Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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« Primer Encuentro de Viticulturas »

« La récupération du Grand Vignoble Espagnol et le Prestige de notre Monde Rural »: tel a été le thème principal de cette première rencontre de petits producteurs espagnols «inquiets», les 15 et 16 mai dernier.

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Ester Nin et Carles Ortiz (Priorat), Arturo de Miguel (Artuke, Rioja) Roberto Olivan(Tentenublo, Rioja)

 

Elle s’est tenue à La Granga Nuestra Señora de Remelluri, dans le village de Labastida, en Rioja. Il s’agit d’un projet totalement indépendant, à l’initiative de Telmo Rodriguez mais soutenu par un groupe de vignerons qui voulaient faire connaître leurs domaines et leur philosophie axée sur la viticulture, le respect de la nature, et l’élaboration de vins authentiques.

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Temo Rodriguez, Agusti Perris, Eloi Dürrbach

 

170 professionnels, viticulteurs, sommeliers, techniciens du milieu naturel, anthropologues, professeurs d’université, journalistes et distributeurs étaient présents, soucieux de partager les tendances actuelles, et de voir à quel futur pouvait prétendre le vignoble espagnol. Des tables rondes, des conférences des débats, de nombreuses dégustations, nous ont permis de mesurer sa très rapide évolution, tant de nouveaux talents ont de quoi surprendre, même pour nous qui baignons à longueur d’année dans ce monde. Actuellement, l’Espagne viticole vit une révolution très importante, du nord au sud, et de l’est à l’ouest, naissent des petits projets qui offrent de GRANDS VINS.

Les vignerons commencent à prendre conscience de leur potentiel et de la place qu’ils veulent occuper au niveau international. Conscients de leur peu de poids face à une demande internationale exigeant des prix très bas, ils cherchent des solutions pour revaloriser leurs vins sur la scène mondiale et pouvoir concurrencer la France et l’Italie.

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Dégustation dans les jardins de Remelluri

 

L’organisation a été parfaite et les échanges très intéressants, parfois répétitifs, mais toujours passionnés. La nouvelle génération des vignerons espagnols a voulu nous faire passer des messages, elle nous a offert un voyage passionnant dans le monde des petites parcelles, depuis la Galice jusqu’à Xérès, en passant par les Iles, le Penedès…

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Jonatan Garcia, Suerte del Marques (Tenerife)

 

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Gorka Mauleón, Bodegas Compañón Arrieta, Rioja Vino Malapiedras

 

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Pedro Rodríguez, Adegas Guimaro, Ribeira Sacra

 

Que faut-il en retenir ?

– Un message plein de force, pour la défense d’un paysage et de cépages oubliés. La multiplication de petits projets menés par des jeunes passionnés, dans des lieux improbables à la recherche de cépages perdus ou abandonnés, est un fait avéré, et qui ne s’arrêtera pas de si tôt, l’Espagne étant une mine, un réservoir de cépages méconnus et de vieilles vignes. Gredos, la Ribeira Sacra, Les Canaries….

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Jorge Monzón , Dominio del Aguila, Ribera del Duero

 

–  La volonté de faire revivre le monde rural, de repeupler les petits villages délaissés, en donnant du travail grâce à une viticulture saine. De revaloriser le métier de viticulteur, de transmettre la passion, afin d’inciter le plus de jeunes possible à venir s’installer à la campagne. Mais surtout, la volonté de transmettre un patrimoine à leurs enfants et petits enfants – et pour ça, ils ont commencé à replanter et ne se contentent pas ne travailler que les vieilles vignes.

– La volonté d’élaborer des vins de qualité qui traduisent à la fois le terroir et la personnalité du vigneron et enfin, obtenir que cette qualité se traduise dans les prix de la bouteille. La finalité n’étant pas de sortir à des prix considérés comme chers, mais de pouvoir vivre décemment du travail de la vigne, de leur passion, ce qui n’est pas le cas pour l’instant, si l’on en croit les expériences qui nous ont été expliquées.

– L’espoir d’arriver à organiser les appellations, de délimiter les terroirs, de « Zonifier » à la manière du Priorat.

-La tendance chez ces jeunes à travailler en biodynamie, écologie, avec des levures autochtones, le moins d’intervention possible et pour certains le moins d’usage possible de soufre. Leur inquiétude pour l’architecture du vignoble, pour préserver un terroir sain, un écosystème qui préserve l’avenir de la planète. Récupérer la tradition de complanter les nouvelles plantations.

– La volonté de pousser les Consejos Reguladores à plus de rigueur en ce qui concerne la qualité, exiger d’eux une vision beaucoup plus stricte et la valorisation de l’appellation. Il est à noter d’ailleurs que bien qu’invités, les Consejos Reguladores, à l’exception de celui du Priorat, ont brillé par leur absence.

– La nécessité de trouver un nouveau modèle de négoce, parce que l’actuel, dont l’unique obsession semble être de produire toujours davantage et à plus bas coût, les conduit à perdre leur identité, leur personnalité, leur qualité. Quitte à se démarquer des DO et en sortir s’il le faut, ces viticulteurs sont conscients qu’il leur reste un long chemin à parcourir pour arriver à situer leurs vins à la place qu’ils méritent.

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En conclusion

Des échanges fructueux, beaucoup d’idées, de passion, une énergie positive, une envie de partager, mais encore pas mal d’individualismes, reste à voir comment cela va se traduire dans les faits. Je pense qu’il aurait fallu aller plus loin, aborder la réalité du marché, qui a été à peine évoquée, j’ai senti un peu de frustration chez certains, mais cette première rencontre a été considérée comme un grand succès par la majorité  des participants.

On retiendra une grande ébullition, qui n’est pas prête de s’arrêter. Après une période de vins 100% tempranillo, 100% bois neuf, tous sur un même modèle, la diversité est de retour, ainsi que l’équilibre et la fraîcheur. Les vignerons veulent des vins qui montrent leur origine.

Nous ne pouvons que nous en réjouir.

 

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SonVell et Château Paquita

 

Hasta pronto,

Marie-Louise Banyols13245207_841034379335522_6673806810065151726_n


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Les Crémants de Bourgogne Bio du Château de Sassangy

Jean Musso a eu deux vies; la première, à la tête d’une grande entreprise de charbonnages (il est ingénieur des mines de formation); la seconde, à la tête d’un grand domaine de la Côte Châlonnaise, le Château de Sassangy, grande propriété familiale de 250ha qu’il rachète en 1979, avec son épouse Geno (récemment décédée). Immédiatement, ils décident de convertir l’exploitation en bio, aussi bien pour la partie élevage que pour la partie vin (25 ha de vignes). Ce qui était plutôt rare à l’époque.

Il n’a jamais eu à le regretter: ni dans l’optique de la protection de l’environnement, qui lui est chère, ni dans l’optique de la qualité des vins; pour lui, le bio permet d’éviter la dégringolade d’acidité constatée dans les vins ces dernières années, sans doute du fait du réchauffement climatique. Jean Musso peut ainsi se permettre de vendanger assez tard, ce qui confère à la plupart de ses vins une bouche pleine et complexe. 

Sassangy1Jean Musso nous accueille à Sassangy (Photo (c) H. Lalau 2016)

Ses vignes (50 ha au total) se répartissent en trois grands blocs, autour du château, mais aussi dans le Couchois et près de Santenay.

La production totale est de l’ordre de 300.000 cols dont 200.000 cols de Crémant de Bourgogne; outre les ventes sous sa marque, le domaine fourbit également des mots de crémant bio à quelques grands opérateurs de Crémant de Bourgogne. Très impliqué dans la défense de l’appellation, il a été un des promoteurs de la hiérarchisation (sur base volontaire) qui a abouti voici quelques mois à la mise en place des mentions Eminent et Grand Eminent, avec deux cahiers des charges particuliers.

Ses vins sont un peu à son image: ils ont de la franchise, de la classe, un brin de malice et le don de vous mettre à l’aise.

Sassangy4Vue du château sur la campagne châlonnaise (Photo (c) H. Lalau 2016)

Crémant de Bourgogne Château de Sassangy 

Cette cuvée fait intervenir les 4 cépages du Crémant du Bourgogne, à savoir le pinot noir (ici, à 50%), le chardonnay (30%), l’aligoté (à 10%) et le gamay (10% également).

Ce qui ce traduit par une belle complexité; l’alliance gourmande d’une aromatique tropicale (mangue, ananas), d’un fruité mûr et d’une remarquable vinosité, avec une pointe d’évolution. Le dosage (6g) est quasi imperceptible. L’acidité (naturelle) se font dans le vin. 

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Crémant de Bourgogne Château de Sassangy Cuvée 912

Cette cuvée contient plus de de chardonnay (50%). Elle présente beaucoup de peps. Mais aussi une grande finesse. Le nez est plus floral (camomille, acacia), la bouche fraîche, enjouée; l’acidité lui donne sa charpente, sans être en rien mordante.

Crémant de Bourgogne Rosé Château de Sassangy

80% pinot noir et 20% gamay. L’aromatique est très gourmande, là encore, sur la groseille et la fraise écrasée. La bouche est très harmonieuse, sur le fruit rouge également, avec quelques notes d’évolution, mais intéressantes – elles apportent de la complexité en plus. Belle finale légèrement saline.

Sassangy3Le Château (Photo (c) H. Lalau 2016)

En guise de conclusion, une réflexion qui dépasse les seuls vins du domaine: ce type de produits est la preuve par l’exemple que les Crémants de Bourgogne, loin d’être une simple « alternative », ont une identité à part entière; une maturité et une puissance qui tiennent sans doute au fait que les raisins utilisés ici sont d’abord conçus pour le vin, plantés sur des terroirs à vin; ajoutez à cela des assemblages judicieux de jus provenant de différents cépages et de différentes zones de l’aire, et vous obtenez, non pas tant des bulles de Bourgogne que des Bourgognes Crémants – si vous voyez la nuance…

Hervé LalauIMG_9183


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Giboulot, le vin

Nous avons pas mal parlé, ici-même, il y a deux ans, d’Emmanuel Giboulot.

Mais avant d’être une « affaire » ou une polémique, un homme suscitant la critique ou l’adhésion, Giboulot est d’abord un vigneron.

J’ai eu la chance de pouvoir déguster un de ses vins au Comptoir des Tontons, à Beaune, voici quelques jours. Un établissement qui, justement, s’est fait une spécialité des produits bio – dans l’assiette et dans le verre.

Le vin en question était un Hautes Côtes de Nuits 2014, cuvée En Grégoire.

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Il m’a vraiment séduit.

D’abord, par son nez fringant de guigne, de prunelle, de cassis, qui annonce déjà la charpente acide en bouche; mais il y a autre chose: beaucoup de profondeur, des tannins fermes mais pas secs, et puis un côté fumée, suie; une pointe de pierre à fusil. On retrouve en finale l’astringence de la prunelle, mêlé cette fois à la douceur de la myrtille. Ce vin oscille sans cesse, non du fusil au missel, comme le chantait Brel, mais de la gourmandise du fruit à l’austérité du minéral. On croit le cerner, et hop, il se referme, puis s’ouvre à nouveau. Bref, c’est un vin qu’il faut aller chercher dans le verre.

Domaine E. Giboulot. Tél: +33 3 80 22 90 07

Hervé Lalau

 


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Clos Canos, un Corbières de Carignan

Certains vins ont le chic de marier les contraires le souple et le vif, le dur et le soyeux. C’est le cas de ce Clos Canos 2013, un Corbières à grosse proportion de Carignan (salut Michel, tu vois, on pense à toi!), découvert au début de ce mois à la faveur d’une dégustation en plein air – et en plein vent, au sommet des Corbières (where else?).

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Pierre Galiner et son vin (Photo (c) H. Lalau 2016)

Ce vin à la robe sombre nous régale de mûre, de cuir et d’épices; sa bouche est charnue, dense, mais garde assez d’acidité pour que les papilles ne s’endorment pas. La finale, assez longue, évoque un bouquet de romarin sauvage. Pierre Galiner et Florence Castel ont trouvé une belle recette: un Corbières rustique et gourmand à la fois. Rocailleux et fruité, comme l’accent de gens d’ici.

Bref, j’adore!

Pour info, la version rosée n’est pas mal non plus…

Hervé Lalau

Pierre Galinier & Françoise Castel, Clos Canos, Luc sur Orbieu, +33 4 68 27 00 06


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VSIGP (3): 7 vins sans appellation d’origine, mais pas forcément sans intérêt

Mais quelle idée ai-je eu là!? Oui, j’avoue, c’est moi qui ai poussé mes chers collègues des 5 du Vin à déguster des VSIGP, cette semaine. Je ne sais pas pourquoi, mais à chaque fois que je vois ce sigle, je pense à « vendu sans garantie du gouvernement », alors que chacun sait, bien sûr,  qu’il s’agit de Vins sans Indication Géographique de Provenance.

Drôle de définition, puisque, à écouter l’ami Maxime, j’avais crû comprendre qu’« on est tous nés quelque part »

Voila donc des vins qu’on définit, non pas pour ce qu’ils sont, mais pour ce qu’ils ne sont pas. En creux, en quelque sorte.

Pas étonnant, après ça, qu’on ait du mal à les cerner. Entre les vins de terroir dont les vignerons ont choisi de ne pas revendiquer leur origine, les vins qui dépassent les rendements de l’appellation, les vins qui utilisent des cépages interdits dans leur appellation, les vins qui assemblent des raisins de différentes régions de France, ou d’un autre pays, les vins qui assemblent des vins de plusieurs pays de l’Union européenne, les vins d’auteur et les vins d’entrée de gamme, cette catégorie est un vrai fourre-tout.

Mais c’est ce qui la rend intéressante: elle est si diverse qu’on ne peut, d’emblée, avoir d’avis tranché.

Il faut tester.

Pour ce faire, et pour ne pas faire tout à fait la même chose que mes copains David et Jim, j’ai choisi de diversifier les origines.

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Je vous propose donc 7 vins: un Français, deux Espagnols, un Tunisien, un Australien, un Italien et un Californien.  Tous achetés de mes propres deniers en grande distribution (Les 5 du Vin ne reculent décidément devant aucun sacrifice). Une sorte d’immersion dans le vin populaire.

Mais voyons ce que cela donne dans le verre!

Cambras Cabernet Sauvignon Merlot 2015

« Cépages sélectionnés », dit l’étiquette. Comprenez, en Espagne (mais pour ça, il faut aller sur la contre-étiquette). C’est que Cambras change assez régulièrement de fournisseurs. Pourquoi pas, du moment que ce n’est pas au détriment du contenu. Dans cette catégorie, il n’y a pas de promesse, ni de garantie par l’origine – c’est la marque qui tient lieu.

« Rond et fruité », dit encore l’étiquette. La rondeur ne me frappe pas comme une des plus grandes qualités du Cabernet, mais examinons déjà le nez: du fruit noir (un peu),  beaucoup de vanille, c’est plutôt suave, limite écoeurant; la bouche, elle, me semble végétale, les tannins verts et presque farineux. L’ensemble n’est pas bien fondu – c’est un peu jeune, sans doute. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas un vin que j’aurai envie de boire au quotidien – Cambras est pourtant une des marques les plus vendues en France.

Curieusement, je l’ai trouvé chez Carrefour au milieu des vins d’appellation du Sud de la France, et non avec les VSIG, ni avec les vins d’Espagne. Sans doute parce qu’il s’agissait naguère de vin français?

4,39 euros la bouteille de 75cl, bouchée liège.

Quarry Hill Shiraz Pinot Noir 2015 Australia

J’avoue que l’assemblage Syrah Pinot  m’a intrigué. Je ne connais pas beaucoup de régions qui le pratiquent. Ne serait-ce que pour des raisons climatiques. Pour être précis, ce vin n’est pas un VSIPG au sens strict, puisqu’il mentionne quand même une origine sur la contre-étiquette: « South Eastern Australia ». Compte tenu que cela s’étend tout de même sur cinq Etats du pays (Victoria, Tasmanie, Nouvelles Galles du Sud et une partie de l’Australie du Sud et du Queensland), soit environ deux fois et demie la surface de la France, j’ai du mal à y voir une Indication Géographique au sens européen du terme (même si, c’est vrai, l’Union Européenne la reconnaît comme IG). C’est pourquoi j’ai décidé de l’inclure dans cette dégustation. L’étiquette principale ne mentionne d’ailleurs rein d’autre qu’« Australia ».

Je ne peux pas dire que j’en ai été récompensé – IG ou pas, ce vin manque sacrément d’élégance. Il présente un fruit cuit, des nuances animales et des notes d’alcool qui lui confèrent une certaine lourdeur; et quand à son acidité, on la croirait rajoutée. C’est assez rèche en finale. Not my cup of tea.

4,55 euros la bouteille de 75cl, capsule à vis.

Sidi Brahim Merlot Cabernet Sauvignon

« Vins des Terres de l’Atlas » dit l’étiquette frontale. Beaucoup, dans la communauté pied-noir ou maghrébine, pensent peut-être que ce vin est toujours fait en Algérie; et pourtant, ce n’est pas le cas: il vient de Tunisie (des rives de la Médjerda, pour être plus précis). Et son assemblage est plus bordelais que méditerranéen: pas de grenache, de cinsault ou de carignan, mais du merlot et du cabernet-sauvignon.

Qu’importe, puisqu’il ne s’en cache pas.

« Intense et fruité », dit l’étiquette. La promesse est tenue. Le vin est gorgé de cerise, de framboise, de cassis; la bouche est relativement volumineuse, avec un beau retour du fruit en finale. C’est assez long, et les arômes sont frais, très purs. Qui l’eut cru: c’est un coup de coeur!

5,95 euros la bouteille de 75 cl, bouchée liège

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Le Révérend Wine of Spain

Sans aucun doute la présentation la plus ringarde de tout mon échantillon – mais qui suis-je pour dire ce qu’apprécie le client à ce prix? On est pas loin de l’image du Cramoisay des années 50, à moins qu’il s’agisse du Champlure; une sorte de capsule temporelle. Je me suis souvent demandé ce que goûtaient les vins de ces années là, les vins d’avant la révolution oenologique. Mais qui sait, peut-être que ça rassure le buveur nostalgique. Ou même, que ça va revenir à la mode, comme les tables en formica?

Mais passons sur le look et abordons franchement ce prêtre espagnol qui n’a pas l’air d’un Torquemada…

Et bien, c’est plutôt pas mal. J’appelle à la barre le dénommé Ferrer, Nino: « On dirait le Sud, le goût dure longtemps, et le fruit sûrement, fera plus d’un heureux, et pas seulement l’été ».

A  l’aveugle, on croirait un joli Côtes du Rhône. Je ne sais pas si c’est du grenache (aucune indication de cépage, ni millésime, d’ailleurs), mais c’est juteux, souple, enjôleur, avec juste ce qu’il faiut de peps en finale pour ne pas s’enfoncer dans le velours… de l’estomac. Et c’est le deuxième vin le moins cher de notre échantillon. 3 euros 19 de bonheur… simple et décontracté. Un deuxième coup de coeur, donc.

Pour voir, après dégustation, j’ai amené le digne Révérend chez In Vino Veritas, pour le faire déguster à l’aveugle par notre jury de journalistes et sommeliers: il a passé l’épreuve haut la main, mes collègues l’ont préféré à plusieurs vins d’appellation du Sud de la France.

Si j’étais marketteer, je ne changerais rien au vin, mais je le rhabillerais, et je le vendrais 2 euros plus cher, sous une marque un peu ronflante. Il ferait un tabac. Et moi je serais riche, peut-être. Mais je ne suis que journaliste.

3,19 euros la bouteille de 75cl bouchée liège

Cuvée de Grandgousier Vin de France Rouge

La cuvée la moins chère de mon petit échantillon. Un assemblage plutôt méditerranéen (Cinsault Grenache Carignan).

Mise belge – Grandgousier est une marque historique de Delhaize, une marque dont on notera que la présentation s’est bien améliorée ces dernières années.

Voici un vin qui commence bien, avec des jolis arômes de cerise mûre et de violette; l’avant bouche confirme, dommage que le milieu de bouche, lui, manque un peu de concentration; on ne peut pas parler de vins dilué, non, mais je reste un peu sur ma soif – dommage, même si, à ce tarif, je l’avoue, c’est loin d’être une déception.

3,19 euros la bouteille à capsule à vis d’un litre, soit 2,39 les 75cl

Beringer Cabernet Sauvignon California Wine of USA

La Californie, c’est grand. Beringer est implanté dans la Napa, mais rien n’indique que c’est de là que proviennent les raisins. Il entre donc bien dans le cadre de ce comparatif.

Je n’ai rien contre les vins puissants, ni un peu d’exotisme; mais là, c’est vraiment « too much ». Je ne suis même pas sûr que les djeunns apprécient. Le fruit est très mûr, un peu cuit; c’est saucé, fumé -j’ai pensé à de la sauce pour barbecue. Est-ce l’effet des copeaux? Un concept à étudier, peut-être: faire une promo avec le charbon de bois, juste avant l’été.

6,39 euros la bouteille de 75 cl, capsule à vis 

Berselli & Olivieri Signature Collection Merlot Vino d’Italia  2013

C’est le plus cher des vins de la dégustation; un assemblage signé Alma, un négociant-éleveur, et fier de l’être. Pourquoi pas?

Cette maison propose d’ailleurs toute une gamme de « vini varietali d’Italia », se fournissant dans pas moins de 7 régions de la Botte; dans le cas qui nous intéresse, le Merlot, les raisins sont issus de Lombardie, des Pouilles et du Piémont.La vinification est traditionnelle, avec une longue macération et 12 mois d’élevage en barriques (non, pas de copeaux, apparemment).

La dégustation confirme le soin apporté à cette cuvée; les nez est complexe, avec des notes de fruit rouge bien mûr et un peu d’humus, quelques nuances lardées, la bouche plutôt méridionale, épicée (poivre noir, romarin, réglisse), et le bois plutôt bien fondu (un peu de cacao, mais pas de vanille soulante). En résumé, un joli vin qui, à l’aveugle, pourrait en remontrer à pas mal de Merlots d’appellation. Notons d’ailleurs qu’on trouve au Chili, par exemple, des Merlots étiquetés « Valle Central » dont les raisins proviennent de régions au moins aussi éloignées que les Pouilles du Piémont – c’est là le paradoxe de la viticulture actuelle: de plus en plus de pays se battent sur un marché de plus en plus ouvert, mais les règles sont loin d’être les mêmes pour tout le monde…

Quoi qu’il en soit, une belle bouteille, un troisième coup de coeur, dans un style un peu plus travaillé.

12,69 euros la bouteille de 75 cl bouchée liège.

En résumé

Cette catégorie des VSIPG est certainement une des plus hétérogènes qui soit; on y trouve pourtant des choses plus qu’honnêtes, et même de belles choses, indépendamment du prix. Rien qui ne soit indécent, rien qui n’accrédite l’idée que ce sont là des sous-vins pour des sous-buveurs. Manifestement, il n’y a pas qu’une seule façon d’obtenir un produit honnête.

D’un autre côté, la plupart des AOC aussi sont hétérogènes, leur fameuse typicité n’étant souvent -mais pas toujours- qu’un argument marketing. Au moins, avec les VSIPG, pas d’embrouille: on n’est pas censé savoir d’où ils viennent ni à quoi il doivent ressembler. La plupart d’entre ces produits ne nous font peut-être pas rêver, pour reprendre la formule chère à l’ami Philippe de Cantenac. Mais ils font mieux que tenir leur rang; ils surprennent, en bien.

Comprenez-moi bien: je ne vais pas arrêter de parcourir la planète-appellations, qui nous fournit, dans les meilleurs cas, des produits à valeur émotionnelle ajoutée; mais je n’aurai plus aucune condescendance pour ceux qui font du vin autrement.

Hervé LalauRévérend


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VSIGP (1): Vin de France, oui, mais avec quelle stratégie de marque?

Premier volet de notre semaine VSIGP – Vins sans Indication Géographique de Provenance, pour les intimes. On démarre avec le Vin de France, et c’est David qui s’y colle…

Une stratégie de marque digne de son nom implique tout le processus, de l’élaboration du produit jusqu’au réseaux de distribution. A mes yeux, une appellation, même prestigieuse, ne peut se substituer à une stratégie de marque individuelle, et tous les vins qui réussissent à vendre leurs vins bien au-delà du prix moyen de leur appellation en sont la preuve, depuis les vins du DRC jusqu’à la production d’un Marcel Lapierre, par exemple. S’il est vrai que beaucoup  de vins médiocres se reposent sur la marque « ombrelle » que constitue l’appellation, qu’elle soit AOP, IGP ou autre, ce n’est jamais le cas de ceux qui réussissent.

Cela ne veut pas dire que l’appellation ne sert à rien. Elle fournit un cadre, une espèce de garantie d’origine qui peut et doit aider le consommateur. Mais c’est le producteur qui est, in fine, responsable aussi bien de la qualité de ses vins que de la réussite de son marketing. Cette question va se poser avec d’autant plus d’acuité que le cadre en question sera large. C’est la cas de la désignation Vin de France, dans laquelle je disais il y a quelques semaines que je croyais en tant que cadre permettant la constitution d’entités de production capables de rivaliser avec celles du Nouveau Monde.  Mais il faut que les producteurs dans cette catégorie, qui autorise des assemblages très larges (à condition de rester en France) ainsi qu’une vaste choix de cépages, aient une bonne stratégie qui s’adapte à la catégorie et aux prix demandés dans les marchés visés.

Par le biais de la dégustation de 7 échantillons de cette catégorie, j’ai voulu tester l’aspect produit, n’ayant pas au moment d’écrire ni les prix de vente public, ni d’autres éléments du marketing-mix pour juger du reste, hormis les noms des cuvées et l’habillage des flacons. En revanche, pour la plupart des cuvées, les prix ex-cellars sont annoncée entre moins de 2,50 et 4 euros. On peut imaginer des prix de vente public au double des ces chiffres.

D’abord, les vins blancs :

Kiwi Cuvée Bin 086, Sauvignon Blanc 2015 

(producteur en Loire : Lacheteau) capsule à vis

Une attaque frontale du pays qui a le mieux réussit avec ce cépage : non seulement ils ont pris le nom donné au habitants de la Nouvelle Zélande, mais ils utilisent la terminologie courante pour désigner une cuvée de vin en Australie (Bin + un numéro de lot). C’est plus que culotté, cela frise la copie ! La capsule à vis convient parfaitement, en revanche, et le vin est très bien fait. C’est même facilement le meilleur de cette série de blancs : aromatique sans excès, touchant la gamme classique des asperges, citron et groseille à maquereau, mais sans tomber dans l’excès. Vibrant et alerte en bouche, assez pleine de texture et d’une longueur efficace. Un vin que je boirais avec plaisir.

Je serai curieux de connaître son prix, même si je ne suis pas convaincu par cette stratégie d’imitation que je vois mis en place.

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Daudet-Naudin, Chardonnay 2015

(producteur situé en Bourgogne) bouchon liège massif

Je pense que la capsule serait plus appropriée comme fermeture et aiderait à conserver plus de fraîcheur dans ce vin qui en a besoin. L’habillage est dans le registre classico-moderne, assez élégant. Le vin me semble plus sudiste qu’un Bourgogne, avec un boisé discret mais présent, un palais bien rond et presque chaleureux, une pointe d’amertume en finale et un profil un peu mou. Pas désagréable, mais peut mieux faire.

Patriarche Père et Fils, Viognier 2015

(producteur en Bourgogne) bouchon liège aggloméré

Le nez est séduisant à l’aune du registre habituel de ce cépage, mais le vin me semble mou en bouche et manque de précision. La sensation d’amertume en finale est assez caractéristique. Habillage classico-moderne.

Secret d’Automne, Viognier-Sauvignon 2015 (moelleux)

(producteur en Ardèche : Vignerons Ardéchois) pas vu le bouchon

Vin plaisant, sans histoires, aux saveurs agréables, tendres et fruitées. Peut convenir à certains marchés mais quelle tristesse, cet habillage ! Je ne décèle aucune stratégie particulière dans la présentation de ce vin qui est d’une banalité affligeante.

 

Les vins rouges

 

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Café du Midi, Merlot 2015

Je ne sais pas qui est le producteur ni où se trouve sa base, n’ayant pas l’étiquette définitive. Bouchon aggloméré.

L’étiquette doit être provisoire car il n’y a presque aucune mention légale dessus ! On joue clairement sur une image classique de la France (« Café », puis « Midi » et un dessin d’une terrasse de café).  Le nez est chaleureux et rond, de type prunes cuites. Même rondeur assez fruitée en bouche. Souple, simple et plaisant. Je ne vois pas trop ce que ce vin propose, outre son origine, face aux merlots entrée de gamme de Chili, par exemple, qui sont souvent meilleurs.

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La Villette, Cabernet Sauvignon 2015

Le producteur est basé en Bourgogne. Bouchon en liège aggloméré

On voit ici une volonté claire de construire une marque, avec des ingrédients visuels qui créent l’ image d’une France traditionnelle d’une autre époque. Ce n’est pas du modernisme, mais c’est bien fait. Ce vin est le meilleur des trois rouges que j’ai dégusté et confirme mon impression à la dégustation qui a suivi la conférence de presse il y a quelques semaines. Nez fin et précis, marqué par un boisé (probablement des copeaux) mais aussi très fruité (cassis). Il a aussi une bonne petite structure pour le tenir deux ou trois ans sans problème, et une excellente fraîcheur. Très agréable, ce vin vaut largement certains issus d’IGP ou d’AOP.

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Syrah (non millésimé), Vins Descombe

La producteur se trouve dans le département du Rhône. Bouchon synthétique.

L’approche visuelle et simple et moderne, avec le nom du cépage et une signature. Pas de millésime, donc assemblage verticale. Un peu de gaz au départ. Bon fruité, assez expressif. Acidité élevée et une pointe d’amertume en finale. Aurait besoin d’un peu plus de rondeur pour plaire au plus grand nombre. Correct, quand même.

 

Conclusion générale

Cette dégustation était bien trop restreinte pour pouvoir tirer de vraies conclusions, d’autant plus que je ne dispose pas d’éléments sur les options commerciales, y compris les volumes produits et les prix de vente. Il y avait deux bons vins dans le lot, et, sur ces mêmes vins, un parti pris (très différent) lisible à travers les habillages. Mais je trouve que le niveau de créativité est trop pauvre (sur la base de cette courte sélection, du moins) pour réellement aider les marques en question à faire leur trou et démontrer tout l’intérêt de cette catégorie. Peut-être est-il trop tôt pour voir émerger de véritable stratégies innovantes ?

Affaire à suivre, dans un an ou deux peut-être…..

 

David

(PS, je serai en route ce lundi pour deux journées de piste au circuit du Vigean avec l’engin ci-dessous. C’est bien rouge mais cela sera sans vins, forcément)

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À Barcelone, pour une piquouse au Jerez…

Marie-Louise Banyols nous a bien fait comprendre ces derniers temps l’importance que prenait le vermut dans les lieux où le vin est à l’honneur en Espagne, certes, en Catalogne et à Barcelone en particulier. Personnellement, je n’ai jamais été emballé par ces vins « arrangés » et mes amis savent à quel point mon goût est nettement plus porté vers la spontanéité et la fraîcheur du Fino, ce vin sec si moderne et si profondément andalou qu’il me file une claque en bouche, requinque mon cerveau et me donne l’irrésistible envie de revivre, de parler, de rire et de croquer langostinos, calamares, almejas, anchoas, olivas, almendras, tortillas, jamones ibéricos… que sais-je encore dans le vaste répertoire des gourmandises que l’on trouve dans tous les bons bars de Jerez de la Frontera, Sevilla, Cordoba, ou San Lucar de Barramedia, chez Bigote par exemple, ou même à Puerto de Santa Maria pas très loin de Cadiz.

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À Barcelona, comme en d’autres villes de Catalogne que je fréquente en voisin depuis 30 ans, les vins de Jerez, Manzanilla et Montilla-Moriles inclus, n’ont jamais été totalement absents du paysage vineux. Bien que le choix ait été limité, j’ai toujours pu m’en procurer sans trop de difficultés. Pourtant, je n’ai jamais senti une réelle frénésie autour de ces vins et j’ai plutôt essuyé quelques revers : mauvais service mêlé à un choix plutôt limité, à un désastreux manque de connaissance et à une attitude frisant la racisme anti-andalou. Or, les courants d’air passant plutôt bien dans les artères rectilignes de la grande catalane où les modes changent désormais aussi vite qu’à Londres ou Paris, il se pourrait bien que dans un jour très proche le Jerez et sa foison de vins spéciaux fassent des ravages du côté des ramblas. Déjà, il y a deux ans, j’avais découvert sur le tard un filon de taille (une trentaine de références) lors d’une halte avec mon copain Bruno à Palafrugell, chez Grau, un grand magasin dédié aux vins, liqueurs et alcools qui a déclenché chez moi une série d’articles pas mal controversés ici même. Si vous êtes curieux, vous retrouverez les trois papiers sous le titre El Rey Fino.

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Lors de mes finoseries habituelles, j’avais aussi commis un ou deux articles sur Monvinic, un bar chic où officie l’une des meilleures sommelières d’Espagne, la poitevine Isabelle Brunet. Lors d’un séjour à Londres idem, où les bars à finos semblent gagner du terrain. Et à Paris ? Que dalle… du moins à ma connaissance. Voilà donc que depuis quelques années on constate que les branchés du vin s’ouvrent timidement mais sûrement au Jerez et que des explorateurs fous de caves andalouses, tels ceux de l’Equipo Navazos dénichent de vraies pépites qu’ils mettent en bouteilles afin de nous faire partager leur passion.

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Je vais commencer – il était temps ! – par le commencement : ma rencontre avec le premier lieu vanté par Vincent. Il vient d’ouvrir à deux pas de la trépidante Diagonal, à hauteur d’un gigantesque rond-point qu’est la Plaça Francesc Macia. Il s’agit d’une cave à l’allure et au nom modestes, El Petit Celler, précédée d’un bar assez discret et sans prétention comme il y en a tant dans cette ville, un lieu idéal pour servir de refuge à quelques employés du quartier venus discuter d’une affaire entre deux coups de fil et une pause cigarette. Vous verrez, on y arrive facilement en remontant le trottoir de droite de la courte mais assez large carrer Beethoven.

WP_20160406_012Après un vrai Illy caffe servi ristretto dans les règles de l’art et bu à la va-vite au bout du comptoir, faîtes comme moi en filant droit vers le fond de la boutique. C’est là que vous attendent quelques 260 références andalouses qui font de cette petite cave probablement la plus grande au monde, en tout cas la plus fournie en fioles de Jerez et autres Montilla-Moriles. On reste coi face à la variété et à la rareté des vins qui sont exposées. Et pas que dans le créneau du fino ! Toujours avec en bouche le parfum de la douce amertume rôtie de mon café du matin (il est presque midi, mais il faut se mettre au rythme local…), tout en réclamant l’aide du patron, Sebastià Lozano, je mets la main sur une petite bouteille d’une marque qui m’était inconnue et dont le prix ne dépassait pas 20 euros. Je demande à l’avoir en terrasse dans un seau à glace. Une telle exigence ne choque nullement Sebastià qui ajoutera à ma demande une petite assiette de morceaux de jambon ibérico.

Accompagnant notre dégustation de quelques bouffées d’un excellent cigarillo cubain (il n’était pas l’heure du gros cigare), un petit Partagas, ma compagne et moi étions aux anges lorsque jaillit de la rue l’ombre (amincie) de notre ami Vincent. Ni une ni deux, sur le ton triomphal du « Goûtez-moi ça, vous allez voir que c’est autre chose ! », voilà qu’il nous fait servir un autre flacon, sa découverte du moment. Fier tel un hidalgo d’opérette, aussi à l’aise qu’un paysan gascon, il nous sert son trésor, son vin d’amour tout droit sorti d’une bouteille aux allures de fiole antique. Le vin est gras de matière, mais il est pourtant aussi solide que le mur d’enceinte de l’Alcazar de Jerez. Il file bien droit en bouche, imprimant dès le départ le style aiguisé et distingué d’un jeune cavalier en habit sorti tout droit de l’école équestre de la ville pour parader devant les belles qui se pressent sur le chemin des festivités de la Feria del Caballo.

Un équilibre fait d’élégance, de perfection, de finesse… bref, un fino parfaitement bien éduqué, pour employer un terme de spécialiste. Le nom de ce rarissime fino ? Urium. Il s’agit d’un fino issu de raisins biologiques élevés en solera sous la fleur et mis en bouteilles en rama, c’est-à-dire « tel quel », ou « tout cru », sans filtration, comme l’explique in english l’excellent blog Sherry Notes.

Au cœur de la vieille cité de Jerez, dirigée par un collectionneur de soleras Alonso Ruiz et sa fille, Rocio, la Bodega Urium est l’une des dernières petites maisons familiales jerezanas qui s’accroche à ses vieux murs et cultive son indépendance avec autant de sérieux qu’elle met de soin à élever ses vins. Et sous cette même signature, l’amateur trouvera une gamme de V.O.R.S. (Very Old Rare Sherry ou encore Vinum Optimum Rare Signatum) déclinée en Amontillado , Palo Cortado, Oloroso et Pedro Ximénez, garantissant des vins de plus de 30 ans !

Fier de sa trouvaille... Photo©MichelSmith

Heureux de sa trouvaille, Vincent sombre  un instant en pleine méditation.

Nous étions déjà bien gais en cette fin de matinée, grisés que nous étions par la fraîcheur et la qualité de la flor peut-être, alors que notre journée Jerez ne faisait que commencer. Il était temps de se laisser cueillir par un taxi jaune et noir pour notre prochaine étape encore plus folle que celle d’avant. Si vous êtes comme moi accro au fino, suivez-nous Jeudi prochain pour une mémorable virée à deux pas des fameuses Ramblas.

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!Adiós y hasta pronto¡

Michel Smith

©photos MichelSmith

PS Cet article est dédié à l’ami Étienne Hugel qui aurait pu nous accompagner dans cette virée …

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