Les 5 du Vin

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Sherries to the fore at the Big Fortifed Tasting

Jerez: 

The annual Big Fortified Tasting (BFT), held in London, is always a great opportunity to taste some really interesting fortified wines. However since the wines are high in alcohol, there is a limit to the number I can comfortably taste, even though I am careful to spit out. This year I chose to concentrate on some of the excellent range of sherries on show choosing to taste from those bodegas that I haven’t visited during the #winelover trip to Jerez in mid-February. I then finished with the Quevedo Ports that Oscar Quevedo was showing. 

Firstly – Bodegas Tradición

This is a small bodega, which has recently been revived, but that dates back to 1650. I tasted a lovely fresh, complex Fino, a good Amontillado and a very special Oloroso – see below. 

 

A series of great sherries from Viniberia, selected by Peter Dauthieu:

Attractive, fresh but characterful Fino from Sánchez Romate – just £8.50 a bottle from The Wine Society.

Excellent Amontillado from Sánchez Romate – lovely nutty, texture.

Palo Cortado – an attractive and striking blend of rich texture and an austere finish.

 

Very fine aged Oloroso – texture with a lovely blend of richness, power and austerity. £40 a bottle from The Wine Society.

Valdespino – one of my favourite Sherry producers:

 

The 2015 Manzanilla En Rama showing brilliantly at the moment. 

Palo Cortado Viejo: lovely balance of power and texture.

 

Two very special Sherries with concentration, texture and impressive length.

 

Ports from Quevedo: 

From Port producer Quevedo I particularly enjoyed the complex 30 Year Old White Port as well as the dense Crusted Port with its preserved cherry character. 


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Les 110 de Taillevent : l’intelligence faite vin au restaurant

Si je devais nommer trois choses qui m’énervent le plus dans les pratiques des restaurants en France autour du vin je dirais, sans ordre particulier : une sélection souvent médiocre et peu aventureuse, un choix nettement insuffisant de vins servis au verre, et, last but not least, des marges exorbitantes.

110 extérieur

Les 110 Taillavent, ainsi nommés en référence au nombre de vins au verre servis, évite au moins deux de ces écueils; et, par le biais de service au verre de quantités pouvant, au choix, se limiter à des doses de 7cl, vous donne au moins la possibilité de tester plusieurs vins sans vous ruiner. Quant aux marges pratiquées, et tenant compte de la qualité et de la diversité de l’offre, ainsi que du fait que tout est proposé au verre, je vais laisser le soin à notre experte des vins de la péninsule ibérique, Marie-Louise, de commenter ce qui va suivre car je n’ai pas la connaissance nécessaire. Je ne suis pas loin de penser d’ailleurs que la même personne aurait pu être à l’origine d’une partie des découvertes qui figurent dans cet article.

Mais les atouts de cet établissement, dont il existe une seconde version  récemment ouverte à Londres, sont bien plus conséquents que ce que j’esquisse ci-dessus. Pierre Bérot, qui dirige le département vin du groupe Taillevent, dont les propriétaires sont les frères Gardinier , prête une attention particulière à la sélection des vins et n’hésite pas a sortir des sentiers battus. J’y reviendrai. Un autre point fort de cet établissement, qui sert une cuisine de qualité et qui a des heures d’ouverture larges, est sa carte qui vous suggère quatre accords différents, servis au verre dans des doses de 7cl ou de 14cl pour chaque plat du menu. Ce menu se lit au centre du document, et les volets latéraux se composent chacun de deux colonnes de vins, allant du moins cher à gauche au plus cher à droite. On peut donc choisir un accord selon son budget comme selon son goût. Et ces accords sont souvent très créatifs, sans négliger l’axe du classicisme. C’est aussi l’avantage de cette offre pléthorique.

Une autre innovation du 110 Taillevent, saisonnière cette fois-ci, est de proposer, pendant les mois d’été, un menu et des vins issus d’un pays étranger. Cette initiative a commencé en 2013 avec l’Italie, puis les USA en 2014 et, l’année dernière, le Royaume-Uni plus le Commonwealth (il fallait bien trouver du rouge buvable !). Cette année, à partir du 9 juin, cela sera au tour de l’Espagne. Avec d’autres collègues de la presse, j’ai pu tester ce menu et goûter les vins proposés. Ils sont au nombre de 20 et viennent de toutes les régions d’Espagne. Le menu solide est assez classique : Croquetas en amuse-bouche, Paella del Mar en entrée, Pluma de Cochon avec patatas bravas en plat, et des formidables Manchegos en fromage. J’ai évité le dessert car je n’affectionne que peu les desserts et encore moins les churros ! Mais l’intérêt principal de cet exercice, du moins pour moi, réside dans les vins, et là nous étions gâtés (comme seront les clients en juin et juillet).

Les vins sont ordonnés, comme je le disais, par colonnes; avec en tête le prix maximum pour un verre de 14cl. On a donc une colonne avec des vins à <10 euros, une à <16 euros, une à <22 euros, et une dernière pour des vins plus chers, et qui, dans le cas de cet événement espagnol, inclura un verre de la cuvée Valbuena de Vega Sicilia à 90 euros pour 14 cl. Chacune des 4 colonnes comporte 5 références mises en face des 5 plats proposés, mais rien ne vous empêche de zapper les accords proposés et piocher parmi les 20 vins. Autre point important à mes yeux : l’information au consommateur. Chaque vin est clairement identifié non seulement par le nom de son producteur, de la cuvée éventuellement, du millésime et de l’appellation (c’est la moindre des choses !), mais aussi par la région de son origine, ce qui est très utile pour un consommateur qui manque de repères parmi les vins d’Espagne. On l’oublie trop souvent, mais le restaurateur peut jouer un rôle dans l’éducation, aussi.

Alors les vins ?

Pour l’apéritif, bulles ou fino ? Là j’émettrai une petite suggestion aux responsables de cette excellent établissement : il n’y a pas de proposition d’apéro à la carte. Ce ne serait pourtant pas bien compliqué de la faire, et il y a de quoi ! En fouillant plus bas sur cette carte on pourra se diriger vers le Cava Brut Nature « Terrers », du producteur Recaredo, ou bien vers le Fino Electrico de Toro Albala, qui vient de la DO Montilla Moriles (et non pas de Jerez). Mais, sur la carte, ces vins sont placés ailleurs : avec le manchego pour le fino, ce qui va bien et, curieusement, avec le dessert pour le cava. Ce dernier accord me semble plus qu’hasardeux, étant donné qu’il s’agit d’un vin sans aucun dosage.

Recaredo

Fino Electrico

Mais une mixité de types et styles de vins est proposé pour chaque plat afin de satisfaire aux goûts divers. Et cela passe par des options blancs ou rouges (des points en couleurs sur la carte distinguent la couleur du vin, comme son caractère éventuellement liquoreux), sans parler de régions et intensités variées. Par exemple, avec les croquetas, faits d’olives, tomates, jambon, fromage, champignons et pesto, voici les options proposées, allant du moins cher au plus cher, comme sur la carte :

Adega Algueira « Brandan » 2014, DO Ribeira Sacra, Galice (blanc) : 4/8euros (7cl/14cl)

Floral, vif et un peu métallique. Vibrant et serré (cépage godello)

Comando GL’équipe de Comando G. Cela a l’air joyeux mais les vins sont sérieusement faits. Ce n’est pas incompatible !

Comando G « La Bruja Averia » 2013, DO Madrid (rouge) : 6 /12 euros

Vin délicieux à la séduction immédiate. Très belle qualité de fruit (garnacha en altitude) et tannins légers mais présents. Un peu sévère pour l’accord peut-être. Je l’aurai mis ailleurs.

la-propiedad-remelluriLa beauté du domaine de Remelluri, dans la partie basque de la vaste aire de Riojà. J’en ai gardé un excellent souvenir d’une visite il y a quelques années.

Remelluri Reserva 2009, Rioja, Castille y Leon (rouge): 10,50/21 euros

Très beau vin d’une grande intensité. Le fruité est splendide et les tannins sont fondus. Mais c’est un vin très (trop) sérieux pour ce plat et à ce moment du repas, à mon avis.

Rafael Palacios « AS Sortes » 2014, Valdeorras, Galice (blanc): 14/28 euros

Vin riche et souple par ses arômes et saveurs mais qui contient néanmoins une belle acidité. Parfait accord avec le plat.

On voit par là qu’il n’est pas bien aisé de « caser » chaque vin lors d’un exercice de ce genre. L’intensité d’un vin doit être, en gros, proche du poids gustatif du met. Puis, en début du repas, je ne suis pas convaincu de l’intérêt de servir des grands vins rouges comme ce Rioja. J’aurai souhaité voir à la place, par exemple, un très beau Mencia avec davantage d’acidité. Mais je chipote car ces vins étaient tous bons ou très bons.

Plutôt que poursuivre mon analyse de cette manière systématique je vais simplement souligner les vins que j’ai préféré parmi les 16 autres dégustés, pour vous donner une idée de la richesse de la sélection et, j’espère, l’envie d’aller tester pour vous-même au 110 Taillevent à Paris entre le 9 juin et le 6 août 2016, ou bien à Londres si vous passez par là.

Voici donc les adresses :

Les 110 de Taillevent, 195 Rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris. Tel : 01 40 74 20 20/ mail : les110.paris@taillevent.col / web : http://www.taillevent.com

ou au 16 Cavendish Square, London W1

Mes autres vins blancs préférés

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Forjas del Salnès « Leirana » 2014, Rias Baixas, Galice : 7/14 euros

Vif et salin, ce vin incisif fait preuve d’une belle dynamique en bouche. Très bon.

Remondo Palacios « Placèt Valtomelloso » 2011, Rioja, Castille-Léon : 8,50/17 euros

Tendre, presque huileux en texture. Long et intéressant.

J’ai trouve le Priorat blanc du Clos Mogador (« Nelin » 2007) intense mais trop alcooleux, alors qu’à une autre occasion récente (et non pas chez Taillevent 110), son rouge 2012 était admirable de finesse et d’équilibre.

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El Maestro Sierra, Xérès Amontillado 12 ans, Jerez, Andalucia : 7,50/15 euros

Un vin splendide, sec et d’une grande complexité avec une allonge remarquable. Saveurs de type noix et fruits secs prononcées.

MR Rodriguez 

Telmo Rodriguez, « MR » 2012, Malaga, Andalousie : 7,50/15 euros

Très beau vin aux saveurs riches et douces, bien « muscatés ». Grande finesse aussi car le palais n’est pas du tout alourdi.

Toro Albala « Grand Reserva » 1983, DO Montilla Moriles, Andalucia : 15,50/31 euros

Grandiose symphonie autour de la figue. Quelle richesse !

J’étais heureux de voir les grands vins oxydatifs et liquoreux de l’Andalousie ainsi mis à l’honneur. C’est tellement rare que cela mérite d’être souligné.

 

Mes autres vins rouges préférés

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Casa Castillo 2014, DO Jumilla, Murcie : 3,50/7 euros

Le vin le moins cher de cette sélection est loin d’être le moins réussi, ce qui est une forme de preuve de la rigueur des choix. Ferme par son cépage unique, le monastrell, il est entouré d’une très beau fruité qui fait marcher chaire et muscles ensemble. Belle vivacité qui aide à faire un parfait accord avec le plat (cochon).
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Dani Landi « Las Uvas de la Ira » 2013, DO Mentrida, Madrid : 6,50/13 euros

Encore une preuve que le grenache bien cultivé en altitude peut produire des vins d’une étonnante finesse et conservant une qualité de fruit très intéressante. J’aime beaucoup ce vin-là.

Alvaro Palacios Finca Dolfi 2013, Priorat, Catalogne : 25/50 euros

Très bien dans un style serré mais très fin. Les tannins peuvent attendre un peu, mais c’est très bon. Cela devrait l’être à ce prix !

Vega Sicilia « Valbuena 5° »2009, Ribera del Duero, Castille-Léon : 45/90 euros

On dépasse le raisonnable en matière de prix, mais il faut avouer qu’il s’agit d’un grand vin, avec un nez absolument magnifique et tout en place.

Il est difficile de faire des choix parmi tant de bons et d’excellents vins. Je crois en avoir retenu 12/20, mais j’aurai pu en prendre plus et l’exercice était difficile, se déroulant à table et avec les mets. En tout cas la qualité de la sélection est remarquable et l’idée géniale. Intéressant aussi cette mixité entre des noms très connus, avec des vins assez chers, et vins de découverte et prix très abordables. Cela démontre un respect de la diversité de sa clientèle : tout le monde n’a pas les mêmes moyens, et nous ne sommes pas tous des buveurs d’étiquettes non plus. Bravo à Taillevent à et à son équipe qui met le vin, et ses découvertes et évolutions constantes, en lumière avec une telle intelligence.

David Cobbold


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VSIGP (6) Vins espagnols sans DO

Il est difficile de trouver en Espagne l’équivalent en qualité de la catégorie Vins de France, du moins à des prix inférieurs à 5€ : les VINOS DE ESPAÑA, ou VINOS DE MESA répondant à ces deux critères sont  rares !

J’ai cherché dans mes dossiers, visité quelques supermarchés de ma zone, et je suis revenue bredouille ou presque. Il est vrai, que je n’ai pas de Carrefour, ni de Al Campo(Auchan) autour de chez moi, mais quand même un MERCADONA, (Métro)et des enseignes comme Esclat, Eroski… où je pensais pouvoir m’approvisionner.

Je n’ai pu récupérer qu’une seule bouteille!

Ceci dit, l’explication est simple : l’influence de la DO chez le consommateur espagnol, est telle qu’elle est devenue inséparable du vin.   La perception selon laquelle, si le vin n’en affiche pas, c’ est un bâtard, sans pédigrée  est très répandue. Et donc ,  il est de ce fait, considéré comme très peu qualitatif,  inférieur, et sans intérêt ! Résultat, les   vinos de la Tierra de…, se multiplient laissant peu de place au vin d’Espagne ou vin de table bon marché:  ils  ne sont pas vendeurs.  Sans compter que l’appellation étant si facile à obtenir, pourquoi s’en priver… A tel point que le moindre vin à partir de 1€ la bouteille bénéficie d’une DO, que se soit Rioja, Ribera, Navarra, Bierzo…

Aujourd’hui, cette façon de voir les choses n’a plus beaucoup de sens, certains vignerons ne veulent plus s’abriter sous l’aile d’une appellation qui offre tout et n’importe quoi! Ainsi, la très célèbre bodega Artadi a quitté fin 2015 la DOCa Rioja pour s’en différencier; tout près de chez moi, et elle est loin d’être la seule, Glòria Garriga, avec son vin si original «Els Jelipins», s’affiche comme Vi de Taula (vin de table, en catalan) et se vend quand même aux particuliers à plus de 65€, encore faut-il en trouver !

3399057534 Els Jelipins

VI DE TAULA » els jelipins »

C’est une initiative très nouvelle en Espagne, elle est suivie par de plus en plus de vignerons qui veulent sortir du carcan  des DO ou de l’image négative que certaines reflètent. Ils se sont ainsi libérés des règles des DO, mais en contrepartie, ils sont obligés de proposer au marché un vin très personnel et de caractère pour justifier des prix souvent élevés. Pour retrouver une liberté ou une qualité qu’ils ne trouvent plus dans la DO, ils deviennent donc des VINOS DE MESA ou VINOS DE LA TIERRA …

Les VINOS SIN DO de « gros faiseurs »

Il reste quand même en dehors de ces vins de Liberté « chers » des vins sans DO originaires de Zones très productrices comme La Mancha…certains étant  moins médiocres ou pires que ce que j’ai pu en lire, si on regarde la relation qualité/prix. Les vins de J.Garcia Carrión, que l’on peut se procurer on line,  sont un bon exemple de vins plébiscités par un certain public. On les trouve dans les supermarchés ou sur leur site sous la rubrique : VINOS SIN DO.

  • Cappo Shiraz,

La bouteille n’a rien de prétentieux, bien au contraire, elle se veut drôle, et la capsule à vis est bien pour ce type de vin. Elle n’inspire cependant pas à mes yeux, une grande envie d’acheter, ni ne reflète une grande qualité! Le nez est simple, on y décèle même un peu de fruit,  la bouche est ronde, un peu structurée quand même, équilibrée. Un vin à peu près correct, sans plus,  mais limite vulgaire.

Pas de millésime, c’est normal. Vendu par 6: 16, 20€, soit 2,70€/bouteille .

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  • Don Simón Seleccion Tinto

L’étiquette  se veut « classique », ça me paraît raté !

Il s’agit d’un vin 100% tempranillo, la robe est rouge rubis, au nez quelques notes de garrigue, de fruits très murs, mais pas de grande intensité. L’attaque en bouche n’est pas désagréable, sans toutefois une grande présence de fruit, plutôt des notes végétales et une finale alcoolique et astringente. Si le vin n’affiche aucun défaut majeur, il ne présente pas non plus un grand intérêt et surtout ne procure aucun plaisir.

Pas de millésime non plus.

Prix d’achat: 1,45€.

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  • La Caperucita Tinta, Bodegas Torre Oria (Utiel, Valencia),

C’est celui-là, que j’ai trouvé à Mercadona, je dois dire qu’on le remarque de loin sur le rayonnage, son étiquette est tellement différente des autres vins, plutôt classiques, proposés par ce magasin ! La face nous montre le Petit Chaperon Rouge de dos, mais quand on tourne la bouteille, on se retrouve face au Loup!

L’histoire ne dit pas, s’il a avalé le petit chaperon rouge !

C’est un assemblage de tempranillo et syrah dont le prix de 1,60€ le met à la portée de toutes les bourses. On peut au moins le gouter, et nous verrons ensuite si nous avons envie de renouveler l’achat ! E bien, c’est un vin très acceptable pour son prix, qu’en dire de plus ? On peut lire « suave » sur l’étiquette, c’est à dire pas agressif, c’est exactement ça, rond, simple, neutre!

CAPERUCITA

La Caperucita Tinta

 

Simplement que je n’ai pas très envie d’ouvrir une autre bouteille d’aucun de ces 3 vins, le dernier serait encore le plus réussi.

Les vins de petits domaines

Et là, nous sommes quand même, sur un autre registre, la notion plaisir est présente:

  • Gratias Rosé 2014, Bodega Gratias: Sin DO

Un vin 100% Bobal,  moderne par son coté aromatique, et traditionnel à la fois : il a supporté un léger passage en barriques, assez pur, vif, aromatique et structuré.

Prix : 5,80 €, il me parait justifié, vu la vocation artisanale du Domaine et la production limitée, ce que pourtant, en règle générale je n’accepte pas comme étant une justification.

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  •   A Dos Tiempos 2015 , d’Alfredo Maestro, Vino de España

Alfredo Maestro est un viticulteur talentueux, qui élabore des vins très personnels, dans les quatre coins de l’Espagne, en toute liberté, cherchant à exprimer les mystères du terroir qu’il a choisi, sans se préoccuper de la DO. Il faut préciser que c’est un adepte des vins naturels et que donc ses vins sont très peu protégés.

A Dos Tiempos 2015 est un vin d’assemblage: 50% Tinto Fino et 50% Grenache. Les raisins proviennent  de la zone  de Navalcarnero (Madrid) à  une altitude de 671 mètres.

A deux temps, car c’est aussi un assemblage de 2 vendanges, une précoce et l’autre à maturité. Après un élevage de 6 mois en barriques de 2 ans ça donne un vin très frais, sincère, direct et sans maquillage.

La production est de 5.000 bouteilles.

Prix : 10,50

A dos Tiempo Alfredo Maestro

A Dos Tiempos 2015

  • Celler La Salada Roig Boig Tranquil 2015, vin de table

Il nous vient du Penedes, c’est un vin de soif, issu d’une vigne complantée de Xarel·lo, Turbat, Monica, Mandó, Sumoll. Cannonao, non filtré, non stabilisé et non clarifié.

Couleur rouge grenade très attractive, le nez et la bouche offrent un festival de fruits rouges, une acidité à point, qui fait saliver, le tout est d’une grande gourmandise.

Un rouge léger, zéro soufre ajouté, un vin propre, suave, d’une grande finesse, vif et sincère.

Vol 10,5% vol. Un vin étonnant, que je n’attendais pas, merci à Toni Carbò, il a su faire revivre le vignoble hérité.

Prix : 9/10€

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  • Tánagan tinto 2013, Proyecto Envínate

Envinate est un projet vinicole qui regroupe 4 amis et œnologues qui se sont connus à l’université, Laura Ramos, José Martínez, Roberto Santana y Alfonso Torrente, animés par la même philosophie : donner la priorité au Terroir et aux cépages oubliés.

Táganan (“entouré de montagnes“), assemblage de cépages centenaires autochtones comme le Negramol,  le Listan Negro, le Moscatel Negra, le Listan Gacho, le Vijariego Negro entre autres…

Production: 4200 bouteilles

C’est un vin qui a besoin d’aération, après la fermentation malolactique, il est resté en barriques sur ses lies pendant 8 mois, sans soutirage ni ajout de soufre. Il a été mis en bouteille sans stabilisation ni filtration.

La robe n’est pas très profonde, le nez dégage des notes de fruits rouges, d’épices, et mentholées, mais manque un peu de franchise. La bouche est assez fluide, fruitée, mais un peu terreuse, une finale un peu saline. Il est frais et ne peut laisser indifférent:beaucoup de personnalité dans ce vin des Canaries !

Prix: 14,90€

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Conclusion

J’ai du mal à tirer des conclusions de cette dégustation, si ce n’est qu’elle confirme ce que je savais déjà : les vins très bons marché (en dessous de 3/4€) ne m’attirent pas vraiment, d’une part parce qu’ils m’apportent rarement un vrai plaisir, une vraie émotion, d’autre part quand je pense au prix auquel le raisin a été payé, ça m’attriste.

Mais, il reste la possibilité de penser que ma vie professionnelle ne m’a pas offert beaucoup d’occasions de gouter cette gamme de vins. Si j’avais travaillé comme responsable d’achat d’une chaîne de supermarchés, j’aurais très certainement une vision différente.

Hasta Pronto,

Marie-Louise Banyols


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VSIGP (5) Vin de France, le grand écart

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Pourquoi le grand écart? Simplement parce qu’un Vin de France peut aussi bien être produit à plusieurs millions d’exemplaires par référence qu’à un petit millier. Je ne comparerai pas ici la qualité de ces deux catégories diamétralement opposées. Il est évident que quand on achète une bouteille qui a un très grand nombre de petites sœurs, on ne recherche pas la même émotion. Les deux familles peuvent offrir ce qu’on attend d’elles, soit un vin sympa, relativement bon marché et qu’on peut trouver facilement de la grande surface jusque chez le Pakistanais du coin. Ou une bouteille nettement plus rare, ramenée de chez le caviste pointu ou d’on ne sait plus très où, souvent relativement chère, et qu’on boira avec bien plus d’attention.

 

Les vins du Paki

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À Bruxelles, quand je passe devant la vitrine de ce commerce ouvert presque tout le temps, et tenu par un Pakistanais qui ne compte pas ses heures, mon regard accroche souvent la rangée de bouteilles de vins bien mises en évidence. Presque systématiquement il y a du J.P. Chenet, l’un des plus gros succès du vin français dans le monde. On en trouve dans tous les pays. Cette cuvée existe depuis 1984 et est due à Joseph Helfrich, le fondateur des Grands Chais de France, basés en Alsace. Qu’est-ce qui en a fait le succès ? La forme de la bouteille, le prix, la qualité aromatique…

J’ai opté pour le blanc Colombard-Sauvignon qui est en Vin de France comme l’autre blanc Colombard-Chardonnay. Les autres couleurs, les deux rosés et les deux rouges sont des Pays d’Oc.

 

Colombard-Sauvignon Vin de France J.P. Chenet (2,67 €)

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Robe blanc vert, un nez qui tout de go évoque le Sauvignon, mais pas de façon caricaturale, les senteurs oscillent entre l’écorce de pamplemousse et l’asperge, sans verser dans le thiol ou bonjour matou, quelques effluves floraux viennent embellir les impressions nasales. En bouche, le Colombard apporte sa fraîcheur et ses saveurs de pêche blanche, de chair de raisin. L’acidité est bien maîtrisée, il y a du gras, le vin est aromatique mais sans exubérance.

Il titre 11,5° et se compose de 80% de Colombard et 20% de Sauvignon

Le site JP Chenet nous apprend que les raisins sont récoltés à parfaite maturité (on l’espère!) et sont rapidement pressés à basse température. Le débourbage se déroule à basse température avec du SO2 et un ensemencement de levures. Puis la fermentation alcoolique, entre 16 et 20°C, dure une semaine. Le vin est ensuite clarifié et conservé sous gaz inerte à basse température.

Quant aux approvisionnements, les Grands Chais travaillent depuis longtemps avec des coopératives du sud de la France.

www.jpchenet.com

 

La ronde des Grands Chais

 Je ne me suis pas trop cassé la né être pour mes fournitures, Hervé avait proposé du Castel, moi je propose du Grand Chais.

Grand Sud Chardonnay 2015 Vin de France (3,90€ la bouteille de 1L)

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Robe vert jaune encourageante, un nez sage qui émet quelques notes florales qui rappellent l’acacia et l’aubépine, des agrumes citron et mandarine, un rien de vétiver. La bouche acidulée a le goût du citron jaune et de la confiture de rhubarbe, il y a de la rondeur renforcée par une impression sucrée. À l’arrière de la bouteille il y a une graduation qui l’indique pourtant presque totalement DRY en anglais dans le texte. Ça devrait plaisir à David, pas l’anglais, la graduation DRY _* ­_ _ _ _ _SWEET.

Copie de Vin de France 044

Il titre 12,5°. Je ne vous remets pas le MO, c’est pile-poil le même que pour le JP Chenet. Le Chardonnay est le seul Vin de France dans cette gamme, les Merlot rosé et rouge et le Cabernet sont des Pays d’Oc.

www.grandsud-wines.com

 

 

 

Dans la gamme Les Vignerons

 Toujours des Grands Chais, voici le La Vocation

La Vocation Vermentino-Colombard 2015 Les Vignerons Vin de France (2,10€)

 Ce qui est drôle ou curieux, c’est que l’étiquette est rédigée en français et vous raconte l’histoire de Lucien et de Marcel, alors que la contre-étiquette est écrite en anglais et nous vante l’intérêt de l’assemblage des deux cépages.

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Robe blanc jaune, le nez bien Colombard un rien forcé vers les thiols, mais le pamplemousse garde son quant-à-soi et offre la suite à la pêche blanche, la groseille à maquereau et à la rhubarbe. Vu les senteurs nasales, la bouche s’attend à une vivacité qui déménage, mais elle reste sage et tendrement acidulée, elle met les fruits sentis en évidence.

Le vin titre 11,5°. Et je n’en sais pas plus, n’ayant pas trouvé de site correspondant à cette gamme.

Dans la même gamme, L’Entente 2015 Grenache Pinot Noir qui raconte en français la maîtrise de l’assemblage de Lucien et de Marcel sur l’étiquette et les qualités des cépages en anglais sur la contre-étiquette, au moins il y a une cohérence dans l’astuce commercial.

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L’Entente Grenache Pinot Noir 2015 Les Vignerons Vin de France (6,99€)

 

 Robe sombre carmin violacé, le nez lactique qui évoque le clafouti aux cerises, puis il y a un peu d’épices, du poivre, du cumin, il est moyennement parfumé. La bouche démarre avec le Pinot, très cerise et acidulé, pour continuer en compagnie du Grenache dont l’ampleur est bienvenue. Le Pinot revient vif, puis le Grenache rond, et ainsi de suite, c’est assez dynamique.Il titre 13°.

Voilà une série de vins honnêtes, mais pour être honnête aussi, je ne me lèverais pas la nuit pour en boire.

 

Les petites productions

Le ton est totalement différent, ici, on gère des petits volumes, c’est du cousu-main, pas du prêt-à-porter. Comme les fringues, c’est une question de moyen (et pas seulement financiers) et de goût. Le styles ou plutôt les styles plaisent ou pas, rien n’est standard, tout est particulier. Pour résumer, les précédents sont un choix limité pour un grand nombre, les seconds sont multiples pour un petit nombre.

PUR 2014 Revelette Vin de France (17€)

Des PUR, il y en a deux en rouge, une cuvée de Carignan, une autre de Grenache. Pour les différencier, il y a la couleur de l’étiquette. Noire pour la première. Rouge pour celle dont on va parler. C’est très certainement une impression, mais le joyeux glouglou qui coule rubis dans le verre nous évoque un vin croquant délicatement fruité. Il nous fait tout de suite envie. Il a la couleur des fruits frais, des jus de cassis et de framboise, juste acidulés et un rien poivrés, le nez n’a aucune peine à les déceler. La bouche reproduit avec exactitude notre envie, celle engendrée par les senteurs. On veut de la fraîcheur, du goût, un peu de rondeur, une trame, il en faut une, et puis ce petit rab d’épices qui souligne le tout. Un tout fluide, avenant, qui se déguste, se boit, se torche. C’est ça un vin senza zolfo bien foutu !

PHOTO PUR GRENACHE

Et pour ceux qui ne sont convaincus que par les analyses, les quelques 5.000 bouteilles 100% Grenache titrent un degré alcoolique de 13,5° pour un pH de 3,55 et une acidité totale de 3,5 g en équivalent H2SO4, moins de 1 g de sucre résiduel. Élevage en barriques usagées durant 8 mois.  www.revelette.fr

Rosé à Rougir 2014 Vin de France Domaine Clavel (10€)

Teinté de rose sombre aux nuances améthyste, il me fait toujours autant craquer. Sa déclinaison fruitée enchante mes papilles, suscite en moi la gourmandise. La générosité est sa première qualité et on ne refuse par un pur plaisir si gracieusement offert. Garrigue aux senteurs de romarin et sauge deviennent notre environnement dès la première gorgée, sa deuxième qualité, et non des moindres, il nous fait décoller.

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Un 100% Grenache élevé en cuve béton sur lies fines (à l’ancienne). www.vins-clavel.fr

Carrément … Carígnan ! 2013 Vin de France Château de Calavon (25€)

Le Carignan se fait rare en Provence. Près de Lambesc, au cœur de l’appellation Coteaux d’Aix, il en reste 12 ha plantés en terrasses en 1958.

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Violet pourpre, il respire la prunelle et l’arbouse parfumées élégamment de violette et de jasmin. La bouche offre cette petite accroche espiègle qui fait penser au crêpe de Chine. Un jus langoureux s’en écoule, frais et fruité, à la puissance retenue, juste concentré, au caractère à la fois charmeur et réservé. Élevé en cuve. www.chateaudecalavon.com

 

Et puis des bulles, aussi!

phil’en Bulle Vin de France Domaine Philippe Tessier (11,20€)

Une belle écume qui s’ambre très légèrement et libère pétillante des parfums de gentiane et de réglisse, d’écorce d’agrumes et de poivre rose. La bouche offre une impression tannique qui ajoute au relief délivré par les bulles aromatiques des accents de guimauve, de mélisse et de poire fondante.

phil'en bulles

Ce pétillant naturel assemble 90% de Romorantin et 10% de Menu-Pineau non dosé et sans ajout de SO2 reste un an sur lattes. www.philippetessier.fr

Déshabulle-moi Vin de France Hervé Bossé

Une bulle bien fournie qui met en effervescence ce brut nature qui fristouille comme l’indique Hervé Bossé. Il croque fruité sous la dent comme un Grolleau frais et fruité sait le faire. Un rien de sucre résiduel vient apporter sa note de suavité à la fraîcheur ambiante au goût de rhubarbe. Cerise et groseille poudrées de poivre en renforce la gourmandise.

Désabullez-moi

Le Grolleau se complète d’un peu de Cabernet Franc.

Alors, maxi ou mini?

 

Ciao

Marco

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VSIGP (4): Vin de France, ah la belle farce !

Volontairement provocateur, mon titre ? J’assume. Eh bien oui, quoi: pourquoi cacher l’origine d’un vin alors qu’il suffit de (bien) lire l’étiquette (ou la contre) dans ses détails les plus reclus pour tomber sur l’adresse quasi complète du vigneron metteur en bouteilles ? Pour peu que l’on ait quelques notions de géographie associées à une bonne connaissance de nos départements, et que l’on sache manipuler un instrument comme Google, on saura automatiquement la plupart du temps d’où vient le vin et l’on peut donc sans mal lui donner un semblant d’identité, voire même une origine réelle. Enfin, moi, c’est comme cela que je vois le problème Vin de France, si problème il y a.

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Dans l’exil de mon Midi, d’où j’exerce mes talents de dégustateur en herbe depuis pas mal d’années, les vignerons se servent de cette dénomination (non, ce n’est pas une appellation d’origine contrôlée ou protégée) pour deux raisons principales, même s’il y en a probablement d’autres comme ont su le souligner avec talent mes prédécesseurs qui se sont plus volontiers attardés sur les marques commerciales. Deux raisons donc. D’une part parce que ça permet à mes amis vignerons de faire ce qu’ils ont envie de faire, de s’éclater sans avoir – en dehors de l’État et de sa cohorte de fonctionnaires – de comptes à rendre à personne d’autre que le consommateur ; d’autre part parce que les initiateurs (viticulteurs) des IGP ou AOP qui sévissent sur leur territoire bien (ou pas trop mal) délimités sont trop cons ou trop absents pour avoir remarqué qu’un cépage, quand bien même fut-il local et de mauvaise réputation, pouvait avoir son mot à dire dans le territoire qui abrite les vignes. Qu’il pouvait aussi plaire à un certain public.

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Oui, je sais, je m’énerve inutilement. Et ce n’est pas bien à mon âge ! Vous savez que je ne pense pas une seconde ce que je couche sur écran. Tous les vignerons (ou viticulteurs) ne sont pas cons à ce point et j’en connais même qui, en coopérative, alimentent des cuvées Vin de France. Alors je vais enfoncer le clou de manière plus explicite. Pour aller plus encore dans le sens de la connerie ambiante, je vais vous sortir quelques vins de France, mais des vins bien chez moi, donc du Languedoc et du Roussillon réunis. Des vins qui, n’en déplaisent à certains, affichent leurs origines de manière discrète, mais des vins qui pourtant sentent bon leur pays.

Par ici, dans le Sud où l’on s’éclate en dehors des AOP, aucun problème pour  trouver un Vin de France : presque chaque vigneron digne de ce nom a le sien ! Par exemple, une appellation majeure est disponible près de chez moi, Côtes du Roussillon, idem à côté avec l’AOP Languedoc. Des ex Vin de Pays aussi comme les IGP Côtes Catalanes ou Pays d’Oc. Mais qu’à cela ne tienne, avec les mêmes cépages (ou presque) les vignerons autochtones ou expatriés qui ont quelque chose à démontrer préfèrent la liberté que leur offre la mention Vin de France. On peut rire, déconner ou faire dans le sérieux, mais beaucoup me disent qu’ils choisissent la facilité qu’offre cette mention. À l’instar de Stéphane Morin, ce vigneron nature découvert récemment pour alimenter ma défunte rubrique Carignan Story mais que vous pouvez retrouver ICI. Lui a choisi de ne vinifier qu’en Vin de France histoire de moins se compliquer la vie.

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Afin de jouer le jeu, je vous livre ci-dessous mes préférés de la catégorie Vin de France du moment. Il y en a des tonnes d’autres. Vous tombez bien, car je déménage ma cave dans laquelle je fais de belles trouvailles. C’est utile parfois de revoir après quelques années un vin que l’on a aimé. Rassurez-vous, je les ai goûtés récemment et je vous les restitue avec non seulement le nom du domaine, de sa cuvée, son prix de vente, son site internet (lorsqu’il y en a) et le pays d’où il vient. Ben oui, car si on la cherche bien, on trouve l’origine ! Pour certains, ça évitera d’avoir à lire l’étiquette !

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-Vin de Table de France (du Roussillon) 2005, Syrah, Domaine Sarda-Malet. 40 € le magnum départ cave. 

À l’époque, l’annonce du millésime étant interdite dans cette catégorie de vin devenue Vin de France, Jérôme Malet s’était contenté d’un mystérieux chiffre « 5 » pour informer les suiveurs de ce domaine qu’il mettait dans la confidence. Sans filtration ni collage, jovial au possible, chaleureux et exubérant, j’avais complètement oublié que ce vin était le fruit d’une syrah de sélection massale (prélevée si mes souvenirs sont bons chez Gérard Chave) choisie par Max, le père de Jérôme. Tellement joyeux qu’au départ je partais allégrement sur une parcelle de vaillants vieux grenaches comme le domaine en possède encore, du moins je l’espère. Un vin d’autant plus éblouissant si on prend la peine de le boire frais (15°) sur un petit gibier, par exemple. Hélas, il n’est plus vinifié par le domaine qui, sagement, a conservé quelques flacons en format magnum dans les millésimes 2004, 2005 et 2007. Téléphoner le matin au 04 68 56 47 60 pour avoir la chance d’en obtenir.

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-Vin de France (des Corbières) 2014, Grenache gris, Domaine des 2 Ânes. 17 € départ cave.

À quoi ça sert un Vin de France ? À montrer par exemple qu’un cépage méprisé lors de mes premiers passages dans la région à la fin des années 80 a vraiment quelque chose à dire et qu’il est capable de revivre en beauté, notamment non loin du littoral. Et puisque à l’époque l’appellation n’en avait rien à cirer – ah, si elle avait pu mettre du Sauvignon ! – il reste un espoir aujourd’hui de montrer les capacités de ce cépage en le vinifiant pour lui-même en Vin de France (des Corbières). Immensément puissant, certes, dense aussi, et pourtant tout en structure avec une élégance non feinte, c’est un blanc de grande table. Cherchez vite des queues de lotte poêlées et quelques câpres pour l’accompagner !

Etiquette L'Aramon

-Vin de France (des Terrasses du Larzac) 2015, Aramon, Domaine de La Croix Chaptal. 5,50 €, départ cave.

De par sa robe claire et sa facilité à s’écluser (un flacon bu à deux en moins de 15 minutes !), voilà un vin qui ferait une forte concurrence au rosé, tant il fait des merveilles dans le registre de l’accessibilité. Peu cher, léger et fruité, désaltérant qui plus est tout en étant capable de tenir sur une entrée de légumes crus et de pâté de tête, cela n’a rien de déshonorant même si pour certains cela frise l’incongruité. Alors, foncez sans attendre ! On trouve encore de ces petits vins de récré dans le Midi (ici, bien au nord de Montpellier), parfois même vinifiés à partir d’un cépage emblématique de l’histoire du Languedoc tel que le sieur Aramon ici présent. Jadis occupant 150.00 ha et capable de production de masse, aujourd’hui honni et considéré comme roupie de sansonnet, il revient de temps en temps par la grâce de Charles-Walter Pacaud, un vigneron sage et avisé qui, appelant ses vieilles vignes à la rescousse (vendangées à la main), a compris tout l’intérêt de ce jus qui se boit sans soif. Bravo et merci Charles !

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-Vin de France (du Minervois) 2011, Pinot Noir, Domaine Pierre Cros.  12 € départ cave.

Pierre Cros, prononcez « crosse », n’est pas du genre à écouter les injonctions des uns et des autres : Piquepoul, Alicante, Aramon, Carignan, Cinsault, il n’a gardé que les meilleurs pieds de son Minervois natal ajoutant une collection d’autres cépages plantés par curiosité et par amour. C’est le cas du Pinot noir (un peu plus d’un demi hectare) bu ici à température plutôt fraîche (15°) sur une pintade qui exprimait une sorte de gourmandise contenue avec des tannins souples et doucereux. Pour les curieux, il y a aussi du Merlot, du Nebbiolo et même du Touriga Nacional ! Plus en vente, c’était juste pour la forme. .. mais il reste du 2015 vinifié différemment et embouteillé en flûte alsacienne ! On a le droit de s’amuser, non ?

Michel Smith


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VSIGP (3): 7 vins sans appellation d’origine, mais pas forcément sans intérêt

Mais quelle idée ai-je eu là!? Oui, j’avoue, c’est moi qui ai poussé mes chers collègues des 5 du Vin à déguster des VSIGP, cette semaine. Je ne sais pas pourquoi, mais à chaque fois que je vois ce sigle, je pense à « vendu sans garantie du gouvernement », alors que chacun sait, bien sûr,  qu’il s’agit de Vins sans Indication Géographique de Provenance.

Drôle de définition, puisque, à écouter l’ami Maxime, j’avais crû comprendre qu’« on est tous nés quelque part »

Voila donc des vins qu’on définit, non pas pour ce qu’ils sont, mais pour ce qu’ils ne sont pas. En creux, en quelque sorte.

Pas étonnant, après ça, qu’on ait du mal à les cerner. Entre les vins de terroir dont les vignerons ont choisi de ne pas revendiquer leur origine, les vins qui dépassent les rendements de l’appellation, les vins qui utilisent des cépages interdits dans leur appellation, les vins qui assemblent des raisins de différentes régions de France, ou d’un autre pays, les vins qui assemblent des vins de plusieurs pays de l’Union européenne, les vins d’auteur et les vins d’entrée de gamme, cette catégorie est un vrai fourre-tout.

Mais c’est ce qui la rend intéressante: elle est si diverse qu’on ne peut, d’emblée, avoir d’avis tranché.

Il faut tester.

Pour ce faire, et pour ne pas faire tout à fait la même chose que mes copains David et Jim, j’ai choisi de diversifier les origines.

4 VSIGP

Je vous propose donc 7 vins: un Français, deux Espagnols, un Tunisien, un Australien, un Italien et un Californien.  Tous achetés de mes propres deniers en grande distribution (Les 5 du Vin ne reculent décidément devant aucun sacrifice). Une sorte d’immersion dans le vin populaire.

Mais voyons ce que cela donne dans le verre!

Cambras Cabernet Sauvignon Merlot 2015

« Cépages sélectionnés », dit l’étiquette. Comprenez, en Espagne (mais pour ça, il faut aller sur la contre-étiquette). C’est que Cambras change assez régulièrement de fournisseurs. Pourquoi pas, du moment que ce n’est pas au détriment du contenu. Dans cette catégorie, il n’y a pas de promesse, ni de garantie par l’origine – c’est la marque qui tient lieu.

« Rond et fruité », dit encore l’étiquette. La rondeur ne me frappe pas comme une des plus grandes qualités du Cabernet, mais examinons déjà le nez: du fruit noir (un peu),  beaucoup de vanille, c’est plutôt suave, limite écoeurant; la bouche, elle, me semble végétale, les tannins verts et presque farineux. L’ensemble n’est pas bien fondu – c’est un peu jeune, sans doute. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas un vin que j’aurai envie de boire au quotidien – Cambras est pourtant une des marques les plus vendues en France.

Curieusement, je l’ai trouvé chez Carrefour au milieu des vins d’appellation du Sud de la France, et non avec les VSIG, ni avec les vins d’Espagne. Sans doute parce qu’il s’agissait naguère de vin français?

4,39 euros la bouteille de 75cl, bouchée liège.

Quarry Hill Shiraz Pinot Noir 2015 Australia

J’avoue que l’assemblage Syrah Pinot  m’a intrigué. Je ne connais pas beaucoup de régions qui le pratiquent. Ne serait-ce que pour des raisons climatiques. Pour être précis, ce vin n’est pas un VSIPG au sens strict, puisqu’il mentionne quand même une origine sur la contre-étiquette: « South Eastern Australia ». Compte tenu que cela s’étend tout de même sur cinq Etats du pays (Victoria, Tasmanie, Nouvelles Galles du Sud et une partie de l’Australie du Sud et du Queensland), soit environ deux fois et demie la surface de la France, j’ai du mal à y voir une Indication Géographique au sens européen du terme (même si, c’est vrai, l’Union Européenne la reconnaît comme IG). C’est pourquoi j’ai décidé de l’inclure dans cette dégustation. L’étiquette principale ne mentionne d’ailleurs rein d’autre qu’« Australia ».

Je ne peux pas dire que j’en ai été récompensé – IG ou pas, ce vin manque sacrément d’élégance. Il présente un fruit cuit, des nuances animales et des notes d’alcool qui lui confèrent une certaine lourdeur; et quand à son acidité, on la croirait rajoutée. C’est assez rèche en finale. Not my cup of tea.

4,55 euros la bouteille de 75cl, capsule à vis.

Sidi Brahim Merlot Cabernet Sauvignon

« Vins des Terres de l’Atlas » dit l’étiquette frontale. Beaucoup, dans la communauté pied-noir ou maghrébine, pensent peut-être que ce vin est toujours fait en Algérie; et pourtant, ce n’est pas le cas: il vient de Tunisie (des rives de la Médjerda, pour être plus précis). Et son assemblage est plus bordelais que méditerranéen: pas de grenache, de cinsault ou de carignan, mais du merlot et du cabernet-sauvignon.

Qu’importe, puisqu’il ne s’en cache pas.

« Intense et fruité », dit l’étiquette. La promesse est tenue. Le vin est gorgé de cerise, de framboise, de cassis; la bouche est relativement volumineuse, avec un beau retour du fruit en finale. C’est assez long, et les arômes sont frais, très purs. Qui l’eut cru: c’est un coup de coeur!

5,95 euros la bouteille de 75 cl, bouchée liège

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Le Révérend Wine of Spain

Sans aucun doute la présentation la plus ringarde de tout mon échantillon – mais qui suis-je pour dire ce qu’apprécie le client à ce prix? On est pas loin de l’image du Cramoisay des années 50, à moins qu’il s’agisse du Champlure; une sorte de capsule temporelle. Je me suis souvent demandé ce que goûtaient les vins de ces années là, les vins d’avant la révolution oenologique. Mais qui sait, peut-être que ça rassure le buveur nostalgique. Ou même, que ça va revenir à la mode, comme les tables en formica?

Mais passons sur le look et abordons franchement ce prêtre espagnol qui n’a pas l’air d’un Torquemada…

Et bien, c’est plutôt pas mal. J’appelle à la barre le dénommé Ferrer, Nino: « On dirait le Sud, le goût dure longtemps, et le fruit sûrement, fera plus d’un heureux, et pas seulement l’été ».

A  l’aveugle, on croirait un joli Côtes du Rhône. Je ne sais pas si c’est du grenache (aucune indication de cépage, ni millésime, d’ailleurs), mais c’est juteux, souple, enjôleur, avec juste ce qu’il faiut de peps en finale pour ne pas s’enfoncer dans le velours… de l’estomac. Et c’est le deuxième vin le moins cher de notre échantillon. 3 euros 19 de bonheur… simple et décontracté. Un deuxième coup de coeur, donc.

Pour voir, après dégustation, j’ai amené le digne Révérend chez In Vino Veritas, pour le faire déguster à l’aveugle par notre jury de journalistes et sommeliers: il a passé l’épreuve haut la main, mes collègues l’ont préféré à plusieurs vins d’appellation du Sud de la France.

Si j’étais marketteer, je ne changerais rien au vin, mais je le rhabillerais, et je le vendrais 2 euros plus cher, sous une marque un peu ronflante. Il ferait un tabac. Et moi je serais riche, peut-être. Mais je ne suis que journaliste.

3,19 euros la bouteille de 75cl bouchée liège

Cuvée de Grandgousier Vin de France Rouge

La cuvée la moins chère de mon petit échantillon. Un assemblage plutôt méditerranéen (Cinsault Grenache Carignan).

Mise belge – Grandgousier est une marque historique de Delhaize, une marque dont on notera que la présentation s’est bien améliorée ces dernières années.

Voici un vin qui commence bien, avec des jolis arômes de cerise mûre et de violette; l’avant bouche confirme, dommage que le milieu de bouche, lui, manque un peu de concentration; on ne peut pas parler de vins dilué, non, mais je reste un peu sur ma soif – dommage, même si, à ce tarif, je l’avoue, c’est loin d’être une déception.

3,19 euros la bouteille à capsule à vis d’un litre, soit 2,39 les 75cl

Beringer Cabernet Sauvignon California Wine of USA

La Californie, c’est grand. Beringer est implanté dans la Napa, mais rien n’indique que c’est de là que proviennent les raisins. Il entre donc bien dans le cadre de ce comparatif.

Je n’ai rien contre les vins puissants, ni un peu d’exotisme; mais là, c’est vraiment « too much ». Je ne suis même pas sûr que les djeunns apprécient. Le fruit est très mûr, un peu cuit; c’est saucé, fumé -j’ai pensé à de la sauce pour barbecue. Est-ce l’effet des copeaux? Un concept à étudier, peut-être: faire une promo avec le charbon de bois, juste avant l’été.

6,39 euros la bouteille de 75 cl, capsule à vis 

Berselli & Olivieri Signature Collection Merlot Vino d’Italia  2013

C’est le plus cher des vins de la dégustation; un assemblage signé Alma, un négociant-éleveur, et fier de l’être. Pourquoi pas?

Cette maison propose d’ailleurs toute une gamme de « vini varietali d’Italia », se fournissant dans pas moins de 7 régions de la Botte; dans le cas qui nous intéresse, le Merlot, les raisins sont issus de Lombardie, des Pouilles et du Piémont.La vinification est traditionnelle, avec une longue macération et 12 mois d’élevage en barriques (non, pas de copeaux, apparemment).

La dégustation confirme le soin apporté à cette cuvée; les nez est complexe, avec des notes de fruit rouge bien mûr et un peu d’humus, quelques nuances lardées, la bouche plutôt méridionale, épicée (poivre noir, romarin, réglisse), et le bois plutôt bien fondu (un peu de cacao, mais pas de vanille soulante). En résumé, un joli vin qui, à l’aveugle, pourrait en remontrer à pas mal de Merlots d’appellation. Notons d’ailleurs qu’on trouve au Chili, par exemple, des Merlots étiquetés « Valle Central » dont les raisins proviennent de régions au moins aussi éloignées que les Pouilles du Piémont – c’est là le paradoxe de la viticulture actuelle: de plus en plus de pays se battent sur un marché de plus en plus ouvert, mais les règles sont loin d’être les mêmes pour tout le monde…

Quoi qu’il en soit, une belle bouteille, un troisième coup de coeur, dans un style un peu plus travaillé.

12,69 euros la bouteille de 75 cl bouchée liège.

En résumé

Cette catégorie des VSIPG est certainement une des plus hétérogènes qui soit; on y trouve pourtant des choses plus qu’honnêtes, et même de belles choses, indépendamment du prix. Rien qui ne soit indécent, rien qui n’accrédite l’idée que ce sont là des sous-vins pour des sous-buveurs. Manifestement, il n’y a pas qu’une seule façon d’obtenir un produit honnête.

D’un autre côté, la plupart des AOC aussi sont hétérogènes, leur fameuse typicité n’étant souvent -mais pas toujours- qu’un argument marketing. Au moins, avec les VSIPG, pas d’embrouille: on n’est pas censé savoir d’où ils viennent ni à quoi il doivent ressembler. La plupart d’entre ces produits ne nous font peut-être pas rêver, pour reprendre la formule chère à l’ami Philippe de Cantenac. Mais ils font mieux que tenir leur rang; ils surprennent, en bien.

Comprenez-moi bien: je ne vais pas arrêter de parcourir la planète-appellations, qui nous fournit, dans les meilleurs cas, des produits à valeur émotionnelle ajoutée; mais je n’aurai plus aucune condescendance pour ceux qui font du vin autrement.

Hervé LalauRévérend

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