Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Vendôme, Vendôme…

Un des grands plaisirs de ce métier, c’est de pouvoir jeter un peu de lumière sur des petits coins de vignoble qui en manquent parfois cruellement. C’est le cas des Coteaux du Vendômois, je pense. Et pourtant, non seulement la région est pittoresque, non seulement son vignoble (à peine 150 ha) est très ancien, mais il recèle un trésor rare, un cépage trop modeste, j’ai nommé le Pineau d’Aunis.

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Aunis soit qui mal y pense

Également connu sous le nom de Chenin Noir (bien qu’il n’ait pas de parenté avec le Chenin Blanc), ce cépage vigoureux est sans doute un des plus anciens de la région. Certains lui voient des origines rochelaises (d’où son nom), d’autres béarnaises.

Aujourd’hui, on le trouve surtout dans la vallée du Loir; toutes régions confondues, la surface cultivée ne dépasse guère les 600ha.

On le connaît principalement pour les vins rosés ou gris, dont nous parlait l’ami Marc, ici même, il y a quelques mois; mais moyennant une  macération plus longue, il peut également donner des rouges bien colorés. Dans les deux cas, ce qui frappe, avec le Pineau d’Aunis, ce sont les épices (admirez la rime!).

Pour illustrer les belles dispositions de ce cépage et des Coteaux du Vendômois (reconnu en AOC en 2001 seulement), voici une cuvée élaborée par Patrice Colin, un des vignerons emblématiques de l’appellation, qui exploite 25ha (en bio) autour de Thoré la Rochette.

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Assez sombre dans le verre, avec quelques reflets violacés, voilà un vin qui ne fait pas son âge à l’œil; ni au nez, qui présente une aromatique très fraîche centrée sur la cerise (guigne, griotte), l’épinette et la prunelle. La bouche est dans le droit fil de cette fraîcheur fruitée, avec en plus, une pincée de poivre.img_0810

Ce vin puise dans sa charpente acide un équilibre de funambule – une qualité bien  ligérienne. Il n’est pas issu du seul Pineau d’Aunis, mais contient aussi du Pinot noir (également appelé auvernat noir, localement) et du Cabernet Franc. 

La règle veut que le Pineau d’Aunis constitue au moins la moitié de l’assemblage des rouges  de l’appellation; tandis que le Gamay également autorisé par le cahier des charges, ne peut dépasser 20%.

Un peu d’histoire… en chanson

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire écouter ici la chanson de David Crosby, Orléans, dont les paroles évoquent la bonne ville de Vendôme. Et pourquoi donc? Parce que lors de la guerre de 100 ans, la ville était une des dernières à être contrôlée par Charles VII face aux Anglais (on l’appelait d’ailleurs le Petit Roi de Bourges). Initialement intitulée Le Carillon de Vendôme, la chanson égraine quelques une de ses maigres possessions: Orléans, Beaugency, Notre Dame de Cléry, Vendôme, Vendôme! Notons par ailleurs que les vins de la région étaient alors très appréciés.

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Fabulons un peu: et si les Coteaux du Vendômois étaient les héritiers de ce que l’on appelait naguère le « gentil vin françois »? Le vin de Jeanne d’Arc, à l’époque où les Anglais vendangeaient l’Aquitaine, les Bourguignons la Bourgogne, et où ni la rive Est du Rhône, ni l’Alsace, ni la Lorraine n’étaient françaises…

Je laisse nos amis régionalistes vous expliquer à quel point il est plus noble et plus fashionable, aujourd’hui, de se dire basque, limbourgeois ou berrichon plutôt que français, belge ou espagnol. C’est leur droit, comme c’est le mien de penser autrement.

Je laisse à nos amis internationalistes le soin de vous convaincre que la notion de souche n’existe que sous le microscope ou quand les arbres sont morts.

Mais moi, je suis très attaché à mon pays, dans son intégrité comme dans sa diversité. Aussi, dans mon métier, j’aime à ancrer tel vin à tel clocher, à telle montagne, à telle rivière, à telle communauté vigneronne, ou à le rapprocher de tel événement de l’histoire de ce que naguère, sans vergogne, on appelait une patrie – la terre de nos pères (et de nos mères). J’ai été Charlie, j’ai été Bardo, j’ai été Nice, j’ai été Berlin. Mais surtout, je suis France. Vendôme, Vendôme!

Hervé Lalauimg_0804


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New Zealand memories (part 2)

 

wellingtonsHeading across on the ferry from Wellington to South Island 

queencharlottesThe spectacular Marlborough Sound

As promised at the end of last year the second part of my New Zealand memories from the Circle of Wine Writers trip. This time South Island – click here for North Island.

img_6494Woollaston Vineyard – now Mahana Estates 

rabbitislandsRabbit Island 

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seifriedSeifried Estate, Nelson

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Neudorf Vineyards, Nelson

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Tim Finn, Neudorf Vineyards

john-stichburywsJohn Stichbury and his wife, Jackson Estate (Marlborough)

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Marlborough vineyards

awateresAwatere Valley, the southernmost valley of Marlborough 

 

 

 


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La der des der ?

Le problème lorsque ça marche bien pour le vigneron, c’est qu’il se sent vite à l’étroit, quelque peu coincé avec, en plus, une cuvée qui occupe l’espace médiatique au détriment parfois des autres. C’est l’occasion de se recentrer, de faire un bilan et de se dire qu’après tout, si le public le demande, pourquoi ne pas continuer… Olivier Jullien, lui, préfère tout arrêter. Non pas mettre fin au « vigneronnage » (quoiqu’on ne sait jamais avec lui…) pour mieux se consacrer à la pêche à la mouche, sa passion… Non, il préfère saborder une cuvée qui marchait du feu de dieu, trop peut-être, sa cuvée « Les États d’âme » qui, à chaque fois que nous en buvions, nous faisaient voir une partie de lui même, celle d’un lutin languedocien jouant avec les terroirs, les cépages, les vinifications pour nous livrer un instantané de son univers.

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À chaque parution, nous, les amateurs, y allions de nos commentaires, mais surtout de nos élucubrations : à quoi jouait le petit prince du Languedoc ? Vers quelle nouvelle facétie voulait-il nous entraîner ? Vers quel coteau ? Plus de grenache cette fois-ci ? Moins de Carignan ? À moins que le Mourvèdre ne vienne troubler les esprits ?  Pour pimenter nos avis, le vigneron volontiers poète ajoutait un peu ou beaucoup de sa prose sur l’étiquette permettant un approche plus hédoniste que celle, trop factuelle, d’une récitation purement technique. Grâce à lui, on lisait le vin tout en le buvant ! Combien de millésimes le vigneron a-t-il réalisé sous ce nom ? Honnêtement je ne sais plus et cela n’est pas le plus important quand on connaît bien le personnage imprévisible qu’est Olivier Jullien. Il paraît en effet que ce n’est pas la première fois qu’il annonce la fin de ses États d’âme.

wp_20161231_003J’ai acheté le dernier millésime des États d’âme, un 2013. Je me le suis aussi offert au restaurant bar à vins, Le Chameau Ivre (chez Philippe Catusse, à Béziers), où il est arrivé sur table au prix caviste (25,50 €) ce qui, compte tenu de la notoriété de ce Terrasses du Larzac, reste raisonnable… Sur la cuisine très orientée mer le bougre n’avait au début pas trop sa place, mais cela ne nous a pas empêché de vider la bouteille en moins d’une heure, après avoir démarré par un Brut Nature de Drappier, suivi d’un Côte-de-Brouilly 2010 de Jean-Paul Brun. Avec dix années de plus, le Mas Julien, puissant et marqué par de beaux tannins, eut été parfait. Fort heureusement, un plat allait vite le mettre en valeur : la raviole de sanglier, un goût de civet mêlé de légèreté. J’aurais pu opter à la rigueur pour le 2011, plus mûr, mais il me fallait à tout prix tester ce 2013 pour constater que mon unique exemplaire devait encore séjourner longuement en cave.

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Le chameau est l’animal totémique de Béziers.

Quel enseignement tirer de tout cela ? À la place d’Olivier, j’aurais maintenu en vie cette cuvée pour en faire la cuvée-référence du domaine. C’eut été un bon moyen de se remettre  doublement en question trente ans après. À la fois en explorant de nouvelles voies pour « Les États d’Ame » permettant ainsi d’élargir son public, mais aussi pour envisager la création d’autres cuvées capables de soutenir ou de remplacer celles qui existent déjà. L’autre enseignement réside dans le fond de sagesse du vigneron qui, tout en étant un « caractère » comme l’on dit, n’a rien de farfelu. Malgré la gloire qu’il tire du vin, le gars reste les pieds sur terre et ne fanfaronne pas avec des prix élevés permettant ainsi à tout amateur de s’offrir une de ses bouteilles, même au restaurant, et de s’évader ainsi un peu plus haut vers les garrigues du Languedoc. Pour ce dernier repas de l’année tout en célébrant l’anniversaire de Brigitte, ma compagne, nous avons pu festoyer en nous ruinant sagement…

Michel Smith

PS Lire aussi le très recommandable livre « La Mécanique des Vins » par Laure Gasparotto et Olivier Jullien (Grasset)

 

 

 


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New Zealand memories (part 1)

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Man of War Vineyards,  Waiheke Island 

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Rippon Vineyard, Central Otago

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In November 2007 the Circle of Wine Writers made two week trip to the vineyards and wineries of New Zealand. Apart from getting ourselves there the trip was very generously sponsored by the New Zealand Winegrowers.

It proved to be an amazing trip starting in Auckland towards the top of North Island and finishing in Otago before a final evening at the Air New Zealand Wine Awards in Christchurch. Unfortunately in terms of reciprocal coverage this trip came a year or two too early before the widespread adoption of blogs, Facebook and Twitter meaning that our visit to New Zealand didn’t get the exposure it really deserved. For instance, I didn’t launch my Jim’s Loire blog for another nine months – end of August 2008.

Time, then, for some pictorial memories. This week – North Island

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Timo Jokinen (CWW) with Milan Brajkovich (Kumea River)

missionHistoric Mission Estate, Hawkes Bay  
established in 1851 

john-buckJohn Buck, Te Mata, Hawkes Bay

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Tim Turvey, Clearview, Hawkes Bay

vineyardhawkes-bayHawkes Bay vineyard

john-hancockJohn Hancock, Trinity Hill, Hawkes Bay

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Martinborough – Larry McKenna’s Escarpment Vineyard 

larry-mckennaLarry McKenna 

jamilltonbsJames and Annie Millton, Millton Vineyard, Gisborne
New Zealand’s Chenin Blanc champion – long-time biodynamic producer

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IGP Pays d’Oc, complément d’information (2, les rouges)

Suite et fin de mon petit voyage dans la Collection 2016 des Vins de Pays d’Oc.

Cette fois-ci, place aux rouges.

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Domaine de la Baume Syrah 2015 Cuvée La Jeunesse

Rarement cuvée aura aussi bien porté son nom, car cette syrah a l’énergie, l’espièglerie de la jeunesse. Un fruit rouge et noir légèrement acidulé, croquant, une bouche structurée, épicée, mais sans austérité. Son côté enjôleur ne doit pas vous induire en erreur ; ce vin a de la substance. C’est là un des «Secrets du Sud» (le slogan du domaine): sous les jolies formes, chercher – et trouver- le fond.

Le Domaine de la Baume se situe à Servian, entre Béziers et Pézenas, ; il compte 176 hectares. Depuis 2003, il fait partie du groupe Grands Chais de France.

6,5 euros.

http://www.domaine-labaume.com/

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Domaine du Grand Chemin Cuvée JMF 2014

Le Domaine du Grand Chemin se situe à Savignargues, au pied des Cévennes. La Cuvée JMF (pour Jean-Marie Floutier, je suppose) est une des cuvées de prestige du domaine; elle assemble deux cépages qui sont rarement complices ailleurs: le Pinot Noir et Cabernet-Sauvignon.

Cet mariage de la carpe bourguignonne et du lapin bordelais est plutôt étonnant. Je manque de repères ; au nez, un soupçon de cerise et de fraise peut faire penser au pinot, et en bouche, la structure, au cabernet – mais c’est tellement plus facile quand on connaît la composition ! Quoi qu’il en soit, ce n’est pas ce qui me plaît dans ce vin, mais plutôt sa texture fine et veloutée, ses tannins suaves, ses notes de cuir et de café, et sa finale délicatement fumée.

9,20 euros.

http://www.domaine-du-grand-chemin.com/

Calmel & Joseph Villa Blanche Marselan 2014

Si l’expression « vin de plaisir » s’applique à un vin, c’est bien à celui-ci!

Le Marselan (qui doit son nom à son lieu de naissance, l’INRA de Marseillan), est un croisement de Grenache et de Cabernet-Sauvignon, obtenu en 1961.

Dans les meilleurs cas, il allie les qualités des deux cépages, la souplesse, le fruité et la structure. C’est le cas de celui-ci, qui non content de nous enjôler le nez avec sa corbeille de prunes, de figues et de cassis gorgés de soleil, achève de nous séduire en bouche, avec un cocktail diabolique de tannins lisses, d’épices douces et de puissance retenue. Une poigne de phéromones dans un gant de velours. Et pour un prix d’ami.

7 euros. Capsule à vis (quelle bonne idée!)

http://www.calmel-joseph.com

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Alma Cersius Terra Patres 2012

Non, il n’y a pas que des vins jeunes dans cette Collection 2016, comme en témoigne ce 2012, hommage qui nous envoie, non pas ad patres, mais en terre languedocienne. Car c’est bien de terroir qu’il s’agit, n’en déplaise à la réglementation qui réserve le mot aux appellations ; un vin aussi fondu, aussi complexe, aussi velouté n’est pas que l’expression de ses cépages (syrah et cabernet-sauvignon, essentiellement), mais celle d’un magnifique coin de garrigue, à Cers, près de Béziers, où est installée cette coopérative. Aussi, au nez, cher Nino, on dirait le Sud, le thym, le laurier ; on enchaîne avec de la cerise et de la figue; que l’on retrouve en bouche, encore plus juteuses. J’ai repensé à un vin déjà présenté ici, voici quelques mois: la Cuvée Nicole, du Domaine d’Aigues Belles.

15 euros.

http://www.almacersius.com/

En résumé

Pour tous ces vins (et notamment le dernier), on a envie de dire «A bon vin, point d’enseigne». Pas besoin de «grand cru» sur l’étiquette. Ni même d’AOP. Ce n’est pas parce qu’on est IGP qu’on fait des vins hors sol, et hors producteur. En définitive, la seule mention qui vaille, oenophiles payeurs, c’est vous qui l’attribuez.

Hervé Lalau

 


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Les Crémants de Bourgogne de Bailly-Lapierre

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Là, dans l’Yonne, au sud d’Auxerre, pousse encore la vigne, un peu perdue au milieu de ce paysage agreste où règnent prairies, vergers et bosquets, entremêlés de cours d’eaux. Une zone calcaire aux falaises parfois abruptes, creusées par l’homme pour en extraire la pierre. C’est au creux de l’une de ces carrières que la Cave de Bailly s’est installée en 1972. Elles s’étendent à 50 mètres sous terre sur 4 ha au sein de la pierre de Tonnerre qui nous rappelle la proximité du vignoble chablisien.

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Si la fondation de la Cave de Bailly ne date que de 1972, le Tonnerrois fournissait depuis bien longtemps des vins de base pour l’élaboration de Sekt allemand. Avec le déclin de ce débouché fin des années 60, les producteurs ont dû en chercher de nouveaux. Élaborer eux même leurs bulles sembla le plus évident. Mais il fallait trouver un lieu de stockage. Michel Esclavy, alors viticulteur et président du syndicat, qui avait pris en main la destinée du vignoble décida d’acheter une ancienne carrière devenue champignonnière surplombant l’Yonne. La Cave de Bailly Lapierre naissait… Aujourd’hui, elle compte 430 producteurs et offre l’originalité d’accepter les apports partiels. Comprenez : les producteurs ne sont pas tenus d’apporter toute leur récolte à la cave. Certains possèdent des caves particulières, d’autres pratiquent la polyculture.

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Quant à l’encépagement, la région fait la part belle au Pinot Noir, plus de la moitié des apporteurs sont d’Irancy, le Chardonnay arrive en second, nous ne sommes pas loin de Chablis. Gamay et Aligoté viennent en complément. Production : 3 millions de bouteilles.

En voici une petite sélection

Pinot Noir brut Crémant de Bourgogne Bailly Lapierre

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Robe blanc vert, des parfums de confitures de griotte et de rhubarbe qui nous renseignent déjà sur la vivacité de la bouche. Certes bien marquée, elle baigne toutefois dans l’ampleur fruitée des citrons et mandarines confits. Une feuille de menthe se poudre de poivre noir et souligne le caractère vineux de cet effervescent à la fois racé et élégant.

Ce 100% Pinot Noir fait sa fermentation malolactique et reste 14 mois sur lattes. Dosage : 8g/L.  (8,60€)

Baigoule extra-dry Crémant de Bourgogne rosé Bailly Lapierre

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Baigoule veut dire en patois local : grande gueule, cela ne s’invente pas.

Pétale de rose, il en a également le parfum auquel s’ajoutent des fragrances des jus de cerise et de grenade. En bouche, douceur relative et fraîcheur s’entendent pour mettre en évidence les multiples arômes fruités où se reconnaissent en de la cerise, la framboise, la groseille, la fraise, épicées de cannelle et de cardamome.

Il assemble une majorité de Pinot noir complété de Gamay. Il reste 16 mois sur lattes et est dosé à 17g/L  (9,90€)

 Vive-la-Joie Brut 2008 Crémant de Bourgogne Bailly Lapierre

Doré vert, le nez se révèle à peine, discret, il respire tout d’abord la fougère et la pâte d’amande, puis, une subtile fragrance de pêche se développe, avant celle plus insistante du poivre blanc. La bouche se veut d’emblée minérale, rappelant le calcaire mouillé où poussent quelques brassées de fleurs blanches. La texture offre une onctuosité générée par les 5 années sur lattes. Moment de latence qui rend également le vin plus dense, plus profond, plus intense, sans toutefois vraiment s’assagir. Au contraire, sa vivacité rappelle nos papilles à l’ordre, et leur octroie un bouquet d’épices mélangées à l’amertume délicate de la réglisse. (14,90€)

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Vive-la-Joie Brut 2007 Crémant de Bourgogne Bailly Lapierre

D’une teinte à peine plus soutenue, il toaste son pain qu’il couvre de gelée de mirabelle parfumée de céleri sec. La bouche onctueuse garde du croquant. Moins vive, elle apparaît plus assagie et nous offre fleurs un peu sèches et fruits confits sans hésiter.

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« Les joies du vieillissement. Nos Crémants gagnent en caractère avec le temps ! Au-delà d’un certain nombre de longs mois sur lattes, une magie s’opère. Vive-la-Joie”, élaboré avec du Pinot Noir et du Chardonnay, est un vin de garde ! Une joie pour les amateurs de vieux millésimes. Empiriquement, nous avons constaté que la fraîcheur est intacte si quatre conditions sont réunies, une sélection scrupuleuse du vin, un vieillissement sur lattes assez long, un dégorgement récent et une mise au repos du vin dégorgé de quelques mois avant la dégustation » nous confie Sylvain Martinand œnologue des Caves Bailly Lapierre.

www.bailly-lapierre.fr

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Ciao

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Marco


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Quelques cuvées insolites (volet 2)

Cette semaine, nous poursuivons la dégustation des cuvées insolites, mais nous abandonnons les pinots pour retrouver des cépages du Sud.

  1. Terres de Causse et de Paulilles

J’ai découvert à cette occasion les vins de Didier Mouton, un vigneron amateur non interventionniste,  qui au départ, s’est installé en Corrèze  avec 3 vignes issues de défrichements de bois ou taillis au total 1,30ha. Plus tard,  il a acquis à Paulilles  25 ares sur le terroir de Cosprons,  16 terrasses de schistes argilo-sableux de 5 à 35m d’altitude,  elles avoisinent les 70 ans. En 2012, il a rajouté des grenaches gris sur une friche. Tous ces vins sont naturels: non levurés, non chaptalisés, non collés, non filtrés, non sulfités. Les rendements sont faibles, autour de 8 hl/ha

Voiles Blanches Vin de France,  

Majoritairement composé de Grenache Gris, mais aussi de Grenache Blanc, et d’un peu de Macabeu, issus de Paulilles, c’est un vin de France, car je crois savoir qu’il le vinifie dans les Causses !

Voiles Blanches avec 7 jours de presse, affiche son style, la robe est orangée, le nez intense, assez sauvage avec des notes de rancio. La bouche est suave, très sèche, fraiche avec cependant un brin d’oxydation. La finale est persistante.

Ça n’est pas complètement droit, mais je dois reconnaitre que c’est un vin passionnant et étonnant. Les convaincus de jus nature vont adorer !

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PVP : 29,90€

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Tramontane 2013 Vin de France

Ce Vin de France est presque un mono-cépage puisqu’il se compose de 95% de Grenache noir et de 5%. Rendement autour de 8 hl/ha. Il est issu d’une parcelle de 12 ares, plantés dans les années 50, sur un sol schisteux sableux.

Elevage 2 ans en vieux fûts de 10 vins, puis 6 mois en cuves, ZERO intrant virgule ZERO. Le domaine produit 800 bouteilles par an…

Je suis moins enthousiaste en ce qui concerne le rouge, certains dégustateurs l’ont trouvé d’une grande fraicheur et « buvabilité », je l’ai trouvé au contraire dur, tannique, végétal et agressif, même si le jus est dense. Ça ne ressemblait pas à grand-chose, et c’était donc un vin très original.

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PVP : 29,90€

  1. Fons Sanatis

Vigneron irréductible » c’est comme se décrit  Benoît Braujou, vigneron du Domaine Fons Sanatis.  Pour comprendre vraiment qui il est, comment il pense et veut ses vins, il faut aller lui rendre visite à Saint Jean de Fos, au Nord de Montpellier. Je lui consacrerai prochainement un papier car il vaut la peine d’être connu.

Les vins du domaine sont volontairement déclarés en vin de table pour pouvoir laisser libre cours aux envies de Benoît Braujoux, juste vous dire qu’il cultive la vigne sans pesticides.

J’ai été très surprise et à la foi très heureuse de voir apparaitre une de ses cuvées dans la dégustation.

  • Mémé Jeanne Fons Sanatis Benoit Braujou, Vin de France Lot.20.15

    Mémé Jeanne est un vin blanc sec, mono-cépage de petit manseng, vinifié comme un rouge, en macération avec   la peau des baies. Un cépage inattendu, venu d’ailleurs ! Cuvaison de 3 à 4 semaines en cuves béton avec chapeau de marc immergé. Fermentations exclusivement en levures indigènes. Le vin est ensuite élevé 15 mois en cuve inox.

    Je ne crois pas que Benoît ait voulu faire un vin orange, même si la couleur le laisse penser. Le nez surprend agréablement avec ses notes de fruits secs, la bouche est pure, tendue, la matière riche, la finale est persistante et laisse échapper  des effluves d’épices et de coing. Un vin délicieusement surprenant et envoutant.

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PVP : 24€

3. Maselva Emporda Catalogne

Maselva est une petite propriété de 7ha située dans une vallée du Cap de Creus au sud de la Catalogne. Les propriétaires Richard et Laure Meyer sont alsaciens, ils ont laissé la vinification aux mains de Julien Ditté, dont je vous ai déjà parlé en vous présentant ses vins AMISTAT. Le vignoble a été planté en 2000 et n’a connu aucune goutte de désherbant chimique. Les vignes bénéficient d’un terroir exceptionnel  plantées dans un fond de vallée protégé par l’immensité du cap de Creus, elles profitent de la tramontane, apportant embruns maritimes depuis la plage de Port de la Selva.

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C’est  vin issu de l’assemblage de 3 cépages : grenache, syrah et cabernet –sauvignon, il a bénéficié d’un élevage en barriques pendant 12 mois et d’une garde en bouteilles de plus de 24mois avant d’être proposé à la vente.

Le nez est prometteur, très marqué par les fruits noirs et frais, la bouche est savoureuse, la texture veloutée,  la finale  persistante. C’est un vin très civilisé, avec une vraie personnalité. J’aimerais qu’il acquière un caractère un peu plus sauvage, à l’image de son terroir magnifique, qu’est le Cap Creus.

PVP : 19€

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Désolée, c’est l’étiquette du blanc, le rouge ayant la même étiquette, j’ai fait un doublon …. J’en profite pour dire que le blanc est étonnant, et mérite d’être gouté.

  1. Terra Remota

C’est un domaine de 40 ha, niché dans les contreforts de la Serra de l’Albera qui appartient au couple Marc et Emma Bournazeau, d’origine française, mais avec des racines catalanes du Sud. Terra Remota représente pour eux un retour à la terre d’origine, la récupération d’une identité perdue. Leur rêve a commencé à se réaliser en 2000, quand ils ont acquis le terrain. L’existence de quelques vieux pieds de vigne, a décidé les Bournazeau à y implanter un domaine viticole. En ce sens, l’expérience de Marc a été décisive car ça n’est pas un novice dans  le monde du vin.  Il a en effet,  déjà été à la tête de deux domaines avant celui-là, l’un  dans le Roussillon (Château Saint-Roch) et l’autre au Chili (Bodega Las Niñas).  Je connais bien Marc et je l’apprécie beaucoup,  c’est un homme déterminé, volontaire, mais aussi passionné par tout ce qu’il entreprend, à Terra Remota il a voulu profiter de son expérience pour transmettre dans ses vins le meilleur de ce terroir. Malgré les bonnes relations qui nous unissent, je n’ai jamais pu rentré ses vins de l’Emporda, peut-être à cause de ça justement, et il ne m’en a jamais voulu. Aujourd’hui, je peux  m’exprimer en toute liberté.

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Marc Bournazeau

Empordà Terra Remota USTED 2011

C’est la première fois que je dégustais cette cuvée d’exception composée de 60% de grenache noir et de 40% de syrah. La syrah est issue d’une parcelle sélectionnée : Adrien et élevée durant 36 mois en barriques neuves de 225l. Le Grenache a été élevé 36 mois en barriques de 500 litres. La production est de 800 bouteilles et de 600 magnums.

Usted veut dire « VOUS » en espagnol, en baptisant ainsi leur vin, j’imagine que les Bournazeau ont voulu transmettre une certaine forme de respect, et de fait c’est un vin qui en impose.

A commencer par sa robe, noire, profonde et brillante, suivi par un nez qui hypnotise tant il est délicat et expressif, la syrah apportant son intensité aromatique, ses notes de griottes et d’épices,  associés à celles plus réglisses du grenache ; la bouche suit sur le même registre : l’attaque est  concentrée, structurée…des notes fumées se rajoutent à celles du nez, les tannins sont puissants mais soyeux, veloutés  soutenus  par une fine fraîcheur qui souligne des arômes gourmands d’épices et de truffe au chocolat La finale est persistante, le boisé parfaitement intégré, l’équilibre trouvé. C’est un grand vin, racé, je ne l’attendais pas dans cette région.

Son prix de 150€ ne veut pas dire grand-chose, étant donné le faible volume.

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En guise de conclusion : Je note que les professionnels sont attirés par les cuvées de vins naturels, elles étaient presque majoritaires dans cette dégustation. Tant mieux, à condition qu’ils soient très sélectifs dans leur choix,  car, il ne faut pas croire «qu’il n’y a rien à jeter» !

Hasta Pronto,

MarieLouise Banyols