Les 5 du Vin

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Quoi de neuf en Roussillon?

Dans chaque vignoble, chaque année, il y a  de nouveaux vignerons qui démarrent; soit qu’ils reprennent le domaine de leurs parents, soit qu’ils en lancent un nouveau à la sortie du lycée agricole ou de la fac d’oeno, soit qu’ils investissent dans la vigne. C’est le cas dans le Roussillon, notamment, aussi faut-il régulièrement remettre ses compteurs à jour.

C’est ce que j’ai pu faire, mardi dernier, à Bruxelles, grâce au Centre d’Information des Vins du Roussillon, qui présentait aux importateurs et à la presse une trentaine de vins (principalement des 2015 et des 2014) dont la plupart ne sont pas encore importés en Belgique, et dont certains sont les premiers millésimes de leurs auteurs.

 Côtes du Roussillon, Côtes du Roussillon Les Aspres, Côtes du Roussillon Villages, Maury, Collioure, Muscat de Rivesaltes, Rivesaltes, Banyuls, IGP Côtes Catalanes, la plupart des dénominations de la région étaient représentées.

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A l’arrivée, du bon, du très bon et du moins bon – la petite déception tient à des vins un peu trop faciles; j’ai été de ceux qui ont reproché, par le passé, aux Roussillon de vinifier des vins durs et rustiques; certains ont pris l’avertissement au pied de la lettre et produisent maintenant des vins qui manquent de personnalité, voire mous – un comble, pour un beau millésime comme 2015. Vous me direz que je ne suis jamais content. Mais tout est une question de mesure…

Ces vins en demi-tons représentaient environ un tiers des vins dégustés; si l’on enlève encore quelques vins à défaut (brett, oxydation prématurée, soufre), reste tout de même une belle brochette de bons vins, allant du plus fruité au plus corsé, mais pleins de caractère, ce qui augure bien de l’avenir du Roussillon.

Je vous livre mon quinté de tête:

Domaine Meunier-Centenac 2014, AOP Côtes du Roussillon (blanc)

Clos Saint Sébastien Cuvée Inspiration Minérale 2014, AOP Collioure (blanc) 

Cave de Maury Cuvée Nature de Schiste 2014, AOP Maury Sec

Domaine des Mariétas 2015, AOP Côtes du Roussillon (rouge)

La Coupe d’Ars, Château Planères 2013, AOP Côtes du Roussillon Les Aspres

Et pour faire bonne mesure, j’ajouterai un vin doux naturel plus ancien,

Le Rivesaltes Ambré 2004 de Lafforgue.

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Si je devais trouver un dénominateur commun pour ces vins, outre le fait qu’ils gagneraient à être mieux connus (qu’ils soient produits par de petits ou de grands domaines, des coopératives, des néo-vignerons ou pas),  je dirais que c’est la mise en avant de leur différence; la marque du lieu, sans doute, mais aussi  la patte du vigneron.

Le Collioure blanc du Clos Saint Sébastien, par exemple, joue bien la carte de son schiste brun, mais les choix d’assemblage et de vinification (un long passage en bois, qui pourtant ne gomme en rien le côté salin et pointu du vin, mais l’encadre) montrent bien à quel point l’apport humain peut être important. Dans un autre registre, le Côtes du Roussillon Les Aspres du Château Planères présente une texture particulière, un jeu étonnant entre le rond et l’épicé; et dans ce cas, le choix de la cuve était tout à fait adapté. Rien d’étonnant, quand on dévoile l’étiquette: ce vigneron est un de ceux qui ont porté le projet de la dénomination Côtes du Roussillon Les Aspres.

Bref, voila des vins qui se gravent dans la mémoire olfactive. De ceux qu’on a plaisir à donner le nom à des amis, comme on ferait d’une belle adresse de restaurant, d’un beau circuit de promenade, d’un bon concert…

Hervé Lalau

 


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Bordeaux est-il supérieur en rapport prix/qualité ?

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Je ne vous parle évidemment pas des crus classés et consorts, souvent hors d’atteinte pour le commun des mortels depuis bon nombre d’années. Je vais plutôt évoquer les bons vins très abordables qui se vendent en ce moment sous l’appellation Bordeaux Supérieur. Les appellations de base du Bordelais, dites génériques, constituent 55% du vignoble girondin mais on en parle si peu quand on compare cela avec la couverture presse donnée à d’autres appellations moins significatives sur l’échiquier des vins français. Snobisme inversé, Bordeaux bashing, ras-le-bol des prix trop chers des « classés », ou simple ignorance ? Je ne le sais pas. Peut-être un peu de tout cela.

En tout cas, je trouve que les bons vins de l’appellation Bordeaux Supérieur font partie des meilleurs rapports qualité/prix parmi les vins rouges de France, aujourd’hui. Ils méritent amplement qu’on s’intéresse à eux car ils n’ont jamais été aussi nombreux à être bien faits. Quelques excès d’un passé récent, du genre boisage qui écrase tout, sont en bonne voie de disparition, même s’il en reste des traces. Je suis d’avis que la mention « supérieur » est à laisser tomber de la désignation de cette appellation, car peu de gens comprennent ce qui est impliqué par ce terme. Après, faut-il établir une hiérarchie théorique parmi les quelques 300 millions de bouteilles qui sont produits chaque année sous les deux appellations Bordeaux et Bordeaux Supérieur ? J’en doute.

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Chaque année, l’appellation effectue, en interne, une sélection de 25 ou 26 vins du dernier millésime mis en marché des Bordeaux Supérieur rouges (il existe aussi des blancs sous cette désignation, mais je n’en ai jamais vu), puis cette série est soumise à la presse afin que nous désignons six vins qui vont jouer le rôle d’ambassadeurs pour l’appellation pendant un an, étant mis en avant lors de diverses manifestations. La semaine dernière j’ai donc participé, comme presque tous les ans, à cette dégustation à l’aveugle et voici mes vins favoris. J’ajouterai en fin d’article la liste des vins que l’ensemble de mes collègues à élu. Le millésime présenté était 2014 et l’opération s’appelle Talents de Bordeaux.

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Château Féret Lambert 2014

J’ai souvent sélectionné ce vin par le passé, et donc sa régularité est remarquable.

Le boisé est fin et bien intégré au nez. Les saveurs fruitées sont délicates et précises. Il sera encore meilleur dans 6 mois car la finale est encore un poil sèche.

Prix 11 euros

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Château Moutte Blanc 2014

Un beau nez qui révèle une assimilation réussite entre fruit et structure. Cela est confirmé en bouche. Elevage parfaitement dosé qui cadre bien une matière généreuse.

Prix 10,20 euros

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Château Lamothe-Vincent, Héritage 2014

Manifestement un vin dominé par le merlot (la fiche révèle qu’il s’agit de 80% de ce cépage). Souple, charnu et chaleureux. Un bon vin très agréable.

Prix 8,20 euros

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Château l’Insoumise, Prestige 2014

Robe dense. Nez droit, très classique, avec un boisé bien intégré. Un très bon vin qui a de la puissance par sa matière mure, mais qui reste bien bordelais.

Prix 8 euros (une des meilleures affaires de la série à mon avis)

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Château Leroy-Beauval 2014

Je ne connaissais pas ce château auparavant. Fait avec 90% de merlot et 10% de cabernet franc, son nez est classique et il y a une belle précision des saveurs, accompagné par une bonne structure. Un très joli vin.

Prix 12 euros

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Château Lacombe Cadiot 2014

Autre château que je découvrais, et qui est fait, je crois, par l’équipe d’un excellent cru bourgeois : Haut Breton Larigaudière. Le nez est très franc et semble marqué par du cabernet (en réalité 60% merlot, 30% cabernet sauvignon et 10% petit verdot). Un bon fruité émerge après un début marqué par de la réduction.  Ensuite, c’est tendre, plein et assez élégant en bouche. Une vrai délice, aussi complexe que long.

Prix : 6,90 euros, ce qui en fait surement la meilleure affaire de cette série

 

La liste des Talents de Bordeaux 2014, élue par l’ensemble des dégustateurs.

On voit que je suis en accord parfait avec la moitié de cette liste. Je constate que mes collègues doivent aimer le boisé fort plus que moi car j’ai reproché un élevage un peu trop intrusif dans les cas de deux vins de cette sélection, et des tannins asséchants sur un autre.

Château Lajarre, Eléonore

Château Pierrail

Château Tuilerie du Puy, cuvée Grand Chêne

Château Moutte Blanc

Chaâteau l’Insoumise, Prestige

Château Lacombe Cadiot

En tout cas une belle série de vins avec des réussites pour ceux qui ont su attendre la maturité des raisins en évitant d’extraire trop fortement. Je pense que le marché devrait s’intéresser à ces Bordeaux 2014.

 

David Cobbold  bdx-sup


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Une perle du Piémont: le Moscato d’Asti de Santo Stefano

Région nichée au nord-ouest de la Botte, le Piémont fait la transition entre les massifs alpins franco-suisses et la plaine du Pô côté lombard. La grosse partie de son vignoble occupe montagnettes et collines du sud-est turinois, région phare qui détient le record de vins classés. Barolo, Barbaresco, Nebbiolo en sont trois exemples mythiques. Autre emblème piémontais, l’Asti Spumante qui partage son territoire avec le Moscato d’Asti.

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Moscato d’Asti DOCG

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Neige en hiver, étés chauds et secs, transitions printanières et automnales plus tempérées, un climat rude aux saisons marquées, refroidi par les Alpes et coupé de la mer par les Apennins liguriens, qui génère toutefois une douceur frisante !

Les vignes de Moscato s’accrochent aux collines de Monferrato depuis le 13es. C’est toutefois Giovan Battista Croce, joaillier milanais de la fin du 16es, qui est considéré comme le père du Moscato d’Asti. Propriétaire d’un vignoble entre Montevecchio et Candia, il améliora, grâce à ses expérimentations de conduite viticole et de vinification, la qualité des vins de Muscat.

Aujourd’hui, l’appellation s’étale sur 52 communes des provinces d’Asti, Cuneo et Alessandria, pour un total de presque 10.000 ha partagés entre 6.800 viticulteurs.

Les Muscats produits se transforment en grande partie en Asti Spumante. Le Moscato d’Asti, petit frère tranquille, perle légèrement. Les deux ont un titre alcoolique compris entre 4,5° et 6,5°,  pour un taux de sucre résiduel qui atteint ou dépasse les 100g/l pour le Moscato.

Moscato d’Asti 2014 Santo Stefano Ceretto Piemonte

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Doré pâle, la bulle fine, légère et frisante, il se parfume de pétale de rose, de macis, de chair de Muscat se dégage dès le premier nez, puis vient la pâte d’amande piquetée de pépites de citron confit; enfin, la fraîcheur pimentée du poivre émoustille les narines. Le très léger pétillant fait oublier la douceur importante dans un premier temps, la vivacité dans un deuxième, mais le goût de miel d’acacia finit par s’imposer, nuancé de cannelle et de graine de coriandre. La finale se pare de pêche blanche, de mirabelle et d’abricot juteux. La complexité comme la longueur donnent l’impression de s’amplifier à chaque gorgée.

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Ce 100% Moscato vient d’une grosse parcelle de 42 ha plantée entre 300 et 400 mètres. Durant la vendange, le moût est conservé à 3°C jusqu’à récolte complète. Les moûts successifs sont homogénéisés avant de démarrer la fermentation en autoclave à une température de 18°C. Le vin est filtré et se conserve perlant en autoclave à une température de 0 à 2°C avant d’être embouteillé.

 Ceretto, I Vignaioli di San Stefano

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Une histoire qui remonte à trois quarts de siècle quand Riccardo Ceretto s’installe comme vigneron dans la région. Ses deux fils, Bruno et Marcello prennent la suite début des années 1960 et développent le patrimoine familial en acquérant plusieurs domaines dans les appellations piémontaises les plus prestigieuses. En 1977, quelques producteurs de Moscato d’Asti de Santo Stefano Belbo fondent avec les frères Ceretto I Vignaioli di San Stefano dédié à la production de Moscato dans le village de naissance de Riccardo, une boucle bouclée….

www.ceretto.it

 

Ciao !

 

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Marco

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Le surprenant Blanc du Château Vieux Taillefer 2013

Dimanche dernier, j’avais fait une paella et je cherchais un vin pour l’accompagner, et nous n’avions pas envie d’un rouge, ni d’un rosé. En fouillant dans ma cave,  je suis tombée par hasard sur une bouteille dont la forme et le cachet de cire jaune m’ont interpellée; en y regardant de plus près c’était un Blanc du Château Vieux Taillefer 2013. J’avoue que je l’avais oubliée, je me rappelle maintenant que la personne qui me l’avait offerte me l’avait présentée comme un vin rare et singulier. Un blanc de Saint-Emilion, c’est en effet assez unique, la curiosité a été la plus forte, je n’ai pas cherché plus longtemps, j’avais hâte de découvrir ce qu’il me réservait.

 C’est un Vin de Table

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La vigne et le vin

Avant de le déguster, je suis allée chercher de l’information sur internet, j’aime bien savoir ce que je bois, l’étiquette de la bouteille ne m’apportant pas beaucoup d’informations !

J’y lis Vin de table, ça n’est même pas un Bordeaux, c’est quand même étrange ! Le site de la propriété m’a appris de ce blanc, qu’il « est issu de vignes situées dans le petit village de Saint Christophe des Bardes ». C’est la plus ancienne parcelle référencée en encépagement blanc sur Saint Emilion, elle est âgée de plus de 75 ans, le sol est composé de calcaire à astéries, enfin, elle est complantée de 5 cépages différents : Sauvignon Blanc pour la majorité, mais aussi du Sémillon Blanc, Sauvignon Gris, Merlot Blanc, Chasselas…

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Merlot blanc, composante du blanc du Chàteau Vieux Taillefer

 

 

En réalité, c’est la seule vigne qui ne soit pas une création, mais bien un témoignage de l’histoire et du patrimoine de Saint Emilion, son terroir est exceptionnel. Le Blanc du Château Vieux Taillefer est insolite; L’INAO ne reconnaît pas ce vin comme un Saint Emilion sous prétexte que c’est un blanc, et il ne le reconnaît pas plus comme un vin de Bordeaux sous prétexte que le Merlot Blanc est un cépage « accessoire » (sic) !

N’est-ce pas oublier qu’il y a 200 ans, la production de blanc  était majoritaire à Saint Emilion? La fameuse « typicité » qu’on nous vante aujourd’hui a-t-elle la mémoire courte?

Quoi qu’il en soit, la micro-parcelle produit seulement 1.200 bouteilles de ce vin. Les vendanges sont manuelles, en cagettes et camion réfrigéré,  petit fouloir, petit pressoir 3 hectolitres, pompe péristaltique, cuves œuf 6hl, et serpentins de thermo régularisation. Elevage en fûts de chêne, filtration et mise en bouteille par gravité.

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« Les raisins sont superbes, un beau millésime de blanc, 33 cagettes au total 6 hectolitres, c’est peu: le 28 septiembre 2013 »

Voilà de quoi éveiller encore plus notre intérêt!

La dégustation

La robe est belle brillante d’un joli or clair, le nez m’impressionne pas son élégance : le sauvignon blanc n’impose pas ses arômes, tout est très nuancé, les notes florales sont délicates, on reconnaît la camomille, l’acacia, le boisé passe inaperçu, seules quelques notes de noisette pourraient nous le rappeler; c’est un subtil mélange. La bouche est riche et soutenue, très présente, savoureuse, le fruité est agréable, il n’est pas agressif et ne dérange pas. C’est un vin très équilibré, gras mais pas alcooleux, il ne titre que 12,5%, belle acidité finale, qui le dynamise. Un excellent blanc qui malgré sa concentration, nous laisse sur des sensations fraîches.

Qui plus est, il a très bien accompagné notre paella, sa puissance a résisté aux saveurs fortes de ce plat et j’ai apprécié sa délicatesse aromatique qui n’a en rien dérangé les mélanges mer et montagne.

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Un blanc atypique, certes, mais prenant, il est à découvrir, le prix de 45€ est justifié.

 Le domaine

Le Château Vieux Taillefer est une propriété familiale, le vignoble s’étend sur 4,8 hectares de vignes en Saint-Emilion Grand Cru, elle produit trois vins, le Château Vieux Taillefer, le Pavillon de Taillefer et le Blanc du Château Vieux Taillefer en appellation Bordeaux. Il a été acquis en 2006 par Catherine et Philippe Cohen.

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Peu ou presque pas de traitements dans les vignes, pas de vendanges en vert. Les raisins sont récoltés à maturité avec des rendements très faibles. Chaque parcelle est vinifiée séparément dans  des cuves en béton de forme tronconique de marque Nomblot. Elles sont d’un volume adapté à chaque parcelle. Dans la mesure du possible, ils ne procèdent à aucune filtration, ni collage, et l’utilisation du soufre à la mise est extrêmement modéré.

Voilà une bouteille inattendue, qui nous a donné un grand plaisir. Dommage que la production soit si faible.

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Hasta Pronto,

MarieLouise Banyols


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Deux Facel Vegas dans le Royaume du Cabernet Franc

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Two Facel Vegas and a pre-war Lagonda @Domaine de la Noblaie, Ligré (AC Chinon) 

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Couple with dog seeking to make open Lagonda
comfortable as rain increases…. 

Asked to organise visits last week in Bourgueil and Chinon for six classic car enthusiasts – two with examples of France’s 1950s and 1960s luxury sports car – Facel Vega, we spent an enjoyable two days enjoying two fine lunches interspersed with a couple of visits.

We started on a high – a remarkable tasting at Lamé Delisle Boucard in Ingrandes de Touraine going back to 1928. Details here. This was followed by an excellent lunch at Lamé’s neighbours – Vincent le Cuisinier. If you haven’t yet eaten Chez Vincent clear your diary and get down there quick – superb but booking is essential as there are very few tables.

The following day we reversed the order of events – having a very good lunch at the well established Auberge Val de Vienne in Sazilly before heading to Domaine de la Noblaie in nearby Ligré. Details here.

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Update on Loire 2016

Today we head to the Pays Nantais for a quick look at how the harvest is progressing here. The Ban des Vendanges was on 15th September.

However, a quick VTT ride through the vineyards of Saint-Georges-sur-Cher reveals a rather sorry sight:

Variable ripeness within a bunch with 

some grapes frazzled by hot weather (19.9.16)

(above and below)

 

Not looking pretty!

2016 Vendanges in Saint-Georges-sur-Cher, AC Touraine 

This brief report comes with a health warning as to date I have only looked at couple of sites in Chinon plus taking a ride today through some of the vineyards of Saint Georges-sur-Cher. In addition I have also talked to a number of Loire vignerons but even so it is dangerous to jump to conclusions on a small sample. 

However, we can say that 2016 has been a difficult year with frost at the end of April, very heavy rain causing widespread flooding at the end of May and beginning of June. After this many producers had to deal with powerful mildew attacks. Then in July and August the weather turned dramatically hot and very dry, so much so that there were drought conditions by early September. 

However, rain started on evening of Tuesday 12th September, so the drought is over. But the drought has probably made the veraison prolonged so within the same bunch you can still see green grapes along with black ones making picking difficult. The very hot weather also frazzled some of the grapes as these photos show.

There are, of course, some normal bunches without sunburn or obvious long veraison, but it looks a complicated vintage.      

Shrivelled by the heat of July and August
Further reducing the yield
(above and below)

Despite the very hot July and August
already signs of rot in some bunches (above and below)

A significant percentage of this bunch has been heat frazzled.

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Le Grand Larousse du Vin, édition 2016

Comment être objectif à propos d’un ouvrage auquel on a collaboré (les meilleures pages, en plus! 😉), ainsi que plusieurs très bons camarades (David Cobbold, Sébastien Durand Viel, Marc Vanhellemont, notamment)? Je n’essaierai même pas…

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Reste que c’est une belle brique (près de 700 pages), et que pour une fois qu’un ouvrage français (pas une traduction) s’ouvre assez largement aux vins du monde, c’est une initiative à saluer.

J’ai eu d’autant plus de plaisir à participer à cette aventure collective (assez modestement, à dire vrai, juste une vingtaine de pages) que ce fut l’occasion pour moi de rendre hommage à quelques vignerons que j’apprécie. En effet, la seconde partie de l’ouvrage, qui passe en revue les grands vignobles du monde, illustre certains grands terroirs par des pages consacrées à des domaines précis, choisis par les auteurs.

Pour moi, ce furent le Domaine d’Aupilhac, le Mas Jullien, Antoine Arena, Egon Muller, Klein Constantia, Catena Zapata, le Château d’Aquéria, Miguel Torres, Bodegas Lustau, Grange, Quinta do Noval et Antinori.

Une belle brochette, non? Et une belle diversité, aussi.

Mais il y a bien d’autres bonnes raisons de lire ce livre, ou de l’offrir. Le vin, c’est de la culture liquide, qui se boit, et qui se lit aussi.

On dit qu’un homme averti en vaut deux. Un buveur bien informé aussi.

Hervé


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La double passion de Jean Rijckaert est devenue celle de Florent Rouve

Vinifier à la fois des vins du Mâconnais et du Jura, voilà qui est original. Mais quand on est Belge, on ne réfléchit pas, on se passionne !

Parti de Belgique sans autre bagage que son envie furieuse de faire du vin, Jean Rijckaert est arrivé dans le Mâconnais dans les années 1980. Ave un autre Belge, Jean Marie Guffens, il fonde la société de négoce Verget, à Sologny, et apprend le métier. La vinification de quelques appellations en vue les propulsent à l’avant de l’affiche. Les affaires évoluent. Puis, Jean Rijckaert reprend son indépendance. Il s’installe, seul, à Leynes, dans le Sud Mâconnais, y achète quelques arpents de vignes et prend le parti de faire des vins les plus soignés possibles.

Jean en Jura

En voyage dans le Bon Pays, Jean craque ! Les paysages jurassiens, la sagesse des paysans l’interpellent. Son regard se tourne vers le sol, son intuition vers le terroir. Il en évalue rapidement le potentiel et se persuade qu’ici, aux alentours d’Arbois, on peut réaliser de grands vins. A l’époque ses possessions en mâconnais restent faibles, l’acquisition de quelques parcelles jurassiennes semble évidente. Le millésime 1998, son premier, l’enchante et confirme sa conviction. Ensuite, à la tête de 4 ha en Jura, il joue la carte de la vinification parcellaire, soit la mise en évidence du terroir du raisin à la bouteille.

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Jean Rijckaert et Florent Rouve

La retraite

En 2013, Jean décide d’arrêter et passe progressivement la main à Florent Rouve – la suite Hervé nous l’a fournie ce mercredi, pour la partie mâconnaise. Je pourrais ajouter que si Jean élaborait des vins «tranchants», vifs à en saliver longtemps, Florent propose des cuvées plus amples, qui font la part belle à cet équilibre entre acidité, gras et matière. Après, tout est une question de goût. Jean avait ses inconditionnels, Florent les aura, s’il ne les a pas déjà. 

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Côté Jura: le comparatif

Deux terroirs, deux parcelles, deux vignerons, à 12 ans d’intervalles…

Vignes des Voises 2002 Côtes du Jura

Doré clair, à l’infime note aillée, mais très amande, caractéristique des sols de marnes grises. En bouche, une acidité franche tend la structure du vin et met en évidence les arômes de citron vert, d’amande amère et un rien de vanille. Un soupçon de terre humide rappelle la marne. Gras, minéral et fraîcheur façonnent son élégance et sa droiture. 2002 pour un viticulteur est une année de rêve, en Jura comme en Bourgogne

Vignes des Voises 2014 Côtes du Jura

Jaune vert lumineux, il se parfume de camomille et de gelée de pissenlit, avec l’impression de respirer du calcaire mouillé par la pluie. Un rien de fougère et d’aubépine renforce encore le côté floral. La bouche par contre préfère les agrumes et les fruits blancs qui apportent tout de go une agréable fraîcheur. Citron, poire et groseille à maquereau distillent leurs jus vifs et gourmands. Le tout coulé dans une matière dense. 

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En Paradis Arbois 2001 et 2002

D’un doré lumineux à l’oeil, le 2001 confit son citron au nez et propose une structure agréable en bouche pour ce millésime plutôt moyen. Avec son étiquette verte, qui signe l’achat de la parcelle, le 2002, lui, présente des notes grillées, confites; avec sa pointe de beurre noisette, il ne peut renier son cépage. Iodé en bouche, il séduit par sa profondeur et sa puissance. Sa masse fruitée et ses parfums floraux, soutenus par une fine amertume, lui donne de la race. «Je colle et je filtre les vins sur terre blanche, nous disait Jean; les levures passent au travers, pas les bactéries. Les vins ne sont jamais soutirés et restent sur lies jusqu’à la mise, sauf pour les Savagnins qui sont soutirés une seule fois. Le Jura est un vignoble à taille humaine. Ici, on peut sortir du lot, ailleurs, le vigneron émerge difficilement de l’anonymat».

En Paradis Arbois 2014

La robe est d’un vert très pâle; le nez est à la fois minéral et fleuri, avec des accents de citron vert, de feuille de menthe et un éclat de guimauve. Le minéral s’accentue en bouche et gratouille les papilles. La fraîcheur installe les arômes: un pétale de violette et de pois de senteur, un zeste de citron confit et une noisette de confiture de mirabelle. En finale se perçoit l’amertume racée et délicate qui apporte son quota de fraîcheur et soutient la longueur, avec son goût de réglisse et de poivre.

Certes, le vigneron imprime sa marque, son style, mais dans des terroirs forts, il lui faut composer avec le sol qui donne souvent le la.

www.vinsrijckaert.com

 

Ciao!

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