Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

« Les Vies du Vin »

7 Commentaires

Les Vies du Vin est un film produit par Carlos Orta Cimas et réalisé par Lola Taboury Bize, qui prend appui sur le cycle végétatif de la vigne pour raconter le quotidien de quatre domaines. C’est en fait un grand HOMMAGE aux hommes de la vigne : l’excuse pour aborder les portraits de 4 vignerons au parcours atypique et dont les dénominateurs communs sont l’amour de l’aventure, l’amour de la Terre et du vin.

Pourquoi je vous parle de ce film? Tout simplement parce que nous avons été un certain nombre à être conviés dimanche dernier à le visionner. Je l’ai tellement aimé que j’avais très envie de vous en parler. Déjà, l’endroit était magique, ça se passait au Villa Mas, le restaurant de Carlos, sur la plage de Saint Pol, à Saint-Feliu de Guixols. Michel Smith, vous en a déjà parlé au moins à 2 reprises. Les vignerons vedettes étaient présents…avec leurs vins, tout contribuait à créer une atmosphère chaude, généreuse, chaleureuse.

Lola et Carlos                          Le Villa Mas

Les vignerons n’ont pas été choisi au hasard, Carlos les connait bien, il partage leur passion pour la TERRE. Il est cuisinier, mais, c’est aussi un passionné de vins, il possède la meilleure carte de vins de Bourgogne de toute l’Espagne, et certainement de vins natures aussi. Lola est petite-fille de vignerons bourguignons,  le vin coule dans ses veines, la vie l’a amenée à travailler pendant plus de 6 ans chez Carlos; les deux sont passionnés et inquiets, ils décident alors de créer un film autour de cette passion.

De Calonge à Meursault en passant par Fitou et le Jura, le film nous transporte au cœur des vignobles, nous fait partager des moments magiques, heureux, drôles, durs et des choix parfois difficiles exigeant de lourds sacrifices. La réalisation du film a duré un an, d’une vendange à l’autre, au rythme des saisons.

C’est l’hiver, pour le travail des vignes, on suit le domaine des Enfants Sauvages, de Carolin et Nikolaus Bantlin on apprend comment ce couple d’allemand a décidé de changer de vie et de venir s’installer dans une bergerie à Fitou, on les voit en plein hiver tailler, piocher… Les conditions de vie sont dures, le virage est à 180º, mais ils sont deux pour « supporter » ce retour à la Terre. On participe avec émotion, avec envie mais aussi avec perplexité et admiration à leur installation dans cette Terre nouvelle pour eux, pour laquelle ils ont eu un véritable coup de cœur dès le départ. Ils sont magnifiques et leurs vins ont fini par leur ressembler.

Carolin la pioche à la main        Carlos et Nikolaus

 

C’est l’été, le film nous amène à Calonge, au Mas Molla, où la même famille a fait du vin de la même manière, sur le même terroir depuis 1338. Le mari et les trois filles de Maria, Montse, Nuria et Neus sont tous activement impliqués, cultivant les fruits, les vignes, produisant le vin, sans oublier les visites guidées du vignoble. Les filles sont des femmes modernes, qui, soucieuses de préserver la terre et la qualité de leurs produits refusent de se plier aux exigences de la mondialisation. A partir du temps des cerises, et jusqu’à fin aout, elles vendent également des fruits sur les marchés locaux. On découvre médusé leur manière de commercialiser les fruits et les vins; chaque année, elles vendent tout ce qu’elles produisent. Beaucoup d’habitués qui ramènent les bouteilles, elles accordent alors un remboursement de 20 centimes sur le prix d’achat. C’est assez « hallucinant » d’assister au lavage des bouteilles et à l’embouteillage. Elles résistent heureuses et en famille, leur sourire est contagieux, et proposent 7 jours sur 7 leurs vins et fruits et légumes, à des prix défiants toute concurrence. Il faut gouter absolument leurs vins, complètement naturels sans aucun additif, vous y trouverez peut-être des imperfections : ils sont vivants, mais vous serez plongés dans un autre univers, celui de l’AMOUR et du partage. Ici le vin naturel n’est pas un phénomène de mode, il a toujours existé. Avant de gouter, faites un tour au moins virtuel au domaine.

Mas Molla                    Jour de marché, elles y sont toutes…

Mais, c’est déjà  presque l’automne et nous voilà partis à Pupillin, chez Pierre Overnoy, pour les vendanges, les images sont splendides, elles nous parlent, nous émeuvent, on comprend mieux ce parcours unique de cet homme devenu à son insu une Star mondiale. Le film est touchant, Pierre et Emmanuel nous racontent en toute simplicité, en famille leur histoire. Les images laissent transpirer toute la complicité des 2 hommes. Lola a su saisir les meilleurs moments de Pierre, on a presque envie de pleurer, mais on rit. On y voit les 4 enfants d’Emmanuel et sa femme partager avec Pierre une vraie vie de famille, ça ressemble à un beau conte d’enfants, on envie cette sérénité qui éclate à travers les images. Pierre y explique comment il en est arrivé à confier la responsabilité du domaine à Emmanuel Houillon, et à transmettre ses convictions en matière de vins natures. On sent que ça ne va pas s’arrêter là, la succession se prépare déjà.

Vendanges chez Overnoy, Pierre et Emmanuel

Les vendanges se terminent, direction Meursault où nous retrouvons Jean-Marc Roulot pour les vinifications. L’histoire de ce vigneron bourguignon n’est pas banale, il a choisi de vivre son envie d’être comédien, sa façon de se raconter est prenante, rien de théâtral, que de la sincérité en toute simplicité. Il dépeint sa dualité entre le théâtre et la vigne qui n’a pas toujours été facile. Lola nous fait voyager de New-York, à Rio, elle attrape des images vraies, on en redemande! Finalement, il s’assume, accepte d’être vigneron et comédien, on sait maintenant comme il a bien réussi dans les 2 rôles. Les passages du film dans lesquels on le voit jouer au théâtre sont éblouissants, et la façon dont il parle du vin prouve qu’il s’est fait volontairement piéger. Quand Vincent Pousson lui demande Jean-Marc : Pourquoi le vin ? Il répond du tac au tac : « le vin c’est la meilleure façon de rencontrer les gens quand on en fait, quand on en boit. Et, il se trouve que je fais les deux, j’en fais et j’en bois, voilà pourquoi le vin ». Il n’y a plus rien à ajouter, c’est beau, c’est tout.

Carlos et Jean-Marc à Meursault    A table, Emmanuel, Jean-Marc…     

Voilà j’espère que vous aurez l’occasion de visionner ce film qui rend un si bel hommage aux hommes de la Terre. La projection était évidemment accompagnée de leurs vins et d’un buffet exceptionnel. Déjà la veille, en petit comité, Carlos nous avait régalé de sa cuisine méditerranéenne et catalane si vraie et si savoureuse. Elle est basée sur l’importance du produit, pour moi, c’est la meilleure de la côte. Il est autodidacte, et c’est tant mieux. Il se plait à offrir les plus belles matières premières avec le minimum d’intervention possible. J’en veux pour preuve cette magnifique déclinaison de gambas de Palamos, qu’il ose servir complètement crues et complètement natures, c’est « gonflé » pardonnez-moi l’expression, mais, c’est infiniment sublime et bien entendu, il faut absolument sucer les têtes.

La déclinaison de la gamba, crue, marinée et à la plancha

Il est sans doute un des rares, si ce n’est le seul à pouvoir le faire, il a l’avantage de connaitre tous les petits pêcheurs du coin. Il traite de la même manière les légumes, en ce moment il propose des petits pois et fèves qui sont « de muerte », et bien entendu c’est un adepte de la cuisine catalane Terre et Mer.

Quand je vous disais que la succession se préparait….

Nuria avec Antoine Jobard                    Vin Jaune 1987

Le lieu, l’ambiance, la personnalité de Carlos, sa cuisine, la simplicité et la générosité des hommes du vin, les vins exceptionnels tout contribuait à la MAGIE de la soirée. J’ai failli oublié, ils nous ont été servis par Nuria le sommelier du restaurant, une fille tellement professionnelle que ça ne se voit pas, d’une efficacité redoutable, toujours là quand, il faut, drôle, caustique, pas toujours facile, avec un caractère bien trempé mais j’imagine qu’il en faut pour m’avoir supporté 10 ans, et maintenant Carlos, heureusement qu’elle a eu un bon entrainement avec moi. Je l’aime beaucoup, c’est un peu comme une autre fille.

Meursault Charmes 2010                        Mas Molla 

Bref, vous aurez compris que nous avons partagé un GRAND MOMENT, j’ai eu beaucoup de chance de pouvoir y participer. Je n’ai pas parlé des vins, mais quand c’est tellement bon, je ne pense pas aux commentaires de dégustation, je les bois, pour mon plus grand plaisir.

Si vous en avez l’occasion, je vous recommande de prendre le temps de regarder ce film, un verre à la main, bien sûr, vous y « attraperez » une énergie positive et une envie de voir la vie autrement.

Pierre Overnoy visionnant le film, à côté entouré d’Emmanuel et de sa femme, en dessous Carlos nous présentant un poisson de 6kg, et enfin Lola radieuse.

 

Hasta pronto,

 

Marie-Louise Banyols

 

 

 

 

 

 

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

7 réflexions sur “« Les Vies du Vin »

  1. Merci, Marie-Louise, de nous signaler l’existence de ce beau film. Visible où et quand ? télévision , en salle ? lien sur facebook ou autre ?

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    • On ne sait pas encore, ils sont entrain de chercher comment le diffuser! Et je crois que ça ne sera pas facile, mais dès que je saurais quand et comment, je vous en informerai.

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  2. Bonjour et merci pour ce partage à venir dont la recension est « de muerte » itou. Les premiers petits pois sont tout de sucre et de fondant léger en ce moment, belle et intense légèreté de l’instant.
    Sinon, pour attendre-prolonger, ci-après le site de la production de « Vigneron » :
    http://www.todalanoche-produktions.com/actualites/nos-realisations/film-documentaire-vigneron/

    Et un bonus :
    http://www.todalanoche-produktions.com/actualites/nos-realisations/2015-les-coulisses-de-la-paulee-a-new-york/

    Merci à nouveau

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  3. C’est drôle, la belle Lola m’a servi plus d’une fois à la table de Carlos et j’ignorais qu’elle mijotait un film vigneron. Très belle initiative en tout cas et une fois de plus, merci Carlos !

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  4. Elle est assez discrète finalement.

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  5. Une belle adresse.
    J’y ai notamment bu un formidable Meursault Charmes 1992 de François Jobard.
    Quant au Roulot Tessons Clos de mon plaisir 2010, à la carte du restaurant, c’est aussi un excellent vin.

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  6. Coucou Une belle sortie pour une grande occasion à 1 h 30 de Port Vendres. Bises.

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