Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Haridimos Hatzidakis – very sad news from Santorini, Greece

Stone at the Haridimos Hatzidakis winery
Giannis Krassaki

Facebook post from Vasilis Ioannou

I was very shocked and sorry to learn on Friday evening that the inspirational winemaker Haridimos Hatzidakis, based in in Santorini and making wonderful wines – world class Assyrtiko, had died suddenly that day. 

I will treasure the couple of visits that I made to Hatzidakis winery on the Greek island of Santorini. The pleasure of meeting and tasting with him as well as visiting and seeing the remarkable coiled and curled vines on Santorini. 

He was one of the leaders of the recent renaissance of Greek wines and will be sorely missed. 

My sincere condolences to Haridimos’ family and close friends. The cause of Haridimos’ death is as yet unknown.


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Le vin et les effets de l’alcool

J’ai souvent pensé (ou bien dit, ce qui n’est pas exactement  la même chose) que je bois du vin essentiellement pour les sensations gustatives qu’il me procure, et non pas pour l’effet crée dans mon cerveau par la part d’alcool qu’il contient. Que cette part soit variable dans une fourchette allant de 5,5% (une bouteille de Moscato d’Asti partagée l’autre jour) à 15% ne change rien au principe, et il faut aussi admettre que les vins que nous buvons se situent le plus souvent vers le haut de cette fourchette. Je n’aime pas la sensation d’ivresse, et encore moins les comportements qu’elle engendre, chez soi ou chez les autres. Mais il faut aussi admettre que la chaleur et la liberté des échanges peuvent bénéficier d’un certain relâchement qui est aidé à la fois par le partage implicite dans une dégustation de vins entre amis ou connaissances, ET par l’effet désinhibitateur de l’alcool. Sans tomber dans les excès ridicules des prohibitionnistes, nous ne devons jamais nier cette part d’alcool, pas plus que les dangers qu’elle peut représenter.

Pour résoudre ce dilemme, je me demande si je ne préférerais pas que le vin ne contienne pas d’alcool du tout. Cela règlerait aussi bon nombre de problèmes de communication ici en France et ferait exploser le marché mondial du vin. Pour l’instant cette transformation sans perte de saveurs n’existe pas et les quelques vins sans alcool que j’ai pu goûter n’ont guère enchanté mon palais.

C’est un récent article de mon collègue Richard Hemmings sur le site web de Jancis Robinson (https://www.jancisrobinson.com/articles/is-alcohol-in-wine-taboo) qui m’a incité à écrire sur ce sujet qui a trop tendance à être occulté par la plupart des gens qui parlent du vin. Hemmings prend, à la fin de son article, une position intermédiaire sur le sujet. La mienne serait un peu différente dans le sens ou, dans un monde idéal, j’aimerais pouvoir obtenir tous le plaisirs que je vis avec le vin sans aucun effet de l’alcool. De quel ordre sont ces plaisirs alors ? Ils combinent le sensoriel et l’intellectuel, voire l’imaginaire. Si le sensoriel domine, l’imaginaire n’est jamais très loin dès lors que nous passons beaucoup de temps à essayer de comprendre pourquoi un vin ne ressemble pas à un autre. Car le vin n’est ni simplement une boisson, ni une boisson simple. Entrent en ligne de compte, et dans nos cerveaux pas encore émoussés, des images du passé ou du présent qui s’attachent au vin que nous sommes en train de boire : la tête du vigneron, le paysage dont est issu le vin, le ou les cépages, des outils de vinification, les gens avec qui nous avons déjà partagé ce vin, etc, etc. Comme disait quelqu’un, boire du vin c’est boire de l’histoire et de la géographie.

Les mots choisis pour parler de l’acte de consommer du vin indiquent aussi à quel point sa part d’alcool constitue un tabou dans notre petit univers de gens du vin. On dit « déguster » plutôt que « boire » par exemple. Car boire ne désigne pas seulement l’acte de se désaltérer : le mot peut aussi signifier s’enivrer, et cela on ne veut pas trop le voir ni l’admettre. L’ambiguité des religions (et pas seulement l’islam) à l’égard de la consommation d’alcool est, à mon avis, symptomatique de notre ambivalence envers cette substance qui peut nous libérer, nous donner du plaisir, mais aussi nous faire mal et nous aliéner. Evidemment tout est dans le dosage : avec modération, avec modération, comme l’injonction imposée par la loi Evin en France. Mais qu’est-ce que la modération ? J’avoue en tout cas que je ne respecte pas souvent les consignes de l’OMS en matière de consommation d’alcool, même si je fais des efforts.

David

 


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Oeufs au fipronil: ma petite histoire

Moi aussi, j’ai ma petite histoire à raconter sur la crise des œufs au fipronil.

Depuis pas mal de temps, j’achète chez Carrefour Belgique des œufs bio à la marque Carrefour BIO ; des œufs français, s’il faut en croire le code d’emballage sur le paquet (FR 80253). Sauf qu’à y regarder de plus près, les œufs à l’intérieur sont néerlandais – ils sont tatoués en rouge du code 0-NL-4399701 (0 pour bio, NL pour Pays-Bas).

Je suis doublement choqué. Je ne pensais pas que pour des produits non transformés comme des œufs, il suffisait de les emballer pour en changer la provenance apparente (car qui regardait, jusqu’à maintenant, le code tatoué sur chaque œuf ?). Et qu’est-ce qui se serait passé si j’avais consommé les oeufs? Une fois les coquilles cassées, il ne me restait plus que l’emballage… français.

Je ne pensais pas non plus qu’une filière dite bio pouvait aller chercher des œufs à 150 km au nord de chez moi, les emballer à 150 km au sud, et me les réexpédier, passant deux fois deux frontières. Quid de l’empreinte carbone? Quid de la certification?

Je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec l’histoire des vins espagnols se présentant comme français dans le rayon des vins français.

Certes, dans le cas de ces vins, il n’est pas question de santé publique. Mais qui a encore envie de jouer avec la confiance des consommateurs? Après les crises de la vache folle, du poulet au dioxyde, de la viande de cheval, ce sont maintenant les oeufs qui sont sur la sellette. Les distributeurs sont-ils négligents ou tout simplement inconscients?

Hervé Lalau


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Une vigneronne à l’AG

Notre invitée d’aujourd’hui est une vigneronne bio du Beaujolais, également blogueuse à ses heures: Isabelle Perraud (Domaine des Côtes de la Molière). Avec son joli brin de plume, elle nous raconte son passage à l’Assemblée Générale d’Interbeaujolais, en février dernier.  Et son ressenti. 

Isabelle Perraud

J’ai assisté à la première Assemblée Générale de l’Interbeaujolais.
J’ai cru que j’allais m’ennuyer à mourir. Pas du tout!
J’étais avec la petite délégation de BBB (Bien Boire en Beaujolais). Toute seule, je n’aurai pas osé y aller.
Ca m’a un peu rappelé les réunions de syndicat viticole de mon village (avec plus de monde). J’y suis allée une fois ou deux, il y a très longtemps.

On nous fait tout d’abord un bilan des comptes. Comme tout un chacun, on aime bien savoir où va l’argent qu’on leur donne. Mais on ne sait jamais vraiment. On essaie de nous persuader que c’est pour la bonne cause, mais on a toujours l’impression que la bonne cause c’est l’autre et que nous, on n’en voit jamais la couleur.

Il y a quelquefois  des subventions ou des aides pour certains trucs. Moi, je m’y prends toujours trop tard, ou trop tôt, et je n’ai jamais pu bénéficier de ce genre de choses. Alors les autres croient que j’ai une fortune personnelle qui sert à financer ce qu’on doit financer. J’aurais aimé, j’avoue. On évite d’investir, en fait, c’est pas plus compliqué que ça!

 

Ensuite, on a eu un exposé qui était censé nous faire comprendre le marché du vin, les univers de consommation, les stratégies à mettre en place etc… Par une agence de marketing.
J’ai toujours eu le sentiment que ces gens qui font du marketing expliquent des choses que seuls les gens qui ont fait du marketing peuvent comprendre.
Je n’ai pas fait de marketing. Mais j’ai étudié à l’université et écouté des conférences en allemand qui duraient des heures sur l’histoire ou la littérature allemande alors c’est pas un p’tit speech en marketing qui va m’effrayer!

Ce que je constate, c’est qu’on veut toujours essayer de résoudre les problèmes de mévente du beaujolais en expliquant qu’il faut se débrouiller pour vendre. Tu parles d’une nouvelle!
Mais on ne prend pas le problème à la base. On a expliqué, il y a bien longtemps, aux vignerons comment il fallait qu’ils produisent beaucoup, on leur a dit de planter des vignes aussi pour en avoir encore plus, qu’ils pourraient gagner beaucoup d’argent, on leur a dit qu’il fallait qu’ils vinifient de telle façon pour que le négoce achète les vins. Une façon qui n’était pas la leur, mais on leur a bien expliqué que leur façon était has been, qu’il fallait être modernes, et pas rester des ploucs.

Maintenant, on leur reproche d’avoir planté des vignes partout, d’utiliser des produits qui tuent tout, de faire des vins qui ne plaisent qu’aux organismes certificateurs et au négoce; mais celui-ci ne veut plus acheter parce que le beaujolais… ça se vend plus comme avant. Alors on essaie de leur expliquer qu’il faudrait repenser les façons de faire. Mais qu’ils devront le faire tout seul, cette fois-ci.

Alors tout le monde y va de son jugement accablant sur ces vignerons.
Toi, quand ton patron te dit de faire un boulot, qu’est ce que tu fais? Et bien tu le fais, parce que c’est lui qui te paie et que t’as juste envie de garder ce putain de boulot qui te fait bouffer, toi et ta famille.
Le patron, ici en Beaujolais, c’était le négoce. Tout le monde croyait bosser comme des indépendants.
Non, le patron c’était lui, juste lui.

Aujourd’hui, tout le monde en veut au négoce parce qu’il a abandonné le navire. Ou tout du moins la plupart des navires. Certains vignerons ont pris une barque. Pas trop rassurés parce qu’ils ne savaient pas nager mais ils ont appris, tant bien que mal.
D’autres ont coulé… On a essayé de leur balancer quelques billets à coup de subventions mais les billets, ça fait pas apprendre à nager. On aurait mieux fait de leur balancer des bouées…
Maintenant, on essaie d’expliquer à ceux qui se sont accrochés au navire qu’il va falloir qu’ils le lâchent définitivement.

On leur parle marketing. On leur dit qu’il faut qu’ils définissent leurs univers, que selon l’univers de leur vin, il faudra s’adresser à une certaine clientèle etc… On leur  dit des mots comme romantisme, hédonisme, Beaujonomie
J’ai imaginé le vigneron, rentrant chez lui, qui n’avait encore rien vendu cette année au négoce et qui pensait commencer à commercialiser… Il a du passer une bien mauvaise nuit… Parce que moi, même si j’ai compris ce que voulait dire le Monsieur du marketting, je me demande comment je pourrais m’en servir pour vendre mes bouteilles…

Cultiver, produire, vinifier, vendre, ce n’est pas du marketing. C’est l’histoire des femmes et des hommes du vin. Qu’il faut qu’ils se réapproprient. On leur a volé leur savoir faire il y a des décennies. Il faudra un long travail pour qu’ils réapprennent à faire et à savoir sans douter. A retrouver la confiance. Et je sais que la confiance, quand on l’a perdu, on ne la retrouve jamais comme avant.

Isabelle Perraud


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Impromptu sur les bords du Lac de Bienne

La météo nous avait prédit un temps maussade et voilà qu’il faisait beau au pied de la chaîne du Jura, côté suisse. C’était au début printemps dernier. Après un peu de bateau, une dégustation inopinée nous a permis de déguster quelques cuvées issues des vignobles qui bordent le lac, Bielersee AOC. Cela se passait à la Vinothek Viniterra de Twann. Vous l’aurez compris, nous étions dans la partie bernoise du lac de Bienne (Bielersee en allemand). C’est une région bilingue où francophones et germanophones se côtoient, un peu comme chez moi, mais peut-être avec moins d’aléas, du moins, je crois. Le lac de Bienne constitue avec celui de Neuchâtel et celui de Morat, le Pays des Trois-Lacs ou Drei-Seen-Land réparti entre les cantons de Berne, Fribourg, Neuchâtel et Vaud. Le canton de Neuchâtel borde l’extrémité ouest du lac de Bienne. Voilà le décor planté, place à la dégustation.

Sur le lac de Bienne

Accoudé au comptoir de la vinothèque

 

Elle semblait totalement improvisée, cette dégustation, mais la bonne humeur, l’entrain, l’endroit et puis la qualité du choix des vins et la présence des vignerons ont rapidement infirmé cette première impression. Mais quoi de plus sympa que de déguster dans une atmosphère décontractée où tout est prévu sans que cela ne se ressente.

Clos de Rive 2015 Chasselas Bielersee AOC Andrey Weinbau à Ligerz

Robe blanche au léger jaune, des fruits blancs et jaunes maculent de leur chair quelques cailloux éclatés, impression de marmelades de mirabelle et de poire aux accents fumés. Belle fraîcheur en bouche avec du croquant que la trace de carbonique rend plus perceptible, plus pointue. Les parfums de rose blanche et d’aubépine se pavanent avant de laisser la guimauve et l’amande terminer l’élégant discours. www.andreywein.ch  Un vin délicat qui a renforcé notre bonne humeur.

Chasselas 2015 Bielersee AOC Weingut Bielerhaus à Ligerz

La robe lumineuse, presque fluo au mélange de vert et de jaune, au nez de gelée de pissenlit et de poire croquante couchée sur un lit de foin. La bouche suave, fraîche, rappelle les tisanes de montagne accompagnées d’un carré de chocolat blanc. La texture fluide au liseré délicatement amer au goût de réglisse. Un chasselas particulier mais dont le caractère affirmé plaît. www.bielerhaus.ch

Chasselas 2015 Bielersee AOC Weinbau Schlössli à Twann

Transparence jaune aux nuances vertes qui évoque le citron et le melon poudrés de poivre noir et de muscade. La bouche offre un équilibre assez différent des deux premiers. Moins acide, il s’avère plus ample, plus large, parfumé d’angélique, de bigarreau et d’agrumes confits, style tutti frutti sans le sucre, mais avec une pointe saline. Un autre aspect du Chasselas bien plus nuancé qu’on le croit en général.

Fromentin 2015 Lac de Bienne AOC Domaine du Signolet à La Neuveville

Jaune blanc, nez de pêche blanche épinglée d’une étoile de carambole et coiffée d’une feuille de menthe poivrée. La bouche à la fois acidulée comme les jus mêlés d’une groseille à maquereau et d’un citron jaune et salée comme une goutte d’embrun. Après ce va-et-vient gustatif, le vin s’assagit et nous livre quelques subtiles nuances de mandarine, de noisette et de fougère. Sacré Savagnin alias Fromentin! www.lesignolet.ch

Blanc 2015 Bielersee AOC Anne-Claire Schott à Twann

Un vin particulier, la robe vert pâle, le nez respire l’asparagus et la rose ancienne, le silex, la fougère, un rien la rhubarbe. La bouche croque et nous fait craquer par cet oscillation subtile entre fraîcheur et amertume. Un duo qui vite se transforme en trio avec la suavité des fruits confits. Tout y est bien sec, mais avec de l’onctuosité. Il est à la fois tranchant et généreux, plein de caractère mais courtois. Et puis élégant, très élégant avec cet élan floral qui ne nous lâche pas. Le plus marrant, c’est que c’est un vin d’assemblage aux raisins cueillis le long des murets, là où le soleil le réchauffe le plus. Ces six cépages, Chasselas, Pinot Noir et Gris, Chardonnay, Sylvaner et Sauvignon ont été vinifié dans un œuf. www.schottweine.ch www.aromaderlandschaft.ch

Ce qui étonne aussi, c’est la grande fraîcheur de ces vins. Avant de rejoindre la vinothèque, un passage sur l’île Saint Pierre au milieu du lac de Bienne nous avait confronté à un équilibre tout différent.

Les Chasselas y étaient moins vifs, comme les autres cépages. Mais certes tout aussi agréables à déguster. L’explication la plus plausible, le sol. Sur l’île, la vigne pousse dans des sables de grès décomposés, donc un sol acide. Alors que sur la rive nord, autour de Twann, elle est plantée dans des calcaires, un sol basique. Ma courte expérience sur le sujet, selon laquelle un sol basique donne des vins plus acides et inversément un sol acide donne des vins moins acides, semble se vérifier, au moins quand la nature même du substrat n’offre qu’un seul type de roche; après, tout peut se nuancer.

Si vous passez par la Suisse, profitez-en pour y déguster quelques vins, ça en vaut la peine.

 

Widerluege!

 

 

 

Marko


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In memoriam Charles Doyard

Nous apprenons avec tristesse le décès de Charles Doyard, de la maison de Champagne éponyme. Il a succombé mercredi à une crise cardiaque, à l’âge de 31 ans.

Charles et Yannick, son père, nous avaient reçus très chaleureusement à Vertus il y a 6 ans, lors des quelques jours que les 5 du Vin avaient consacré à la découverte des vins des Artisans du Champagne, dont le domaine est membre.

Il était notamment le créateur de la cuvée Oeil de Perdrix, un rosé pour lequel il avait obtenu le prix du Jeune Talent de Champagne en 2012.

Toutes nos condoléances à sa famille et à ses proches.

Photo (c) Jim Budd

Les 5 du Vin


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L’actualité du vin : les dernières nouvelles qui m’ont fait réagir (volet 1) !

  •  Michelin acquiert 40% de la société Robert Parker

C’est une nouvelle qui m’aurait grandement interpellée il y a 20 ans, car à cette époque là, le Michelin était pour nous presque aussi important que l’air que nous respirions. Je me rappelle combien nous étions dépendants de ses inspecteurs, qui débarquaient le jour où on les attendait le moins, qui se présentaient ou non à la fin du repas, qui inspectaient les cuisines et repartaient sans aucun commentaire ou presque. Je me rappelle aussi du verdict annuel. Installés à Céret, au fin fond de la France comme nous l’étions, ce guide nous était indispensable, sans lui point de salut, du moins c’est ce que nous croyions. Et, je mentirais si je ne reconnaissais pas que le jour où sont tombées les 2 étoiles a été une de nos plus belles journées professionnelles; c’était aux Feuillants, en 1997. Fierté, émotion, énergie sont les sentiments qui nous ont envahis et que nous avons partagés avec mon mari: je n’oublierai jamais. Tout cela me paraît bien loin, j’ai la sensation qu’aujourd’hui, je réagirais différemment; d’abord, parce le Michelin me semble moins crédible qu’il ne l’était; et puis, parce qu’il y a d’autres moyens de communiquer.

L’objectif annoncé de l’alliance Michelin/Parker, «offrir encore plus aux amateurs de gastronomie et de vin du monde entier, permettre à nos clients amateurs de restaurants haut de gamme mais aussi de grands crus, de vivre des expériences uniques au monde», me paraît plus commercial qu’honnête.  A priori, rapprocher le vin et la gastronomie, voilà qui devrait nous combler de bonheur, mais ce rapprochement entre le monde des critiques de vin et celui des critiques gastronomiques ne me dit rien qui vaille: si les deux secteurs s’entendent, ça ne va pas être triste ! On peut y voir le bon côté des choses et penser que le gourmet sera conseillé, de A à Z, il n’aura plus qu’à se laisser guider selon ses moyens financiers. Mais voilà, je ne sais plus si je leur accorde comme je le faisais avant, ma totale confiance,  la présence, le poids des groupes industriels comme Nestlé et autres, ont changé la donne; et je me demande à quelle sauce financière nous  allons être mangés.  A vrai dire, ça ne me concerne plus et devrait me laisser totalement indifférente, mais je m’en étonne encore. Les temps et les motivations changent. Aujourd’hui, je sélectionne les restaurants en me fiant à des palais que je considère comme sûrs, c’est-à-dire qui partagent les mêmes goûts culinaires que moi.

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  • Foires aux Vins d’automne déjà annoncées:

Tout comme les articles de la rentrée scolaire, ça y est, les foires aux vins de la rentrée sont de retour, les catalogues sont en ligne, les opérations commerciales lancées ! Vous n’imaginez pas le travail en amont et le stress que représente la mise en place de ces foires. Elles proportionnent un chiffre d’affaires important, il est donc interdit de les rater. D’année en année, elles ont pris de l’ampleur, se sont organisées, leur succès ne faiblit pas, bien au contraire. La presse s’en est mêlée, évidemment pour le « bonheur de tous », car elle en est la première bénéficiaire; le bonheur des enseignes ensuite et enfin celui des consommateurs qui bénéficient au mieux d’un éclairage professionnel ou au pire de « publi-rédactionnels ». Enfin, il y aurait beaucoup à dire, sur le rôle de certains magazines qui sont à la fois juges et partie.  Je me rappelle qu’à LAVINIA, et j’imagine que c’est encore comme ça, nous étions sous pression à partir du mois de mai. Il fallait établir la liste des vins que nous allions présenter, laquelle devait être innovante et classique à la fois. Elle devait plaire à la direction, elle était pensée pour accrocher les journalistes, et finalement les clients. Donc un mix entre des vins incontournables dont il fallait trouver les volumes ; de vins classiques, Bordeaux, Bourgognes, Champagnes, Rhône pour rassurer les clients ; des nouveautés ; des vins de vignerons pour « épater » les journalistes, des étiquettes exclusives… Bien entendu, il fallait négocier les prix pour ne pas être plus chers que la concurrence, et en même temps essayer de sauver la marge. Un travail de Titan. Quand, finalement, la liste avait l’aval de la Direction, il fallait commander les vins avant les grosses chaleurs, si possible, et préparer la fameuse dégustation pour les journalistes. La tâche était confiée à un cabinet de Relations Publiques qui se chargeait des invitations, pas si facile que ça de les faire se déplacer, car trop sollicités. Et, quand ils sont là, ils ne goûtent que ce qu’ils ont envie, et ne réagissent pas toujours comme on le souhaiterait, mais, ça c’est normal, c’est le jeu. Ensuite, arrivent les parutions et le verdict tombe, si on est bien placé en prix, et, si, certains de nos vignerons sont en coup de cœur ou non,  on est assuré des retombées, avec une influence directe sur le chiffre d’affaires. Déjà Terre de Vins et Le Figaro Vins donnent en avant-première les dates des principales enseignes et annoncent leurs coups de cœur.

Voici ce que je viens de lire sur Terre de Vins, sous le titre « Coup de cœur Lavinia » (du 5 septembre au 2 octobre 2017):

Vin de France 2016 Domaine Bertrand Jousset – 13 €
Vin de France 2016 Domaine Pattes Loup – 13 €
Les deux cuvées « solidaires », celle de Bertrand Jousset du domaine éponyme à Montlouis sur Loire et celle de Thomas Pico (domaine Pattes Loup) en Bourgogne sont en Vin de France. Les deux jeunes vignerons ont particulièrement souffert des aléas climatiques dans leur vignoble et sont donc allés chercher des raisins ailleurs pour élaborer leur vin : Chez Bertrand Jousset, le chenin et le chardonnay de la cuvée l’Exilé proviennent de raisins bios vinifiés en barriques et peu sulfités ; chez Thomas Pico, les moûts de chardonnay certifiés en bio ont été achetés à des amis du Sud-Ouest et acheminés en citernes calorifugées (les noms des fournisseurs sont sur l’étiquette). De jolis vins de copains et de partage qui méritent un achat solidaire. »

Je me réjouis pour ces deux vignerons que j’ai découvert en son temps et que nous avons tellement mis en avant. La réussite des foires aux vins dépend avant tout d’une bonne sélection, certes, mais surtout des prix et de la confiance que les clients accordent à l’enseigne. Ils y font des affaires, car en général les prix sont intéressants et la qualité est au rendez-vous dans les magasins sérieux. Ces derniers boostent leur chiffre d’affaires, et quelques négociants bordelais et vignerons se délestent de leur stock.

Alors, vive les foires aux vins!

Lise et Bertrand Jousset et Thomas Pico

  • Une nouvelle appellation en Bourgogne: »Bourgogne Côte d’Or »

    L’INAO a validé la création de l’appellation “Côte d’Or”, la 14ème dénomination géographique en Bourgogne. Elle s’étend à travers les vignobles de Côte de Nuits et Côte de Beaune, dans le département de la Côte d’Or et jusqu’aux Maranges, dans la Saône-et-Loire, soit potentiellement 1.000 hectares, en excluant le Châtillonnais et l’Ouest-Dijonnais.La dénomination a été validée par L’INAO, le 15 juin dernier. Les viticulteurs de 19 communes de Côte-d’Or pourront utiliser cette appellation et 17 autres communes dont 4 en Saône-et-Loire, sont quant à elle susceptibles de l’utiliser mais pas dans leur intégralité. Ils pourront afficher l’appellation “Côte d’Or” sur leurs bouteilles dès la cuvée 2017, sous réserve de publication au journal officiel prévue en Novembre 2017.

    Pour eux, il s’agit de se démarquer de l’appellation régionale “Bourgogne” en mettant en valeur la renommée viticole du département Côte d’Or et leur cahier des charges est plus contraignant:  seul le rendement, revu à la baisse de 2 hl/ha par rapport à l’appellation régionale (68hl/ha pour les blancs et 60 hl/ha pour les rouges et rosés), sera modifié.

    Pourquoi pas, si les vignerons la voulaient, c’est qu’ils en ressentaient le besoin. Je trouve quand même que ça fait beaucoup d’appellations, les clients vont s’y perdre. L’appellation Bourgogne me paraissait suffisante, bien sûr comme dans toutes les appellations, il y avait dans celle de Bourgogne, du très bon, du bon et du moins bon. En réalité quand on achète un Bourgogne rouge ou blanc, les paramètres les plus importants à mes yeux étaient :

    • Le producteur
    • Le village de production

    Et, avec ça, je n’ai pas besoin d’une appellation Côte d’Or, mais bon, peut-être que ça avantage les petits producteurs moins connus qui pourtant travaillent très bien. Nous verrons bien ce que ça va donner, une augmentation des prix, ça c’est sûr.

  •  Le vin le plus cher du monde (Journal du Net, le 28 juillet dernier)

Le vin le plus cher au monde est sans surprise, une bouteille du domaine de la Romanée-Conti. Au 1er juillet 2017, il se négocie en moyenne à 12 877 euros. Mais certains vendeurs affichent des prix encore plus élevés. On peut le payer jusqu’à 71 300 euros. C’est la Loi de l’offre et de la demande.

Le deuxième vin le plus cher du monde est un vin allemand. Il s’agit d’une bouteille de Scharzhofberger Riesling Trockenbeerenauslese, d’Egon Muller. Elle se vend en moyenne à 7 726 euros. Quatre autres vins allemands sont présents. Tous sont des Riesling.

On note la très forte présence des Bourgognes 12 au total. Petrus, le premier vin bordelais du classement, n’arrive que 17e. S’il est plutôt bas dans le classement, il se vend tout de même jusqu’à 3 945 euro. Je suis étonnée de n’y voir aucun vin espagnol, pas même le Pingus.  A part l’écrasante majorité des vins de Bourgogne, on y trouve 4 rieslings allemands, 2 Pomerols, et un Porto.

La liste est  issue du site Wine-searcher, à partir d’une base de données de plus de 7 millions d’offres. Classement à partir du prix moyen d’une bouteille standard (75 cl), tous millésimes disponibles.

Classement qui reste très stable et qui n’apporte aucune surprise. Les amateurs fortunés ne s’aventurent pas hors des sentiers battus.

  • Vendanges historiquement précoces dans les P.O et en Espagne

Jamais vendanges n’avaient commencé aussi tôt dans les Pyrénées Orientales :  la récolte a quinze jours d’avance… C’est le Château de Jau qui a donné le coup d’envoi en ramassant ses Muscats à petits grains afin de conserver de l’acidité et de la fraîcheur. En cause, le réchauffement climatique, certes, mais aussi l’élaboration de certaines cuvées atypiques comme le le Sparkling Jau.

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Mais l’Espagne n’est pas en reste, les vendanges ont également démarré aux Canaries et à Montilla-Moriles. Partout, elles seront plus précoces que la normale, de 10 à 30 jours.fotonoticia_20160408104821_1280

Hasta Pronto et bonnes vacances pour ceux qui y sont…

Marie-Louise Banyols

Pour ceux que ça intéresse, ci-dessous, la liste des vins les plus chers du Monde.

Les vins les plus chers du monde
Rang Nom Région Pays Prix moyen (dollars) Prix maximum (dollars)
1 Domaine de la Romanée-Conti Romanée-Conti Grand Cru Côte de Nuits France 15 104 83 628
2 Egon Muller-Scharzhof Scharzhofberger Riesling Trockenbeerenauslese Moselle Allemagne 9 062 17 089
3 Domaine Leroy Musigny Grand Cru Côte de Nuits France 7 271 22 621
4 Domaine Leflaive Montrachet Grand Cru Côte de Beaune France 6 851 17 299
5 Domaine Georges & Christophe Roumier Musigny Grand Cru Côte de Beaune France 6 113 17 847
6 Domaine de la Romanée-Conti Montrachet Grand Cru Côte de Beaune France 5 250 15 565
7 Joh. Jos. Prum Wehlener Sonnenuhr Riesling Trockenbeerenauslese Moselle Allemagne 4 880 8 544
8 Domaine Leroy Chambertin Grand Cru Côte de Nuits France 4 009 22 621
9 Leroy Domaine d’Auvenay Mazis-Chambertin Grand Cru, Cote de Nuits, France Côte de Nuits France 3 917 7 520
10 Domaine Leroy Richebourg Grand Cru Côte de Nuits France 3 490 8 892
11 Domaine de la Romanée-Conti La Tache Grand Cru Monopole Côte de Nuits France 3 359 17 596
12 Coche-Dury Corton-Charlemagne Grand Cru Côte de Beaune France 3 183 8 640
13 Domaine du Comte Liger-Belair La Romanée Grand Cru Côte de Nuits France 3 170 6 144
14 Screaming Eagle Cabernet Sauvignon Napa Valley Etats-Unis 3 046 11 644
15 Egon Muller-Scharzhof Scharzhofberger Riesling Beerenauslese Moselle Allemagne 2 948 5 084
16 Taylor Fladgate Scion Vintage Port Portugal 2 844 8 015
17 Petrus Pomerol France 2 844 4 627
18 Domaine Faiveley Musigny Grand Cru Côte de Nuits France 2 810 37 624
19 Staatsweingut Kloster Eberbach Erbacher Steinberger Riesling Trockenbeerenauslese Rheingau Allemagne 2 805 8 270
20 Le Pin Pomerol France 2 705 7 940