Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Rencontre de vigneron : Julien Ilbert, Domaine Combel-la-Serre, Cahors

Il est des choses que se font assez naturellement. D’autres qu’il faut construire avec une certaine patience. Ma rencontre avec Julien Ilbert fait partie décidemment de la première catégorie. Pour commencer, j’ai du bien déguster un ou deux de ses vins dans une récente dégustation à l’aveugle des vins de Cahors, dont j’ai parlé sur ce blog. Car je pense beaucoup de bien de la nouvelle génération des producteurs à Cahors, qu’ils soient connus ou pas, qu’ils soient « gros » ou « petits ». Car ni la renommé, ni la taille d’une unité de production de vin est en lien directe avec sa qualité.

IMG_6867souvenir de la rencontre à Vinexpo : Julien Ilbert est à droite, Philippe Fezas à gauche

 

Mais revenons à Julien Ilbert et aux vins qu’il élabore avec son père sur la propriété familiale dont la base se trouve dans le hameau de Cournou sur le plateau du causse, au sud du Lot et dans un triangle formé par Cahors, Luzech et Sauzet. J’ai fait l’écho récemment à une rencontre heureuse avec lui est ses vins à Vinexpo, où je l’ai trouvé par hasard sur un stand qu’il partageait avec Philippe Fezas, du Domaine Chiroulet en Gascogne. Ses vins m’ont tellement emballé que je me suis promis d’aller lui rendre visite à la prochaine occasion. Etant provisoirement gascon pour un mois et un peu, c’est maintenant chose faite.

La famille Ilbert est installé sur ces terres depuis le début du 20ème siècle et leur histoire viticole doit ressembler celle de milliers d’autres familles paysannes : agriculture mixte pendant longtemps et raisins portés à la cave coopérative jusqu’en 1998. C’est le moment où le père de Julien décide de quitter la cave et de vinifier ses propres vins. Cinq ans plus tard son fils le rejoint sur le domaine (le millésime 2003 ne devait pas constituer des débuts les plus aisés !). Le domaine est divisé en deux parties qui sont le résultat d’apports familiaux passés, et ils forment un ensemble d’une vingtaine d’hectares. S’il reste un peu de merlot que Julien vend en vrac et va arracher progressivement, l’essentiel du vignoble est planté de malbec. Mais il y a aussi une petite nouveauté, qui rentrera en production cette année pour la première fois, avec un hectare de vermentino dont les belles grappes saines laissent présager de beaux espoirs si le dieu de la pluie voudrait bien se donner une peu de peine prochainement. Oui, vous l’avez deviné, Julien n’est pas exactement un traditionaliste figé.

IMG_6959_2Il y a bien des grappes saines sur ses plants de malbec, mais Julien a besoin de pluie bientôt

 

La gamme de Combel la Serre et sa présentation sont le juste reflet de l’esprit curieux, chercheur et un brin provocateur de Julien. En cela il est ben servi par les étiquettes et textes conçues par Vincent Pousson qui relate avec justesse et humour des histoires vrais et des attributions utiles autour de chaque vin. Cette gamme d’ailleurs n’a pas fini d’évoluer, car le produit haut de gamme actuel, nommé un peu banalement Elite, va se subdiviser prochainement en deux cuvées parcellaires. C’est à la mode, et je n’en pense pas nécessairement du bien, mais voyons les résultats. Et tout cas la gamme est non seulement cohérente, elle est aussi pleine de ressources et possède des vins de fort caractère qui savent bien se différencier entre eux. Attention juste à ne pas trop les multiplier.

IMG_6864La gamme de Combel-la-Serre telle qu’elle apparaîtra bientôt, toute en flacons bourguignons, encore une originalité

 

L’arrivée à la propriété n’est pas faite pour vous impressionner : des bâtiments encore en parpaings ou en briques crus, sans enduit ni vieilles pierres, au bord de la route en sortie du hameau. C’est juste fonctionnel mais on attendra pour l’harmonie avec le paysage lotois ! Je me suis dis que l’essentiel doit se trouver dans la vigne et à l’intérieur. Et c’est vrai, car tout y est propre : dans les vignes par le truchement de beaucoup de travail (et que Julien justement fait visiter en premier lieu), aussi bien au sol que sur la végétation, puis dans le chai qui est équipé d’une manière simple mais fonctionnelle avec cuves en inox et en béton, puis un chai à barrique pour les cuvées nécessitant un élevage plus long et oxydatif. L’attention au détail dans ce chai passe par des contenants variables entre les barriques et les 500 litres, mais avec aussi des contenants du tonnelier autrichien Stockinger, connus pour leur impact faible et doux sur les vins. Dans les vignes, pas de trace de désherbant, Ilbert travaillant en mode biologique. Mais c’est propre, la nature est bien surveillée ici !

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Les parcelles se situent toutes à des altitudes proches sur cette causse (entre 250 et 300 mètres, au pif). Ils ont des expositions variables et des sols qui sont essentiellement très calcaires mais avec des parts plus ou mois importantes d’argile, de fer et même, à un endroit, de galets, comme si le Lot a fait un méga-cru une année il y a bien longtemps. Une parcelle proche de la maison, nommé « La Vigne derrière chez Carbo » (les voisins se nomment Carbo) produit un des vins les plus originaux de la gamme des Ilbert. Son malbec est vinifié en macération carbonique (technique qui me déçoit souvent mais pas ici), ce qui lui fait perdre l’appellation Cahors mais qui produit un délicieux vin de soif comme on aimerait en rencontrer plus souvent, surtout par ces temps chauds. Le Carbo 2014, Côtes du Lot (8,50 euros) est presque le vin rouge parfait d’un été, en tout cas j’ai déjà éclusé la moitié du carton que j’ai acheté et il va falloir y retourner ! Une délice de fruits frais, fin et léger avec ses 12° d’alcool, très gourmand et parfaitement digeste.

IMG_6973_2Image prise dans ma cuisine : cet été j’ai besoin de vins comme le « Carbo » de Julien Ilbert !

 

Le rosé est tout aussi original, même si je trouve son acidité un poil agressif en ce moment. Je crois que je vais le laisser 6 mois à un an pour voir. Ce pur malbec porte le nom aussi original que compliqué de « L’Epatant Antidote à la Chaleur de Causse ». Refusé à l’agrément des vins IGT pour motif de réduction sévère (que je n’ai pas trouvé sur les bouteilles dégustées) il est donc vendu en Vin de France à 5,80 euros. Nez de cerise, de kirsch et de framboise, très vif et bien fruité, sa couleur profonde et son élevage sur lie lui donnent beaucoup de caractère et le destine en priorité aux repas. On est (heureusement) très loin de ces rosés dites « de piscine », qui doivent être faits pour remplir des piscines et non des gosiers.

Ensuite la gamme des Cahors plus classiques se décline en trois volumes : Pur Fruit 2012 (7,20 euros), Château 2011 (10,20) et Elite 2011 (dont j’ai oublié le prix). Les millésimes suivants seront mis en bouteille le mois prochain. Le Pur Fruit porte bien son nom : une délice fruité, bien équilibré, prunelle et cerise amer. Jamais dans la passé on ne trouvait des cahors comme cela ! Le vin dit « Château » a autant de fraîcheur mais plus de tannins, qui restent parfaitement au service de l’ensemble sans le dominer. Une très belle structure affinée. La cuvée Elite est bien plus suave et intense. Son élevage est réussite et s’intègre bien dans la masse mais il aura encore besoin d’un an ou deux en bouteille.

 

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Une rencontre qui en appelle d’autres j’espère. Julien Ilbert fait partie de ces jeunes vignerons qui donnent de l’espoir et de l’envie autour d’eux. Ils ne roulent pas sur l’or et mettent toute leur énergie et leurs moyens dans l’essentiel : leur vigne et la vinification de leurs vins. Ils travaillent dur, n’ont pas la grosse tête ni vous servent un bla-bla inutile et prétentieux : leur abord est aussi facile que leurs vins parlent avec spontanéité et sincérité. Et, dans ce cas, avec une bonne dose de créativité aussi. Oui, c’est l’homme qui fait le vin, même si le terroir fournit inévitablement le cadre.

 

David Cobbold

L'escalivade et le Carignan blanc. Photo©MichelSmith


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#Carignan Story # 284 : de cargolade en escalivade…

Prenez un vigneron sympa comme le Sud en produit des tonnes. Philippe Modat, par exemple, sur lequel j’ai déjà écrit tout le bien que je pensais ici. Dans son vignoble enchanteur de Cassagnes, en plein Fenouillèdes, il recevait cet été ses amis parisiens parmi lesquels je m’étais incrusté sachant d’une part que Philippe est le roi de la cargolade et d’autre part que sa maman passe pour être la madone de la cuisine catalane ! Comme d’habitude, il y avait son copain, le vigneron Jean Gardiès, ténor du Roussillon, accompagné de son épouse, Christine. Leur Carignan rouge 2010 Les vignes de mon Père a déjà fait l’objet d’un article dans ces lignes, article que je n’ai pas retrouvé dans les archives de notre ancien hébergeur, mais dont j’ai heureusement gardé une trace sur mon ordinateur…

Vue sur le Domaine Modat à Cassagnes. Photo©MichelSmith

Vue sur le Domaine Modat à Cassagnes. Photo©MichelSmith

Voici ce que m’inspirait ce rouge, il y a 2 ou 3 ans : Cette cuvée, je l’ai goûtée l’autre jour à Perpignan chez Jean-Pierre Rudelle, marchand de vins de son état. C’était dans sa version 2010, en vente à l’heure actuelle au prix, certes conséquent, de 20 € (au Domaine Gardiès, on a toujours considéré à juste titre que les vins, fussent-ils du Roussillon ne devaient pas être bradés), et je dois dire que j’ai été véritablement impressionné. Élevé en demi-muids, le Carignan sur argilo-calcaire des coteaux de Vingrau, sur la route de Tautavel, étonne à la fois par sa densité, sa profondeur, sa structure bien ferme, sa longueur et sa pureté de fruit. Pas de doute, même si mon observation fait un peu cliché, ce vin fait partie de ces Carignans de légendes qui commencent à fleurir chez quelques maîtres vignerons. Mieux, je dirai que c’est un vin d’intelligence, la conséquence plus d’une réflexion que d’une précipitation.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Lors de cette belle journée estivale, tandis que se préparait la cargolade, Jean Gardiès, que je n’avais pas revu depuis un bout de temps et dont les vignes sont désormais certifiées bio, nous a fait la surprise d’ouvrir une de ses nouvelles cuvées, un rare Carignan blanc. Je dis rare, or ce n’est pas tout à fait le cas puisque de plus en plus de vignerons mettent en avant ce cépage que l’on croyait relégué aux oubliettes il y a seulement 20 ans, mais qui revient pourtant en force ces temps-ci dans pas mal d’assemblages ou dans les cuvées où il est vinifié seul.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

C’est le cas ici avec ce Côtes Catalanes 2014 qui ne figure même pas sur le site Internet du domaine et dont le prix de vente se situe autour de 20 €. Il offre du charnu, un semblant de rondeur charmeuse en attaque, mais aussi et surtout une magistrale structure empreinte de fraîcheur laquelle maintient le palais en éveil tout en encadrant la bouche de sa persistance. Bien sûr qu’il allait bien sur les escargots farcis d’aïoli et cuits aux sarments !

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Pour mon plus grand plaisir, ce blanc faisait encore plus l’affaire sur l’escalivada de légumes, un plat typiquement catalan, qu’un enfant de 12 ans serait capable de réaliser tant il paraît facile. Ce qui compte pourtant, du moins tel est mon avis, c’est d’avoir à sa disposition un beau plat en terre pouvant aller au four, mais aussi du thym frais de la garrigue, un ou deux feuilles de laurier, une bonne huile d’olive, des poivrons rouges bien épluchés, de l’ail, des oignons de Toulouges, des aubergines et des courgettes du potager coupées en longues lamelles… sans oublier une grand mère cuisinière pour bien surveiller le plat afin qu’il ne brûle point. Cependant, chacun a sa recette, son petit plus, son truc.

L'escalivade et le Carignan blanc. Photo©MichelSmith

L’escalivade et le Carignan blanc. Photo©MichelSmith

Pour vous aider, je vous invite à visionner ici la recette que propose Pierre-Louis Marin, le chef de Montner. Ces légumes confits et croquants se mangent froids l’été. Bien entendu, pour bien l’accompagner, un blanc du pays s’impose dans sa jeunesse, à l’instar des Lucioles du Domaine Modat où je me trouvais ce jour-là et avec lequel je me suis régalé au début. Mais sans faire offense à Philippe, le plat préparé par sa maman (merci Madame !) était comme magnifié par le Carignan blanc de Jean. Sacrés vignerons !

Michel Smith


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Ardèche, des vins troglodytes

Préhistoire et Ardèche, voilà qui va bien ensemble

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Le relief calcaire très découpé de la région recèle bon nombre de grottes, dont certaines étaient déjà occupées par l’homme il y a des dizaines de milliers d’années. Nos ancêtres aurignaciens buvaient déjà le nectar des dieux, et auraient par conséquent précédé les Géorgiens, va savoir. Qui oserait affirmer qu’ils n’élaboraient pas quelques crus très prisés jusqu’au-delà du Rhône et que les marques rouges, ces gros points appliqués avec la paume de la main, ne veulent pas tout simplement dire: ici, se sont bues 30 outres de cuvée mammouth en l’honneur de la Mère.Ardèche préhistoire 2015 108

Histoire de se la jouer façon cavernicole

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En l’honneur de nos ancêtres de bien avant les Gaulois, nous avons fait une dégustation dans la grotte de Saint Marcel. Après une petite visite des beautés lapidaires, nous nous sommes concentrés sur les flacons apportés ou plutôt descendus. En lice sous la voûte karstique, les vins des Côtes du Rhône ardéchoises. Une bien belle sélection bue dans des conditions presque idéales, l’atmosphère de la grotte est des plus pures, T° et pression y sont adéquates. Voici quelques coups de cœur.

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Et puis non. Avant d’en faire les commentaires, il faut expliquer le vrai pourquoi d’une dégustation dans un tel lieu. Tout simplement parce qu’on y élève du vin! Raphaël Pommier, du Domaine Notre Dame de Cousignac, a eu l’idée de faire vieillir quelques barriques au fond de la grotte. Après l’accord rapide du directeur et nettement moins rapides des autorités, il a pu descendre 36 hl et obtenu que ses collègues vignerons de Saint Marcel et environs puissent y entreposer 1.200 bouteilles. C’est tout frais, nous n’avons par conséquent pas encore suffisamment de recul pour percevoir l’influence de l’endroit sur l’élevage en barriques ou l’affinage en bouteilles.

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Bon, voici donc quelques coups de cœur (pris sur l’ensemble des Côtes du Rhône ardéchoises). Je ne parlerai pas des robes, à la lueur des bougies, c’est plutôt compliqué de s’en faire une idée.

Mistral 2013 Côtes du Rhône Domaine de Coulange

Du fruit qui développe ses notes graciles de framboise, de cerise et de myrtille avec modération mais grande constance, il suffit d’être patient pour en avoir plein la bouche et en apprécier la saveur fraîche, juste enveloppée d’une trame tannique soyeuse.
Assemblage : 80% de Grenache et 20% de Syrah (5,50€)

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Domaine de Couron 2012 Côtes du Rhône Village

Entre puissance et élégance avec une belle amertume qui évoque la racine de gentiane et apporte une saveur et une fraîcheur toute particulière aux arômes de cade, de genévrier, avant de souligner les gelées de cassis et de groseille légèrement poivrées.
Assemblage : Grenache, Syrah et Mourvèdre (7,30€)

Le Chapitre 2011 Côtes du Rhône Domaine du Chapitre

Très élégant au nez, puis en bouche on mord dans le charnu des fruits, un jus gourmand s’en écoule teinté de menthol rafraîchissant. La longueur évoque les mêmes fruits, mais cette fois confits et épicés de poivres et de cannelles.
Assemblage : 60% Grenache et 40% de Syrah (10€)

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Cuvée des Galets 2012 Côtes du Rhône Domaine Nicolas Croze

C’est une cuvée pour Michel, un 100% Carignan d’un rustique sympa, un vin de repas, croquant et jovial comme on les aime, quand on aime ça, vin de partage un peu bourru qui a l’élégance paysanne, une superbe tension minérale saline et des tanins mûrs certes mais qui ne laissent pas les papilles indifférentes. (10€)

La Calade 2013 Côtes du Rhône Villages Mas de Libian

Quel jus superbe, coloré de poivre, de violette, d’iris, de mure, de fraise, cela n’arrête pas, une volubilité fruitée délicieuse que la soie tannique laisse couler à plein flot. Frais, gourmand, riche, mais aussi raffiné et bien équilibré, ce vin se boit avec délectation.
Assemblage : 90% de Mourvèdre et 10% de Grenache (12€)

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Côtes du Rhône 2013 Domaine Notre Dame de Cousignac

Très sympa, à le sentir, on a l’impression de marcher dans la garrigue au moment où les premiers rayons chauds du soleil emportent les effluves jusqu’à nos narines. Les tanins fins se maculent d’un fruité délicat rehaussé d’une impression saline qui fait saliver.
Assemblage : 63% de Grenache, 32% de Syrah et 5% de Counoise (7€)

Per El 2014 Côtes du Rhône Villages Domaine Saladin

Un blanc pour changer, frais et savoureux, avec cet accent citronné qui d’emblée rafraîchit autant le nez que la bouche. Un rien de gelée de pomme pour l’onctueux de la texture, du minéral pour la tension, c’est bien, la tension, puis du poivre, de la groseille blanche pour allonger la fraîcheur, et finir sur du poivre avec un rien de cumin pour bien fixer les impressions savoureuses sur les papilles.
Assemblage : Marsanne, Bourboulenc, Viognier, Clairette rose et blanche et Grenache rose (19€)

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Diamant Rouge 2012 Côtes du Rhône Cellier des Gorges de l’Ardèche

Un joli jus qui s’écoule tendrement et nous comble de joie florale et fruitée aux parfums de violette et de griotte. Les tanins sont délicats et ne font aucune entrave au développement aromatique.
Assemblage : 80% de Syrah et 20% de Grenache (10€)

Viognier Côtes du Rhône 2012 Château Rochecolombe

Un Viognier d’une étonnante fraîcheur qui rappelle le citron, jus et écorce compris, par conséquent à la fois acide et amer mais tout en subtilité, histoire de s’affirmer avant de céder à la rose et à la violette sans oublier la confiture d’abricot. (7,20€)

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Côtes du Rhône Villages 2014 Vignerons Ardéchois

Bien structuré, le vin déploie rapidement ses fragrances de fruits rouges et noirs agrémentés de senteurs de garrigues. Les tanins bien sympas offrent leur soie. Jolie petite longueur sur les fruits épicés.
Assemblage : Grenache et Syrah (5,50€)

Après, on est bien content de retrouver le soleil, même si ce jour-là il nous faisait passer de 12°C à 36°C en une centaine de marches.

Et ayons une pensée pour Grârtep, le meilleur vigneron solutréen (s’il faut en croîre les entailles sur stalagmites)…

Ciao

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Marco


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Oz Clarke: The History of Wine in 100 Bottles

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Oz Clarke: The History of Wine in 100 Bottles, Pavilion, £20, 224 pages, hbk

I confess that when, on a casual glance, I saw 100 bottles in the book’s title my heart sank. Not yet another book on 100 wines to drink before you die or head off to the supermarket etc.

Of course, I should have known that Oz Clarke wouldn’t produce something so naff. No The History of Wine in 100 Bottles is a genuinely innovative book, which also has popular appeal, not easy in subject like wine, which has been so extensively mined. This is a fine episodic survey of wine’s history as Oz explains:

‘So I suppose it is a history of wine, but I unapologetically admit that it is my version of history – it’s the events and the people that I find interesting or amusing or both. There may be bottles missing that you would have included – I freely accept that. To be honest, I could probably have written the history of wine in 200 bottles, had my editor not had the wisdom to say enough’s enough; and even then, I might have missed a few gems. And it isn’t just the big moments in wine that I celebrate – it’s also the eccentric, the bombastic, the mundane.

Do you really think it is important to celebrate the first White Zinfandel, the first Liebfraumilch, or the first ‘bag-in-box’? Well, actually, yes I do. Such events are of massive importance in the spreading of our wine culture all around the world.’

Oz starts from where wine began (6000BC), which for the sake of the book he credits to Georgia because ‘it’s just that of all the potential, Georgia has preserved and cherished a wine culture more closely linked to its past than any of the other countries.’

The History ends in 2014 with Fraud and the conviction of Rudy Kurniawan for counterfeiting large quantities of fine wine. In between the two Oz includes a host of different historical highlights including Wine in Legend and Myth (c 2350 BC), Egypt (1480-1300 BC), Rome (300BC – 200 AD), Pompeii (79 AD), The Birth of Claret (1154-1453), Tokaji (1571), The New ‘English’ Glass Bottle (1632), Corkscrews (1681), Barolo (1843), Louis Pasteur (1860), Phylloxera (1863), Beaulieu Cabernet Sauvignon (1936), Mateus (1942), Grange Hermitage (1951), A Future without Glass (1963), Bag in Box (1965), Michael Broadbent at Christie’s (1966), Retsina (1970s), White Zinfandel (1975), Parker Points (1978), Varietal Labelling (1980s), Central Otago – Furthest South (1987) and Natural Wine (2000s).

The History of Wine in 100 Bottles is Oz at his engaging best.

Oz Clarke

Oz Clarke


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#Carignan Story # 283 : Trilla, la nouvelle Mecque des vieux cépages !

On peut dire ce que l’on voudra, mais ce sont parfois les idées les plus simples qui sont les plus efficaces. Lorsque mon ami André Dominé, journaliste du vin d’origine allemande résidant à Trilla, bled improbable perdu dans les Hautes-Fenouillèdes, département des Pyrénées-Orientales, a eu l’idée d’organiser pendant le fête de son  village un mini salon du vin autour du thème des vieux cépages, nombreux furent ceux qui riaient sous cape. Moi le premier, qui ne voyait pas en quoi de vulgaires vieux cépages pouvaient intéresser le peuple du vin.

Photo©MichelSmith

La fête au village… Photo©MichelSmith

Première vague de Carignans... Photo©MichelSmith

Première vague de Carignans en dégustation libre au Carignan Corner… Photo©MichelSmith

A dire vrai, je n’en menais pas large, songeant que, oui, c’était peut-être possible, mais qu’il ne fallait pas s’attendre à une déferlante. Et ce fut bel et bien le cas au début : une poignée de vignerons locaux convoqués à exposer leurs vins, votre serviteur tentant timidement de faire goûter ses échantillons de Carignan récoltés au cours de ses pérégrinations et quelques rares visiteurs déambulant sans trop savoir où ils mettaient les pieds.

Depuis deux ans, tout change : la mayonnaise prend, les vignerons affluent – ils étaient 25 hier, venus de l’Aude, de l’Hérault et même d’Alsace -, tandis que mon Carignan Corner, offrant une vingtaine d’échantillons en dégustation libre, attirait aussi bien les simples leveurs de coudes que les amateurs sincères.

Dans ce mini-reportage, on trouvera des portraits de vignerons présents, tous carignanistes convaincus auteurs de mémorables vins issus du cépage Carignan largement décrits par le passé dans cette rubrique dominicale.

Photo©MichelSmith

Rémi Jaillet Photo©MichelSmith

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Saskia Van Der Horst Photo©MichelSmith

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Christine Civale et Luc Charlier Photo©MichelSmith

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Benoît Danjou Photo©MichelSmith

Depuis deux ans, tout change : la mayonnaise prend, les vignerons affluent – ils étaient 25 hier, venus de l’Aude, de l’Hérault et même d’Alsace -, tandis que mon Carignan Corner, offrant une vingtaine d’échantillons en dégustation libre, attire aussi bien les simples leveurs de coudes et les amateurs sincères.

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Carolin Bantlin Photo©MichelSmith

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Raymond Manchon Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Jean-Marie Rimbert Photo©MichelSmith

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Elizabeth et Jon Bowen Photo©MichelSmith

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France Crispeels Photo©MichelSmith

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Yvon Soto Photo©MichelSmith

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Jacques et Mikael Sire Photo©MichelSmith

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Patricia Boyer-Domergue Photo©MichelSmith

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John Bojanowski Photo©MichelSmith

Ils sont beaux, n’est-ce pas ? Comment ne pas les aimer ?

Attention ! La semaine prochaine, Dimanche, revenez sur nos ondes… Vous aurez droit au descriptif d’un Carignan exceptionnel vinifié par un anglais tout aussi exceptionnel et présenté en demi-bouteille : âmes sensibles ne surtout pas s’abstenir !

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Michel Smith


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Quand le Mourvèdre se fait caressant… du côté du Minervois

Le cépage Mourvèdre engendre souvent des vins assez austères, tanniques et droits. Mais de temps à autre, il se laisse aller à plus de facilité. Il enchante alors les papilles par des fragrances inattendues, multiples, du moins dans sa prime jeunesse.

le Vin de Plume 2014 Minervois Domaine du Somail

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Violet pourpre presque noir, cette cuvée s’exprime presque dans la seconde, proposant sans retenue ses parfums fruités et floraux. Prunelle, griotte, amande, violette et iris se retrouvent en bouche avec la même générosité. La fraîcheur, la fermeté soyeuse des tanins, les épices douces, le charnu des fruits et l’élégance des fleurs en font un vin de plaisir gourmand.

Domaine du Somail (1)
Vinification: assemblage de 80% de Mourvèdre et 20% de Syrah sur éboulis calcaires. Vendangés à la main, les raisins sont vinifiés délicatement de manière à extraire des jus équilibrés et aromatiques. Fermentations finies, le vin est ensuite tiré en cuves pour être élevé pendant 10 mois.

On aime ce vin friand quant à l’apéro, il remplace blancs ou bulles avec aplomb. Servi, frais, pas froid, il accompagne les plats du sud des tians au couscous, du lapin au thym aux succulents pieds et paquets. Les carpaccios et les légumes grillés lui font de l’œil.

Le domaine

Ils sont quatre, venus d’horizons différents mais animés par la même passion, la vigne. Quant au vignoble de 15 ha, il escalade les premiers coteaux qui mènent au village de Minerve, au nord-est de l’appellation Minervois. «Recherchant l’authenticité, l’élégance et la finesse dans nos cuvées, nous avons fait le choix de la biodynamie. Le respect des rythmes cosmiques et de la vie des sols est pour nous fondamental dans nos pratiques et nos gestes. La vigne révèle en retour le potentiel de nos terroirs» explique François Fabre.

Domaine du Somail (2)

 

http://www.domainedusomail.com

Ciao

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Marco

 


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Les oiseaux d’Apalta

Canto d’Apalta, c’est le nom d’une cuvée dégustée récemment chez In Vino Veritas – un vin qui me ramène quelques années en arrière, lors de ma première visite au Chili.

Ce Canto, ce chant, c’est celui des oiseaux qui piaillent dans ce magnifique îlot de viticulture, coincé entre des collines boisées de la Colchagua, nous dit la contre-étiquette.

Pour moi, c’est plutôt celui d’une chorale familiale, celle des Carménets – Carménère, Cabernets et Merlot, renforcés de la Syrah, plantés au cœur du Chili, à Apalta, sous l’impulsion d’une Française, Alexandra Marnier-Lapostolle.

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Clos Apalta (Photo (c) H. Lalau)

La scène sur laquelle se produit la chorale a la forme d’un fer à cheval, l’ombre des reliefs évitant aux vignes de trop souffrir de la chaleur. On est là dans un lieu très particulier, à la fois grandiose et serein, propice à la méditation. Pour y avoir passé quelques heures, je peux vous dire qu’on n’a pas envie d’en partir.

Qui sait, cette proximité des bois est peut-être ce qui donne au vin sa note fumée, mélange d’eucalyptus, de tabac et de réglisse ; le fruit est très mûr, légèrement poivronné ; il revient, juteux, dans la bouche et ne nous lâche pas jusqu’en finale. Une impression de puissance, modérée par le velouté des tannins. 12 mois de barriques, principalement usagées.

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Pas trop envie, à ce stade, d’évoquer à nouveau le débat du terroir. Pas envie, surtout, d’intellectualiser ce qui parle aux sens. Je n’ai pas besoin de savoir comment l’oiseau se tient en l’air pour aimer le voir voler.

L’endroit est magique. Le vigneron-maître-de-chapelle sait diriger ses choristes. La partition est pleine de sensibilité. On se reprend un verre de culture?

Plus d’info: http://www.lapostolle.com/

Importateur en Belgique: Deconinck 

Disponible au Québec via la SAQ

 

Hervé Lalau

 

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