Les 5 du Vin

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Dirler-Cadé, l’embarras du choix

En Alsace, on y passe, on s’y arrête quelques jours, le temps d’une choucroute, d’un verre de Riesling ou d’un bretzel, cela reste superficiel, à la limite du cliché. Pourtant, la région a tant à donner. Gastronomie, culture, sites remarquables, balades s’entrelacent pour offrir au visiteur un séjour mémorable. Et quel meilleur fil conducteur que le vin…

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Le souci, c’est que les producteurs alsaciens n’ont jamais seulement deux ou trois vins à proposer, mais une gamme presque infinie qui va du Crémant au Grands Crus. Au sein de cet interminable échantillonnage, il faut choisir et choisir c’est entretenir notre frustration, nos remords. Comment savoir si on a bien choisi ?

Stockage de bouteilles du domaine Dirler-Cade à Bergholtz.

Stockage de bouteilles du domaine Dirler-Cade à Bergholtz.

Par exemple:

Le Domaine Dirler-Cadé décline sa production en 4 gammes :
– les 4 Grands Crus Saering, Spiegel, Kessler et Kitterlé (42 % de la surface exploitée)
– les Lieux-dits Belzbrunnen, Schwarzberg, Bux, Schimberg et Bollenberg
– les vins de cépages, issus des 7 variétés Riesling, Gewurztraminer, Pinot Gris, Pinot Noir, Pinot Blanc, Muscat, Sylvaner
– le Crémant d’Alsace, élaboré à partir des variétés Pinot Gris, Pinot Noir et Auxerrois

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Sur le plan ci-dessus, on visualise bien en bleu le Grand Cru Spiegel, en jaune le Grand Cru Saering, en vert le Grand Cru Kessler et en rouge le Grand Cru Kitterlé. Les îlots noirs correspondent aux parcelles du domaine.

Cela fait une quantité invraisemblable de cuvées qui se déclinent encore en différents millésimes. Pour faire court, voici 3 bouteilles (représentatives) du domaine

Riesling 2012 Grand Cru Saering Domaine Dirler-Cade à Bergholtz

Il arbore une robe lumineuse aux nuances jaune doré. Le nez, élégant, offre des accents floraux de délicats boutons de rose nimbés d’éclats iodés. La bouche nous alloue tout de go des impressions minérales qui génèrent un relief bien palpable. Les papilles le ressentent dès la première gorgée. Elles apportent droiture aux agrumes qui rafraîchissent le palais. Une suavité raffinée vient équilibrer l’élan acidulé. Quelques fruits jaunes confits viennent eux enrichir la complexité du vin.

Vinification : pressurage direct des raisins entiers. Fermentation en cuve inox. Élevage sur lies pendant 12 mois en foudre. Il contient 6 g/L de sucre résiduel pour 4,5 g/L d’acidité.

Côté table : son élégance le destine à une choucroute, mais de poissons. Quelques charcutailles le voient d’un bon œil, tête pressée, rillettes, les fumés. Le pot-au-feu lui va à merveille.

Les vignerons, Jean et Ludivine Dirler, producteurs de vin biodynamique sur le domaine Dirler-Cade à Bergholtz, sur leur champs de vignes du grand cru Saering.

Les vignerons, Jean et Ludivine Dirler, producteurs de vin biodynamique sur le domaine Dirler-Cade à Bergholtz, sur leur champs de vignes du grand cru Saering.

Le Cru occupe une colline au Nord-Est de Guebwiller. Son vignoble en coteaux de 26,75 ha est exposé au Sud-Est, altitude de 260 à 300 m.

Riesling 2012 Grand Cru Kessler Domaine Dirler-Cade à Bergholtz

Sa robe se teinte de vert jaune nuancé d’un reflet presque fluo. Quant au nez, il exalte le parfum des fruits secs et confits. Il rappelle la mandarine et le litchi, la tige d’angélique et les amandes effilées, le poivre, beaucoup de poivre qui apporte une impression de grillé. Moins extravertie, la bouche distille avec mesure ses parfums floraux et fruités, nuancés de muscade et carvi qui enroulent leurs arabesques épicées sur le fond minéral certes légèrement salé mais tapissé de gras.

Vinification : pressurage direct des raisins entiers. Fermentation en cuve inox. Élevage sur lies pendant 12 mois en foudre. Il contient 6 g/L de sucre résiduel pour 5 g/L d’acidité.

Côté table : d’un caractère adaptable, ce Riesling fonctionne tout autant avec une tarte à l’oignon qu’avec des cuisses de grenouille. Côté fromage il accompagne avec autant de grâce un Livarot qu’un Comté fruité.

kessler

Le Kessler se creuse en vallon sur le flanc Est de la colline Unterlinger qui regarde le village de Bergholtz. Le vignoble de 28,50 ha en pente assez forte varie son altitude de 300 à 390 m. Exposé au Sud-Est, il est abrité des vents du Nord.

Pinot Gris 2013 Lieu-dit Bux Domaine Dirler-Cade à Bergholtz

Jaune pâle nuancée de vert, on prend beaucoup de plaisir à respirer le parfum discret du citron jaune, du poivre blanc et de l’armoise. Puis, on succombe sous le charme des dentelles minérales teintées de santal, de mandarine et de bergamote. On s’agenouille devant le fruit mûr d’où sourd le miel. On se délecte des friselis de réglisse, petit accent amer qui accentue le plaisir rafraîchissant. Les notes graciles sucrées, les traits amers et les touches acidulées vont et viennent en un tourbillon incessant.

Vinification : pressurage direct des raisins entiers. Fermentation en cuve inox. Élevage sur lies pendant 10 mois en foudre. Il contient 10 g/L de sucre résiduel pour 5 g/L d’acidité. Son terroir jouxte celui du Cru Saering.

Côté table : son caractère aimable le fait s’accorder avec la lotte au safran ou la truite aux amandes. Les plats chinois comme le canard laqué lui vont à merveille. On remplacer de dernier par un jambon au miel passé au four.

Dirler-Cadé 009

Dirler-Cade à Bergholtz

C’est en 1871 que naissent les vins Dirler à Bergholtz, Jean Dirler s’installant comme « gourmet » dans le village (Jean Michel, si tu lis ceci, pourrais-tu nous expliquer ce qu’est un gourmet à l’époque).

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Aujourd’hui, Jean et Ludivine Dirler représentent la 5ème génération du domaine qui a pris le nom Dirler-Cadé en 2000 suite au regroupement des domaines viticoles des deux familles. Depuis 1998, la bio-dynamie est de rigueur sur l’ensemble du vignoble de 18 ha. La production totale avoisine une trentaine de vins issus des terroirs de Guebwiller aux sols de grès et de calcaire.

Labour d'automne dans les vignes avec un cheval de trait comtois - vignoble alsacien - Guebwiller - Haut-Rhin - France model release available

http://www.dirler-cade.com

Ciao

Les vignerons, Jean et Ludivine Dirler, producteurs de vin biodynamique sur le domaine Dirler-Cade à Bergholtz, sur leur champs de vignes du grand cru Saering.

Marco

Assez joli coup. Photo©MichelSmith


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L’éloge du crachoir… en terre cuite.

C’est un peu l’histoire du pot de terre contre le pot de fer, légèrement remodelée à la sauce XXI eme siècle, vous allez voir…

À moins que ce ne soit l’éternel appel du terroir (clin d’œil à David) qui sommeille en moi. Ou l’envie d’aller cracher ailleurs que sur des tombes, bien qu’il s’agisse ici de quelque chose d’aussi terre à terre. Important, le crachat. À force, avec l’âge, je deviens un expert en la matière et je tente toujours de rejeter mon échantillon de vin sinon avec élégance, au moins avec précision et discrétion. Mais attaquons la chose autrement, si vous le voulez bien.

Dans les dégustations professionnelles, comme lors des tastings (pardon pour ce mot qui me blesse, mais je me mets progressivement au goût du jour) informels organisés à la maison ou au sein d’un groupe d’amateurs ou amis, outre la bonne température du vin, on a trop souvent tendance à négliger tout un protocole de choses qui peuvent paraître futiles et sans importance mais qui, pour ma pomme au moins, participent du minimum de dispositions pratiques et esthétiques permettant d’accorder valeur et respect au vin. À ce stade, qu’il soit bien entendu entre nous que le sens du pratique ne veut pas dire mocheté, tout comme l’esthétique ne veut pas dire n’importe quoi.

Joli coup de grâce au Salon des Vins d'Aniane. Photo©MichelSmith

Joli coup de grâce au Salon des Vins d’Aniane, avec Nathalie, du Mas Conscience. Photo©MichelSmith

J’en veux pour preuve la présence souhaitable et utile de l’eau, sur une table, lors d’une dégustation de vins. Cela dit, dans l’indifférence générale me semble-t-il, je déplore la mise en avant désormais systématique des bouteilles d’eaux minérales en plastique, le plus souvent du low-cost mou et hideux, qui vient polluer la vue qu’offre un alignement de verres ou de belles bouteilles. Non seulement cette exposition de flotte industrielle heurte ma vision de perpétuel vieux grognon, mais elle gâche mes photos par la même occasion! Quand je pense que je me suis déplacé, parfois au péril de ma vie, pour le vin, n’est-ce-pas, et non pour l’eau de Carrefour ou de Super U, quand ce n’est pas celle du groupe Nestlé ou de Castel. Ce dernier, au passage, fait plus de fric avec la flotte qu’avec le vin, tandis que l’autre se repaît dans la mal bouffe internationalisée. Mais c’est une autre histoire…

Coup de bol par la suite. Photo©MichelSmith

Sympathique coup de bol par la suite. Photo©MichelSmith

Verser l’eau fraîche du robinet (le plus souvent de meilleure qualité, soit dit en passant) dans une cruche ou une carafe contemporaine ou ancienne, en terre comme en verre, serait pour moi de bien plus économique, judicieux et respectueux du vin comme de l’écologie. Mais voilà, il en va ainsi dans notre société où le je-m’en-foutisme est de règle : on doit faire avec et accepter l’irrationnel ! Demander un petit effort de respect à des vignerons qui, quand ils ne font pas la gueule derrière leur stand, arborent des Nike, jeans troués, casquettes américaines, tee-shirts publicitaires et puent parfois le mégot de cigarette roulée qu’ils vont fumer à la porte, en catimini, cela relève-t-il du rêve ? Bien sûr, et je m’empresse de le dire avant de me faire trucider place Saint Vincent, tous ne sont pas comme ça. Mille pardons pour cet égarement.

Coup de bol ensuite. Photo©MichelSmith

Coup de cuillère à pots ensuite. Photo©MichelSmith

Tiens, à propos de pots ou de cruches en terre, je me suis invité l’autre dimanche à un très populaire salon de vin dans la région des Terrasses du Larzac, à Aniane, à quelques rangs de vignes d’aramon de Saint-Guilhem-le-Désert et à quelques 300 kms aller-retour de ma base. Arrivé pile à l’heure comme à mon habitude – je n’ai pas l’air comme ça, mais j’ai des restes de bonne éducation -, une fois payé mon verre faisant office de droit d’entrée (5 €, c’est raisonnable !), j’entre dans une vaste salle où une demi-douzaine de vignerons (et vigneronnes) s’affairent tandis que les autres, la majorité silencieuse des absents, doivent se dire que ce n’est pas la peine de s’affoler un dimanche matin.

Coup de chance. Photo©MichelSmith

Simple coup de chance, le vert, « ma » couleur. Photo©MichelSmith

Je fais donc mon rapide tour de piste tel un politicien local pour saluer quelques connaissances et voilà que je repère sur certaines tables de fort belles pièces d’argiles cuites vernissées couleurs vertes ou jaunes, typiques de cette partie de la Vallée de l’Hérault, de Saint-Jean-de-Fos en particulier, sympathique village connu pour ses poteries utilitaires. Au passage, il y a deux métiers ruraux que j’admire le plus : la poterie et la vannerie. Et quand bien même suis-je né en plein cœur de la riche et bourgeoise Neuilly-sur-Seine, à l’instar de nos chers présidents (Hollande et Sarkozy), ma fibre régionaliste et mon sub-conscient paysan se sont mis en branle d’un seul coup, comme par miracle.

Coup magistral. Photo©MichelSmith

Coup magistral (je vous épargne mon jet). Photo©MichelSmith

Là, mon sang n’a fait qu’un tour. Le temps de m’apercevoir que seul le cinquième des vignerons exposants avait eu la riche idée de remplacer les tristes seaux noirs plastifiés estampillés Languedoc par des réalisations de potiers locaux qui se sont révélés par la suite être d’efficaces crachoirs avec notamment un trou suffisamment large, profond et bien évasé pour recevoir mon jet puissant sans risque d’éclabousser les objets du voisinage. Mieux, certains vignerons ont poussé leur sens du marketing allant jusqu’à faire inscrire le nom de leur domaine sur le crachoir. J’ai oublié de leur demander à chacun combien cela leur avait coûté, mais je suis persuadé que le jeu en vaut la chandelle !

Assez joli coup. Photo©MichelSmith

Assez joli coup, dans la finesse. Photo©MichelSmith

D’ailleurs, je ne comprends même pas pourquoi les organisateurs du Salon des Vins d’Aniane, depuis le temps que cet événement réputé existe, n’ont pas encore songé à demander aux potiers du coin de leur créer chaque année un crachoir officiel spécifiquement réservé au salon, objet millésimé et signé que les nombreux amateurs qui se pressent ici en été pourraient acheter pour une somme raisonnable et collectionner par la suite en souvenir chez eux. Un peu de bon sens et de terroir nom d’une pipe ! Mais quand cesserais-je d’être aussi naïf pour envisager de telles sottises ? Mêle-toi donc de ce qui te regarde, espèce de dégustateur à la noix ! Eh bien, justement, le bien craché fait partie de mes préoccupations !

Un coup d'eau. Photo©MichelSmith

Un coup d’eau, sans épée. Photo©MichelSmith

Vous vous imaginez recevant un ami amateur chez vous en lui montrant une belle série de crachoirs ? J’ai même suggéré au président du Salon, Roman Guibert, d’organiser l’an prochain un très officiel concours qui récompenserait le Vigneron présentant à son stand le plus beau crachoir en terre cuite. Ça les a bien fait marré et j’estime que c’est déjà un bon point pour celui – moi, en l’occurrence – dont la réputation d’emmerdeur public est bien établie dans la région ! Si seulement les doctes diplômés du Comité Interprofessionnel des Vins du Languedoc pouvaient m’écouter, cela donnerait du travail aux gens du coin. Tiens, rien que pour ça, je trouve que les organisateurs auraient pu m’inviter à déjeuner à une bonne table au lieu de me laisser choir auprès d’une brochette-frites triste à mourir sur l’esplanade du village avec une pauvre bière pression pour toute compagnie !

Simple coup final. Photo©MichelSmith

Simple mais élégant coup final. Photo©MichelSmith

Pour en revenir au crachoir-poterie, moi-même je suis fier d’utiliser ce type d’ustensile depuis des lustres sans même avoir éprouvé le besoin de faire réaliser des pièces à façon. Il m’aura suffit un beau jour d’aller passer une matinée de l’autre côté de la frontière, dans la bonne ville de La Bisbal, en Catalogne, pour y trouver de quoi recevoir mes nobles crachats de dégustation en plus de quelques cruches destinées à l’eau. Certes, on pourrait m’objecter que ces objets sont trop fragiles pour être transportés d’un salon à l’autre. Or, je vous jure que les miens sont encore intacts, à peine ébréchés au bout de 20 années d’utilisations régulières, comme le prouve la photo qui suit.

Coups du Smith. Photo©MichelSmith

Coups de maître, à domicile. Photo©MichelSmith

Alors, si vous êtes en vacances du côté de la Costa Brava cet été, suivez mon conseil au moins pour cette fois-ci. Je vous invite à vous promener le long de l’artère principale de La Bisbal où vous trouverez certainement l’objet potier de votre vie de dégustateur ! Mieux, si par hasard vous cherchez à fuir les parfums nauséabonds des plages du Languedoc polluées à l’huile solaire et aux mégots de toutes sortes, notez qu’un Marché des potiers se tient à Saint-Jean-de-Fos, près du Pont du Diable, durant deux jours, les 8 et 9 Août prochains.

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Cette pièce typique de la terre du Languedoc que vous rapporterez certainement, probablement unique, vous coûtera peut-être deux fois plus qu’un de ces horribles seaux plasifiés que l’on trouve sur Internet. Mais vous en serez fier et ne regretterez ni votre achat, ni la balade ! Et encore moins vos crachats !

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Michel Smith


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Qu’est-ce qui pousse le mieux dans un champ d’intérêt?

J’ai rencontré un jour un type très intelligent – la preuve, c’est qu’il dirigeait une grande agence de pub – et qui m’a expliqué sa théorie des champs d’intérêt.

Il paraît que nous avons tous des champs d’intérêt et ou de compétence particuliers, des sujets qui nous interpellent, où on ne nous la fait pas, et pour lesquels souvent, nos nerfs sont plus à vif.

Moi par exemple, c’est le vin, la musique et l’histoire – sans oublier ce que je qualifierai de littérature digeste et intelligible – vous pouvez donc retirer Proust et Joyce.

Mais comme vous le diront certains collègues et néanmoins amis, en cuisine, je suis une bille.

En sciences aussi.

IMG_1434Le soleil est dans le champ (Photo © H. Lalau 2012)

Cette longue et paresseuse intro (écoutez donc Lazy, par le groupe qui porte le nom d’une robe de vin), cette longue et paresseuse intro, donc, pour vous expliquer que, comme tout un chacun, je ne m’indigne ou ne m’enthousiasme que pour ce qui m’intéresse vraiment; et ce que je comprends un minimum.

Ainsi, quand on annonce que Pluton est rétrogradé au rang de planète naine, je sourcille à peine; quand je lis que la Peugeot 308 est voiture de l’année, je me dis « ça doit être une bonne voiture »; quand je découvre que le fil de terre est vert et jaune dans les faisceaux électriques, je me dis: « il doit y avoir une bonne raison ». Quand j’entends dire que Froome est dopé, ou pas, je ne me prononce pas: je n’ai pas d’éléments pour trancher.

Par contre, quand je lis que 2013 a permis aux Grands Crus de Bordeaux de faire des vins gourmands sur le fruit, d’une grande buvabilité et à boire jeune, ou quand je lis que des coopératives du Languedoc veulent pouvoir utiliser du moût concentré pour contourner l’interdiction de chaptaliser dans le Sud de l’Europe, je sors de mes gonds.

Ce genre de sainte colère ne vous touche peut-être pas, ami lecteur, parce que tout buveur que vous êtes, votre sphère de compétence ou d’intérêt particulier est peut-être ailleurs – dans l’étude comparée des coléoptères, dans la résolution des équations du degré que vous voulez, ou dans celle du mystère de l’éternel féminin, dans l’orientation scolaire, ou dans la mise en place d’une société sans classes, que sais-je?

Alors je me dis qu’on pourrait s’entraider. Que j’ai besoin de vous pour résoudre les gros problèmes de robinets de la planète que je ne soupçonne même pas; mais que vous pouvez me déléguer un peu de l’information viticole – oh, pas à moi tout seul, il y en a d’autres et c’est notre diversité qui fait notre intérêt. Est-ce trop demander?

Parfois, à remuer toute la boue qu’on lance sur notre profession, même parmi nos chers collègues de la presse généraliste, sans parler des vertueux blogueurs, j’ai l’impression que oui.

A force de lire que nous sommes tous pourris, tous ringards, tous à la solde des puissants, des conventionnels, des riches ou des gros, je me dis qu’il y a du boulot pour redorer notre blason.

Mais le jeu en vaut-il la chandelle? Quel argument pourrait-il bien convaincre les théoriciens du grand complot viticole?

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Tout ça ne nous rendra pas le Congo, ni les comptoirs des Indes. Tout ça ne vaut pas un bon verre de vin. En voici un qui devrait réunir tous les buveurs de bonne foi: la Cuvée Khazan 2013, du Mas de Libian. Une cuvée qu’on ne devrait pas revoir de sitôt: cette année-là, faute de grenache, victime de la coulure, les Thibon ont dû miser sur la Syrah à 90%. D’un mal peut parfois naître un bien: le vin est vif, épicé, presque primesautier malgré sa corpulence. J’aime le retour du fruit noir en arrière bouche, comme le point final d’une belle tirade.

IMG_1398Après la moisson (Photo © H. Lalau 2012)

Oui, d’un mal peut naître un bien. Plutôt que de perdre mon temps à polémiquer sur le bio, sur le bon, sur le nature ou sur le sexe des levures, j’en suis revenu au goût du vin.

Hervé Lalau


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The monumental Oxford Companion to Wine – editor: Jancis Robinson MW + Hervé born again!

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Jancis Robinson MW (editor) and Julia Harding MW (assistant editor): Oxford Companion to Wine – 4th edition, OUP, £40, 860 pages, hbk (publication date: 17th September 2015)

Here is the 4th edition of this remarkable work of wine scholarship.  Jancis explains in her preface that this revision has been the most ‘thorough’ with ‘every single entry has been subjected to intense scrutiny’. This new edition has 300 new entries out of a total of 4.104 – the third edition had 3930 entries.

She notes that ‘Throughout the wine world, the emphasis continues to shift from ‘making’ to ‘growing’ wine, just as we are seeing a step change in the style of wine to which thoughtful producers aspire. In terms of wine structure and alcohol levels, big is no longer as beautiful as it was at the end of the last century. And the range of grape varieties harnessed for serious commercial wine production is wider than it has been for decades. ‘

‘Because the Companion was already very long and heavy (a common complaint which has inspired the publication of a digital version of this fourth edition), our esteemed publishers Oxford University Press were extremely strict with us about the total length of this new edition, which is less than 4% longer than the third edition in terms of the total number of words.’

It is interesting and obviously sensible that there is a digital version of this monumental reference book, whose printed version weighs in at 2.88 kilos. The Companion to Wine was first published in 1994 when printed books were king, kindle meant to start a fire and ‘ebooks’ would have been a ham actor attempting a Yorkshire accent.

I fancy that if the digital version is well publicized it may well out-sell the printed book on the grounds of practicality. The weight of the printed book means that it will stay in one place whereas the digital OCW can be at hand all the time. Add to this the ease of linking and connecting entries with each other and the advantages of the eOCW are clear.

Yet it is good to see that printed books continue to survive. There is something about owning and touching a book in comparison to an ebook even if it may be more practical. More cynically you can also show that you own a copy by displaying the tome on a coffee table or desk.

The list of contributors runs to eight pages with an additional 50 for this new edition. The following from the Circle of Wine Writers have contributed to The Companion to Wine: Tony Aspler, Nicolas Belfrage MW, Beverley Blanning MW, Michael Broadbent MW, Stephen Brook, Bob Campbell MW, Steve Charters MW, Nicholas Faith, Christopher Fielden, Michael Fridjhon, Rosemary George MW, Caroline Gilby MW, Lisa Shara Hall, James Halliday, Hugh Johnson, Michael Karam, Wink Lorch, Richard Mayson, late Edmund Penning-Rowsell, Michael Schuster, Stephen Skelton MW, Joelle Thomson, late Pamela Vandyke Price and José Vouillamoz.

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Hervé judging Crémants May 2015

Hervé judging Crémants May 2015

2015 Born Digital Awards – Hervé Lalau on judging panel
Good to see that the 2015 Born Digital Awards have appointed my fellow Les 5 blogger Hervé Lalau to this year’s line up of judges for the resurrected Born Digital Awards to add gravitas to an already distinguished panel. Hervé’s fellow multi-national panelists are Richard Siddle (chair), Sarah Abbott MW, Pedro Ballesteros MW – Spain’s first MW, Willi Klinger, Elin McCoy and André Ribeirinho.

The Born Digital Awards are intended to recognise and reward work that was first published on-line. They started in 2011 and also ran in 2012. Then there was a two year gap before they were relaunched this year. Entries have to have been originally been published online between 1st January 2014 and 30 June 2015. The closing date for entries is 10th August 2015.

Unlike the Anglophone Louis Roederer Awards the Born Digital Awards accepts submissions in French, German, Italian, Portuguese and Spanish as well as English. Furthermore happily it is not sponsored by a Champagne company. Roederer’s involvement in writing/photographic awards is mildly ironic given Champagne’s relentless and shocking pursuit of Jayne Powell (aka Champagne Jayne) through the Australian courts).

 

Hervé judging a strawberry tartlet May 2015

Hervé judging a strawberry tartlet May 2015

   Broadstairss


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Rencontre de vigneron : Julien Ilbert, Domaine Combel-la-Serre, Cahors

Il est des choses que se font assez naturellement. D’autres qu’il faut construire avec une certaine patience. Ma rencontre avec Julien Ilbert fait partie décidemment de la première catégorie. Pour commencer, j’ai du bien déguster un ou deux de ses vins dans une récente dégustation à l’aveugle des vins de Cahors, dont j’ai parlé sur ce blog. Car je pense beaucoup de bien de la nouvelle génération des producteurs à Cahors, qu’ils soient connus ou pas, qu’ils soient « gros » ou « petits ». Car ni la renommé, ni la taille d’une unité de production de vin est en lien directe avec sa qualité.

IMG_6867souvenir de la rencontre à Vinexpo : Julien Ilbert est à droite, Philippe Fezas à gauche

 

Mais revenons à Julien Ilbert et aux vins qu’il élabore avec son père sur la propriété familiale dont la base se trouve dans le hameau de Cournou sur le plateau du causse, au sud du Lot et dans un triangle formé par Cahors, Luzech et Sauzet. J’ai fait l’écho récemment à une rencontre heureuse avec lui est ses vins à Vinexpo, où je l’ai trouvé par hasard sur un stand qu’il partageait avec Philippe Fezas, du Domaine Chiroulet en Gascogne. Ses vins m’ont tellement emballé que je me suis promis d’aller lui rendre visite à la prochaine occasion. Etant provisoirement gascon pour un mois et un peu, c’est maintenant chose faite.

La famille Ilbert est installé sur ces terres depuis le début du 20ème siècle et leur histoire viticole doit ressembler celle de milliers d’autres familles paysannes : agriculture mixte pendant longtemps et raisins portés à la cave coopérative jusqu’en 1998. C’est le moment où le père de Julien décide de quitter la cave et de vinifier ses propres vins. Cinq ans plus tard son fils le rejoint sur le domaine (le millésime 2003 ne devait pas constituer des débuts les plus aisés !). Le domaine est divisé en deux parties qui sont le résultat d’apports familiaux passés, et ils forment un ensemble d’une vingtaine d’hectares. S’il reste un peu de merlot que Julien vend en vrac et va arracher progressivement, l’essentiel du vignoble est planté de malbec. Mais il y a aussi une petite nouveauté, qui rentrera en production cette année pour la première fois, avec un hectare de vermentino dont les belles grappes saines laissent présager de beaux espoirs si le dieu de la pluie voudrait bien se donner une peu de peine prochainement. Oui, vous l’avez deviné, Julien n’est pas exactement un traditionaliste figé.

IMG_6959_2Il y a bien des grappes saines sur ses plants de malbec, mais Julien a besoin de pluie bientôt

 

La gamme de Combel la Serre et sa présentation sont le juste reflet de l’esprit curieux, chercheur et un brin provocateur de Julien. En cela il est ben servi par les étiquettes et textes conçues par Vincent Pousson qui relate avec justesse et humour des histoires vrais et des attributions utiles autour de chaque vin. Cette gamme d’ailleurs n’a pas fini d’évoluer, car le produit haut de gamme actuel, nommé un peu banalement Elite, va se subdiviser prochainement en deux cuvées parcellaires. C’est à la mode, et je n’en pense pas nécessairement du bien, mais voyons les résultats. Et tout cas la gamme est non seulement cohérente, elle est aussi pleine de ressources et possède des vins de fort caractère qui savent bien se différencier entre eux. Attention juste à ne pas trop les multiplier.

IMG_6864La gamme de Combel-la-Serre telle qu’elle apparaîtra bientôt, toute en flacons bourguignons, encore une originalité

 

L’arrivée à la propriété n’est pas faite pour vous impressionner : des bâtiments encore en parpaings ou en briques crus, sans enduit ni vieilles pierres, au bord de la route en sortie du hameau. C’est juste fonctionnel mais on attendra pour l’harmonie avec le paysage lotois ! Je me suis dis que l’essentiel doit se trouver dans la vigne et à l’intérieur. Et c’est vrai, car tout y est propre : dans les vignes par le truchement de beaucoup de travail (et que Julien justement fait visiter en premier lieu), aussi bien au sol que sur la végétation, puis dans le chai qui est équipé d’une manière simple mais fonctionnelle avec cuves en inox et en béton, puis un chai à barrique pour les cuvées nécessitant un élevage plus long et oxydatif. L’attention au détail dans ce chai passe par des contenants variables entre les barriques et les 500 litres, mais avec aussi des contenants du tonnelier autrichien Stockinger, connus pour leur impact faible et doux sur les vins. Dans les vignes, pas de trace de désherbant, Ilbert travaillant en mode biologique. Mais c’est propre, la nature est bien surveillée ici !

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Les parcelles se situent toutes à des altitudes proches sur cette causse (entre 250 et 300 mètres, au pif). Ils ont des expositions variables et des sols qui sont essentiellement très calcaires mais avec des parts plus ou mois importantes d’argile, de fer et même, à un endroit, de galets, comme si le Lot a fait un méga-cru une année il y a bien longtemps. Une parcelle proche de la maison, nommé « La Vigne derrière chez Carbo » (les voisins se nomment Carbo) produit un des vins les plus originaux de la gamme des Ilbert. Son malbec est vinifié en macération carbonique (technique qui me déçoit souvent mais pas ici), ce qui lui fait perdre l’appellation Cahors mais qui produit un délicieux vin de soif comme on aimerait en rencontrer plus souvent, surtout par ces temps chauds. Le Carbo 2014, Côtes du Lot (8,50 euros) est presque le vin rouge parfait d’un été, en tout cas j’ai déjà éclusé la moitié du carton que j’ai acheté et il va falloir y retourner ! Une délice de fruits frais, fin et léger avec ses 12° d’alcool, très gourmand et parfaitement digeste.

IMG_6973_2Image prise dans ma cuisine : cet été j’ai besoin de vins comme le « Carbo » de Julien Ilbert !

 

Le rosé est tout aussi original, même si je trouve son acidité un poil agressif en ce moment. Je crois que je vais le laisser 6 mois à un an pour voir. Ce pur malbec porte le nom aussi original que compliqué de « L’Epatant Antidote à la Chaleur de Causse ». Refusé à l’agrément des vins IGT pour motif de réduction sévère (que je n’ai pas trouvé sur les bouteilles dégustées) il est donc vendu en Vin de France à 5,80 euros. Nez de cerise, de kirsch et de framboise, très vif et bien fruité, sa couleur profonde et son élevage sur lie lui donnent beaucoup de caractère et le destine en priorité aux repas. On est (heureusement) très loin de ces rosés dites « de piscine », qui doivent être faits pour remplir des piscines et non des gosiers.

Ensuite la gamme des Cahors plus classiques se décline en trois volumes : Pur Fruit 2012 (7,20 euros), Château 2011 (10,20) et Elite 2011 (dont j’ai oublié le prix). Les millésimes suivants seront mis en bouteille le mois prochain. Le Pur Fruit porte bien son nom : une délice fruité, bien équilibré, prunelle et cerise amer. Jamais dans la passé on ne trouvait des cahors comme cela ! Le vin dit « Château » a autant de fraîcheur mais plus de tannins, qui restent parfaitement au service de l’ensemble sans le dominer. Une très belle structure affinée. La cuvée Elite est bien plus suave et intense. Son élevage est réussite et s’intègre bien dans la masse mais il aura encore besoin d’un an ou deux en bouteille.

 

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Une rencontre qui en appelle d’autres j’espère. Julien Ilbert fait partie de ces jeunes vignerons qui donnent de l’espoir et de l’envie autour d’eux. Ils ne roulent pas sur l’or et mettent toute leur énergie et leurs moyens dans l’essentiel : leur vigne et la vinification de leurs vins. Ils travaillent dur, n’ont pas la grosse tête ni vous servent un bla-bla inutile et prétentieux : leur abord est aussi facile que leurs vins parlent avec spontanéité et sincérité. Et, dans ce cas, avec une bonne dose de créativité aussi. Oui, c’est l’homme qui fait le vin, même si le terroir fournit inévitablement le cadre.

 

David Cobbold

L'escalivade et le Carignan blanc. Photo©MichelSmith


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#Carignan Story # 284 : de cargolade en escalivade…

Prenez un vigneron sympa comme le Sud en produit des tonnes. Philippe Modat, par exemple, sur lequel j’ai déjà écrit tout le bien que je pensais ici. Dans son vignoble enchanteur de Cassagnes, en plein Fenouillèdes, il recevait cet été ses amis parisiens parmi lesquels je m’étais incrusté sachant d’une part que Philippe est le roi de la cargolade et d’autre part que sa maman passe pour être la madone de la cuisine catalane ! Comme d’habitude, il y avait son copain, le vigneron Jean Gardiès, ténor du Roussillon, accompagné de son épouse, Christine. Leur Carignan rouge 2010 Les vignes de mon Père a déjà fait l’objet d’un article dans ces lignes, article que je n’ai pas retrouvé dans les archives de notre ancien hébergeur, mais dont j’ai heureusement gardé une trace sur mon ordinateur…

Vue sur le Domaine Modat à Cassagnes. Photo©MichelSmith

Vue sur le Domaine Modat à Cassagnes. Photo©MichelSmith

Voici ce que m’inspirait ce rouge, il y a 2 ou 3 ans : Cette cuvée, je l’ai goûtée l’autre jour à Perpignan chez Jean-Pierre Rudelle, marchand de vins de son état. C’était dans sa version 2010, en vente à l’heure actuelle au prix, certes conséquent, de 20 € (au Domaine Gardiès, on a toujours considéré à juste titre que les vins, fussent-ils du Roussillon ne devaient pas être bradés), et je dois dire que j’ai été véritablement impressionné. Élevé en demi-muids, le Carignan sur argilo-calcaire des coteaux de Vingrau, sur la route de Tautavel, étonne à la fois par sa densité, sa profondeur, sa structure bien ferme, sa longueur et sa pureté de fruit. Pas de doute, même si mon observation fait un peu cliché, ce vin fait partie de ces Carignans de légendes qui commencent à fleurir chez quelques maîtres vignerons. Mieux, je dirai que c’est un vin d’intelligence, la conséquence plus d’une réflexion que d’une précipitation.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Lors de cette belle journée estivale, tandis que se préparait la cargolade, Jean Gardiès, que je n’avais pas revu depuis un bout de temps et dont les vignes sont désormais certifiées bio, nous a fait la surprise d’ouvrir une de ses nouvelles cuvées, un rare Carignan blanc. Je dis rare, or ce n’est pas tout à fait le cas puisque de plus en plus de vignerons mettent en avant ce cépage que l’on croyait relégué aux oubliettes il y a seulement 20 ans, mais qui revient pourtant en force ces temps-ci dans pas mal d’assemblages ou dans les cuvées où il est vinifié seul.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

C’est le cas ici avec ce Côtes Catalanes 2014 qui ne figure même pas sur le site Internet du domaine et dont le prix de vente se situe autour de 20 €. Il offre du charnu, un semblant de rondeur charmeuse en attaque, mais aussi et surtout une magistrale structure empreinte de fraîcheur laquelle maintient le palais en éveil tout en encadrant la bouche de sa persistance. Bien sûr qu’il allait bien sur les escargots farcis d’aïoli et cuits aux sarments !

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Pour mon plus grand plaisir, ce blanc faisait encore plus l’affaire sur l’escalivada de légumes, un plat typiquement catalan, qu’un enfant de 12 ans serait capable de réaliser tant il paraît facile. Ce qui compte pourtant, du moins tel est mon avis, c’est d’avoir à sa disposition un beau plat en terre pouvant aller au four, mais aussi du thym frais de la garrigue, un ou deux feuilles de laurier, une bonne huile d’olive, des poivrons rouges bien épluchés, de l’ail, des oignons de Toulouges, des aubergines et des courgettes du potager coupées en longues lamelles… sans oublier une grand mère cuisinière pour bien surveiller le plat afin qu’il ne brûle point. Cependant, chacun a sa recette, son petit plus, son truc.

L'escalivade et le Carignan blanc. Photo©MichelSmith

L’escalivade et le Carignan blanc. Photo©MichelSmith

Pour vous aider, je vous invite à visionner ici la recette que propose Pierre-Louis Marin, le chef de Montner. Ces légumes confits et croquants se mangent froids l’été. Bien entendu, pour bien l’accompagner, un blanc du pays s’impose dans sa jeunesse, à l’instar des Lucioles du Domaine Modat où je me trouvais ce jour-là et avec lequel je me suis régalé au début. Mais sans faire offense à Philippe, le plat préparé par sa maman (merci Madame !) était comme magnifié par le Carignan blanc de Jean. Sacrés vignerons !

Michel Smith


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Le mouvement perpétuel

Une des photos publiées ici même hier par l’ami Marc me semble mériter une légende, voire plusieurs. En effet, à mon sens, elle illustre de manière idéale le concept du mouvement perpétuel. Voici donc une série de légendes parmi lesquelles vous choisirez celle que vous préférez – à moins que la photo ne vous en inspire d’autres…

Ardèche préhistoire 2015 053

Je tends le verre; je vide le verre; je remplis le verre. Et on recommence…

Ardèche préhistoire 2015 053

Ad bibidum, ad libidum.

Ardèche préhistoire 2015 053

Je plains les verres vides et je vide les verres pleins.

Ardèche préhistoire 2015 053

Le mythe de la taverne.

Ardèche préhistoire 2015 053

Et une dernière pour les disneyphiles: « Dis moi, dis moi, Danois! »

Hervé Lalau;-)

 

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