Les 5 du Vin

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QUELQUES IMAGES DE VINEXPO 2017

VINEXPO 2017 vient de s’achever, je ne connais pas les chiffres pour tirer un bilan sérieux, mais si on excepte la canicule qui s’est abattue sur Bordeaux et qui a beaucoup perturbé l’envie de déguster, j’ai trouvé ce Salon réussi et très convivial.

Je vous livre quelques images de stands et de bouteilles qui m’ont interpellée.

Dimanche 18 juin, j’ai commencé par HAUT LES VINS, un OFF, le seul que je me sois autorisée cette fois-ci, je n’y suis restée qu’une paire d’heures, c’était au chateau Grattequina, tout près de VINEXPO.

Très bon niveau, général, si j’en juge par les quelques domaines que j’ai dégustés:

Domaine René Bouvier, Bourgogne

     Les Déplaude de Tartaras, Coteaux du Gier, une vraie belle découverte

J’ai l’habitude de me garer au Palais des Expositions et de traverser la passerelle, c’est très agréable quand la température est normale, mais là j’avoue avoir souffert! Les services de sécurité étaient très présents, les conditions de contrôle et d’accès au site étaient un impératif de premier ordre, ça occasionnait des queues, mais personne ne protestait, et n’oubliait que nous étions en plein état d’urgence. Au bout de la passerelle, on tombe sur le stand Cliquot toujours très réussi-

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Il n’y a pas foule, mais c’est dimanche, je me promène dans les allées, j’en prends plein les yeux, le stand de Georges Dubeuf par exemple est magnifique, mais, il est vide, c’est surprenant.

Je tombe sur le stand catalan  de Roqueta, Imma Llopart, la directrice Export est là, je m’y arrête, c’est une amie, elle me fait gouter entre autres, le dernier né de la gamme, un blanc de Grenache de Terra Alta, désaltérant, gourmand, une vraie réussite.

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Je continue de progresser dans les allées, sans but précis au gré des rencontres, c’est merveilleux de n’avoir aucun agenda ! Prochaine halte chez les Champagnes Louis de Sacy, je découvre, une affaire familiale le père, le frère et la sœur font bloc, je retiens la Cuvée Nue, 55% Pinot Noir, 10% de Pinot Meunier et de 35% parce que sans liqueur de dosage, je l’ai trouvé racé et idéal pour l’apéritif :

Puis je me dirige vers le hall 3, pour découvrir la zone BIO, appelée WOW! (World of Organic Wines) c’est une bonne idée, elle est près des salles de conférences et à l’entrée du Hall, il y avait foule. Les vignerons étaient très contents, leur stand était petit mais à un prix très abordable. Pas de découverte, mais beaucoup de très bons domaines.

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Lundi 19 juin,  la canicule continue, mais je ne me laisse pas décourager… je commence par La Passion des Terroirs, ma relation avec les Lurton est ancienne, elle date des Feuillant et nous avons toujours gardé des contacts très étroits.

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Bérénice était là, elle m’a expliqué qu’elle avait gelé à 100% à Climens, pas de récolte cette cette année, il y avait Louis aussi et Marie-Laure, je vous parlerai des Vins de Marie-Laure un autre jour. Bruno David m’a fait gouter plusieurs vins que je ne connaissais pas, j’ai retenu ce Château Rochers de Joanin 2015 absolument délicieux, gourmand et séducteur:20170619_105319_resized

Bruno David, « grand manitou » de la Passion des Terroirs  que j’ai interrogé hier en fin de Salon était très content de ce cru, il a vu beaucoup d’importateurs étrangers,  et concrétisé de nombreuses commandes, il est extrêmemetnt satisfait du chiffre réalisé et pour lui, c’est le meilleur VINEXPO depuis 1996, date de son arrivée.

Vers midi, asur le stand de Vignobles et Signatures, Michel Drappier débouchait un Mathuzalem 1989, absolument merveilleux, très complexe, frais, iodé avec de fortes notes de coquilles d’huitres, long et envoutant. Merci Michel pour cet apéritif de qualité.

Je suis allée ensuite assister à une conférence sur les Grenaches du Monde animée par Guillermo Cruz, meilleur sommelier d’Espagne, un peu décevante, car en fait de grenaches du Monde, il y avait 5 vins espagnols, un australien et un VDN; en outre, il nous a servi un magnifique Rivesaltes 1969 Dom Brial en plein milieu de la dégustation, je n’ai pas bien compris  ce choix, mais bon, il avait certainement une bonne raison.

Après une pause sandwich, je suis allée gouter quelques vins Chinois, de la région de Ningxia, les étiquettes très colorées représentaient des coqs, puisque 2014 était l’année du cop en Chine. Des vins de cépage, très moyens,  sans grand intérêt, par exemple on reconnaissait bien le chardonnay, mais il était très boisé et asséchant, et chaque bouteille se vend à 70€ prix public.

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Et quelques vins Sud-Africains. J’ai retenu Overhex Wines,  des vins de négoce, mais très bien fait, et à mon sens très commerciaux, des vins technologiques certes, mais pas des caricatutes, et d’un rapport qualité/prix imbattable. Je crois qu’ils se vendraient très bien en supermarché. 1,95€départ cave.

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Puis, je suis retournée vers l’Espagne, je me suis arrêtée sur un stand, pris d’assaut, qui affichait une marque, Casa Rojo, qui m’était inconnue, mais qui à en juger par les dégustateurs présents, doit bénéficier d’une bonne réputation à l’étranger.  Une équipe de professionnels, qui vinifient dans la plupart des D:O espagnoles. J’ai gouté la gamme entière, je comprends que les vins puissent plaire, mais ils ne correspondent pas tout à fait à ce que je recherche.

Mardi 20 juin, j’ai commencé la journée par le stand des Dubourdieu, Jean Jacques était là, j’ai pu apprécier ses qualités lors du stage qu’il avait fait à LAVINIA Barcelona à mes côtés, j’y ai rencontré Jean-Luc Colombo qui partageait le stand. Nous avons refait le monde, il est encore plein de projets dont je vous parlerai dès qu’ils se concrétiseront un peu plus. Jean-Jacques m’a fait gouter entre autres la cuvée qu’il élabore avec Laure Colombo, une grande amitié les réunit. Carnivore 2015, 55% syrah, 45% Cabernet Sauvignon, un tirage très limité, 600 bouteilles en Vin de france, mais intéressant car c’est un vin de caractère, les deux cépages ne s’en laissent pas compter, le vin est élégant, structuré, et bien équilibré. Prix public 29€

J’ai passé un bon moment sur le stand de Lionel Osmin, oú j’ai rencontré David, beaucoup de monde sur ce stand aussi, mais c’est là un succès mérité, Lionel représente tous les Vins du Sud Ouest, mais en plus une gamme de vins étrangers des plus intéressants. (photo inutilisable)

Après quelques haltes inintéressantes et un très bon  déjeuner chez nos amis Corses, un ami m’a amené gouter un Corbières très connu, Château Ollieux Romanis, mais que je n’avais plus eu l’occasion de déguster depuis bien longtemps, et franchement, il a bien fait d’insister. Toute sa gamme est passionnante, je crois que je vais aller chez lui avant peu, en attendant j’ai beaucoup aimé cette cuvée de Pierre Bories, Le Blanc: puissante mais délicate avec beaucoup de personnalité.20170620_124905_resized

Pas très loin, j’ai retrouvé les Vivanco,  leur nouvelle déclinaison des grenaches en blanc, rouge et rosé qui  est très réussie. Elle s’appelle La Maldita, car en Rioja, les viticulteurs n’aimaient pas le grenache, trop compliqué à cultiver.

 

Voilà, je n’en rajouterai pas, je n’en démords pas, c’est un bon Salon pour les professionnels, un lieu de débats et de rencontres.

En dernière minute, je lis que le Directeur de VINEXPO   Guillaume Deglise, a convié la presse à découvrir les premières conclusions sur cette édition bordelaise, et a annoncé, entre autres améliorations futures, une réflexion sur un changement de date de l’événement. « C’est une très belle édition, d’un très bon niveau, c’est le retour que j’ai eu de la plupart des gens que j’ai pu croiser, a affirmé Guillaume Deglise. Si les chiffres de fréquentation définitifs ne sont pas encore connus, le salon battant encore son plein, 30 000 personnes environ ont arpenté quotidiennement les allées du salon des vins et spiritueux à Bordeaux du 18 au 21 juin. Le salon a joué pleinement son rôle de créateur et facilitateur de business, avec plus de 2 000 rendez-vous « wine to wine meetings » organisés, « ce qui est très supérieur à 2015, où était proposé pour la première fois ce service », a expliqué Guillaume Deglise. Il explique  que « Vinexpo n’est plus seulement un organisateur de salon, c’est un vrai acteur de la filière vins et spiritueux, un lieu de business, d’échange et d’innovation. Notre rôle est de favoriser les rencontres internationales. Plus de 150 nationalités étaient représentées dans les allées du salon, en tête la France, suivie de la Chine et des USA, des marchés dynamiques en pleine progression. Les pays européens  ont notamment manifesté un intérêt fort pour les innovations et nouvelles tendances, notamment présentées dans le hall 3. »  Pour la première fois, Vinexpo a aussi proposé des stands de plus petite taille, plus accessibles (6 m² à partir de 3 300 €), un signe en forme de « main tendue vers les petite structures et vignerons. » Guillaume Deglise s’est également félicité de la capacité qu’a su démontrer Vinexpo à « fédérer les acteurs », autour de thématiques fortes d’actualité, conférences (changement climatique, Brexit, biodynamie…), ou encore de la signature de l’accord Alibaba dimanche.    La qualité a marqué les professionnels présents. C’est primordial, car monter en qualité était l’un de nos engagements. » « Certains importateurs européens, par exemple de Belgique, Pays-Bas, Royaume-Uni, ne sont pas venus cette année, il faut travailler à les faire revenir. .. Les conditions ont été extrêmes, la chaleur impactant l’accès, les dégustations et la restauration en plein air. Dedans, la climatisation a tenu bon, fort heureusement ! a déclaré Guillaume Deglise. Mais cela pose le problème de la date du salon. Il faudra sûrement la changer pour mieux travailler. » En 2017, Vinexpo inaugure également un nouveau format, baptisé « Vinexpo Explorer », non pas un nouveau salon mais une convention d’acheteurs. Pendant deux jours, une centaine d’acheteurs parmi les plus importants au plan mondial seront invités par Vinexpo à découvrir un vignoble du monde, et suivront un programme entre travail (rendez-vous d’affaires), et exploration (visites, dégustations, master class). L’ambition, à terme, est de créer une communauté d’une quarantaine de nationalités.

SOURCES TERRE DE VINS :  http://www.terredevins.com/actualites/vinexpo-2017-lheure-bilan/http://

Hasta Pronto,

Marie-Louise Banyols

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A Frontignan, et nulle part ailleurs…

Frontignan est une des 4 appellations de Muscat du Languedoc (les trois autres étant Saint-Jean-de-Minervois, Mireval et Lunel). C’est également  la plus importante en surface (avec un peu moins de 800 hectares) aussi bien qu’en volume de production (18.500 hl).

Comme son homologue de Mireval, le vignoble s’adosse au massif de la Gardiole et fait face aux étangs, au Sud. Il s’agit de terrains secs et caillouteux.

Comme les autres muscats du Languedoc, le Frontignan est produit à partir du seul Muscat de Frontignan, alias Muscat à Petits Grains. Comme eux, ses vins doivent titrer au minimum 15 degrés d’alcool, et 110 grammes de sucre par litre. Mais l’appellation Frontignan présente une particularité unique dans le monde du Muscat en France: outre le procédé du vin doux naturel (mutage à l’alcool pendant la fermentation alcoolique), elle peut également utiliser celui de la mistelle (mutage avant fermentation). Pour cette spécialité, qualifiée de Vin de Liqueur (et plutôt rare) le taux de sucre minimum est de 185 grammes par litre.

Lors de mon passage à Pézenas, pour Terroirs & Millésimes en Languedoc 2017, j’ai pu déguster plusieurs vins de cette appellation singulière. Voici ma moisson.

 

Cave de Frontignan AOC Frontignan « Premier « 

J’ai l’impression d’avoir toujours connu ce vin, cette étiquette et cette bouteille torsadée (la légende voulant que ce soit Hercule qui l’ai tordue pour en extraire la dernière goutte !). Mes parents en buvaient – et cela n’a rien de péjoratif pour moi, bien au contraire. Et si ma mémoire est bonne, il y avait un petit extrait d’un poème de Paul Géraldy sur l’étiquette.

Déguster ce vin, c’est donc un peu comme remonter dans le temps – sauf que je n’ai bien sûr plus le goût de l’époque. Je veux dire que je ne me souviens guère avec précision de ce à quoi il ressemblait ; que son goût a probablement évolué avec la technique, et parallèlement, que mon goût a changé.

Quoi qu’il en soit, c’est aujourd’hui un vin d’une grande sincérité : vous aimez le goût du raisin frais, le voici. La richesse, la douceur, le fruité – ils sont à vous.

Le Muscat dans ce qu’il a de plus muscat, sans aucun artifice.Vendu chez Nicolas

Cave de Frontignan AOC Frontignan 20 ans d’âge 

Là, on entre dans un tout autre monde. Une maison de café, peut-être. Ou une distillerie de whisky. Aux notes de moka s’ajoutent le caramel, les noisettes, les amandes, le rancio. Il paraît que Voltaire réclamait du Frontignan « pour sa survie ». Si c’était ce genre de Frontignan, je peux comprendre…

Château de Peyssonnie AOC Muscat de Frontignan

Le nez puissant évoque le raisin mûr, par une chaude journée d’été ; il offre aussi quelques jolies notes de laurier, un peu de miel, et une belle amertume finale.

Ce domaine de 20 hectares, propriété de la famille Astruc, est affilié à la Cave de Frontignan, qui vinifie environ 80% des volumes de l’appellation.

http://boutique.frontignanmuscat.fr/vins-doux-naturels/18-chateau-de-peyssonnie.html

 

 

C’est à vous de voir… et de boire

Il est grand temps de redécouvrir les Frontignan! L’été est là, c’est le moment de faire une cure. Ce n’est pas parce que la mode est au sec qu’il faut renoncer au plaisir de ces douceurs, d’autant que ces vins ne sont pas « bêtement sucrés », mais souvent complexes. C’est juste une question de moment, d’accords, de contexte. On les imagine bien sur un fromage (bleu, par exemple), un foie gras, une poire flambée, une crème brûlée, ou avec une macédoine de fruits exotiques, ou encore sur des fraises, avec une feuille de menthe. Servis bien frais, mais pas glacés, non plus, pour ne pas tuer les arômes.

Il y a là tout un patrimoine qu’il ne sert à rien de protéger par une AOC, un cahier des charges, de la paperasse, si vous, amis oenophiles, ne pensez plus à en boire !

Hervé


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The essence of wine?

A tablebLunch in the cool of the Boulevard Napoléon winery 

J+T-Quail gatherersChef John and Trevor Gulliver braving both
the heat of the Minervois and the barbecue
to bring guests delicious quail  

Joseph PailléJoseph Paillé checking out the 2014 Grenache Gris, Boulevard Napoléon

Wine is, of course, many things – an agricultural way of life and a product that can live for decades even, in rare instances, for centuries. One of the rare agricultural products that has glamour.  Wine is also a worldwide global commerce as typified by this week’s Vinexpo gathering in Bordeaux.

It is all of these things and more but its essence is surely one of enjoyment. Enjoyment of three Gs:  a good glass or two, good food and good company. Of course you can enjoy wine alone but it isn’t the same.

Over the weekend we were at Boulevard Napoléon’s annual fête des vins in La Livinière, the only cru of the Minervois. This convivial fête sums up the essence of wine.

Boulevard Napoléon is the French arm of the St John Restaurant group headed by Trevor Gulliver and Fergus Henderson. Trevor has had a house in nearby Homps, on the Canal du Midi, for some 15 years. It was in 2010 that he was persuaded to buy some vines high up in the hills and the following year Boulevard Napoléon made its first vintage.

Last year we were kindly invited to their now annual Fête des Vins, which was when we conceived the idea of riding from Pauillac to La Livinière to raise money for Parkinson’s UK as Fergus has had Parkinson’s since 1998. Our fundraising ride has currently hit £5,332.50 including gift aid – an additional 20% that the UK Government puts in for UK taxpayers.

Group@Trevor'sThe Pedallers’ team @the finish with Fergus 

Fergus17.6.17Fergus Henderson

2014 Grenache Gris2014 Grenache Gris, IGP Hérault – very attractive, medium weight,
well balanced white with good crisp acidity.
You are not aware that it is 14.5%

14Bien AutreThe soft and juicy red: 2014 Bien Autre, IGP Hérault
The domaine’s second wine – best chilled especially in a heatwave   

Jim+Carole-Cité


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Vinexpo, pas si nul que cela

Vinexpo et Prowein. Certes, on peut toujours comparer deux salons dans deux pays différents et qui se produisent à des moments différents. Pourquoi pas.

Mais il serait intéressant aussi de voir la fréquentation des visiteurs par pays et par continent pour voir lequel de ces deux à le plus grand rayonnement international. Le nombre ne fait pas tout dans cette affaire, à mon avis.
Je viens à chaque édition de Vinexpo (et pas dans les « offs » ou il faut avoir une voiture et bouffer de l’essence, comme du temps) depuis ses débuts vers 1991. Je suis allé une fois à Prowein, en 2016. Ce dernier salon est très professionnel, très bien organisé, mais, à mon avis, est moins « fun » que Vinexpo. Ce n’est qu’un avis personnel bien entendu, et il est vrai, comme le dis Hervé, que Bordeaux est une ville nettement plus intéressante, belle et amusante à visiter que Dusseldorf.

Tout dépend de ce qu’un veut faire lors d’un salon de vin. Si c’est le business pur, alors peut-être bien que Prowein peut faire l’affaire. Peu ou moins de distractions. Si c’est pour se baigner dans le milieu, prendre plaisir tout en faisant des affaires dans un environnement agréable, participer à plein de dégustations thématiques, ou, en même temps, visiter des domaines viticoles, alors Bordeaux tient la corde. On ne vient pas dans un salon pour manger, mais entre un sandwich de jambons debout et seul dans une cour glaciale (Prowein) et un plateau de sushi assis avec un copain oenologue sous un auvent un peu chaud au bord d’un lac, mon coeur balance (nettement vers le sushi).

On ne peut pas tout faire avec un salon, et tout dire à propos de sa fréquentation, mais Vinexpo est aussi un salon formidable et je m’en fous que cela soit le plus grand ou le plus ceci ou cela, ou bien son contraire. Et ce premier jour (dimanche) je n’ai jamais vu autant de monde de tous les pays lors d’un jour d’ouverture.

La semaine prochaine je vous parlerai de mes coups de coeurs dégustés à Vinexpo, avec peu de temps dont je disposais entre d’autres engagements professionnels.

David

 

 

 

 


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Vinexpo, premier salon mondial du vin, vraiment?

Pour l’inauguration de Vinexpo, la presse vineuse française, et même la presse généraliste, qui reprend une dépêche de l’AFP, y vont de leurs superlatifs: « Bordeaux, capitale de la planète vin ». On y retrouve quelques belles formules des organisateurs, qui parlent de « lieu de rencontre de l’excellence », se félicitent d’avoir conçu cette année un espace spécialement consacré aux vins bio (WOW), ou encore, du retour d’un stand officiel des vins du Beaujolais.

Loin de moi l’idée de vouloir gâcher la fête, ni de cracher dans la soupe bordelaise, mais les chiffres sont têtus: Vinexpo, cette année, va réunir 2.300 exposants, et attend 45.000 visiteurs; mais Prowein, en mars dernier, a attiré 6.200 exposants, pour 58.500 visiteurs.

Comment expliquer qu’un salon à vocation internationale basé dans la région de production la plus réputée au monde joue aujourd’hui les seconds rôles face à une foire organisée à Dusseldorf, en pays brassicole? Côté agrément, sorties dans le vignoble, visites de châteaux, escapades gastro, il n’y a pourtant pas photo. Par contre, pour ce qui est de l’ouverture du marché national aux vins étrangers (ce qui peut intéresser les exposants venus d’ailleurs, et leurs clients potentiels), la France est loin derrière.

D’ailleurs, en 2017, la part des exposants étrangers est de 84% à Prowein, contre 47% à Vinexpo.

L’excellence est un très beau concept. Et cela se décline sans doute aussi sur le plan de l’efficacité. Même si cela ne dépend pas des seuls organisateurs.

Je souhaite au sympathique M. Déglise et à ses équipes un franc succès dans leur reconquête de la « planète » des salons de vins. Mais que l’AFP désigne Vinexpo comme « plus grand salon mondial des vins et spiritueux« , voila qui ne tient pas la route. Ou pas encore.

Hervé Lalau


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La Corse, côté Est et côté rosé

Je poursuis dans la veine corse de mon ami Marc, avec un rosé, cette fois.

Car le Sciaccarellu, cépage emblématique de Sud de la Corse, et notamment d’Ajaccio, se prête bien à la vinification en rosé – s’il est peu coloré (même en rouge), il est très parfumé, et assez peu tannique.

Au Nord d’Aléria, sur la Côte orientale de l’île, Eric Poli fait tout ce qu’il peut pour en conserver le fruit; il n’utilise que de la cuve, il régule soigneusement la température de fermentation et ne laisse pas la malo se faire, afin de garder de la vivacité. C’est réussi: voici un vin à la robe soutenue (saumon sauvage) qui déborde de fruits noirs et rouges (mûres, cassis, groseilles), dont la bouche allie rondeur, épices (poivre) et vivacité – de la joie liquide, comme j’avais pu l’écrire, en 2014, à propos de ce vin (qui à l’époque, contenait aussi du Niellucciu). Joie d’être en Corse, joie de faire du vin, d’offrir un peu de l’âme corse, sous forme liquide, à l’oenophile ou au touriste de passage. Joie de montrer que la côte orientale n’est plus cette grande usine à jaja des années 70.

Pour mémoire, Eric Poli possède également un domaine à Patrimonio, le Clos Alivu.

Alors, cet été, que vous pensiez rouge ou rosé, charpenté ou gourmand, pensez corse…

Domaine Poli: +33 4 95 38 86 38

 


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Connaissez-vous le Minustellu ?

Ce cépage discret retrouve un regain d’intérêt auprès de quelques viticulteurs de l’Île de Beauté. Il évoluait et évolue encore ailleurs sous d’autres pseudonymes, mais toujours avec grâce et raffinement fruité.

Cépage endémique de la Méditerranée

On le retrouve en Espagne sous le nom de Graciano où il apporte son expression et sa délicatesse aux assemblages de la Rioja. Il s’est fait rare en Languedoc le Morrastel alias Minustellu. Mais il reprend du souffle comme Cagnulari ou Bovale Sardo en Sardaigne. Quant à son origine, les experts hésitent, mais rappelons que la Sardaigne voisine de la Corse a été occupée tout d’abord par la couronne catalano-aragonèse dès 1323, avant d’être castillane jusqu’en 1720, de nombreux échanges de cépages ont eu lieu entre les deux régions. De là à voir le Graciano devenu Bovale passer les Bouches de Bonifaccio, le détroit qui sépare les deux îles…

Selon une autre hypothèse, le Minustellu serait venu de France au 19es, on l’aurait confondu à l’époque avec le Mourvèdre, pauvre Morrastel. Aujourd’hui, il comble d’aise quelques vignerons d’Ajaccio et de Sartène – et repart à la conquête de toute l’île.

Le Minustellu

 

C’est un cépage vigoureux, mais très tardif, tant pour le débourrement que pour la maturité des raisins. Son port est érigé et ses feuilles vert foncé et peu dentelées adoptent une forme pentagonale ou orbiculaire à 3 ou lobes au sinus pétiolaire chevauchant. Ses grappes, cylindro-coniques, ailées et compactes, sont grandes et portent des baies sphériques de taille moyenne d’un noir bleuté couvert de pruine. Il est sensible au vent en début de végétation, préfère une humidité sans excès, mais ne craint pas la sécheresse. La pourriture acide, comme l’oïdium, peut entamer sa résistance. Il donne des vins frais et parfumés.

 Le Minustellu de Gilles Seroin à Propriano

 

 Minustellu 2014 Vin de Pays de l’Île de Beauté Domaine Sant Armettu

Il nous tape tout de suite dans l’œil avec sa jolie robe violet pourpre, puis nous comble, espiègle, par ses parfums de maquis où le fumé du cade apparaît tout de go, suivi par les senteurs de sauge, de thym et d’iode, avant de nous parler d’agrumes façon cédrat et de baies rouges à la manière de l’arbouse et de la mûre. Bref, un concentré de Corse… en bouche, la fraîcheur étonne par sa délicatesse. Cette dernière met subtilement en avant les arômes de fruits rouges et noirs, teintés d’épices orientales comme le santal et le poivre cubèbe. Orientalisme qui transforme le cédrat en main de bouddha, l’arbouse en mangoustan. Le tout entouré d’un taf de fumée mélangée d’embruns légèrement salé.

Le Minestellu se révèle après 2 à 3 ans de bouteille.

www.santarmettu.com

Une belle bouteille pour les plats d’été ensoleillé comme les grillades accompagnées de piperade, mais aussi quelques produits de la mer comme la salade de poulpe et les linguine aux coques légèrement tomatés. En automne, les gibiers délicats comme la biche et les volailles aux champignons des bois l’accompagne avec grâce.

 

Ciao

 

 

Marcu