Les 5 du Vin

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Paysages viticoles du Rhône

Deux paysages qui chacun borde une rivière et qui pourtant s’agencent différemment le long de leurs rives.

Vigne en continus et vigne en vis-à-vis      

La première coure le long de la Cèze et d’amont en aval offre sa continuité viticole au regard du passant. La deuxième coure, elle, quelques lieues plus au sud le long de la Tave, mais n’enchaîne pas ses parcelles, préférant de-ci delà s’observer d’une rive à l’autre. Les deux se développent sur un relief calcaire et alternent petits plateaux et pentes douces à fortes. Toutes deux oublient la garrigue des coteaux pour rejoindre l’ombre des chênes pubescents mêlés de pins à l’approche des cours d’eau. Toutes deux craignent ces derniers quand l’orage gronde au loin et peut en quelques instants gonfler autant la Tave que Cèze lors d’un épisode cévenol.

Chusclan

La vigne en continu

Le paysage sculpté par la Cèze offre deux types de reliefs. Le premier en amont, du côté de La-Roque-sur-Cèze est plus encaissé. Puis, il s’élargit vers l’aval et ouvre sa plaine alluviale à l’alignement plus dense des ceps.

La structure paysagère

De La-Roque-sur-Cèze à Bagnols, le vignoble emprunte en grande partie l’ancienne terrasse fluviatile de la rivière qu’il tapisse de vignes, camaïeu vert dans lequel se fondent quelques rares terres à blé ou prairies. Quelques parcelles entaillent toutefois les bois qui encadrent l’entité, clairières discrètes qui semblent s’échappées… Quant aux villages, ils émergent de cette mer de vignes, perchés sur les reliefs pour échapper aux crues ou lovés aux pieds des pentes pour laisser la place aux cultures.

Sa mise en valeur

Une signalétique dédiée au parcours de randonnée existe et permet d’arpenter le vignoble. Pour en augmenter l’intérêt paysager tout en le préservant, la Cave coopérative de Laudun Chusclan a décider de développer des actions sur plusieurs thématiques. Elle fait ainsi mieux vivre les milieux ruraux en promouvant certes les richesses naturelles, mais aussi les aspects culturels et les possibilités touristiques. Démarche labellisée par le PER (Pôle d’Excellence Rurale), dont l’exemple le plus emblématique est la restauration du château de Gicon qui domine du haut de ses 245 mètres la commune de Chusclan.

 Assis au bord de la rivière, un verre à la main

Au calme, les pieds dans l’eau s’il fait chaud ou à l’abri du Mistral, si celui souffle un peu fort, on goûte à la joie de déguster quelques Côtes du Rhône Saint-Gervais ou Chusclan. Et pourquoi ne pas commencer par la cuvée du château…

Château de Gicon 2014 Côtes du Rhône  Cave de Chusclan

 

Rubis sombre, il offre un nez sans fioriture et c’est sans chichi qu’il s’aventure dans les compositions fruitées, marmelade de cerise teintée de cannelle, gelée de groseille colorée de myrtille et de mûre. En bouche, les tanins aux grains fins glissent comme la soie et accroche à peine les papilles, cela les rend attentives, vigilance importante pour estimer le potentiel du vin. Aujourd’hui, il coule comme un jus encore discret, évoquant avec réserve les parfums du nez, parlant déjà des rondeurs gourmandes à venir.

Il assemble 70% de Grenache et 30% de Syrah.

 Les Genets 2015 Côtes du Rhône Chusclan Cave de Chusclan

 

Grenat sombre, son nez légèrement fumé se parfume de confitures de fruits rouges et noirs. On y reconnait les cassis, groseille, mûre et fraise, agréablement développement fruité bien souligné de poivre et de réglisse. La bonne densité en bouche, les tanins souples mais encore bien présent, la fluidité du jus, la généreuse longueur en font un vin des plus plaisants.

Majorité Grenache

www.laudunchusclanvignerons.com

Syrius 2015 Saint Gervais Domaine Clavel

 

Jaune lumineux, il hume les fruits blancs au Cayenne, puis passe au floral des genêts et des mimosas. La bouche surprend par sa saveur de bonbon à la réglisse et à l’anis qui le transforme en friandise. Son onctuosité bien équilibré de fraîcheur au goût d’agrumes augmente sa succulence. Sa bonne longueur termine de nous séduire.

Assemblage de 50% de Viognier et 50% de Roussanne

Clair de Lune 2014 Saint Gervais  Domaine Clavel

Jaune aux reflets vert doré, il respire la cire d’abeille teinté de fenugrec et de thym, puis ajoute quelques fragrances de pêche de vigne poudrée de poivre blanc et de poire fondante piquée d’une baie de genévrier. La bouche fraîche et onctueuse s’installe tout de go avec beaucoup de présence. Sa tension minérale amplifie encore l’impression de vivacité. Miel, de lavande aux aromates apporte de la suavité, l’écorce de citron une agréable amertume.

Assemblage de 50% de Viognier et 50% de Roussanne. Le vin fait sa malolactique en barriques et est élevé 8 mois sur lies.

www.domaineclavel.com

La vigne vis-à-vis

Cotes du Rhone Villages Laudun / Cotes du Rhone Villages Laudun

Une terre de contraste où les grands aplats colorés s’illuminent de soleil. Le vert intense des vignes, le plus sombre des bosquets, la blancheur des falaises calcaires, se coiffent de l’azur du ciel et composent un tableau des plus expressifs. La Tave coule discrète au milieu de ce paysage, laissant tout le long de son parcours des zones humides propice à une vie encore plus discrète.

La discrétion

C’est le maître mot… En dehors des grandes voies de communication, simplement sillonnée de routes droites et étroites, l’endroit reste confidentiel. L’étendue viticole englobe les villages dont parfois seul le clocher indique la présence. Il nous faut monter sur quelque point élevé pour englober d’un seul regard l’entité. Alors on comprend mieux l’enchevêtrement des parcelles qui comme cousues l’une à l’autre étendent leur patchwork végétal. Plus difficile à distinguer, la rivière au lit étroit qui sinue, comme elle peut, on le croirait volontiers, entre vignes, cordons boisés, rares pairies et champs.

Le Clos de Taman

La restauration du Clos de Taman a demandé une bonne quinzaine d’années pour finaliser le projet. Après une première période de défrichage, de travail du sol et de replantation, d’autres aménagements ont pris la suite, comme l’installation de points de vue, la restauration du petit patrimoine architectural et la végétalisation des sentiers qui parcourent ce vignoble devenu une véritable vitrine viticole. Les vignerons de la Cave de Laudun-Chusclan qui est à l’origine du projet ont bien entendu participé à sa réalisation. Réalisation prévue dans le cadre de du Pôle d’Excellence Rurale. Le Clos de Talman, en bordure du plateau du Camp de César, compte 12 ha et regarde le village de Laudun depuis ses 200 mètres d’altitude.

Assis au bord du plateau du Camp de César, un verre à la main

Clos de Taman 2015 Laudun Cave de Laudun-Chusclan

Un rubis aux nuances sanguines, un nez qui semble sortir de la garrigue avant de s’écraser dans les compotes fruitées. Le serpolet et le romarin se maculent de fraise et de cerise, le cade et le ciste se colorent de figue noire et de prune sombre. Le charnu des fruits apporte du volume en bouche. Sphère délicate aux contours moelleux qui semblent sucrés sans l’être. La fraîcheur doit beaucoup au minéral qui vient tendre sur sa portée cristalline toutes les notes parfumées. Équilibre subtil des accroches terriennes et des envolées zénithales relié par le fil gracile des vivacités aux accents d’agrumes.

Assemblage de 50% de syrah et 50% de Grenache qui poussent dans des grès et des calcaires.

www.laudunchusclanvignerons.com

Laudun 2013 Domaine du Rouvre St Léger

Rubis profond, le nez de cerise et de prune, de la chair de fraise noire. Une bouche succulente qui renforce encore le plaisir par ses tanins encore hérissés qui viennent griffer les papilles. De la fraîcheur, de la mâche, de l’éclat, une assise minérale, du croquant qui enfonce ses dents dans la chair d’un fruit charnu. On retrouve tout au long du parcours cette agréable amertume qui renforce la fraîcheur, raffermit le fruit, accentue les épices. Le fruit rouge nous accompagne longuement sans vouloir nous quitter.

Assemblage de 60% de Grenache et 40% de Syrah.

https://fr-fr.facebook.com/pages/Domaine-Rouvre-Saint-Leger/193267414024919

Ciao

Marco


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Evasion pascale – un voyage immobile par vins interposés

Il y a plusieurs façons de voyager, de s’évader, la mienne consiste parfois à ouvrir des flacons d’ailleurs qui me transportent dans des lieux que j’ai déjà visités et appréciés. C’est ainsi qu’à l’occasion des fêtes de Pâques, j’ai débouché un vin du Piémont et un vin du Palatinat.

1. CONTERNO FANTINO BAROLO “MOSCONI” DOCG 2012

Quelques mots sur le domaine :

Créé en 1982 par Claudio Conterno et Guido Fantino, le domaine produit sur son vignoble de 27ha environ 140.000 bouteilles par an ; Nebbiolo, Barbera et Dolcetto dominent l’encépagement.

Le développement durable, la préservation de la biodiversité et le respect de la terre sont des éléments-clés de leur philosophie, il n’est donc pas surprenant que le domaine soit certifié biologique depuis 2012. La nouvelle génération a pris le relai tout en gardant la même ligne. Reconnu pour la qualité de ses Nebbiolo, son usage prudent du bois pour le vieillissement, son utilisation minime de sulfites jusqu’à la mise en bouteille, ont fait de Conterno Fantino un des chefs de file de l’école moderne du Barolo, tout en étant respectueux de l’héritage viticole de la région.

Le Vin

Comme nous l’avons aimé, ce « Barolo Mosconi » !

Pour son élégance et sa fraîcheur d’ensemble, pour son nez qui affiche d’emblée une belle complexité avec ses parfums de cerise mure, de prune, de moka, de chocolat, qui se fondent et s’entremêlent. La bouche est impressionnante, corsée : des notes de fleurs, d’épices, d’eucalyptus se détachent d’une texture aromatique riche, et veloutée. Il affiche des tanins juteux et bien intégrés, dotés d’une superbe énergie. Equilibre parfait, dans un style moderne, très pur, terminant sur une touche minérale qui l’allonge. Un style qui n’empêche pas que cette bouteille puisse être gardée encore quelques années.

C’est un rouge assez corsé qu’il faut associer à des plats de caractère, nous l’avons bu sur un gigot d’agneau aux gousses d’ail ; c’était parfait.

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2.OLIVER ZETER PFALZ GOLDSHATZ

Un vin riche, intense, exceptionnel !

Quelques mots sur le domaine :

L’aventure des frères Christian et Oliver Zeter commence officiellement en 2007 avec la mise en bouteille de leur première cuvée. Depuis, la maison Zeter cultive plusieurs hectares de vignes plantés dans les plus belles zones du Palatinat. Fort de multiples expériences professionnelles aux quatre coins du monde et notamment en Afrique du Sud, en 2011, Oliver a pris le parti de faire du  sauvignon le fer de lance de sa production. En voyant son vin élu « meilleur sauvignon blanc d’Allemagne », il s’est taillé ces dernières années une place importante dans le monde viticole mondial.

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Quelques mots sur le comment et le pourquoi de ce vin :

Oliver Zeter avait un rêve de petit garçon : déterrer un trésor de pirate oublié sur une île déserte. Ce rêve est devenu réalité, il a trouvé ce trésor chez lui : des bonbonnes de Sauvignon de 2007 Trockenbeerenauslese dont la fermentation avait duré plus de 2 ans, tombées dans l’oubli. Réapparues en 2011, à l’occasion d’un déménagement, il les a trouvées sublimes ; entre temps il avait découvert chez des amis vignerons, d’autres trésors de ce genre des vins des millésimes 1993, 1994, 1998 et 199 issus des cépages Ortega, Huxelrebe et Rieslaner. Sur cette base, il a créé un assemblage de Trockenbeerenauslese : la « GOLDSCHATZ » (trésor). C’est le bijou spécial de sa collection.

C’est la première fois que je dégustais ce vin, et je dois dire qu’il m’a impressionnée, si je devais le résumer: un véritable nectar, peu alcoolisé et très parfumé. De très grande garde.Ce trésor doré brille de sa splendide couleur jaune vieil or. Le bouquet immensément riche est un véritable feu d’artifice aromatique, allant de l’abricot à l’agrume en passant par les fruits exotiques, soutenu par une remarquable fraicheur. Viennent s’ajouter des notes épicées, de noisette, vanille, nougat, café, noix de pécan et toutes sortes de chocolats fins. En bouche, le vin est fascinant : riche, onctueux, fruité, avec un excellent équilibre entre la douceur et l’acidité parfaite. Très long et persistant, c’est un vin passionnant, irrésistible et unique. Nous l’avons dégusté un peu frais sur une tarte aux pommes sans crème et l’accord était idéal.

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Cépages : Sauvignon Blanc, Ortega, Huxelrebe, Rieslaner, pour ceux qui ne connaitraient pas ces derniers cépages : le huxelrebe donne des blancs élégants, légèrement musqués, et, une bonne acidité. En vendange tardive, leur qualité est élevée. Le Rieslaner issu de Sylvaner et de Riesling produit un blanc acide et aromatique comme le Riesling. L’Ortega, issu d’un croisement de muller-thurgau et de siegerrebe donne des vins pleins, moelleux et fruités, aux arômes parfumés semblables au gewürztraminer. Les trois assemblés au sauvignon, s’harmonisent parfaitement et donnent au vin une grande complexité aromatiqueSucre : 199 g /l. Acidité totale : 8,8 g /l

Voilà deux vins qui nous ont permis de nous évader, d’échanger, de partager de bons moments de convivialité, de nous régaler : c’est tout ce que je demande à un vin.

Hasta pronto,

MarieLouise Banyols


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Souverains poncifs 

C’est fou le nombre de bêtises qui circulent dans le domaine du vin, transmises de génération en génération, de sommelier en sommelier, de critique en critique, de buveur en buveur. Légendes urbaines, on-dits, souverains poncifs, ou simples conneries, parfois teintées de snobisme. Et l’âge ne fait rien à l’affaire. Une vieille bêtise reste une bêtise. En voici quelques unes, avec, quand c’est possible, le contre-exemple, en guise d’antidote…

 

Le Champagne fait moins mal à la tête que les autres bulles

Contre-exemples: innombrables (de migraines, aussi bien du côté du Champagne que des autres bulles); et pourtant, c’est vrai, on lit toujours ce genre d’affirmations mal étayées sur des sites de référence et même dans des sondages, preuve que la Champagne entretient bien son image de produit de luxe… et peut, parfois, faire preuve de mauvaise foi (l’histamine a bon  dos, pourquoi les Chardonnay-Pinot de Loire, du Jura ou de Bourgogne en auraient-ils moins que ceux de Champagne?).

Les blancs du Sud sont lourds

Les vins d’Espagne sont alcooleux

Contre-exemples: les vins de Galice (et bien d’autres).

Le Porto est un vin d’apéritif

Contre-exemple: le mode de consommation anglais du Porto, qu’on qualifiera de diversifié – cela va du foie gras au fromage, en passant par le chocolat, sans oublier le cigare. Dans sa nouvelle « The Choice of Amyntas », Somerset Maugham a d’ailleurs écrit de fort belles choses sur la façon de boire entre un et quatre verres de Porto, selon l’effet recherché, et en dehors des repas.

Le Málaga est un vin cuit

Contre exemple: tous les Málagas; Certains contiennent une réduction de vin, l’arrope, mais pas tous; et c’est loin d’être l’élément principal des vins.

Le Madère, c’est pour la cuisine

Contre-exemples: la plupart des Madères qui ne sont pas présentés dans des petites bouteilles moches en grande distribution.

Le rosé, ça se boit dans l’année

Contre-exemple: tout ce qui ne ressemble pas à du blanc taché, au goût de bonbon, de vernis ou de pamplemousse (et que vous aurez la patience d’attendre). Lancez notre ami Marc sur ce thème, il est intarissable. Et à propos de tari, voyez Guillaume, au Domaine de la Bégude.

Les vins allemands sont sucrés

Contre-exemples: innombrables. Mais quel est le pourcentage de Français qui dégustent régulièrement des vins allemands depuis la dernière mise à sac du Palatinat?

Le Prosecco, c’est pour faire un Spritz

Contre-exemple: voir ICI

Le vin Nature rend moins saoul

Contre-exemple: aucun – j’aurais trop peur de choquer les vrais croyants!

La Clairette de Die est issue principalement du cépage Clairette

Et bien non, même que la Clairette ne peut dépasser 25% des cuvées – c’est là un des grands mystères des AOC françaises; apparemment, cela ne choque personne, et pourtant, cela revient à vendre autre chose que ce qu’il y a sur l’étiquette. On se croirait dans la politique.

Les rosés de Loire sont sucrés

Contre-exemple: l’AOC Rosé de Loire, justement. Contrairement au Rosé d’Anjou ou au Cabernet d’Anjou, c’est un vin sec. Vous avez dit « confusing »?`

La capsule à vis, c’est bon pour les petits vins à boire jeunes, au pique-nique 

Erreur funeste! Plus vous payez cher un vin, plus vous avez envie de le garder, et moins vous avez envie de le voir se gâter du fait d’un mauvais bouchon. Et je ne parle pas seulement du goût de bouchon, mais du syndrome du vin fatigué, dont on ne sait plus trop si c’est l’obturation ou le vin qui en est responsable. Rien de plus désagréable que de se demander si c’est le vigneron qui est en faute, ou le bouchonnier… Faites « pop » avec la bouche, si le bruit du bouchon vous manque à ce point!

Les fromages s’accompagnent de préférence de vin rouge

Contre-exemples: la majorité des pâtes dures, type Comté, Gruyère, Appenzell, qui supportent mal les tannins. Mais il y a tellement de sortes de fromages, et tellement de sortes de rouges, plus ou moins tanniques, qu’on ne peut pas généraliser.
D’ailleurs, que ce soit dans le domaine du vin, de l’art, de la science… ou de la politique, la généralisation abusive n’est-elle pas la plus belle définition de la connerie?
J’arrêterai là pour cette fois. Si vous voulez une suite, vous pouvez me fournir d’autres exemples, je me ferai un plaisir de dégonfler d’autres baudruches…

Hervé


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A few reflections on a journey in China and Russia

IMG_3840Shanghai’s new Pudong district
(above and below)

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All adventures have to come to an end at some time. Ours finished on Friday when we returned to London on the Eurostar – the fourth and last leg of our train journey from Shanghai to London.

The first leg was a high speed train from Shanghai to Beijing, next a much more leisurely journey from Beijing to Moscow that took six days (five nights) and the third and most luxurious leg from Moscow to Paris’ Gare de l’Est. Our train trip ended a nearly five week visit to China and Russia – an amazing journey.

Before continuing I must thank Hervé for his additional posts on Tuesday while I was away – good to have some gravitas!

Many parts of China were just mind blowing particularly the pace of development over the past 20 years or so. Take the two photos at the head of this post of Shanghai’s Pudong financial district, across the river from the traditional centre of the city. The purple tower was the first new building and this opened in 1994 with all the rest following. A staggering transformation. We saw this view just a few hours after Teresa May had sent her Article 50 letter to start the process of the UK – England only? – leaving the EU. The gap in reality between May’s claims of new global power and what we were viewing in Shanghai was stark indeed.

While away we drank, when we could, Chinese or Russian wine and we didn’t have a bad bottle. Apart from Hong Kong we didn’t see evidence of a wine culture in China. In many restaurants it just wasn’t available, so we drank beer instead. The idea fondly held by some wine producing countries that China, away from the top end, will turn to wine seems far off.

In contrast there is certainly a vibrant wine culture in Moscow along with a buzzy restaurant and café scene, which took us aback. We ate well here. Clearly we were still wedded to the dour tales of Moscow in the cold war period!

Two fine wines:

GraceCS
Tasya’s Reserve Cabernet Sauvignon 2011
Grace Vineyard 
Our best bottle of Chinese wine 
drunk in a Hong Kong restaurant

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2014 Cabernet Franc
Villa Victoria, ANAPA Valley 

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In Moscow we chanced upon the excellent Wine & Crab restaurant, not far from Red Square. Here we had to try this very enjoyable Cabernet Franc from Villa Victoria. Notice that the winery rather cheekily plays on the Anapa Valley and Napa – with a large N!

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Pour qui voter en France si l’on aime le vin ?

Ce blog s’écarte généralement des sujets politiques, mais l’échéance qui nous attend en France est proche et j’estime que je dois en dire quelques mots.

Le sujet a été effleuré par Hervé il y a quelques semaines, sur un ton humoristique; celui-ci déclarant, non pas son adhésion au programme de Jean-Luc Mélenchon, le grand démagogue de gauche, mais laissant entendre que c’était le candidat qui s’intéressait le plus au vin. Je demande à voir !

A ce sujet, je viens de lire un article éclairant dans le supplément Science et Médecine du journal Le Monde, daté du 12 avril (mercredi de la semaine dernière). Cet article est le compte-rendu des réponses à une série de questions posées à l’ensemble des 11 candidats sur des sujets de santé publique (au fait, quelle farce d’avoir 11 candidats censés être crédibles pour gouverner un pays !)

Nous savons que ce vaste sujet est presque totalement entre les mains des « anti-tout », de ceux qui entendent nous protéger contre qui tout est potentiellement dangereux pour la longue vie pacifique et tranquille d’un être humain, y compris le fait de respirer;  car il est statistiquement prouvé que chaque personne qui respire meurt. Parmi les figures de proue de cet « airbag-lobby » se trouvent le tristement célèbre Professeur Got et une autre prosélyte de l’abstémisme, Catherine Hill.

Le dernier crédo des abstèmes

Demain, on rase gratis… mais on ne boit plus?

Les « experts » de notre santé publique ont donc posé leurs 20 questions à tous les candidats, en leur donnant un point pour une « bonne » réponse, et zéro pour une « mauvaise » ou une réponse jugée ambiguë à leurs yeux perspicaces. Quatre des candidats n’ont pas voulu répondre ou n’ont pu être joints: MM. Asselineau, Dupont-Aignan, Lasalle et Poutou. Les 7 autres ont joué le jeu. Les questions concernaient les domaines suivants : l’alcool, le tabac, l’alimentation, l’insécurité routière et, je cite, « certains agissements de l’industrie du médicament ». Même si on peut approuver le fond de la démarche, on voit bien aussi à quel point elle est biaisée. Si cela vous intéresse, vous pouvez lire les questions et les réponses des 7 candidats sur le site Securite-sanitaire.org

Alors quoi? Qui a gagné à ce jeu débile de qui gagne perd (ou qui joue perd)? Jean-Luc Mélenchon. Celui-ci a obtenu le score formidable de 5/5 sur les questions alcool, et de 16/20 au total. Que cela signifie-t-il? Qu’il est habile et qu’il dit à son auditoire ce qu’ils ont envie d’entendre? Certainement, vu qu’aux vignerons, il dit son amour du vin; et aux prohibitionnistes, qu’il ne faut pas en boire. Qu’il est « populiste » au sens profond du terme? Certainement aussi. Qu’il est cynique et avide de pouvoir? Je le crains, malheureusement, surtout pour les gens qui vont voter pour lui.

Car Monsieur Mélenchon déclare tout bonnement qu’il souhaite qu’on impose d’imprimer sur tout les flacons de vins et autres boissons alcoolisées la mention « l’alcool est dangereux pour la santé »; qu’il n’est pas sensible à la notion d’une consommation modérée; qu’il souhaite taxer toutes les boisson alcooliques (vins compris) en fonction de leur degré d’alcool, etc, etc. Il est, in fine, le seul candidat à obtenir l’approbation de l’ANPAA.

Pour la petite histoire, dans ce piège à cons tendu par les prohibitionnistes, les plus nuancés semblent être les candidats Fillon, Le Pen et Macron.

Mon vote, si j’en avais un (car je n’ai pas encore obtenu ma naturalisation et j’attends le résultat de cette élection pour relancer ma demande), n’irait qu’à un seul des quatre candidats cités, et pas seulement pour des raisons liées au vin.

Mélenchon nous promet dans tous les domaines que « demain, on rase gratis ». Super, mais on n’est plus des enfants ni des naïfs!

Fillon n’est pas assez honnête et son programme, s’il était appliqué, mettrait la France dans la rue.

Celui de Le Pen est inacceptable sur plein de plans et aussi délirant que celui de Mélenchon. Il reste qui ?

David Cobbold


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A Cassis, un avant-goût du Paradis

Le Paradis existe-t-il, et si oui, à quoi ressemble-t-il? Même en cette veille de Pâques, plutôt que d’ouvrir une rubrique métaphysique que je serais bien en peine d’alimenter, j’ai préféré poster une photo d’un récent passage à Cassis.

En avant-plan, on reconnaîtra les vignes en restanques, et à l’horizon, la Grande Bleue qui, à cette heure, prend des teintes jaunes au soleil couchant, et quelques entrées maritimes pour napper le tout de nuages.

Photo (c) H. Lalau 2017

Au-delà du site, somptueux, on remarquera que ce Paradis doit beaucoup à la main de l’Homme – à se demander ce qui pousserait ici sans les efforts constants d’une bande de passionnés du blanc local, encerclés qu’ils sont par l’océan des rosés de Provence, et menacés par la spéculation immobilière.

Je lève un verre de leur blanc de blancs à leur santé – un avant-goût d’un article à venir.

Hervé


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Asperges blanches, une suggestion

Les asperges arrivent et avec elles le casse-tête du quoi boire avec ces tiges délicates aux goûts si particulier. On peut les manger comme ça, juste cuite, entre deux doigts ou augmenter la sophistication.

                                                                                                                     Photo (c) Gretagarbure

Asperges blanches aux morilles à la crème et Coteaux d’Aix blanc

Une entrée facile à faire, originale et bienvenue, c’est de saison en ce début de printemps. Et sans blague, j’ai quelques morilles qui poussent dans mon jardin.

Préparation

Rincer sous l’eau pendant 20 sec une dizaine de morilles séchées, les réhydrater pendant 1 h en les plongeant dans un bol de crème liquide (100 ml).

Éplucher une botte d’asperges blanches. Les faire cuire dans l’eau ou à la vapeur. Piquer de temps en temps pour estimer la tendreté qui varie selon leur grosseur. Cuites, mais toujours croquantes, les plonger dans l’eau froide pour arrêter la cuisson. Les réserver.

Faire chauffer une cuiller à soupe de Fino dans un petit poêlon. À ébullition, réduire le feu et y verser la crème et les morilles, saler et poivrer. Faire réduire 3 min sans faire bouillir. Lier éventuellement avec une ½ cuiller à café de maïzena express.

Réchauffer légèrement les asperges et les servir napées de la crème aux morilles.

On peut y ajouter des pâtes pour un repas plus complet.

 Le vin

 

Cuvée du Temple 2015 Coteaux d’Aix en Provence Château Bas

Vêtu d’or pâle, il sent encore le bois du berceau, orné de fleurs blanches et de fruits mûrs, saupoudrés de quelques épices douces poussière de lune. La bouche fraîche tranche avec le ventre dodu et les petits doigts minéraux qui se referment avec la vigueur d’une jeunesse naissante. À peine sevré, il dévoile déjà avec assurance son caractère vif, son esprit alerte. C’est qu’il faut du répondant pour résister asperges !

Le plat et cet agréable blanc d’Aix

L’asperge n’est guère facile à associer, on lui refile les sempiternels Muscats d’Alsace qui à la longue galvaudent l’accord. Cette fois changeons de décor et pour corser la difficulté, ajoutons des morilles et de la crème. Plaisir intellectuel de la recherche et plaisir gourmand pour nos papilles.

Les petits champignons avec leurs parfums de sous bois et de cuir annulent le goût boisé du vin, le reste roule tout seul. Le goût floral et végétal de l’asperge avec sa pointe d’amertume s’enrobe de gras, mélange de la crème et de la rondeur du vin. Le trait oxydatif de la goutte de Jerez fait ressortir les senteurs florales du Temple. Puis, tous les parfums se lient en un bouquet printanier.

Bon appétit.

Spécificités de la Cuvée du Temple

C’est un assemblage de 70% de Sauvignon et de 30% de Rolle âgés de 25 ans (je vous rassure, le Sauvignon n’a rien de variétal, si on ne sait pas qu’il est là, on ne le perçoit pas); ces vignes poussent dans un sol de cailloutis calcaires à matrice limono-argileuse dissimulé sous l’enherbement naturel permanent. La vendange est manuelle et subit une macération pelliculaire courte. La fermentation alcoolique se fait naturellement en barriques de 1 à 2 vins pendant 3 à 4 mois. FML partielle ou entière. Élevage sur lies entières pendant tout l’hiver et sans soufre ajouté. Mode biologique.

Ciao

 

Marco