Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Vues sur le Riesling en Alsace

A note to my English-speaking readers. An English version of this article will be forthcoming next week, but you can still check out the pictures and the list of the good Riesling wines that I tasted last Monday at Colmar in Alsace!

Je suis très amateur du cépage Riesling. C’est pourquoi je me suis concentré surtout sur cette variété (avec une partie de l’après-midi consacré au Pinot Noir dont je vous parlerai une autre fois ) pendant ma récente journée passée à Colmar, lors de l’opération bisannuelle intitulée Millésimes Alsace. Heureusement, il ne faisait pas trop chaud ce jour-là car la grande halle du Parc des Exposition de cette ville semble dépourvue de climatisation, ce qui est un peu étrange. En tout cas, les vins étaient tous servis à bonne température, ce qui n’est pas toujours le cas lors des grands salons.

Je dois aussi avouer une certaine perplexité devant les différences de saveurs et textures que peuvent proposer cette variété, et en particulier devant la présence ou l’absence des arômes/saveurs de type « hydrocarbure ». Personnellement je n’aime pas du tout cet arôme dans le Riesling, d’autant plus qu’il est très souvent accompagné par une texture un peu rêche/végétale et un fond d’amertume pas toujours agréable. Ce jour-là, j’ai demandé à plusieurs vignerons leur explication de la présence de telles caractéristiques et tous m’ont répondu sur la ligne « terroir », en parlant uniquement de la nature du sol. Cette réponse ne me satisfait pas du tout, entre autres parce que je rencontre ce profil dans des Rieslings issus de sols très variés, comme également deux Rieslings issus de la même parcelle et sol mais dont un seul rappelait le pétrole ! Dans ce cas, j’aimerais qu’ils m’expliquent précisément quel est l’ingrédient dans le sol qui provoques ses arômes, car le mot « terroir » me semble bien trop vague. Il doit y avoir autre chose et je ne suis pas loin de penser que la cause principale est plutôt la chaleur, et/ou le rayonnement solaire, car on trouve des Rieslings qui « pétrolent » essentiellement dans les zones les plus chaudes pour ce cépage : Alsace et Australie notamment, tandis que les vins allemands produisent cela bien plus rarement.

Et si c’était la carotte ?

Une explication plus crédible de cette famille aromatique qui peut diviser est qu’elle serait provoquée par un composé connu sous le terme difficile de 1,1,6-trimethyl-1,2-dihydronaphthalene (TDN pour faire court), et qui est produit, dit-on, pendant le processus de vieillissement (sans mention de la durée ce celui-ci) par l’hydrolyse de précurseurs carotenoïdes. Ces précurseurs auraient tendance à se développer sous une combinaison des facteurs suivants : des raisins très murs produits par des rendements faibles, une exposition forte au soleil, du stress hydrique et une acidité élevée. Je ne sais pas pour l’effet de vieillissement car je rencontre ces arômes aussi bien dans certains Rieslings jeunes que dans ceux ayant quelques années, mais le reste me semble cohérent.

Heureusement, beaucoup des Rieslings alsaciens que j’ai dégusté lundi dernier en étaient indemnes, et je vais vous parler essentiellement de ceux-là. Si vous ne trouvez pas votre producteur préférer dans cette liste, j’ai deux explications à vous donner, hormis mon aversion pour des arômes de pétrole : d’abord la taille de ce salon avec ses 99 exposants, ce qui en fait bien trop pour faire un tour complet dans la journée, car chacun présentait plusieurs cuvées de Riesling ; ensuite, le fait que j’ai évité des domaines dont je connaissais un peu la production, pour tenter de découvrir les vins de jeunes (ou de moins jeunes) producteurs.

Pour commencer, voici une liste des domaines dont j’ai particulièrement apprécié le style avec ce cépage : 

Domaine Agapé (Vincent Sipp à Riquewihr, ci-dessus) : clairement mon coup de cœur à ce salon, pour son style délicatement fruité, floral ou salin selon le cas. Et toujours une magnifique texture suave, totalement libre de toute rugosité. Une série de Riesling Grands Crus (Osterberg, Rosacker, Schoenenbourg) absolument impeccables, que ce soit dans les millésime 2015, 2016 ou, dans un cas, 2017. Rarement je n’ai trouvé une gamme aussi cohérente et séduisante dans le style à travers les 6 ou 7 vins que j’ai pu déguster.

Pierre Adam à Ammerschwihr, pour son Riesling Grand Cru Kaepferkopf 2010

Domaine Schoffit, à Colmar, pour ses Riesling Harth, et les deux Grands Crus Sommerberg et Rangen

Domaine Armand Hurst, à Turkheim, pour ses Riesling Grand Cru Brand 2016 et 2014, ainsi que d’autres vins

Domaine Martin Schaetzel, à Kientzheim, pour ses Rieslings « S » 2015 et Schlossberg 2016

Domaine Bott Geyl, à Beblenheim, pour ses Rieslings Graffenreben  et Grand Cru Sclossberg 2014

Domaine Stentz Buecher à Wettolsheim, pour les Rieslings Tannenbuhl cuvée Flavien et Grand Cru Steingrubler 2017

Wunsch & Mann à Wettolsheim, pour leur Riesling Grand Cru Steingrubler (je n’ai pas noté le millésime)

Domaine Zusslin, à Orschwihr, pour son Grand Cru Pfingstberg 2015

Et puis, aussi très réussi dans une gamme bien plus abordable (moins de 10 euros), il y avait le Domaine Ansen à Westhoffen. Pour les Grands Crus, la fourchette des prix au public des vins mentionnés se situe généralement entre 20 et 30 euros pour des vins qui ont une très belle capacité de garde.

En tout j’ai du déguster environ 80 cuvées différentes de ce cépage, entre AOP Alsace et Alsace Grand Cru. Les autres domaines dont j’ai dégusté des Rieslings, mais que j’ai moins bien notés, étaient les suivants : 

Henry Fuchs, Francis Beck, Scheidecker, Emile Beyer, Cave de Hunawihr, Baumann Zirgel, Paul Kubler, Sipp-Mack, Cave de Ribeauvillé, Gresser, Zinck, Haag.

Longue vie à ce magnifique cépage, avec ou (de préférence) sans arômes de pétrole !

David Cobbold

 


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La Belle Alliance du Minervois (La Livinière)

Pour les historiens, La Belle Alliance est une ferme qui a donné son nom à un des épisodes les plus marquants de la Bataille de Waterloo. Mais foin de batailles, pour l’oenophile, Alliance est d’abord le prénom d’une cuvée de Minervois La Livinière primée par le jury des journalistes du Livinage 2018, pour son millésime 2012.

J’y vois au moins deux enseignements: d’une part, la confirmation que les vins de La Livinière vieillissent bien (j’avais pu déjà le constater lors de l’édition 2017 de la compétition); de l’autre, les coopératives figurent de plus en plus souvent au palmarès des concours de la région, ce qui n’est sans doute pas un hasard.

Parlons un peu de celle qui produit cette cuvée, Alliance Minervois, la bien nommée, puisqu’elle est issue de la fusion de 5 coopératives… du Minervois (Homps, La Livinière, Rieux Minervois, Villalier et Azillanet). Elle réunit aujourd’hui quelque 600 viticulteurs, qui exploitent 3.000 hectares de vignes sur 49 communes entre Narbonne et Carcassonne.

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Si l’Alliance Minervois assemble des caves, la cuvée Alliance 2012 elle, assemble des cépages. Deux, en l’occurrence: la Syrah (à 80%), et le Grenache (calculez vous-même).

La première est vinifiée avec macération carbonique, le second selon la vinification traditionnelle.

60% de l’assemblage environ passe 18 mois en fût neuf.

Ce luxe de soins, pour une production est de l’ordre de 3000 bouteilles (c’est une Grande Réserve), a porté ses fruits.

Fruits noirs (cassis, surtout, au nez), et rouges (groseille bien mûre). Il est intéressant de noter que le bois est très bien intégré, qu’il agit ici plus comme une épice (il y en a, d’ailleurs, des épices, du poivre à la sarriette en passant par le romarin) que comme un élément constitutif du vin; le fruité est toujours bien là, ce vin ne fait pas son âge.

En bouche, la puissance du vin est impressionnante, son velouté aussi. J’aime aussi la pointe de violette et de pivoine en finale.

Je vous conseille de le déguster légèrement rafraîchi, car c’est un « beau bébé » de 14° (officiels).

Vraiment, un beau vainqueur, surtout quand on sait que les deux autres vins sélectionnés par le jury de journalistes, cette année, sont le Domaine Borie de Maurel (Cuvée Maxime 2015) et l’incontournable Clos Centeilles (dans son millésime 2013).

Alors, bravo aux quatre jurés – cette année, il y avait mes confrères et néanmoins amis Marc-André Gagnon, Per Karlsson, Vladimir Kauffmann et Fabien Lainé.

Et pour être complets, voici les 6 autres vins sélectionnés par les deux autres jurys (vignerons et sommeliers): Château Pepusque Les Cailloux Blancs 2016, Château de Gourgazaud Réserve 2016 et Château La Rouviole 2015 (pour les vignerons), Domaine Rouanet-Montcélèbre Boréalis 2016, Château de Cesseras 2014 et Château Maris 2015 (pour les sommeliers).

Une dernière petite remarque avant de me replonger dans la coupe de l’Alliance (nouvelle et éternelle?): sommeliers et producteurs ont choisi des vins plus jeunes que les journalistes.

Sommes-nous plus vieux d’esprit?

Hervé Lalau


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Graham’s Port et bœuf, un mariage particulier

On a l’habitude de boire le Porto soit tout seul, soit avec du chocolat ou accompagné d’un cigare. Le faire escorter un morceau de bœuf semble un peu plus original et ‘pincée de poivre sur le steak’, ça marche !

C’est lors d’un repas en l’honneur de quelques Portos de chez Symington que l’expérience fut tentée (entre autres). J’ai retenu l’accord entre un vieux Vintage de 1963 et une pièce d’Aubrac richement entourée.

Parlons tout d’abord du vin

 

Graham’s 1963 Vintage Port

D’une belle couleur ocre marron, il offre un nez de gentiane et d’angélique confite auxquelles s’ajoutent des fragrances d’écorce de citron et de caramel légèrement brûlé, ça lui donne un air de baroudeur qui n’est pas dénué de charme. La bouche retrouve le caramel et lui ajoute du poivre et du sel. De la tomate confite s’impose ensuite et confère à l’espace palatin une onctuosité des plus agréables, le confort de bouche, c’est important ! Une fraîcheur qui tient plus de la volatilité capiteuse que de l’acidité vient équilibrer l’élan sucré. La finale s’épice de curcuma et de quinquina.

Avec l’Aubrac

Ou avec toute autre pièce de bœuf qui a du goût, le Porto compte sur les amertumes pour apporter fraîcheur et relief à ce mariage inusité. C’est fou comme l’hémoglobine se combine avec grâce aux accents brûlés du caramel, aux bitters racés de la gentiane et du quinquina, ça nous fait en bouche une impression de satiété qu’on aurait jamais cru. Satiété, j’explique : chaque bouchée donne envie de la savourer comme si elle était unique, sans d’autres qui suivent, ce qui fait qu’on en profite pleinement, à fond. Seul danger, c’est de terminer la viande … froide. Et puis, comme on voit sur la photo, la barbaque n’était pas seule au rendez-vous, mais le Lusitanien ne s’en est guère offusqué. Il a même apprécié l’onctuosité des petits cèpes, l’amertume braisée du chicon (endive pour les Hexagonaux), la végétale du radicchio.

En fait, ce Porto a très bon caractère et se boit avec facilité pour qui ne s’entiche pas de complexité, et l’offre à ceux qui s’en éprennent.

J’avais gardé un peu du précédent…

Dans les repas comme ça, il faut toujours garder un peu du précédent, en l’occurrence, un Graham’s 20 Year-Old Tawny teinté d’un ocre rouge lumineux, au nez de cacao et de noisette grillée, avec des nuances de gingembre et de sablés trempé dans le café. Une bouche grasse, ample, imposante d’alcool, ce qui n’est pas péjoratif, mais tente de définir cette impression de volume capiteux qui vous emplit l’espace palatin sans vergogne. La subtilité arrive après. Il est du style, j’envahit, j’explique après. Des notes de poivre blanc, d’écorces d’orange et de bergamote, du sel, de l’iode, de la réglisse… se mêlent à la douceur du vin, se répandent avec une grande délicatesse et vous caressent les papilles, c’est des plus sensuels.

Mais si j’en ai gardé un peu, c’est pour voir comment il allait se comporter avec le plat. Un très bel accord aussi, mais bien différent. Aérien avec la pointe de sucre du vin qui renforce la saveur poivrée de la viande. Un mariage à la fois riche et délicat dans lequel chacun des partenaires semble hésitant ou timide, ne voulant pas s’imposer à l’autre, mais trouver les affinités pour mieux accorder les dissemblances.

Bon, on ne sortira pas systématiquement un Porto à chaque fois qu’on mange une entrecôte, mais tentez l’expérience, c’est sympa.

Bon ap’

 

Ciao

Marco


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Un cépage rare, le Gringet

À Ayze, j’y suis aujourd’hui, du moins je l’espère, avec toutes ces perturbations climatiques et autres, rien n’est vraiment sûr pour l’instant. Mais Ayze c’est où ? Et qu’il y a-t-il de particulier dans ce petit coin des alpes ?

 

 Du côté du Mont Blanc

Les Alpes sont riches de pentes et de falaises. De-ci delà quelques abrupts fleurissent de vignes, endroits privilégiés, souvent très bien ensoleillés où le raisin parvient à naître. Connus et moins connus, ces rares crus offrent encore parfois l’originalité du plant, tel le Gringet en Ayze, le village, ou en AOC Vin de Savoie Ayse si j’ai bien compris, mais ce n’est pas clair, je demande.

 

Le Feu 2016 Vin de Savoie Domaine Belluard Ayse

Il coule clair, presque limpide dans le verre, au nez un rien de pomme, discrète au début, puis plus intense à chaque volte. Il faut, il est vrai à cet esprit montagnard plus qu’un faible remuage pour le faire s’exprimer. Mais le voilà d’un coup plus enclin au verbiage, parole de cristal, le voilà vif et minéral avec un accent presque italien de thym et de pétale de rose. Puis, la pomme revient en tatin, mélangée de poire et de rhubarbe, relevée d’épices qui flirte avec l’exotique. Pour en arriver là, il a fallu jouer au plus fin, rusé, employer des moyens détournés, la carafe, le temps, lui ont fait exprimer ce qui d’habitude demande quelques années. Le Gringet, vous l’avez compris, ne se livre pas au premier venu, il faut savoir l’apprécier, alors lui aussi vous apprécie.

La vigne

Elle pousse dans les argiles rouges chargées d’alumine de fer d’un cône de déjection d’une ancienne cascade glacière. Ces argiles rouges flamboient à certaines heures, lorsque les rayons solaires les caressent à l’obtus d’un angle couchant. L’exposition regarde le sud-est, l’altitude atteint les 450 mètres.

La vendange

Elle est manuelle, la vinification traditionnelle, si ce n’est qu’elle se passe en cuves de ciment ovoïdes, sans levurage, elle prend 4 mois et enclenche la malolactique. Le vin est filtré sur terre blanche et contient moins de 30 mg/l de SO2.

Le Domaine

 

Il compte 12 ha et est conduit en biodynamie depuis 2001. Il se situe dans la Vallée de l’Arve, en Haute-Savoie, entre Chamonix et Genève.

Les terres de la famille Belluard se couvraient d’arbres fruitiers. Les parents de Dominique et Patrick ont exploité leurs vergers jusque dans les années 80. C’est après des études d’œnologie à Beaune que Dominique prend la relève en 1988 et s’occupe de toute la partie production et vinification. Il convertit son vignoble en modes biodynamique en 2001. http://domainebelluard.fr

Ayse

Si l’appellation fait partie des 22 crus savoyards, elle n’en représente que 2%. De plus, ce tout petit terroir n’est pratiquement recouvert que de Gringet, qui se décline en vins effervescents et tranquilles. Ayse occupe 22 ha répartis entre une quinzaine de petits producteurs.

On suppose l’existence d’un vignoble depuis l’époque des Burgondes. Mais les premières traces officielles datent du 13es. Elles ont été trouvées dans des paiements d’octroi dans les franchises de Bonneville en 1279. Le vignoble s’étendait sur 9 communes entre Chatillon et Bonne-sur-Menoge. L’apogée de superficie fut atteinte en 1870 avec 630 ha de vignes. Le déclin de production commence peu après, le phylloxera n’y est pas étranger.

L’AOC Savoie Ayse a été créée en 1973, elle garantit la provenance et les conditions de production du vin blanc tranquille et du vin blanc effervescent.

Le Gringet

 

Cépage endémique de la Savoie, il devait déjà y pousser avant l’occupation romaine. Génétiquement, il ne se rattache à aucune famille et serait donc unique ! Sa grappe est petite et ailée, assez compacte, aux pédoncules longs auxquels s’accrochent les petites baies sphériques à peau jaune doré à maturité.

Son débourrement est tardif et sa maturité arrive en deuxième époque.

Dominique Belluard fait aussi un excellent Gringet effervescent

Ciao

 

Marco

 


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Deux Savoyards sont là!

Voici deux vins qui n’ont d’autre point commun que de venir de Savoie.  Pour le reste – couleur, cépage, terroir, ils sont tout à fait différents.

Une façon de rendre hommage à la diversité de ce vignoble petit en taille, certes, mais grand en potentialités.

Le premier est un Chignin-Bergeron du Domaine Jean Vullien, la Cuvée Harmonie, dans son millésime 2017.
Une roussanne, donc, puisqu’à Chignin, il y a deux appellations: Savoie Chignin (Jacquère, Aligoté, Mondeuse blanche pour les blancs; Gamay, Pinot Noir et Mondeuse Noire pour les rouges); et Savoie Chignin-Bergeron – Bergeron étant le nom local de la Roussanne.
Le domaine Jean Vullien compte 34 ha de vignes, dont 7 de Roussanne, situés sur les coteaux pentus de Montmélian et Francin – dans la Combe de Savoie, donc. La maison propose trois cuvées de Chignon Bergeron, dont celle-ci, Harmonie, est issue des éboulis calcaires orientés au Sud. Ce vin ne fait pas sa malo. Production: 18.000 bouteilles
Le nez nous offre de l’abricot (bergeron, bien sûr!) mais aussi des notes florales (pivoine); la bouche opulente ajoute le chèvrefeuille et l’acacia, avec le miel du même nom.

Harmonie? Oui, elle est au rendez vous, entre le plaisir immédiat de son fruit mûr, son confort buccal et la petite pointe de sel qui emporte la finale, et invite à la prochaine gorgée. Bref, j’adore!

Le second vin est la Mondeuse Vieilles Vignes du Vigneron Savoyard. Il nous vient de Ruffieux, en Chautagne – c’est à dire, plus au Nord, près du lac du Bourget.
J’aime à croire que le M doré qui figure sur l’étiquette de cette Mondeuse indique l’amour majuscule que les viticulteurs de cette cave coopérative portent à ce cépage éminemment local.
Mais visuellement, l’ensemble ne me paraît pas à la hauteur du contenu (j’y viens).

Impossible de ne pas penser à la Syrah (une proche parente de la Mondeuse) quand on sent les notes de pivoine et de violette, avec en plus ce côté animal qui vous emporte du côté de Tournon. Mais la bouche, toute en subtilité (prune, fumé, cerise) et élégamment poivrée, nous détrompe immédiatement. Servi légèrement rafraîchi, ce vin fera votre bonheur cet été, des charcuteries aux grillades. En plus, il ne titre que 11,5°, ce qui devient rare, surtout pour des vieilles vignes.

A ce propos, je crois de mon devoir de faire un sort à la contre-étiquette, si peu informative, quand elle parle de « terroir » (lequel?), et surtout de « puissance », pour un vin dont tout le charme, justement, est d’être délicat. A croire que ces lignes doivent servir pour l’ensemble de la gamme, de la Roussette au Gamay en passant par la Mondeuse.

En résumé, que le Vigneron Savoyard ne change rien à sa recette, mais de grâce, qu’il change son  habillage et son babillage!

Hervé Lalau


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Some recently enjoyed Loire bottles …..

05 Mi-Pente

 

We opened the 2005 Mi-Pente, Bourgueil from Domaine de la Butte to welcome one of the new members of our French group. She had first visited us in the Cher Valley in 2005. her stay included a visit to Jacky Blot and she was very struck by Jacky’s explanation of the terroirs of La Butte. Naturally it felt appropriate to mark the occasion with the 05 Mi-Pente, which is currently drinking very well. Lovely soft, developed fruit, supple structure – all in all the 2005 Mi-Pente seems much younger than its 13 years.

 

Crémant Aulée Zéro

 

Château de l’Aulée’s Crémant de Loire Crémant de Loire Brut Zéro is our house Loire sparkler. Made from 100% Chenin it is very clean, pure and precise. Despite having no dosage, the finish is attractively austere but never acidic. A fine sparkler, which spends between 24 and 36 months sur latte,  for less than 10€ from the domaine!

 

17 Bourg-du Rochouard

 

Bought on Sunday at the latest edition of the Bios Jours de Bourgueil attended by organic producers from the Pays Nantais, Saumur and Touraine. This well-made 2017 Bourgueil cuvée printemps from Domaine du Rochouard offers great value at 6.50€ the bottle.  Ripe fruit, some fairly soft structure, this entry level Bourgueil can be drunk now with pleasure but should improve over the next two or three years in bottle.

In contrast with many of the other wines on sale at the Bios Jours Jean-Luc Duveau’s Bourgueil was offered at a very good price. Many of the other exbibitors had wines that started at around 10€ without the quality found in this 2017.

 

Negrette Grenouillière

 

2012 Negrette

 

A magnum of 2012 Negrette bought from Jérémie Mourat’s domaine in the Fiefs Vendéens. A magnum is an ideal size if you have a number of people around the dinner table. Negrette is the majority grape of Fronton, to the north west of Toulouse. It is also found, however, in the Fiefs Vendéens. Mourat’s Negrette has lovely juicy black fruits – the 2012 slipped down without a struggle. Time to buy some more!

 

89 Grande Année BF

 

The 1989 Grande Année is a lovely classic from Bernard Fouquet’s Domaine des Aubuisières and it was wines from this great Loire vintage that established Bernard’s reputation. Less rich than his 1989 Le Marigny, Grande Année has lovely delicacy, finesse and balance with potential to continue to age brilliantly as on close to 30 years old it has lovely freshness.

 

Visit to FilipaP


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Deux rosés bien différents et pourtant…

Avec la chaleur qu’il fait, ce soleil envoûtant, cette sécheresse (je parle de la Belgique depuis un mois), l’heure est au rosé; mais lequel ?

La Maison Torres nous en propose deux bien différents; déjà la couleur, très importante dans le monde très particulier du rosé, plaira aux uns et pas aux autres et vice versa, et le reste aussi. Les voici:

De Casta rosado 2017 DO Cataluña Torres

 

La robe fait penser à un Clairet tellement son incarna est prononcé. Son nez se pare d’une cerise confite matinée de fraise tagada, dans le pure style bonbons acidulés qui plaît d’emblée aux amateurs de rosés bien fruités. La bouche mélange douceur, onctuosité et fraîcheur, un cocktail qui fait saliver. Quelques herbes et épices évoquent le terroir catalan d’où nous la tendre boisson.

Assemblage d’une majorité de Cariñena/Mazuelo et moins de Garnacha tinta qui macèrent pendant 24 h en cuve inox. La mise en bouteille se fait en novembre.

Viña Esmeralda rosado DO Cataluña 2017 Torres

 

Saumon pâle, il respire avec raffinement les notes graciles d’orange sanguine et de mandarine, viennent s’ajouter quelques fragrances subtiles de jasmin et de fleur d’amandier, histoire de nous faire saliver. Et la bouche n’y manque pas. Fraîche, un rien salé, quelle sapidité nuancée des arômes des fleurs et fruits sentis auxquels s’ajoutent la chair d’un raisin de muscat, le charnu d’une groseille, le jus d’un melon d’Espagne. Le tout formant un ensemble d’une douce intensité aux arômes recherchés.

Pressurage direct de Garnacha qui fermentent ensuite pendant une vingtaine de jours. Le vin est élevé sur lies pendant 4 mois avant la mise en février.

Deux vins du même producteur, mais à cent lieues l’un de l’autre. Le premier, immédiat, généreux, parfait pour l’apéro. Le second, élégant, subtil et dense qui ne convient qu’au repas. Voilà une bonne démarche pour répondre à différentes attentes du consommateur. Et ce qui me plaît en plus, c’est que la couleur ne correspond pas à ce qu’on pourrait croire, le plus clair est le plus dense, le plus foncé, le moins vineux…

www.torres.es

Ciao

 

Marco