Les 5 du Vin

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2016 Vignes, Vins Randos + 53 YO Viña Sol

It is that time of year again – Vignes, Vins, Randos 2016 is on this coming weekend Saturday 3rd and Sunday 4th September. Full details here

Unfortunately I have never been in the Loire recently in time for Vignes, Vins, Randos, which is a pity as I have friends who speak highly of these events. Instead I tend to come to the Loire a week or so later for the harvest.  

 

This year’s Randos from West to East:
Muscadet Côtes de Grandlieu
Muscadet Sèvre et Maine La Haye-Fouassière
Coteaux d’Ancenis
Quarts de Chaume Grand Cru/Coteaux du Layon 1er Cru Chaume
Bonnezeaux
Anjou Villages Brissac
Coteaux de l’Aubance
Saumur Brut Fines Bulles
Saumur Champigny
Chinon
Touraine Azay-le-Rideaux
Vouvray
Touraine-Meland
Jasnières/Coteaux du Loir 


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53 Year Old – Viña Sol

IMG_2105Loch Garry, Scotland

When it is not raining the Scottish Highlands are magnificent. We have spent all of August in Newtonmore, apart from a Noah’s ark expedition to saturated Islay. There is, however, one drawback here – a limited selection of wine available in the local villages with the Co-op supermarket being the nearest source.

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This isn’t entirely a drawback as it is an opportunity to try wines that we don’t often drink. The 2015 Viña Sol from Torres is a prime example. We have enjoyed several bottles of this Torres classic that was launched in 1962, so the 2015 is the 53rd vintage. Made from a blend of Parallada and Granacha Blanca, the 15 is an attractive combination of ripe fruit with clean fresh finish at 11.5% Very well made the Viña Sol is particularly good value at its current co-op price of £4.99 – £2 off the listed price.

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Rêves orientaux 

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Au moment d’écrire ces lignes, je me trouve bien à l’Est de l’Europe: pour être précis, en Turquie, pays dont l’appartenance à l’Europe ou bien à l’Asie fait débat, mais qui me semble bien plus ancré au Moyen Orient qu’à l’Europe, surtout en ce moment et malgré les efforts passés d’un Attaturk. La Turquie, pays tolérant bien qu’en majorité musulmane, produit bien du vin, mais on y assiste à un certain durcissement des diktats religieux et de leurs effets visibles (femmes voilées, etc).

Du coup, me vient à l’esprit le fait, indéniable et historique, que l’origine du vin se situe un peu plus à l’Est, vers le Caucase et donc en Géorgie ou en Arménie avant de se répandre dans ce qu’on appelle le Croissant Fertile et que touche aussi l’Est de la Turquie, à l’Anatolie. Je pense aussi aux relations compliquées entretenue entre la religion mahométane et le vin (devrais-je dire l’alcool ?), et enfin au fait que les plus beaux poèmes autour du vin nous viennent de la Perse déjà musulmane. Paradoxe? Peut-être, mais, d’un autre point de vue, source d’espoir aussi dans ces temps troublés par des excès en tous genres sur le plan des croyances et des politiques qui s’en suivent. Car les modes changent, même si, en ce moment, nous subissons une vague de forte régression sur ce plan !

Une lecture renouvelée et répétée d’un livre des poèmes d’Omar Khayyam est à l’origine et sera le sujet principal de cet article. Pour ceux ou celles qui ne le connaissent pas encore, Omar Khayyam était un astronome et un poète, mais aussi un grand buveur de vin, mort en Perse pendant la première moitié du 13ème siècle. Cela peut surprendre, du moins en ce qui concerne la troisième activité citée, car oui, la Perse de cette époque était musulmane. Mais Khayyam ne connaissait pas le wahhabisme et ne respectait que très moyennement les édits du Coran, comme nous allons le voir. Cela n’a pas été sans lui créer quelques ennuis avec les autorités de l’époque, j’imagine.

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Comme je disais, j’ai transité par Istanbul et, pendant un changement d’avion, j’eus le temps de boire un verre de vin turc dans la Trattoria Milano (sic) de l’aéroport. Je pensais que cela pouvait constituer une entrée en matière pour mon article, même s’il faut un peu d’imagination pour considérer qu’un vin turc moderne ressemble d’une manière quelconque aux vins consommés en abondance par Omar Khayam, mais il faut bien faire avec les moyens du bord, parfois. L’offre de vins au verre dans ce bistrot d’aéroport était, il faut le souligner, bien supérieure à celle qu’on peut trouver dans un aéroport français. Il y a effectivement de quoi avoir honte de l’offre de vins à consommer sur place qui sont proposés au voyageur dans les aéroports en France ! Dans ce bistrot italo-turc, donc, on trouve, au verre, 4 vins blancs (dont un turc, mais aucun français), et une douzaine de vins rouges, dont 9 turcs. J’ai également noté que les autres vins rouges à la carte venaient du Chile, d’Argentine et d’Italie, mais aucun de France. J’ai toujours pensé que voyager et observer devrait rendre plus humble les producteurs et amateurs de vins français, en leur permettant de se rendre bien compte que les vins de notre pays ne sont nullement incontournables dans beaucoup (je n’ai pas dit tous) de points de vente dans ce monde.

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Le vin turc que j’ai choisi assemblait deux cépages locaux : le Boguzkere et l’Okugozu, qui sont deux variétés d’Anatolie. Il portait aussi sur son étiquette (voir photo) la marque KAR : le nom du producteur probablement, mais je n’ai pas réussit à en trouver des informations. A part ce vin-là, tous les vins turcs à la carte venaient de deux producteurs : Sarafin et DLC.  Ce verre de vin fut servi trop chaud, à 25°C certainement, car la bouteille n’était pas stockée dans une chambre froide. Un glaçon fourni sur demande et glissé dans le verre a réglé ce problème, mais le verre était assez grand, de bonne qualité et la quantité servie plutôt généreuse. Ce vin était bon, sans plus, avec une impression de chaleur, des tannins fins et une acidité correcte, probablement un peu ajustée. Très honnête et agréable à boire, dans un style proche de certains vins du Rhône Sud, ou d’Espagne.

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Revenons à notre cher Omar.  Dans mon petit livre, qui comporte 148 quatrains, près de la moitié mentionne le vin, ou l’acte de boire, ou les outils de la boisson, ou bien l’ivresse. Avec l’amour, l’amitié et la désobéissance aux dogmes religieux, c’est un de ses thèmes préférés.

Khayyam était de ceux qui ne rechignent pas devant l’excès. Jugez plutôt :

Il vaut mieux s’abstenir de tout, sauf de boire,

Et le vin est meilleur quand les beautés qui en sont ivres vous le versent….

Rien ne vaut d’être un ivrogne, un celender, un vagabond,

Rien n’est meilleur que de boire toute la nuit.

NB: « celender » était le nom d’un ordre de derviches en Perse.

 

Mais il pouvait aussi être très philosophe, dans un registre que je qualifierais de stoïco-épicurien, comme ici :

Boire du vin et étreindre la beauté

Vaut mieux que l’hypocrisie du devoir ;

Si l’amoureux et l’ivrogne sont voués à l’Enfer,

Personne, alors, ne verra la face du Ciel.

 

L’amitié, comme l’amour, joua aussi un rôle essentiel dans ses poèmes, et certainement dans sa vie, et il ne craignait manifestement pas les « fous de Dieu ».

 

Au printemps, sur la berge d’un fleuve ou sur le bord d’un champ,

Avec quelques compagnons et une compagne belle comme une houri,

Apportez la coupe…ceux qui boivent la boisson du matin

Sont indépendants de la mosquée et libres de la synagogue.

 

On se croirait presque devant le tableau de Manet intitulé «Le Déjeuner sur l’Herbe», sauf qu’il n’y a nulle trace de bouteille ni de verre dans cette peinture !

Il est évident que carpe diem aurait été la pierre angulaire de sa vie, comme transparaît dans de nombreux autres quatrains, par exemple :

 

Je tombais du sommeil et la Sagesse me dit :

«Jamais, dans le sommeil, la rose du bonheur n’a fleuri pour personne.

Pourquoi t’abandonner à ce frère de la mort ?

Bois du vin ! Tu as des siècles pour dormir».

 

Ou dans celui-ci, qui comporte aussi un bon message pour nos élus (et à nous, électeurs):

 

On dit que le jardin d’Eden enchante les houris ;

Je dis que le jus de la grappe est seul délectable.

Tiens t’en à l’argent comptant et renonce à un gain promis,

Car le bruit des tambours, frère, n’est beau que de très loin.

 

Parfois il verse aussi dans le désespoir. Il voyait peut-être alors le «black dog» bien connu de Winston Churchill, par exemple.

 

Donne-moi du vin, remède de mon cœur blessé,

Bon compagnon de ceux qu’a fatigués l’amour ;

Mon esprit aime mieux l’ivresse et ses mensonges

Que la voûte des cieux, fond du crâne du monde.

 

La lucidité aussi, et, pour finir, un esprit zen :

 

Suppose que tu n‘existes pas, et sois libre.

 

A méditer, tout cela….

 

David Cobbold

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Plaimont, toujours Plaimont…

Je reprends le flambeau sur la pointe des pieds, comme promis, un dimanche matin quand l’aube ne blanchit pas encore tout à fait la campagne.

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En bon opportuniste, j’en profite pour revenir à Saint-Mont, sur le parvis de la cave coopérative de Plaimont, édifice magistral s’il en est (pur jus années 50/60), tant en terme de production que vu sous l’angle commercial, comme l’a si bien relevé David lequel, en deux parties (voir plus bas), nous a tout dit sur les qualités de ce groupe, qualités qui se marient à un état d’esprit « naturel » et non feint de ses adhérents, un fighting spirit gascon en diable plus optimiste que jamais, une entraide, des initiatives bien orchestrées, bien ciblées, une grande modestie aussi. Sans vouloir faire mon intéressant, j’avais exploré le sujet lors d’une virée jazzistique à Marciac qui remonte à quelques années, article que vous retrouverez ici-même.

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Joël Boueilh, le président, à l’oeuvre lors du Festival de Marciac

Or, il se trouve que j’étais, début août, de nouveau dans le Gers, convié par le groupe à venir profiter du JIM (Jazz In Marciac, pas notre Jim à nous !), festival que les viticulteurs de Plaimont encouragèrent dès ses débuts et qui va l’an prochain célébrer son quarantième anniversaire. Pour reprendre une vieille d’habitude, j’en ai profité pour rencontrer le jeune président de Plaimont, Joël Boueilh et réclamer une dégustation en bonne et due forme en compagnie de l’incomparable André Dubosc toujours coiffé de son béret.

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Participaient à la dégustation (de gauche à droite) : Diane Caillard (ex relations publiques), Noémie Carson-Lalanne (communication), André Dubosc (« mémoire » de Plairont, pour une fois sans béret) et Christine Cabri (oenologue).

Bien entendu, lorsque l’on sait que Plaimont c’est, en gros, 40 millions de bouteilles par an, dont 8 millions rien que pour le blanc « Colombelle » que je bois presque sans retenue lorsque je suis là-bas, en Gascogne, je connais quelques esprits soit disant libres qui ne manqueront pas de me dire que je fricote avec les gros metteurs en marché, les pisseurs de vignes, les faiseurs de fric. Comble de l’horreur, Plaimont est sur le point de mettre sur pieds un audacieux projet associant vin et vacances au sein de la grande abbaye de Saint-Mont qui leur appartient. Alors oui, je suis vendu au diable ! Et comme le souligne justement David dans ses articles (voir ICI et ICI aussi), les vins de Plaimont sont tellement bons que je ne me priverai pas d’en parler de nouveau en vous livrant mes notes de dégustation. Par chance, comme j’ai horreur des doublons, la plupart des vins ne furent pas goûtés par David ce qui me permet de ne pas le copier ! Et puis, j’ai ajouté quelques rosés et blancs moelleux, sans oublier le seigneur Madiran.

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Commençons donc par les blancs secs.

Côtes de Gascogne 2015, Colombelle « L’Original ». Ce best-seller a débuté en 1976, puis fut lancé officiellement en 1998 après un voyage technique en Allemagne. C’est du Colombard, avec aussi 20 % d’Ugni blanc, pour un vin techno en diable mais furieusement dans l’air du temps. Du gras, pas mal de longueur, un fruité judicieusement mêlé à l’amertume fraîche, moi j’aime, même sur les huîtres ! 5 € (cavistes).

Côtes de Gascogne 2015 « Caprice ». Un petit nouveau qui adopte l’élevage sur lies et tourne autour de 200.000 exemplaires. Le nez est fin et délicat, la bouche nettement plus souple que le premier blanc, légèrement épicée, mais un peu courte à mon goût. 6 €.

Côtes de Gascogne, Domaine de Cassaigne (secteur de Condom). Une seule mise récente pour ce blanc salin au nez, doté d’une certaine fermeté en bouche, mais assez simple dans sa configuration. Gros Manseng avec 30 % de Colombard. 7 €.

Saint-Mont 2014 « Les Vignes Retrouvées ». Je me souviens de l’enthousiasme provoqué par la dégustation à Paris du premier millésime, en 2001, je crois. Ce joyau blanc de l’appellation (depuis 2010 après avoir été VDQS en 1981), élevé sur lies en cuves de 150 hl, tient toujours ses promesses. Richesse, gras, épaisseur, longueur, c’est un vin que je réserve pour une belle fricassée d’anguilles. Gros Manseng en majorité, comme souvent ici, mais avec 20% de Petit Courbu et 10% d’Arrufiac. Le même, en 2007, a gardé toute sa longueur même s’il me semble un peu fatigué sur le plan aromatique. 7,50 €.

Saint-Mont 2014 « Cirque Nord ». Fermenté en cuves avant un élevage de 10 mois en barriques d’un, deux ou trois vins, on a dès l’attaque pas mal de rondeur, de volume, avec une très agréable finale sur la fraîcheur. Du beau travail sur le Gros Manseng qui représente 90% de l’encépagement complété par le Petit Courbu. 35 €.

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Quelques rosés assurent la liaison

Saint-Mont 2015 « Nature Secrète ». Un bio de coteaux, tiré à 7.000 exemplaires. Simple et facile avec une petite touche de fruit poivré, sans plus.

Saint-Mont 2015 « Le Rosé d’Enfer ». Le contraire du précédent : droit, vif, c’est à l’apéritif qu’il faut le boire. Même sur des magrets fumés !

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Des rouges, c’est inévitable

Côtes de Gascogne 2015 « Moonseng » (secteur de Condom). Merlot et Manseng noir (40%) pour 12.000 bouteilles, ce dernier cépage est replanté à raison de 10 ha dont 4 en production sur des sols argilo-calcaires. Cela donne un vin très intéressant, doté d’un beau volume, d’une certaine profondeur et de tannins légèrement sucrés. Agréable maintenant et d’ici 4 ans. 7 €.

Saint-Mont 2014 « Béret Noir ». Un de mes favoris sur le confit, la cuvée existe depuis 2009 et met en scène le Tannat (70%) complété par le Cabernet Sauvignon et le Pinenc avec un élevage (cuve uniquement) particulièrement soigné. Très joli nez, forte personnalité en bouche, amplitude et tannins assez marqués mais supportables. On peut commencer à le boire sans trop se presser. 7 €.

Saint-Mont 2012, Château du Bascou. Robe profonde, joliment boisé au nez avec un surplus de cuir et de fourrure pour un vin assez étriqué, très bordelais dans le style, long, puissant et chaleureux. Même encépagement que le précédent à partir de Tannat planté en 2001 à 8.000 pieds/hectare. 12 € (GMS).

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Saint-Mont 2014 « La Madeleine » (secteur de Marciac). Nez fin, discret, réservé pour cette cuvée issue d’une parcelle plantée en 1891. C’est le troisième millésime de cette bouteille haut de gamme (plus de 35 €) à la fois ferme, dense, bien structuré, plein d’ardeur aux tannins cachés, comme enfouis. Leur heure viendra probablement avant la fin de la décennie. Le mieux noté des rouges.

Saint-Mont 2015 « Vignes Pré-phylloxériques » (secteur de Saint-Mont). Premier millésime de cette cuvée : 2011. Il s’agit d’un très vieux Tannat sur un sol de sable fauve dorloté par son propriétaire qui a redressé les vignes avec amour. Magnifique nez sur le fruit rouge sauvage mais bien mûr. Bouche puissante, chaleureuse, intense, mais étonnement tendre avec de superbes tannins souples et poivrés. Compter au moins 65 € départ cave, sachant qu’il n’y a que 1.500 bouteilles de ce vin.

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La vieille garde trinque à la nouvelle génération : André Dubosc (béret) et Loïc Dubourdieu, de la Cave Coopérative de Crouseilles.

Quelques Madiran en passant

Et quelques mots aussi. À force de goûter de bons Saint-Mont rouges, tous à base de Tannat, on est tenté de faire le rapprochement avec Madiran dont l’aire est voisine. Or, dans le giron de Plaimont, il ne faut pas oublier la cave de Crouseilles, la béarnaise, souvent citée dans les guides pour la régularité de ses vins de Madiran et leur accessibilité. Je pensais récemment que l’appellation Madiran était quelque peu endormie, comme en veilleuse. Serait-ce parce que les journalistes sont encore nombreux à ignorer ce coin du Sud-Ouest assez excentré et peu porté – pour l’instant – sur la communication à grande échelle ? Toujours est-il qu’en dehors des classiques (Berthoumieu, Brumont, Capmartin, Labranche-Laffont, Laplace, Barréjat, Crampilh, Sergent, Viella, etc), les jeunes de la cave de Crouseilles, fortement encouragés par l’équipe de Plaimont, sont en train de bouger, à l’image de Loïc Dubourdieu, le maître de chais (et œnologue) qui est venu me présenter quelques nouvelles cuvées mises en route depuis 2012 avec une demi-douzaine de viticulteurs passionnés et volontaires. De ce travail il résulte une série sensée montrer le meilleur de chacun des principaux terroirs de Madiran, le tout sous le nom générique de « Marie Maria » reprenant ainsi l’origine même du nom de Madiran, village connu jadis sous le nom de Maridan, du latin « Maria dona ». Le but évident est de rajeunir l’image que l’on a encore des vins d’ici, lourds, excessifs que ce soit en alcool ou en tannins. Hélas, cette gamme est pour l’instant réservée aux cavistes et à la restauration… Mais en allant sur place, je suis sûr que l’on peut se procurer la plupart des échantillons goûtés au prix que j’indique.

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Madiran 2012 « Novel ». Assemblage des trois « terroirs » qui suivent (nappe de Maucor, argilo-calcaire et argiles graveleuses), voilà une cuvée au nez abouti et aux tannins grillés avec une belle sensation de fermeté, une bonne longueur et une finale bien conduite. Tannat, bien sûr, mais aussi Cabernets, Franc et Sauvignon. 9 € départ.

Madiran 2013 « Veine ». De la précision dès l’attaque, fraîcheur, densité, tannins présents mais discrets et longueur rassurante. Par la suite un échantillon plus récent m’a été adresse, un 2014 tout aussi beau que le 2013, mais avec un peu plus de souplesse et de très agréables notes de fruits rouges chocolatés et toastés. On a des tannins tendres, bien épicés et poivrés. Tannat et Cabernet Sauvignon. 12 €.

Madiran 2014 « Argilo ». D’abord un échantillon prêt à la mise superbe de robe aux tannins bien fermes mais pas dérangeants et aux jolies notes boisées accompagnées d’une belle longueur. Le même vin reçu et goûté plus tard, après la mise : solide, épais, bien en chair, sur le fruit et généreusement épicé, il regorge de tannins laissant une légère amertume en finale. À garder au moins 5 ans. 12 €.

Madiran 2014 « Grèvière ». Un échantillon récemment mis en bouteilles et goûté (deux fois, avec 24 heures d’intervalle) chez moi : robe profonde, nez fin, boisé/épicé sans fausses notes, bouche juteuse et pleine, faisant ressortir des tannins fermes mais joliment fruités (coing) sur des notes corsées et très laurier en finale. Commence à bien se goûter après une mise en carafe, mais il serait préférable d’attendre au moins 3 ans que le vin se fonde un peu. 12 €.

Madiran 2001 « Bonificat ». Comme au début, il s’agit de l’assemblage des trois terroirs cités plus haut, mais avec un élevage plus poussé. Robe noire, très joli nez sur la finesse accentué par des notes de cerise noire et des touches boisées. Belle matière et tannins souples en bouche, le vin commence à être prêt à boire. Un pur Tannat, 25 €.

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Et des douceurs pour conclure

Pacherenc du Vic-Bilh 2014 « Novel ». Un sec tout en rondeur avec une jolie bouche faisant penser à une promenade forestière. Gros Manseng avec 20% de Petit Courbu, le tout élevé moitié cuve, moitié barriques (1 à 2 vins). 9 € départ.

Pacherenc du Vic-Bilh 2013 « Lutz ». Superbe douceur avec un nez très ensoleillé et des touches assez boisées en bouche où l’on devine aussi une pointe de truffe blanche. Un vin long et charnu que j’aime à l’apéritif sur de petits toasts de foie gras mi cuit. Les trois terroirs sont présents, mais c’est le Petit Manseng, associé au Gros Manseng, qui remplace de Petit Courbu. 13 €.

Pacherenc du Vic-Bilh 2012 « Bonificat L’Hivernal ». Magnifiquement soutenu par une belle structure, c’est un foisonnement d’arômes (caramel doux, fruits confits, agrumes, etc) que l’on a en bouche dans ce vin issu de raisins passerillés sur souches. Avec une sacrée belle longueur. Sur un Tatin de pêches ou de beaux fromages persillés. Les trois terroirs sont dans cet assemblage Petit Manseng et Gros Manseng. 32 €.

 

Michel Smith

(Photos : Brigitte Clément & Michel Smith)

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Le vignoble de l’abbaye de Saint-Mont

 


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Eating well in Scotland: Islay & Highlands

 The Harbour Inn, Bowmore

I have posted in previous summers on how eating out in Scotland has improved enormously over the past 20 years or so. The quality of Scottish ingredients is now celebrated whether is fish and shellfish, meat or game. Little wonder that the Highlands of Scotland are now attracting discerning visitors from many European countries.

Here are reports of four meals we have enjoyed while in Scotland over the past few weeks: two on Islay – The Harbour Inn and The Bridgend Hotel – and two in Newtonmore – The Letterbox and The Evening Flower.

The Harbour Inn, Bowmore, Islay 

One of the views from the restaurant 

On a Sunday evening we had a very enjoyable meal in The Harbour Inn, Bowmore. We ate in the section that looks out over the harbour and the bay. CRM and I shared a tasty slate of antipasto and there was plenty there for two as a starter. CRM and her mum then chose the pan fried hake – a generous filet that was perfectly cooked. You could tell without tasting that the fish was just right as the milky flakes glistened.

I went for the chargrilled squid and rabbit confit paella, which was a flavoursome and interesting variation on a traditional paella.

Without studying the wine list in detail we went for a 2015 Muscadet Sèvre-et-Maine, Vieilles Vignes sur lie from Château du Poyet in La Chapelle Heulin and which belongs to the Bonneau family. It had some attractive weight from the 2015 vintage but good refreshing acidity without being sharp. Drinking well now it would be no problem keeping this for another five years or more.

Happy to recommend The Harbour Inn – we would certainly go back.        


Antipasto – cooked and cru ham, salami, chicken, Kalamata olives and celeriac  


2015 Muscadet Sèvre-et-Maine,
Vieilles Vignes, Château du Poyet 


Pan fried hake with mash potato, wilted spinach etc.

Paella of chargrilled squid and rabbit confit 
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The Bridgend Hotel, Bridgend, Islay

The Bridgend Hotel, Bridgend, Islay

The weather on Islay is truly execrable. Fortunately, there are some good places to eat. On a Wednesday evening we tried the Bridgend Hotel and were very favourably impressed starting with the warm welcome. We were settled in Strath Lounge for pre-dinner drinks and a look at the menu featuring locally sourced ingredients 

The dining room is attractively airy and the public areas of the hotel are well appointed as are doubtless the bedrooms. 

We were very happy with our menu choices. Only the wine list could do with improvement – no vintages, a rather limited choice and it would be good to see some more interesting wines included. The list plays safe. It would be nice to see more ambition to match the quality of the food. In contrast they have a comprehensive list of local whiskies.

Starters:   

 Langoustine salad with garlic mayonnaise 

Warm langoustine tails with herb butter

2014 38 Parcelles, Ventoux, Famile Quiot
Carignan, Cinsault, Grenache Noir, Syrah
– attractive soft, spicy fruit, quite light colour

Grilled lemon sole with asparagus and fennel

Lamb cutlet and loin with pea mash, new potatoes 

Medallions of venison with beetroot,
parsnip crisps, potato croquettes
– the venison was nicely pink just as I had ordered 

Sliced pear, almond tart with honey ice cream 

Chocolate crème brulée with roasted marshmallows

The Letterbox, Newtonmore

The Letterbox, Main Street, Newtonmore 

Last week we had a very good return visit to The Letterbox Restaurant in Newtonmore. The restaurant opened in 2010.  

It was encouraging to see that it was busy. We started with a glass of South African Chenin Blanc while we considered our choices. Three of us opted for the two course evening menu – starter and main course – for £16.95.  

First courses: 

I chose the tasty mackerel paté, while the others went for the chicken mousse – also tasty, well made and generous portions.       

Mackerel paté with a salad and oak cakes 

Apricot, asparagus and chicken mousse 

Main courses: 

Our three choices of main courses 

 

 

 Plaice fillets in a cream sauce with samphire,
carrots and new potatoes
– off the a la carte specials menu

A rich and very good venison stew with haggis dumplings

Meat balls with tagliatelle: another rich and copious dish

 2014 Fleurie, Cru du Beaujolais, Patrick Chodot,
Fleurie from a good vintage
which partnered even the rich dishes well

Profiteroles with a cream filling

Créme Brulée with apricot and vanilla

We have had several meals at The Letterbox and have always been impressed, so am happy to recommend this restaurant. I do wonder, however, at the wide range of dishes offered in a restaurant that has space for a maximum of just over 30 covers. On the set dinner menu there are five choices of starter and main course. The à la carte menu has a big choice and then there is a specials board with five starters and five mains. It is difficult to see how this makes economic sense. 

The Evening Flower

 

On Saturday evening we celebrated the eve of my birthday at The Evening Flower – the café in Newtonmore that is The Wild Flour during the day. The Evening Flower runs on Friday and Saturday and is really excellent with the great advantage that you can bring your own wine, beer etc.

We were a party of 16 – family and friends. Our wine choices were not fancy but instead assured value. Freixenet Cordon Negro Cava as the celebratory apéro.    

 

First courses: 

Excellent seared Orkney king scallops,
asparagus, garlic butter & capers 

Seared wood pigeon breast, Stornaway black pudding,
raspberry & balsamic dressing, pine nuts

Goats’ cheese, toasted walnuts, red onion marmalade

   2014 Muscadet Sèvre et Maine sur lie,
Domaine de la Tourmaline, Gadais Père et fils


Mains:

Lamb cutlets, creamy rosemary mash, mint & balsamic sauce

Sage, apricot & garlic pork chop,
apple & fennel seed sauce, new potatoes

Ribeye steak, roast tomato, flat mushroom, new potaoes

pea shoots, red wine & caramelised onion gravy

2015 Combe aux Jacques, Beaujolais Villages

Louis Jadot – delicious and enough concentration
and structure for the beef

Desserts:   

 

Chocolate and walnut torte

Vanilla crème brulée with strawberries 

Celebratory chocolate brownie with candles
and a scoop of chocolate ice cream 

Not sure that he asked permission but was happy to share my birthday with Usain Bolt…..

NouveauOs

 


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Cave de Plaimont 2/2

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Voici la deuxième partie de ma dégustation des vins (une partie seulement) de l’excellente Cave de Plaimont dans le Gers, qui couvre plusieurs appellations de la région (voir carte ci-dessus). Je n’ai pas dégusté les vins doux à cette occasion, ni les Madirans. La semaine dernière, j’ai parlé des vins blancs secs. Je vais passer sur les rosés de ma dégustation, qui sont corrects mais qui ne m’ont pas emballés, pour vous parler cette semaine uniquement des vins rouges. J’ai émis quelques conclusions à la fin de cet article.

CDT32_0000172Paysage gersois

 

Les vins rouges de Plaimont

Favori de Gascogne 2014

(Merlot et Cabernet Sauvignon / Prix 3 euros)

Couleur rubis clair. Nez net, avec des notes d’une intensité moyenne de fruits rouges et des touches de sous-bois. Un fruité très plaisant en bouche pour ce joli vin qui est même remarquable à ce prix-là. 

Rive Haute 2014

(Merlot et Tannat / Prix 4 euros)

Robe proche du vin précédent. Les tannins y sont plus présents, donnant une structure un poil plus austère. Plus qu’honnête à ce prix.

Corolle 2015

(Merlot et Cabernet Sauvignon / Prix 4,70 euros)

Je n’aime pas la forme du flacon qui rappelle certains rosés de Provence. Vin tendu et un peu amer en finale. Le plus faible de la gamme, de loin.

Nature Secrète 2014

(Vin bio : Merlot et Cabernet Sauvignon / Prix 5,20 euros)

Le nez est net, à la différence de la version blanc de ce vin. Un vin pimpant et frais qui possède aussi une petite structure aux tannins fins bien suffisante pour cadrer son joli fruité. Encore un excellent rapport qualité/prix.

Domaine de Bazin 2014

(Merlot et Syrah/ Prix 5,40)

Couleur rubis, de moyenne intensité. Assez aromatique autour de fruits rouges, de prune et une touche d’épices. L’attaque est assez ronde et la texture soyeuse. Un vin plein avec une bonne longueur. Tout à fait remarquable à ce prix et bon en tout cas. 

Béret Noir 2014, AOC Saint Mont

(Tannat, Fer Servadou et Cabernet Sauvignon / Prix 6 euros)

L’encépagement lui donne une forte coloration sud-ouest. Le Fer Servadou s’appelle Pinenc dans cette région, et Braucol à Gaillac et il fait partie de la famille des carmenets. Vin vif, ayant du relief. Il est même un peu anguleux à ce stade. Un bon gascon à l’accent rocailleux mais qui viellera bien trois à cinq ans.

 

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Moonseng 2015

(Merlot et Manseng Noir / Prix 6,20)

Issu d’une parcelle à côté de Lectoure, voici un vin qui possède une vrai originalité (y compris dans le nom et dans l’habillage qui font probablement allusion à Fleurance, ville voisine de Lectoure qui consacre les astres chaque année) avec l’emploi d’un cépage rare qui a été remis en production par Plaimont : le manseng noir. Le volume reste encore confidentielle en attendant l’arrivée en production de nouvelles plantations mais l’avenir est prometteur car ce vin semble avoir trouvé son marché et est en rupture de stock chaque année. Il fait dire que c’est une vrai réussite : vivacité et caractère sont au rendez-vous, avec des tannins fins et une bonne présence de fruits noirs en bouche. Fin et assez long, c’est un très bon vin qui pourrait même se vendre plus cher. Mais c’est tout à l’honneur de Plaimont de le maintenir à un prix plus que raisonnable. Voici un petit film sur le Manseng Noir.

 

Domaine de Cassaigne 2014

(Merlot et Syrah / Prix 7,20)

Ce vin m’a semble trop marqué par le bois au nez. La matière est belle cependant, mais l’élevage reste bien trop dominant. Je ne suis pas un phobique du bois cependant, mais trop, c’est trop !

Les Hauts de Bergelle 2012, AOC Saint Mont

(Tannat, Fer Servadou et Cabernet Sauvignon/ Prix 6,20 euros)

Robe dense entre le rubis et le grenat. Le nez a des notes de fumé et d’épices au-dessus de sa base de fruits rouges. Dans ce cas l’élevage a bien joué son rôle en arrondissant la matière tannique, qui reste quand même bien présent. Bonne longueur. A conseiller sur des mets salés pour réduire l’impact du tannins et faire ressortir son fruit. 

Château Saint Gô 2011, AOC Saint Mont

(Tannat, Fer Servadou et Cabernet Sauvignon / Prix 9,20 euros)

Le nez est fondu et le bois bien assimilé. Une belle structure et une superbe qualité dans la matière. Vin harmonieux et complet dans son genre. J’en déguste de ce niveau de qualité qui valent deux fois ce prix !

Monastère de Saint Mont 2010, AOC Saint Mont

(Tannat, Fer Servadou et Cabernet Sauvignon / Prix 15,30 euros)

Un vin riche et très gourmand qui apparaît encore d’une jeunesse étonnante. La matière est dense, voire un peu épaisse. Je me demande même si l’extraction n’a pas été trop appuyée dans ce cas. Très belle longueur mais à attendre encore de préférence, sauf si on les aime massifs.

 

Aussi dégustés, à une autre occasion dans la même semaine :

Château de Sabazan 2014, AOC Saint Mont

(85% Tannat et le reste en Cabernet Franc / Prix 15 euros environ)

La mise est récente pour ce vin issu de ce qui est considéré comme un grand millésime localement. C’est puissant et l’acidité est bien présente (un des marqueurs du tannat). C’est même un peu mordant car il a pour effet de durcir les tannins. A oublier pendant 4 ou 5 ans à mon avis, et là il devrait se révéler pleinement.

La Madeleine 2015, AOC Saint Mont

(100% Tannat / Prix 35 euros)

Un échantillon pas encore en bouteille. Grand potentiel pour ce vin issus d’un parcelle de très vieilles vignes (plus de 100 ans) proche de la ville de Marciac. Beaucoup de volume au nez dominé par les fruits noirs. Le boisé est encore marqué, ce qui est normal à ce stade. On atteint les sommets dans la gamme de prix des vins de Plaimont mais c’est un vin rare et la qualité est bien au rendez-vous. J’attends de le déguster plus tard pour le cerner réellement.

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Conclusions

A partir de sa base historique à Saint Mont (ci-dessus), Plaimont a su se développer d’une manière cohérente en s’associant avec, ou en englobant, plusieurs autres structures coopératives du Gers et des Pyrénées Atlantiques.

Quant aux vins (le nerf de la guerre, quand-même), il s’agit d’une gamme remarquable dans l’ensemble, avec très peu de faiblesses comme j’ai pu le constater. La modestie des prix de la très grande majorité des ces vins n’est pas leur seule attraction, loin de là. Il s’agit de vins de caractère, qui illustrent bien leur climat océanique, et qui jouent habilement sur la grande variété des cépages de la région, et les combinant différemment selon les cas. Je pense que ce dernier point sera augmenté dans les années à venir, à condition toutefois que les autorités nationaux  daignent prendre en compte tout le potentiel de cette diversité pour laquelle la Cave de Plaimont fait beaucoup pour en conserver ce qui peut encore l’être. Sur le plan commercial et local, leurs boutiques de vente sont claires, modernes et très agréables pour le client de passage. On y voit aussi, à côté des flacons en verre, la poursuite d’une vente en vrac, dont une bonne partie aux coopérateurs eux-mêmes qui viennent y remplir leur bidons en plastique. C’est cela aussi la réalité du vin en France.

 

David Cobbold

 


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A Trouillas, le « meunier » ne dort pas!

Au Domaine de La Meunerie, Stéphane Batlle a produit son premier millésime en 2014. Et voilà qu’à la faveur d’une dégustation de nouveautés d‘In Vino Veritas, notre panel  sélectionne ses trois cuvées de rouge! Trois 2015. Voilà qui méritait bien un portrait…

Enfant du pays, Stéphane Batlle s’est installé à Trouillas, au cœur des Aspres, parce qu’il savait pouvoir y faire de belles choses. Son parcours (lycée agricole, stages en Bourgogne et dans diverses régions de production) ne l’a jamais emmené très loin de la viticulture, mais avec ce domaine, il avait la possibilité de voler de ses propres ailes. Cela ne s’est pas fait en un jour ; ses 17 ha, il les a achetés petit à petit, en suivant notamment une belle veine d’argile rouge ferreux qui est une des spécificités de la commune.

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A la Bourguignonne

6 ans d’efforts plus tard, il se retrouve à la tête d’un bon nombre de cépages – Carignan, Grenache Gris, Mourvèdre, Syrah, Grenache Noir… et d’un beau patchwork de parcelles; dont une de vignes centenaires.

Cela ne le gêne guère, car c’est sa philosophie que de travailler « à la bourguignonne », au plus près de ses vignes, de les soigner aux petits oignons, et de les vinifier à la carte, avec pour chacune, sa recette, fruit de son expérience ou de son goût pour l’expérimentation.

Son slogan, c’est «l’empreinte du temps».

On jugera du bien-fondé de la démarche avec nos trois coups de cœur…

 Carignan

IGP Côtes Catalanes Carignan 2015

Il n’est pas si facile de faire un vin dit facile – je veux dire, séduisant, enjôleur, d’un plaisir immédiat. Ce 100% Carignan a subit une macération préfermentaire à froid (8°C, il faut avoir une bonne capacité frigo) et 3 semaines de cuvaison.

Caruso

Côtes du Roussillon Caruso 2015

Pour cette cuvée robuste, il fallait un nom qui ait du coffre : ce fut Caruso. Une polyphonie où l’on reconnaîtra les voix du Grenache Noir, de la Syrah, du Mourvèdre et du Carignan, qui apportent qui leur fruit, rouge, qui leur fruit noir, un peu de laurier, et même du fumé. Le vin n’a vu que la cuve, pourtant.

Réminiscence

Côtes du Roussillon Réminiscence 2015

Deux cépages seulement pour cette cuvée : syrah et mourvèdre.

Floral, gourmand, puissant mais frais – si c’est minéral, c’est sans doute ferreux. Le panel a également apprécié les très beaux tannins et les subtiles notes de moka.

Réminiscence de quoi, au fait ? De plein de beaux accords gastronomiques à venir – on pense à du sanglier, par exemple…

Et aussi…

Stéphane propose également deux cuvées de blancs (un 100% Grenache Gris, L’Argenta Brillo, et un assemblage chardonnay grenache gris, l’Impromptu Blanc).

Les deux se présentaient malheureusement dans une phase délicate (notes de levure de bière). Mais un peu d’aération et/ou de patience devraient permettre d’en venir à bout, car rien ne permet de penser que le vigneron soit moins attentif à ses blancs qu’à ses rouges…

Domaine de la Meunerie, 32 avenue du Canigou F-66300 Trouillas

Tél : +33 6 15 31 70 19

contact@domaine-meunerie.fr

http://www.domaine-meunerie.fr/

 

Hervé Lalau


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Le renouveau du Roussillon… Mas de Marietas

Un nouveau domaine en plein Roussillon, voilà qui est sympa, et pas si inattendu que ça, le terroir en vaut la peine.

Et donc…

Sur les hauts d’Argelès-sur-Mer, un petit vignoble s’accroche aux Albères. C’est celui de Julie Guiol. Une installation toute récente qui s’est passée en deux temps…

Serait-elle autodidacte ?

Mas des Marietas (1)

Julie n’a pas fait d’études viticoles, elle aime le vin, la terre, ça lui suffit ou presque.

« Depuis 2010, j’ai 5 ha sur le secteur des Albères dans les communes de Sorède et de Laroque des Albères). J’ai apporté le raisin en coopérative jusqu’en 2014, année où j’ai décidé de créer ma « petite cave particulière ». J’y ai produit 3500 bouteilles la première année et presque le double en 2015. Le choix de mon installation a été poussé par ma passion de la terre, de la vigne et du vin. Je voulais réaliser par moi-même le travail du viticulteur, ce qui s’est fait dans un premier temps. Mais aussi devenir vigneronne à part entière et élaborer mes propres vins dans le respect de la terre, de l’environnement, du consommateur. Pour moi, la meilleure façon de faire partager ma passion, c’est à travers mes vins. »

Entièrement autodidacte, Julie n’a suivi aucune étude viticole. Elle a appris sur le tas grâce aux rencontres durant quelques années avant de s’installer.  Un partage d’expériences avec de nombreuses personnes qui lui a mis le pied à l’étrier et permis de passer le cap professionnel.

Quant à la dégustation, c’est un stage chez Éric Aracil, responsable export du CIVR et fin dégustateur, qui l’a aguerri à la discipline.

Une belle aventure qu’elle démarre presque seule, le mari de Julie vient de temps à autre lui prêter main forte. Voici ses deux vins rouges, peut-être est-elle fan du groupe Indochine…

Mas des Marietas (4) 

 

J’ai demandé à la Lune 2015 Côtes du Roussillon

Mas des Marietas (3) 

Rubis aux légers reflets bistre, le nez bien fruité s’exprime tout de go et nous propose des coulis de framboise, de mûre et de fraise. Quelques plantes aromatiques viennent parfumer les jus, sauge et thym. La bouche ronde comme les baies, suave comme leur chair confite, épicée comme le nez, plaît d’emblée. Les tanins n’encombrent guère le palais. Discrets, ils se fondent dans le décor et ne transparaissent que par leur texture veloutée. La fraîcheur rappelle le sous-bois, l’aiguille de pin, toutefois maculée d’un rien de citron. Longueur de fruits acidulés.

Assemblage de 60% de Syrah et de 40% de vieilles vignes Carignan vinifiés à basse température les cépages séparés, maintien à 18°C, décuvage avant la fin de la fermentation, remontage très doux durant la fermentation. Élevage en cuve inox.  Elevage en cuve.

La Nine 2015  Côtes du Roussillon

Mas des Marietas (5) Rubis sombre aux reflets améthyste, nez de pâtes de fruits, mûre, cassis, myrtille, bien noires et bien épicées de poivre, de genévrier et de cumin. La Nine a aussi un petit côté animal parfumé de rose qui nous interpelle. Mais c’est son accent rustique aux tanins affirmés qui nous captive. Sa fraîcheur ressemble à deux cailloux qui s’entrechoquent. Elle est rude, la Nine, mais s’apprivoise petit à petit. Sans la brusquer, quelques girations la font tournoyer dans le verre, la font rire, nous font sourire. Volutes endiablées qui font s’envoler fragrances bien plus raffinées qu’espérées. Ce sont alors corbeilles de fruits, monceaux d’épices, bouquets floraux, qui étincelants surgissent et nous font dire que la Nine se donne à qui sait lui plaire.

Assemblage de 80% de Syrah et 20% de Carignan qui macèrent durant 20 jours. Les vignes sont âgées de 50 ans. Élevage en barriques pendant 5 mois.

Mas des Marietas (6)

www.masdesmarietas.com

Ciao

Mas des Marietas (2)

 

Marco

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