Les 5 du Vin

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Tristesse de la pâleur (ou éloge de la couleur)

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La course à la pâleur dans les vins rosés fait rapidement son chemin depuis quelques années, et, selon moi, provoque des ravages. Chaque fois, ou presque, que je déguste un des ces machins pâlots, sans saveur particulière (sauf un peu de bonbon anglais, parfois) mais avec sa dose d’alcool réglementaire qui dépend, en gros, du binôme cépage/climat, j’en suis de plus en plus convaincu. A contrario, chaque fois, ou presque, que je déguste un rosé ayant une robe soutenue, à mi-chemin entre blanc et rouge, je ressent davantage de saveurs, de tenue en bouche et (c’est l’essentiel il me semble) du plaisir. Je sais bien que ceci est un peu caricatural, mais ce constat est quand-même basé sur un grand nombre d’expériences et sur un tout petit peu d’analyse. En tout cas, comme disait le maire de la commune voisine « c’est mon avis et je le partage ».

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Tout cela n’est pas le seul fait de la Provence, même si la dictature par l’absence de couleur dans les vins rosés est très largement inspirée par la réussite de ces vins passe partout, et qui plaisent, apparemment, à « tout le monde »: donc à personne. Je ne suis pas contre la réussite commerciale, bien au contraire (salut Luc !). Ce qui m’horripile dans cette affaire est la banalisation d’un style, et le comportement « moutonnesque » de la plupart des autres régions, à commencer par le Languedoc-Roussillon ou le Bordelais : régions qui, il n’y a pas si longtemps, faisaient beaucoup de vrais vins rosés avec de la couleur, du goût et tout et tout, et pas essentiellement des faux blancs. Mais la Provence a fait du rejet de la couleur un système de jugement de la qualité. J’en veux pour preuve le fait que la quasi-totalité des appellations de cette région refusent d’agréer des vins rosés qui dépassent une certaine intensité de ton, et cette barre est placée bien bas ! Même Bandol, grand fief des rouges de caractère et de garde (merci au Mourvèdre), a été un moment gagné par ce diktat de la pâleur pour ses vins rosés devenu, malheureusement, le type de vin majoritaire de cette appellation. Je crois que les choses sont en train, doucement, de s’inverser dans cette appellation qui doit absolument garder ses différences avec l’océan des rosés pâles qui l’entoure, mais le constat est bien triste. Et si j’étais producteur en Provence, je me garderais bien de mettre tous mes œufs dans le même panier (rose). La mode est volatile par définition.

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Dans cette période où la communication à outrance sur tout ce qui est supposé être « naturel et donc bon » (quelle foutaise, aussi!), est-ce qu’on parle des techniques utilisées pour retirer de la couleur des moûts ou des vins quand Dame Nature, qui n’est ni bonne ni mauvaise et qui se fiche pas mal de tout cela, fournit les conditions qui augmentent températures et couleur dans la peau des baies ? Bine sûr que non. Et pourtant, c’est bien une intervention technique, une de celles-là mêmes qui sont tant décriées par les tenants d’une interférence minimale de l’homme et ses outils dans le vinification (autre sujet qui pourrait déclencher un article bientôt). Je vois dans tout cela soit un paradoxe, soit une méconnaissance des faits.

Pour évoquer une autre région, gagnée elle aussi par la même mode absurde, la dégustation au cours de la semaine passée de deux Champagnes rosés qui vont à contre-courant de cette triste tendance m’a conforté dans mon opinion. La dernière version du Ruinart Rosé est un vrai vin rosé, bien coloré, très expressif en fruit, et avec assez de structure pour tenir sur autre chose que des chips. Pareil pour le Nicolas Feuillatte  Rosé 2006, Cuvée 225, qui est aussi savoureux que frais, long en bouche et parfaitement défini dans son profil. Voilà deux exemples de ce qui peut être un vrai Champagne rosé, c’est à dire autre chose qu’un blanc à peine teinté, ce qui est le cas, par exemple, de la dernière livraison du Veuve Clicquot Rosé (la version 2008 de ce vin m’a bien déçu, contrairement au blanc du même millésime).

Osons un petit écart sur le chemin glissant mais passionnant du marketing, car c’est bien sur ce terrain que s’est bâti le réussite des rosés de Provence, et, par extension, de la catégorie toute entière. Quel est donc l’intérêt de faire un vin rosé qui n’est qu’une petite variation sur la même chose en blanc ? Question rhétorique bien entendue. Mais tentons d’y répondre : dans l’imaginaire, le pâleur donne une impression de légèreté. La transparence est aérienne, et non pas terrienne et, j’ose rajouter, elle induit la notion de « pureté » dans les têtes d’une partie de la population de plus en plus obsédée par ce concept touchant à l’alimentaire. Même si c’est surtout inconscient, je crois bien que cela joue. Cette légèreté ressentie, dans le domaine du vin, convient aussi à une consommation par temps chaud et c’est bien cela qui a donné un aspect très saisonnier à la vente des vins rosés, même si des producteurs ayant misé à fond sur ce type de produit luttent pour en étendre les périodes de consommation.

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Je pose, à la fin, une autre question rhétorique.  La mode (nécessairement stupide selon moi) doit-elle tout emporter, même dans le domaine du vin ? Bien sûr que non, nous sommes d’accord, mais elle a des influences bien plus importantes que celles que nous admettons généralement, et ces influences ont des socles plus profonds que ceux que nous sommes prêts à reconnaître facilement. Ce n’est pas une raison suffisante pour y céder. Il faut juste ouvrir ses sens et son cerveau.

 

David Cobbold


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Le Grand Larousse du Vin, édition 2016

Comment être objectif à propos d’un ouvrage auquel on a collaboré (les meilleures pages, en plus! 😉), ainsi que plusieurs très bons camarades (David Cobbold, Sébastien Durand Viel, Marc Vanhellemont, notamment)? Je n’essaierai même pas…

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Reste que c’est une belle brique (près de 700 pages), et que pour une fois qu’un ouvrage français (pas une traduction) s’ouvre assez largement aux vins du monde, c’est une initiative à saluer.

J’ai eu d’autant plus de plaisir à participer à cette aventure collective (assez modestement, à dire vrai, juste une vingtaine de pages) que ce fut l’occasion pour moi de rendre hommage à quelques vignerons que j’apprécie. En effet, la seconde partie de l’ouvrage, qui passe en revue les grands vignobles du monde, illustre certains grands terroirs par des pages consacrées à des domaines précis, choisis par les auteurs.

Pour moi, ce furent le Domaine d’Aupilhac, le Mas Jullien, Antoine Arena, Egon Muller, Klein Constantia, Catena Zapata, le Château d’Aquéria, Miguel Torres, Bodegas Lustau, Grange, Quinta do Noval et Antinori.

Une belle brochette, non? Et une belle diversité, aussi.

Mais il y a bien d’autres bonnes raisons de lire ce livre, ou de l’offrir. Le vin, c’est de la culture liquide, qui se boit, et qui se lit aussi.

On dit qu’un homme averti en vaut deux. Un buveur bien informé aussi.

Hervé


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La double passion de Jean Rijckaert est devenue celle de Florent Rouve

Vinifier à la fois des vins du Mâconnais et du Jura, voilà qui est original. Mais quand on est Belge, on ne réfléchit pas, on se passionne !

Parti de Belgique sans autre bagage que son envie furieuse de faire du vin, Jean Rijckaert est arrivé dans le Mâconnais dans les années 1980. Ave un autre Belge, Jean Marie Guffens, il fonde la société de négoce Verget, à Sologny, et apprend le métier. La vinification de quelques appellations en vue les propulsent à l’avant de l’affiche. Les affaires évoluent. Puis, Jean Rijckaert reprend son indépendance. Il s’installe, seul, à Leynes, dans le Sud Mâconnais, y achète quelques arpents de vignes et prend le parti de faire des vins les plus soignés possibles.

Jean en Jura

En voyage dans le Bon Pays, Jean craque ! Les paysages jurassiens, la sagesse des paysans l’interpellent. Son regard se tourne vers le sol, son intuition vers le terroir. Il en évalue rapidement le potentiel et se persuade qu’ici, aux alentours d’Arbois, on peut réaliser de grands vins. A l’époque ses possessions en mâconnais restent faibles, l’acquisition de quelques parcelles jurassiennes semble évidente. Le millésime 1998, son premier, l’enchante et confirme sa conviction. Ensuite, à la tête de 4 ha en Jura, il joue la carte de la vinification parcellaire, soit la mise en évidence du terroir du raisin à la bouteille.

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Jean Rijckaert et Florent Rouve

La retraite

En 2013, Jean décide d’arrêter et passe progressivement la main à Florent Rouve – la suite Hervé nous l’a fournie ce mercredi, pour la partie mâconnaise. Je pourrais ajouter que si Jean élaborait des vins «tranchants», vifs à en saliver longtemps, Florent propose des cuvées plus amples, qui font la part belle à cet équilibre entre acidité, gras et matière. Après, tout est une question de goût. Jean avait ses inconditionnels, Florent les aura, s’il ne les a pas déjà. 

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Côté Jura: le comparatif

Deux terroirs, deux parcelles, deux vignerons, à 12 ans d’intervalles…

Vignes des Voises 2002 Côtes du Jura

Doré clair, à l’infime note aillée, mais très amande, caractéristique des sols de marnes grises. En bouche, une acidité franche tend la structure du vin et met en évidence les arômes de citron vert, d’amande amère et un rien de vanille. Un soupçon de terre humide rappelle la marne. Gras, minéral et fraîcheur façonnent son élégance et sa droiture. 2002 pour un viticulteur est une année de rêve, en Jura comme en Bourgogne

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Jaune vert lumineux, il se parfume de camomille et de gelée de pissenlit, avec l’impression de respirer du calcaire mouillé par la pluie. Un rien de fougère et d’aubépine renforce encore le côté floral. La bouche par contre préfère les agrumes et les fruits blancs qui apportent tout de go une agréable fraîcheur. Citron, poire et groseille à maquereau distillent leurs jus vifs et gourmands. Le tout coulé dans une matière dense. 

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En Paradis Arbois 2001 et 2002

D’un doré lumineux à l’oeil, le 2001 confit son citron au nez et propose une structure agréable en bouche pour ce millésime plutôt moyen. Avec son étiquette verte, qui signe l’achat de la parcelle, le 2002, lui, présente des notes grillées, confites; avec sa pointe de beurre noisette, il ne peut renier son cépage. Iodé en bouche, il séduit par sa profondeur et sa puissance. Sa masse fruitée et ses parfums floraux, soutenus par une fine amertume, lui donne de la race. «Je colle et je filtre les vins sur terre blanche, nous disait Jean; les levures passent au travers, pas les bactéries. Les vins ne sont jamais soutirés et restent sur lies jusqu’à la mise, sauf pour les Savagnins qui sont soutirés une seule fois. Le Jura est un vignoble à taille humaine. Ici, on peut sortir du lot, ailleurs, le vigneron émerge difficilement de l’anonymat».

En Paradis Arbois 2014

La robe est d’un vert très pâle; le nez est à la fois minéral et fleuri, avec des accents de citron vert, de feuille de menthe et un éclat de guimauve. Le minéral s’accentue en bouche et gratouille les papilles. La fraîcheur installe les arômes: un pétale de violette et de pois de senteur, un zeste de citron confit et une noisette de confiture de mirabelle. En finale se perçoit l’amertume racée et délicate qui apporte son quota de fraîcheur et soutient la longueur, avec son goût de réglisse et de poivre.

Certes, le vigneron imprime sa marque, son style, mais dans des terroirs forts, il lui faut composer avec le sol qui donne souvent le la.

www.vinsrijckaert.com

 

Ciao!

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Le Godello dévoile chaque jour davantage son potentiel !

Le Godello est un des cépages les plus anciens de la péninsule ibérique; il aurait été introduit par les Romains en Galice il y a plus de deux mille ans; puis les moines l’ont conservé; pourtant, il a bien failli disparaître. Mais ces dernières années, plusieurs grands vignerons comme Raul Perez, José luis Mateo, Telmo Rodriguez, Rafael Palacios, pour ne citer que les plus connus, ont cru à son potentiel et on parié sur son avenir. C’est le cépage le plus répandu de l’appellation Valdeorras, sur les bords de la Sil, grâce au climat continental qui y est plus sec que dans le reste de la Galice, mais il est aussi présent dans la province d’Orense et dans le Bierzo. Ses grappes sont petites, serrées et denses, de couleur vert clair. Il est en grande partie responsable du grand saut qualitatif des vins de cette région et de l’engouement qu’elle suscite auprès des professionnels comme du public. Désormais, l’Albariño n’y règne plus seul, il doit partager sa gloire avec le Godello.

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Si je vous parle du Godello aujourd’hui, c’est que mon beau-fils m’en a ramené une bouteille qui m’a séduite et que l’histoire qu’il m’a raconté m’a beaucoup interpellée. Encore un domaine que je ne connaissais pas : DATERRA VITICULTORES.

Le domaine

C’est le projet personnel d’une jeune femme, Laura Lorenzo, qui après avoir passé  huit années dans  le célèbre domaine de Bibei, où elle a d’ailleurs débuté et tout appris, décide en esprit libre de s’émanciper. Elle a voulu mettre en valeur un vignoble cultivé selon des pratiques ancestrales par des hommes et des femmes, d’où le nom du domaine. Elle elle s’est mise alors à la recherche de vignes, et elle en a trouvé à  louer à des personnes âgées qui ne pouvaient plus s’en occuper : 3,5hectares, qu’elle cultive seule, répartis en 24 parcelles sur les pentes de Val do Bibei, dans la Ribeira Sacra. Comme c’est la coutume là-bas, plusieurs cépages sont complantés (Mencía, Mouratón, Alicante Bouschet, Gran Negro, Merenzao, Dona Blanca, Colgadeira, Godello y Palomino). Les vignes sont situées sur des pentes prononcées, les sols sont d’origine granitique . Elles sont très vieilles, quelques unes ont été plantées dans les années 1940, certaines sont pré phylloxériques.

Pour l’élaboration, elle a récupéré une vieille maison de village à Manzaneda, et elle y applique sa philosophie du minimum d’interventionnisme possible selon un discours que nous entendons bien souvent à l’heure actuelle ; elle veut que sa vigne se retrouve dans la bouteille grâce à la viticulture saine qu’elle pratique. Bien évidemment les vendanges sont manuelles et pas de levurage. A l’heure actuelle elle produit 4 vins qu’elle conçoit à la Bourguignonne. Sa première année sur le marché fut 2014, et ce fut pour elle un millésime très compliqué et la production s’est avérée très faible.

Sa volonté : produire des vins sérieux et surtout des vins qui témoignent de leur origine, avec une aptitude au vieillissement.

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Mais parlons de celui qui nous occupe aujourd’hui :

ALTO DE OLAIA 2015

Une nouvelle expérience, de Laura, de l’autre côté du fleuve Bibei, dans la DO Valdeorras, mais comme vous pourrez le voir sur l’étiquette, il s’agit d’un vin sans appellation: c’est un Producto de España. C’est un  100% Godello, élevé 8 mois en barriques de châtaigniers, mis en bouteille sans filtration en juin 2016. Production très limitée:1.530 bouteilles. 13,5º.

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J’ai tout de suite j’ai aimé sa présentation, sa couleur jaune paille, la délicatesse du nez, ses arômes évoquant la pomme reinette, l’anis et le fenouil. L’attaque en bouche est très fraiche, elle semble assez légère mais elle développe un certain gras en fin de bouche. C’est un vin équilibré, savoureux, précis, aux saveurs nettes. Très belle acidité. Bref, ce vin m’a parlé.

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PRIX DE VENTE PUBLIC : 14,25 €

Il est encore un peu trop tôt pour porter un jugement définitif sur ce domaine, alors que je n’ai goûté qu’un seul vin, qui vient d’être mis en bouteille, et dont c’est le premier millésime – mais si j’étais encore en activité, je me précipiterai pour aller rencontrer cette vigneronne et goûter le reste de sa production.

A suivre, donc….

Hasta pronto,

Marie-Louise Banyols

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Les bons Mâcons de Florent Rouve

Ancien directeur d’exploitation du Lycée Agricole de Davayé, Florent Rouve a pris la succession de Jean Rijckaert à la tête d’une entreprise originale, Rijckaert, qui combine une activité de négoce et dix hectares de vignes en propre, et qui, chose plus rare, a un pied en Mâconnais et un pied dans le Jura.

Voici ma sélection de ses vins du Mâconnais – vins de négoce ou de vignes en propre.

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Florent dans sa cave de Davayé

Mâcon Fuissé 2014 Vieilles Vignes

Voici un nez d’une grande finesse, qui allie la poire et l’ananas; la bouche est assez riche, mais une belle salinité lui donne beaucoup de tonus. Levures indigènes.

Mâcon Burgy 2014

Je vous avoue que je n’avais jamais entendu parlé de cette mention de Burgy. Florent nous explique qu’il s’agit d’une zone plutôt fraîche. Pourtant, ce vin est assez opulent. Là encore, il présente une belle aromatique: mirabelle, camomille, pomme; en bouche, le bois est très bien fondu. Et en finale, on retrouve notre bonne copine la salinité. Elevé sur lies.

Mâcon Lugny 2014

Cette cuvée est issue de Bissy, précise Florent: « un terroir assez gélif, exposé à l’ouest, au sol de calcaire blanc – c’est le dernier qu’on ramasse. » 

Un vin vraiment différent: du citron, de la gentiane; en bouche, l’acidité semble plus mordante, mais elle rééqilibre bien l’alcool. Tout finit en rondeur, sur de la poire. Comme quoi le Chardonnay est bel et bien un révélateur de terroirs. 

Viré Clessé L’Epinet 2014

L’Epinet est un des beaux climats de Viré-Clessé. Cette cuvée est issue de vignes assez jeunes de bas de pente, sur argile rouge.

Coing, miel, poire, violette, beurre frais, grillé, sympa, très sympa, même; il confirme avec une bouche longue et ample, des beaux amers, il se déroule en séquences, et nous dépose au pays de l’orange et du quinquina.

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Saint Véran En Avonne 2014

Un cuvée issue des vignes en propre du domaine, situées sur la commune de Chasselas. Déjà très fruitée et très ouverte, pour une cuvée plutôt connue pour la garde. Au nez, du raisin mûr, de la pomme et de la poire mûre acidité sous jacente, sudiste, bien 

Saint Véran Les Champs Meuniers 2014

De la violette au nez, très pur; en bouche, un bel équilibre entre et rondeur et vivacité, grâce à des notes de menthe et de pierre à fusil.  Un vin sans esbroufe, « le but est d’exprimer le lieu », nous dit Florent.

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Pouilly Fuissé Vers Châne 2014

Vers Châne est un terroir assez acide, plutôt sableux. 

Très beau travail du bois, perceptible mais pas envahissant; des notes de camomille et de sauge, au nez comme en bouche; on n’est pas là dans le non-interventionnisme prôné par ceux qui prétendent que le vin se fait tout seul.

Les Bouthières 2014

Poire, romarin, gentiane…, le nez est complexe; la bouche aussi, comme si plusieurs couches se superposaient dans ce vin – légèreté de notes mentholées, longueur, complexité; un vin complet qui devrait faire merveille à tables pour réveiller un plat en sauce.

En résumé: une gamme très homogène, qui offre de beaux flacons à peu près à tous les étages de la pyramide théorique des appellations. Un seul vin m’a paru en dessous, hic et nunc: le Pouilly Fuissé Les Croux, qui ne me semble pas encore en place. A redéguster, donc, car comme tous les beaux blancs, il mérite un peu de patience…

Hervé Lalau


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La Loire beckons and other musings..

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By the time this post appears on the portal of Les 5 du Vin, I will have left London behind and will be installed in the far east of Indre-et-Loire – able to watch the folly and confusion of Brexit from a distance. To date we have established that Brexit means Brexit just as Weetabix means Weetabix, Ready Brek means Ready Brek, while beanz means Heinz. I trust this makes the UK’s post EU referendum position crystal clear….

We will be in the Loire to follow the 2016 harvest such as it will be after the ravages of frost, mildew as well as hail in places such as Jasnières. It is difficult to imagine that it will be a happy vintage with lots of joyous and pleased vignerons and vigneronnes as there were in years like 2005, 2009, 2010, 2014 and 2015.

Picking will be late. Muscadet is expected to start from around the 20th-22nd September, while some like Lamé Delisle Boucard think that they won’t pick their Cabernet until as late as 26th October. The very dry, hot weather through July and August hasn’t helped their few remaining grapes to ripen as their vines have shut down due to lack of water. However, in the Anjou-Saumur region they started picking Chardonnay for the Crémants yesterday.

I expect to have more detailed updates on the 2016 Loire harvest next and subsequent Tuesdays.

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François Chidaine and Jacky Blot with their 
Vin de France Vouvray

I was very pleased to see that Jacky Blot and François Chidaine now have eight stars between them for their wines, which include their Montlouis and Vin de France Vouvray. Jacky and Joëlle Blot have been promoted to a five star domaine in the latest Bettane et Desseauve guide, while François and Manuéla are now a three star domaine in La Revue du Vin de France. You would have thought that Vouvray would be keen to  have these two producers adding lustre to their appellation rather than treating them as outcasts……still it is what is in the bottle that is important. I will happily buy and drink their Vin de France Vouvray.

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Pourquoi le vin semble-t-il mieux traité à Londres qu’à Paris ?

Autant vous le dire de suite : je n’ai pas de réponse à cette question. Mais je viens de constater, un peu au hasard d’une récente pérégrination dans la capitale britannique, que cela semble bien être le cas. Je sais bien que mes trois exemples peuvent être considérés comme anecdotiques à l’échelle d’une ville aussi vaste que Londres, mais deux d’entre eux ont été choisis vraiment par hasard, comme le ferait un touriste moyen à Londres (que je suis devenu dans une ville que je ne reconnais qu’à peine après plus de 40 ans d’absence). Et je me demande si, au hasard de ses ballades à Paris pour voir et faire autre chose que de visiter des lieux du vin, un touriste étranger tomberait aussi bien que je l’ai fait à Londres.

La première étape fut choisie à l’occasion d’un rendez-vous d’affaires avec un client, et par ce client. Le 67 Pall Mall (http://www.67pallmall.co.uk/club.html) abrite un club dont le vin est la raison d’être et je n’en connais pas l’équivalent à Paris. Les 600 membres (et il y a une liste d’attente, paraît-il) règlent une cotisation annuelle de 1000 livres (500 si vous êtes un professionnel du vin) qui leur permets d’entrer dans ce club situé dans un des quartiers les plus chics de la ville, y loger une partie de leurs vins, en choisir aussi sur une liste longue comme un jour sans vin, manger très bien ou organiser des dégustation ou des rendez-vous d’affaires ou d’amis. La nourriture est excellente et les prix plutôt raisonnables pour le quartier. Il y a des salles privées et deux petites salles à manger. Le service est parfait.

Seconde étape : en allant voir une exposition au Tate Modern (Georgia O’Keefe, plutôt décevante dans l’ensemble à part les gravures et les dessins), je m’y dirigeais à pied depuis la gare de Waterloo quand j’ai remarqué dans une rue à droite un restaurant intitulé RSJ où j’avais mangé il y a des années avec un des mes cousins. J’en avais gardé un excellent souvenir et j’ai décidé d’y retourner pour déjeuner après avoir vu l’expo. Ce qui fut fait. Peu de monde à 13 heures un mardi, mais une cuisine de haute qualité, précise et avec des produits frais préparés sans chichis mais avec grand soin. Et une liste de vins de Loire énorme et exemplaire (Jim doit bien connaître). Là encore je ne sais pas si Paris a son équivalent. J’ai pris une bouteille de Saumur blanc de Frédéric Mabileau (à qui j’avais donné son premier stage dans le vin en dehors de son domaine familial à St. Nicolas, dans les années 1980). Un chenin blanc somptueux, aussi intense et succulent que vif et précis. RSJ, pour les profanes, ne signifie pas les initiales du propriétaire, mais Rolled Steel Joist, autrement dit une IPM, poutrelle métallique qui a du être insérée dans ce vieux bâtiment pendant sa conversion en restaurant.

Et voici ce qu’en dit la magazine Time Out si vous voulez une opinion plus avisée (je ne suis pas critique gastronomique !) http://www.timeout.com/london/restaurants/rsj

Troisième et dernière étape : Grain Store à Kings Cross (http://www.grainstore.com). Je logeais dans un hôtel miteux mais pas trop cher (tout est relatif à Londres en matière d’hôtels) à côté de la gare de St. Pancras pour prendre un Eurostar très tôt le lendemain. Pour aller manger un morceau et boire aussi, je me suis promené dans le quartier si bien réhabilité qui borde les deux gares (St. Pancras et Kings Cross) au nord, du côté de Camden. Plein de possibilités en matière de bars, de pubs, de restaurants, tous assez fréquentés par un public essentiellement jeune et cosmopolite. Par choix un peu hasardeux (décor, relative tranquilité) j’entre dans un d’eux, intitulé Grain Store. Je suis bien tombé. 12 vins rouges, 8 vins blancs, un rosé (largement assez) ; trois bulles, deux Sherries y sont servis au verre. Et très bien choisis aussi ! J’ai dégusté un superbe Godello 2015 de Benito Santos (Galice, Espagne) et un très bon Riesling 2014 de Peter Laueur (Saar, Allemagne). 4 des blancs et 3 des rouges étaient français, autrement le choix était très éclectique quant aux origines comme des cépages. Les prix au verre allaient de 4 à 15 livres (un Condrieu pour ce dernier). Lieu très agréable avec cuisine ouverte, décor industriel remanié avec goût, service souriant et bien informé, nourriture excellente sous forme de tapas intelligentes et créatives, mais on peut aussi faire un repas classique. Est-ce qu’on trouve cela à Paris ? Je ne le crois pas, malheureusement.

Je vous ai déjà parlé de la différence entre les gares de St. Pancras et de Paris Nord sur le plan des vins et de la nourriture. Elle est encore plus accablante pour la France !

Je vais devenir Français, en tout cas, j’en ai fait la demande, mais force est de constater qu’en France on traite le vin assez mal en comparaison avec ce qui semble se passer outre-Manche où le service se fait avec le sourire, en tout cas là ou je me suis rendu. Une autre chose m’a frappé : si j’en juge par leurs accents, très peu des personnels de service dans tous ces établissements étaient anglais. Qu’en sera-t-il lorsque le stupide « Brexit » sera consommé ?

David