Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


10 Commentaires

Harley heaven in the Glens

A couple of lovingly cared for Harleys @Aviemore

A couple of lovingly cared for Harleys @Aviemore

IMG_0953

This post is a nod to one of the other passions of David – our Monday scribe. Every year during the last weekend of August several thousand motorcyclists gather in Aviemore up in the Scottish Highlands for Thunder in the Glens. Many of them riding Harley Davidsons with the event hosted by Edinburgh’s Dunedin Chapter of Harley Davidson owners.

For those brought up on Hunter Thompson’s Hells Angels – Strange and Terrible Saga of the Outlaw Motorcycle Gangs you might think that the locals would batten down the hatches, hide in their houses and even pull out drawbridges if they live in baronial halls!

This is, however, far from the case as the Harleys and their riders are made very welcome and it has become a major festival. Many of the riders are now grey-haired grandparents and into their 60s.

Chapters and verse...

Chapters and verse… Chicago and Dunedin Edinburgh

A chapter from Antwerp

A chapter from Antwerp

Moto-camp

Moto-camp

IMG_9332IMG_9367

God Protect Those who Ride in the Wind

God Protect Those who Ride in the Wind


Wine choices for Harley riders?
Although not anything like as wild as Thompson’s Hells’ Angels I would still associate Harley and other powerful motorbike riders as amateurs of robust wines, especially as the weather in Scotland over the weekend wasn’t particularly warm. Recommendations have to include Barossa Shiraz, Toro reds, Priorat, Rasteau and powerful Californian Zinfandel – not forgetting Portuguese reds from the Alentejo and Douro.

Reflecting on Cheonceau

Reflecting on Chenonceau

 


2 Commentaires

Une vigneronne à Carnuntum

Rappelons qu’au Sud-Est de Vienne, juste en-dessous du Danube, comme nous l’a décrit David précédemment, la région de Carnuntum a déjà un petit air méridional. Elle produit d’ailleurs majoritairement du rouge, et partage certains traits avec le Burgenland voisin (notamment le cépage Blaufränkisch).

Topografische_Karte_Carnuntum_c_ÖWM
Elle rassemble une quarantaine de vignerons, répartis en trois sous régions : au centre, autour de Göttelsbrunn, les collines d’Arbesthal qui représentent plus de la moitié de la surface viticole en exploitation, soit 600 ha. À l’Est, les monts de Hundsheim en direction de Bratislava. Au Sud, les contreforts des monts de la Leitha près de Bruck. Soit 900 ha en tout.
Cette diversité s’accompagne d’une grande variété de sols, entre lœss sableux à sablo-limoneuses aux graviers et aux calcaires. Le dénominateur commun étant un climat chaud, l’un des plus chauds du pays.
http://www.carnuntum.com

Autriche novembre 2014 515

Birgit Wiederstein à Göttlesbrunn

3 Autriche Carnuntum (10)Birgit Wiederstein

Avec quelque 6 ha de vignes dont 60% rouges, Zweigelt, Merlot, Pinot Noir et Blaufränkisch et 40% de blancs, Sauvignon Blanc, Grüner Veltliner et Gelber Muskateller, Birgit ne s’ennuie pas. D’un caractère assez fantasque, qui se traduit entre autre dans les étiquettes, elle ne manque pas de créativité. Inventivité mise au service des terroirs et des vins qu’elle aime faire découvrir à chaque millésime.
« J’aime les rouges délicats et veloutés qui osent avouer leur parfum féminin, sans toutefois révéler leurs nuances dès la première gorgée, mais qui laissent aux papilles découvrir petit à petit tout leur potentiel, jusqu’à exploser d’excitation retenue et laisser ses sens se faire à chaque gorgée submerger » confie-t-elle.

3 Autriche Carnuntum (9)Birgit Wiederstein

La passion est ici une affaire de famille ou plutôt de femme. Sa maman, Grete, a délaissé les vignes pour se consacrer à la distillation. Elle réalise entre autre un excellent gin dont seul un assortiment de fleurs apporte leur bouquet au spiritueux.

Autriche novembre 2014 546
Revenons aux vins, en voici une petite sélection

Die Rhea 2011 Carnuntum (10,90€)

3 Autriche Carnuntum (11)Birgit Wiederstein

Un 100% Zweigelt à la robe pourpre, le nez plein d’épices qui précède une richesse fruitée impressionnante. Très juteux en bouche, il nous charme par la sensualité de ses fruits mûrs. Suite subtile de parfums de framboise, de fraise, de mure et de myrtille qui s’enroule dans une soie tannique fraîche et élégante.
La fermentation alcoolique se fait en cuve ouverte pendant 3 semaines, une partie en raisins entiers. L’élevage demande 18 mois en barriques de chêne français.

Venus 2011 Carnuntum (14,90€)

Autriche novembre 2014 540

Grenat carminé, un nez de tabac et de thé noir au poivre qui voilent un moment le développement fruité. Plutôt sérieux en bouche, il parle pour l’instant de sa fraîcheur, de sa structure. Puis, il se laisse aller à plus de générosité et nous accorde le jus épicé des griottes, des groseilles et d’airelle. Un vin élégant au caractère dual, à la fois joyeux et réfléchi.
Fait de 50% de Blaufränkisch et 50% de Pinot Noire élevé pièces de 500 L de chêne autrichien.

Blaufränkisch wie damals 2011 Carnuntum (22,90€)

Autriche novembre 2014 542

Issu d’une parcelle du Spitzerberg, voilà le haut de gamme de Birgit qui a conçu cette cuvée en s’imaginant retourner dans le temps pour faire son vin. Peut-être à la façon d’un Pinot Noir bourguignon. Un vin sage qui semble vous expliquer la vie sans dire un mot, simplement en tenant compagnie aux papilles tout en leur montrant sans rien imposer la profondeur de son fruit, la fraîcheur de son esprit, le grain délicat de ses tanins. Une expérience… Il est élevé pendant 22 mois en pièces de 500 L de chêne autrichien.

Autriche novembre 2014 545

Birgit fait une excellente soupe de potiron. Le potiron est d’ailleurs un légume très prisé en Autriche, j’y ai dégusté pour la première fois ce cucurbitacée en version marinée en salade à la vinaigrette de pépins de courge torréfiés, une découverte gourmande.

http://www.wiederstein.at
On trouve ses vins en Belgique http://www.vinea.be et http://purewine.be/

Pour compléter vos infos sur la région https://www.invinoveritas.be/fr/wien-city-tour-2-traisental-wagram-carnuntum-2/

Ciao

Autriche novembre 2014 205

Marco


2 Commentaires

2015 Prospects for Loire Vintage – weather figures from Tours + gracie Franco!

End of a sunny day on the Loire near Saumur.

End of a sunny day on the Loire near Saumur.

There is optimism in the Loire, as well as other parts of France, about for the prospects for the 2015 vintage. It is still too early to make firm predictions as things can always go wrong at the last minute* and, although picking of the early varieties should start around the beginning of September, Cabernet Franc in Saumur, Chinon, Bourgueil etc. won’t start until the last week/10 days of September.

There is still time for the weather to turn bringing continuous heavy rain, with the danger of grapes splitting through a sudden abundance of water after long dry spells. Hail, too of course, remains threat. Speaking of which there have been high winds in Indre et Loire today with 5000 homes without electricity with the Loches area particularly hit – apparently Amboise and Tours have been less affected.

So, while we keep our fingers crossed, here are some weather stats from the Met station at Tours from June, July and August to date. Averages throughout are based on 1981-2010

June 2015
Rain: 28.9 mm (average – 46.1mm)
Max temps: 24.9˚C (average 22.8˚C) Hottest day: 35.7˚C (30.6) Max temps in 2003 – 28.8˚C
Sunshine hours: 310.6 (average 228.0)

July 2015
Rain: 14.0mm  (average: 53.2mm)
Max temps: 27.5˚C with hottest max: 37.5˚C (average: 25.5˚C
Sunshine: 256.4 hours (average: 239.4 hours)

August 2015 (to 23.8)
Rain: 38.6mm (average: 42.5mm)
Max temps: 27.3˚C (average: 25.4˚C)
Sunshine hours: 154.7 (average: 236.46)

Over each of the three summer months it has been drier, warmer and sunnier – with the marked exception of August so far. It would seem very likely that August’s rainfall in Tours, at least, will be above average by the time this month is out.

To date rainfall over the three months is well down on the average: 61.5 mm has fallen so far compared with the average of 141.8.

* Just like they can go right at the last minute as they did in 2014 with a very fine September.
••
UK supermarket shelf with an array of yellow/gold/orange labelled Prosecco

UK supermarket shelf with an array of yellow/gold/orange labelled Prosecco – all apparently made by Veuve Clicquot…. 

Franco, Veuve Clicquot and Prosecco
Very pleased that our good friend and fine writer – Franco Ziliani picked up on my recent post on Veuve Clicquot and Prosecco. Franco’s post is here. 
Reflecting on Cheonceau

Reflecting on Cheonceau


6 Commentaires

Domaine des Thermes: modestie et mérites d’un indépendant du Brulhois

Il est frappant de voir à quel point plusieurs petites appellations du Sud-Ouest sont dominées par des caves coopératives. J’ai évoqué récemment ici le cas de la Cave de Plaimont et leurs 98% de l’appellation Saint-Mont, mais on peut aussi citer des situations analogues de quasi-monopole à Buzet comme, juste en amont de là, en Brulhois. La raison est très probablement liée au fait que la viticulture dans cette région, aussi ancienne qu’elle soit, n’a souvent constitué qu’une partie modeste d’une activité agricole basée sur la polyculture. Partout dans ce coin du Sud-Ouest, élevage de vaches et de canards, cultures de céréales et de fruits côtoient un vignoble largement espacé et planté de cépages parfois peu connus en dehors de la région.

Un peu d’histoire et de géographie

Le mot Brulhois viendrait du celte brogilo via l’occitan brulhès, qui signifient bord de rivière boisé. La Garonne est toute proche et aujourd’hui encore, les sommets des collines sont copieusement boisés. Brulhois a acquis le statut d’AOC/AOP en 2011, venant de celui de VDQS et de la dénomination Côtes de Brulhois. Cette petite aire d’environ 300 hectares, dont seulement 200 hectares sont plantées, se situe à la confluence de trois départements : Lot-et-Garonne, Tarn-et-Garonne et Gers, avec la majeure partie en Lot-et-Garonne. Elle se divise ainsi entre deux des régions actuelles, Aquitaine et Midi-Pyrenées, ce qui ne doit rien faire pour simplifier tout ce qui concerne les démarches administratives. Très majoritairement située en terre gasconne, sur la rive gauche de la Garonne, elle s’étend aussi sur une petite partie au nord du fleuve. Comme d’autres appellations qui longent la Garonne et ses affluents, elle se réfère à une origine gallo-romaine mais a probablement connu son apogée au XIIème et début XIVème siècles, sous l’occupation anglaise, lorsque des quantités nettement plus importantes de vins qui y étaient produits que maintenant; des sources citent 48,000 hectolitres, ce qui est entre 4 et 5 fois le volume actuel. Ces vins étant alors expédiés vers Bordeaux et l’Angleterre sur des gabares, en descendant la Garonne. Le déclin a suivi le départ des Anglais, car toute la région a perdu son principal marché, et la situation a dû se dégrader pendant et suite aux guerres de religion, ce pays d’Albret étant marqué par le protestantisme.

IMG_7055Une partie du vignoble  de coteau du Domaine des Thermes avec la vallée de la Garonne et la centrale de Golfech au fond

Bien plus tard, deux caves coopératives y furent fondées dans les années 1960. Elles ont depuis fusionnées pour constituer une seule entité: Les Vignerons du Brulhois. Seuls six producteurs de petite taille sont indépendants de cette structure, dont le Domaine des Thermes, proche du beau village d’Auvillar qui domine la vallée de la Garonne.

Enthousiasme et sincérité

Le domaine évoque des thermes car le site, très anciennement habité,  recèle des sources réputées. Sur ces collines douces, souvent bien garnies de bois où les chasseurs de de cèpes gardent bien les leurs (de sources), la famille Combarel est arrivée avant la guerre,  de son Aveyron d’origine, pour élever des moutons. La propriété de 50 hectares a bien évolué depuis lors. Les moutons ne sont plus là et Thierry Combarel, qui exploite le domaine avec sa dame, Dominique Jollet Peraldi, venue de sa Corse natale, travaille aussi maintenant 8 hectares et demi de vignes, plantés d’un belle gamme de cépages. Si l’appellation Brulhois n’admets que vins rouges et rosés, elle autorise pas mal de cépages : cabernet sauvignon, cabernet franc, merlot, malbec, tannat et fer servadou (appellé pinenc un peu plus à l’ouest). A côté de cela, Thierry a planté du colombard et du petit manseng afin de pouvoir aussi élaborer deux vins blancs, un sec et un doux, en IGP Comté Tolosan.

IMG_7049Dominique et Thierry devant la vigne qui jouxte le chai

Comment émerger dans une masse de vins de partout, d’un niveau qualitatif croissant, et dont beaucoup bénéficient de l’atout d’une appellation connue comme Cahors, par exemple. Et surtout, comme c’est le cas de ce domaine, quand la taille critique est difficile à atteindre vu le faible nombre de droits de plantation accordés chaque année et, surtout, la nécessité de continuer à gagner sa vie en faisant tourner l’exploitation par une production, annexe mais majoritaire, de céréales ? C’est le dilemme de Thierry et de Dominique, qui pourtant se donnent beaucoup de mal, travaillant leur vignoble avec une approche plus que raisonnée, avec vendanges et façons à la main et une vrai volonté de faire le meilleur vin possible. Ils pensent au « bio » mais voient aussi les difficultés subies par quelques collègues au niveau des rendements et ne peuvent pas se le permettre. Mais Thierry utilise du soufre en poudre et ne traite en insecticide qu’une seule fois. Le vignes sont impeccablement tenues : on dirait un jardin.

IMG_7042L’accueil au Domaine des Thermes se fait dans une belle salle claire, avec enthousiasme et sincérité

C’est la deuxième fois que je leur rendais visite, et, après une intervalle de 2 ou 3 ans, j’ai pu constater les progrès fait dans les vins, mais aussi dans l’accueil, avec une très belle salle claire et leur esprit, vif , ouvert et communicatif, toujours à la disposition du visiteur. Thierry aimerait faire encore mieux. Il n’a pas pu faire des études poussées et compte sur les conseils d’un œnologue qui vient de loin. Mais, dans ce coin peu viticole, les oenologues conseils n’abondent pas et, de toute façon, il n’a pas les moyens d’être vigneron à 100%.

IMG_7050Peu de vins de la gamme utilisent de la barrique, entre autres pour des raisons de coût. Pourtant, je pense que cela est bénéfique pour ce style de vin.

L’autre gros problème est la vente. Faire tourner une exploitation de 50 hectares, même avec peu de vignes, prend tout son temps. Le budget pour se faire connaître lors de salons et autres manifestations n’est pas disponible et le couple ne peut pas voyager beaucoup pour vendre ses vins. Le résultat est une vente qui dépend encore beaucoup du vrac ou du bib, avec, à la clef, une faible valorisation. Même les bouteilles ne sont pas chères, car cette gamme-là va de 4 à 8 euros, ce dernier prix pour un rouge ayant subi un élevage en barriques et ayant au moins 5 ans d’âge !

IMG_7043

Quand je regarde les étiquettes de cette gamme de vins (surtout les rouges) j’ai du mal à y voir une identité visuelle, tant le graphisme et les couleurs semblent y être accumulés pêle-mêle. On dirait une collection de flacons de 5 domaines différents ! Les vins ont cependant une vraie personnalité, parfois un poil rugueux (tannat en malbec obligent), mais toujours d’une parfaite netteté et dans une expression sincère qui force l’admiration. J’ai beaucoup aimé le très vif vin doux produit avec du petit manseng récolté en novembre à 19° naturels dans le millésime 2014. Sa très belle équilibre dépend de l’acidité naturelle de ce cépage et la longueur est remarquable pour un vin de ce prix. La cuvée FMT 2012 (Fan de Mon Terroir), en collaboration avec le restaurant voisin l’Auberge de Bardigues, fait appel à du fer, du merlot et du tannat et donne un rouge assez intense, à l’accent rocailleux sur un fond suffisamment fruité. Mon rouge préféré lors de cette dégustation rapide était le Domaine de Thermes 2010, élevé en barriques de 2 ans. Je crois que l’assouplissement et l’aération progressive apporté par un élevage sous bois est bénéfique pour ces vins car j’ai trouvé les cuvées sans bois un peu trop anguleuses. Mais pas de bois neuf, et probablement des contenants plus grands. Mais on ne peut pas tout faire sur un petit budget.

IMG_7044La gamme est dominée par des vins rouges mais complétée par deux blancs et un rosé. On détecte une amélioration dans les étiquettes avec deux dernières additions à la gamme : les deux blancs.

 

Thierry et Dominique ont beaucoup de mérite. J’aime la franchise de leur approche, leur travail sincère et méticuleux et leur attachement à ce très beau site. Je souhaite que leurs vins trouvent des marchés plus étendus et que cela leur permette, petit à petit, à aller là ou ils veulent, probablement vers le haut car ils en sont très capables.

David Cobbold

(texte et photos)

Vingrau, le cirque et son tapis de vignes. Photo©MichelSmith


2 Commentaires

Patrimoine viticole : Vingrau, mais quel cirque !

Trou de mémoire passager : comment dit-on déjà beau en langue catalane. Ne cherchez pas ! Je l’ai fait dans la foulée et simple comme bonjour, c’est bella. Et grandiose ? Simple aussi : grandios avec un accent aigu sur le « o » que je n’arrive jamais à placer. Mais lorsque l’on se veut arpenteur de vignobles comme moi, comment dire beau en catalan – ou en occitan d’ailleurs – en y ajoutant une forte intonation vineuse ? Là, j’ai la réponse sur le bout de la langue puisqu’il suffit de dire Vingrau ! Pas uniquement parce qu’il y a du « vin » dans ce mot, mais aussi « grau », gradi en latin, pour grade ou marche. En effet, la légende dit que pour accéder à ce cirque majestueux, il fallait, une fois tourné le dos à la côte, grimper les vingt grades (vingrau) du Pas de l’Escala, le col qui permet de dévaler en boucles jusque sur le village de Vingrau blotti juste en contre-bas. Plus de marches à gravir de nos jours, juste une belle route goudronnée qui serpente dans la garrigue allant jusqu’à ce panorama spectaculaire bordé de falaises dont l’à-pic est devenu la coqueluche des grimpeurs du monde entier. Il y a longtemps, dans les années 1988 je crois bien, lorsque j’ai été confronté pour la première fois à la beauté du lieu en montant par le camp de Rivesaltes et la pinède de Montpins, je fus littéralement espanté comme on dit à quelques kilomètres d’ici, de l’autre côté de la frontière invisible qui sépare les PO de l’Aude. « Putain, c’est grandiose ! » me suis-je esclaffé alors.

Vingrau, le cirque et son tapis de vignes. Photo©MichelSmith

Vingrau, le cirque et son tapis de vignes. Photo©MichelSmith

À chaque fois que je repasse le col de l’Escala, c’est la même sensation d’émerveillement. Pourtant, ce ne sont pas les sites viticoles qui manquent par ici : Tautavel, Cucugnan, Maury, La Tour de France, la route de la corniche au dessus de Banyuls et de Collioure, celle qui va de Calce à Estagel… on ne sait plus où donner des yeux ! Lors de ma dernière balade dans le village de Vingrau où plusieurs caves ouvraient leurs portes à la manière de ce qui se fait à Calce et dans tant d’autres villages, je me suis arrêté à la Cave coopérative, aujourd’hui mariée à celle de Tautavel. J’y ai goûté mon vin favori, Le Cirque, un Côtes Catalanes bouché vis qui ne coûte que 5 €. En blanc (Grenache gris, mais il existe aussi un Muscat), c’est pas mal du tout, en rosé aussi, tandis qu’en rouge 2014 (Grenache noir, Syrah, Carignan), j’ai retrouvé le petit vin de grillades que j’aime tant.

Le bel accueil... Photo©MichelSmith

Le bel accueil… Photo©MichelSmith

Au bout du village, chez Hervé Bizeul, j’ai été agréablement surpris par la droiture et la densité du rouge Côtes du Roussillon Villages Vieilles Vignes 2012 (25 €). Dans le même millésime et la même appellation, un Clos des Fées savoureux et très discrètement boisé, fort long en bouche (50 €), vinifié en partie en demi-muids de 500 litres et élevé en barriques neuves, révèle la quintessence d’un travail d’assemblage équilibré, là aussi à partir de vieilles vignes qui ne manquent pas dans ces anciennes Corbières du Roussillon.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

À côté, au Domaine de L’Edre, Jacques Castany et son épouse m’ont présenté leur Villages 2012 Carrément rouge d’une densité et d’une fraîcheur assez bluffantes (14,50 €). Un tour rapide au Domaine de L’Éléphant, chez Renaud Chastagnol, ainsi qu’au minuscule et nouveau Domaine du Bac (à suivre) où j’ai pu goûter quelques beaux vins : un rouge 2011 assez tannique et long pour le premier (45 €) et un superbe Côtes du Roussillon blanc 2013 pour le second (12 €). Enfin, je n’ai pu résister à me lancer sur le petit chemin qui conduit chez Alain Razungles, éminent professeur à Sup Agro (Montpellier).

Alain Razungles. Photo©MichelSmith

Alain Razungles. Photo©MichelSmith

Tout en enseignant, Alain ne s’est jamais séparé du Domaine des Chênes créé par ses parents. Il y vinifie des blancs extraordinaires au point que ceux-ci représentent près de la moitié de ses ventes, ce qui est assez unique dans le Roussillon. J’aime particulièrement l’IGP Côtes Catalanes Les Olivettes 2011 associant les macabeu au muscat d’Alexandrie : ample, gras, c’est un vin jouissif, bien structuré qui procure beaucoup de plaisir à l’apéritif et qui tiendra volontiers quelques années de plus. Je n’ai pas noté les prix, mais ils sont raisonnables et ne dépassent pas 10 €, départ cave bien entendu. Dans la même trempe, le Côtes du Roussillon Les Sorbiers 2012 et Les Magdaléniens 2011, laissent plus de place à la barrique ainsi qu’au Grenache blanc et au Macabeu. Ce sont des vins de pur plaisir.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Dans la série des rouges, j’ai un faible pour le Villages 2011 Les Grands Mères. Mais j’en reparlerai un jour dans ma rubrique du Dimanche car le vin est pour l’essentiel composé de Carignan. Le Tautavel (un Villages) Le Mascarou 2011, Syrah, Grenache et Carignan noirs chacun présent au tiers, élevage en barriques anciennes, jouit d’un nez porté sur la finesse. Il réserve beaucoup de volume et de chaleur en bouche, est armé de beaux tannins et d’une remarquable longueur et peut encore tenir 5 à 10 ans (autour de 12 €). Le Tautavel La Carissa 2007, Grenache et Syrah en majorité, complétés par le Carignan et le Mourvèdre avec un élevage en barriques au quart neuves, a conservé lui aussi un nez magnifique, en plus de notes très concentrées (torréfaction), épicées et chaleureuses, sans oublier une grande longueur (près de 20 €).

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

À noter qu’il y a dans ce domaine de 38 ha encore vendangé à la main et qui continue de livrer 30 % de sa production (jeunes vignes) à la coopérative locale, de fort belles affaires à réaliser en matière de Vins Doux Naturels dont un Rivesaltes ambré d’anthologie, sans parler d’un renversant Côtes Catalanes Rancio sec L’Oublié 1999, issu d’un Macabeu élevé sous voile en barriques durant 7 ans. Un vin d’une profondeur inouïe doté d’une belle mais forte amertume évoquant le rance de la noix verte. Cela faisait 10 ans au moins, depuis mon travail préparatoire pour mon livre Les Grands Crus du Languedoc et du Roussillon paru en 2005, que je n’avais exploré ce domaine exemplaire qui, non content de développer une gamme assez complète démontrant la spécificité de ce cirque naturel tapissé de vignes pour beaucoup très âgées, va chercher à maintenir haut le culte de la tradition qu’offrent les VDN. À commencer par le Muscat de Rivesaltes que j’avais oublié de recommander. Un vin représentatif de ce terroir argilo-calcaire largement recouvert de cailloutis et de galets roulés par endroits. Bien à l’écart du cirque de Vingrau, à 300 mètres d’altitude parmi les grès de la garrigue, Alain Razungles entretient aussi quelques parcelles qui donnent des vin de belle tenue.

Photo©MichelSmith

D’un côté les Corbières, de l’autre le Roussillon. Photo©MichelSmith

Ainsi va le Roussillon, d’un pas sûr. Comme Tresserre, Cassagnes, Saint-Paul-de-Fenouillet, Calce, Montner ou Latour-de-France, d’autres encore, Vingrau, petit à petit, rejoint la palette des villages vignerons. Ils l’étaient déjà du temps où la Maison Byrrh recherchait les degrés élevés du Grenache, mais ils le sont bien plus maintenant qu’ils vinifient et qu’ils mettent en bouteilles.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Tenez, à force de rêvasser, j’ai oublié le plus fameux d’entre tous, Jean Gardiès, le plus talentueux aussi peut-être. Le gars est de Vingrau, mais pour une raison qui lui appartient, il n’exposait pas ses vins en cette fin Juin où le village ouvrait ses caves à grands renforts de flonflons et de guirlandes. Ce sera l’occasion pour moi d’aller lui rendre une visite plus approfondie une fois qu’il se sera tiré de ses vendanges. En attendant, si vous ne savez que faire ce week-end, prenez donc rendez-vous avec Alain Razungles ! Vous ne serez pas déçus du voyage et il vous indiquera même l’ancienne voie romaine qui traverse le vignoble près de chez lui. Ou, en longeant le Verdouble vers Tautavel et l’antichambre des Corbières, allez découvrir à la Caune de l’Arago, la grotte du plus vieil européen, à Tautavel, en même temps que la plus vieille incisive de France !

Quel cirque ce Roussillon !

Michel Smith

Photo©MichelSmith

Pendant que les parents trinquent, qui fait le clown ? Photo©MichelSmith


1 commentaire

L’autre pays du viognier

Un voyage au Sud de l’Ardèche a achevé de me convaincre: le viognier a trouvé dans cette région sa seconde patrie. 

On m’objectera peut-être que la première – les Côtes de Rhône septentrionales, et notamment Condrieu, n’est pas si éloignée.

Le Sud de l’Ardèche présente cependant des traits bien différents, et compte tenu de l’étendue du vignoble, plus divers. Géologiquement, nous quittons le royaume du granite pour une «marche» plus mélangée présentant des sols variés, tantôt acides, tantôt alcalins – grès, calcaires, marnes, galets roulés (et encore, je schématise, car entre les deux, il y a aussi une zone de basalte).

Côté climat, côté paysages et côté accent, on sent déjà la Provence.

IMG_6779

Ce qui frappe, dans les Viogniers d’ici, c’est qu’ils présentent pas mal d’acidité pour un cépage censé en manquer; c’est d’autant plus étonnant que les sols sont plutôt moins acides qu’à Condrieu.

J’appelle à la barre l’oeno-géologue Georges Truc : «Les blancs sont bien souvent plus acides sur calcaire que sur roches acides, comme on le voit à Châteauneuf du Pape ou à Gigondas. Nous touchons là à un phénomène qui relève de la physiologie de la vigne».

Quoi qu’il en soit, les Viogniers d’ici présentent un autre équilibre, une autre personnalité. La preuve par l’exemple avec six cuvées «in purezza», plus un assemblage.

IMG_6841

Cave de la Blachère Viognier 2014

Abricot, pêche, jus de raisin, quelques notes végétales et une belle amertume finale (pour ne pas parler de minéralité).

http://www.cave-lablachere.fr/

Domaine du Grangeon Viognier 2013

Christophe Reynouard, qui exploite ce domaine de 17ha en terrasses sur les hauteur de Rosières (Balbiac), a travaillé chez Georges Vernet à Condrieu; la boucle est bouclée avec ce viognier très fruité, à la matière fraîche mais pleine de sève; en finale, le fruit revient à plein paniers,  poire et pêche. Le grand coup de coeur.

http://domainedugrangeon.free.fr/

Importateur en Belgique: Bernard Poulet (Bruxelles)

IMG_6856

Domaine Salel-Renaud Quesaquo 2013

De la pêche et du magnolia au nez, mais aussi de jolies notes fumées; la bouche, relativement souple, mais grasse, tire vers les épices et le thé. Bel équilibre d’ensemble.

http://www.domainesalelrenaud.com/

Vignerons Ardéchois Terre d’Églantier 2014

Très beau viognier frais et vif, pêche abricot mais aussi menthe, herbe coupée jasmin.

Le 2013 est tout aussi réussi, tout aussi vif, un poil plus gras, peut-être. Vive la coopération quand elle produit de telles cuvées!

A noter également, dans la même gamme, mais en doux, l’excellent Viognier Vendange d’Octobre.

http://www.vignerons-ardechois.com/

Importateurs en Belgique: Maison Manigart (Arlon), Les Vignes Célestes (Milmort), Nicolas (Bruxelles, Charleroi, Liège)

IMG_6843

Michel Chapoutier Les Granges de Mirabel Viognier 2014

La maison de Tain l’Hermitage est présente au Sud de l’Ardèche depuis 1995. Le domaine a pris le nom du lieu dit : Les Granges de Mirabel ;

Est-ce l’altitude (350m) ou les sols volcaniques des Coirons, mais ce Viognier est non seulement expressif, comme on peut l’attendre de ce cépage aromatique, mais aussi assez vif, ce qui est moins courant.

Est-ce de la mirabelle au nez? En tout cas, du fruit blanc bien mûr, complété d’agrumes. La bouche est à la fois fraîche et pleine; tout est bien en place – c’est riche (mais l’alcool ne domine pas), c’est gras (un peu de miel et de coing viennent compléter le nez), mais pas mou. Même la pointe d’amertume en finale est bienvenue, elle relance l’intérêt des papilles de notre langue quelque peu… alanguie par tant de sensations.

http://www.chapoutier.com/

Importateur en Belgique: Delhaize

 

VIOGNIER MIRABEL

 

Domaine de Vigier Cuvée Mathilde 2014

Mangue, miel, fleurs séchées, fruits confits, le viognier ressort très bien.

La cuvée Inès (un 2013) séduit par son style très mûr – le nez est muscaté, on pense presque avoir affaire à un moelleux, mais non, la bouche est ample, mais indubitablement sèche.

Pour les promeneurs: le domaine se situe à Lagorce, dans la vallée de L’Ibie. Un très joli but d’excursion, d’autant que la cave est entourée de vignes. Une fois terminée la partie de kayak, ou les visites de grottes, laissez-vous tenter par une descente… de cave !

http://www.domaine-de-vigier.com/

Importateur en Belgique: Plaisir du Vin

 

IMG_6854

Mais le Viognier d’Ardèche se prête aussi aux assemblages: en voici un bel exemple:

Mas de Libian Cave Vinum 2014

45% de Viognier, 35% de roussanne et 20% de clairette

Quel beau nez ! Il est à la fois très floral (violette, lavande, genêt), et subtilement fruité (poire williams). La bouche, elle, est riche et épicée (cumin, verveine) ; avec une bonne acidité et une jolie pointe d’amertume pour couronner le tout, c’est sûr, l’assemblage fonctionne, le vin y gagne de la complexité mais sans qu’aucune partie ne perde vraiment son identité.

http://www.masdelibian.com/

Importateur en Belgique: Melchior Vins (Mons)

Libian

Flash back to the future

Après avoir failli disparaître (il n’en restait qu’une dizaine d’hectares dans les Côtes du Rhône septentrionales au début des années 1960), le Viognier, consolidé dans son fief de Condrieu, est parti à la conquête du monde ; la Californie (où on l’a un temps confondu avec la roussanne) et l’Australie sont ainsi devenues des producteurs importants de ce cépage. Leurs producteurs l’utilisent soient seul, soient en association avec la syrah (c’est le Rhône-Blend).

En France, l’Ardèche a été une des toutes premières régions à accueillir du viognier, dès les années 1980.

Cela n’engage que moi, mais ce cépage me semble présenter bien plus d’intérêt (et d’avenir) pour l’Ardèche que le Chardonnay, notamment boisé, qui singe la Bourgogne. Je crois qu’on appelle ça le style, à moins que ce ne soit l’identité.

Hervé Lalau


2 Commentaires

Jean-Pierre, l’homme au chapeau des Terrasses

Des Terrasses du Larzac précisons-le

IMG_0560

et l’homme qui ne se sépare jamais de son couvre-chef n’est autre que Jean-Pierre Venture du Mas de la Seranne à Aniane.

Terrasses du Larzac 029

Une belle rencontre, on se connaissait déjà un peu, se croisant de temps à autres sur le territoire du Larzac. Les Terrasses ont fêté leur trentième anniversaire cette année et Jean-Pierre m’a servi de guide perso pour en faire le tour. Après les poches volcaniques tout à l’ouest de l’appellation, suivi des grès, des calcaires, des alluvions anciennes et récentes, … ce qui montre la grande hétérogénéité des différents terroirs, puisqu’il faut y ajouter les orientations, les pentes, … et les hommes qui en tirent parti. Bref, et C’EST-CE QU’ON AIME, une multi-typicité des vins produits. Seul caractère commun, l’équilibre sudiste autour l’alcool qui s’équilibre de la fraîcheur, contrairement à l’équilibre nordique qui a pour axe central l’acidité.

Mondial de BXL 2015 091

Mondial de BXL 2015 096
Au bout du parcours, le domaine

20120306151000-3_g

Venant de l’ouest lointain et faisant route le soleil dans le dos, nous arrivâmes fin d’après-midi au levant des Terrasses, au Mas de la Seranne. Le domaine, repris par Jean-Pierre et son épouse Isabelle en 1998, est passé en bio 2012 et d’une surface de départ de 5 ha à un peu plus de 16 ha aujourd’hui. Les parcelles occupent les différents terroirs de la commune. Les vins sont souvent à l’image de celui qui les crée, ceux de Jean-Pierre sont attachants comme lui, bien construits, ils allient précision et gourmandise.
Voici 3 cuvées choisies au sein de sa gamme qui en compte sept.

mas de la seranne 002
Les Ombelles 2013 Languedoc

Vert doré, le nez de fenouil et de fleurs d’amandier, un éclat de silex qui vient inciser une poire bien mûre, trancher une étoile de carambole. La bouche fraîche et agréable offre un petit gras confortable. Le grain minéral (sorte de petit modelé à la granulométrie très fine que les papilles perçoivent aisément –explication de ma perception pour David, et je suis d’accord cela pourrait –être autre chose) apporte du relief à la texture onctueuse et lui donne une impression tactile de soie sauvage. Une légère amertume au goût d’écorce de citron apporte une sympathique vivacité et nous suit jusqu’au bout de la longueur qui se termine dans la gelée de poire et de coing.
« Un nez de fenouil, d’anis et voilà que se dessine le nouveau nom de cette cuvée : « les ombelles » comme celles des fenouils sauvages qui poussent autour de nos vignes. Un élevage plus long en fût, une mise en bouteille après 9 mois lui ont apporté une plus grande ampleur » écrit Jean-Pierre sur son site.

Assemblage de 30% de Grenache, 40% de Rolle et 30% de Roussanne qui poussent dans des marnes jaunes. Fermentation en fût pour moitié avec batonnage de 3 mois sans faire la fermentation malolactique. Élevage de 6 mois en cuve pour la moitié et en fûts neufs pour l’autre.

IMG_0564
Clos des Immortelles 2013 Terrasses du Larzac

Pourpre cramoisi, un nez très épicé qui rappelle la garrigue avec ses accents de thym, de sauge et de romarin maculés de cassis et de mûres. Le cade ajoute sa note fumée. Les tanins tels un crêpe de Chine déploient leur fraîcheur veloutée parée d’épices et des fruits sentis. Les jus légèrement acidulés charment par leur fluidité, ils rendent le vin à la fois simple d’abord et d’une charmante gourmandise.

« Nos vignes sont adossées à la garrigue où poussent de nombreuses fleurs sauvages, dont les immortelles qui fleurissent en mai. Elles sont souvent bordées de murets de pierres sèches qui délimitaient les parcelles et permettaient d’entasser les cailloux enlevés des vignes » note Jean-Pierre toujours sur son site.

Assemblage de 30% de Syrah et 30% de Mourvèdre, de 20% de Grenache et 10% de Cinsault et de Carignan qui poussent dans des terrasses anciennes de l’Hérault, des cailloutis calcaires de bas de pente et des marnes jaunes. élevage de 13 mois en barriques de 1 à 3 vins.

Mondial de BXL 2015 111

Antonin et Louis 2012 Terrasses du Larzac

Violet pourpre comme la couleur de la marmelade de fruit qui saute au nez. Elle mélange les fruits noirs, myrtilles et mûres, fraises et cassis, qu’elle saupoudre de cumin et de cardamome pour la rendre plus attirante encore. Puis, elle frappe à la porte du palais. Ce dernier ouvre grand les lèvres et se laisse bousculer sans contrainte par ce fruité épicé. La langue, qu’il n’a pas dans la poche, se délecte des milles nuances fruitées, se tourne sept fois dans la soie tannique, affole ses papilles de jus frais et gourmand, les baigne dans un véritable plaisir buccal, se donne au chat pour connaître l’origine de ce nectar.
« Nous avons donné à cette cuvée les prénoms de nos ancêtres vignerons, grand-oncle et grand-père respectifs. Mourvèdre et Syrah sont issus de terrasses anciennes de l’Hérault, le Carignan de terrasses très pauvres de l’ère tertiaire ; tous ces terroirs sont caractérisés par la présence importante de galets roulés et par de petits rendements (25 hl/ha) qui font naître un vin puissant et élégant » décrit Jean-Pierre encore et toujours sur son site.

Côté vinification : 70% de Syrah, 20% de Mourvèdre et 10% de Grenache dont une partie en macération carbonique. Élevage de 13 mois en pièces dont 60% de neuves, puis 6 mois en cuve et encore 6 mois en bouteille avant mise en marché.

Mondial de BXL 2015 102
Un bon moment …
http://www.mas-seranne.com

Ciao

IMG_0570
Marco

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 13 499 autres abonnés