Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Que la Corse demeure!

Ce mercredi, notre cher collègue Hervé (toujours à l’affût du scoop, même vieux d’un siècle!) nous rappelait que le vénérable Victor Rendu dressait un portrait assez défavorable de la viticulture pré-phylloxérique sur l’Ile de Beauté. La Corse s’en est-elle… rendu compte? Je le crois.

Aujourd’hui, la viticulture corse s’est prise en main et pourrait, si elle poursuit ses efforts de reconnaissance de tous ses atouts ‘terroirs’, elle pourrait devenir demain, comme le prétendait Rendu, un des plus beaux vignobles de la Méditerranée.

Ce qui argue dans ce sens, c’est notamment l’avancée qualitative de la Côte Orientale, encore il y a peu soumise au dictat de la productivité. Notre dernier voyage sur place nous a bien montré que le temps des piquettes est révolu.

À Vinisud, cette année, les cuvées Prestige du Président concoctées par l’Union des Vignerons de l’Ile de Beauté, que ce soit en blanc, en rouge ou en rosé nous offraient un grand plaisir de dégustation (ma préférence pour le rosé croquant, délicatement fruité, à la texture suave). Ces hauts de gamme de la coopération coûtent entre 7€ et 10€ départ cave. www.uvib.fr

Dans un autre registre, que dire de Christian Estève du Clos Canereccia à Rotani, près d’Aleria, toujours sur la Côte Orientale? J’ai dégusté toute sa gamme à Vinisud. Il maîtrise toute la palette du Vermentinu, du blanc sympa et croquant à celui, plus ambitieux macéré pendant 25 jours en amphore et élevé sur lies en amphores d’élevage durant 5 mois. Un Vermentinu structuré, tout en relief, frais et salin.

Même progression pour ses rouges dans lesquels le Niellucciu partage la bouteille de la cuvée de Pierre avec la Syrah et le Grenache, déjà moins dans la cuvée Clos Canereccia, son milieu de gamme; et se retrouve seul dans la cuvée amphore.

Côté « anciens nouveaux cépages », j’aime beaucoup son Bianco Gentile, bien sec et aromatique, comme son Carcaghjolu Neru en amphore aux tanins serrés, aux fruits noirs concentrés, à l’amertume discrète mais bien perceptible sur la longueur.  www.closcanereccia.com

Partons un peu plus au Sud, dans l’appellation Vin de Corse Porto Vecchio. Troisième personnage important et attachant, Marc Imbert, dont les vins m’interpellent un peu plus à chaque millésime. À chaque fois, il y a quelque chose de plus, un fruité encore mieux dessiné, une trame plus serrée, une élégance plus aérienne… Cette fois, c’est son Oriu blanc qui m’a fasciné. Je le trouve très pur, très droit, mais avec énormément de générosité, de croquant, de suavité, tout en conservant une énorme fraîcheur qui ne doit rien à l’acidité. On dira une tension minérale, n’en déplaise à certains… Un Vermentinu de Porto-Vecchio dans sa plus belle expression.

Les rouges ne sont pas en reste, rouge de plaisir comme le Torraccia, rouge de bonne garde comme l’Oriu rouge qui assemble 80% de Niellucciu et 20% de Sciaccarellu élevé en cuve béton.

www.domaine-de-torraccia.com

Autres exemples? remontons au Nord, avec Thomas Santamaria, un vigneron de Patrimonio découvert à La Levée de la Loire il y a deux semaines. Sa cuvée Tranoï 2013 (entre nous) civilise les tanins du Niellucciu et offre ainsi une élégance très racée à ce cépage emblématique de l’appellation, sauf que Thomas l’a étiqueté en Vin de France, sa parcelle tout au bout d’Oletta est à la limite extérieure de l’appellation.

Bref, le vignoble corse moderne ne manque pas de jolies cuvées! Il y en a pour tous les goûts et aujourd’hui, notre ami Victor n’aurait sans doute pas rendu la même copie aujourd’hui qu’en 1850.

Et pour finir en beauté et gourmandise, quelques tranches de jambon corse de chez Michel Matteucci (dégusté à Vinisud). Un jambon cru qui grâce à son sel maîtrisé (c’est à dire peu salé) offre une subtilité de goûts et de saveurs du style ‘y en a jamais assez’. Avec l’Oriu blanc ou le Canereccia blanc en amphore, c’est top. Je préfère nettement le vin blanc avec la charcuterie, il rafraîchit le palais en décapant le gras et en neutralisant le sel. Et quand il y en a peu, du sel, l’accord est encore plus merveilleux.  michel.matteucci20125@gmail.com

Pace e salute

Marco

 

 


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Les OFF du Millésime BIO 2018 (2ème partie): Le Vin de mes Amis

Une institution parmi les off, une référence incontournable, de loin, le plus fréquenté ! Charlotte Sénat en est l’organisatrice, ça se passe au domaine de Verchant, à Castelnau-le-Lez. Soleil au rendez-vous, cadre de choix, oui, ça compte pour une bonne dégustation !  Le droit d’entrée est de 10 euros, le verre est offert, ainsi qu’un accès au buffet, qui vaut le détour, en principe réservé aux  professionnels, mais ouvert aux amateurs.  Du beau monde se presse pour aller à la rencontre des vignerons, pour la plupart «incontournables», et, dont la présence sur d’autres salons est rare pour ne pas dire improbable. Au Vin de mes Amis, il n’y a pas de label affiché, juste des vignerons qui partagent une même volonté de faire le meilleur vin possible. Cette année, j’y suis allée le lundi, c’est plus calme que le dimanche, l’ambiance était détendue, l’atmosphère très conviviale, les conditions de dégustation étaient bonnes. Ici,  on n’y vient pas pour des découvertes, mais pour gouter le nouveau millésime, confirmer les allocations et pour le plaisir de partager avec les vignerons leurs dernières vendanges ou expériences.  Pas vraiment de vin «radical», mais des vins qu’on prend du plaisir à boire, ce que nous appelons des valeurs sûres, des noms dont la réputation n’est plus à faire, les Valette, Breton, Richaud,  Barral, Michèle Aubéry, les Arena, Hélène et Bertrand Gautherot…

2018-01-29-le-vin-de-mes-amisCependant, chaque année j’y découvre des  domaines, cette fois-ci, je me suis concentrée sur les Terrasses du Larzac qui font preuve depuis quelques années d’un grand dynamisme, cette appellation est un réservoir de talents, je me suis arrêtée chez :

Géraldine Laval Clos Maia, Terrasses du Larzac & IGP Hérault

Géraldine a repris en 2009 quelques parcelles de vignes  (350 à 400 mètres) dans les Terrasses du Larzac, sur le secteur de Pégairolles-de-l’Escalette. Planté de vieux grenaches, de cinsault, de Carignan, de syrah, de terret et de chenin, le domaine couvre à peine 5 ha. Pas de produits chimiques et respect des cycles lunaires.

Le Petit Clos 2016

Elevé en cuve béton afin de préserver son fruit, Le Petit Clos est charmeur, c’est un assemblage de Syrah – Grenache – Carignan ; le nez est souligné par les fruits rouges, en bouche, la matière est souple, ronde, les tanins veloutés, la finale épicée. Un bien joli vin, plaisant à boire. 13,00 €

Clos Maïa 2016

Un assemblage particulier : 90 % Grenache, 10 % mélange de vieux cépages : Oeillade, Cinsault, Terret Bourret Noir, Aramon. Vinification traditionnelle et élevage en fûts.

Une belle robe rouge noire, un nez riche de fruits noirs et d’épices, la bouche est droite, généreuse, les tanins sont fins et le tout est accompagné d’une belle fraicheur et équilibre. On y retrouve la même gourmandise que dans le Petit Clos mais avec davantage de structure.  23,00 €

Clos Maïa Blanc 2016

C’est un assemblage de 25% Terret Bouret, 25% Grenache Gris, 25% Roussanne, 25% Chenin. Elevé en demi-muids pendant 12 mois.

C’est jeune, mais très aromatique, on y trouve à la fois un registre fruité et floral. La bouche offre une belle matière, riche, fruitée, vibrante, et précise ; la finale est fraiche, légèrement vanillée. Il devrait très bien évoluer. 23,00 €

J’ai aimé l’élégance et la forte personnalité de ces vins.

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Olivier Cohen, Les Vignes d’Olivier (Argelliers)

Olivier Cohen est un jeune vigneron, il a repris en 2014, un domaine situé à Argelliers, près d’Aniane, qui s’étend sur 7 hectares de vignes, et déjà, il fait parler de lui. Il a fait ses classes, en partie, chez Antoine Arena et en partie chez Thierry Allemand. Il a choisi de pratiquer une viticulture naturelle et de méthodes de vinification non interventionnistes (Aucun intrant chimique à la vigne ni aucune correction œnologique). Toutes ses bouteilles ont une même étiquette portant les initiales V.O. (Vignes d’Olivier) en lettres majuscules. Les cuvées de vin rouge se différencient par un petit rond tamponné à la main : rouge pour le léger et vert pour le charpenté. A classer dans les vins naturels : utilisation minimale du soufre.

Vin de France Ronds Noirs V2

Rond Noir est un assemblage de cépages et de 2 millésimes : Grenache – Merlot –  Syrah/16 et Carignan /14 et de deux millésimes 14/16. Macération grappes entières, 1 semaine et élevage en cuve

Frais et gouleyant, Ronds Noirs V2 est une cuvée franche, fruitée et fraiche, très joyeuse. La bouche est juteuse, fluide, gouleyante, mais non dénuée de corps. Un vin au plaisir immédiat. 12,60 €

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Vin de France Cuvée VO

Cépages  syrah, carignan, Merlot/14, et syrah 15, élevage en cuve.

Une partie de la cuvée Rond Vert élevée sous bois, avec un joli côté patiné, une rusticité agréable et une fraîcheur convaincante. C’est réussi. 15,50 €

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Vin de France Cuvée Spéciale

Assemblage de 3 millésimes- 14+15+16, Grenache vignes plus âgées 14 – Carignan, vignes plus âgées 15 et grenache 16, macération 10 jours, élevage en cuves.

C’est la grande cuvée de chez Olivier Cohen, assemblage de ses meilleures cuves et barriques sur 3 millésimes. Gourmand avec ses notes de fruits rouges murs mêlées à des touches épicées,  mais profond et complexe. 25,50€

Sa façon de travailler est spéciale, parfois déroutante, mais les cuvées des Vignes d’Olivier sont toutes franches et fraîches, avec une personnalité affirmée, un domaine à suivre.

Olivier Jeantet  Mas Haut Buis, Terrasses du Larzac & IGP Hérault

Le Mas Haut Buis est situé à 650m d’altitude à la Vacquerie, en plein cœur du Larzac. Olivier Jeantet, 47 ans, s’y est installé en 1999. Ses vins sont issus de vignes plantées (14 ha), dans les vallées de Pégairolles et de Lauroux, et cultivées intégralement en bio. Parsemées d’oliviers et d’amandiers, certaines parcelles sont âgées de plus de 70 ans, le Grenache y domine, accompagné par du Carignan, de la Syrah , de la Roussanne et du Chardonnay. Les vignes, taillées très courtes, ne subissent aucun traitement chimique. Les vendanges sont effectuées à la main. Il se dit, autodidacte, c’est avec un coopérateur local qu’il a appris le travail de la vigne. Au chai, il a choisi, de s’orienter vers une moindre utilisation du bois pour les élevages. Les barriques bordelaises ont disparu au profit des demi-muids (300, 400 et 500 litres) et de deux foudres Stockinger de 2000 litres. (L’entreprise Stockinger, située au pied des Alpes Autrichiennes est considérée par les experts comme l’une des meilleures tonnelleries artisanales au monde pour la qualité de son travail et la finesse des bois qu’il sélection, sa production atypique de barriques, de cuves et de foudres). Je les mentionne parce que ces derniers temps j’en entends beaucoup parler, ils sont de plus en plus nombreux les vignerons les ont adopté et selon eux, ça fait une vraie différence : une petite révolution.

Terrasses du Larzac Les Carlines 2016

Un nez de petits fruits rouges et d’épices,  une bouche gourmande, ronde, très fruitée, savoureuse, matière veloutée, très bien équilibré finale harmonieuse. Un vin qui ne laisse pas indifférent ! 14€

Vinification : Huit jours en cuves en béton, levures indigènes.
Élevage : 6 mois en cuves.

C’est le dernier venu, avec un cépage, le Merlot, atypique dans la région, mais issu d’un petit clos remarquable. C’est un rouge qui regorge de fruits, il est juteux en bouche, facile à boire, gourmand et frais. 10€

Vin de Pays de l’Hérault Les Agrunelles 2016

Les Agrunelles résultent d’un assemblage de Chardonnay et de Roussanne, vinification : traditionnelle en cuves, levures indigènes. Élevage: 12 mois, en demi-muids.

Arômes de fleurs blanches et de tilleul, légères notes vanillées, touche minérale. La bouche est précise, tendue,  la texture est élégante, la matière est là ainsi que l’équilibre et la fraicheur. Joli vin 19€

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J’ai trouvé des vins vivants et frais, aimables et chargés de caractère.

Hélène et Guillaume Baron Clos la Barthassade. Terrasses du Larzac & IGP Hérault

Guillaume et Hélène Baron ont réalisé leur première vendange en 2014. Et, déjà, le domaine a été désigné « révélation 2017 » par la Revue des Vins de France et les vins s’épuisent rapidement! 10ha cultivés en bio est constitué de  vignes (30-40 ans) répartis sur les communes de Montpeyroux et Jonquières pour les rouges, pour les blancs sur la commune de Saint-Saturnin.  Vinifications traditionnelles : levures indigènes, raisins partiellement ou totalement égrappées en fonction de la maturité des rafles, très peu de SO2 lors de la vinification,  durées de cuvaison entre 2,5 semaines et 3 semaines. Globalement, le domaine utilise très peu de bois neuf et a également recours aux œufs béton de 7hl pour certaines cuvées, et 12 à 24 mois sur les rouges.

 IGP Pays de l’Hérault « Les Cargadous » 2016

Chenin majoritaire/roussanne vinifiés puis élevés en fûts et demi-muids entre 12 et 15 mois, après débourbage statique, à la bourguignonne.

Le nez dégage des senteurs de citron confit, et de fruits blancs. La bouche est riche, et, s’illustre par de beaux arômes fruités dans lesquels se mêlent la poire et le coing. Un vin équilibré, et harmonieux qui s’impose immédiatement ! 21,80 €

 Coteaux du Languedoc H 2016 Rouge

Assemblage de 60% de syrah, de Mourvèdre et de Grenache à parts égales. H est une très belle cuvée au nez de fruits noirs, d’épices avec une touche de réglisse. La bouche est nette, riche et fraiche à la fois. Des tannins présents mais murs, fins et soyeux. En finale une jolie acidité qui vient ´équilibrer le tout. Un vrai régal à ce prix! 10.50€

 Terrasses du Larzac « Les Ouvrées » 2016

Syrah majoritaire 50%, mourvèdre 35% et  grenache15% vinifiés et élevés séparément : mourvèdre et grenache sous bois, tandis que la syrah majoritairement dans des œufs en béton. L’élevage a duré 18 mois. A ce stade, le nez est encore un peu fermé, des touches d’épices, et de fruits noirs, apparaissent tandis que le mourvèdre apporte une touche cacaotée. La bouche est élégante, pleine, s’impose par son fruit profond, sa complexité et sa trame aérienne. 19, 50 €

 Clos de la Barthassade, Les Gravettes 2016

50% grenache, 30% cinsault, /20% syrah; le grenache est très présent dans cette cuvée, on y sent beaucoup de fruits, d’épices, mêlés à des arômes de chocolat et de notes balsamiques. En bouche, j’aime sa finesse, son côté friand, toujours cet agréable fruité accompagné d’une matière riche, ronde, le bois est présent mais pas prédominant. La finale est pleine de fraîcheur. Un vin harmonieux, équilibré à découvrir, c’est très bon ! 21,00 €

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Clos de la Barthassade, Fleur de Cinsault, 2017

Issu de la seule parcelle de ce cépage du domaine, ce rosé 2016 est délicat, aérien,  avec un nez expressif aux arômes de fleurs, aux notes de pêches et d’épices.  12€

 

Hélène et Guillaume ont su trouver un style tout en finesse : des vins infusés, peu extraits, avec beaucoup de fraîcheur. Un domaine à suivre de très près…sans doute une future grande référence de demain.

Parmi les habitués, je n’ai pas manqué de faire une halte plus rapide, chez:

Pierre Quinonero, Domaine de la Garance, Languedoc

Ça n’est pas une découverte, mais une redécouverte, tellement il y avait longtemps que je n’avais pas dégusté ses vins. Pierre a créé son domaine en 1991, dans le petit village de Caux non loin de Pézenas. Son vignoble de 8,50 ha bénéficie d’un terroir complexe et varié, il est planté de vieux Carignans et d’antiques ugnis et clairettes, certaines souches ayant plus de cent ans. Auparavant en coopérative, sa première mise en bouteille date de 1998. Les replantations de grenache et de syrah sont issues de sélections massales. Le vignoble est en Bio. Les vins sont représentés sous les dénominations Vin de France et AOC Languedoc.

Vin de France « Les Claviers » 2015

Cépages : Trébianno 80% (Vignes de 46 an), grenache gris 20 % (vigne de 100 ans) plantés sur des marnes calcaires Vendanges manuelles en cagettes avec tri à la vigne. Pressurage direct. Fermentation en barriques de 400 litres. Elevage : 11 mois en barriques de 400 litres. Pas de collage, pas de filtration. Pas de sulfites ajoutés.

Si vous cherchez un vin « d’apéro » simple et léger, passez votre chemin, cette cuvée a de l’ambition et elle prouve.  Elle affiche sa richesse et complexité du début à la fin. Nez floral et fruité (agrumes et fruits blancs). La bouche fraîche et éclatante au fruité très mûr est dotée d’une matière ample et intense, sa finale croquante et légèrement vanillée termine sur des beaux amers. Un vin de garde de belle intensité et bien équilibré. 34€

Languedoc « Les Armières » 2015

Les Armières: bonnes fées en languedocien, est un assemblage de Carignan (90 %) et Syrah (10 %)  issus de vignes  de 65 ans, plantées sur basalte, aux rendements ridiculement faibles : 18 hecto/ha. Vendanges : Manuelles en cagettes avec tri à la vigne. Vinification : En grappes entières, trois mois de cuvaison. Elevage : 27 mois 90 % en cuve béton et 10 % en barrique.

Là encore, si vous cherchez un vin de soif, oubliez, mais, si comme moi, vous commencez à être fatigué par ce style de vin « Glou-glou)» et vous aspirez à davantage de complexité et de personnalité, alors cette cuvée fera votre bonheur !  Vous voulez quand même du fruit, vous en aurez plein, relayé par des notes de garrigues. En bouche, il y a aussi du fruit mais surtout de la matière, c’est un vin charnu, harmonieux avec des tanins encore présents mais très fins, un très joli velouté de texture et une belle fraicheur finale. Enfin, un vin de garde ! Merci Pierre ! 22.00 €

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Les vins de Pierre Quinonero sont d’une incroyable finesse et complexité, et leur  forte personnalité les rend incontournables.

Petite halte chez Thomas Pico, Domaine Pattes Loup, Chablis  

C’est un domaine que je suis depuis ses débuts, d’emblée, j’ai adhéré à ses chablis, à sa philosophie, aussi, je me réjouis de les voir progresser d’année en année. Il faisait gouter ses 2015, des vins pleins, amples et précis. Il cherche la maturité mais il sait garder l’équilibre et une belle fraicheur.  Toutes ses cuvées brillent par leur éclat, leur précision de saveurs et leur équilibre.

Son chablis villages Vent d’Ange 15 est pur et intense, tendu, plein d’énergie, un vin libre avec juste ce qu’il faut de soufre. Vaillons 2015 est un vin fruité, juteux, à la chair riche et veloutée, à la finale épicée. Droit, précis, équilibré et d’une belle finesse, il promet une grande évolution.  Le Premier cru Beauregard 2015 se montre nerveux, ferme, fruité tranchant, à la finale saline, avec beaucoup d’éclat et de pureté.

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Jean Hervé et Laurent Chiquet, Champagne Jacquesson

Chez Jean Hervé, j’ai pu apprécier la dernière née, la 740, produite à partir de la récolte de 2012, elle cache sa puissance derrière une belle finesse. C’est vivant, c’est complexe, c’est grand !

Un dernier verre pour le plaisir chez Benoit Doussot, Champagne Clandestin

La semaine prochaine, un flash sur les autres OFF: Biotop, Roots 66 et les Vignerons de l’Irréel…

Hasta pronto,

Marie-Louise Banyols

 

 


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La tribune libre de l’Académie du Vin de France

Peut-être la tribune libre de l’Académie du Vin de France, publiée aujourd’hui dans le Figaro, mais qui n’engage donc pas la rédaction (elle « signe » d’ailleurs d’un mystérieux Collectif Collectif), incitera-t-elle les journalistes de la grande presse à mener des enquêtes plus contradictoires lorsqu’ils abordent le vin et l’alcool, plutôt que d’abonder quasi aveuglément dans le sens des communiqués anxiogènes des anti-vins? De faire la part des choses? De prendre en considération la baisse de la consommation de vin en France…?

Je l’espère de tout coeur.

Et j’espère aussi que cela libérera la parole de tous les amoureux du vin qui ont la chance d’avoir une certaine exposition médiatique. Acteurs, romanciers, artistes, médecins, producteurs, cuisiniers, vous appréciez le vin, dans la joie mais pas dans l’excès? Le vin a besoin de vous. Parlez pour lui.

En attendant, je lève mon verre de l’excellent Côtes-de-Nuits-Villages Clos de Magny 2016  à la santé de cette auguste Académie dont j’ai eu le plaisir de rencontrer quelques uns des membres! Je m’en délecterai derechef, avec la modération qui convient à sa bonne appréciation. Encore un verre que les pisse-vinaigre n’auront pas!

Hervé Lalau

 

 

 


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J’en appelle à Hugo et à Hemingway

Face à la vague hygiéniste, face à tous ceux qui veulent notre bien malgré nous, face à tous ceux qui pensent pour nous, j’en appelle à deux hommes qui pensaient par eux-mêmes:

Hemingway, d’abord, pour qui le vin était un élément de la culture européenne:

«En Europe, nous considérions le vin

comme un aliment normal et sain et aussi comme une grande source

de bonheur, de bien-être et de plaisir. Boire du vin n’était pas

un signe de snobisme ou de raffinement ; c’était aussi naturel

que de manger et, quant à moi, aussi nécessaire, et je n’aurais pu imaginer

prendre un repas sans boire du vin.»

Et puis Hugo, qui parlait déjà de consommation responsable:

« Le vin des forts est le poison des faibles. »

 

Triste spectacle qu’un monde qui perd ses racines; celles de la vigne, notamment. Alors, pour terminer, un modeste mot de mon cru:

« Tu t’es vu quand t’as Buzyn?»

Hervé Lalau

 

 


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Ah, le Brie normand!

Le Brie, quand il n’est pas de Meaux ou de Melun, n’est pas une Appellation d’Origine Protégée.

C’est d’autant plus curieux que le mot Brie est en lui-même une origine – pour mémoire, la Brie est d’abord une région, la partie sud-ouest de l’ancienne province de Champagne. Mais en ce qui concerne le fromage, le terme a été abandonné au « domaine public » lors de la Convention de Stresa, en 1958, de même que celui de Camembert (générique) ou de Gruyère (sans mention d’origine).
Quoi qu’il en soit, on trouve aujourd’hui aussi bien du Brie belge (le Briardenne, par exemple) que du Brie anglais (le Cornish Brie, le Somerset Brie…), brésilien, danois, allemand ou américain…
Plus étonnant, même en France, la plupart des Brie vendus en GD sont issus d’autres régions que de la Brie!
Le plus drôle, c’est quand certains s’en vantent: ainsi de ce produit à marque distributeur Carrefour qui affiche fièrement «Brie fabriqué en Normandie». On croit rêver…
Si vous en achetez, n’hésitez pas à l’accompagner d’un Chablis californien, d’un Champagne chilien, ou d’un cidre de Seine-et-Marne!

Hervé

PS. Un vrai Brie AOP (de Meaux ou de Melun) pèse environ 2,8 kg, pour un diamètre d’une trentaine de cm. Comment ce « Petit Brie »  de 500 g pourrait-il se comparer avec eux? 


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Les vins de Corse vers 1850

Je fais assez souvent référence à L’Ampélographie française, de Victor Rendu. L’ouvrage de cet Inspecteur général de l’agriculture a pour moi deux grands intérêts: nous montrer une photo de la viticulture française avant le phylloxéra (le livre date de 1857); et nous rappeler que rien n’est immuable dans ce bas-monde, même quand on se prétend les héritiers de traditions immémoriales.

Si j’ouvre ce livre à la page des vins de Corse, par exemple, j’y découvre un tableau plutôt sombre; Rendu a des mots très durs pour la viticulture locale, ses cépages et surtout ses pratiques. Il ne consacre d’ailleurs que 8 pages et demie aux vins de l’île, quand, par exemple, il en consacre le double aux vins du Roussillon, un territoire pourtant moins étendu.

 

Seuls quelques crus de Bastia, de Calvi, du Cap Corse et surtout le Tallano, près de Sartène, échappent à sa critique féroce. Curieusement, aucuns de ces noms ne sont aujourd’hui utilisés dans la hiérarchie des vins de Corse. Une idée pour une future montée en gamme ?

Il est à noter qu’au Cap Corse, à l’époque, on trouve déjà du Muscat, mais aussi de la Malvoisie, et du Genovese, alias Bianchetta, dont Rendu nous dit qu’il abaisse la qualité des Muscats. Et il souligne qu’ils sont « loin de valoir ceux de Rivesaltes ou de Frontignan ».

Il ajoute qu’à Luri, on produit un vin semblable au Madère, à partir de raisins passerillés et vieillis en petits tonneaux pendant 3 à 4 ans (ce qui nous rappelle le Vin Santo toscan… ou le Rappu).

De Tallano, il nous vante le Vermentino et le Montanaccio, alias Sciaccarello, mais aussi un plant actuellement en pleine réhabilitation: le Carcajolo nero.

Le plus surprenant, peut-être, est que Rendu nous parle de la Corse comme d’un vignoble qui réussit mieux en blanc qu’en rouge.

Hervé Lalau


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The Loire comes to Newtonmore

Mountain view

Newtonmore is a village in the Highlands of Scotland – up in the Cairngorms overlooked by mountains. Whether people living in the Alps would call them mountains is another matter as few are over 4000 feet. They should not be treated lightly, however, especially in winter as they are a good 1000 miles north of the Alps. The weather can change with frightening rapidity going from a bright clear day to a white-out in just a few minutes.  Just as in the Alps there are a number fatalities on these mountains every year.

Newtonmore, which is is about 45 miles south of Inverness – the capital of the Highlands –  used to be on the main road (A9) from Edinburgh to the north of Scotland. Now the new trunk road version of the A9 bypasses all the villages and towns on its  way to Inverness, so compared to London the roads are relatively quiet here.

The village still has a railway station and surprisingly, although it is just a single platform and is unmanned it is possible to catch the sleeper to and from London.  This is where I will be, at least until early April.

All in all this is a rather long intro to explain that despite being confined to the Scottish Highlands I am still able to taste some Loire wines, which producers have kindly sent to me here so I can continue to work.

2017 Coteaux du Giennois, Clément and Florian Berthier

2017 Coteaux du Giennois, Florian and Clément Berthier

 

This 2017 Coteaux du Giennois from Clément and Florian Berthier is simply delicious – not complex but lovely, very clean citric aromas and flavours including grapefruit notes. Vignobles Berthier is based in Sainte Gemme en Sancerrois. The domaine was founded by Jean-Marie Berthier in 1983 and now has nearly 25 hectares making Sancerre, Menetou-Salon, Pouilly-Fumé and Coteaux du Giennois.

This wine is represented by

Chris Hardy & Charles Sydney
Charles Sydney Wines Ltd
Petite Maison
11 Quai Danton, 37500 Chinon
France
Tél :  (France) 02 47 81 44 03
They arrange sales to the UK wine trade.  

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2015 Domaine René Couly, Chinon, Couly-Dutheil

Domaine René Couly is another fine 2015 red from Couly-Dutheil. These vines are planted on clay and flint and from parcels selected by René Couly, the grandfather of the company’s current MD – Arnaud Couly.

The deep coloured 2015 Domaine René Couly is considerably more concentrated than Wednesday’s featured wine – 2015 Les Gravières. Although drinking well now, the René Couly has considerably potential to improve and age over several decades. 

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Encore Couly-Dutheil – 2015 Baronnie Madeleine

2015 Baronnie Madeleine, Chinon from Couly-Dutheil 

 Couly-Dutheil only release the Baronnie Madeleine cuvée in good vintages. 2015 is certainly on of them. Baronnie Madeleine comes from selected parcels on the clay limestone slopes or the plateau above these slopes. The 2015 has attractive concentration and plenty of soft black fruit. Very enjoyable to drink now it lacks, for the moment (?), an extra dimension. On the other hand it is noticeable that the tannin management is greatly improved over the last decade. Gone are the dry, harsh tannins that marred their wines in the first decade following the millennium.  

 

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2015 Château de l’Aulnaye, Muscadet Sèvre et Maine, Château Thébaud

2015 Château de l’Aulnaye, Muscadet Sèvre et Maine,
Château Thébaud, Famille Lieubeau 

This very fine rich and concentrated Muscadet spends three years on its lees. It is the style of cru communaux, although Château Thébaud has yet to be formally recognised the French government rather to the understandable frustration of those eligible to benefit from the new appellation.

This style of Muscadet is far removed from the fresh citric version that goes so well with shellfish. We drank the 2015 Château de l’Aulnaye with salmon with butter and lemon in a parcel – a fine match. This Muscadet also worked well with some mature Montgomery cheddar. 

The Lieubeaus are important growers in Château Thébaud.  

  

Chinese cap