Les 5 du Vin

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Pizza aux légumes et Morgon

Il est toujours difficile d’accorder les légumes aux vins, pourtant, il est important de s’en préoccuper, vu que les légumes reviennent en force et ont de plus en plus de consommateurs exclusifs. Alors voici, le mariage gourmand entre une pizza ‘verte’ et un Beaujolais sympa.

Le bôjo

 

Morgon 2016 des Vignerons de Bel-Air

 Un Morgon facile à boire, porté sur le fruit délicatement épicé qui nous fait plonger immédiatement dans une corbeille de fruits de myrtilles, de groseilles, de cassis et de griottes, où vient encore rebondir une framboise catapultée d’un trait de réglisse.

La bouche ample semble débonnaire et plaît aux papilles interpellées par la tension minérale de l’architecture, puis la porte s’ouvre et de l’huis sortent petit à petit fruits et fleurs, le flux s’intensifie et c’est en fin par gerbes successives que les bouquets aromatiques embellissent tout le palais.

Comme dit avant, ce Morgon n’est pas une Côte du Py, c’est un Morgon accessible tout de suite, dès l’ouverture de la bouteille.

Technique :  vendanges manuelles avec tri à la parcelle. Cuvaison traditionnelle semi-carbonique de 12 à 14 jours avec maîtrise des températures. Élevage environ 5 mois en cuve inox.

La pizza

 

Des oignons rouges, des courgettes, de la tomate fraîche bien entendu, des olives noires, du poivron rouge, des câpres, de la mozzarella, quelques herbes, croquante et savoureuse, elle se demande si ce Morgon lui conviendra.

No souci

 

Ils sont fait pour s’entendre, le vin n’a aucun apriori et transmet le message aux papilles qui acceptent sans rechigner cette aventure gustative. Aventure bien sage. Fruité du vin et saveur végétale des légumes se marient à merveille. Les olives se plaisent au contact des tanins légers du vin, les courgettes craquent rien qu’en voyant les groseilles, le poivron s’harmonisent aux groseilles, la tomate répond aux framboises. Le seul sujet délicat, ce sont les câpres, acides, salés et un rien âcres, mais par de souci, ils se fondent dans les épices du vin et se font ligoter par la réglisse. Quant au fromage, plus entendu parlé.

Ça m’a régalé, d’autant plus que j’avais très envie d’un Beaujolais et comme le dit Marilou, dans les accords, il faut aussi céder à ses soifs.

Ciao

 

Marco


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Un blanc, un rosé et un rouge pour l’été

Trois cuvées venues de trois régions françaises éloignées. Rafraîchissantes, gourmandes et fruitées, elles se dégustent autant à l’apéro qu’au dîner.

Commençons par l’Atlantique, avec le Muscadet 2014 du Château de Cléray. Un vin qui a fait un peu de cave pour nous offrir structure et caractère. Je propose de le mettre en carafe une bonne heure avant de le servir, cela lui ouvre l’esprit et réjouit le nôtre.

Vallet 2014 Muscadet Sèvre et Maine Château de Cléray

Vert jaune, il offre un nez de tisane à la verveine et à l’écorce d’orange. Puis, il nous étonne par quelques notes iodées qui nous rappellent un bouquet d’algues sèches. La bouche s’avère onctueuse, souplesse inattendue, mais pourvue d’une fraîcheur intense sans être vive. Elle a le goût du citron, celui du cédrat, de la groseille à maquereau aussi. Un parfum de miel flotte au fond du palais et retrouve la verveine du nez. Enfin, quelques épices viennent compléter ce Muscadet au caractère inhabituel, mais assurément bien affirmé.

Vallet se trouve au cœur du vignoble nantais à 25 km au sud-est de Nantes. Le sol de la parcelle se compose de schistes déposés sur des granits. Cette sélection parcellaire voit sa maturité poussée au maximum. Le vin s’élève 18 mois sur lies. La Maison Sauvion, installée en Eolie, le pays du vent qui caresser les vignes de sa douce brise océanique. Acquis par Ernest Sauvion en 1935, le Château du Cléray-Sauvion est l’une des plus anciennes propriétés du vignoble de Sèvre et Maine. Elle s’étend sur 95 hectares, plantés principalement de Muscadet Sèvre & Maine, mais également Gros-Plant, Chardonnay et Sauvignon.  http://fr.sauvion.com

Sympa avec des huîtres un peu grasses mais bien iodées pour faire dans l’accord classique, mais il ne renie pas quelque poisson blanc de l’océan, ni une terrine de lapereau ou pour faire plus fort un grenadin de veau aux morilles, son caractère un peu maturé fonctionne à merveille avec les morilles.

 

Continuons par la Méditerranée et son arrière-pays provençal, pour y déguster le rosé du Château Pigoudet, cuvée Classic.

Classic 2016 Coteaux d’Aix Château Pigoudet

Rose pâle, un nez floral qui nous charme par ses parfums de fleurs d’amandier et de genêt, suivis de fragrances de melon Cavaillon et de grains de grenade. La bouche fraîche semble suave avec ses notes douces de gelées de fraise et de framboise, de miel de thym et de fleur d’oranger. Un développement aromatique qui lui confère à la fois élégance et caractère à l’esprit bien rafraîchi par des jus acidulés où les agrumes règnent, juste nuancés du croquant de la groseille blanche. Un rosé convivial.

Le Classic assemble 70% de Cinsault et 30% de Grenache qui poussent dans sol de colluvions calcaires à matrice argileuse. La parcelle est exposée plein sud, mais à 400 m d’altitude et protégée au nord par la barrière rocheuse de la montagne de Vautubière. La vendange se fait la nuit et est pressée dans la foulée. Les jus sont laissés sur bourbes à basse température, puis débourbé clair et fermentés. L’élevage se fait en cuve. Filtration légère à la mise.  Le domaine de 40 ha se situe sur la commune de Rians tout au nord-est des Coteaux d’Aix. www.pigoudet.com

Ici aussi la carafe s’impose pour en développer plus rapidement le fruit et il ne faut pas le servir trop frais. On peut taper dans les recettes provençales, pissaladière, petits farcis, mais aussi la bourride à laquelle il apporte son fruit tout en résistant à l’aïoli. S’il reste des artichauts crus ou chauds, il adopte. Pour changer un peu, un chèvre chaud (sans miel) sur lit de feuilles de chêne, la salade ne lui fait pas peur, ou une souris d’agneau que le rosé aime déglacer le confit.

 

Restons au Sud, mais en Languedoc, avec le Faugères Sur le Zinc du Domaine Les Serrals.

Sur le Zinc ! 2016 Faugères Domaine Les Serrals

Rouge croquant, Faugères plein de fruits, il séduit les papilles en moins de deux gorgées. Là, c’est fait, c’est adopté, on est fan. Mais avant d’y regoûter, le nez voudrait mieux l’analyser et montrer qu’avant la succulence des baies, des accents de garrigue peuplée de genêt, d’arbouse et de cade viennent le chatouiller. Puis quelques épices, du poivre, des graines de coriandre, de la réglisse, montrent que le plaisir peut être pourvu d’un brin de complexité. La bouche s’impatiente et veut après ce bref discourt savourer le charnu des groseilles, des fraises et des cassis dont le jus frais coule à satiété. Les tanins ? Ils y sont, et gratouillent agréablement la langue, histoire d’ajouter leur relief à la structure certes avant tout gourmande.

Le vin assemble 60% de Syrah qui fermentent grains entiers et 40% de Carignan de cuvaison courte. L’élevage se fait en cuve sur lies totales. Les 5 ha de vignes sont conduits en mode biologique et s’étendent sur les coteaux schisteux qui entourent Faugères. C’est avant tout Chloé Barthet, aidée par Frédéric Almazor, qui installée depuis janvier 2016 mène ce domaine des plus prometteurs. Une belle découverte.

www.serrals.com

Un rouge qui peut se boire comme un rosé, frais et croquant, les tanins en plus. Tanins et fruité qui le font apprécier sur un tartare de veau à l’italienne (câpres, roquette, parmesan, huile d’olive et pignons grillés), mais aussi sur des grillades et des légumes à la plancha. Ou comme ça, sans rien pour boire un coup entre copains.

Bel été à tous!

 

Ciao

 

Marco


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Mange des coques et bois un coup

Du grec kerastes et derma, soit en français peau cornée, la Cerastoderma, bivalve mieux connu sous le nom de coque ou cardia

pour sa forme en cœur vu de profil se retrouve parfois dans nos assiettes. L’accorder avec quelques blancs bien secs est chose aisée, mais on peut essayer l’originalité quitte à se faire vilipender …

Et de toute façon, on ne va pas préparer ce coquillage tout seul, déshabillé, il n’y a pas grand-chose à manger. Le voici accompagné de légumes et condiments. Une recette du chef Laurent Folmer du restaurant Couvert Couvert www.couvertcouvert.be dans la banlieue louvinoise. Les accords m’ont été demandés, c’est donc moi qu’il faut remercier, voire féliciter, ou gronder, voire moquer. Mais j’assume.

Le plat

 

Courgettes meunières aux coques légèrement citronnées, aromatisées de persil et de migas frites à l’ail

Un plat goûteux où la courgette met le bivalve en évidence, le citron amène la fraîcheur, le persil accompagne bien le caractère iodé de la coque, les migas ou miettes de pain du croquant.

Le premier vin, un Muscadet, semble tout indiqué.

Jubilation Le Pallet 2014 Muscadet Sèvre & Maine Les Vignerons du Pallet

Jaune doré, il nous caresse le nez d’une fleur d’églantier, puis d’aubépine, suave comme le miel, rafraîchi d’iode, il nous plaît d’emblée. En bouche, le discours change quelque peu et nous livre quelques fruits blancs comme la pomme acidulée et le carambole. Le tout baigné d’une fraîcheur citronnée avivé par une étincelle de silex frottés.

100% Melon de Bourgogne élevé 18 mois sur lies

La rencontre

Le relief minéral bien perceptible vient aguicher les courgettes mettant en évidence leur saveur légèrement torréfiée qui rappelle le curry. Puis le vin se mélange au jus de coque pour en exprimer le bouquet maritime. Les condiments rehaussés de citron embellissent et rafraîchissent les tournures confites du Muscadet et nous fait jubiler de plaisir.

Deuxième accord, certes osé, mais dans la vie il faut osé, alors voici, quitte à vous offusquer, un Saint-Émilion…

 

Château Tour de Yon 2012 Saint-Emilion Grand Cru Union des Producteurs de Saint-Emilion

Grenat pourpre, il nous macule le nez de pâtes de fruits aux accents de groseilles, de cassis et de framboise, épicées de poivre noir et de cardamome. La bouche généreuse aux tanins fins offre son ampleur au développement aromatique. Quelques notes grillées et fumées viennent renforcer la complexité du vin.

Assemblage de 75% de Merlot et 25% de Cabernet Franc vendangés manuellement, macérés à froid. Le vin est élevé durant 16 mois en barriques.

La rencontre

Le vin s’engage à pas feutrés dans cet accord particulier. Tout doucement, il parle de son fruité délicat aux légumes, les flatte de quelques gelées épicées, les caresse de ses tanins soyeux, puis se rapproche du pain comme lui torréfié. Le coquillage attend un moment avant de céder aux avances de cardamome et cumin.

 

Cette recette fonctionne avec bien d’autres vins, mais ici, elle faisait partie d’un déjeuner organisé pour l’association Marques & Coop en Belgique. J’avais trouvé à la fois intéressant et amusant d’accorder systématiquement deux couleurs différentes à chaque plat des amuse-bouche au dessert. J’en reparlerai.

 

Ciao

 

Marc


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La Corse me manque

La Corse me manque. Notamment le Sud, où j’ai passé le plus clair de mes vacances, dans les années 70. Quelle aventure, pour le petit banlieusard que j’étais, que de traquer le lézard dans le maquis ou la girelle entre les rochers du Valinco… 

Depuis, quelques séjours à titre professionnel m’ont remis le bel accent de Corse dans l’oreille, et le goût de ses vins dans la bouche.

Outre la beauté des lieux, difficile de ne pas être séduit par la pugnacité de ces vignerons du Sud de l’île qui ont choisi la voie de la différence et de la qualité. Ils ont en commun des cépages aux noms exotiques: Vermentinu et Bianco Gentile en blanc, Nielluciu et Sciaccarellu en rouge, qui composent l’essentiel de leurs cuvées. Il partagent aussi la faiblesse de leurs effectifs: 4 vignerons en AOP Corse Porto-Vecchio, 8 en AOP Corse Sartène, 6 en AOP Corse Figari. Ici, les assemblées générales sont certainement plus vite bouclées qu’en Bordeaux-Bordeaux Sup.

A part ça, les trois AOP sont aussi différentes que peuvent l’être trois soeurs. La Corse est une mosaïque de petits terroirs, de vallées plus ou moins encaissées, avec des influences maritimes diverses, une géologie assez tourmentée (même si la base, au Sud, est granitique). Ajoutez à cela l’individualisme des locaux, et une assez grande dispersion des domaines, et vous obtenez une palette de produits plutôt large, pour un si petit morceau de planète. Une polyphonie bien corse.

A Torraccia (Photo (c) H.  Lalau 2011)

Vosne et Gigondas

A Porto-Vecchio, par exemple, avec le même matériel de base, les trois cépages déjà cités, les quatre producteurs offrent ainsi pour certains, comme Fior di Lecci, des vins plutôt puissants, concentrés, costauds; tandis que les voisins de Torraccia présentent plutôt des produits sur la finesse. J’ai dégusté là des rouges à 12,5°, qui nous parlent d’un temps d’élégance qu’on croyait révolu. La comparaison est un peu bateau (on est sur une île, après tout!), mais ici, Vosne touche parfois Gigondas.

Figari, elle, possède certainement le terroir le plus chaud mais ses vins  sont pourtant rarement dépourvus de fraîcheur. Sartène, dont les vignes se répartissent sur plusieurs vallées plus ou moins parallèles, avec d’assez grandes distances entre les parcelles, présente sans doute la plus grande diversité.

Surtout, j’ai fait là de belles rencontres: Marc Imbert (oui, le fils de l’autre, au Domaine de Torraccia), qui a quitté les paillettes des grands Bordeaux et des Californiens trendy pour reprendre la propriété familiale de Lecci; Jean Ferracci, du Clos de Sarcone, homme de petits rendements mais de grand coeur et de grande endurance, à Figari. Pierre Richarme, infatigable défenseur de l’appellation Sartène, biodynamiste non-sectaire, et qui a lui-même la force tranquille de ses vins de Pero Longo.

J’aurais bien sûr scrupule à oublier les autres, la dynamique Gwenaële Boucher, du Domaine Granajolo; le jeune Pierre Gueyraud, de Fior di Lecci, à Porto-Vecchio – un fonceur, celui-là; ou encore, les Quilichini, mère et fille, au Castellu di Baricci, qui mettent autant de coeur dans leurs foudres que dans l’aménagement de leurs jolies chambres d’hôtes; Philippe Farinelli, qui, au Domaine Sarapale, semble préférer la compagnie des vignes et des foudres à celles de people de passage dans les superbes gîtes que son épouse et lui ont si magnifiquement retapés…

Charme et servitudes de l’insularité

La Corse est une île de contrastes, de séductions faciles et de beautés profondes, où le farniente côtoie l’effort. Quand les nuits estivales sont rangées dans la boîte à mémoire, place aux vrais vignerons, qui s’échinent face à des rendements ridicules, à des fermentations délicates, aux coûts du transport qui font le charme de la vie insulaire,  la concurrence des vins de coopé à bas prix…

Pour paraphraser la chanson (pas vraiment polyphonique, je le crains), «Et tout ça fait d’excellents vins corses»…

Hervé Lalau


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Lisbon buzzing – Lisbonne très branchée

Don't tireYou never tire of this view across from the south side of the Tagus to Lisbon

We have been coming to Lisbon regularly since 2002. The city has changed enormously, particularly over the last five years or so. Back in 2002 parts of the city were quite run down and there were relatively few visitors, especially out of season.

Fast forward to 2017 and Lisbon buzzes with many foreign visitors – the city is currently very popular with French tourists. Many buildings in the centre have been restored as well as some demolished and replaced by new buildings often opening new hotels. There are many new modern restaurants and wine bars.

The waterfront from Cais de Sodre to the Praça do Comércio, the old gateway to the city,  has been transformed making it an attractive riverside walk.

Fortunately Lisbon remains as welcoming and safe as ever. Along with the new openings there are still plenty of traditional restaurants offering very good grilled fish and meat as well as various salt cod dishes.

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BarThe bar area of Le Consulat

CoupleCouple @a table overlooking the square

Le Consulat : the two Andrés
Opened on the 1st June 2017 this is a new hotel on the Plaça Luís de Camões with an art gallery and a bar with some tables looking over one of Lisbon’s central squares.

This is a French venture involving François Blot and Valérie Guérend. François hails from Honfleur in Normandy but has close family links to wine in both South West France and North Africa. Le Consulat used to be the Brazilian Consulate, hence of course the name.

André

André Ribeirinho

André Ribeirinho, the chief apostle of Adegga, has been hired as the wine consultant. André plans a short, frequently changing list. It will be mainly Portuguese wines but there will be some wines from other countries. Perhaps even a Montlouis or Bourgueil from Jacky Blot, even though François doesn’t think that he and Jacky are related. Wines will have a maximum of 100% mark up on their retail price. This will be on a sliding scale with more expensive bottles having a lower percentage. Customers will be welcome to bring their own wine and the corkage policy will be published.

16 TerramaterA glass of Quinta de Soalheiro, some fine ham
and cottage cheese with anchovies and pesto   

AndréMagalhãesa

André Magalhães

The restaurant will open in a few weeks and will be run by the brilliant chef André Magalhães (Taberna das Flores). It is due to be called Taberna Fina.

 

Jasnières sur TagusJasnières-sur-Tagus: Christine and Eric Nicolas (Domaine de Bellivière)

2017 Vinho ao Vivo – Festival European do Terroir – 30th June – 1st July 2017
This is an annual two-day evening wine event beside the Tagus at Bélem. The producers are largely Portuguese with a few European wine producers, which changes from year to year. This year’s invitees included Christine and Eric Nicolas (Jasnières), Eric Texier (Brézème, Rhône), Les Trois Petiotes (Côtes de Bourg, Vin de France, Bordeaux) and Emilio Hidalgo (Jerez) plus producers from Germany and Italy.

Unfortunately our stay had to be cut short as once the sun went down it started to get very cold with a strong wind. Cool evening winds are often a feature of Lisbon. However, of course we tasted with Christine and Eric Nicolas. Their 2013 Les Vieilles Vignes Eparses was showing particularly  well.

Before it got too cold we tasted some fascinating wines from Colares (also spelt Collares, especially in the past) from Adega Regional de Colares and Viúva Gomes. Colares is close to the Atlantic just down from Sintra. The vines are ungrafted as they are planted in sandy soil so protected from phylloxera. Demand for building land – villas and apartments close to the sea meant that Colares virtually disappeared but it is staging a comeback. These wines age brilliantly – we tasted a lovely 1967 red from Viúva Gomes.

Emillio Hidalgo + 1874
Juan Manuel M-Hildalgo of Emilio Hidalgo
with his El Tresilio 1874 Amontillado Viejo.
Sadly we didn’t get taste it but am sure
it is sensational – 74.1€ a bottle  

 

We ended our time at Vinho ao Vivo on a high note with the magnificent Jerez from Emilio Hidalgo, a family firm that was established in 1860. We met Juan Manuel, who is the fifth generation of the family. We tasted the range (fabulous quality) that was on show starting with La Panesa (30.9 €) through the El Tresilio Amontillado Fino (33.7€), the Marques de Rodil Palo Cortado (42.8€) and finishing with the Villapanés Oloroso (33.7€). In terms of Jerez these are relatively expensive but not at all expensive if you consider their purity and quality. Try buying something as good from Burgundy or Champagne, for example.

Tagus + setting sunTagus and the evening light across to Porto Brando 

Descobre
Although you could buy food at Vinho ao Vivo it was uncomfortably cold with the wind blowing along the Tagus, so we opted for a local restaurant. Someone kindly recommended Descobre, which was just a short walk away. It turned out to be a great recommendation.  Descobre is a both a delicatessen and a restaurant. They have some wines by the glass but, if you want a bottle, you go to the shop area choose your wine and they add just 20% for it to be served in the restaurant.

We had a very good meal starting with some delicious clams. For the wine we chose the richly fruited with a little bottle age 2011 Tapada de Coelheiros from the Alentejo –  a blend of Cabernet Sauvignon, Aragonez and Trincadera. We paid 23.50€ plus 20% to enjoy this wine.

Very happy to recommend Descobre – suggest Sunday lunch after a visit to Bélem’s Monasterio, which has free admittance on Sunday morning – then a short walk westwards to the restaurant.

Tapada C 2011

Tapada CBl 2011

jim-16-10-06as

 

Jim Budd

 


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Carnet de notes de Vinexpo 2017 (2/2)

Pour une fois j’ai de la suite dans les idées, à défaut d’avoir tout noté !

Cette semaine, un retour sur quelques vins dégustés à Vinexpo il y a 15 jours. Après l’Autriche la semaine dernière, nous allons passer par l’Australie, La Georgie, La Croatie, la Chine et la région de Muscadet cette semaine. Voilà ce qui fait une des attractions majeurs de salons comme Vinexpo : la possibilité, en une demie-journée, de déguster des vins de pays que je n’ai pas souvent l’occasion de visiter, comme de revisiter des producteurs et contrées plus familiers tout en faisant des découvertes.

Un mot d’abord sur les vins blancs de Penfolds, qui proviennent pour partie de South Australia, mais qui font appel aussi, pour certains vins, à des assemblages qui varient chaque année et dont les raisins proviennent parfois de plusieurs états, dont la Tasmanie, la Nouvelle Galles du Sud et le Victoria, en plus de leur base historique, l’Australie du Sud. Cette pratique d’assemblages issus de zones parfois très éloignées peut choquer des personnes qui semblent croire qu’il n’y a qu’une seule manière de faire des grands vins : se focaliser sur une seule parcelle, à la bourguignonne, ou du moins sur des parcelles dans la même zone de méso-climat comme à Bordeaux. Mais, si on réfléchit un peu, ce qui prime dans la qualité d’un vin c’est la qualité du fruit et l’équilibre, l’intensité, les saveurs et la longueur du vin fini. Dans ce cas, peu importe les origines précises, du moment où le vin est réussi. On met de côté le parti-pris issu d’une vision étroite et on juge uniquement le résultat. Après tout, on le fait bien pour le Champagne, alors pourquoi pas à une échelle plus grande ? Une dégustation à l’aveugle des blancs de Penfolds (et il en va de même pour les rouges), surtout ceux issus du Chardonnay, m’a convaincu pleinement de la pertinence de cette approche : ces vins peuvent se comparer aux plus grands blancs de Bourgogne.  Le vin ci-dessus en est un parfait exemple. Yattarna veut dire « petit-à-petit » dans une des nombreuses langues aborigènes de ce pays-continent. On remarque sur l’étiquette, en dessous de ce nom de cuvée, la mention Bin 144. Il a fallu dix ans et 144 essais à l’équipe de Penfolds pour faire aboutir leur volonté de produire un grand vin de Chardonnay issu de climats frais. Et c’est très réussi. A la sortie du premier millésime (1995) de ce vin en 1998, les critiques l’ont encensé en disant que ce vin constituait une sorte de révolution stylistique pour le Chardonnays du pays. En effet, sa vivacité, son intensité vibrante et sa longueur sans aucune lourdeur ni trace de sur-maturité m’a fait prendre les millésimes 2012 et 2014 pour des Puligny-Montrachet Premier Cru d’un très bon producteur. Et le prix de vente y est presque comparable : c’est même nettement moins cher qu’un Puligny-Montrachet Les Pucelles de Leflaive, par exemple. Les sources viticoles de Yattarna varient chaque millésime car seule la qualité du fruit et son adéquation stylistique avec le profil recherché compte. En ce qui concerne le millésime 2012 (l’étiquette ci-dessus), il s’agit de deux sites en Tasmanie (Derwent Valley et Coal Valley), une dans la zone côtière du sud de Victoria (Henty) et des vignobles de South Australia (Adeleide Hills). Moins de 50% des barriques (françaises) sont neuves. Mais on peut aussi explorer ce style moderne des Chardonnays d’Australie chez Penfolds avec des vins bien plus abordables : Le Bin 15A ou le Bin 311 par exemple, tous les deux très séduisants, à la texture admirable et doté d’une grande finesse.

Georgie : Tamada

Deuxième étape dans ce voyage éclair dans une partie de Vinexpo : La Géorgie. Ce fut l’occasion de déguster quelques vins récents des marques Tamada et Vismino produits par GWS à Telavi, à l’est de Tblissi, en incluant deux vins issus d’une vinification en qvevris (des jarres en terres cuites qui sont enterrés et dans lesquelles on opère fermentation et macération des blancs comme des rouges). J’ai parlé de cette tradition ici il y a quelques mois.

Je me méfie parfois de ces vins de qvevri qui peuvent partir dans tous les sens et être parfois carrément désagréables, mais rien de cela avec les deux vins de qvevri dégusté chez Tamada, qui portent le désignation Grand Reserve et une typo en rouge pour les distinguer des vins en vinification moderne. Passons sur les étiquettes qui sont, disons, d’un style tradimoche ! Le Tamada Grand Reserve blanc 2014 est fait avec les cépages Rkatsilteli, Mtsvane et un peu de Kisi. Le nez est étonnant, complexe et dense, avec des notes d’écorce d’orange et de pomme blette. Beaucoup de fraîcheur en bouche, et sans trace d’oxydation, mais évidemment ce côté tannique qui vient de la macération des peaux. Un vin blanc à part qui doit être intéressant à accorder avec des plats épicés ou avec de la viande.

Dans la gamme des vins classiques (c’est à dire des « non-qvervris ») de Tamada, j’ai beaucoup aimé le Kindzmarauli 2014 (photo ci-dessus). Kindmarauli est une des appellations sous-régionales de la Kakheti dédiée au très beau cépage Saperavi. Ce vin m’a plu par la qualité de son fruit, son éclat et sa longueur. J’espère le trouver prochainement en France !

Croatie : Côte Dalmate et Istrie

Visite rapide au petit stand dédié à plusieurs domaine Croates. J’y ai dégusté des vins de deux domaines. D’abord Stina, qui se situe sur l’île de Brac sur la côte Dalmate et qui porte une étiquette blanche faciale plus que minimaliste (photo ci-dessus, avec la contre-étiquette). J’ai particulièrement aime leur blanc du cépage Posip car il réussit à éviter la lourdeur alcoolique qui prend trop souvent le dessus avec cette variété, tout en étant suave et bien fruité. Je me souviens d’avoir visité, avec Mairie-Louise Banyuls et d’autres collègues, ce producteur il y a près de cinq ans.

Puis un domaine d’Istrie, proche de la frontière avec la Slovénie, Kabola Winery et de très bons Malvasia, le grand cépage blanc de la région. Je ne sais pas pourquoi les gens persistent à appeler leurs vins faits en jarres de terre cuite par la désignation « Amphora » car l’amphore a des anses et doit être portable par une personne, ce qui n’est pas du tout le cas des ces vaisseaux qu’on devrait probablement appeler « dolium » ou, au pluriel, « dolia ».

La Chine, dont on parle beaucoup mais ne goûte que rarement

Un collègue et ami m’a conseillé de faire un tour sur un stand (qui n’était pas celui qui regroupait la plupart de vins chinois) pour déguster un bon Chardonnay originaire, je crois, de la région de Shandong. Le producteur s’appelle Château Nine Peaks et j’ai dégusté deux versions, dont celle en photo, plus qu’honorable, puis une autre, plus haut de gamme mais dont l’élevage était encore en cours. Ce sont facilement les deux meilleurs blancs que j’ai dégusté de ce pays viticole en devenir, mais il fait aussi avouer que je manque singulièrement d’expérience dans ce domaine.

Pour finir, le Pays Nantais et de surprenants vins de cépages, dont la plupart viennent de bien plus loin.

Je connaissais les excellents Muscadets de Frères Couillaud et je les ai dégusté de nouveau avec plaisir à cette occasion. Mais il y avait aussi une très intéressante nouveauté sur leur stand : une gamme de vins de cépage vendue sous la désignation « Vin de France », dont un magnifique Petit Manseng doux, un Viognier plein de fraîcheur, et plusieurs autres. J’avais remarqué une partie de cette gamme quelques temps avant Vinexpo, lors de la dégustation de la sélection Auchan pour les Foires aux Vins, car cet enseigne bien renseigné en a sélectionné plusieurs.Les autres ci-dessus ? R pour Riesling, PG pour Pinot Gris et SG pour Sauvignon Gris. Une expérience plus que louable que je suis heureux de voir aboutir.

David

 


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La Corse, côté Est et côté rosé

Je poursuis dans la veine corse de mon ami Marc, avec un rosé, cette fois.

Car le Sciaccarellu, cépage emblématique de Sud de la Corse, et notamment d’Ajaccio, se prête bien à la vinification en rosé – s’il est peu coloré (même en rouge), il est très parfumé, et assez peu tannique.

Au Nord d’Aléria, sur la Côte orientale de l’île, Eric Poli fait tout ce qu’il peut pour en conserver le fruit; il n’utilise que de la cuve, il régule soigneusement la température de fermentation et ne laisse pas la malo se faire, afin de garder de la vivacité. C’est réussi: voici un vin à la robe soutenue (saumon sauvage) qui déborde de fruits noirs et rouges (mûres, cassis, groseilles), dont la bouche allie rondeur, épices (poivre) et vivacité – de la joie liquide, comme j’avais pu l’écrire, en 2014, à propos de ce vin (qui à l’époque, contenait aussi du Niellucciu). Joie d’être en Corse, joie de faire du vin, d’offrir un peu de l’âme corse, sous forme liquide, à l’oenophile ou au touriste de passage. Joie de montrer que la côte orientale n’est plus cette grande usine à jaja des années 70.

Pour mémoire, Eric Poli possède également un domaine à Patrimonio, le Clos Alivu.

Alors, cet été, que vous pensiez rouge ou rosé, charpenté ou gourmand, pensez corse…

Domaine Poli: +33 4 95 38 86 38