Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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4 rosés pour la fin de l’été

La couleur du tendre, je l’aime bien, elle flatte l’œil et quand on la choisit bien, elle enchante le nez et caresse les papilles.

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Il paraît qu’après le 15 août, l’été est fini.
Alors pour fêter cette funeste issue, éclatons quelques flacons.
Et quelle bulle est mieux appropriée au caractère estival que la bulle rosée?…

Atmosphère extra-brut 2012 Famille Combard à La Londe-les-Maures

L’effervescence ajoute un sens à la dégustation, l’ouïe. On penche l’oreille près du verre, on ferme les yeux et là on entend le chant des cigales entrecoupé du ressac léger de la méditerranée.
Saumon doré nimbé de chapelets irisés à la densité émoustillante qui viennent éclater en une écume rose et fine. Ce nez qui respire la groseille, le melon et l’abricot fait d’emblée songer à un rosé provençal élégant et vineux. Quelques épices, une note de garrigue confortent l’impression méditerranéenne. La bouche fraîche sans agressivité coule suave et pétillante sur les papilles grisées. Ces dernières recensent les parfums sentis, y ajoute un filet de citron, un accent d’écorce, histoire de nous laisser la mémoire vivifiée.

Atmosphe 2012
Cette cuvée est issue des cépages Cinsault et Grenache vinifié comme un rosé de pressurage direct. La deuxième fermentation, la prise de mousse, se fait en bouteille grâce à l’ajout de moût de raisin. Les bouteilles restent sur lattes pendant 9 mois. Dosage environ 5g/L.
http://figuiere-provence.com

Côtes de Provence sous région mai 2010 130
Un deuxième pétillant, Crémant du Jura qui nous guide vers l’automne

Rosé brut Crémant du Jura Domaine Rolet

Ici, le son de l’écume rappelle les bouillons blancs qui s’ocrent de la couleur de feuilles et tourbillonnent au bas des cascades de tuf.
Saumon à l’écaille dorée, la bulle intense et nacrée, le nez épicé et fruité nous rappelle les grains de grenade entre deux dents éclatés, le jus poivré de la framboise, la groseille soulignée de santal. La bouche s’avère savoureuse, distillant lentement sa douceur acidulée. Elle adopte la texture veloutée de l’abricot, l’onctueux de la chair de pêche, le confit d’une mandarine parfumée d’un soupçon de Cayenne. Un bouton de rose rend délicat ce délice gourmand.

Franck RIBARD - REGARD OBJECTIF® - Photographe - ARCHITECTURE, INDUSTRIE, COMMUNICATION : evenementiel, illustration, portrait ... Tél. 06.28.07.43.33 - Email : franck.ribard@regard-objectif.fr - WWW.REGARD-OBJECTIF.FR

Ce rosé assemble Poulsard, Pinot Noir et Trousseau. Deuxième fermentation en bouteille pour la prise de mousse et élevage sur lattes pendant 12 mois. Dégorgeage et repos de 2 mois avant la commercialisation.
http://www.rolet-arbois.com

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Redevenons tranquille…

Château Maylandie rosé 2014 Corbières

La robe brillante au ton saumoné nuancé de violet offre les parfums fruités des melons charentais et des groseilles rouges, la pointe acidulée du citron jaune. La bouche s’avère d’un abord aussi aisé que le nez le laissait supposer. Sans être vive, elle s’épice petit à petit de poivre qui souligne les fruits sentis y ajoutant grains de grenade et pêche de vigne, s’agrémente d’une agréable amertume au goût de réglisse et d’écorce d’agrumes qui amplifie sa fraîcheur. Un rosé à la fois délicat et tendrement gourmand.
Pressurage direct pour la Syrah et saignée pour les Grenache et Cinsault.

Passe-Rose 2014
http://www.maylandie.fr

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Passe-Rose 2014 Les Baux de Provence Mas Sainte Berthe

Sa jolie couleur saumon pâle aguiche l’œil, son tendre parfum à la fois floral et fruité séduit le nez. Reste la bouche à convaincre. Cette dernière fond littéralement devant autant d’élégance et de retenue calculée. Les notes fruitées, elle les distille petit à petit, sans extravagance, juste assez pour laisser les papilles en éveil. Gelées de groseille, de framboise et de myrtille soulignées de poivre et de cumin ravissent le palais. Une fraîcheur sapide rehausse les fragrances et nous suit sur la longueur pour nous conduire à celle délicate de fleur de sureau.
Assemblage : 61% de Grenache, 18% de Syrah et 3 x 7% de Mourvèdre, Cinsault et Cabernet Sauvignon

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http://www.massainteberthe.com

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Ciao

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Marco

Vingrau, le cirque et son tapis de vignes. Photo©MichelSmith


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Patrimoine viticole : Vingrau, mais quel cirque !

Trou de mémoire passager : comment dit-on déjà beau en langue catalane. Ne cherchez pas ! Je l’ai fait dans la foulée et simple comme bonjour, c’est bella. Et grandiose ? Simple aussi : grandios avec un accent aigu sur le « o » que je n’arrive jamais à placer. Mais lorsque l’on se veut arpenteur de vignobles comme moi, comment dire beau en catalan – ou en occitan d’ailleurs – en y ajoutant une forte intonation vineuse ? Là, j’ai la réponse sur le bout de la langue puisqu’il suffit de dire Vingrau ! Pas uniquement parce qu’il y a du « vin » dans ce mot, mais aussi « grau », gradi en latin, pour grade ou marche. En effet, la légende dit que pour accéder à ce cirque majestueux, il fallait, une fois tourné le dos à la côte, grimper les vingt grades (vingrau) du Pas de l’Escala, le col qui permet de dévaler en boucles jusque sur le village de Vingrau blotti juste en contre-bas. Plus de marches à gravir de nos jours, juste une belle route goudronnée qui serpente dans la garrigue allant jusqu’à ce panorama spectaculaire bordé de falaises dont l’à-pic est devenu la coqueluche des grimpeurs du monde entier. Il y a longtemps, dans les années 1988 je crois bien, lorsque j’ai été confronté pour la première fois à la beauté du lieu en montant par le camp de Rivesaltes et la pinède de Montpins, je fus littéralement espanté comme on dit à quelques kilomètres d’ici, de l’autre côté de la frontière invisible qui sépare les PO de l’Aude. « Putain, c’est grandiose ! » me suis-je esclaffé alors.

Vingrau, le cirque et son tapis de vignes. Photo©MichelSmith

Vingrau, le cirque et son tapis de vignes. Photo©MichelSmith

À chaque fois que je repasse le col de l’Escala, c’est la même sensation d’émerveillement. Pourtant, ce ne sont pas les sites viticoles qui manquent par ici : Tautavel, Cucugnan, Maury, La Tour de France, la route de la corniche au dessus de Banyuls et de Collioure, celle qui va de Calce à Estagel… on ne sait plus où donner des yeux ! Lors de ma dernière balade dans le village de Vingrau où plusieurs caves ouvraient leurs portes à la manière de ce qui se fait à Calce et dans tant d’autres villages, je me suis arrêté à la Cave coopérative, aujourd’hui mariée à celle de Tautavel. J’y ai goûté mon vin favori, Le Cirque, un Côtes Catalanes bouché vis qui ne coûte que 5 €. En blanc (Grenache gris, mais il existe aussi un Muscat), c’est pas mal du tout, en rosé aussi, tandis qu’en rouge 2014 (Grenache noir, Syrah, Carignan), j’ai retrouvé le petit vin de grillades que j’aime tant.

Le bel accueil... Photo©MichelSmith

Le bel accueil… Photo©MichelSmith

Au bout du village, chez Hervé Bizeul, j’ai été agréablement surpris par la droiture et la densité du rouge Côtes du Roussillon Villages Vieilles Vignes 2012 (25 €). Dans le même millésime et la même appellation, un Clos des Fées savoureux et très discrètement boisé, fort long en bouche (50 €), vinifié en partie en demi-muids de 500 litres et élevé en barriques neuves, révèle la quintessence d’un travail d’assemblage équilibré, là aussi à partir de vieilles vignes qui ne manquent pas dans ces anciennes Corbières du Roussillon.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

À côté, au Domaine de L’Edre, Jacques Castany et son épouse m’ont présenté leur Villages 2012 Carrément rouge d’une densité et d’une fraîcheur assez bluffantes (14,50 €). Un tour rapide au Domaine de L’Éléphant, chez Renaud Chastagnol, ainsi qu’au minuscule et nouveau Domaine du Bac (à suivre) où j’ai pu goûter quelques beaux vins : un rouge 2011 assez tannique et long pour le premier (45 €) et un superbe Côtes du Roussillon blanc 2013 pour le second (12 €). Enfin, je n’ai pu résister à me lancer sur le petit chemin qui conduit chez Alain Razungles, éminent professeur à Sup Agro (Montpellier).

Alain Razungles. Photo©MichelSmith

Alain Razungles. Photo©MichelSmith

Tout en enseignant, Alain ne s’est jamais séparé du Domaine des Chênes créé par ses parents. Il y vinifie des blancs extraordinaires au point que ceux-ci représentent près de la moitié de ses ventes, ce qui est assez unique dans le Roussillon. J’aime particulièrement l’IGP Côtes Catalanes Les Olivettes 2011 associant les macabeu au muscat d’Alexandrie : ample, gras, c’est un vin jouissif, bien structuré qui procure beaucoup de plaisir à l’apéritif et qui tiendra volontiers quelques années de plus. Je n’ai pas noté les prix, mais ils sont raisonnables et ne dépassent pas 10 €, départ cave bien entendu. Dans la même trempe, le Côtes du Roussillon Les Sorbiers 2012 et Les Magdaléniens 2011, laissent plus de place à la barrique ainsi qu’au Grenache blanc et au Macabeu. Ce sont des vins de pur plaisir.

Photo©MichelSmith

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Dans la série des rouges, j’ai un faible pour le Villages 2011 Les Grands Mères. Mais j’en reparlerai un jour dans ma rubrique du Dimanche car le vin est pour l’essentiel composé de Carignan. Le Tautavel (un Villages) Le Mascarou 2011, Syrah, Grenache et Carignan noirs chacun présent au tiers, élevage en barriques anciennes, jouit d’un nez porté sur la finesse. Il réserve beaucoup de volume et de chaleur en bouche, est armé de beaux tannins et d’une remarquable longueur et peut encore tenir 5 à 10 ans (autour de 12 €). Le Tautavel La Carissa 2007, Grenache et Syrah en majorité, complétés par le Carignan et le Mourvèdre avec un élevage en barriques au quart neuves, a conservé lui aussi un nez magnifique, en plus de notes très concentrées (torréfaction), épicées et chaleureuses, sans oublier une grande longueur (près de 20 €).

Photo©MichelSmith

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À noter qu’il y a dans ce domaine de 38 ha encore vendangé à la main et qui continue de livrer 30 % de sa production (jeunes vignes) à la coopérative locale, de fort belles affaires à réaliser en matière de Vins Doux Naturels dont un Rivesaltes ambré d’anthologie, sans parler d’un renversant Côtes Catalanes Rancio sec L’Oublié 1999, issu d’un Macabeu élevé sous voile en barriques durant 7 ans. Un vin d’une profondeur inouïe doté d’une belle mais forte amertume évoquant le rance de la noix verte. Cela faisait 10 ans au moins, depuis mon travail préparatoire pour mon livre Les Grands Crus du Languedoc et du Roussillon paru en 2005, que je n’avais exploré ce domaine exemplaire qui, non content de développer une gamme assez complète démontrant la spécificité de ce cirque naturel tapissé de vignes pour beaucoup très âgées, va chercher à maintenir haut le culte de la tradition qu’offrent les VDN. À commencer par le Muscat de Rivesaltes que j’avais oublié de recommander. Un vin représentatif de ce terroir argilo-calcaire largement recouvert de cailloutis et de galets roulés par endroits. Bien à l’écart du cirque de Vingrau, à 300 mètres d’altitude parmi les grès de la garrigue, Alain Razungles entretient aussi quelques parcelles qui donnent des vin de belle tenue.

Photo©MichelSmith

D’un côté les Corbières, de l’autre le Roussillon. Photo©MichelSmith

Ainsi va le Roussillon, d’un pas sûr. Comme Tresserre, Cassagnes, Saint-Paul-de-Fenouillet, Calce, Montner ou Latour-de-France, d’autres encore, Vingrau, petit à petit, rejoint la palette des villages vignerons. Ils l’étaient déjà du temps où la Maison Byrrh recherchait les degrés élevés du Grenache, mais ils le sont bien plus maintenant qu’ils vinifient et qu’ils mettent en bouteilles.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Tenez, à force de rêvasser, j’ai oublié le plus fameux d’entre tous, Jean Gardiès, le plus talentueux aussi peut-être. Le gars est de Vingrau, mais pour une raison qui lui appartient, il n’exposait pas ses vins en cette fin Juin où le village ouvrait ses caves à grands renforts de flonflons et de guirlandes. Ce sera l’occasion pour moi d’aller lui rendre une visite plus approfondie une fois qu’il se sera tiré de ses vendanges. En attendant, si vous ne savez que faire ce week-end, prenez donc rendez-vous avec Alain Razungles ! Vous ne serez pas déçus du voyage et il vous indiquera même l’ancienne voie romaine qui traverse le vignoble près de chez lui. Ou, en longeant le Verdouble vers Tautavel et l’antichambre des Corbières, allez découvrir à la Caune de l’Arago, la grotte du plus vieil européen, à Tautavel, en même temps que la plus vieille incisive de France !

Quel cirque ce Roussillon !

Michel Smith

Photo©MichelSmith

Pendant que les parents trinquent, qui fait le clown ? Photo©MichelSmith


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L’autre pays du viognier

Un voyage au Sud de l’Ardèche a achevé de me convaincre: le viognier a trouvé dans cette région sa seconde patrie. 

On m’objectera peut-être que la première – les Côtes de Rhône septentrionales, et notamment Condrieu, n’est pas si éloignée.

Le Sud de l’Ardèche présente cependant des traits bien différents, et compte tenu de l’étendue du vignoble, plus divers. Géologiquement, nous quittons le royaume du granite pour une «marche» plus mélangée présentant des sols variés, tantôt acides, tantôt alcalins – grès, calcaires, marnes, galets roulés (et encore, je schématise, car entre les deux, il y a aussi une zone de basalte).

Côté climat, côté paysages et côté accent, on sent déjà la Provence.

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Ce qui frappe, dans les Viogniers d’ici, c’est qu’ils présentent pas mal d’acidité pour un cépage censé en manquer; c’est d’autant plus étonnant que les sols sont plutôt moins acides qu’à Condrieu.

J’appelle à la barre l’oeno-géologue Georges Truc : «Les blancs sont bien souvent plus acides sur calcaire que sur roches acides, comme on le voit à Châteauneuf du Pape ou à Gigondas. Nous touchons là à un phénomène qui relève de la physiologie de la vigne».

Quoi qu’il en soit, les Viogniers d’ici présentent un autre équilibre, une autre personnalité. La preuve par l’exemple avec six cuvées «in purezza», plus un assemblage.

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Cave de la Blachère Viognier 2014

Abricot, pêche, jus de raisin, quelques notes végétales et une belle amertume finale (pour ne pas parler de minéralité).

http://www.cave-lablachere.fr/

Domaine du Grangeon Viognier 2013

Christophe Reynouard, qui exploite ce domaine de 17ha en terrasses sur les hauteur de Rosières (Balbiac), a travaillé chez Georges Vernet à Condrieu; la boucle est bouclée avec ce viognier très fruité, à la matière fraîche mais pleine de sève; en finale, le fruit revient à plein paniers,  poire et pêche. Le grand coup de coeur.

http://domainedugrangeon.free.fr/

Importateur en Belgique: Bernard Poulet (Bruxelles)

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Domaine Salel-Renaud Quesaquo 2013

De la pêche et du magnolia au nez, mais aussi de jolies notes fumées; la bouche, relativement souple, mais grasse, tire vers les épices et le thé. Bel équilibre d’ensemble.

http://www.domainesalelrenaud.com/

Vignerons Ardéchois Terre d’Églantier 2014

Très beau viognier frais et vif, pêche abricot mais aussi menthe, herbe coupée jasmin.

Le 2013 est tout aussi réussi, tout aussi vif, un poil plus gras, peut-être. Vive la coopération quand elle produit de telles cuvées!

A noter également, dans la même gamme, mais en doux, l’excellent Viognier Vendange d’Octobre.

http://www.vignerons-ardechois.com/

Importateurs en Belgique: Maison Manigart (Arlon), Les Vignes Célestes (Milmort), Nicolas (Bruxelles, Charleroi, Liège)

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Michel Chapoutier Les Granges de Mirabel Viognier 2014

La maison de Tain l’Hermitage est présente au Sud de l’Ardèche depuis 1995. Le domaine a pris le nom du lieu dit : Les Granges de Mirabel ;

Est-ce l’altitude (350m) ou les sols volcaniques des Coirons, mais ce Viognier est non seulement expressif, comme on peut l’attendre de ce cépage aromatique, mais aussi assez vif, ce qui est moins courant.

Est-ce de la mirabelle au nez? En tout cas, du fruit blanc bien mûr, complété d’agrumes. La bouche est à la fois fraîche et pleine; tout est bien en place – c’est riche (mais l’alcool ne domine pas), c’est gras (un peu de miel et de coing viennent compléter le nez), mais pas mou. Même la pointe d’amertume en finale est bienvenue, elle relance l’intérêt des papilles de notre langue quelque peu… alanguie par tant de sensations.

http://www.chapoutier.com/

Importateur en Belgique: Delhaize

 

VIOGNIER MIRABEL

 

Domaine de Vigier Cuvée Mathilde 2014

Mangue, miel, fleurs séchées, fruits confits, le viognier ressort très bien.

La cuvée Inès (un 2013) séduit par son style très mûr – le nez est muscaté, on pense presque avoir affaire à un moelleux, mais non, la bouche est ample, mais indubitablement sèche.

Pour les promeneurs: le domaine se situe à Lagorce, dans la vallée de L’Ibie. Un très joli but d’excursion, d’autant que la cave est entourée de vignes. Une fois terminée la partie de kayak, ou les visites de grottes, laissez-vous tenter par une descente… de cave !

http://www.domaine-de-vigier.com/

Importateur en Belgique: Plaisir du Vin

 

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Mais le Viognier d’Ardèche se prête aussi aux assemblages: en voici un bel exemple:

Mas de Libian Cave Vinum 2014

45% de Viognier, 35% de roussanne et 20% de clairette

Quel beau nez ! Il est à la fois très floral (violette, lavande, genêt), et subtilement fruité (poire williams). La bouche, elle, est riche et épicée (cumin, verveine) ; avec une bonne acidité et une jolie pointe d’amertume pour couronner le tout, c’est sûr, l’assemblage fonctionne, le vin y gagne de la complexité mais sans qu’aucune partie ne perde vraiment son identité.

http://www.masdelibian.com/

Importateur en Belgique: Melchior Vins (Mons)

Libian

Flash back to the future

Après avoir failli disparaître (il n’en restait qu’une dizaine d’hectares dans les Côtes du Rhône septentrionales au début des années 1960), le Viognier, consolidé dans son fief de Condrieu, est parti à la conquête du monde ; la Californie (où on l’a un temps confondu avec la roussanne) et l’Australie sont ainsi devenues des producteurs importants de ce cépage. Leurs producteurs l’utilisent soient seul, soient en association avec la syrah (c’est le Rhône-Blend).

En France, l’Ardèche a été une des toutes premières régions à accueillir du viognier, dès les années 1980.

Cela n’engage que moi, mais ce cépage me semble présenter bien plus d’intérêt (et d’avenir) pour l’Ardèche que le Chardonnay, notamment boisé, qui singe la Bourgogne. Je crois qu’on appelle ça le style, à moins que ce ne soit l’identité.

Hervé Lalau


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Compare and contrast Riedel (Atkin + Walsham) and the CIVC (Powell) + Osborne ad on Mull

$3000 rapidly raised for a theoretical court case involving alleged libel.

$3000 rapidly raised for a theoretical court case involving alleged libel.

Equivalent of $1400 raised for actual court fees

Equivalent of $1400 raised for actual court fees

The Anglophone wine mediascape has been much taken up in the first half of August with the fracas involving Tim Atkin MW/Ron Walsham and Riedel. Walsham in his guise as The HoseMaster of Wine is a satirist. Walsham is a regular contributor to Tim Atkin’s site.

Walsham’s latest target was the array of Riedel glasses apparently scientifically designed to suit particular grape varieties as well as soft drinks. There is already a specially designed Riedel coke glass and doubtless there will be ones for 7-UP and Irn-Bru along shortly.

Unfortunately despite Walsham’s well known penchant for satire, Riedel failed to recognise that Walsham’s attack on Riedel glasses was satirical and their lawyers duly fired off letters to Atkin and Walsham threatening legal action. Later Riedel claimed to have a good relationship with Tim Atkin, so you have to wonder why they didn’t contact Tim discreetly before engaging lawyers.

Naturally once they engaged their lawyers there was a wholly predictable social media storm and within a couple of days the whole issue was sorted. Despite many having doubts over Walsham’s satirical pieces – I find them decidedly patchy – the wine community rallied round in support.

The level of support enjoyed by Ron Walsham and Tim Atkin MW is is very marked contrast to that offered to Jayne Powell (aka Champagne Jayne) who has been taken to the Federal Court in Australia by the CIVC, who allege that due to her use of the moniker Champagne Jayne, which she successfully trademarked in Australia, that she has tarnished the reputation of Champagne and deceived consumers because she occasionally talks about non-Champagne sparkling wines.

Although I can understand the desire of the CIVC to oppose the Champagne Jayne trademark, I find the heavy handed resort to taking Jayne to to Federal Court abhorrent and a crude example of corporate bullying by the Champagne producers. The CIVC has registered its opposition to the Champagne Jayne trademark, so it would surely have been sufficient to allow this challenge to take its course.

Courageously Jayne decided to stand up to the CIVC – truly David against Goliath. Predictably this action has been financially ruinous for Jayne – but this is precisely to advice many gave to Tim and Ron to stand firm to their principles. Jayne has had to sell her home and is now effectively bankrupt. Furthermore she now has to go through the long drawn out process, while Justice Jonathon Beach comes to a judgment. Beach has already had more than four months to come to a conclusion. While Beach ponders Jayne’s life is in limbo.

In very stark contrast to Ron Walsham’s funding efforts – $3000 raised on the threat of court action, fundraising for Jayne has raised the mere sum of the equivalent of $1400 for actual legal fees – shamefully little.

For some inexplicable reason most of the wine community appears to be content to watch the CIVC (Champagne producers) grind Jayne into the dust….. Fortunately it isn’t too late to show your support and donate a few dollars to Jayne’s defence fund.

See also Jim’s Loire.

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Scottish version of famous Osborne bull ad – a feature of Spanish roads

Scottish version of famous Osborne bull a feature of Spanish roads

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In praise of older wines: in memoriam NSC

 

I think that this may be the first time that I have written my weekly article in English. I have chosen to do this as a form of goodbye homage to my elder brother who has just died. Nicholas Cobbold loved wine as much as I do and almost decided to work in the wine trade at one point, having done an internship with a Bordeaux négociant a long time ago. Then he took other professional paths. Like many Englishmen of his generation (he was a bit older than me), his tastes led him essentially to classical sources such as Bordeaux, Burgundy and Champagne. But over recent years, on my occasional visits to his home, I noticed a growing percentage of wines from other sources, particularly the New World, in his cellar.

There is a recurrent feature about the older generation of British wine-lovers’ tastes in wine that makes them stand a little apart from what has become the contemporary mainstream: they like their wines well aged, and by that I mean considerably older than those that I regularly encounter here in France, or indeed elsewhere. Take Champagne for instance. Nicholas considered that Champagne, on the whole, was more or less undrinkable unless it was around 20 years old. A bit extremist perhaps, but he had a point. This of course meant that he bought mainly the good stuff, often at auctions, and then kept it for a while. On a fairly recent visit about 5 years ago I remember him serving me a Roederer 1982.

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This went for claret as well. For those who do not know the sense of this term, « claret » is the word traditionally used by the British of that generation to describe red Bordeaux wines, and it is an anglicized version of the French term« clairet », which probably just goes to show that Bordeaux wines used to be deep pink and not dark red. He was particularly fond of Latour in odd vintages, rightly claiming that Latour had the knack of making very good wines in not such good years. These had the added advantage of being far less expensive than wines from the best years. I can remember tasting a series of Latours with him from vintages like 1950 and 1957 and they were indeed remarkable.

Burgundy was usually white and also given suitable cellaring before being drunk. I have no specific memories of individual wines but there were some Corton Charlemagnes floating around from, I think, Bonneau du Martray. There were also some Leflaive wines. His wine buying was done through traditional wine merchants (for one of which our father had worked all his life), as well as through auction houses. The wines were always impeccably cellared in an underground cellar with proper bins and racks, whether he was living in a rented house or in his own house. And many were probably sold to fund other purchases of more recent vintages.

Port was always available (Vintage of course and mainly from Graham’s or Taylors) but was actually quite rarely drunk. I think that he preferred Kummel or Cognac at the end of dinner.

I do not have anything much else to say. The end of someone’s life leaves one short of words and bereft of wit and intelligence. I will drink to him tonight with the oldest claret that I can find in my cellar here. Looks like it will be Meyney 1983.

David Cobbold

 

 

 

 

 

Photo©©MichelSmith


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#Carignan Story # 287 : Mas Gabriel en verticales !

Même dans la vie d’un humble amateur de vins, il y a des invitations qui ne se refusent pas. En affirmant cela, je ne pense ni à une garden-party dans un grand cru pour l’inauguration de chais rutilants avec vue panoramique sur l’estuaire de la Gironde, encore moins à une soirée parisienne, monstre et branchouillarde, pour marquer la sortie du nouveau guide pinardier que le monde entier nous envie.

Ici, pas de petits fours clinquants, juste quelques chaises pliantes, des crachoirs à partager, des rires, le tout dans une cave décorée de photos en noir et blanc de jazzmen phénomènes. Cela ressemble plus à un garage. Un entrepôt fourre-tout dotée de l’équipement le plus pratique et le plus utile nécessaire à la surveillance du jus de raisin transformé en vin. Rien de sophistiqué. Que l’essentiel, c’est à dire tout ce qui peut servir quand on a décidé que « faire du vin » serait l’achèvement ultime d’une vie à deux.

Photo©©MichelSmith

Photo©©MichelSmith

Un saxo bien en vue dans un coin, deux ou trois barriques dans un autre, une table légèrement branlante, elle aussi pliante, et quelques verres posés là en attente d’une dégustation estivale qui sera suivie d’un dîner champêtre où chacun refera son monde dans un anglais des plus purs ponctué de bons mots à la française. Une entente cordiale en miniature. Cela se passe dans le Languedoc, province qui, comme sa voisine roussillonnaise, attire depuis longtemps déjà des vignerons venus de partout avec une envie placardée aux tripes, celle de faire des vins différents. Deborah et Peter Core sont de ceux-là, qui plongent dans l’aventure tête baissée, tels des artistes en quête d’inspiration qui seraient soudainement saisis par la foi vigneronne. Fait suffisamment rate pour être souligné, en moins d’une décennie, ils sont arrivés à se faire une réputation. Pas mal…

Deborah Core dans sa cave présente les vins avant la dégustation. Photo©MichelSmith

Deborah Core dans sa cave présente les vins avant la dégustation. Photo©MichelSmith

C’est ainsi qu’une fois de plus je me retrouve à Caux, au Mas Gabriel, à portée de vue de la haute marche cévenole, dans ce qu’il est convenu d’appeler le secteur qualitatif de Pézenas. Avant d’aller plus loin, ce qui est intéressant de souligner dans cette double verticale à laquelle j’étais convié en compagnie de Catherine Roque, vigneronne de Faugères, l’appellation voisine, et d’une poignée de journalistes et dégustateurs anglais, parmi lesquels Andrew Jefford, Rosemary George et Alan March, c’est qu’elle permet de dresser un premier bilan sur le travail d’un domaine où le Carignan noir, gris ou blanc constitue l’élément clé, l’ossature de l’histoire. Un domaine de taille modeste (6 ha), mais dont la cote ne cesse de grimper. Certes, le domaine en question n’est pas planté qu’en Carignan – une autre cuvée en rouge met en avant la Syrah tandis qu’en blanc le Vermentino fait son entrée avec une autre cuvée -, mais les Core s’amusent avec les vieilles vignes de ce cépage Carignan qu’ils ont été ravi de trouver en constituant leur domaine bio où les replantations se font en sélections massales. Chaque année les vignes sont nourries avec du fumier de vache histoire d’avoir un peu plus de rendement.

Andrew Jefford connaît déjà bien la région, comme Rosemary George en arrière plan. Photo©MichelSmith

Andrew Jefford connaît déjà bien la région, comme Rosemary George en arrière plan. Photo©MichelSmith

Une autre qualité relevée chez Deborah et Peter, qui furent parmi les premiers à adhérer à l’association Carignan Renaissance, c’est que quelque soit leur besoin d’avoir un peu d’argent pour faire vivre les vignes et la cave, ils s’imposent de mettre de côté une petite part de la production de plusieurs millésimes de chaque cuvé afin de pouvoir suivre leur évolution. Ainsi, ils commencent à voir où ils vont et s’amusent de raconter les petites galères inhérentes à chaque campagne. Un moyen d’avoir une trace de ce qu’ils font avec pour objectif de progresser dans leurs visions du vin. Je note aussi que s’ils adorent faire la part belle à un cépage, ils aiment bien compléter leur travail par un assemblage final, un peu à la manière d’un cuisinier. Outre un rosé que j’adore et qui est devenu rare (une parcelle de 35 ares vinifiée en pressurage direct) que les amateurs perspicaces purent acheter à 8 € départ cave au point de ne plus être en vente, nous avons attaqué par les blancs de la cuvée Clos des Papillons laquelle a toujours été composée à 95% de Carignan blanc (une pointe Viognier) jusqu’à 2014 où ce pourcentage est tombé à 85% afin de laisser un peu de place au Vermentino. À noter que dans le Carignan blanc, se glissent aussi quelques grappes de Carignan gris. Les vins sont fermentés et élevés à peine quelques mois en barriques d’acacia. À ma grande surprise, ce bois ne vient pas perturber ma dégustation.

Alan March est concentré. Photo©MichelSmith

Alan March est concentré. Photo©MichelSmith

Le 2014 m’offre un nez aérien porté sur l’élégance et la finesse, avec beaucoup de fermeté et de hauteur en bouche. Avec un tiers de bois neuf, beurré et grillé en bouche, le 2013 me semble moins marqué par l’acidité, mais cela ne l’empêche d’avoir une bonne longueur. S’il est souple en attaque, il termine sur la fraîcheur. Beaucoup de finesse au nez avec la venue du 2012 dont la robe est plus paillée. Pas de surprise avec le 2011 (grand millésime) qui impose son amplitude dès le nez marqué aussi par le bois. On a de l’éclat, une structure infaillible, de la densité, du sérieux et beaucoup de persistance. 2010, lui aussi est d’une grande beauté : nez fin délicatement fumé, saveurs salines et réglissées en bouche, gras et langoureux, bien accompli, il est lui aussi particulièrement long en bouche.

Photo©MichelSmith

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La cuvée Les 3 Terrasses est dédiée au Carignan noir vinifié exclusivement en cuve ciment. Au départ Carignan pur, les vins sont désormais associés à 30% de Syrah et de Grenache, à l’instar de ce 2013. Encore marqué par sa mise très récente, je le trouve charnu, poivré, mais pas facile à disséquer. Plus à son aise le 2012 fait figure de premier de la classe : nez hyper fin, densité et fraîcheur, c’est un vin complet que l’on peut commencer à boire. D’une élégance plus affirmée au nez avec de jolies notes fumées, le 2011 joue sur le minéral. En dépit d’une certaine tendresse en bouche, son caractère entier, sa structure aussi, me font dire qu’il ira loin. Le 2010 a une telle belle robe et une telle finesse (20% de Syrah) que je l’ai baptisé en anglais The smiling Carignan. Grande finesse d’ensemble, notes de raisins confits, beaucoup de chair, lui aussi peut tenir. Pur Carignan, le 2009 est assez fermé mais laisse passer quelques touches viandées pour s’ouvrir en bouche grâce à une belle structure, des notes épicées, de la fraîcheur et de la longueur. Un peu poussiéreux au départ, terreux aussi, je lui accorde pourtant ma note la plus enthousiaste pour son acidité bien présente mais conférant à l’ensemble une grande fraîcheur.

Michel Smith


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Les vins des pontifes d’Avignon

Amoureux du vin et de l’histoire, ceci est pour vous: l’exposition « Les vins des pontifes d’Avignon » est visible dans le nouveau caveau de Balma Venitia  jusqu’au 6 septembre 2015.

Elle entamera ensuite une tournée qui la mènera à Courthézon, Châteauneuf du Pape, Avignon, Saint Didier, Saint Laurent des Arbres et dans toutes les communes de l’Enclave pour les 700 ans de l’achat de Valréas par le Pape Jean XXII.

EXPO PONTIFES2

Cette exposition présente l’évolution et l’usage du vin sous le règne des 9 souverains pontifes d’Avignon (de 1309 à 1403). Elle est organisée par l’Association Européenne de Formation à l’Oenotourisme en partenariat avec le Département de Vaucluse et Balma Venitia, et avec le soutien d’Inter Rhône, de l’Université du Vin de Suze la Rousse, d’ Inter Vitis, de l’Association Nationale des Elus de la Vigne et du Vin, de Winetourism média, de France Bleu Vaucluse et de Vaucluse Matin .

Plus d’infos sur : http://levindespapes.blogspot.fr/

Hervé Lalau (avec Marc Olivier)

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