Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Pots de vin

Tordons le cou à une rumeur persistante: l’administration belge n’a rien contre le vin.

La preuve avec ce document des archives télévisées belges (le passage précis commence à 2.24, mais on pourra remettre le problème dans son contexte en étudiant la bande complète).

http://www.rtbf.be/video/detail_les-snuls-administration?id=1960114

 

Hervé

 


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Vin en Boîte (Wine in Box), le concours

Nous en avions parlé, histoire de le présenter.
C’est fait, c’est plié.
La grande première mondiale du premier WiB, le concours Wine in Box, s’est déroulée avec succès, réussite au-delà des objectifs espérés.

Toulouse l’accueillait

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C’est à Toulouse, la Ville Rose que je trouve plus orange que rose d’ailleurs, qu’a eu lieu cette compétition des Vins en Boîte. Le grand bâtiment de l’Hôtel de Région avait prêté l’un de ses locaux. Le challenge a commencé après les discours habituels suivis des recommandations, dont une m’a surpris : l’interdiction de se rendre aux toilettes durant toute la période de dégustation, pourtant, on le sait, déguster donne envie de pisser.

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Mur de BiB

La grande question c’était, puisque cela ne s’est jamais vu, comment les organisatrices allaient-elles occulter les gros contenants pour ce test à l’aveugle; et d’autre part quid du service? La photo ci-dessous à ces deux fondamentales questions répond.

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L’aveugle nous laisse parfois (souvent) pantois

On se laisse toujours surprendre, nos certitudes vacillent fréquemment lorsque quelques doigts agiles déshabillent les bouteilles, ici, dépiautent les poches.
Il y a là, dans cet acte rude, le carton est dur, un aspect plus populaire, plus proche de la réalité quotidienne… bref

Marion Ivaldi fait écho dans Vitisphere, l’un des sponsors du concours,
www.vitisphere.com/breve-72540-Best-wine-in-box-bienvenue-dans-le-concours-des-vins-de-la-qualite-et-de-linattendu.html
de l’étonnement ou du questionnement de quelques jurés, voici les propos recueillis:

Interrogés plusieurs jurés soulignent la qualité des vins dégustés. Arnaud Giambra, œnologue au Château Cransac (primé en rouge par le concours), a dégusté une série de blancs. « Je connais bien les bib© car ils constituent la moitié de la production du domaine, mais dans les couleurs rouge et rosé. Je suis vraiment satisfait de la qualité dégustée. J’en achèterai sans problème !».

Marion n’avait pas la place pour développer, alors j’en profite pour faire un commentaire:
La qualité générale s’est bien accrue ces dernières années, ce qui donnerait à penser que les producteurs font plus attention à ce qu’ils mettent en poche, pensant certes aux leurs. Le tri commence à se faire et qui voudra écouler de la daube les bourses se verra vider.
Ce qui suit, toujours sous la plume de Marion, prouve que j’y étais et que je ne suis pas plus malin qu’autrui :

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Pour Marc Vanhellemont, journaliste-dégustateur belge (notamment Les 5 du vin), la surprise est grande. «D’ordinaire, en bouteille, le merlot n’est pas trop à mon goût. Notre table a fait ressortir quatre merlots » s’étonne-t-il.

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Ma conclusion, il faut que l’avenir me voie moins dur pour le cépage. À ma décharge, j’ai dégusté en songeant vins en Wine Box, c à d avoir du fruit, de la fraîcheur et pas de défaut. Du coup quatre Merlot sur neuf sont sortis presqu’à l’unanimité dans la première série. La deuxième série offraient plus de défauts que de qualités (oxydation, acidification excessives, verdeur ou surmaturité, …) on l’a vite oubliée.

Jean-Luc Meurisse, œnologue à la tête de Terroir et formation, est également surpris mais pour des raisons différentes. « Nous avons dégusté des rouges de 2010 et 2011. Si l’un d’entre-eux est ressorti, on est en droit de se demander si c’est vraiment intéressant de mettre en bib© des vins évolués ». Décidément le bib© sait faire dans l’inattendu… jusqu’à conditionner un Maury Tuilé, également primé.

Mon cher Jean-Luc, le bib© n’est pas un contenant de garde mais un conditionnement pour vin à boire dans le mois de son achat. Alors pourquoi ne pas mettre en boîte un vin de petite ou moyenne garde au moment de sa maturité gustative ? C’est peut-être le seul moyen pour que le consommateur déguste et boive un vin à point contrairement à son habitude, certes mal venue, de boire tout de suite le flacon à conserver qu’il vient d’acheter.

Un autre propos encore, entendu et non plus relevé par Marion, un jury s’étonnait de la trop bonne qualité des vins dégustés, à en déclarer forfait par perte de repère. Voilà une réaction qui démontre qu’il y a encore du chemin à faire pour ce contenant, nombre de dégustateurs et certainement de consommateurs se disent qu’y sont conditionnés du « very bad de gamme© » comme on l’entend encore dire pour les rosés…

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En tous les cas, j’ai vraiment été satisfait de participer à cette première, d’autant plus que l’ambiance était des plus décontractées et grande chance durant la dégustation, je n’ai pas dû aller pisser.

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Pour les résultats complets
www.best-wine-in-box.com
www.blog-du-bib.fr/1er-concours-international-best-wine-box-toulouse-le-20-mars-2015/

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Ciao

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Marco


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Côtes du Rhône Villages : Glorieuses #Découvertes !

Il y a quelques semaines, je me suis offert un break, pardon, une coupure.

C’était en Vallée du Rhône, région que je fréquentais jadis (il y a plus de 30 ans, déjà…) au temps de mes premiers pas dans le vin avec, il faut bien le dire, bien plus d’assiduité qu’aujourd’hui. J’y descendais souvent le plus naturellement du monde depuis Paris : Vienne, Tournon, Saint-Péray, Valence… la RN 89 n’avait alors plus de secrets pour moi et sur l’étroit espace qu’offrait le parking de Guigal, il y avait toujours une place de libre pour le visiteur, même sans rendez-vous ! Quant à Michel Chapoutier, aujourd’hui grand manitou de la région, je me souviens encore de son sourire un brin narquois lorsqu’il était au garde à vous dans le bureau Empire de son père, Max, et qu’il semblait nous dire : « J’en n’ai pas l’air comme ça, mais j’ai de grandes idées en tête. Vous allez voir, un de ce quatre, vous entendrez parler de moi » !

Michel Chapoutier, aujourd'hui Président d'Inter Rhône. Photo©MichelSmith

Michel Chapoutier, aujourd’hui Président d’Inter Rhône. Photo©MichelSmith

Cette partie septentrionale du couloir rhodanien, notre ami Marc s’y est attardé pour lui consacrer plus d’un article ces derniers temps. Tandis qu’il s’adonnait à la Syrah, au Viognier, à la Marsanne et à la Roussanne, je peaufinais de mon côté ma carte du Sud, histoire de m’offrir, grâce à la complicité d’Inter Rhône, trois jours de dégustations en Avignon à l’assaut des « Villages Crus » (appellation qui m’est propre) de la partie méridionale des Côtes du Rhône. Le tout dans le cadre de Découvertes en Vallée du Rhône, une bien nommée manifestation professionnelle entrecoupée en nocturne d’escapades diverses, variantes désormais qualifiées de off, histoire peut-être de coller à la réputation festivalière de la cité.

L'ami Marc Vanhellemont, dans les salons d'Avignon en compagnie d'un collègue belge. Photo©MichelSmith

L’ami Marc Vanhellemont, dans les salons d’Avignon en compagnie de Johan de Groef, son collègue belge d’In Vino Veritas. Photo©MichelSmit

Arrivé en Avignon, pour cette série de trois articles au moins, mon modus operandi est simple : par discipline, mais aussi par nécessité, il faut bien se fixer un programme, ne pas partir dans tous les sens comme un chien fou ce qui aurait pu m’arriver vu que nous avions des milliers de vins à notre disposition. Pour être efficace, j’ai négligé les clochers déjà embarqués dans un premier train qualitatif depuis la fin des années 60, comme celui des Côtes du Rhône Villages avec noms de communes que sont Séguret, Sablet, Cairanne, Roaix, Visan, Saint-Maurice, Saint-Gervais, Laudun ou Chusclan (voir la carte officielle), pour ne citer que ceux-là.

J’ai négligé aussi les villages passés crus à part entière comme Rasteau et Beaumes-de-Venise (qui l’étaient déjà avec leurs VDN), Vacqueyras, Vinsobres, Gigondas, crus qui tous briguent peu ou prou la notoriété d’un Châteauneuf-du-Pape.

Dans les murs d'Avignon, des milliers de vins à déguster ! Photo©MichelSmith

Dans les murs d’Avignon, des milliers de vins à déguster ! Photo©MichelSmith

Pour mieux cerner les choses et déguster sereinement, j’ai décidé de me concentrer sur les petits nouveaux, ces presque crus, comme je les appelle sans aucun mépris. Il s’agit de zones consacrées depuis une dizaine d’années, pour certaines, entre 2005 et 2012, par une appellation Côtes du Rhône Villages « avec dénomination géographique ». Ils ont pour noms Puyméras, Signargues, Massif d’Uchaux, Gadagne et Plan de Dieu.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Car il convient toujours de se méfier des excès en matière de vin. Bien souvent, une zone qui veut monter d’un cran sur l’échelle de la qualité va, à mon sens, bien trop vite. Et brûle les étapes en quelque sorte. Ne devient pas cru qui veut et il ne suffit pas de baguettes magiques pour y arriver. Trop souvent, on pense que monter d’un niveau permettra de vivre mieux en vendant le vin plus cher. Avant, on devrait se poser la simple question : sommes-nous capables de viser plus haut ? Est-ce que nous sommes prêts à nous forger une discipline, à faire des sacrifices, à nous imposer des règles strictes sous la forme d’un très exigeant cahier des charges ? C’est ainsi qu’il y a des crus communaux récemment sacrés (je ne les nommerai pas par charité chrétienne) qui n’arrivent pas à la cheville de crus déjà installés comme Gigondas, ou même Lirac, l’un sacré en 1971, l’autre en 1947. Ils restent tout simplement à un niveau Côtes du Rhône Villages et on se demande comment on a pu faire, à moins d’un appui politique très efficace, pour les pousser aussi vite vers le star system. Je voulais voir, plutôt sentir, s’il en était de même avec ces fameux et récents wagons à « mention géographique » qui composent le majestueux train de la Vallée du Rhône. Sont-ils aptes vraiment à se positionner face au grand portillon du paradis ?

Les méandres du vin font penser à ceux des malades des ruelles de la Cité des Papes. Photo©MichelSmithLes méandres du vin font penser à ceux des calades dans les ruelles de la Cité des Papes. Photo©MichelSmith

Mais avant toute chose, contrairement à ma réputation de mauvais coucheur, il me faut procéder à un coup d’encensoir. Tout arrive, et pour une fois, je ne ronchonnerai pas… Croyez-moi si vous le voulez, mais rarement la France viticole est capable de nous offrir des moments où tout se passe bien du début à la fin, où l’on a l’impression de travailler dans un lit de pétales de roses (a bed of roses), où tout est mis en œuvre pour que l’on puisse déguster dans d’idéales conditions. La dernière fois, c’était à Bandol en Décembre dernier. Cette fois-ci, en Avignon, les responsables d’Inter Rhône se sont montrés parfaits !

Un tel accueil, une telle opportunité, un tel professionnalisme sera difficile de rencontrer ailleurs. Peu souvent en effet une région viticole est en mesure d’organiser un événement aussi bien huilé qui satisfasse l’ensemble des éternels enfants gâtés que nous sommes, nous journalistes. C’est pourquoi, avant d’attaquer la dégustation dès la semaine prochaine, je tenais à vous recommander le site qui fédère l’ensemble de la Vallée : Vins-Rhône.com !

Michel Smith


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Sauternes et Perrier: Desproges, déjà…

Au risque d’ajouter de d’huile au moulin de l’ire de l’amer Michel – si, si je t’assure, sur ce coup-là, tu étais amer, Michel, je verse au dossier de l’affaire SP (pour Sauternes Perrier) ce texte prémonitoire, avant-coureur, annonciateur et pour tout dire, prophétique, de notre maître Pierre Desproges. Tiré des Chroniques de la Haine Ordinaire, il s’intitule – je vous le donne en mille: « En amour, on est toujours deux. Un qui s’emmerde et l’autre qui est malheureux ». Joli programme!

Celui qui lira jusqu’au bout ce salutaire avertissement sans frais y trouvera peut-être, in fine, le rapport avec l’eau de Perrier. Sinon, il aura passé un bon moment de lecture, à ne penser, ni à ses hémorrhoïdes, ni à sa feuille d’impôts, ni aux études de la cadette, et c’est toujours ça de pris, comme disait Socrate (jusqu’à preuve du contraire).

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Pierre Desproges (1939-1988). Photo Roland Godefroy

Mais je cède la place à M. Desproges, Pierre:

« J’étais littéralement fou de cette femme. Pour elle, pour l’étincelance amusée de ses yeux mouillés d’intelligence aiguë, pour sa voix cassée lourde et basse et de luxure assouvie, pour son cul furibond, pour sa culture, pour sa tendresse et pour ses mains, je me sentais jouvenceau fulgurant, prêt à soulever d’impossibles rochers pour y tailler des cathédrales où j’entrerais botté sur un irrésistible alezan fou, lui aussi.
(…)
Je l’emmenai déjeuner dans l’antre bordelais d’un truculent saucier qui ne sert que six tables, au fond d’une impasse endormie du XVème où j’ai mes habitudes. Je nous revois, dégustant de moelleux bolets noirs en célébrant l’automne, romantiques et graves, d’une gravité d’amants crépusculaires. Elle me regardait, pâle et sereine comme cette enfant scandinave que j’avais entrevue penchée sur la tombe de Stravinski, par un matin froid de Venise. J’étais au bord de dire des choses à l’eau de rose, quand le sommelier est arrivé.

J’avais commandé un Figeac 71, mon saint-émilion préféré. Introuvable. Sublime. Rouge et doré comme peu de couchers de soleil. Profond comme un la mineur de contrebasse. Eclatant en orgasme au soleil. Plus long en bouche qu’un final de Verdi. Un vin si grand que Dieu existe à sa seule vue.
Elle a mis de l’eau dedans. Je ne l’ai plus jamais aimée.

Affaire de goût, goût des affaires

Et maintenant, pour redevenir sérieux un moment (pour autant que Desproges n’ait pas été sérieux), il va de soi que chacun est libre de boire son vin comme il l’entend. Heureusement qu’il n’y a pas un gendarme, un responsable de l’INAO ou même un critique de vin dans toutes les salles à manger. Si nous autres, journalistes en vin, nous permettons une sourire narquois, voire une pointe d’indignation face au Sauternes-Perrier, c’est que nous sommes un peu déformés. Déformés par des années de dégustation; déformés par des années de lavage de cerveau, de terroirisme aveugle – à force d’entendre qu’il y a plusieurs sortes de graves (ce qui est vrai); que l’argilo-calcaire est un type de sol (ce qui ne veut rien dire), que Sauternes n’est pas Barsac, que Fargues n’est pas Yquem, qu’Yquem n’est pas Climens… nous avons fini par le croire. Et nous voila plus royalistes que le roi, plus recuits dans notre défense du cru que les producteurs eux-mêmes. Et quand certains d’entre eux se mettent à vouloir faire djeun, nous avons l’air de ringards. Même pas grave (c’est le cas de le dire!).

Il en faut pour tous les goûts, je ne vais pas prétendre pas que ces chroniques s’adressent à tout le monde, quand elles s’adressent d’abord à ceux qui aiment le vin d’amour. Aux autres, j’ai envie de dire, faites comme vous le sentez, bien sûr qu’on a le droit de tout essayer. Et revenez quand vous aurez tout essayé.

Qui peut encore parler de bon goût dans ce monde où les starlettes de la téléréalité gagnent plus une une soirée qu’un prof en un mois.  Si certains Sauternes ont le goût des affaires, grand bien leur fasse – des milliardaires russes mélangent bien Château Latour et vodka au cours de leurs soirées à la neige! Tout cela me semble péché véniel à l’heure où des encagoulés abattent des touristes dans un musée.

Hervé


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Cork and Skin Côntact Live!

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Cork waiting to be processed

Cork waiting to be processed

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Cork – a seemingly eternal debate
David’s tirade yesterday against cork provoked plenty of reaction. The debate, however, appears to be timeless – David could have written this 15 years ago! In the interim cork has tried to put its house in order with some success. My impression is that I come across fewer corked bottles when opening bottles at home than than I did. However, when judging at the Decanter World Wine Awards, the rejection rate remains unacceptably high.

As part of the Winelovers third anniversary celebrations in Portugal in February we visited an Amorim factory – one that I went to back in 2002. Clearly the company has spent a lot of money on new installations and technology to try to reduce as far as possible the problem of cork taint. What is very difficult to reduce is the variability of ageing that comes from natural corks each having their own individual character, so you end up with very different wines in a case. A variability that increases with age.

As we toured the Amorim factory I was struck by the sense of the amount of money and effort spent to try and overcome the natural imperfections  of cork. If screwcaps or other closures had come first and cork was the new kid on the block it would never have caught on. The fact that you have to wait for 50 years before a cork oak will produce cork of acceptable quality for a wine cork would surely be fatal even before the inherent problems of TCA were tackled.

We may well not yet have found the perfect closure and there may well always be possible improvements but cork is definitely not one of my candidates.

***

Skin Côntact Live! 9th March 2015

Richard Hemming

Richard Hemming

Tim Atkin MW – the Jagger of South West London

Tim Atkin MW – the Jagger of South West London

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This was the first public gig of a UK wine band put together by Richard Hemming, who is one of the contributors to Jancis Robinson’s site. As well as Richard Hemming on keyboards, Alex Hunt MW (purchasing director at Berkmann Wine Cellars) played lead guitar, Ben Smith, Head of Communications at Concha Y Toro and formerly of 80s hitmakers Curiosity Killed The Cat was on bass, Matt James, founder of The Bordeaux Cellar and formerly of 90s indie band Gene on drums and Nick Bielak, director at Vinexus and Skin Côntact’s sax man. Anne McHale MW, wine education specialist at Berry Bros & Rudd, and Helen Chesshire, founder of The Chesshire Set, provided the backing vocals.

The band was fronted by a procession of celebrity singers: Tim Atkin MW, Charles Metcalfe, David Williams, Anne Jones, Ewan Murray, Lucy Britner and Joe Wadsack.

Not only was this a really fun evening but over £10,000 was raised for Wine Relief, part of Comic Relief. Although billed as a one-off it will be surprising, given the event’s undoubted success, that there won’t be further Skin Côntact gigs.

The event was sponsored by InterRhône.

Backing vocals from The Red Sisters

Backing vocals from The Red Sisters: Anne McHale MW and Helen Chesshire

Joe Wadsack

Joe Wadsack

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Ras le bouchon !

J’interromps, temporairement, ma série de trois articles sur le Sauvignon Blanc de Styrie pour pousser un vrai coup de gueule. Je reprendrai cette série la semaine prochaine.

J’en ai vraiment ras-le-bol du bouchon en liège et, au passage, de tous ceux que le défendent, par ignorance ou par intérêt. C’est un des pires systèmes de fermeture des bouteilles de vin. Et mon énervement va croissant quand il s’agit des vins dits « de garde », forcément chers et aussi devenus rares (et donc encore plus chers) avec le temps. Ces vins-là, mais ils ne sont pas les seuls, sont régulièrement abîmés ou diminués par la faute d’un petit morceau de bois.

Selon ses défenseurs (sont-ils juste ignorants ou souffrent-ils d’agueusie?), le liège aiderait à bien conserver le vin dans la bouteille, et même, éventuellement, à le bonifier par un séjour plus ou moins long. On entend d’ailleurs toutes sortes de sornettes autour du besoin qu’aurait un vin de « respirer » à travers le liège. C’est simplement faux, du moins si le vin a été correctement préparé pour une phase d’oxydo-réduction dans un milieu hermétique. On peut lire Peynaud et Ribéreau Gayon à ce sujet, et leurs découvertes ne datent pas d’hier. Et même si c’était vrai, comment le liège pourrait-il garantir de laisser passer précisément la même quantité d’oxygène d’un flacon à un autre, et sur une durée d’une longueur inconnue?

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Cette photo, que j’ai trouvé sur le blog Rue 89 associé à un entretien saignant avec Luc Charlier, montre bien que la différence esthétique entre une bouteille fermée par du liège et une autre par une capsule à vis est minimale. Or elle sert trop souvent d’argument quasi-exclusif pour continuer à mettre ces inefficaces morceaux de bois dans nos chers flacons ! (Photo Vincent Pousson)

 

Certes, il arrive qu’un bouchon en liège fasse correctement son travail et qu’on trouve une bouteille magnifique après 10 ans ou plus de séjour en cave. Et je ne parle pas ici d’une absence du très polluant TCA, qui touche peut-être 2 à 4% des vins bouchés en liège massive de nos jours (ce qui est déjà inacceptable, soit dit en passant!). Je parle du niveau d’oxydation totalement variable d’un flacon à un autre. Oui, de temps en temps, et d’une manière totalement aléatoire, les bouchons de liège font bien leur travail. Quel pourcentage? Avec quel degré de fidélité par rapport au vin contenu? On s’en fout!

Pourquoi devrait-on encore accepter de tels aléas, de nos jours? Bon sang, cette technique de fermeture, au résultat forcément aléatoire, date du 17ème siècle! Et on a fait mieux depuis. Est-ce qu’on vinifie de la même manière de nos jours qu’il y a 300 ans?  Heureusement que non! Est-il raisonnable de persévérer avec le liège alors qu’il existe depuis un petit moment au moins deux autres techniques autrement plus performantes sur tous les plans, à condition de bien les comprendre et d’adapter la préparation du vin en conséquence? Je pense que cela relève de la paresse intellectuelle, doublée d’un singulier manque de courage, que de continuer à fermer ses bouteilles avec un petit morceau d’écorce d’arbre.

Où résident mes griefs et sur quelle base statistique reposent-t-ils? J’ouvre et je teste, souvent juste par voie olfactive, environ 500 bouteilles de vin par mois, soit pour des cours, soit pour des soirées que j’anime, soit pour mes besoins de tests pour des articles ou autres activités. L’énorme majorité des ces flacons est jeune. Mes statistiques personnelles sur le taux de vins « bouchonnés » ont donc une certaine valeur, je pense. Je constate que la proportion de vins affecté par du TCA du au bouchon liège est en diminution depuis quelques années, mais reste à un niveau inacceptable pour de produits aussi chers. L’incidence est, de plus, totalement imprévisible.

La semaine dernière, sur un carton de 6 bouteilles d’une cuvée haut de gamme d’un producteur de Montagne St. Emilion, deux bouteilles sur 6 étaient bouchonnées: une, d’une manière flagrante et affreuse; l’autre, plus légèrement. Cette dernière forme d’atteinte est à mon avis la plus dangereuse car beaucoup ne se rendent pas compte qu’il y a un problème et mettent l’absence d’odeurs nettes et la platitude des saveurs sur le compte d’un vin médiocre au départ. Or, dans ce cas précis, il n’en était rien. Cela retombe donc sur le producteur in fine. Combien de flacons rejetés ou mal perçus dans des concours ou dans des dégustations de presse le sont en réalité à cause d’une légère dose de TCA ? Nous ne le saurons jamais mais je parie que le chiffre est très significatif.

about-vinolokAutre système de fermeture méritoire, utilisé de plus en plus en Allemagne et en Autriche, le Vinolok tcheque, tout en verre avec un joint en néoprène (si je ne m’abuse)

Ce qui m’amène vers le pire défaut du liège comme système de fermeture: l’oxydation et l’expression aromatique très variable d’un flacon à un autre dans un même lot, sans qu’il y ait trace de TCA. Et ce défaut va croissant avec l’âge du vin.

Ce samedi, lors d’un déjeuner chez l’ami Olivier Borneuf et avant de regarder ce match de rugby formidable que s’est joué entre l’Angleterre et la France (very good game indeed!), il nous a servi un Riesling Clos St Hune 2002 de Trimbach. En principe, un grand vin, puissant, long, fin et tout et tout. Mais quelle déception! Plat, amer, sans relief, court en bouche, juste l’acidité qui marque le riesling pour le sauver, et pas pour longtemps, de l’évier. Selon Olivier, ce n’est pas le premier flacon de ce carton acheté à être ainsi si fortement diminué, ce qui constitue une forme de vol légalisé de la part du revendeur et du producteur. D’autres flacons étaient pourtant impeccables et le vin magnifique, selon Olivier. Mais pourquoi de tels écarts, de surcroît sur un vin vendu très cher (dans les 120 euros, je crois)? Je trouve cela plus qu’inacceptable; c’est proprement scandaleux! Et ce n’est pas un cas isolé car tous les amateurs de vins ayant gardé des vins en cave ont rencontré ce type de problème. Sur une caisse de 12 bouteilles, après 20 ans de garde, 2 à 4 flacons seront parfaits, 4 à 6 seront acceptables à quelconques, en tout cas avec des degrés d’expression et de plénitude réduits, et entre 2 et 6 franchement décevants ou totalement imbuvables. Et on trouve cela normal?

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En plus de ses avantages sur le plan de la qualité d’un vin, le bouchon en verre ou la capsule à vis sont d’un usage bien plus facile et agréable que ce machin en liège, produit qui se désagrège avec le temps rendant son extraction très délicate, comme je l’ai vu ce weekend en servant un flacon qui avait un peu plus de 30 ans.

 

Alors quelle est la solution ? Elle me semble très claire. Dans l’idéal, il faudrait interdire l’usage du liège non-traité et massif comme système d’obturation des bouteilles de vin! Ce système de fermeture est une plaie et une vaste escroquerie. Il fait du mal aux consommateurs et aux producteurs. Quel autre produit alimentaire serait accepté avec un tel taux de déchet ? Une interdiction pure et simple aurait l’avantage de nous éviter d’entendre toutes ces pathétiques objections (lame excuses) de la part des producteurs timorés à des solutions plus efficaces et rationnelles, du genre « mais le consommateur n’en veut pas ». Que le producteur assume ce risque et impose des systèmes qui marchent en expliquant les raisons aux consommateurs. Il impose bien le goût de son vin. Pourquoi pas la fermeture du flacon ? Les Suisses, les Australiens, les Néo-Zélandais, les Sud-Africains, les Chiliens, les Autrichiens, et les Allemands, pour ne mentionner qu’une partie des pays qui ont adopté, majoritairement, des capsules à vis et/ou les bouchons en verre, ont réussi à prendre ce tournant sans que cela n’affecte leurs ventes. Pourquoi pas les Français ? Il y a des courageux, comme l’ami Luc Charlier et, pendant un temps, Michel Laroche. Mais ils ne sont pas assez nombreux. La France veut-elle passer pour le pays producteur le plus bête et le plus rétrograde de la terre (ex-aequo avec l’Italie) ?

Et que je n’entende pas la triste litanie des défenseurs de produits « naturels » venir à les rescousse de ce morceau d’écorce de chêne extrait des forêts à grand renfort de tronçonneuses, tracteurs et autres 4×4, produits traitant de tous genres et usines de transformation. L’alu et le verres ne sont pas des produit « naturels », certes. Le bouchon de liège ne l’est pas entièrement non plus. Tout cela ce recycle plus ou moins bien aussi. Je ne crois pas que cela soit l’obstacle majeur. Le verre d’une bouteille est-il « naturel » ? Il faut arrêter de prendre des vessies pour des lanternes et de gober la propagande des lobbies du liège.

Toutes les dégustations qui ont permis de comparer les mêmes vins bouchés avec des systèmes de fermeture différents ont apporté le preuve que le liège n’est pas le meilleur système sur le plan de la qualité, sauf pour de trop rares flacons et cela d’une manière totalement aléatoire. Pourquoi alors continuer à l’utiliser ?

David Cobbold

 

Pour le Vinoloc, bouchonnage en verre, voir aussi ceci :

https://www.youtube.com/watch?v=TUg8dO6RMYM


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#Carignan Story # 266 : Et voilà t’y pas qu’ça mousse !

La carignanesque surprise est venue par le train (ou l’avion, je ne sais plus) de Bruxelles, grâce à notre ami et complice Marc Vanhellemont que je tiens à remercier ici publiquement. Débarqué à Perpignan pour un concours et une nuit autour du Grenache, il avait ce soir-là dans sa besace cette étrange bouteille à dégoupiller. N’étant pas un spécialiste de la chose brassicole, je me garderai bien de trop rentrer dans le domaine technique et j’invite d’ores et déjà Marc, comme Luc-Léon (private joke) d’ailleurs, à compléter ce que je vais publier ce Dimanche. Je leur demande aussi instamment de me corriger au cas où je publierais une grosse bourde. Une chose est sûre : Cantillon et Carignan font la paire : ce sont deux noms qui vont bien ensemble !

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

L’objet mousseux identifié provient donc de la Brasserie Cantillon, institution fondée en 1900 et devenue en quelques temps la championne des bières dites « naturelles » fermentées pour la plupart spontanément en fûts anciens (également en amphores !) à l’image d’une gueuze bio très appréciée des connaisseurs. Après avoir tâté du Riesling et du Chardonnay depuis pas mal d’années, après une bière au Pineau d’Aunis, voilà que la valeureuse brasserie Cantillon s’est essayée au Carignan dans le cadre d’une gamme dite Vigneronne. Ici, si j’ai bien compris, le moût est mis à macérer dans le lambic et cela donne une bière assez colorée à l’œil. Au départ, le nez est un peu dur, mais pas pour trop longtemps. Arrive alors une certaine touche de finesse qui se fait sentir avec l’apparition notamment de délicates notes de framboise. En bouche, l’attaque est douce, ronde et l’on est vite rassuré par une belle amertume que j’attribue naïvement au houblon (s’il y en a !), ce qui a pour effet d’ajouter une fraîcheur fruitée bienvenue assez persistante allant  jusqu’en finale.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Je ne sais trop comment marier cette bière au Carignan. Avec un jarret de veau ou de cochon ? Toujours est-il que dans l’ensemble, c’est une bien belle trouvaille qui me donne envie d’aller visiter la Brasserie Cantillon. Depuis le temps que je le dis, va falloir que je réserve mon train !

Michel Smith

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