Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Shorts – NZ tasting + St John

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Yesterday was the annual New Zealand London tasting. I spent a little over an hour there as I find large generic tastings increasingly uncongenial – must be a sign of reaching middle age, I suppose …….

Anyway I did spend enough time at the tasting to discover the wines of Clos Marguerite, a small producer in Marlborough. As the name might indicate this 10-hectare vineyard has close links with a French speaking country – not France but Belgium. It is owned and run by Jean-Charles Van Hove and Marguerite Dubois from Belgium where they married and then set off to New Zealand to seek their fortune – or rather establish their own vineyard.

In 1998 they bought 10 hectares in the Awatere Valley, the most southernly part of Marlborough and most enclosed valley. It wasn’t until 2000 that they started to plant.See here. In the meantime Jean-Charles worked as wine-maker for a number of NZ companies. See here.

 

There were three Clos Marguerite wines to taste – 2016 and 2015 Sauvignon Blanc and the 2012 Pinot Noir. I was impressed by the nicely restrained 2016 Sauvignon Blanc – the 2015 is a little more opulent but still attractive. Equally I liked the quite bricky coloured 2012 Pinot Noir with its silky texture, delicacy and length. The wines are distributed in the UK by Clark Foyster.

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Isabelle Clark and Lance Foyster MW

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bu0a0644Sophie Lafourcade Cachard, Domaine les Luquettes, Provence 

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Diane Cauvin, Château Colombière, Fronton

On Saturday we were invited to join St John Restaurant‘s annual growers lunch, which was a great opportunity to taste many of the wines on the restaurant’s list, meet the growers and enjoyable a long lunch – we could get addicted to this. Above are two of the growers, whose wines we particularly liked and who were present at the lunch – Diane from Fronton and Sophie from Bandol.

CRM and I are planning a charity ride from Pauillac to La Livinière in the Minervois where Trevor Gulliver and Fergus Henderson, the owners of St John, have a vineyard. The ride will be to raise money for a Parkinson’s charity as Fergus had had this disease for some time. We will be riding in June to coincide with Fergus and Trevor’s annual Fête des Vins in La Livinière. More details to follow.

Jim Budd


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Vendôme, Vendôme…

Un des grands plaisirs de ce métier, c’est de pouvoir jeter un peu de lumière sur des petits coins de vignoble qui en manquent parfois cruellement. C’est le cas des Coteaux du Vendômois, je pense. Et pourtant, non seulement la région est pittoresque, non seulement son vignoble (à peine 150 ha) est très ancien, mais il recèle un trésor rare, un cépage trop modeste, j’ai nommé le Pineau d’Aunis.

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Aunis soit qui mal y pense

Également connu sous le nom de Chenin Noir (bien qu’il n’ait pas de parenté avec le Chenin Blanc), ce cépage vigoureux est sans doute un des plus anciens de la région. Certains lui voient des origines rochelaises (d’où son nom), d’autres béarnaises.

Aujourd’hui, on le trouve surtout dans la vallée du Loir; toutes régions confondues, la surface cultivée ne dépasse guère les 600ha.

On le connaît principalement pour les vins rosés ou gris, dont nous parlait l’ami Marc, ici même, il y a quelques mois; mais moyennant une  macération plus longue, il peut également donner des rouges bien colorés. Dans les deux cas, ce qui frappe, avec le Pineau d’Aunis, ce sont les épices (admirez la rime!).

Pour illustrer les belles dispositions de ce cépage et des Coteaux du Vendômois (reconnu en AOC en 2001 seulement), voici une cuvée élaborée par Patrice Colin, un des vignerons emblématiques de l’appellation, qui exploite 25ha (en bio) autour de Thoré la Rochette.

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Assez sombre dans le verre, avec quelques reflets violacés, voilà un vin qui ne fait pas son âge à l’œil; ni au nez, qui présente une aromatique très fraîche centrée sur la cerise (guigne, griotte), l’épinette et la prunelle. La bouche est dans le droit fil de cette fraîcheur fruitée, avec en plus, une pincée de poivre.img_0810

Ce vin puise dans sa charpente acide un équilibre de funambule – une qualité bien  ligérienne. Il n’est pas issu du seul Pineau d’Aunis, mais contient aussi du Pinot noir (également appelé auvernat noir, localement) et du Cabernet Franc. 

La règle veut que le Pineau d’Aunis constitue au moins la moitié de l’assemblage des rouges  de l’appellation; tandis que le Gamay également autorisé par le cahier des charges, ne peut dépasser 20%.

Un peu d’histoire… en chanson

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire écouter ici la chanson de David Crosby, Orléans, dont les paroles évoquent la bonne ville de Vendôme. Et pourquoi donc? Parce que lors de la guerre de 100 ans, la ville était une des dernières à être contrôlée par Charles VII face aux Anglais (on l’appelait d’ailleurs le Petit Roi de Bourges). Initialement intitulée Le Carillon de Vendôme, la chanson égraine quelques une de ses maigres possessions: Orléans, Beaugency, Notre Dame de Cléry, Vendôme, Vendôme! Notons par ailleurs que les vins de la région étaient alors très appréciés.

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Fabulons un peu: et si les Coteaux du Vendômois étaient les héritiers de ce que l’on appelait naguère le « gentil vin françois »? Le vin de Jeanne d’Arc, à l’époque où les Anglais vendangeaient l’Aquitaine, les Bourguignons la Bourgogne, et où ni la rive Est du Rhône, ni l’Alsace, ni la Lorraine n’étaient françaises…

Je laisse nos amis régionalistes vous expliquer à quel point il est plus noble et plus fashionable, aujourd’hui, de se dire basque, limbourgeois ou berrichon plutôt que français, belge ou espagnol. C’est leur droit, comme c’est le mien de penser autrement.

Je laisse à nos amis internationalistes le soin de vous convaincre que la notion de souche n’existe que sous le microscope ou quand les arbres sont morts.

Mais moi, je suis très attaché à mon pays, dans son intégrité comme dans sa diversité. Aussi, dans mon métier, j’aime à ancrer tel vin à tel clocher, à telle montagne, à telle rivière, à telle communauté vigneronne, ou à le rapprocher de tel événement de l’histoire de ce que naguère, sans vergogne, on appelait une patrie – la terre de nos pères (et de nos mères). J’ai été Charlie, j’ai été Bardo, j’ai été Nice, j’ai été Berlin. Mais surtout, je suis France. Vendôme, Vendôme!

Hervé Lalauimg_0804


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La der des der ?

Le problème lorsque ça marche bien pour le vigneron, c’est qu’il se sent vite à l’étroit, quelque peu coincé avec, en plus, une cuvée qui occupe l’espace médiatique au détriment parfois des autres. C’est l’occasion de se recentrer, de faire un bilan et de se dire qu’après tout, si le public le demande, pourquoi ne pas continuer… Olivier Jullien, lui, préfère tout arrêter. Non pas mettre fin au « vigneronnage » (quoiqu’on ne sait jamais avec lui…) pour mieux se consacrer à la pêche à la mouche, sa passion… Non, il préfère saborder une cuvée qui marchait du feu de dieu, trop peut-être, sa cuvée « Les États d’âme » qui, à chaque fois que nous en buvions, nous faisaient voir une partie de lui même, celle d’un lutin languedocien jouant avec les terroirs, les cépages, les vinifications pour nous livrer un instantané de son univers.

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À chaque parution, nous, les amateurs, y allions de nos commentaires, mais surtout de nos élucubrations : à quoi jouait le petit prince du Languedoc ? Vers quelle nouvelle facétie voulait-il nous entraîner ? Vers quel coteau ? Plus de grenache cette fois-ci ? Moins de Carignan ? À moins que le Mourvèdre ne vienne troubler les esprits ?  Pour pimenter nos avis, le vigneron volontiers poète ajoutait un peu ou beaucoup de sa prose sur l’étiquette permettant un approche plus hédoniste que celle, trop factuelle, d’une récitation purement technique. Grâce à lui, on lisait le vin tout en le buvant ! Combien de millésimes le vigneron a-t-il réalisé sous ce nom ? Honnêtement je ne sais plus et cela n’est pas le plus important quand on connaît bien le personnage imprévisible qu’est Olivier Jullien. Il paraît en effet que ce n’est pas la première fois qu’il annonce la fin de ses États d’âme.

wp_20161231_003J’ai acheté le dernier millésime des États d’âme, un 2013. Je me le suis aussi offert au restaurant bar à vins, Le Chameau Ivre (chez Philippe Catusse, à Béziers), où il est arrivé sur table au prix caviste (25,50 €) ce qui, compte tenu de la notoriété de ce Terrasses du Larzac, reste raisonnable… Sur la cuisine très orientée mer le bougre n’avait au début pas trop sa place, mais cela ne nous a pas empêché de vider la bouteille en moins d’une heure, après avoir démarré par un Brut Nature de Drappier, suivi d’un Côte-de-Brouilly 2010 de Jean-Paul Brun. Avec dix années de plus, le Mas Julien, puissant et marqué par de beaux tannins, eut été parfait. Fort heureusement, un plat allait vite le mettre en valeur : la raviole de sanglier, un goût de civet mêlé de légèreté. J’aurais pu opter à la rigueur pour le 2011, plus mûr, mais il me fallait à tout prix tester ce 2013 pour constater que mon unique exemplaire devait encore séjourner longuement en cave.

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Le chameau est l’animal totémique de Béziers.

Quel enseignement tirer de tout cela ? À la place d’Olivier, j’aurais maintenu en vie cette cuvée pour en faire la cuvée-référence du domaine. C’eut été un bon moyen de se remettre  doublement en question trente ans après. À la fois en explorant de nouvelles voies pour « Les États d’Ame » permettant ainsi d’élargir son public, mais aussi pour envisager la création d’autres cuvées capables de soutenir ou de remplacer celles qui existent déjà. L’autre enseignement réside dans le fond de sagesse du vigneron qui, tout en étant un « caractère » comme l’on dit, n’a rien de farfelu. Malgré la gloire qu’il tire du vin, le gars reste les pieds sur terre et ne fanfaronne pas avec des prix élevés permettant ainsi à tout amateur de s’offrir une de ses bouteilles, même au restaurant, et de s’évader ainsi un peu plus haut vers les garrigues du Languedoc. Pour ce dernier repas de l’année tout en célébrant l’anniversaire de Brigitte, ma compagne, nous avons pu festoyer en nous ruinant sagement…

Michel Smith

PS Lire aussi le très recommandable livre « La Mécanique des Vins » par Laure Gasparotto et Olivier Jullien (Grasset)

 

 

 


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Grappillons quelques bons vins de saison – et abordables!

En cette période ou on ne parle que de « grands vins », de choses chères et parfois rares pour appâter le client, je vais prendre un peu le contre-pied et vous parler de quelques vins plus modestes que j’ai croisé récemment et qui m’ont semblé exemplaires, chacun selon son type et pour des prix abordables. Ce ne sont pas de premiers prix, mais aucun ne dépasse 20 euros la bouteille et le niveau moyen se situe autour de 12 euros. Cela vous fera un repas de fête réussi et peu onéreux, ou si c’est trop tard, une sélection pour les mois à venir, quand vous ne voulez plus vous ruiner. J’ai opté pour une gamme qui peut remplir toutes les cases ou presque d’un repas de fêtes (ou autre): une bulle et un liquoreux, trois blancs et trois rouges. De quoi faire quelques beaux accords avec les mets de saison.

La bulle

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Crémant de Bourgogne, cuvée Vive la Joie 2008, Cave Bailly Lapierre

J’ai dégusté cette cuvée, dans différents millésimes, à plusieurs reprises et j’ai toujours été impressionné par sa plénitude et le plaisir immédiat qui est fournie par ce caractère délicatement fruité qui remplit la bouche et la laisse impatiente pour la prochaine gorgée. C’est presque le prix de certains Champagnes bas de gamme mais sa qualité leur est nettement supérieure.

Prix public environ 13 euros

 

Le liquoreux

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Ninon, Muscat à Petit Grains 2015, Vin de France, Cave d’Alba

Il y a de plus en plus de vins intéressants qui sortent du carcan parfois trop rigide des appellations, et ce vin d’Ardèche en fait partie. Le vignoble a failli disparâitre mais il revit grâce à ce vin très aromatique (on s’en douterait vu le cépage) somptueux par sa texture, presque luxuriant mais parfaitement en équilibre par une belle pointe de fraîcheur.

Prix public 12,50 euros

Les vins blancs

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Muscadet Sèvre-et-Maine, Froggy Wine 2015, Pierre Luneau-Papin

C’est parce que la parcelle s’appelle « Les Grenouilles » que Pierre Luneau-Papin, régulièrement l’un des meilleurs vignerons du Muscadet, a ainsi nommé sa cuvée et j’aime bien la touche d’humour dans le nom et l’étiquette. Je suis fan de ses vins, comme de bien d’autres des meilleurs producteurs de cette appellation si injustement décriée, depuis un moment. Celui-ci peut parfaitement remplir son rôle de rafraichir et d’ouvrir le palais en accompagnant huitres ou autres fruits de mer, mais il est bien plus qu’un somple accompagnateur. Son fruité fin et sa belle rondeur se laissent boire tout seul. Vaut bien des vins blancs plus chers.

Prix public environ 10 euros

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Sauvignon Blanc Spielfeld 2014, E & W Polz, Sud-Steiermark, Autriche

Je trouve que les meilleurs Sauvignon Blancs d’Autriche, qui viennent tous de la Styrie, font partie de plus accomplis des vins de ce cépage au monde. Un verre de ce vin-ci, dégusté au prix de 5 euros dans un bar à vin à l’aéroport de Vienne (et qu’est-ce qu’on attend pour présenter un choix de vins au verre de ce niveau et à ces prix dans les aéroports en France ?), m’a semblé parfaitement illustrer ce propos. Il arrive a combiner l’intensité fruité d’un Sauvignon de Marlborough (NZ) sans l’accent parfois caricaturalement expressif avec la texture légèrement râpeuse mais finement ciselé d’un Sancerre. Le vin est long sans aucune lourdeur. Cela doit être le climat semi-montagneux, combiné à une vinification très précise et un long élevage dans des contenants en bois assez volumineux et pas neufs. Cette dimension tactile qui colle à la langue est une des choses que j’apprécie dans ce vin, outre son équilibre entre fruit et acidité.

prix public en Autriche environ 17 euros : ce n’est pas un premier prix, mais d’autres sauvignons dans la gamme de cet excellent producteur sont disponibles à partir de 9 euros.

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Montagny 1er Cru, Les Bassets 2014, Laurent Cognard & Co

Je ne connaissais pas ce producteur et j’ai reçu cette bouteille en tant qu’échantillon envoyé par une agence de presse. D’après ce que j’ai pu glaner comme information, il s’agit d’un jeune vigneron qui a pu acheter un peu de vignes tout en travaillant comme salarié avant 2006, puis il en a repris d’autres parcelles à la retraite de ses parents qui étaient en cave coopérative. Vendanges manuelles, pressurage douce, levures « indigènes », malos faites et une association de vinification/élevage en cuves et vaisseaux en bois de différentes tailles. En tout cas le résultat m’a semblé très probant, avec un mariage intéressant entre rondeur et vivacité, de la pureté dans les saveurs fruites et une bonne longueur. Heureusement pas de « minéralité » à l’horizon (private joke) !

Prix public : autour de 20 euros : ce n’est pas exactement donné mais cela vaut d’autres blancs de Bourgogne à 30/35 euros

Les vins rouges

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Beaujolais Nouveau, cuvée Vieilles Vignes 2016, Pierre-Marie Chermette

Ce producteur (ci dessus, montrant qu’il ne mouille pas que sa chemise pour faire ses vins), qui fait aussi d’excellents vins dans les crus Brouilly, Fleurie et Moulin-à-Vent, produit chaque année ce qui sont pour moi des vins exemplaires du type primeur issu de l’appellation Beaujolais. Là aussi on a le choix entre différentes cuvées : Les Griottes et Vieilles Vignes. Cette année j’ai acheté et bu une bouteille de la deuxième cuvée, peu de temps après la sortie de ces vins. Ce vin m’a enchanté par son fruité très croquant, son allégresse sur la langue et l’impression de joie de vivre (et de boire) qu’il m’a transmis instantanément. Et il a tout ce qu’il faut pour tenir encore un an si jamais cela vous inquiétait.

Prix en boutique à Paris: environ 8 euros.

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Côtes du Roussillon Mas Baux, Grand Red, 2015

Pas la première fois que j’apprécie les vins de ce très bon producteur non plus. Sur le plan stylistique, c’est bien évidemment très différent du précédent, plus riche mais également très fruité et gourmand à souhait mais avec la dimension chaleureuse qui parle de ses origines sudistes en plus. Beaucoup de vin pour ce prix.

Prix public : 8,50 euros

 linsoumiseDes jeunes couples qui font d’excellents vins très abordables à Bordeaux, cela existe et ce n’est pas rare du tout. Que les « non-pensants » arrêtent avec leur stupide « Bordeaux bashing » ! 

Bordeaux Supérieur, Château l’Insoumise cuvée Prestige 2014

Voulez-vous du classique et du pas cher ? Voici un parfait exemple que j’ai choisi récemment à l’aveugle parmi 25 vins de cette appellation et dans ce millésime. C’était un de mes trois vins préférés de cette série et le moins cher des trois. Il vient de la région de Saint-André de Cubzac (rive droite) et son assemblage donne une part moins important au Merlot que la plupart de ses concurrents: 60% pour 35% de Cabernet Sauvignon et 5% de Cabernet Franc. Le résultat est un vin droit, net et très classique au nez avec un boisé encore présent dans un ensemble relativement puissant et structuré mais sans aucun excès. C’est clairement du Bordeaux et c’est très bien fait.

Prix public 8 euros

Bonnes fêtes, ou ce qu’il en reste

David Cobbold


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7 Proseccos de la GD au banc d’essai

Le Prosecco est « la bulle qui monte », en Europe. Depuis 2013, il s’en vend plus que de Champagne. Pour vous, nous avons testé l’offre présente dans trois grandes enseignes belges (Delhaize, Carrefour et Colruyt).

Petit rappel terminologique

Le Prosecco se décline en deux grandes familles: le Prosecco DOC (une vaste appellation de 23.000 hectares, s’étendant sur 9 provinces de Vénetie et du Frioul) et le Prosecco DOCG. Ce dernier est issu d’un territoire beaucoup plus restreint, divisé en plusieurs sous-dénominations: Asolo (au Nord-Ouest de Trévise)  et Conegliano Valdobbiadene (15 communes au Nord du   Piave, toujours en provence de Trévise), avec, en outre, quelques sous-types (Rive, pour 43 coteaux identifiés de Conegliano Valdobbiadene, et Cartizze, pour un bloc de 107 hectares sur la commune de Valdobbiadene). Les plafonds de rendements sont plus bas en DOCG.

Pour être complets, notons que le Prosecco produit non seulement du Spumante (celui qui nous intéresse aujourd’hui, et auxquel on pense généralement), mais aussi du vin frizzante et du vin tranquille.

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La zone de production des Prosecco (Photo Passion Prosecco)

Quelques remarques générales 

Les deux DOCG de notre échantillon (deux Conegliano Valdobbiadene, en l’occurrence) ont fait l’unanimité. Mais un de nos Proseccos DOC a fait jeu égal avec eux.

Plus important, pour la segmentation des produits, est le dosage, nous semble-t-il : quatre des Proseccos dégustés étaient de qualité Extra Dry (entre 12 et 17 grammes de sucre). Les trois autres étaient des bruts (moins de 12 grammes). Au goût, ceprenant, deux des trois nous ont parus proches de ce plafond, au point que la différence avec les extra-dry n’était pas si évidente.

Ceux qui préfèrent les vins très peu ou non dosés ne trouveront donc pas facilement chaussure à leur pied dans notre échantillon. Ceux qui s’attachent plutôt à l’équilibre du vin, ou n’ont pas d’a priori sur le dosage, seront plus à leur affaire. Sans oublier ceux qui apprécient le fruité mûr – une qualité du cépage Glera, au moins dans sa jeunesse. Un cépage qui prend parfois, pour moi, de faux airs de Chenin.

Les degrés d’alcool sont assez faibles (entre 11 et 12°)

Notons pour finir qu’il s’agissait a priori de vins issus de la méthode Martinotti (aucun en tous les cas, n’indiquait le contraire).

 

Notre classement s’établit comme suit :

-Trois produits de grande qualité,

-Deux autres, non dénués d’intérêt,

-Deux autres encore, sans vice ni vertu.

 

img_0589-2Les vins dégustés

Nos préférés 

Mionetto Prosecco Superiore Conegliano Valdobbiadene DOCG Extra Dry

Bulle assez fine, régulière. Au nez, ce Prosecco ajoute à la pomme une touche plus tropicale (ananas, mangue) ; le sucre (léger) et l’amer s’entrelacent, le contraste devient harmonie. Longue finale aux notes de rhubarbe. Un Prosecco très équilibré, où le dosage est très bien intégré (il s’agit d’un Extra Dry). 15/20

Delhaize

San Simone Perlae Leonis Brut Millesimato 2015 Prosecco DOC Brut

Belle effervescence. Nez très fin de pomme golden, bouche riche et crémeuse, avec quelques notes de tarte Tatin) ; beaucoup de vivacité en filigrane ; finale très longue avec une pointe d’amertume très agréable. Brut, dit l’étiquette, mais la différence avec le précédent n’est pas évidente. 15/20

Carrefour

Villa Antinoni Prosecco Superiore Conegliano Valdobbiadene DOCG Extra Dry

Bulle fine, cordon régulier. Le nez évoque la mirabelle ; la bouche, aux accents de miel et de fleurs d’acacia, est à la fois gourmande et croquante ; la finale revient sur les fruits jaunes, bien mûrs. Le sucre est très bien intégré. 15/20

Colruyt

Également appréciés

Borgo Santo Prosecco DOC Brut

Un Prosecco assez vineux, dans un style plus sérieux, moins exubérant. Quelques jolies notes de miel d’acacia, tout de même. Dommage que l’amertume ressorte un peu trop en finale. Pour ce Brut, nous avons bien identifié un caractère plus sec. A noter que ce vin est produit pra le même producteur que le Perlae Leonis, San Simone. 14,5/20

Carrefour

Baccio della Luna Prosecco DOC Brut

Peut-on être trop aromatique ? C’est la question que nous nous sommes posée, tellement le nez de ce Prosecco (poire, coing, miel) était exubérant – un de nos dégustateurs a dit « envahissant ». Rien à redire, cependant, sur la bouche assez grasse, crémeuse, presque beurrée.  Présenté comme Brut, ce vin ne nous a cependant pas semblé plus sec que les autres au goût. 14/20

Colruyt

Ni vice ni vertu

Martini Prosecco DOC Extra Dry

Riccadonna Prosecco DOC Extra Dry

Deux produits sans défaut, deux Proseccos marchands, mais assez simples et manquant un peu de relief. Ils ont cependant plu aux deux jeunes dégustatrices (20 et 25 ans) auxquelles nous les avons présentés: elles les ont trouvés gourmands et faciles à boire.

L’ami Marc me dit qu’il existe une autre cuvée de Prosecco Martini (étiquette argentée), qu’il a eu l’occasion d’apprécier. Dont acte.

Carrefour

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En conclusion

Cette dégustation a été une bonne surprise. Et compte tenu des prix constatés (entre 6 et 10 euros), on peut dire que le Prosecco n’est jamais vraiment une mauvaise affaire. Si les dernières années ont vu la consommation de bulles augmenter, un peu partout en Europe, c’est justement grâce à des produits comme ceux-là, que l’on consomme à présent tout au long de l’année. Et la vogue du Spritz n’a fait que renforcer un succès déjà bien amorcé.

Il serait bien sûr intéressant de pouvoir déguster une sélection de Proseccos de cuvées plus ambitieuses (dont certaines, assez rares, sont obtenues par la méthode traditionnelle). Curieusement, au vu de la progression des ventes, la promotion du Prosecco (autre que par les prix) est très faible. A titre personnel, je n’ai jamais pu participer à une dégustation professionnelle de Prosecco. Raison pour laquelle j’ai choisi de l’organiser moi-même, avec les moyens du bord.

Pour terminer, chers lecteurs, recevez mes meilleurs voeux pour le Noël qui arrive, que vous décidiez de l’arroser au Prosecco… ou pas.

Hervé Lalau (avec le précieux concours de Marc Vanhellemont)

 

 

 


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Le poids des habitudes, le choc des étiquettes

La Sommelière en chef de l’Elysée, Virginie Routis, expliquait récemment à l’AFP que « Si on reçoit un chef d’Etat étranger, on va miser sur une valeur sûre, un grand bourgogne blanc, un grand bordeaux rouge; mais pour d’autres déjeuners on peut aller voyager en Alsace, Cahors, Corse… »

J’ai peur de comprendre: l’Alsace, Cahors et la Corse ne sont donc pas des valeurs sûres?

Au fait, à partir de quel niveau de prix est-on une valeur sûre? Ou bien faut-il être classé au Who’s Who de 1855?

Les vins d’Alsace, de Cahors et de Corse seraient-ils tout juste bons à abreuver les Sous-secrétaires d’Etat à la Ruralité Heureuse, les Chargés d’Affaires Non Urgentes, les Amicales de Pêcheurs de Voix, ou les Comités Théodule?

Ou bien encore, les réserve-t-on aux élus de leurs régions respectives, histoire de ne pas trop les dépayser?

L’exemple vient d’en haut, dit-on. Mais quel bonheur est-ce pour moi, petit journaleux apolitique, de ne pas avoir à choisir les vins que je mets sur ma table en fonction de leur tarif ou d’une notoriété plus ou moins méritée!

Je me priverais de tellement de bonnes surprises… Et mes invités aussi.

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Tiens, mardi, j’ai servi à mon beau père – digne médecin en retraite, plutôt adepte des grandes régions de tradition, le sparkling anglais de Coates & Seely (La Perfide 2009, un Blanc de Blancs Millésimé).

En le lui versant, je lui ai dit: « Docteur, vous n’ avez probablement jamais bu un vin de cette origine ».

Il a humé, il a goûté, il a avalé, puis il m’a dit en souriant: « J’aime beaucoup ». Moi aussi, d’ailleurs – plus creamy-crisp que ça, tu arrêtes de boire!

Je lui ai montré l’étiquette, je lui ai expliqué que l’Angleterre devenait une nation viticole respectable, les terroirs, le réchauffement climatique, les transferts de savoir-faire…

Il m’a écouté gentiment. Mais en définitive, plus que l’étiquette, c’était le vin qu’il appréciait. Alors je l’ai resservi.

N’est-ce pas là le plus important?

Hervé


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Magie noire

Cette modeste bouteille – du moins modeste par la taille – m’a été offerte il y a bien longtemps par le dénommé Hervé Bizeul. Quand ? À dire vrai, je ne sais plus. Si ce n’est que je crois bien que c’était peu avant son installation en Roussillon. Avec son ami Jérémy Gaïk, alors directeur du Mas Amiel, bien avant l’arrivée d’Olivier Decelle, l’actuel propriétaire de ce domaine légendaire, en bon ancien sommelier fan de vins doux naturels, Hervé s’était fendu d’une cuvée dédiée à la magie du chocolat. Je pense que le Salon du Chocolat à Paris fut, à l’époque, l’événement fondateur de cette cuvée aujourd’hui rangée dans les oubliettes de l’histoire du vin.  Le grenache noir et le schiste au service du chocolat, voilà ce qui, à mon humble avis, excite le plus l’esprit et les papilles du dégustateur forcément « averti » qui, comme chacun sait en vaut deux.

wp_20161103_010Ah, l’éternel imbroglio des mariages ! Pourquoi diable un Maury tiré d’une cuve parmi d’autres devient un super champion lorsqu’il affronte le chocolat, le vrai, le tannique et fort en gueule ? Est-ce le grenache, le schiste, le soleil, la maturité, l’âge des vignes ? Fichte, je n’en sais rien et d’ailleurs peu importe puisque les trois quarts du temps la rencontre entre les deux protagonistes procure éclats et merveilles de sensations. Pragmatique, mais aussi un tantinet rêveur, tout en étant un rien perfectionniste Hervé Bizeul avait-il imaginé ce vin en songeant peut-être au graal du mariage parfait ? Nul ne le sait. Pourtant, force est de constater que, comme à son habitude, le bougre avait raison. Et j’ai pu le remarquer par la suite, à l’époque, quand le vin était aussi jeune que noir, cette union franche et massive marchait formidablement bien.

L’expérimentation me paraissait novatrice, même si tout dégustateur bien informé savait déjà que Maury, Rivesaltes et Banyuls étaient de ces breuvages capables de prouesses sur le chocolat, y compris dans la rencontre avec des formules-uns fort cacaotées que l’on dénichait déjà chez Valrhona à Tain-L’Hermitage ou chez le sorcier en la matière, Robert Linxe à Paris, un homme depuis décédé. Bref, j’avais goûté et apprécié ce Maury dans le style vintage et j’en avais même fait écho dans je ne sais plus quelle revue. Par ailleurs, le flacon était tellement beau et moderne dans son étiquette remplie de mots évocateurs (tout le monde le fait aujourd’hui…) que je m’étais promis de le déguster de nouveau un jour. En attendant, il trônerait en bonne place dans un petit recoin du décor ma cave, pour le simple plaisir des yeux.

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Jusqu’à ce soir où, pour accompagner un dessert surprise créé par mon épouse, Brigitte : des rondelles de banane, une crème fraîche légèrement fouettée, des canneberges en quantité, des brisures d’un chocolat fourré aux zestes d’orange confite et d’un autre très noir (85 % de cacao) tous deux signés Michel Cluizel à Paris, j’ai craqué. Aujourd’hui, toujours noir de robe, à peine tuilé, nez épicé, mon Maury a conservé la puissance nécessaire, un aspect brut de décoffrage proche d’une sensation de rusticité, ce qu’il faut de suavité et d’onctuosité, l’étonnante saveur cacao bien ancrée dans le palais, le fumé, les épices, le moka, le fruité confit (raisins secs, cerise) et les tannins qui frétillent d’impatience à l’idée d’affronter un tablette ou un gâteau le plus chocolaté possible. De plus, sans parler de la longueur, une agréable et légère amertume vient renforcer la sensation de fraîcheur en bouche. On lui donnerait des forêts de cacaotiers sans confession tant il est taillé pour le job. Bref, du grand, du beau, du pur qui suggère aussi la dégustation d’un beau havane.

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Je l’ai déjà dit ici, l’AOP Maury – pour le moment excitée par sa production de rouges « secs », un peu comme à Rasteau d’ailleurs -, regorge de ces cuvées presque basiques dans leur conception, des « vintages » si peu en contact avec le bois qui trop souvent, faute de préparation et de réflexion, vient détruire tout le travail d’une belle vendange. Les prix de ces vins de méditation sont encore abordables et si l’on prend la peine de les attendre à l’abri de toute lumière, bouteille debout si possible afin d’éviter de désastreux goûts liégeux (il suffira tous les 3 ou 4 mois de retourner le flacon pour que le vin humecte le bouchon), on pourra s’attendre au bout de dix ans au moins à un long et dépaysant voyage oriental en dégustant quelque chose d’unique et de magique, un vin original que les vilains étrangers ne nous piqueront pas comme cela a pu se faire avec le Porto ou le Jerez. Mais gare aussi chocolat, capable à la fois de prouesses gustatives et de désastres ! À l’approche des fêtes, il convient de bien le choisir et de refuser tout achat de grandes marques à prix sacrifiés ou non.

Quant au vin, à défaut de l’acheter au Mas Amiel, un endroit hors du temps à 30 minutes de Perpignan où l’on trouve un délicieux Vintage Réserve 2015 (autour de 20 €) ainsi qu’une collection de vins doux « oxydatifs » qui ont aussi leurs mots à dire sur des desserts cacaotés, je vous soumets ce petit calcul d’épicier : sachant qu’un flacon de Maury « Grenat » 2015 s’achète 8 € à la cave coopérative fondée en 1910, que l’on ajoute à une tablette de Valrhona « Abinao«  (85% cacao) à 3,95 €, on débourse 11,95 € pour une dégustation à quatre personnes ! Bien sûr, pour corser la chose on pourrait dépenser plus en ajoutant par exemple quelques chocolats de crus de Valrhona. Force de reconnaître que se farcir une belle dégustation pour moins de 12 € c’est plutôt rare ! Et c’est plus utile pour le goût que se coltiner une primaire électorale lors d’un beau dimanche automnal.

Michel Smith

Hervé Bizeul, pour ceux qui l’auraient oublié, est le fondateur et l’animateur du mythique Clos des Fées dans le Roussillon.

-Pour les nostalgiques : Black Magic Woman de Carlos Santana. Ça marche bien aussi sur un Maury

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