Les 5 du Vin

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En Sardaigne : Grenache = Cannonau

Si vous êtes passés hier sur les 5, vous avez dû m’apercevoir, d’abord en petit, puis en plus grand, parmi les photos tirées par Marilou. Il y avait en effet 2 des 5 en Sardaigne au concours des Grenache du Monde édition 2017. Un concours sympa qui garde son côté spontané et donne l’occasion de déguster des Grenaches venus presque du monde entier. Et le Grenache, en blanc, en rouge, en doux, j’aime ça, pardi !

Cannonau

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Curieusement le Grenache, la Garnacha ou Garnaxa ou tcha, se dit Cannonau en Sardaigne, ne me demandez pas pourquoi, personne n’en a parlé.

Quant à son origine, même le professeur Angelo Costacurta, de l’Académie Italienne de la vigne et du vin, s’est montré assez vague lors de sa conférence tenue à Alghero, l’après-midi du concours.

Ma théorie, certes romantique, mais pas infondée, c’est que ce sont les Phéniciens qui ont apporté le cépage tout d’abord en Sardaigne lors de leur occupation de l’île aux environs de 700 avant JC et qu’il est probable qu’ils l’aient ensuite planté dans l’un de leurs comptoirs de la côte espagnole, voire à Marseille où ils sont arrivés bien avant les Grecs à qui on attribue systématiquement la diffusion de la vigne et de l’olivier. Quand on aura une vraie machine à remonter le temps, on saura !

Donc, le Cannonau serait un Grenache de la première heure qui a muté comme aime le faire la vigne et qui s’est croisé, comme elle aime le faire aussi, avec divers cépages autochtones. Résultat, le Cannonau ressemble au Grenache comme le québécois au français. J’en avais un souvenir des plus agréables pour deux raisons, un voyage sur l’île il y a quelques années qui m’a fait découvrir ce cépage. Ensuite, la rencontre avec Mariano Muru, l’œnologue du Domaine Argiolas www.argiolas.it qui fait des Cannonau de toute beauté, à l’exemple de la cuvée Turriga.

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Mais déception, la première soirée bien arrosée de Cannonau n’a pas montré le cépage au meilleur de sa forme. Il a fallu attendre notre expédition du lendemain, à la suite de la bruyante visite du musée ethnographique de Nuoro

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– les Sardes adorent faire sonner les cloches qu’ils ont dans le dos, c’est une sorte de rite ancestral, pour chasser les esprits, ou l’hiver, ou les touristes; en plus ces types restent impunis, dissimulés derrière leur masque – pour enfin déguster quelques cuvées intéressantes. Tel l’Urùlu, mon préféré.

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Urùlu 2015 Cannonau di Sardegna Cantine di Orgosolo

D’un rubis moyen, il hume les fruits noirs et les herbes aromatiques avec un trait d’olive noir et un soupçon de poivre. En bouche, c’est la fraîcheur qui interpelle d’entrée. Elle met en évidence les notes respirées, y ajoute des impressions aériennes, comme si le fruit se dispersait dans tout l’espace buccal pour en faire profiter la moindre de nos cellules. Mais tout cela avec densité et droiture, voire une certaine austérité due aux tanins bien présents, certes mûrs, mais malicieusement hérissés.

Ce Cannonau pousse à 700 mètres d’altitude dans des éboulis calcaires. Il passe 9 mois en barriques suivi de 3 mois en bouteille avant sa mise en marché. La vendange s’y fait un peu plus tard, de fin septembre à début octobre. Rappelons que les environs de Nuoro se situe à la même latitude que Tarente (Puglia).Il assemble 95% de Cannonau et 2% de Carignan, de Bovale et 1% de différents cépages.  www.cantinediorgosolo.it

L’autre, Naniha

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Nahina 2015 Cannonau di Sardegna Tenuta Perdarubia

Léger en couleur, il ne manque pas de présence en bouche et avoue illico sa densité fruitée, des baies rouges avant tout, groseille, framboise et fraise des bois, parcours aromatique qui rappelle quelque Grenache continentaux comme ceux de Chaume Arnaud à Vinsobres ou ceux de Mèntrida sur les hauts de Madrid. L’élégance y est, sans élevage en bois pour mettre mieux le fruit en évidence, des tanins soyeux juste présents et une finale épicée qui colore la fluidité. Bref, un vin de jolie soif.

Les vignes de Cannonau, âgées de 25 ans, sont de pieds francs et poussent en mode biologique.

Terminons avec un autre style élaboré par Sella & Mosca à Alghero

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Anghelu Ruju 2005 Vino Liquoroso  Sella & Mosca

Il oscille entre un rimage mise tardive et un LBV, c à d des pâtes de fruits avec un accent d’olive noie poivrée, un rien de cannelle, du thym et l’amer de la réglisse qui vient équilibrer la douceur. Il offre toutefois à l’image des VDN roussillonnais, une superbe acidité qui le rend agréable à boire autant à l’apéro avec amuse-bouche sarde ou autres qu’au fromage.

Il s’agit de grappes de Cannonau séchée au soleil dont le jus pressé fermente en cuve inox jusqu’à la transformation en alcool de 2/3 du sucre. La fermentation est stoppée par le froid. Il contient alors environ 90 g/L de sucre et titre 13°. Puis il est fortifié pour atteindre 19° et logé en foudre pendant 6 ans.

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Voilà trois exemples, auxquels il faut ajouter Argiolas, qui illustrent le Cannonau, un vin de Grenache méconnu. Et que le concours des Grenache du Monde nous a permis de mieux connaître. Les concours, cela sert à cela aussi, découvrir d’autres vins, d’autres cultures, d’autres paysages, … faire des rencontres, parler d’autres langues que la nôtre, bref, se culturer un max !

 

Ciao

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Marco

 


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Congratulations – David Guitton on first French vineyard-starred restaurant

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David Guitton, owner chef of
La Table de la Bergerie

Last week Michelin launched their 2017 Red Guide. Amongst the new stars was La Table de la Bergerie in Champs-sur-Layon (Anjou), which is attached to the excellent Domaine de la Bergerie.

Although it is common in wine regions like Australia and California to have restaurants attached to wine estates, it is rare in France. It is even rarer that such a restaurant has a Michelin star. You could argue that Château Cordeillan-Bages in Pauillac is similar as it is close to Château Lynch Bages and is also owned by the Cazes family. However, it isn’t actually attached to Lynch-Bages, which is some 450 metres away and currently the restaurant doesn’t have a Michelin star.

David is married to Anne Guigniard, who together with her father, Yves, runs the 36 ha Domaine de la Bergerie making a very fine range of Anjou wines including Savennières and Quarts de Chaume.

Born in Saint-Nazaire David had wide experience before starting La Table in 2009.  He worked in Washington DC (USA), in Zurich and Lausanne (Switzerland) as well as in London and Monaco where he worked for Alain Ducasse and Joël Robuchon.

I have been lucky enough to eat on a number of occasions at La Table de la Bergerie. The food is always delicious and David is a very talented chef. A visit to La Table de la Bergerie is highly recommended. The menus include the option of matching the dishes with wines from Domaine de la Bergerie. The restaurant is small so booking is essential.

La Table de la Bergerie, 49380 Champ sur Layon – Tél. 02 41 78 30 62

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Jim Budd


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Rouge Bleu, à Sainte Cécile-les-Vignes

Rouge Bleu. Derrière ce joli nom se cache (très peu) un joli domaine de Sainte-Cécile, nouvelle dénomination des Côtes du Rhône Villages avec mention de commune.

A l’écart du bourg, avec vue sur la garrigue et au fond, les fameuses dentelles de Montmirail, Rouge Bleu est exploité depuis 2012 par un jeune couple de passionnés; Caroline est Australienne, œnologue de formation; Thomas, lui, est Vosgien, et a fait lui aussi carrière dans le vin, mais du côté commercial.

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Les Dentelles, vues de Rouge Bleu (Photo (c) H. Lalau 2016)

«Inspiration biodynamique», petits rendements, cuvées spéciales, exportation, la philosophie des deux associés ne les porte pas vraiment à la facilité. Et pour boucler les fins de mois, ils tiennent aussi des chambres d’hôtes (charme et calme garantis).

Voici trois cuvées de rouges (pas bleus) illustrant leur travail commun, respectueux des fruits de mère nature, mais oenologiquement très précis. Je précise qu’il s’agit des cuvées à la vente, car ici, on aime laisser aux vins le temps de se faire.

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Une autre Dentelle, en bouteille, celle-là (Photo (c) H. Lalau 2016)

Dentelle 2013

La fraîcheur du Carignan, la souplesse du Grenache, dans un style tout en… dentelle qui révèle plus qu’il ne couvre. La pureté du fruit (prune, cerise) se développe du premier nez jusqu’à la finale en bouche ; l’élégance de la texture est soulignée par des tannins très lisses et une pointe d’épices douces.15/20

Mistral 2012

70% Grenache, complétés de Syrah et de Mourvèdre, nous offrent un vin assez gourmand ; un nez de mûre, une bonne structure assez souple, des tannins bien fondus. Etonnamment jeune pour un 2012. La vendange, non éraflée, fermente lentement et à basse température, pour plus de finesse – et le but est magistralement atteint. Elevage en barrique usagée pendant un an puis 18 mois d’affinage en cuve béton.

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Est-ce le vent qui donne sa fraîcheur à ce Mistral gagnant? (Photo (c) H. Lalau 2016)

Mistral 2014

Une acidité un peu plus marquée que dans le 2012. Le nez de cerise est relevé par de la cannelle; la bouche commence tout en délicatesse, mais se développe peu à peu, jusqu’à devenir opulente; à la cannelle du nez se mêlent du romarin, de la gentiane et des herbes sèches. Les tannins sont robustes, mais suaves, et sa belle fraîcheur de ce vin fait tout à fait oublier ses 14 degrés d’alcool.

Côtes du Rhône Villages Sainte Cécile

Re-situons le domaine dans son contexte et son actualité: 15 caves particulières et 3 coopératives se partagent la nouvelle mention Sainte Cécile. Celle-ci voisine avec la nouvelle AOP Cairanne, à l’Est (et oui, ça bouge dans le Rhône, au moins côté Méridional!), et avec Suze la Rousse, au Nord. Son aire  (1370ha) est plutôt caillouteuse, surtout au Sud ; ce sont les fameuses garrigues, des parcelles assez planes où affleurent les galets roulés. Des sols qui mélangent le calcaire, le sable et l’argile, qui donnent des vins fruités, épicés, et moyennement structurés (avec, bien sûr, des nuances dues à la patte du vigneron).

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Qui veut des cailloux? (Photo (c) H. Lalau 2016)

 

Je compte sur notre ami Georges Truc pour nous en détailler l’histoire géologique (est-ce la même qu’au Plan de Dieu?)… me doutant que les galets ne sont pas arrivés là par l’opération du Saint Esprit.

Hervé Lalau img_0702

http://www.rouge-bleu.com/fr/


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Two Loire newcomers: Le Fief Noir (Anjou) + Anjou Untamed

An exciting the new discovery at Millésime Bio:


Alexis Soulas and Dominique Sirot

 

In 2014 winemakers Dominique Sirot and Alexis Soulas bought the 20-hectare Domaine des Chesnaies in Saint-Lambert-sur-Lattay (Anjou). Alexis and Dominique met while making wine in Corsica. Alexis is from Paris, while Dominique is from Le Puy en Velay not too far from the source of the Loire. Amateurs of Chenin Blanc they decided on a joint venture in the Loire.

They were able to buy Domaine des Chesnaies, which was being converted to organic viticulture. The process was complete in 2015. They had visited this domaine for the first time in 2012. The majority of the 20-hectares of vines is in the commune of Saint-Lambert-du-Lattay but they also have some in the neighbouring commune of Chanzeaux, just to the south east.

 

Recently they decided to change the name to Le Fief Noir to emphasis their attachment to the terroir of Anjou. 2014 was their first vintage. Picking is by hand into small cases. Unfortunately like so many others in 2016 they were hit by the April frosts. They lost 50% of the crop.

I was impressed by their well-made and precise wines across all three colours. Most were from 2016 and yet to be bottled. There were three Anjou Blancs – all pure Chenin – from different soils – L’Echappé and Ouest Coast from 2016 and 2015 L’ame de Fond from vines on sand and gravel at the base of the coteaux which was vinified in a mix of new and one fill barrels of 228 and 300-litres.

L’âme de Fond will be bottled in February and has attractive texture and a light lactic character from the malolactic fermentation.

 

Dominique Sirot


They have just one rosé, which is in their Ouest Coast range. Made from 70% Grolleau and 30% Cabernet Sauvignon with no maceration, so it’s pale in colour and attractively easy to drink.

I tried three reds. 2015 Somnambule is an Anjou Rouge – 95% Cabernet Franc and 5% Cabernet Sauvignon – with quite sooty aromas, leafy character, sweet fruit and light structure. Then the 100% Grolleau 2016 Ouest France has delicious juicy, lightly spicy black fruits. A Vin de France this is un vrai vin des copains.

2014 Le Rêveur Anjou Villages is half Cabernet Sauvignon and half Cabernet Franc. It spent 18 months in barriques and is richly textured with ripe black fruits and well worked tannins – a good sign as Anjou reds can easily have very severe, tough tannins unless carefully handled.

Alexis Soulas


Then two Coteaux du Layons. The 2015 Nouvelles Confidences Coteaux du Layon is a light modern apéro style Layon with nicely balanced sweetness and acidity. La Mignonne Chaume is also from 2015 is much richer with 150 grams of residual sugar, marked botrytis character and peach and apricot fruit. The grapes had 22-23% potential alcohol.

Dominique and Alexis explained that botrytis arrived quickly and evenly in 2015, so they only needed to make two sweeps through the vines, whereas in 2014 it wasn’t as even so they had to make several more tris.

 

Anjou Untamed: new version out

 

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A new version of Anjou Untamed is just out. Great photos and brief profiles of many vignerons in Anjou-Saumur.

Photos by Jean-Yves Bardin – text in English by Patrick Rigourd and Bernard Reeves. 25 € Full review to follow but details from here. Jean-Yves Bardin can be contacted on jybardin@yahoo.fr or 06.77.18.19.26

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Deux blancs du Roussillon enthousiasmants

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La semaine dernière, nous sommes allés au Marché aux Truffes de Calce (Pyrénées Orientales); c’était la première fois que je m’y rendais et j’étais très curieuse de voir à quoi il ressemblait ! Ni à celui de Centelles, ni à un marché de la Drôme, comme celui de Richerenches ! Bien plus intime, très bon enfant, très artisanal : ici pas de touristes, pas de problème de parking, l’ambiance était très joviale, détendue, sereine, on était entre nous, tout le monde se connaissait: une vraie réunion de famille ! Si les truffes n’étaient pas très abondantes, à cause de la sécheresse, nous avons pu profiter  de nombreux produits locaux comme des vins de Calce, des  fromages, de l’huile d’olive, du  miel de Tautavel, des charcuteries, des pains spéciaux. La mise en marché des Truffes a eu lieu vers 11h et les 2,5kg proposés à la vente à 1000€ /kg, se sont envolés en un rien de temps.

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Quand je dis que nous avons pu profiter des vins de Calce, j’exagère un peu, car en réalité, il n’y avait que deux domaines présents: le Château Lafforgue et Jean-Philippe Padié – et encore lui n’y était pas. Pas de Gauby, ni de Domaine de l’Horizon, ni de Pithon, c’est vrai que personne n’était venu pour les vins, donc ça n’était pas très grave.

Nous avons quand même acheté des vins du Domaine Padié, car Jean-Philippe fait partie des vignerons que j’aime.

Dans sa gamme de vins, il y a Les Vins de Fruits (Le Tourbillon de la Vie et Calice), Les Vins de Cailloux (Petit Taureau et Exaybachay, un rosé 100% Mourvèdre) et Les Vins de Temps (MiLouise et Ciel Liquide).

Seuls les Vins de Fruits et les Vins de Cailloux étaient à la vente.

Les jours qui ont suivi notre retour, nous avons débouché :

-Le Tourbillon de la Vie 2015

Commercialisée en Vin de France, cette cuvée est un 100% Macabeu sur granits. Un vrai vin de fruit, donc !

J’ai vraiment aimé ce blanc de soif, léger, fruité, mais aussi floral;  quelle fraîcheur et quelle délicatesse, tant au nez qu’en bouche! Cette bouche est à la fois fluide, ronde et grasse, fruitée et fraiche.

Franc, vif, croquant, désaltérant, pas compliqué, mais doté quand même d’une jolie palette aromatique, très gourmand, ce vin fera l’unanimité. Le tout pour 10€. Oui, je sais, c’est un vin de négoce, mais quand ils sont bons, ça ne me dérange pas plus que ça. Et, là franchement c’est le cas.

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Fleur de Cailloux 2015

Comme son nom l’indique, cette cuvée fait partie des Vins de Cailloux, on peut lire sur le site :

«Véritable bouquet de nerfs des trois cépages blancs principaux du Roussillon. Sur des terroirs majoritairement calcaires avec une pointe de schistes. Un petit truc crayeux qui fait saliver et donne envie de passer à table.»

Cet IGP Côtes Catalanes assemble 40% de Grenache Blanc sur argilo-calcaires et marnes, à 40% de Maccabeu sur  marnes et schistes et 20% de Grenache Gris 20% sur marnes calcaires.

Vinification et élevage: Récolte en cagettes (tri à la vigne), pas d’égrappage, pressurage délicat pneumatique direct, débourbage léger,  levures indigènes, fermentations naturelles lentes (alcoolique et malolactique) majoritairement en vieilles barriques de 300 ou 600 litres, élevage sur lies totales sans batonnage ni soutirage jusqu’à la mise.

Ce 2015 offre une belle robe jaune dorée,  très brillante, attirante. Le nez d’emblée s’est avéré très intéressant et complexe, puissant, avec des senteurs d’agrumes, de fleurs et de fruits blancs, il termine sur des épices douces, des notes d’amandes et une touche mielleuse. La bouche est ample et veloutée, assez puissante, avec beaucoup de finesse, dotée d’une belle acidité, l’équilibre est bien là. Le vin est tendu, direct franc, frais, et aromatique : on y retrouve la pomme, les agrumes et sur la finale sèche et persistante, des notes salines.

Le vin est précis, le fruit est pur, c’est un vin parfaitement net, tendu et équilibré qui procure un plaisir immédiat; le tout pour 15€

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Pour mémoire, 2015 un très bon millésime dans le Roussillon.

Le domaine :

Jean-Philippe Padié s’est installé en 2003 sur la commune de Calce; aujourd’hui, le domaine représente plus de 15 ha,  40 parcelles comprenant des vieilles vignes, qui s’étalent sur des sols très diversifiés: marnes noires, schistes, argilo-calcaires, marnes roses et grises argiles rouges. Il a commencé d’abord comme chef de culture au Mas Amiel et ensuite chez les Gauby, justement à Calce. Dans sa méthode culturale, il utilise le cycle lunaire et certaines pratiques et préparations dynamisantes (labours légers, enherbement naturel, tonte estivale, traitements phytothérapeutiques en complément du soufre, pulvérisations biodynamiques) pour traiter ses parcelles, même s’il ne se considère pas, à proprement parlé, purement adepte de la biodynamie. D’ailleurs, il n’a pas de certification. Son but est de créer un équilibre végétal naturel. Les vins sont majoritairement des vins d’assemblage de cépages mais surtout de terroirs. Rien n’est ajouté, rien n’est enlevé, hormis une dose homéopathique de soufre à la mise en bouteille.

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Jean-Philippe Padié

Conclusion :

Quand je bois  les vins de ce domaine, je suis toujours frappée par l’énorme énergie qui s’en dégage!

Des équilibres naturellement frais dans ces vins pourtant méditerranéens

Beaucoup de plaisir en perspective !

Hasta Pronto,

MarieLouise Banyols

 

 

 

 

 

 

 


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Vendôme, Vendôme…

Un des grands plaisirs de ce métier, c’est de pouvoir jeter un peu de lumière sur des petits coins de vignoble qui en manquent parfois cruellement. C’est le cas des Coteaux du Vendômois, je pense. Et pourtant, non seulement la région est pittoresque, non seulement son vignoble (à peine 150 ha) est très ancien, mais il recèle un trésor rare, un cépage trop modeste, j’ai nommé le Pineau d’Aunis.

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Aunis soit qui mal y pense

Également connu sous le nom de Chenin Noir (bien qu’il n’ait pas de parenté avec le Chenin Blanc), ce cépage vigoureux est sans doute un des plus anciens de la région. Certains lui voient des origines rochelaises (d’où son nom), d’autres béarnaises.

Aujourd’hui, on le trouve surtout dans la vallée du Loir; toutes régions confondues, la surface cultivée ne dépasse guère les 600ha.

On le connaît principalement pour les vins rosés ou gris, dont nous parlait l’ami Marc, ici même, il y a quelques mois; mais moyennant une  macération plus longue, il peut également donner des rouges bien colorés. Dans les deux cas, ce qui frappe, avec le Pineau d’Aunis, ce sont les épices (admirez la rime!).

Pour illustrer les belles dispositions de ce cépage et des Coteaux du Vendômois (reconnu en AOC en 2001 seulement), voici une cuvée élaborée par Patrice Colin, un des vignerons emblématiques de l’appellation, qui exploite 25ha (en bio) autour de Thoré la Rochette.

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Assez sombre dans le verre, avec quelques reflets violacés, voilà un vin qui ne fait pas son âge à l’œil; ni au nez, qui présente une aromatique très fraîche centrée sur la cerise (guigne, griotte), l’épinette et la prunelle. La bouche est dans le droit fil de cette fraîcheur fruitée, avec en plus, une pincée de poivre.img_0810

Ce vin puise dans sa charpente acide un équilibre de funambule – une qualité bien  ligérienne. Il n’est pas issu du seul Pineau d’Aunis, mais contient aussi du Pinot noir (également appelé auvernat noir, localement) et du Cabernet Franc. 

La règle veut que le Pineau d’Aunis constitue au moins la moitié de l’assemblage des rouges  de l’appellation; tandis que le Gamay également autorisé par le cahier des charges, ne peut dépasser 20%.

Un peu d’histoire… en chanson

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire écouter ici la chanson de David Crosby, Orléans, dont les paroles évoquent la bonne ville de Vendôme. Et pourquoi donc? Parce que lors de la guerre de 100 ans, la ville était une des dernières à être contrôlée par Charles VII face aux Anglais (on l’appelait d’ailleurs le Petit Roi de Bourges). Initialement intitulée Le Carillon de Vendôme, la chanson égraine quelques une de ses maigres possessions: Orléans, Beaugency, Notre Dame de Cléry, Vendôme, Vendôme! Notons par ailleurs que les vins de la région étaient alors très appréciés.

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Fabulons un peu: et si les Coteaux du Vendômois étaient les héritiers de ce que l’on appelait naguère le « gentil vin françois »? Le vin de Jeanne d’Arc, à l’époque où les Anglais vendangeaient l’Aquitaine, les Bourguignons la Bourgogne, et où ni la rive Est du Rhône, ni l’Alsace, ni la Lorraine n’étaient françaises…

Je laisse nos amis régionalistes vous expliquer à quel point il est plus noble et plus fashionable, aujourd’hui, de se dire basque, limbourgeois ou berrichon plutôt que français, belge ou espagnol. C’est leur droit, comme c’est le mien de penser autrement.

Je laisse à nos amis internationalistes le soin de vous convaincre que la notion de souche n’existe que sous le microscope ou quand les arbres sont morts.

Mais moi, je suis très attaché à mon pays, dans son intégrité comme dans sa diversité. Aussi, dans mon métier, j’aime à ancrer tel vin à tel clocher, à telle montagne, à telle rivière, à telle communauté vigneronne, ou à le rapprocher de tel événement de l’histoire de ce que naguère, sans vergogne, on appelait une patrie – la terre de nos pères (et de nos mères). J’ai été Charlie, j’ai été Bardo, j’ai été Nice, j’ai été Berlin. Mais surtout, je suis France. Vendôme, Vendôme!

Hervé Lalauimg_0804


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New Zealand memories (part 2)

 

wellingtonsHeading across on the ferry from Wellington to South Island 

queencharlottesThe spectacular Marlborough Sound

As promised at the end of last year the second part of my New Zealand memories from the Circle of Wine Writers trip. This time South Island – click here for North Island.

img_6494Woollaston Vineyard – now Mahana Estates 

rabbitislandsRabbit Island 

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seifriedSeifried Estate, Nelson

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Neudorf Vineyards, Nelson

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Tim Finn, Neudorf Vineyards

john-stichburywsJohn Stichbury and his wife, Jackson Estate (Marlborough)

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Marlborough vineyards

awateresAwatere Valley, the southernmost valley of Marlborough