Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Première Saignée de France

On a les polémiques qu’on peut: la semaine dernière, à l’occasion du Bicentenaire de la Bataille de Waterloo, de bonnes âmes belges se sont offusquées de l’absence de représentants de l’Etat français lors des commémorations.

Il est vrai qu’un passage aux festivités d’une telle défaite avait de quoi tenter quelques politiciens en mal d’image positive!

Nos amis belges s’appuyaient sur le précédent allemand: la présence de chanceliers ou chancelières aux cérémonies du débarquement.

Je ne vois pas bien le rapport; les autorités allemandes d’aujourd’hui  font tout ce qu’elles peuvent pour se désolidariser du passé nazi, et c’est là la raison de leur présence. En venant à Waterloo, François Hollande ou Manuel Valls auraient-ils dû expier une quelconque barbarie? Napoléon-Hitler, même combat?

Bien sûr, les officiels se sont fendus de beaux discours – Krieg gross malheur, plus jamais ça, l’Europe de demain… Les vieux grognards belges en pleuraient sous leur shako.

Quoi qu’il en soit, il y avait tout de même quelques Français à Waterloo la semaine dernière; ma fille, par exemple. Elle n’est pas restée très longtemps: on ne voyait pas grand chose derrière la fumée des canons, le champ de bataille était immense, et le commentateur lui-même avait du mal à suivre.  Il semble qu’on est voulu trop bien faire, trop grand, trop kolossal.

Et puis, on a fait les comptes. Si quelque 200.000 personnes ont assisté aux reconstitutions, les commerçants du centre de Waterloo se plaignent que les célébrations ne leur aient pas apporté le surcroît de clientèle espéré – les reconstitueurs ont bivouaqué et les spectateurs, débarqués des cars ou de la gare de Braine l’Alleud, sont surtout restés aux abords du champ de bataille. Ah, si seulement les Français n’étaient pas de si mauvais perdants!

Heureusement, il y a Delhaize.

Voila bien le plus européen des distributeurs belges, puisqu’il vient de convoler en justes noces avec le Néerlandais Ahold. Pour un peu, on croirait le royaume de Guillaume d’Orange reconstitué. Pour ceux qui connaissent mal ce « détail de l’histoire », je rappelle qu’en 1815, les Alliés – au premier rang desquels les Anglais, ont libéré les Belges de l’affreux joug napoléonien… pour les mettre sous la coupe des Néerlandais. Sujétion dont il ne sortiront que par une révolution, en 1831.

TAVEL

Mais ce n’est pas pour cela que je vous en parle; mais pour la Cuvée du Bicentenaire que l’enseigne au lion (ça ne s’invente pas) a créé pour l’événement.

En rosé, il s’agit d’un vin français, un Tavel. Mauvais esprit? Que nenni! Rien de plus naturel, en effet, que d’associer le Premier Rosé de France avec la Première Déculottée de France! Sans oublier une sacrée saignée

Hervé Lalau


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Wine-wise Lisbon is a good place to be this weekend.

Central Lisbon from Edward VII's Park

Central Lisbon from Edward VII’s Park

Lisbon and its surroundings is always a good place to be. Lisbon is a great city with many lovely buildings, the people are particularly friendly, the food is good – unlike France it is difficult to eat badly here, especially if you go for the brilliant fish plainly grilled. OK grilled fish may not look super-sophisticated – no sign of a cappucino froth – but who needs sophistication when fish grilled to perfection tastes so delicious. Let simplicity rule.

The quality of Portuguese wines is increasingly recognised and, although you can pay high prices for fancy bottles, there are many wines between 4-10 € that offer wonderful tastes and value, especially if you come from the UK and are benefitting from a favourable exchange rate for the moment.

2014 Contactos, Alvarinho, Anselmo Mendes, just 5.99€!

2014 Contacto, Alvarinho, Vinho Verde, Anselmo Mendes, just 5.99€!

I arrived in Lisbon about 1pm on Sunday afternoon and we were all hit by a blast of heat as we stepped out of our QueasyJet. When I left London it had certainly not been cold but nowhere near this more than 35˚C temperature, so much of Sunday afternoon was spent quietly acclimatising until a quick visit to the supermarket at Amoreais for a few provisions. High up my shopping list was wine and I quickly decided that 2014 Contacto Alvarinho, Vinho Verde from Anselmo Mendes would be both a fine apéro and would go with my simple supper of grilled prawns and salad. Mendes makes a fine range of Vinho Verde and his Contacto cost just 5.99€ – sterling equivalent of just approximately £4.40.

There are two wine events this weekend that make being in Lisbon a real bonus and a great opportunity to see how Portugal is progressing and to taste top producers:

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Firstly: Vinho ao Vivo
Vinho ao Vivo is on Friday and Saturday – 3rd and 4th July. This wine festival is held at the Restaurant Á Margem, Belém, Lisbon. This restaurant, which is right on the Tagus, is between the memorial to Vasco da Gama and the delightful, bijou Torre de Belém. It should be a stunning occasion with wine and music as the weather forecast is good but not excessively hot – a little cooler than the last few days.

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Adegga Wine Market – 2015 summer edition central Lisbon 4th July
The Adegga Wine Markets are now well established and the concept of putting producers and wine lover/buyers in direct contact has proved to be a great success. Originally held in Lisbon and organised by the two Andrés: Cid and Ribeirinho and their team, it has now spread to other parts of Portugal – Porto and most recently the Algave. There have also been Adeggas in Belgium and Rio de Janeiro. This autumn there will be fairs in Stockholm and Berlin.

A Sushi Bar at the Hotel Florida will be the innovation for this year’s Adegga Summer Wine Fair.

See you there!

J-ElvisCUss


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Carnuntum : des Romains aux vins rouges actuels

Carnuntum

 

Carnuntum était le nom d’une cité romaine de taille considérable (50.000 habitants, tout de même !), située sur le fleuve Danube, à l’Est de la ville moderne de Vienne. Mais c’est aussi, d’une manière plus actuelle, celui d’une région d’Autriche qui a donné son nom à un petit Districtus Austria Controllatus (on voit bien que les Romains sont toujours là !). Cette désignation DAC est un équivalent autrichien d’une AOC. Il en existe neuf à ce jour dans le pays.

Le DAC Carnuntum  concerne des vins rouges et blancs produits essentiellement sur quelques zones spécifiques de coteau et de pieds de coteau sur le monts et collines Leitha, Hainburg et Arbresthal. Cette zone est bordée par le Danube au nord et la Slovaquie à l’est. Le grand lac de Neusiedl se trouve assez proche au sud, ce qui renforce l’influence modératrice des masses d’eau sur cette partie de la plaine de Pannonie, aussi chaude en été que froide en hiver.

vignoble Carnuntum

 

Le DAC Carnuntum ne recouvre qu’un peu plus de 900 hectares, c’est à dire environ la taille de Pomerol. Il n’y a pas de quoi effrayer les marchés de masse, mais cela n’est pas l’ambition de ses producteurs, comme j’ai pu le constater récemment lors d’une dégustation tenue dans un des beaux bâtiments restaurés de la cité romaine. Cette dégustation ne concernait que des vins rouges, issus essentiellement de deux des cépages locaux, le Zweigelt et le Blaufränkisch. Les vins de Carnuntum peuvent être de mono-cépage ou d’assemblage, et inclure aussi une proportion de cabernet sauvignon et de merlot.

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une villa romaine restaurée dans le parc archéologique de Carnuntum

Les vins les plus accessibles, dans tous les sens du terme, portaient la mention « Rubin Carnuntum ». Ce nom appartient à une association de 25 producteurs qui, depuis 1992, imposent leur propre cahier de charges pour les vins qui portent cette mention : cépage zweigelt à 100%, alcool minimum de 12,5%, et une dégustation d’agrément. Six de ces vins étaient présentés, et les meilleurs venaient de Gerhard Markowitsch, de Jahner et d’Ott. Le vin d’Oppelmayer, n’était pas mal non plus, mais présentait un peu trop d’acidité volatile à mon goût.

Ces vins se trouvent en Autriche à des prix généralement en dessous de 10 euros, parfois un peu plus (ceux d’Ott et d’Oppelmayer). Leur style est élégant et élancé, sans trop d’extraction et avec un beau dialogue entre fruité épicé et tanins fins.

zweigelt Grappes de Zweigelt

Le Zwiegelt s’exprime aussi à Carnuntum à travers une série de vins plus ambitieux, dont les prix peuvent grimper au delà de 20 euros. Dans une série de 13 vins dégustés, j’ai beaucoup aimé les vins suivants :

Grassi, Carnuntum Zweigelt Schuttenberg 2013 : d’une grande élégance, avec une qualité de fruité exceptionnelle due à une pré-macération à froid et un pigeage bien dosé.

Jahner, Carnuntum Zweigelt Steinäcker 2012 : belle qualité de fruit, structure ferme et très bonne longueur

et aussi celui-ci, malgré ma sensation (encore une fois pour ce producteur) d’acidité volatile un peu présent : Oppelmayer, Carnuntum Zweigelt Haidacker Selektion 2012.

Blaufrankisch-LembergerGrappes de Blaufränkisch

La dernière série fut constitué de 11 vins issus du cépage Blaufränkisch, appelé souvent Lemberger en Allemagne. Cette série contenait pas mal de vins sur-extraits pour moi, même si je dois dire que ce phénomène de mode est en nette baisse depuis ma dernière dégustation des vins de Carnuntum, il y a 8 ans (je crois). Voici mes préférés :

Lukas Markowitsch, Carnuntum Blaufränkisch Spitzerberg 2013

Ott, Carnuntum Blaufränkisch Klassik 2013 (ce vin coût moins de 10 euros !)

Martin & Hans Netzl, Carnuntum Blaufränkisch Spitzerberg 2012. Un vin superbe dont le prix dépasse les 20 euros.

Böheim, Carnuntum Blaufränkisch Reserve 2012. Encore meilleur et moins cher (entre 10 et 20 euros)

puis deux très grands vins du duo (ex-couple) Muhr-van der Niepoort. J’ai adoré ces deux vins vibrants, frais, et dont le style m’a fait penser à une sorte d’alliance entre le Rhône Septentrional et la Bourgogne. Ma préférence (légère) va vers le 2011. Ce coup de coeur énorme était suivie d’une déception aussi énorme quand j’ai dégusté, plus tard, le Grüner Veltliner du même producteur, totalement imbuvable et dont j’ai parlé la semaine dernière

Muhr-van der Niepoort, Carnuntum Blaufränkish Spitzerberg 2011 et 2010. Prix certainement au-dessus de 30 euros, mais cela les vaut probablement.

Le lecteur attentif notera que le lieu-dit Spitzerberg apparaît quatre fois parmi mes six vins préférés dans cette série. Ce n’est sûrement pas un hasard. Cet ancien vignoble, largement abandonné, est en train d’être redécouvert. J’en ai discuté avec Dorli Muhr qui croit beaucoup en l’avenir de cet endroit qui a encore du potentiel de plantation. je pense que nous en entendrons parler.

En dernier lieu j’ai dégusté une série de 6 vins qui utilisent des assemblages, y compris avec des variété bordelaises. Ces cuvées, désignés « top cuvées » dans le catalogue, m’ont semblé souvent trop extraites. Celles de Grassi et de Gerhard Markowitsch étaient mes préférées. Il est intéressant de constater à quel point le style précis d’un vin vient du producteur, et non de l’appellation, ni du cépage. Jahner, Grassi, G. Markowitsch, et Muhr-van der Niepoort marquent des points dans ce domaine pour la relative finesse de leurs styles et leur constance.

Carnuntum est ressuscité, mais sans les Romains.

 

David Cobbold

 

 

 


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#Carignan Story # 280 : Ça se boit bien !

Mieux, le Carignan que j’ai bu l’an dernier dans un restaurant de Perpignan, La Cuisine des Sentiments, où la carte des vins fait l’effort de sortir des sentiers battus, ne manquait ni de douceur, ni de structure, ce qui est somme toute une des qualités premières du Carignan vinifié avec soin à partir de beaux raisins. Celui-là, du Domaine La Beille, était signé Agathe Larrère et Ashley Hausler. Il s’agissait d’un valeureux Côtes Catalanes (IGP) 2013 certifié AB (bio), originaire de Corneilla-La-Rivière, là même où Luc Charlier a sa cave et vinifie « le plus beau Carignan du monde », selon un certain Michel Smith qui en a bu des vertes et des pas mûres depuis qu’il est installé dans le Midi.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Une fois en bouche, le vin m’offrait un large et radieux sourire avec des tannins chaleureux mais doux. Malgré ses 14,5° de teneur en alcool, il glissait bien dans mon gosier, s’accordant au passage avec mon agneau, laissant une structure fraîche et gentiment poivrée. Je crois me souvenir que sur table il dépassait de peu les 20 € et, croyez moi, je n’avais nullement l’impression d’avoir été volé dans la mesure où le vin remplissait le rôle de compagnon de table que j’exigeais de lui. J’ai même pu emporter le fond de la bouteille pour le finir tranquillement chez moi. Un signe qui ne trompe pas : le vin se boit, donc il est bon !

Michel Smith


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Le renouveau de la Rioja

Notre invitée Agnieszka Kumor (RFI) nous revient de la Rioja, un vignoble en plein renouveau.

Depuis l’adhésion de l’Espagne à la Communauté économique européenne en 1986, la région autonome de La Rioja a entrepris la rénovation de son vignoble. Les aides européennes ont contribué à la modernisation des méthodes de culture et le travail des viticulteurs s’est professionnalisé. De vieilles vignes ont cédé la place à de nouvelles plantations. Mais aujourd’hui, les viticulteurs s’interrogent et tentent de sauvegarder ce patrimoine désormais menacé.

1a. Le vignoble de La Rioja, candidat au Patrimoine de l'humanité de l'Unesco. Photo Agnieszka Kumor, RFI_0

Vue de la Rioja (FRI/Agnieszka Kumor)

« C’est mon grand-père qui m’a appris comment se comporter avec la vigne », raconte David Sampedro Gil, les yeux plongés dans ses souvenirs d’enfant. Nous sommes à Logroño, la capitale de la région autonome de La Rioja dans le nord de l’Espagne. « Aussi loin que je me souvienne, il y avait une mule et un cheval dans les vignes. Et puis, mon grand-père est mort quand j’avais 10 ans. Le reste, je l’ai appris aux côtés de mon oncle. Je revenais de l’école pour travailler le week-end, toutes mes vacances y passaient. Pourtant, je ne me voyais pas ailleurs que dans les vignes. » C’est de là, sans doute, que lui vient cette passion pour la vigne. « D’où alors, si ce n’est pas de là?», confie-t-il avec un sourire.

Choisir la modernité sans renier le passé

Mais on ne vit pas que dans la tradition, il faut aussi savoir affronter la modernité. David Sampedro Gil fait partie de ces producteurs rénovateurs, reconnus par le magazine américain Wine Spectator comme « ceux qui montrent la voie dans La Rioja ». David vend la majorité de sa production à l’internationale, mais garde les pieds bien ancrés dans la terre de son enfance. Son objectif : produire des vins singuliers et de haute qualité. Singulier, il l’est lui-même, car dans ce pays où le vin rouge est roi et où les vins blancs ne représentent que 6% de la production, il affectionne particulièrement les vieux blancs boisés.

Après ses études d’agronomie à l’Université de La Rioja à Logroño, David Sampedro Gil a travaillé comme consultant dans de nombreux domaines parcourant le pays de l’Estrémadure à La Rioja, en passant par le Duero et la Rueda. Mais pendant tout ce temps il nourrissait le projet personnel de fonder son propre domaine viticole, sa « bodega » à lui. Si les banques lui octroient cette année un crédit, le rêve deviendra réalité. Outre un nouveau chai qui sera construit dans son village d’Elvillar, ce vigneron de 39 ans gère d’autres affaires un peu partout en Espagne autour de cépages locaux ou oubliés. Il produit notamment des cuvées monocépages basées sur la variété albariño en Galice, le rufete à Salamanque, le grenache (que les Espagnols appellent «garnacha») en Navarre, et le bobal qui donne un vin rouge jeune de Valence.

C’est dans La Rioja Alavesa, qui déborde dans le Pays Basque espagnol voisin, que son talent s’exprime le plus. Une région où il compte s’installer et qui symbolise pour lui cette subtile osmose qui se produit dans un vin de rioja lors d’un assemblage de tempranillo, de garnacha, de viura, de graziano et de mazuelo. Aujourd’hui, David Sampedro Gil possède plus de 6 hectares de vignes, dont les premiers lui ont été transmis par sa mère. Sa société, DSG Vineyards, produit annuellement 20 000 bouteilles dans La Rioja Alavesa, et de petites quantités de vin – entre 4 000 et 6 000 bouteilles chacune – sont produites dans d’autres régions.

Jusqu’à présent, David n’étant pas propriétaire de ses terres ne pouvait pas prétendre à des aides directes à l’hectare au titre de la Politique agricole commune (PAC). Elles viendront, peut-être, avec son installation. Mais « les aides ont leurs limites », observe David. Et les seules limites qu’il se donne ce sont celles de son imagination…

Un difficile processus de reconversion

Dès l’entrée de l’Espagne en Europe, La Rioja a commencé à utiliser des fonds européens pour restructurer son vignoble. « Grâce aux aides au développement rural, auxquelles sont venues s’ajouter à partir de 2001 les aides directes, on a pu investir dans de nouvelles machines et doter les propriétés de lieux modernes de vinification, d’élevage et de stockage de vin », explique Igor Fonseca Santaolalla, directeur général de l’Agriculture et de l’Élevage au gouvernement autonome de La Rioja.

Parallèlement, le département d’études vitivinicoles de l’Université de La Rioja a apporté son aide en sélectionnant des clones du cultivar plus résistants et plus productifs, et en important de nouveaux modes de conduite des vignes (notamment depuis la France). Car la façon de planter le vignoble a également changé. On a espacé les rangs pour faire passer des machines à vendanger. Les ceps que l’on faisait pousser traditionnellement en « gobelet », ont été alignés et dressés sur un fil de fer, ce qui a permis la mécanisation du travail. Le vignoble a rajeuni. Des vieux ceps dont la productivité et la qualité du vin produit ont été jugées médiocres ont été arrachés. Plus de deux tiers du vignoble ont été ainsi rénovés sur les 63 000 hectares que compte La Rioja.

« Le résultat de ce travail complexe et de longue halène, c’est la baisse notable des coûts de production et plus de vins de bonne qualité vendus sur le marché », soutient Igor Fonseca Santaolalla. Mais il ne cache pas que le système manquait de contrôle : « La nécessité d’augmenter la productivité combinée à un manque d’expérience dans le choix des clones et des modes de conduite des vignes ont produit un effet pervers. Les solutions les moins chères ont été retenues et pas celles qui étaient les mieux adaptées à la spécificité de notre vignoble ».

Aujourd’hui, La Rioja tire les leçons des erreurs commises. Selon les données d’ARAG-ASAJA, l’organisme chargé de la redistribution des aides européennes aux agriculteurs de La Rioja, 12 millions d’euros ont été octroyés en 2014. Ces aides destinées à compenser les revenus des vignerons et à moderniser leurs outils de travail ont à partir de 2015 un nouvel objectif, celui de préserver ce qui reste du vieux vignoble.

Un tournant risqué

C’est un vaste chantier qui attend les vignerons. Eugenio García del Moral, président d’ARPROVI, organisme dédié à faire progresser le secteur viticole dans La Rioja, va plus loin dans la critique de la période passée, et constate : « La logique productiviste a primé sur la qualité ». Il fallait produire en quantité et le faire à bas coûts. Il y avait une raison sociale à cela, assurer un niveau de vie décent aux petits agriculteurs. « Ils aspiraient à vivre de leurs exploitations, sachant que l’écrasante majorité d’entre eux ne possèdent qu’1 à 10 hectares. Alors, on arrachait et on replantait », conclut-il. La superficie moyenne des exploitations a nettement augmenté depuis. Toujours est-il que sur plus de 17.000 agriculteurs qui cultivent le raisin, il y a seulement 1.200 « bodegas » qui commercialisent leur propre vin. Les autres vendent leur production aux coopératives, aux négociants ou aux domaines.

Un autre problème se pose, « la délocalisation du vignoble ». De quoi s’agit-il ? Traditionnellement, on plantait des variétés qualitatives de raisin en hauteur, sur des escarpements, soit sur des zones pauvres en matière végétale avec des sols argilo-calcaires qui servent à faire des vins complexes et avec une certaine typicité. Alors que les vastes étendues marno-calcaires situées au pied des coteaux ou sur les bords des rivières avec leurs sols fertiles étaient destinées aux variétés plus productives, mais qui donnent des vins de moindre qualité. « Cet ordre ancestral se trouve aujourd’hui perturbé », déplore Eugenio García del Moral.

Vin cherche personnalité

En quoi réside le caractère unique d’un vin ? Les viticulteurs français parlent du terroir, un terme souvent galvaudé, puisque réduit à son seul ingrédient, le sol. Or, le terroir, c’est aussi la variété du raisin adaptée à ce sol, le climat (qui inclut l’ensoleillement et l’eau); sans oublier, pour le mettre en valeur, le savoir-faire humain basé sur des siècles d’observation et de pratique. « Les nouvelles plantations introduites dans les années 1980 se faisaient avec un seul clone du cépage tempranillo. Très productif, mais de qualité médiocre, ce clone a conduit des vins de Rioja à une certaine standardisation. La sélection clonale issue de la région de Castille-et-Léon me semble bien mieux adaptée à nos besoins », estime David Sampedro Gil, viticulteur de La Rioja Alavesa.

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Les trois sous-zones de la DOCa Rioja

Cette Rioja Alavesa fait partie des trois zones de production de la DOCa Rioja, les deux autres étant la Rioja Alta et la Rioja Baja. C’est justement dans cette sous-région que la reconversion du vignoble a été la moins intense. Plus d’un quart de la Rioja Alavesa est constitué de vignes âgées de plus de 40 ans. Alors qu’ailleurs, il en reste à peine 13%. Dans le programme Développement rural 2015-2020, le gouvernement de la région autonome met l’accent sur la sauvegarde du matériel génétique préservé dans ces vieilles vignes. Les nouvelles mesures prévoient des primes de 600 euros à l’hectare. La récupération du matériel génétique se fait manuellement, demande des conditions techniques spécifiques et coûte cher. Les fonds européens seront indispensables pour effectuer ce travail méticuleux.

«On a beaucoup arraché, mais pas tout , constate Alberto Gil, journaliste au quotidien La Rioja et fondateur du blog « Los mil vinos » (Les mille vins). Selon lui, le gouvernement et les institutions partagent avec les domaines viticoles la responsabilité de ne pas avoir su protéger ce patrimoine singulier. Or, gagner en singularité permettrait aux vins de rioja de se démarquer des vins du monde. Ils seraient aussi mieux valorisés sur le marché international : « Seul un dixième de la production actuelle de vins de rioja peut se vendre cher, soit plus de 30 euros la bouteille. Ce sont des vins de qualité, qui ont une certaine position sur le marché, des vins de terroir, des vins avec une personnalité. Le reste est irréprochable d’un point de vue industriel, répond à un rapport qualité-prix imbattable, mais il s’agit de vins dépourvus de personnalité », ajoute Alberto Gil.

Grâce au travail incontestable de ses vignerons, l’appellation La Rioja est devenue une marque collective et une référence mondiale. Mais son positionnement sur le marché mondial dépendra de la stratégie choisie à long terme. La richesse de cette région viticole réside dans sa diversité. Chaque vin doit pouvoir trouver son consommateur. L’idée est de ne pas bannir certains vins peu chers du marché, mais d’aider le consommateur à choisir selon son goût et son portefeuille ce qu’il veut acheter. Quitte à bousculer quelques règles…

Le retour à la terre

Les années 2000 ont vu arriver une nouvelle vague de vignerons. Parmi eux Juan Carlos Sancha Gonzáles. En 2008, cet ingénieur agronome, consultant et œnologue a fondé son propre domaine, Bodegas Juan Carlos Sancha à Baños de Río Tobía, à l’ouest de Logroño; un village où il est né voici 50 ans. Ses 6 hectares et demi de vignes produisent 30.000 bouteilles déclinées en différentes cuvées. Sur les étiquettes, point de référence au système de catégories de vins traditionnel («Crianza», «Reserva» et «Gran Reserva»). Le système fondé sur l’élaboration du vin a été remplacé par des noms de parcelles («fincas») ou de villages. Un clin d’œil aux Bourguignons, sans doute, vénérés ici pour leur connaissance des terroirs. C’est que mis à part son statut d’universitaire, Juan Carlos considère le modèle d’appellation de La Rioja quelque peu obsolète : «Il nous faut redéfinir les zones de production, car tout ne se vaut pas», conclut-il.

La fierté de Juan Carlos Sancha: une parcelle de vignes récemment achetée, âgée de 90 ans. Sa passion: faire revivre les variétés minoritaires, comme la maturana tinta ou le tempranillo blanco, menacées d’extinction. «Mon souhait serait de revenir à la viticulture de nos grands-parents, mais avec des techniques d’élaboration d’aujourd’hui», dit ce viticulteur. «Avec toute ma science, je suis incapable de faire des raisins de même qualité que ceux de mon grand-père. Et pourtant, il n’a jamais commercialisé ses vins, il les destinait à sa consommation personnelle. Alors que mes vins sont sur les tables des restaurants aux Etats-Unis, en Australie ou au Japon». C’est ça, peut-être, le défi de la mondialisation.

Aux côtés de Juan Carlos Sancha et David Sampedro Gil, il y a aussi Diego Pinilla, Eduardo Eguren, Maria José Lopez de Heredia, et quelques autres. Certains se sont mis à l’agriculture biologique ou à la biodynamie. Ce qu’ils cherchent, c’est apporter leur contribution au patrimoine reçu des anciens pour le transmettre aux nouvelles générations. Retenez leurs noms !

Agnieszka Kumor

Retrouvez cet article, video à l’appui, sur le site de RFI


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Quand l’Alsace brûle et pique

Quand on pense Alsace, on voit tout de go la vallée du Rhin, ses plaines et ses collines couvertes de vignes. Mais il y a aussi une multitude de fruitiers, des arbustes aux arbres couverts de baies et charnus qui offrent aux distillateurs la délicatesse de leurs jus.

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D’autre part, il existe une production unique en France, la pâte de raifort qui offre un piquant délicieux tout en dégageant les narines.

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L’esprit

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Arrivés à la nuit déjà bien tombée, on se serait cru destiné à une soirée tristounette dans un village paumé du nord alsacien à l’ouest de Haguenau. Les premières odeurs de mirabelle et de quetsche nous ont fait rapidement changer d’avis. Le sourire engageant des distillateurs, père et fils, a fait le reste. C’était à Uberach en décembre de l’année dernière à la distillerie Hepp. La visite des installations a éprouvé notre impatience. Nous avons toutefois pu goûter quelques gouttes du frais distillat de mirabelle, un nectar qui vous réveille. Mon acolyte de périple, Jean Michel d’origine alsacienne était hilare, un peu plus à chaque doigt trempé…

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La dégustation nous a définitivement conquis.

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Mirabelle, abricot, poire William, quetsche, framboise, le whisky maison, on aurait pu tout déguster. Mais la raison nous a dicté d’aller manger quelques flammekueche avec nos hôtes.
http://www.distillerie-hepp.com

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Les yeux qui piquent

Le lendemain nous sommes allés bon chemin jusqu’à une entreprise particulière, une fabrique de raifort râpé, de sauce raifort, de moutarde et autres préparations qui vous dégagent le nez en moins de deux.

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Le raifort d’Alsace, plante herbacée de la famille des crucifères dont on transforme la racine, est un agrément culinaire à la personnalité forte et prononcée. Il permet selon son dosage de valoriser les mets et révéler leurs saveurs. Cette plante, est une source d’inspiration pour bon nombre de cuisiniers et gourmets. Grâce à ses caractéristiques, alliant piquant, force et arôme, il peut apparaître tout au long du repas en complétant les recettes traditionnelles ou insolites.

Voilà ce qu’en dit le site et je confirme, à peine entré dans les locaux de Raifalsa, nos nez se sont mis à piquer et nos yeux à pleurer, pire que l’action pernicieuse des oignons coupés. D’ailleurs la personne qui s’occupe de l’épluchage porte un masque comme dans les tranchées de 14.

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Le raifort pour qui ne connait pas se rapproche du japonais wasabi, c’est la même famille de plante et le même type de préparation, c à d que si on force la dose, on s’arrache la gueule.
Il en pousse dans mon jardin, mais de la grosseur d’un pousse au maximum. En Alsace les plus minces ont le calibre d’un bras, alors quand on les épluche avant de les réduire en pâte, tout le monde a les larmes aux yeux. Une expérience !

Expérience prolongée au resto avec une choucroute alsacienne of course avec un gros pot de moutarde et une autre aussi gros de raifort râpé, de quoi tremper sa saucisse et d’atteindre à table l’extase, faut essayer, un mouchoir à portée de nez.

http://www.raifalsa.fr

Wédersah

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Marco


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Cocorico ! Enfin, j’ai le tire-bouchon patriote !

Vous êtes fier de la renommée mondiale de notre production pinardière ? Je n’en doute pas une seconde et vous aurez certainement à cœur de célébrer le 14 Juillet à l’aide d’une bonne bouteille. Eh bien, puisque la fête nationale approche, ce tire-bouchon révolutionnaire tombe à pic !

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Il m’a été adressé, hélas pas à temps pour le signaler à l’occasion de la fête des Pères, par Alexandre Chopine (ça ne s’invente pas !) de la société Id Logia qui l’a breveté et le commercialise depuis Maisons-Alfort. Sa particularité ? Sonore, il diffuse dès son ouverture, enfin trois secondes après, une tonitruante Marseillaise exécutée en une douzaine de secondes, ce qui ne laisse que peu de temps au sommelier pour opérer.

Il eut été souhaitable en effet que notre hymne national se déclenchât au moment même où le liège sort triomphalement de son logement, mais bon, on ne peut pas tout demander d’un coup à nos chères têtes pensantes du marketinge et de la technique à la française. D’autant que je ne suis pas certain que l’objet en question, pratique au demeurant puisqu’il assure une bonne prise en mains, soit made in France. Confirmation sur le site Id Logia où l’on m’explique sur un mode navré que le gadget est made in China.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Équipé de 3 piles, le tire-bouchon La Marseillaise est doté d’une lame et d’un décapsuleur, mais ces dernières fonctions ne sont pas liées, selon mon expérience, au déclenchement de la musique.

Son prix ? 12 €, en le commandant sur le site (voir plus haut). Existe aussi en version rugby ou foot. Et non, ce que vous venez de lire n’est pas une pub, mais bel et bien une info !

Michel Smith

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