on passe près d’une heure sur un domaine en passant du blanc très sec au jus de raisin muté, sans oublier les rosés, les pétillants et les vins rouges. Certes, je sais que c’est un salon d’affaires et qu’il vaut mieux, pour un vigneron ou un négociant, avoir le maximum de bouteilles pour avoir une chance de décrocher le marché miraculeux, mais enfin… Je pense qu’en limitant la présentation à 5 ou 6 vins par exposant on arriverait à plus de fluidité et de variété d’échantillons à goûter dans la journée.

Enfin, il est grand temps – et il me semble que c’est le cas, même si je n’ai pas lu les statuts – que les organisateurs de Millésime Bio refusent clairement l’inscription de domaines qui participent par ailleurs à une manifestation off. Grand temps aussi que les dits organisateurs mettent sur pieds une grande table ronde à laquelle serait conviée les représentants du salon officiel et ceux des dégustations off afin d’avoir une discussion sur l’éventualité d’un regroupement au sein de l’enceinte du centre des expositions de Montpellier. Grand temps enfin que les journalistes et acheteurs invités par Millésime Bio signent l’engagement de ne pas participer aux autres salons organisés en parallèle durant cette période dans et autour de Montpellier.

Michel Smith


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Dans la Famille Janoueix, je demande… Jean-François

La maison Joseph Janoueix fait partie d’une de ces dynasties de Corréziens venus chercher le travail et peut-être la fortune à Bordeaux. 

Quatre générations plus tard, la  famille détient quelques joyaux du vignoble bordelais. Une soirée au Château Haut Sarpe m’a permis de faire mieux connaissance avec cette constellation de vins, en compagnie de Jean-Francois Janoueix, qui, à 80 ans, garde toute son énergie et sa fougue pour défendre ses terroirs et entretenir son réseau d’amis et néanmoins clients.

J’ai eu la chance de déguster sur place quelques uns des vins de la famille – notamment le Château La Croix et le Château La Croix-Toulifaut, à Pomerol, le Château Le Castelot et le Château Haut Sarpe, à Saint Emilion. En dégustation professionnelle, tout d’abord, puis à table.

Mon coup de coeur, dans les deux configurations, est allé au Château Le Castelot, et ce, sur deux millésimes: 2009 et 2010

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Château Le Castelot 2010 (Photo (c) H. Lalau 2016)

Le 2010 m’a séduit par son fruité serré, ses notes de sous bois, ses tannins très fins, son équilibre subtil entre le rond et le dynamique. Et un petit côté gouailleur.

Le 2009 est un peu plus puissant, avec un fruit plus mûr; mais il reste très gourmand, très suave, toute en retenue. Un vrai gentleman.

Pas de sur-extraction, pas de body-building, pas de maquillage, c’est le type même du Bordeaux que j’aime, le Bordeaux qui se boit, plus qu’il ne s’analyse ou se thésaurise…

Le joli château du Castelot mérite une visite, et notamment le petit musée que Jean-François y consacre à la grande figure du domaine, Henri IV. Pour la petite ou la grande histoire (les deux se mêlant plus souvent qu’on ne le pense), c’est l’écrivain André Castelot qui a retracé les origines du lieu, un de ses ancêtres ayant été propriétaire du château.

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Jean-François Janoueix (Photo (c) H. Lalau 2015)

Jean-François Janoueix est lui-même un personnage très attachant, dont la vie mériterait d’être contée: celle d’un propriétaire qui n’aime rien tant que d’aller au contact de ses clients, de déguster et de parler avec eux, en situation. Sans esbroufe.

Voici un homme de qualité, courtois mais direct, à la fois fin, rond et dynamique… comme son vin!

Plus d’info: Domaine Joseph Janoueix

Hervé Lalau


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Some echoes from 30th Salon des Vins de Loire

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The First Salon des Vins de Loire was in 1987 and to date it hasn’t missed a year not even after the terrible frost of April 1991. Despite some voices saying that it should be called off the 1992 edition went ahead. My first Salon was in January 1990 and I have been to every edition since.

The biggest threat the Salon now faces is Prowein, which has grown enormously over the last decade and a number of significant producers have decided to opt for the Dusseldorf and miss the Loire Salon. Late in the day the organisers of the Salon found a place and a formula for organic La Levée de la Loire last year. This year they have added a Demeter (biodynamic) fair as well. My impression from the first day (Monday) is that this edition is busier than last year but we need to see what Tuesday will bring.

Muscadet in danger:
Can I taste your Melon-Colombard Muscadet blend please?
If you want to upset a top quality Muscadet producer, this or a variant of the same, is the question to ask.

There is now a serious likelihood that in the next couple of years that producers will be allowed to add Colombard, Chardonnay and possibly other varieties to Melon de Bourgogne in the making straight Muscadet. For the moment this will not be allowed for the zonal Muscadets – Sèvre-et-Maine, Côtes de Grandlieu and Coteaux de la Loire or the cru communaux – but we all know about ‘mission creep’.

Many of the top Muscadet producers, like Vincent Caillé, the Luneau-Papins, Joseph Landron, Eric Chavalier, Gilbert Bossard and others, are vehemently opposed to allowing other grape varieties to be used for Muscadet.

However, I talked yesterday to Bernard Jakob,the directeur général of Ackerman. He is in favour of the change as providing a way of saving those producers who are struggling in the Pays Nantais. Bernard quoted the vote by a substantial majority of the vignerons in favour of the change.

When I pointed out that if producers wanted to blend other varieties to Melon it was already perfectly possible to do so and sell this as an IGP or a Vin de France. Bernard replied that producers wanted to be able to keep using the Muscadet name.

I have to say that I have little sympathy with this move to add new varieties to the Melon de Bourgogne for Muscadet. Even, if the change, is strictly limited to straight Muscadet it is all too likely to undermine the image of all Muscadet just at the moment that the qualities of good Muscadet – and there are now some very good Muscadets – are being rediscovered. Currently top Muscadet is easily among the best bargains to be found in the wine world, so why threaten to potentially destroy all the good work that has been done by conscientious producers to produce excellent wines and raise the appellations image.

The idea that producers want to be able to add new varieties while keeping the Muscadet name is deeply dubious. Just suppose that I have vines in the Clos de Vougeot or Chambertin and I wanted to include some Gamay or Syrah along with my Pinot Noir while keeping the appellation, I doubt if I would get a very sympathetic hearing.

It would be very interesting to know more about the background to the vote by producers to allow other varieties like Colombard in Muscadet.

Furthermore is the addition of Colombard or other varieties really going to save struggling producers? Muscadet-sur-Colombard will surely be sold to supermarkets at a basement price in competition with the Côtes de Gascogne, cheap wines from the Midi as well as places like Australia, Chile and Argentina. Dealing with aggressive supermarkets is unlikely to provide salvation for struggling growers as the recent report into Tesco’s habitual policy of screwing its producers to improve its bottom line only too clearly demonstrates – see here and here.

It is all too likely that if the change goes through there will soon be pressure to increase the permitted yields for Muscadet very substantially because producers in the Pays Nantais cannot compete with IGP Côtes de Gascogne and cheap whites from other countries. May be producers will again be asked to vote on keeping yields as they are at 65hl/ha or increase them to 80 hl/ha, 100 hl/ha or 150 hl/ha…

I fear if this change goes through it is all too likely to be catastrophic for the Muscadet appellations. While I have sympathy for struggling producers they should be looking to IGP or vin de France rather than bastardising Muscadet.

Other brief echoes
Ludo and Sophie Ragot
have sold their fine Café de la Promenade in Bourgueil with the new owners taking over in March.

Having handed over the Château de Tracy (Pouilly-Fumé) vineyards to his sisters, Comte Henry d’Assay has set up a négociant business – SAS Comte Henry d’Assay.

After some 20 years this is expected to be the last Salon des Vins de Loire that Gérard Pelletier will be welcoming vignerons, importers and press to his excellent restaurant – Le Relais. At the age of 62 Gérard has decided to embark on a second life. Thank you Gérard and we wish you a long and enjoyable retirement.

 

Buddhaas

 

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