Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Koshu qui s’en dédit

Comme son nom l’indique, le «Magrez-Aruga Koshu Isehara», est un vin produit par Bernard Magrez en association avec un certain Yuuju Aruga, vigneron apparemment très connu là-bas, mais dont la notoriété n’a pas encore atteint les rives de notre belle Comté, comme dirait l’ami Frodon. Koshu, c’est le cépage. Isehara, c’est le cru, enfin, la région.

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Le mont Fuji émergeant de la masse des nuages, comme le koshu de la masse des cépages… (photo Joe Jones)

Au pays du sourire

Au cas où vos pas vous mèneraient un jour vers l’Empire du Soleil Levant, je vous donne les coordonnées GPS : 35° 24′ 10″ Nord, 139° 18′ 54″ Est.  Là, vous êtes au centre bourg; pour le vignoble, passez au Commissariat de quartier, le samouraï de service vous indiquera; sinon, essayez le Temple de la Sérénité Céleste (la petite maison dans la rizière, avec une lampe rouge) et demandez Mme Butterfly de ma part.

Pour ceux qui ne pourraient pas faire le voyage, une petite révision. Isehara se trouve au pied du Mont Fuji. Jusqu’ici, la région était plus réputée pour ses fleurs (les fameux platycodons) et son porc pané que pour ses vignes. Mais en cherchant bien, vous en trouverez au moins 6ha, à 1200m d’altitude, aux couleurs de Magrez-Aruga. Je ne sais pas comment on dit « pergola » en japonais, mais c’est le type de conduite qu’on s’achète là-bas.

Les ampélographes amateurs, dont je suis, seront ravis d’apprendre que le Koshu est un raisin rose, cultivé au départ pour le raisin de table. A part Bernard Magrez et son partenaire japonais, d’autres producteurs en ont acquis quelques parcelles, comme l’Américain Ernest Singer. Pour ce dernier, ce n’est pas fortuit: il préside aux destinées de Millésimes, un des principaux importateurs de vin à Tokyo.
Et ces gens ont du mérite. Car au Japon, la climatologie n’est pas des plus favorables à la vigne: avec l’humidité qui règne ici l’été, même atténuée par l’altitude, et avec les typhons, le rendement est faible, et la qualité assez irrégulière. Bref, c’est plutôt le pays du lard que du Koshu (désolé, je n’ai pas pu résister).

Alors, que cherche notre Magrez national au pays du sourire? Quand il a acheté les vignes, en 2008, il a déclaré vouloir accroître ses ventes au Japon. Notez qu’il ne pensait pas spécialement à ses ventes de vins japonais. D’ailleurs, la production de ce domaine ne dépasse guère les 2.500 bouteilles!
Non, l’idée, au travers de ce partenariat, c’est de tisser un lien plus étroit avec le Japon. Un propriétaire de Grand Cru de Bordeaux qui achète un vignoble chez eux, c’est on ne peut plus valorisant pour les fiers Nippons. Bernard Magrez a dû tomber dans la marmite du marketing quand il était petit, ou alors, ce sont les leçons de l’Oncle Doumeng.

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En dentelle

Quoi qu’il en soit, la valeur n’attend pas le nombre des bouteilles. J’aurais sans doute dû commencer par là: j’ai beaucoup aimé ce vin. N’ayant aucune connaissance du terroir local, ni du cépage utilisé, je pratiquerai par analogie. Au nez, un petit côté sauvignon, mais plus floral que végétal, des agrumes, du pamplemousse notamment, mais élégant. Pas de litchi, pas de fleur de cerisier japonais, désolé. En bouche, c’est tout en dentelle, je pense à un Rias Baixas, pas une grosse structure, mais quelle finesse! Et quelle «désaltérance», si vous me passez le néologisme…
Bref, l’essayer, c’est l’adopter. Si comme moi, vous résidez sur le vieux continent, votre meilleure chance de goûter à cette japonaiserie, c’est encore de passer à la Cave de Pessac, ou à la Boutique Bernard Magrez de Paris – et oui, le plus court chemin n’est pas toujours celui qu’on pense. Amis explorateurs du vin, je compte sur vous.
Koshu qui s’en dédit!

 

Hervé Lalau

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Mouchão: Portugal’s Tondonia

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Scenes from the winery 

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Last Thursday we headed out from Lisbon to the Alentejo for a day visit to the fabled Mouchão estate. Normally the Alentejo in summer is hot and dry. Instead on Thursday we were met with heavy rain lit up by impressive flashes of lightning. We were shown round by David Marques Ferreira, who has been estate manager for the past three years. CRM and I had met David at last December’s Adegga Wine Market in Lisbon.

David FerreiraDavid Marques Ferreira

Established in the 19th century Mouchão is the oldest estate in the Alentejo – the other side of the River Tejo. The 1000 hectare estate is owned by the Reynolds family, who in the 19th century, were the leading producers of cork. At the end of the 19th century they decided to diversify  into wine and in 1890 planted their vines – they have 38 hectares with no intention to increase the area under vine. They chose to major on Alicante Bouschet, a teinturier  variety, which remains Mouchão’s signature grape variety. David Ferreira –Alicante Bouschet is « our body and soul ». The winery was built in 1901.

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Mouchao

« Alicante Bouschet gives us more than just colour, » David Ferreira explained. « We get big tannins and freshness. Our vines are at 200 metres altitude, which is high for the Alentejo. Some of our vines are at 300 to 400 metres, so we get freshness and acidity. This helps our wines to age well – the 1954 is still good ».

« Although we have a variable geology, sand and clay is the basis, so we retain moisture during the hot summers, » Ferreira continued. « The estate is between two rivers – hence the name Mouchão. We are very much in the middle of nowhere ».

« We work very traditionally here – limiting production, hand picking, no destemming, wholebunch  fermentation, foot treading in lagars and a manual press etc.We mainly use old vats of 5000 litres and prefer French oak with malo in barrel but also use some Brazilian wood. « 

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A barrel from the time when the estate was confiscated
and run by the local cooperative 

The estate remains in the Reynolds family, which is now into the seventh generation. However, there was a ten-year interruption of ownership following the 1974 Revolution. The estate was confiscated and the wines were made by the local cooperative and sold under the co-op’s name. It was returned to family ownership in 1985.

« The vineyards were in a poor state, » explained Ferreira. « Nothing had been planted and existing vines had not been maintained. We nearly lost our Alicante Bouschet! »

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We tasted five wines:

2015 Dom Rafael Branco – blend of Antão Vaz and Arinto 7.69€
Still very youthful and tight in the finish but with attractive pineapple and grapefruit notes. Good value.

2013 Dom Rafael Tinto – blend of Alicante Bouschet, Trincadeira and Aragonez 8.99€
This spends one year in a mix of large vats and small barrels and then a further year in bottle. As Mouchão’s entry level red, I think this elegant wine is stunning value! It has lovely velvety texture, herbal and spicy notes, structure and acidity. Really a steal at 8.99€ and will clearly age well over the next few years.

Dom Rafael Tinto-2010

2012 Ponte de Canas – Alicante Bouschet (40%), Touriga Nacional,Touriga Franca, Syrah 16€
Unlike the other Mouchão wines this has a small percentage of Syrah that gives this wine additional freshness and edge. The 2012 already has attractive texture and powerful fruit but ideally it needs several more years in bottle to show its best.

Over lunch we had an interesting discussion with David over Ponte de Canas  as he indicated that the current name used on the label may not make it sufficiently clear that Ponte de Canas was actually a wine from Mouchã0.

We suggested that Mouchão ought to be part of the Ponte Canas name and suggested Ponte Canas de Mouchão or Ponte de Mouchão citing that. for instance, Château Latour uses Les Forts de Latour. Clearly the name is under discussion, so we may see a change in the future.

2011 Mouchã0 – 85% Alicante Bouschet, 15% Trincadeira 35€
We were privileged to be the first to taste the 2011 grand vin, which will be released soon.  Naturally this deep coloured wine is still very young and tight in the finish but it has a lovely warm spicy aromas and an opulent texture.

2011 Vinho Licoroso – 100% Alicante Bouschet 19€
This is Mouchão’s version of Port – made in the same way using grape spirit distilled at the winery to stop the fermentation and fortify the wine. Very concentrated with long rich cherry and prune fruit.

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The still 

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A Taberna do Paulo
Rua 1 de Maio, 28 | Santo Antonio de Alcorrego

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After the tasting we all drove to nearby Santo Antonio de Alcorrego to the brightly decorated A Taberna do Paulo where we had a very enjoyable lunch featuring three different types of migas – plain, with tomato, and with coriander – accompanied by small lamb chops.

Our visit to Mouchão reminded me of Tondonia in Haro (Rioja). It has the same sense of calm and great respect for tradition.

Ferreira summed up – « We say Mouchão is Mouchão! »

 

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Jim Budd

 


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Choses diverses, dégustées et aimées

Dans cette période de départ en vacances, pour certains du moins, je voulais donner de la place à des vins que j’ai goûtés et aimés récemment, sans nécessairement avoir de la matière pour tout un article sur chacun d’entre eux.

Coïncidence ou signe de mes préférences actuelles ou de saison, ils sont tous blancs.

Yann AlexandreYann Alexandre et son épouse

Commençons par des bulles, de Champagne en l’occurrence.

J’ai découvert ce vin et son producteur lors d’une récente conférence de presse tenue à Paris par un groupe issus des Vignerons Indépendants de Champagne et à propos de leur démarche vers une agriculture plus éco-responsable (les cyniques vont dire « mieux vaut tard que jamais », mais moi j’applaudis). Le vigneron en question s’appelle Yann Alexandre et son domaine est basé à Courmas, au sud-ouest et proche de Reims dans la zone parfois appelée la Petite Montagne de Reims. Je n’ai pas encore eu le temps d’aller le voir sur place, mais ce n’est que partie remise, tant j’ai trouvé le style des vins inspirant et le vigneron intéressant. Plutôt que de recopier des parties de son site web, qui est très claire et dénué de toute artifice, je vous invite à aller voir vous-même si cela vous intéresse. Sa production est très limitée, mais de la plus haute qualité.

http://www.champagneyannalexandre.fr/

Voici mes notes rapides sur les deux cuvées dégustées :

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Yann Alexandre, Roche Mère Brut Nature

Intense, au fruité élancé et  juteux, et à la texture légèrement crayeuse mais sans excès. C’est fin et très gourmand.

Yann Alexandre, Sous les Roses Blanc de Noirs

La dimension de ce vin est plus large et plus imposante que le précédent. Le fruité s’exprime d’une manière encore plus savoureuse et la longueur est magnifique.

J’ai adoré la pureté et la sapidité des saveurs de ces deux vins qui sont capables à la fois de donner un plaisir immédiat et d’en garder sous le pied pour révéler des couches de complexité. Attention, ces champagnes ne sont pas donnés car je les vois en vente chez des cavistes à des prix entre 35 et 50 euros, du moins pour les cuvées comme celles-ci. Mais on est dans le domaine du très très bon pour la région.

Les Anjou de la Grande Gauterie

Maintenant place à des vins plus abordables, cette fois-ci de la Loire et produits par un néo-vigneron américain, Daniel Henderson au Domaine de la Grande Gauterie.

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J’ai croisé Daniel à plusieurs reprises dans des dégustations à Paris et nous sommes tous les deux professeurs pour des écoles différentes qui proposent les formations WSET. Il a récemment investi dans un domaine  angevin et a élaboré toute une gamme de vins à partir du millésime 2015. Le domaine s’appelle Grande Gauterie et se situe à Saint-Lambert du Lattay. Je pense qu’il a eu de la chance de démarrer avec un millésime de cette qualité, mais j’ai trouvé que ses vins sont réussis à travers toute la gamme d’une dizaine de cuvées que j’ai dégusté (voir photo). Même le Cabernet d’Anjou, qui n’est pas un type de vin que j’apprécie généralement, était parfaitement fait et bien équilibré, tendrement fruité et gentiment doux. Rouges de Cabernet Franc et blancs secs de Chenin Blanc sont impeccables et les doux montent progressivement en intensité à travers les cuvées sans jamais perdre leur sens d’équilibre. Et, cerise sur le gâteau, les prix (public) sont très doux, allant de 5 à 6 euros pour les cuvées de base à 8 à 12 euros pour les cuvées plus spécifiques et limitées. J’ai noté aussi que ses tarifs sont bien étudiés pour laisser travailler les cavistes car les prix aux professionnels sont à la moitié des prix public. C’est assez rare chez des « petits » vignerons et mérite d’être souligné. Voilà un début remarquable et je lui souhaite pleine réussite.

Partons maintenant vers l’Est et hors de France…

Vendredi soir, après avoir oublié à midi de me rendre à une dégustation de vins du Jura (l’inconscient nous joue des tours, et plus souvent qu’on ne le pense !), je me suis rendu à une dégustation de vins allemands du Rheinhessen produits par deux jeunes femmes, Gesine Roll et Katharina Wechsler, sur leurs domaines respectifs. Bien que la situation évolue favorablement, il est effectivement trop rare de pouvoir déguster des vins allemands en France. Cette fois-ci, c’est l’excellent caviste parisien, Soif d’Ailleurs, dont j’ai déjà parlé ici, qui a aidé à équilibrer les choses.

image1Gesine Roll, à gauche, et Katharina Weschler avec tous les vins de la dégustation

Weingut K. Weschler, Westhoffen, Rheinhessen

D’abord les vins de Katharina, dont le site web est uniquement en allemand, ce qui me surprend car elle parle parfaitement français et anglais et a fait des études à Paris en sciences économiques avant de revenir vers le domaine familiale de Westhoffen, faire des études d’oenologie et commencer à vinifier en 2009. Auparavant son père vendait les raisins. Ses vins sont tous sous capsule à vis, heureusement.

http://www.weingut-wechsler.de/

K. Weschler Scheureube 2015

Je n’ai pas dégusté grand nombre de vins de cette variété intéressante qui est un croisement entre le Riesling et une vigne sauvage, produit en Allemagne début 20ème. C’est même surprenant qu’il n’ait pas eu plus de succès que le bien plus ordinaire Müller-Thurgau; il doit y avoir une histoire de rendement là-dessous.

Vin franchement, mais subtilement, aromatique, tranchant par une acidité puissante bien intégrée. Un fruité très agréable, de la longueur et un bel équilibre. J’en boirais volontiers à l’apéritif. (prix public 13 euros)

K. Weschler Riesling Westhoffen 2015

Le Riesling « de village » de ce producteur, selon une équivalence logique avec la Bourgogne.  C’est d’une délicieuse finesse, assez fruité au départ, puis rapidement plus crayeux. Il finit parfaitement sec. Sa très belle acidité (9,5 g) le pousse vers les longueurs. Un vin élancé et très salivant. (prix 16 euros).

K. Weschler Riesling Kirchspiel 2014

Issu d’un premier cru de la commune de Westhoffen, ce vin est hyper précis et d’une belle intensité. Encore très jeune et donc un peu austère, il semble aussi plus léger que le vin précédent, probablement à cause d’un fruité plus discret et d’un millésime plus compliqué. Je pense qu’il lui faudra une bonne année de plus pour trouver tout son potentiel. (prix 28 euros).

Weingut Weedenborn, Monzernheim, Rheinhessen 

Le domaine de 16 hectares de Gesine Roll est situé à courte distance de celui de Katharine Weschler et les deux femmes sont amies. A le différence de Katharina, Gesine aime le Sauvignon Blanc, sans négliger le Riesling. Autre particularité du domaine : la présence de terres rouges, qui donnent d’ailleurs leur nom à certaine cuvées. Encore une fois, le site web est uniquement en allemand :

http://www.weedenborn.de/

Weedenborn Terra Rossa Sauvignon Blanc 2015

J’ai d’abord trouvé les arômes de ce vin un peu trop violents, me rappelant quelques vins de l’Afrique du Sud.  Les choses s’améliorent bien en bouche avec plus de rondeur tout en restant vif et expressif.

Weedenborn Terra Rossa Riesling 2014

40% de ce vin a été élevé dans des grands récipients en bois. Un Riesling sec de grand style, intense, croquant et fin. J’aime aussi sa pointe d’amertume en finale. Très bonne longueur.

Neumeister (Styrie)

J’ai un peu discuté avec Gesine Roll de vins de Sauvignon Blanc d’autres pays et nous avons trouvé une référence en commun : les vins de Neumeister, à Straden en Styrie (Autriche). Elle échange même des bouteilles avec cet excellent producteur dont j’ai déjà parlé ici-même. Cela tombe bien car je voulais terminer cet article par un des meilleurs Sauvignons Blancs que j’ai dégusté de ma vie.

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http://www.neumeister.cc/

Et ce site est bilingue allemand-anglais.

Neumeister Stradener Sauvignon Blanc, Alte Reben 2012

Je ne trouve pas mes notes de dégustation pour ce vin, mais je l’ai dégusté à deux reprises : une première fois au domaine, et une deuxième sur le stand du producteur à Prowein. Chaque fois, il m’a tiré des larmes des yeux par sa beauté. Je ne peux pas en dire plus ! Il n’est pas bon marché (55 euros annoncé sur le site de vente directe du producteur), mais cela reste bien moins que des vins de Didier Dagueneau, par exemple. Il n’est produit que dans les très bons millésimes. J’ai appris récemment que ce producteur, comme d’autres de sa région, a souffert du gel en 2016 et ne récoltera pas grande chose cette année. Goûtez ce vin (et d’autres de chez lui) si vous en avez l’occasion.

David

 


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En passant par Urville, Drappier, la Grande Sendrée…

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Du côté de la Maison Drappier, ça dépote, les Brut Zéro ont le vent en poupe et représentent à présent plus de 20% de la production du domaine. Leur qualité, leur densité, le plaisir qu’on a à les boire y est pour beaucoup. Mais n’oublions le haut de gamme, créé par Michel Drappier il y a déjà un bon bout de temps, la Grande Sendrée…

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Cuvée de jeunesse, cuvée intelligente…

Urville est un petit village, à peine connu des amateurs très éclairés. C’est un peu le trou du cul de la Champagne, pour le dire avec des fleurs. Alors, pour en faire connaître la production, un seul moyen, jouer la qualité, la vraie, celle qui a du fond, celle qui raconte quelques choses à nos sens. C’est ainsi qu’est née La Grande Cendrée, issue d’un coteau qui garde encore la trace d’un village entièrement dévasté par un incendie, en 1836. Quand on creuse, une couche de cendre indique encore le foyer du drame.

Le grand-père de Michel y planta de la vigne et écrivit dans son carnet « Sendrée » pour le lieu-dit – était-ce un S, était-ce un C, difficile à dire, mais c’est ainsi que le lieu fut enregistré.

Grande Sendrée

Grande Sendrée 2006 Brut Champagne DRAPPIER

Il faut prendre son temps, la laisser s’acclimater. En attendant, elle nous laisse l’admirer. Vert délicat lamellé de platine, quelle élégance! La robe déboutonne avec minutie ses chapelets de nacre. Ils fusent, virevoltent plus vite que notre pensée. Grivoise, non, la Grande Sendrée simplement nous apprivoise pour ensuite nous combler de ses trésors enfouis au plus profonds de ses chairs. En premier, elle nous livre ses parfums, subtils et raffinés certes, mais évoquant la terre où elle est née. Là pousse la camomille, le seigle dont on fait le pain, la gentiane et la réglisse. Elle aime aussi quelque exotisme, sans folie, juste le jus d’une mandarine, une pincée de poivre, un éclat de chocolat blanc. Mais, en creusant un peu, on la sent marquée par un souvenir  caché au plus profond de son âme, indéfinissable senteur très légèrement âcre. C’est ténu mais bien là. Voilà. Une note de silex frotté, de fumée. La bouche ne la remarque pas et s’amuse tout de go des bulles qui aiguillonnent ses papilles. Les affutant à chaque effleurement, les rendant plus réceptives aux arômes floraux et fruités. Les agrumes confits apportent à la fois fraîcheur et amertume. Amertume qui nous envoûte par tant de subtilité, écume plus légère que l’air. Quelques fruits blancs se frottent au relief perceptible de la texture minérale et libèrent leur jus suave. Une douceur bienvenue aboutissement d’une longue retraite souterraine. Confinement méditatif qui débouche aujourd’hui sur une jubilation  d’une allégresse infinie. Tchin !

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La Grande Sendrée assemble 55% de Pinot Noir et 42% de Chardonnay qui poussent dans un sol de craie fine et légère recouvert d’une fine couche de cendre (reliquat de l’incendie de la forêt en 1836).

Seuls les jus de première presse sont utilisés et déplacés par gravité afin d’éviter les pompages et l’oxydation. Utilisation minimale de soufre et débourbage naturel. Fermentation alcoolique d’environ 2 semaines  à basse température suivie de la fermentation malolactique naturelle et complète. Pas de de filtration. Élevage en foudre durant 9 mois. Après la mise en bouteilles pour la prise de mousse, la cuvée reste sur lattes plus de 7 ans

Dosage : 4,5 g/l

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Ciao

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Marco


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Est-ce que l’été sera bleu?

Je reçois régulièrement, comme beaucoup d’entre vous j’imagine, les offres de différents sites de vins – sites espagnols, dans mon cas.

Régulièrement nous avons droit à la liste des «Top Ventes», et à chaque fois, je m’étonne de ne pas en connaître la moitié; et je me dis que nous autres professionnels vivons souvent à côté de la réalité du marché.

Alors que nous cherchons à faire connaître, voire à imposer dans nos rayons, ou dans nos papiers, des vins que nous estimons représentatifs d’un terroir, ou au moins le reflet de l’attachement d’un vigneron à sa terre, des vins qui ont une âme et un vrai goût, des vins qui se veulent différents, en voyant ce que que sont les meilleures ventes de ces sites, je me dis qu’il reste encore beaucoup de travail à faire, en admettant que nous détenions une « certaine » vérité en matière de goût. Ce dont, quand même, et sans prétention aucune, je demeure persuadée.

Simplement, il faut admettre qu’il existe plusieurs publics, que le nôtre est tout petit, et, qu’il faut que nous menions un combat incessant pour l’agrandir.  Cela ne doit  pas nous empêcher de respecter l’autre, qui se laisse trop souvent distraire. Tout ce petit laïus, pour en revenir  à une des  dernières offres d’UVINUM, qui m’a laissée pantoise:

 Pasión Blue Chardonnay (Vino Azul) 2015 Sin DO (España)

Pasión Blue Chardonnay 2015, c’est un vin blanc, soi-disant élaboré avec les meilleurs chardonnays de 2015!  L’histoire ne raconte pas d’ou ils viennent, ni le nom du domaine.

Description du vin : hétérodoxe, futuriste, différent… la liste d’adjectifs pour définir ce vin est interminable! Et, je ne vous parle pas du nombre d’articles et de commentaires que j’ai trouvé sur le Web en cherchant qu’elle était la bodega qui pouvait bien produire ce vin BLEU…

C’est la bodega Santa Margarita, située en Castilla et León, qui est à l’origine de ce vin, mais il n’est pas encore présenté sur son site. Je lis sur UVINUM, qu’il est vinifié comme un rouge, le secret réside dans la manière d’obtenir la couleur : grâce à un processus complexe, sans l’aide d’aucun colorant artificiel, on a ajouté de l’anthocyanine -des pigments organiques présents dans la peau du raisin- mais aussi des pigments naturels comme l’indigo. Pas d’autre explication.

Autre argument commercial, il ne titre que 11,5º.

Et, cerise sur le gâteau, il est noté 5/5 par les clients d’ UVINUM.

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J’ai réussi à m’en procurer une bouteille: sa robe est d’un bleu clair, et ne me donne aucune envie d’y tremper mes lèvres; le nez est assez peu aromatique, plutôt synthétique, sans intérêt; la bouche est diluée, et la finale est acidulée, sucrée.

Le commentaire qui va avec : «un vin osé, facile à boire, à déguster sans idées préconçues, différent et unique» n’est pas faux.

Sauf que s’il y a ajout d’un colorant, ce n’est plus du vin, officiellement.

Alors je ne m’offusque pas, mais, simplement, en ce qui me concerne, je lui donne 1/5 : d’abord la couleur me rebute, ne me donne pas envie de le boire; le nez est certes assez frais, mais cette douceur, et cette dilution sont loin de me convaincre et encore moins de me séduire. Je reconnais pourtant qu’il  pourrait plaire à certains palais novices, qu’il aurait attiré par son marketing de la couleur. J’espère qu’il les incitera quand même à boire d’autres vins… je veux dire, de vrais vins.

Pasión Blue, 6,60€/la bouteille en Espagne

En France, c’est Gïk Vin Bleu, qui est proposé sur les sites : «Cet été le vin ne sera pas rosé mais bleu», chaque bouteille de Gïk livrée coûte 10 euros. Un vin qui a fait le buzz sur internet : «la nouvelle tendance de l’été 2016», «la boisson qui bouscule le monde du vin»… et dire que j’ai failli passer à côté!

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Il parait qu’il est idéal pour accompagner les sushis !

Dans le communiqué de presse de Gïk, on peut lire :

“Boire Gïk, ce n’est pas seulement boire du vin bleu, c’est consommer une invention. Vous buvez une création. Vous brisez les règles et créez les vôtres. Vous réinventez la tradition.”

Voilà tout est dit, il n’y a plus rien à rajouter.

Hasta pronto,

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MarieLouise Banyols

 

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Unfortunately livin’ in interesting times

Given the extraordinary political fall out from the UK Referendum vote on 23rd June 2016 it is still difficult to concentrate on wine. Of course, this is also not helped by the start of the world’s greatest sports event – Le Tour de France.

It is likely that anyone, who proposed what happened last week, as the plot for a political thriller might well have had it rejected on the grounds that it was too far fetched. Firstly David Cameron resigning as Prime Minister having lost the EU Referendum, which he had no need to call in the first place. Then the Leave ‘leadership’ fall out – Michael Gove knifing Boris Johnson front and back. At the same time there is turmoil in the Labour Party with Jeremy Corbyn after most of his fellow Labour Members of Parliament passed a vote of no confidence in his leadership. Finally this morning the vile leader of UKIP – Nigel Farage – has resigned as leader to spend more time with his family.

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2014 The Bub, bottle fermented Pinot Noir, haywire 

Hoping that Gove has finished the ambitions of Johnson to become Prime Minister, I celebrated with a few glasses of the 2014 Le Bub sparkling from the currently very appropriately named haywire – a crush pad winery in Canada’s Okanagan Valley, British Columbia.  The winery in Summerland owned by Christine Coletta and Steve Lornie. The Bub is a blend of Pinot Noir and Chardonnay – a fresh, vibrant fizz. Johnson doesn’t deserve anything more complex.

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2014 Free Form, haywire

The 2014 Free Form natural and unfiltered Pinot Noir – a second sample from haywire – had more complexity. It is an attractive mid-weight Pinot Noir, which is rather more than can be said for the disappointingly bland and little thin 2012 Pinot Noir from Kumeu Village, New Zealand.

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2012 Pinot Noir, Kumeu Village, New Zealand

Other shorts
Delighted to see Mark Cavendish win the first stage of the 2016 Tour de France at Utah Beach taking his list of stage wins to an amazing 27 and putting on the Yellow Jersey for the first time. Equally pleased to see Peter Sagan win yesterday – his first stage since 5th July 2013 – and also to wear the Yellow Jersey for the first time.  

Good also to see France show how poor the English football team is by comprehensively beating Iceland – England’s conquerors. I was very impressed by Iceland’s spirit continuing to fight hard despite being 4-0 down at half time.

Tomorrow I’m off to Lisbon for a while – looking forward to some excellent Portuguese wines and to get out of this madhouse for a while!

TDF 2016 update: 4.7.2016
Mark Cavendish just shades the sprint on Boulevard Foch in Angers to take his tally of Stage wins to an amazing 28 – equal to the great Bernard Hinault.

Jim 

 

 

 


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Le clairet fait de la résistance, mais pour combien de temps?

 Oscars-2015-Bordeaux-ClairetCette photo est celle des Oscars (millésime 2015) des Bordeaux Clairet. Je ne faisais pas partie du jury mais on y trouve des vins de ma sélection à la fin de cet article 

Le monde des vins rosés semble se laisser de plus en plus submerger par une mode stupide (mais existe-t-il des modes intelligentes?) qui voudrait que plus c’est pâle, mieux c’est. D’un autre côté, l’intelligence dans le marketing voudrait que la différenciation soit un outil important pour faire remarquer son produit dans une masse grandissante de choses qui se ressemblent. Alors quand une région viticole importante possède un type de vin qui, par sa nature, se distingue très nettement de la masse des ses concurrents, je trouve très étrange (ai-je dit bête?) qu’on ne trouve pas mention de ce type de vin sur le site web de l’inter-profession en question.

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C’est pourtant ce qui arrive au Bordeaux Clairet sur le site des Vins de Bordeaux. On parle du rouge, de blanc sec, du blanc doux et du rosé mais je ne vois aucune mention du Bordeaux Clairet ! J’en ai dégusté d’excellents récemment (et aussi des médiocres, rassurez-vous!). Alors  je veux tenter, modestement, de réparer cette injustice dont je ne comprends pas du tout la cause.

Le Bordeaux Clairet est un vin dont l’aire de production s’étend sur l’ensemble du vignoble bordelais. Il s’agit d’une mention complémentaire au sein de l’appellation Bordeaux. Ce sont des vins d’un ton rouge pâle, quelque part entre la couleur d’un rouge et celle d’un rosé. La production est devenue assez faible aujourd’hui, à partir d’une estimation de 600 hectares sur les 110,000 du bordelais. Le rosé de Bordeaux implique des volumes bien plus importants.

Tous les cépages rouges du Bordelais peuvent entrer dans la composition d’un Clairet, même si le merlot y domine, généralement. Mais pas partout. Les plus intéressants pour moi, sont ceux qui comportent une part importante de cabernet, franc ou sauvignon, ce qui leur confère plus de précision dans les saveurs, mais aussi moins d’alcool. C’est un avantage avec ce type de vin, à condition que les variétés en question soient bien mûres et qu’on n’ait pas recours aux artifices du sucre résiduel pour masquer des imperfections.

Les vins de l’appellation Bordeaux-Clairet sont les plus proches des vins qui étaient expédiés en Angleterre pendant le Moyen-Age et qui ont fait la fortune de Bordeaux à cette époque, et pendant longtemps. Sur le plan historique, le Clairet est manifestement l’ancêtre des Bordeaux rouges modernes. L’Aquitaine devenant anglaise en 1152, par le mariage d’Aliénor et Henri II, les vins de Bordeaux sont adoptés outre-Manche dès le Moyen âge. Peu macérés, et souvent issus de cépages rouges et blancs mêlés dans la cuve, ils sont dénommés « French claret« , ou « claret » tout court. Ce mot claret est resté dans la langue anglaise pour décrire un vin rouge venant de Bordeaux, même quand, à partir du 17ème siècle, les Bordelais, inspirés par la réussite d’Arnaud de Pontac à Haut-Brion, commencement à faire des vins rouges foncés pour le marché britannique. Par exemple, mon père, marchand de vin toute sa vie, appelait toujours un Bordeaux rouge un claret.

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Et la différence entre le Bordeaux rosé et le Bordeaux clairet ?

Sur le plan de la réglementation, c’est la mesure de l’intensité colorante (ICM) qui définit la limite entre le Bordeaux rosé et le Bordeaux clairet. Cela vient essentiellement de la durée de macération (2 à 3 heures pour le rosé, 3 à 4 jours environ pour le clairet), mais aussi d’une date de récolte plus précoce pour le rosé afin d’en augmenter la fraîcheur, et souvent le choix d’une parcelle spécifique. De plus en plus de rosés de Bordeaux sont aussi faits par pressurage direct pour obtenir ces vins très pâles (ai-je dit insipides ?) et ainsi rentrer dans la moule du marché imposé par le leader provençal. Tandis que les bons clairets sont le résultat de saignées sur de belles cuves de rouges, et de raisins cueillis à maturité. Non seulement on obtient ainsi plus de couleur, mais aussi plus de fruit, de chair et de structure. Ils peuvent donc être légèrement tanniques et sont très utiles lors d’un repas. Le Clairet est à servir légèrement rafraîchi (12-14°C) mais non glacé.

Entre cet axe historique très important pour le vin de Bordeaux, et un caractère affirmé qui se démarque de la concurrence (même s’il existe une désignation Clairet en Bourgogne, elle n’est guère utilisée, et les vins rosés de Tavel sont aussi différents par leur climat et leurs cépages), je comprends encore moins pourquoi les génies du marketing au sein du CIVB continuent à ignorer ce vin si spécifique à leur région.

 

Vous voulez de bons clairets ?

Voici quelques vins du millésime 2015 parmi les meilleurs de ma dégustation récente d’une trentaine d’échantillons, conduite à l’aveugle chez moi.

Château Thieuley

Château de Fontenille

Château Lamothe de Haux

Château La Freynelle

Château Vignol

Château Maison Noble

Château Penin

Château de Parenchère

Château Lamothe du Barry

Château des Tourtes

Château Lauduc

Et ces vins valent entre 5 et 8 euros, ce qui est un autre avantage sur les rosés de Provence, devenus souvent bien plus chers.

 

David Cobbold

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