Les 5 du Vin

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2016 Vignes, Vins Randos +53 YO Viña Sol

It is that time of year again – Vignes, Vins, Randos 2016 is on this coming weekend Saturday 3rd and Sunday 4th September. Full details here

Unfortunately I have never been in the Loire recently in time for Vignes, Vins, Randos, which is a pity as I have friends who speak highly of these events. Insread a tend to come to the Loire a week or so later for the harvest.  

 

This year’s Randos from West to East:
Muscadet Côtes de Grandlieu
Muscadet Sèvre et Maine La Haye-Fouassière
Coteaux d’Ancenis
Quarts de Chaume Grand Cru/Coteaux du Layon 1er Cru Chaume
Bonnezeaux
Anjou Villages Brissac
Coteaux de l’Aubance
Saumur Brut Fines Bulles
Saumur Champigny
Chinon
Touraine Azay-le-Rideaux
Vouvray
Touraine-Meland
Jasnières/Coteaux du Loir 


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53 Year Old – Viña Sol

IMG_2105Loch Garry, Scotland

When it is not raining the Scottish Highlands are magnificent. We have spent all of August in Newtonmore, apart from a Noah’s ark expedition to saturated Islay. There is, however, one drawback here – a limited selection of wine available in the local villages with the Co-op supermarket being the nearest source.

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This isn’t entirely a drawback as it is an opportunity to try wines that we don’t often drink. The 2015 Viña Sol from Torres is a prime example. We have enjoyed several bottles of this Torres classic that was launched in 1962, so the 2015 is the 53rd vintage. Made from a blend of Parallada and Granacha Blanca, the 15 is an attractive combination of ripe fruit with clean fresh finish at 11.5% Very well made the Viña Sol is particularly good value at its current co-op price of £4.99 – £2 off the listed price.

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Rêves orientaux 

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Au moment d’écrire ces lignes, je me trouve bien à l’Est de l’Europe: pour être précis, en Turquie, pays dont l’appartenance à l’Europe ou bien à l’Asie fait débat, mais qui me semble bien plus ancré au Moyen Orient qu’à l’Europe, surtout en ce moment et malgré les efforts passés d’un Attaturk. La Turquie, pays tolérant bien qu’en majorité musulmane, produit bien du vin, mais on y assiste à un certain durcissement des diktats religieux et de leurs effets visibles (femmes voilées, etc).

Du coup, me vient à l’esprit le fait, indéniable et historique, que l’origine du vin se situe un peu plus à l’Est, vers le Caucase et donc en Géorgie ou en Arménie avant de se répandre dans ce qu’on appelle le Croissant Fertile et que touche aussi l’Est de la Turquie, à l’Anatolie. Je pense aussi aux relations compliquées entretenue entre la religion mahométane et le vin (devrais-je dire l’alcool ?), et enfin au fait que les plus beaux poèmes autour du vin nous viennent de la Perse déjà musulmane. Paradoxe? Peut-être, mais, d’un autre point de vue, source d’espoir aussi dans ces temps troublés par des excès en tous genres sur le plan des croyances et des politiques qui s’en suivent. Car les modes changent, même si, en ce moment, nous subissons une vague de forte régression sur ce plan !

Une lecture renouvelée et répétée d’un livre des poèmes d’Omar Khayyam est à l’origine et sera le sujet principal de cet article. Pour ceux ou celles qui ne le connaissent pas encore, Omar Khayyam était un astronome et un poète, mais aussi un grand buveur de vin, mort en Perse pendant la première moitié du 13ème siècle. Cela peut surprendre, du moins en ce qui concerne la troisième activité citée, car oui, la Perse de cette époque était musulmane. Mais Khayyam ne connaissait pas le wahhabisme et ne respectait que très moyennement les édits du Coran, comme nous allons le voir. Cela n’a pas été sans lui créer quelques ennuis avec les autorités de l’époque, j’imagine.

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Comme je disais, j’ai transité par Istanbul et, pendant un changement d’avion, j’eus le temps de boire un verre de vin turc dans la Trattoria Milano (sic) de l’aéroport. Je pensais que cela pouvait constituer une entrée en matière pour mon article, même s’il faut un peu d’imagination pour considérer qu’un vin turc moderne ressemble d’une manière quelconque aux vins consommés en abondance par Omar Khayam, mais il faut bien faire avec les moyens du bord, parfois. L’offre de vins au verre dans ce bistrot d’aéroport était, il faut le souligner, bien supérieure à celle qu’on peut trouver dans un aéroport français. Il y a effectivement de quoi avoir honte de l’offre de vins à consommer sur place qui sont proposés au voyageur dans les aéroports en France ! Dans ce bistrot italo-turc, donc, on trouve, au verre, 4 vins blancs (dont un turc, mais aucun français), et une douzaine de vins rouges, dont 9 turcs. J’ai également noté que les autres vins rouges à la carte venaient du Chile, d’Argentine et d’Italie, mais aucun de France. J’ai toujours pensé que voyager et observer devrait rendre plus humble les producteurs et amateurs de vins français, en leur permettant de se rendre bien compte que les vins de notre pays ne sont nullement incontournables dans beaucoup (je n’ai pas dit tous) de points de vente dans ce monde.

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Le vin turc que j’ai choisi assemblait deux cépages locaux : le Boguzkere et l’Okugozu, qui sont deux variétés d’Anatolie. Il portait aussi sur son étiquette (voir photo) la marque KAR : le nom du producteur probablement, mais je n’ai pas réussit à en trouver des informations. A part ce vin-là, tous les vins turcs à la carte venaient de deux producteurs : Sarafin et DLC.  Ce verre de vin fut servi trop chaud, à 25°C certainement, car la bouteille n’était pas stockée dans une chambre froide. Un glaçon fourni sur demande et glissé dans le verre a réglé ce problème, mais le verre était assez grand, de bonne qualité et la quantité servie plutôt généreuse. Ce vin était bon, sans plus, avec une impression de chaleur, des tannins fins et une acidité correcte, probablement un peu ajustée. Très honnête et agréable à boire, dans un style proche de certains vins du Rhône Sud, ou d’Espagne.

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Revenons à notre cher Omar.  Dans mon petit livre, qui comporte 148 quatrains, près de la moitié mentionne le vin, ou l’acte de boire, ou les outils de la boisson, ou bien l’ivresse. Avec l’amour, l’amitié et la désobéissance aux dogmes religieux, c’est un de ses thèmes préférés.

Khayyam était de ceux qui ne rechignent pas devant l’excès. Jugez plutôt :

Il vaut mieux s’abstenir de tout, sauf de boire,

Et le vin est meilleur quand les beautés qui en sont ivres vous le versent….

Rien ne vaut d’être un ivrogne, un celender, un vagabond,

Rien n’est meilleur que de boire toute la nuit.

NB: « celender » était le nom d’un ordre de derviches en Perse.

 

Mais il pouvait aussi être très philosophe, dans un registre que je qualifierais de stoïco-épicurien, comme ici :

Boire du vin et étreindre la beauté

Vaut mieux que l’hypocrisie du devoir ;

Si l’amoureux et l’ivrogne sont voués à l’Enfer,

Personne, alors, ne verra la face du Ciel.

 

L’amitié, comme l’amour, joua aussi un rôle essentiel dans ses poèmes, et certainement dans sa vie, et il ne craignait manifestement pas les « fous de Dieu ».

 

Au printemps, sur la berge d’un fleuve ou sur le bord d’un champ,

Avec quelques compagnons et une compagne belle comme une houri,

Apportez la coupe…ceux qui boivent la boisson du matin

Sont indépendants de la mosquée et libres de la synagogue.

 

On se croirait presque devant le tableau de Manet intitulé «Le Déjeuner sur l’Herbe», sauf qu’il n’y a nulle trace de bouteille ni de verre dans cette peinture !

Il est évident que carpe diem aurait été la pierre angulaire de sa vie, comme transparaît dans de nombreux autres quatrains, par exemple :

 

Je tombais du sommeil et la Sagesse me dit :

«Jamais, dans le sommeil, la rose du bonheur n’a fleuri pour personne.

Pourquoi t’abandonner à ce frère de la mort ?

Bois du vin ! Tu as des siècles pour dormir».

 

Ou dans celui-ci, qui comporte aussi un bon message pour nos élus (et à nous, électeurs):

 

On dit que le jardin d’Eden enchante les houris ;

Je dis que le jus de la grappe est seul délectable.

Tiens t’en à l’argent comptant et renonce à un gain promis,

Car le bruit des tambours, frère, n’est beau que de très loin.

 

Parfois il verse aussi dans le désespoir. Il voyait peut-être alors le «black dog» bien connu de Winston Churchill, par exemple.

 

Donne-moi du vin, remède de mon cœur blessé,

Bon compagnon de ceux qu’a fatigués l’amour ;

Mon esprit aime mieux l’ivresse et ses mensonges

Que la voûte des cieux, fond du crâne du monde.

 

La lucidité aussi, et, pour finir, un esprit zen :

 

Suppose que tu n‘existes pas, et sois libre.

 

A méditer, tout cela….

 

David Cobbold

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Plaimont, toujours Plaimont…

Je reprends le flambeau sur la pointe des pieds, comme promis, un dimanche matin quand l’aube ne blanchit pas encore tout à fait la campagne.

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En bon opportuniste, j’en profite pour revenir à Saint-Mont, sur le parvis de la cave coopérative de Plaimont, édifice magistral s’il en est (pur jus années 50/60), tant en terme de production que vu sous l’angle commercial, comme l’a si bien relevé David lequel, en deux parties (voir plus bas), nous a tout dit sur les qualités de ce groupe, qualités qui se marient à un état d’esprit « naturel » et non feint de ses adhérents, un fighting spirit gascon en diable plus optimiste que jamais, une entraide, des initiatives bien orchestrées, bien ciblées, une grande modestie aussi. Sans vouloir faire mon intéressant, j’avais exploré le sujet lors d’une virée jazzistique à Marciac qui remonte à quelques années, article que vous retrouverez ici-même.

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Joël Boueilh, le président, à l’oeuvre lors du Festival de Marciac

Or, il se trouve que j’étais, début août, de nouveau dans le Gers, convié par le groupe à venir profiter du JIM (Jazz In Marciac, pas notre Jim à nous !), festival que les viticulteurs de Plaimont encouragèrent dès ses débuts et qui va l’an prochain célébrer son quarantième anniversaire. Pour reprendre une vieille d’habitude, j’en ai profité pour rencontrer le jeune président de Plaimont, Joël Boueilh et réclamer une dégustation en bonne et due forme en compagnie de l’incomparable André Dubosc toujours coiffé de son béret.

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Participaient à la dégustation (de gauche à droite) : Diane Caillard (ex relations publiques), Noémie Carson-Lalanne (communication), André Dubosc (« mémoire » de Plairont, pour une fois sans béret) et Christine Cabri (oenologue).

Bien entendu, lorsque l’on sait que Plaimont c’est, en gros, 40 millions de bouteilles par an, dont 8 millions rien que pour le blanc « Colombelle » que je bois presque sans retenue lorsque je suis là-bas, en Gascogne, je connais quelques esprits soit disant libres qui ne manqueront pas de me dire que je fricote avec les gros metteurs en marché, les pisseurs de vignes, les faiseurs de fric. Comble de l’horreur, Plaimont est sur le point de mettre sur pieds un audacieux projet associant vin et vacances au sein de la grande abbaye de Saint-Mont qui leur appartient. Alors oui, je suis vendu au diable ! Et comme le souligne justement David dans ses articles (voir ICI et ICI aussi), les vins de Plaimont sont tellement bons que je ne me priverai pas d’en parler de nouveau en vous livrant mes notes de dégustation. Par chance, comme j’ai horreur des doublons, la plupart des vins ne furent pas goûtés par David ce qui me permet de ne pas le copier ! Et puis, j’ai ajouté quelques rosés et blancs moelleux, sans oublier le seigneur Madiran.

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Commençons donc par les blancs secs.

Côtes de Gascogne 2015, Colombelle « L’Original ». Ce best-seller a débuté en 1976, puis fut lancé officiellement en 1998 après un voyage technique en Allemagne. C’est du Colombard, avec aussi 20 % d’Ugni blanc, pour un vin techno en diable mais furieusement dans l’air du temps. Du gras, pas mal de longueur, un fruité judicieusement mêlé à l’amertume fraîche, moi j’aime, même sur les huîtres ! 5 € (cavistes).

Côtes de Gascogne 2015 « Caprice ». Un petit nouveau qui adopte l’élevage sur lies et tourne autour de 200.000 exemplaires. Le nez est fin et délicat, la bouche nettement plus souple que le premier blanc, légèrement épicée, mais un peu courte à mon goût. 6 €.

Côtes de Gascogne, Domaine de Cassaigne (secteur de Condom). Une seule mise récente pour ce blanc salin au nez, doté d’une certaine fermeté en bouche, mais assez simple dans sa configuration. Gros Manseng avec 30 % de Colombard. 7 €.

Saint-Mont 2014 « Les Vignes Retrouvées ». Je me souviens de l’enthousiasme provoqué par la dégustation à Paris du premier millésime, en 2001, je crois. Ce joyau blanc de l’appellation (depuis 2010 après avoir été VDQS en 1981), élevé sur lies en cuves de 150 hl, tient toujours ses promesses. Richesse, gras, épaisseur, longueur, c’est un vin que je réserve pour une belle fricassée d’anguilles. Gros Manseng en majorité, comme souvent ici, mais avec 20% de Petit Courbu et 10% d’Arrufiac. Le même, en 2007, a gardé toute sa longueur même s’il me semble un peu fatigué sur le plan aromatique. 7,50 €.

Saint-Mont 2014 « Cirque Nord ». Fermenté en cuves avant un élevage de 10 mois en barriques d’un, deux ou trois vins, on a dès l’attaque pas mal de rondeur, de volume, avec une très agréable finale sur la fraîcheur. Du beau travail sur le Gros Manseng qui représente 90% de l’encépagement complété par le Petit Courbu. 35 €.

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Quelques rosés assurent la liaison

Saint-Mont 2015 « Nature Secrète ». Un bio de coteaux, tiré à 7.000 exemplaires. Simple et facile avec une petite touche de fruit poivré, sans plus.

Saint-Mont 2015 « Le Rosé d’Enfer ». Le contraire du précédent : droit, vif, c’est à l’apéritif qu’il faut le boire. Même sur des magrets fumés !

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Des rouges, c’est inévitable

Côtes de Gascogne 2015 « Moonseng » (secteur de Condom). Merlot et Manseng noir (40%) pour 12.000 bouteilles, ce dernier cépage est replanté à raison de 10 ha dont 4 en production sur des sols argilo-calcaires. Cela donne un vin très intéressant, doté d’un beau volume, d’une certaine profondeur et de tannins légèrement sucrés. Agréable maintenant et d’ici 4 ans. 7 €.

Saint-Mont 2014 « Béret Noir ». Un de mes favoris sur le confit, la cuvée existe depuis 2009 et met en scène le Tannat (70%) complété par le Cabernet Sauvignon et le Pinenc avec un élevage (cuve uniquement) particulièrement soigné. Très joli nez, forte personnalité en bouche, amplitude et tannins assez marqués mais supportables. On peut commencer à le boire sans trop se presser. 7 €.

Saint-Mont 2012, Château du Bascou. Robe profonde, joliment boisé au nez avec un surplus de cuir et de fourrure pour un vin assez étriqué, très bordelais dans le style, long, puissant et chaleureux. Même encépagement que le précédent à partir de Tannat planté en 2001 à 8.000 pieds/hectare. 12 € (GMS).

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Saint-Mont 2014 « La Madeleine » (secteur de Marciac). Nez fin, discret, réservé pour cette cuvée issue d’une parcelle plantée en 1891. C’est le troisième millésime de cette bouteille haut de gamme (plus de 35 €) à la fois ferme, dense, bien structuré, plein d’ardeur aux tannins cachés, comme enfouis. Leur heure viendra probablement avant la fin de la décennie. Le mieux noté des rouges.

Saint-Mont 2015 « Vignes Pré-phylloxériques » (secteur de Saint-Mont). Premier millésime de cette cuvée : 2011. Il s’agit d’un très vieux Tannat sur un sol de sable fauve dorloté par son propriétaire qui a redressé les vignes avec amour. Magnifique nez sur le fruit rouge sauvage mais bien mûr. Bouche puissante, chaleureuse, intense, mais étonnement tendre avec de superbes tannins souples et poivrés. Compter au moins 65 € départ cave, sachant qu’il n’y a que 1.500 bouteilles de ce vin.

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La vieille garde trinque à la nouvelle génération : André Dubosc (béret) et Loïc Dubourdieu, de la Cave Coopérative de Crouseilles.

Quelques Madiran en passant

Et quelques mots aussi. À force de goûter de bons Saint-Mont rouges, tous à base de Tannat, on est tenté de faire le rapprochement avec Madiran dont l’aire est voisine. Or, dans le giron de Plaimont, il ne faut pas oublier la cave de Crouseilles, la béarnaise, souvent citée dans les guides pour la régularité de ses vins de Madiran et leur accessibilité. Je pensais récemment que l’appellation Madiran était quelque peu endormie, comme en veilleuse. Serait-ce parce que les journalistes sont encore nombreux à ignorer ce coin du Sud-Ouest assez excentré et peu porté – pour l’instant – sur la communication à grande échelle ? Toujours est-il qu’en dehors des classiques (Berthoumieu, Brumont, Capmartin, Labranche-Laffont, Laplace, Barréjat, Crampilh, Sergent, Viella, etc), les jeunes de la cave de Crouseilles, fortement encouragés par l’équipe de Plaimont, sont en train de bouger, à l’image de Loïc Dubourdieu, le maître de chais (et œnologue) qui est venu me présenter quelques nouvelles cuvées mises en route depuis 2012 avec une demi-douzaine de viticulteurs passionnés et volontaires. De ce travail il résulte une série sensée montrer le meilleur de chacun des principaux terroirs de Madiran, le tout sous le nom générique de « Marie Maria » reprenant ainsi l’origine même du nom de Madiran, village connu jadis sous le nom de Maridan, du latin « Maria dona ». Le but évident est de rajeunir l’image que l’on a encore des vins d’ici, lourds, excessifs que ce soit en alcool ou en tannins. Hélas, cette gamme est pour l’instant réservée aux cavistes et à la restauration… Mais en allant sur place, je suis sûr que l’on peut se procurer la plupart des échantillons goûtés au prix que j’indique.

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Madiran 2012 « Novel ». Assemblage des trois « terroirs » qui suivent (nappe de Maucor, argilo-calcaire et argiles graveleuses), voilà une cuvée au nez abouti et aux tannins grillés avec une belle sensation de fermeté, une bonne longueur et une finale bien conduite. Tannat, bien sûr, mais aussi Cabernets, Franc et Sauvignon. 9 € départ.

Madiran 2013 « Veine ». De la précision dès l’attaque, fraîcheur, densité, tannins présents mais discrets et longueur rassurante. Par la suite un échantillon plus récent m’a été adresse, un 2014 tout aussi beau que le 2013, mais avec un peu plus de souplesse et de très agréables notes de fruits rouges chocolatés et toastés. On a des tannins tendres, bien épicés et poivrés. Tannat et Cabernet Sauvignon. 12 €.

Madiran 2014 « Argilo ». D’abord un échantillon prêt à la mise superbe de robe aux tannins bien fermes mais pas dérangeants et aux jolies notes boisées accompagnées d’une belle longueur. Le même vin reçu et goûté plus tard, après la mise : solide, épais, bien en chair, sur le fruit et généreusement épicé, il regorge de tannins laissant une légère amertume en finale. À garder au moins 5 ans. 12 €.

Madiran 2014 « Grèvière ». Un échantillon récemment mis en bouteilles et goûté (deux fois, avec 24 heures d’intervalle) chez moi : robe profonde, nez fin, boisé/épicé sans fausses notes, bouche juteuse et pleine, faisant ressortir des tannins fermes mais joliment fruités (coing) sur des notes corsées et très laurier en finale. Commence à bien se goûter après une mise en carafe, mais il serait préférable d’attendre au moins 3 ans que le vin se fonde un peu. 12 €.

Madiran 2001 « Bonificat ». Comme au début, il s’agit de l’assemblage des trois terroirs cités plus haut, mais avec un élevage plus poussé. Robe noire, très joli nez sur la finesse accentué par des notes de cerise noire et des touches boisées. Belle matière et tannins souples en bouche, le vin commence à être prêt à boire. Un pur Tannat, 25 €.

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Et des douceurs pour conclure

Pacherenc du Vic-Bilh 2014 « Novel ». Un sec tout en rondeur avec une jolie bouche faisant penser à une promenade forestière. Gros Manseng avec 20% de Petit Courbu, le tout élevé moitié cuve, moitié barriques (1 à 2 vins). 9 € départ.

Pacherenc du Vic-Bilh 2013 « Lutz ». Superbe douceur avec un nez très ensoleillé et des touches assez boisées en bouche où l’on devine aussi une pointe de truffe blanche. Un vin long et charnu que j’aime à l’apéritif sur de petits toasts de foie gras mi cuit. Les trois terroirs sont présents, mais c’est le Petit Manseng, associé au Gros Manseng, qui remplace de Petit Courbu. 13 €.

Pacherenc du Vic-Bilh 2012 « Bonificat L’Hivernal ». Magnifiquement soutenu par une belle structure, c’est un foisonnement d’arômes (caramel doux, fruits confits, agrumes, etc) que l’on a en bouche dans ce vin issu de raisins passerillés sur souches. Avec une sacrée belle longueur. Sur un Tatin de pêches ou de beaux fromages persillés. Les trois terroirs sont dans cet assemblage Petit Manseng et Gros Manseng. 32 €.

 

Michel Smith

(Photos : Brigitte Clément & Michel Smith)

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Le vignoble de l’abbaye de Saint-Mont

 


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Pineau d’Aunis du Vendômois, rosé en deux versions

Deux Pineau, pourtant bien distincts, qui nous régalent. Deux rosés, l’un acidulé, l’autre onctueux, pour deux moments différents. Caractère bien marqué pour le premier, caresse tendre pour le second. Le Pineau d’Aunis, cépage phare de l’appellation Coteaux du Vendômois, sait y faire, surtout quand il s’agit de nous procurer quelques instants de plaisir.

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 Gris Bodin 2015 Coteaux du Vendômois Domaine Patrice Colin

D’une couleur tendre comme un pétale de rose, il offre un nez qui charme tout de go  par ses notes de fraises et de griottes bien mûres, rafraîchi de groseilles à maquereau et d’un zeste agrumes, le tout bien épicé. La fragrance subtile du silex frotté avive notre gourmandise. La bouche nous comble par son incroyable persistance, son caractère frais et croquant. Sa saveur vineuse apporte à la fois jouissance et plénitude. Le minéral senti se dissimule derrière la dentelle tannique, sans toutefois masquer la structure, ni l’ampleur de ce rosé de caractère.

Au lieu-dit Bodin, les Pineau d’Aunis dépassent allègrement les 90 ans, c’est Georges, le grand-père de Patrice, qui les a plantés en 1920. Ils sont aujourd’hui conduits en mode biologique, pressés sans attendre et fermentés en cuve inox.

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http://patrice-colin.fr

 

Côté bouffe

Sa saveur particulière, ses épices, son fruité délicat semble le prédestiner à l’accord avec les sushis et les sashimis. En dehors de ces nippones combinaisons, il aime fréquenter les terrines de lapereau, le sandre grillé, les rillons pour faire local, l’anchoïade pour faire vacances. Quant au fromage, quelques chèvres pas trop affinés du style Selles-sur-Cher donne l’impression d’être au dessert.

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Lieu-dit Cocagne 2015 Coteaux du Vendômois Les Vignerons du Vendômois

 Saumon prononcé à l’écaille dorée, il hume le raisin de Corinthe épicé de Cayenne, avivé de menthe fraîche, le jus d’un grain de grenade écrasé entre deux doigts. En bouche, son onctuosité étonne et le rend presque sucrée, impression confirmée par le gras développé, heureusement bien équilibré par la tension minérale et l’amertume subtile au goût de gentiane. Il se prolonge par des sensations anisées et poivrées, puis nous offre encore quelques fruits comme la poire et le bigarreau.

Un rosé d’abord aisé qui se boit sans sourciller à l’apéro ou durant le repas.

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Ce 100 % Pineau d’Aunis est issu d’un coteau exposé plein est lové dans une boucle du Loir. La parcelle classée en premières côtes se compose d’argile à silex roses qui repose sur le calcaire du Turonien. Pressurage pneumatique de la vendange, fermentation à 14°C, élevage sur lies fines.

Côté bouffe

Son onctuosité fraîche aime le voir accompagner un steak de saumon poêlé. Ou bien différent quelques escalopes milanaises qu’on peut accompagner d’un œuf mimosa sans perturber ce rosé. Ou encore des pâtes au pesto, des charcuteries, des quenelles de brochet. Quant au fromage, il remplace à merveille le Sauvignon avec un chèvre affiné comme le Crottin de Chavignol.

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www.caveduvendomois.com

L’AOC Coteaux du Vendômois

VendomoisAocCoteauxduVendomoisCarteIl est certes l’un des plus méconnus des vignobles du Val de Loire. Situé à l’ouest de la jolie cité de Vendôme sur la vallée du Loir, il s’étend sur 152 ha et 28 communes. Le sol y est essentiellement fait d’argiles  riches en silex roses déposées sur un socle calcaire qui affleure par endroits. Le Pineau d’Aunis y a trouvé un terroir de prédilection.

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« Il existait, il y a fort longtemps, le long des coteaux de la Loire, une variété de vigne sauvage, rouge à raisins noirs, qui s’enroulait autour des branchages des arbres. C’est peut-être cette « lambrunche sauvage » dont parle Ronsard dans son

« Ode à un aubépin ». Cette variété de vigne fut ensuite domestiquée par les moines en Anjou et en Touraine, mais elle resta indomptable comme la Loire ».

Aujourd’hui, il n’est plus guère cultivé que dans cette région du Vendômois, mis à part quelques communes de la Vallée du Cher. Le Cabernet Franc l’a supplanté en Anjou. Sa production se répartit comme suit : 140 ha sur l’aire géographique de l’AOC Coteaux du Vendômois et Vins de Pays, 100 ha sur l’aire AOC Touraine, 70 ha sur l’aire AOC Coteaux du Loir et 15 ha sur l’aire AOC Touraine. Cet oublié de l’ampélographie n’existerait nulle part ailleurs.

VendomoisConservatoireDuPineauDAunis                 conservatoire du Pineau d’Aunis en Vendômois

Ciao

 VendomoisVignes

 

Marco


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Les “tourments” de l’acheteur professionnel

Pour changer un peu des dégustations, je vais vous parler de la “vie tourmentée” d’un sélectionneur professionnel, métier que j’ai exercé pendant 15 ans.

Sans vouloir idéaliser l’entreprise à laquelle j’ai appartenu, je dois dire que j’ai eu beaucoup de chance, de travailler pour un groupe comme LAVINIA.Sa gamme est une représentation assez complète du monde vinicole, national et international. Cela m’a donné l’opportunité de gouter des vins venant d’un horizon très large et par la même de mener une étude assez poussée des références disponibles sur le marché, ce qui me permettait d’optimiser mes choix au moment de la sélection.

Bien évidemment cela exigeait une connaissance poussée des vignobles et représentait une implication totale dans l’actualité viticole. Je pense que la majorité des amateurs, des clients et des domaines ignorent les difficultés et les responsabilités qu’impliquent le travail de sélectionner un “bon” vin pour l’incorporer dans une gamme, l’objectif étant  qu’il ait du succès, c’est-à-dire qu’il se vende ! Ne jamais oublier que j’étais payée pour ça.

Il faut avant tout, même si cela apparait comme une évidence aller chercher les vins, et cela exige, une actualisation permanente des connaissances, via la lecture des différentes revues professionnelles et autres blogs ou newsletters, mais surtout, il faut le plus souvent possible parcourir le maximum de vignobles, et être présents dans les nombreux Salons professionnels officiels et « off ». J’ajouterai qu’un bon relationnel n’est pas négligeable.

Il faut bien sur gouter chaque jour de nombreux vins, de manière à se former un palais, “la culture du vin est ce qu’il nous reste après avoir beaucoup craché ». Il est évident qu’on ne peut pas rester assis derrière un ordinateur et se contenter d’attendre que les échantillons arrivent !

Pour comprendre les raisons de la qualité d’un vin, il n’y a pas d’autre secret que d’en connaitre les auteurs, aller à la rencontre des viticulteurs, observer comment ils respectent l’équilibre entre les vignes et la nature, les écouter, parler avec eux, passer un moment dans leurs caves ou si ça n’est pas toujours possible, participer à un maximum de manifestations, gouter leurs vins millésime après millésime; il est en effet très important de suivre l’évolution d’un domaine, ça permet de mieux comprendre les vins et de se projeter dans un avenir pour bâtir une politique commerciale.

L’offre du Monde du vin est tellement vaste, les styles de vins proposés sont tellement différents qu’il n’est pas pensable prétendre tout couvrir ! Essayer d’être au courant de tout, d’être à jour, de faire face à cet excès de références, représente un effort colossal et permanent, et se serait mentir que de prétendre que nous y arrivons. Là encore, nous avons nos sources.

Et ce, sans parler des tendances et des modes qui existent aussi dans notre petit monde, et auxquelles nous ne pouvons pas, même si nous le voulons, tourner le dos ou les ignorer.

Le meilleur exemple actuel est celui des vins dits NATURES, ou le succès d’une zone comme Gredos en Espagne avec son cépage Roi : le Grenache ou encore le Jura en France.

Nous devons bien sur inclure des nouveautés dans nos sélections, mais ça n’est pas toujours suffisant, il faut en outre qu’elles apportent une différence pour que le consommateur final s’y attarde et que in fine, il les achète. Il est certain que nous sommes enclin à donner une opportunité aux jeunes domaines innovants, aux nouveautés,  et, souvent, sans le vouloir, nous nous éloignons de notre marché ; il faut toujours veiller à conserver un certain équilibre et garder à l’esprit les gouts de nos clients qui ne sont pas toujours ceux qui nous conviennent. Il existe un  décalage entre notre propre ressenti et celui du marché. Le risque est grand de déraper, et même si nous sommes là pour “éduquer” ou guider les palais, il faut respecter les habitudes des acheteurs et nous devons aussi rester attentifs à leur faciliter les vins avec lesquels ils se sentent les plus commodes. L’exemple type est celui du vin boisé, alors que nous nous les rejetons depuis un certain temps déjà, force est de constater que beaucoup de nos clients continuent à rechercher ce style de vins.

Je ne puis nier que j’avais tendance à préférer sélectionner des vins Bio, des vins élaborés par des viticulteurs impliqués dans leur terroir, des vins avec une histoire, des domaines de petite taille. Se sont ces vins qui finalement m’apportaient une différenciation dans la gamme. Mais, d’une part tous les vins Bio ne méritent pas d’être sélectionnés, et d’autre part, de nombreux vins traditionnels présentent un intérêt réel qui font qu’on ne peut pas les écarter d’une gamme. Il est évident que la qualité d’un vin demeurait le paramètre principal et décisif au moment de l’évaluation du vin, mais pas seulement, sa personnalité et son prix étaient aussi des facteurs déterminants… je ne serai pas tout à fait sincère si je n’y rajoutais pas la relation avec le vigneron. Le facteur humain est loin d’être négligeable et c’est tant mieux ! J’avoue qu’il m’a souvent influencé, reste après à faire passer le message auprès des sommeliers qui vendent les vins et ça n’est pas le plus facile. En réalité, se sont eux qu’il faut convaincre, car se sont eux qui sont en contact avec le client.

Dans le travail de sélection, une des principales difficultés que je rencontrais était la gestion des échantillons, nous en recevions, une dizaine par jour ! Parfois, il s’agissait de bouteilles que j’avais moi-même demandées, suite à des recommandations d’autres vignerons ou après lecture de commentaires, mais la majorité des échantillons qui arrivaient étaient envoyés par les domaines sans même nous consulter. Et, pour le sélectionneur, c’est un vrai problème, vous n’imaginez pas l’anxiété que ça me provoquait quand les bouteilles commençaient à s’accumuler. C’est difficile de trouver le temps nécessaire pour les gouter toutes dans un délai raisonnable, surtout que je passais les ¾ de mon temps à voyager. Bien entendu, les bouteilles n’arrivaient pas seules, elles étaient suivies d’un long mail de présentation du domaine, incluant fiches techniques, photos, récompenses, coupures de presse ect, ect….Sans compter qu’une semaine au mieux, après avoir, envoyer les échantillons, les vignerons commençaient à m’appeler ou à m’envoyer des mails pour connaitre le résultat de la dégustation. Les choses empiraient quand au bout d’un mois, ils n’y avait toujours pas de réponse, ils ne comprenaient pas que nous n’ayons pas encore pu les gouter. J’avais beau leur expliquer que nous goutions par odre d’arrivée et que nous nous ne pouvions consacrer 100% de notre temps à la dégustation d’échantillons, rien n’y faisait, ils me mettaient une pression continue ….Je le vivais vraiment très mal, car je comprenais leur impatience, mais j’avais mes limites. Certes je m’appuyais sur un Comité de dégustation, mais je tenais à faire une présélection, non pas que je n’avais pas confiance à mes collègues, mais je craignais toujours de « rater »,  un vin, « important », de passer à côté, et donc la seule solution que j’avais était de les gouter tous, évidemment j’accumulais les retards.

Quand un vin m’intéressait, je demandais alors une autre bouteille, pour qu’elle soit analysée par le Comité de dégustation. Avec ce système, la procédure de référencement prenait un certain temps. Je me faisais un point d’honneur à répondre à tous les vignerons, même si parfois mes réponses n’étaient pas toujours appréciées ou comprises.

Une autre difficulté que j’ai rencontrée au cours de mes recherches a été au fil des ans, la qualité sans cesse croissante des vins et ce dans toutes les régions : ça n’a pas facilité la sélection.

Pour cette raison, d’autres facteurs que celui de la qualité sont rentrés en jeu et en même temps le doute s’est installé. Beaucoup de vignerons pensent  la qualité d’un vin en fait un élément suffisant pour qu’il soit retenu, selon eux, si le vin a été bien noté, nous devons donc l’avoir, mais, il nous est totalement impossible de référencer tous les vins qui sont bons. Comme ils sont loin des réalités du marché ! Si j’avais le temps, jécrirai un petit manuel à l’usage de certains vignerons pour leur expliquer, en toute modestie, ce qu’ils doivent dire ou ne pas dire à un acheteur, comment établir une vraie politique de prix, ou encore comment gérer leurs échantillons…

Ce qui est certain c’est que ni le prix, ni l’âge, ni le fait d’appartenir à une appellation déterminée ne sont la garantie qu’un vin ait la qualité que nous recherchons. Un vin bien fait, sans défaut ne nous intéresse pas, pas plus qu’un vin qui a remporté une médaille à un concours, sa personnalité est primordiale, il ne suffit pas qu’un vin soit bon d’un point de vue technique, il faut aussi qu’il ait suffisamment de caractère, c’est ce qui lui permettra d’enrichir une gamme.

Bien entendu, la part de subjectivité est grande, mais comment y échapper ?

Quant au prix, il faut bien sur, que sa relation avec la qualité soit la plus juste possible. Enfin, la présentation a son importance aussi, car c’est elle qui finalement différencie le vin aux yeux des clients, dans les rayons du moins. Cette dernière donnée est aussi très subjective.

Etant donné que la capacité des magasins est limitée et que tous les casiers sont déjà occupés, si nous voulons rentrer une nouvelle étiquette, nous sommes obligés d’en retirer une autre. Nous dégagerons celle qui n’a pas eu le succès escompté, celle qui n’a pas de rotation selon le langage mercantile. Et ça n’est pas si facile, personnellement, j’avais beaucoup de mal à sortir un vin qui m’avait paru idéal au moment de la sélection, et sur lequel j’avais beaucoup misé: c’est un crève-cœur, le constat d’un échec, une mauvaise nouvelle à annoncer au vigneron!

Finalement, nous devons reconnaitre nos erreurs, car malgré toute la passion et tout le professionnalisme que nous mettons dans la sélection d’un vin, c’est le consommateur et lui seul qui rend le verdict final. C’est seulement lui qui décide si un vin est bon ou non! Les premières bouteilles sont toujours faciles à vendre si le sommelier est convaincu, mais ce qui décide du sort d’un vin, c’est sa rotation.

Et le succès n’est pas toujours là où nous l’attendons.

A ce jour, je n’ai plus à me préoccuper des autres, je goute ou j’achète le vin pour moi et mes proches et selon mon propre gout, m’arrive-t-il encore de douter ??? Je ne vous le dirai pas, car ça n’a plus d’importance, même si parfois je partage mes notes de dégustation avec vous.

Hasta pronto,

 MarieLouise Banyols

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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En passant par Saint-Sardos

Au coeur de la Lomagne, dans le Tarn-et-Garonne, se trouve l’appellation Saint-Sardos (quand on la cherche bien). Héritière d’un vieux vignoble monastique, celui de l’abbaye de Grand Selve, à Bouillac, elle doit sa renaissance aux efforts de la coopérative éponyme, qui assure encore aujourd’hui l’essentiel de la production. Correction: toute la production, si l’on excepte deux vignerons indépendants.

L’aire d’appellation (230 ha) couvre 23 communes, mais les vignes sont à ce point dispersées qu’on peut facilement passer dans le coin sans en voir une seule. Je peux en témoigner.

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En Lomagne, on voit plus de tournesol, de blé et d’ail que de vignes.

Et pourtant, c’est sûr, il y en a! (Photo (c) H. Lalau 2016)

Gilles de Morban est une des marques de la cave coopérative.  C’est ce vin – dans sa version 2011 – que j’ai dégusté sur place par une belle et chaude soirée de vacances, fin juillet. L’assemblage est dominé par la Syrah (une particularité locale, car c’est la seule AOP du Sud-Ouest qui l’autorise en cépage principal), complétée par du Tannat (deuxième cépage principal) et du Cabernet Franc. Il n’a vu que la cuve.

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Je suppose que la bouteille présentée au concours…

n’était pas bouchonnée! (photo (c) H. Lalau 2016)

Un assemblage original qui illustre les différentes influences de cette zone, entre Atlantique, Pyrénées et Méditerranée.  

Pivoine, cassis, romarin, violette, le nez de ce Gascon est bien affirmé. Sa bouche ne l’est pas moins –  je pense à un de ces mousquetaires forts en gueule qui émaillent les romans de Dumas ou de Merle. Piment d’Espelette ou ail de Lomagne, faites votre choix.

La finale est un peu rugueuse, mais un peu de tannin n’a jamais fait de mal à personne, ni une pointe d’acidité, surtout sur un plat un peu gras comme en propose la gastronomie locale. Ah, les joies de l’oie!

Très inspiré, sur ce coup-là, le Guide Hachette suggère plutôt un steak-frites. Je n’aurai qu’un seul mot: bof!

Hervé Lalau

PS. Sur les deux bouteilles achetées par mes soins à Beaumont de Lomagne (même millésime, même lot), une était malheureusement et irrémédiablement bouchonnée. Un modèle du genre. Je n’ai pas osé racheter une troisième bouteille pour affiner la statistique. Vivement les capsules à vis!


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Eating well in Scotland: Islay & Highlands

 The Harbour Inn, Bowmore

I have posted in previous summers on how eating out in Scotland has improved enormously over the past 20 years or so. The quality of Scottish ingredients is now celebrated whether is fish and shellfish, meat or game. Little wonder that the Highlands of Scotland are now attracting discerning visitors from many European countries.

Here are reports of four meals we have enjoyed while in Scotland over the past few weeks: two on Islay – The Harbour Inn and The Bridgend Hotel – and two in Newtonmore – The Letterbox and The Evening Flower.

The Harbour Inn, Bowmore, Islay 

One of the views from the restaurant 

On a Sunday evening we had a very enjoyable meal in The Harbour Inn, Bowmore. We ate in the section that looks out over the harbour and the bay. CRM and I shared a tasty slate of antipasto and there was plenty there for two as a starter. CRM and her mum then chose the pan fried hake – a generous filet that was perfectly cooked. You could tell without tasting that the fish was just right as the milky flakes glistened.

I went for the chargrilled squid and rabbit confit paella, which was a flavoursome and interesting variation on a traditional paella.

Without studying the wine list in detail we went for a 2015 Muscadet Sèvre-et-Maine, Vieilles Vignes sur lie from Château du Poyet in La Chapelle Heulin and which belongs to the Bonneau family. It had some attractive weight from the 2015 vintage but good refreshing acidity without being sharp. Drinking well now it would be no problem keeping this for another five years or more.

Happy to recommend The Harbour Inn – we would certainly go back.        


Antipasto – cooked and cru ham, salami, chicken, Kalamata olives and celeriac  


2015 Muscadet Sèvre-et-Maine,
Vieilles Vignes, Château du Poyet 


Pan fried hake with mash potato, wilted spinach etc.

Paella of chargrilled squid and rabbit confit 
•••

 

The Bridgend Hotel, Bridgend, Islay

The Bridgend Hotel, Bridgend, Islay

The weather on Islay is truly execrable. Fortunately, there are some good places to eat. On a Wednesday evening we tried the Bridgend Hotel and were very favourably impressed starting with the warm welcome. We were settled in Strath Lounge for pre-dinner drinks and a look at the menu featuring locally sourced ingredients 

The dining room is attractively airy and the public areas of the hotel are well appointed as are doubtless the bedrooms. 

We were very happy with our menu choices. Only the wine list could do with improvement – no vintages, a rather limited choice and it would be good to see some more interesting wines included. The list plays safe. It would be nice to see more ambition to match the quality of the food. In contrast they have a comprehensive list of local whiskies.

Starters:   

 Langoustine salad with garlic mayonnaise 

Warm langoustine tails with herb butter

2014 38 Parcelles, Ventoux, Famile Quiot
Carignan, Cinsault, Grenache Noir, Syrah
– attractive soft, spicy fruit, quite light colour

Grilled lemon sole with asparagus and fennel

Lamb cutlet and loin with pea mash, new potatoes 

Medallions of venison with beetroot,
parsnip crisps, potato croquettes
– the venison was nicely pink just as I had ordered 

Sliced pear, almond tart with honey ice cream 

Chocolate crème brulée with roasted marshmallows

The Letterbox, Newtonmore

The Letterbox, Main Street, Newtonmore 

Last week we had a very good return visit to The Letterbox Restaurant in Newtonmore. The restaurant opened in 2010.  

It was encouraging to see that it was busy. We started with a glass of South African Chenin Blanc while we considered our choices. Three of us opted for the two course evening menu – starter and main course – for £16.95.  

First courses: 

I chose the tasty mackerel paté, while the others went for the chicken mousse – also tasty, well made and generous portions.       

Mackerel paté with a salad and oak cakes 

Apricot, asparagus and chicken mousse 

Main courses: 

Our three choices of main courses 

 

 

 Plaice fillets in a cream sauce with samphire,
carrots and new potatoes
– off the a la carte specials menu

A rich and very good venison stew with haggis dumplings

Meat balls with tagliatelle: another rich and copious dish

 2014 Fleurie, Cru du Beaujolais, Patrick Chodot,
Fleurie from a good vintage
which partnered even the rich dishes well

Profiteroles with a cream filling

Créme Brulée with apricot and vanilla

We have had several meals at The Letterbox and have always been impressed, so am happy to recommend this restaurant. I do wonder, however, at the wide range of dishes offered in a restaurant that has space for a maximum of just over 30 covers. On the set dinner menu there are five choices of starter and main course. The à la carte menu has a big choice and then there is a specials board with five starters and five mains. It is difficult to see how this makes economic sense. 

The Evening Flower

 

On Saturday evening we celebrated the eve of my birthday at The Evening Flower – the café in Newtonmore that is The Wild Flour during the day. The Evening Flower runs on Friday and Saturday and is really excellent with the great advantage that you can bring your own wine, beer etc.

We were a party of 16 – family and friends. Our wine choices were not fancy but instead assured value. Freixenet Cordon Negro Cava as the celebratory apéro.    

 

First courses: 

Excellent seared Orkney king scallops,
asparagus, garlic butter & capers 

Seared wood pigeon breast, Stornaway black pudding,
raspberry & balsamic dressing, pine nuts

Goats’ cheese, toasted walnuts, red onion marmalade

   2014 Muscadet Sèvre et Maine sur lie,
Domaine de la Tourmaline, Gadais Père et fils


Mains:

Lamb cutlets, creamy rosemary mash, mint & balsamic sauce

Sage, apricot & garlic pork chop,
apple & fennel seed sauce, new potatoes

Ribeye steak, roast tomato, flat mushroom, new potaoes

pea shoots, red wine & caramelised onion gravy

2015 Combe aux Jacques, Beaujolais Villages

Louis Jadot – delicious and enough concentration
and structure for the beef

Desserts:   

 

Chocolate and walnut torte

Vanilla crème brulée with strawberries 

Celebratory chocolate brownie with candles
and a scoop of chocolate ice cream 

Not sure that he asked permission but was happy to share my birthday with Usain Bolt…..

NouveauOs

 

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