Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Cairanne, 3 portraits et photos

À Cairanne, depuis que j’arpente le vignoble, il y a trois domaines que j’ai toujours préférés pour leur qualité, leur constance et le caractère de leurs vins. Ce qui ne veut pas dire que d’autres domaines ne font pas le poids, comme le Domaine des Amadieu, Roche, Delubac, Denis Alary… Mais les trois ci-dessous sont, sans ordre de préférence, mes favoris.

L’Oratoire Saint Martin

 

De pères en fils, dix générations se sont succédées au domaine. Aujourd’hui, ce sont Frédéric et François Alary qui sont à la tête des 25 ha de vignes; et se remettent chaque année en question. Rien n’est jamais définitif, tout est recherche constante, avec pour seul objectif : obtenir la vendange de qualité et dans la foulée, tout simplement un vin qui correspond au terroir. Les parcelles situées en majorité au nord-est des collines avec large vue sur le Plan de Dieu, les Dentelles de Montmirail et le Ventoux, voilà un panorama qui sans nul doute aide à faire de l’excellence. Et ce reflet du sol et de son environnement se retrouve élégamment dans la cuvée Haut Coustias, qui assemble une majorité de Mourvèdre à des proportions presque égale de Grenache et de Syrah. Nez de garrigue où flotte un parfum de genêt et de feuille de figuier. La bouche fraîche qui austère dans les premièrs temps se donne chaque année un peu plus. La garrigue se transforme en saveurs épicées soulignées de réglisse, maculées de fruits rouges, toujours en carrure, mais la main généreuse, prompte à nous offrir quelques un rien de cannelle, un grain de sel, un noyau, une note de menthol, en plus. Quant au blanc Haut Coustias, fait de 40% de Marsanne, 40% de Roussanne, 10% de Clairette et 10% de Grenache, il plaît d’emblée par ses notes de miel de thym, d’aiguilles de pin, de bruyère, de sirop de poire et d’abricot sec. Par sa bouche onctueuse parfumée de rose, rafraîchie de citron confit, épicée de safran, à l’impression légèrement tannique, à la finale sur l’anis. Élevage 12 mois en barriques.

www.oratoiresaintmartin.fr

Domaine Marcel Richaud

Une belle histoire…

Quand la succession est assurée, quelle peut être meilleure récompense pour le projet de toute une vie ? Marcel a toujours incarné l’excellence, le mieux que ce que pouvait exprimer les terroirs de Cairanne. Avec, bien entendu, des recherches continues, rien n’est jamais fini, tout est toujours perfectible. Pas dans la quête d’un absolu, chimère ridicule, mais plus dans l’interprétation la plus juste de ce que peut exprimer le raisin issu de telle ou telle parcelle. L’homme interprète le terroir et Marcel est loin de chanter faux. Et voilà que son fils, et puis sa fille aînée, le premier à la vigne, la seconde à la cave, rejoignent père et mère et s’allouent dans la foulée les rennes du domaine. Un passage réussi démontré par la dégustation des vins. Ces derniers bénéficient aujourd’hui d’un assemblage supplémentaire qui combine les sensibilités des enfants et des parents. Cairanne blanc ou rouge, offrent cette même texture veloutée, la fraîcheur du fruit, la délicatesse des épices. Quant à L’Ebrescade, jeune, il mélange fraise confite à la chair de bigarreau, saveur saline et tanins au caractère un rien sauvage. Et puis après quelques années, le cacao apparaît, les épices se précisent, les tanins commencent à s’assagir, mais pas trop, ils préfèrent garder au vin son caractère farouche, mais pas dénué de générosité.

Domaine Laurent Brusset (pour changer, je vous ai mis le portrait écrit par Hervé, le mien ayant déjà été mis ici en ligne)

Ce domaine familial de 70 ha se répartit entre 5 AOC :  Rasteau, Gigondas, Ventoux, Côtes-du-Rhône et Cairanne. Maintes fois épinglé, pas une année ne passe sans qu’un de ses vins ne sorte en dégustation, il est aujourd’hui dans les mains de Laurent, troisième génération de cette famille vigneronne.

Cairanne, où la cave est située, est au cœur de la gamme : Laurent en propose pas moins de 5 cuvées, tantôt d’assemblage (Les Travers, en blanc et en rouge), tantôt parcellaires (Les Chabrilles, l’Esprit de Papet). Et vous l’avez compris, il n’y a rien à jeter. Au point qu’il nous fut difficile de sélectionner une cuvée.

Nous avons craqué pour Les Travers 2016 qui, sous l’ancien nom du domaine, assemble garrigue et terres d’Aigues, haut et bas de l’appellation en un mariage tout en équilibre – force et souplesse, fruit et épices.

Et puis, aussi, la cuvée « Hommage à André Brusset », toujours dans le millésime 2016. Encore très jeune, ce vin de raisins non éraflés est à la fois dense et très fin, très typé, avec ses notes de prune, de fumé et d’épices, et sa bouche opulente, juteuse et sapide. Il assemble vieux grenache (80 ans) et mourvèdre.

www.domainebrusset.fr

Cairanne aujourd’hui Cru, ne peut rêver de meilleurs ambassadeurs.

 

Ciao

Marco


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Sélection gourmande du Roussillon, de quoi trouver quelques vins pour les fêtes

Les vins du Roussillon n’arrêtent pas de nous offrir de belles surprises, que ce soit en simple Côtes du Roussillon, en VDN ou comme ici en Côtes du Roussillon Villages et en Crus. Et même ces hauts de gamme taillés pour la garde restent abordables, tant au point de vue du plaisir qu’ils nous procurent qu’en rapport qualité/prix. Voici notre sélection du moment.

 

Une poignée de blancs

Un beau triplé pour cette Collioure, une AOC qui englobe les blancs depuis 2002.

 Chrysopée 2016 Collioure Domaine Bila-Haut

 

Vert doré lumineux, il se parfume de citron vert aux accents délicats de vanille et de poivre blanc. Le croquant des fruits, agrumes certes, mais aussi poire et carambole réjouit les papilles. La fraîcheur presque vive souligne les arômes d’un trait minéral. La longueur nous parle des épices qui poudrent les fruits.

Assemblage de 90 % de Grenache gris et 10 % de Grenache blanc qui poussent sur des sols de schistes. Élevage de 6 mois en demi-muids avec des bâtonnages sur lies les deux premiers mois.

www.chapoutier.com

 

Les Canadells 2016 Collioure Domaine de la Tour Vieille

 

La robe dorée aux reflets vertes, doré de soleil comme le citron confit qui parfume le nez. Outre l’agrume, l’angélique, la figue blanche et l’olive verte se sont vues traiter de la même sorte. Mais oublions le traitement pour un moment respirer la note océane d’iode, l’autre terrestre de schistes éclatés mouillés d’embruns, à la fois légères et intenses, elles marquent toutes deux les papilles de leur empreinte minérale. C’est alors un jus frais qui coule en bouche, inondant le palais de saveurs florales et fruitées qui imbibent la texture légèrement ligneuse du vin.

Assemblage de 25% de Grenache Blanc, 25% Grenache gris, 10% Roussanne, 20% Macabeu, 20% Vermentino qui poussent sur la portion congrue des schistes à peine dégradé en surface. Pressurage direct des Grenache Gris et macération pelliculaire pour les autres. Fermentation en barriques pour 30% de la cuvée avec bâtonnages réguliers. Élevage sur lies jusqu’à la mise.

www.latourvieille.com

Inspiration Minérale 2016 Collioure Domaine Saint Sébastien

 

Vert jaune, un nez aux allures de citron confit, de bergamote et de fruits jaunes soulignés d’une pincée de curcuma et de poivre blanc. La bouche fraîche fait penser à une tarte au citron, mêlant vivacité et croquant, tressant suavité et amertume. La note acidulée nous accompagne du début à la fin mettant en évidence les agrumes, la pêche, l’abricot, le melon qui se confisent et transforment la tarte en cassate.

Assemblage de 90% de Grenache Gris et 10% de Grenache Blanc. Pressurage direct des raisins et vinification en 400 L à 18°C. Batonnage quotidien durant 15 jours dès la fin de la fermentation. Élevage de 1 an en 400 L neufs.

www.domaine-st-sebastien.com

Une fournée de rouges

Collioure

Les Collioure rouges gardent ce caractère iodé qui leur est particulier, un don de la Méditerranée et de ses embruns salés…

La Pinède 2016 Collioure Domaine de la Tour Vieille

 

Rubis pourpre, le nez nous annonce tout de suite des senteurs de fruits noirs où l’on reconnaît la figue fraîche, le cassis et le raisin dont la note de muscat nous rappelle celui de Hambourg. Des effluves d’embruns iodés se mêlent aux fragrances fruitées, des épices orientales aussi. La bouche nous ravit par la rondeur pointue de ses tanins qui s tissent comme soie sauvage, fraîche et juteuse. On oscille ici entre austérité et gourmandise.

Assemblage de 60% de Grenache noir, 30% de Mourvèdre et 10% de Carignan qui poussent dans des schistes. Macération longue et élevage en cuve.

www.latourvieille.com 

Arqueta 2015 Collioure Famille Lafage

 Grenat carminé, la fraise noire et la mûre nous accueillent, suivies d’olives et de dates fraîches, de fruits épicés de soleil et de cardamome. La bouche à la texture onctueuse, nous charme par son ampleur. Fruits et épices envahissent le palais, aidés de leur fraîcheur, ils s’installent sans vergogne pour notre plus grand bonheur. Un vin riche et puissant, au caractère généreux.

Assemblage de 70% de Grenache noir, 10% de Syrah, 5% de Carignan et 5% de Grenache gris qui poussent dans des schistes bruns délités et friables. Vinification des 4 cépages dans la même cuve à 25°C et macération de 4 semaines. Élevage de 6 mois en barriques bourguignonnes.

www.domaine-lafage.com

Côtes du Roussillon Villages Latour de France

Terroir de schistes qui donne au vins un tempérament sévère qu’il faut dépasser pour en évaluer toute la générosité.

 SD 2016 Côtes du Roussillon Villages Latour de France Domaine Rancy

Grenat cramoisi, le nez nous entraîne tout de go dans la garrigue où le pistachier térébinthe domine le thym et la sauge, un peu de jus d’arbouse vient teinter les romarins en fleurs. La bouche préfère le caractère lapidaire de la cagnasse qui pousser les plantes aromatiques respirées. Une austérité qui s’assagit grâce au jus délicat des mûres et myrtille, à la maturité des tanins certes serrés.

Assemblage de 45% de Mourvèdre, 35% de Carignan et 20% de Grenache qui poussent dans des schistes bruns. Macération de 3 semaines. Élevage en cuve béton.

www.domaine-rancy.com

Côtes du Roussillon Villages Les Aspres

Le dernier né des Côtes du Roussillon Villages aime transcrire son sol de galets et de cailloutis calcaires dans ses vins. Des vins souvent sauvages mais les meilleurs sont d’une élégance folle.

Les Pierres Plates 2015 Côtes du Roussillon Villages Les Aspres Terrassous

 

Grenat cramoisi, le nez nous charme par ses petits airs de fruits rouges, marmelade de fraises noires et de framboises, mélangées de figues poivrées. La bouche, élégante, reprend les fruits sentis, les rafraîchit d’agrumes et les souligne de réglisse et de poivre. Les tanins délicats ne font aucune entrave au déroulement fruité. Un vin raffiné.

Assemblage de 67% de Syrah, 17% de Grenache et 16% de Mourvèdre qui poussent dans des sols de schistes ou d’éclats calcaires. Macération de 3 semaines. Fermentation malolactique en fût. Élevage en fûts renouvelés dont un tiers de neufs.

www.terrassous.com

Cana 2016 Côtes du Roussillon Villages Les Aspres Domaine Ferrer Ribière

 

Rubis noir, un nez de pierre qui demande patience pour nous livrer quelques bribes de fruits, d’épices, mais aussi de fleurs. Un peu comme une rose ancienne qui pousserait entre les cailloux, les pétales maculés de jus de cassis et de cerise, ombrés de muscade et de cumin. La bouche répond, tanin en tête, à l’impression austère qui semble ne rien vouloir abandonner. Il faut l’amadouer, le faire dans le verre tourner, pour qu’enfin, il nous révèle quelques tournures fruitées, mais toujours bien épicées. Un vin au caractère fort.

Assemblage de 45% de Mourvèdre, 45% de Syrah et de 10% de Grenache. Élevage en demi‐muid.

www.vinferrerribiere.com

Léa 2015 Côtes du Roussillon Villages Les Aspres Domaine Lafage

 

Grenat sombre, des feuilles de figuiers enveloppent le nez, puis une de tomate, puis libéré, il respire la prune noire et la canneberge nuancé de menthe fraîche. La bouche, elle, offre un jus savoureux, groseilles, framboise et cassis s’en donnent à cœur joie et comblent les papilles de leurs fragrances délicates, mais insistantes. Tanins élégants et fraîcheur subtile renforcent l’impression de bien-être. Un vin des plus sympas.

Assemblage de 50% de Grenache, de 30% de Carignan et de 20% de Syrah qui poussent en terrasses suivant les courbes de niveau à 400 m d’altitude. Les jus sont écoulés en barriques bourguignonnes et s’y élèvent durant 15 mois.

www.domaine-lafage.com

Maury sec

 Sec… pour bien faire le distinguo avec le bien connu VDN issu du même terroir. Richesse du fruit et structure bien ancrée sont le dénominateur commun de ces vins.

Kerbuccio 2015 Maury sec Château Saint-Roch

 

Pourpre violacé, le nez explose comme une grenade qui disperse ses parfums légèrement fumés mélangés de fraises, de mûres et de figues. La bouche semble douce et sage, mais c’est trop vite oublier la force des baies qui imposent rapidement leurs fragrances fruitées. Elles se soulignent d’épices et de plantes de garrigue où la sauge et le cade les imprègnent de leur amertume racée. Un vin au caractère bien trempé.

Assemblage de 60% de Grenache, 35% de Syrah et 5% de Mourvèdre d’un âge moyen de 50 ans qui poussent dans les schistes et les marnes noirs. Macération de 4 à 5 semaines. Un tiers du vin est élevé en 500L durant 6 à 9 mois, le reste en cuve ciment.

www.chateausaintroch.fr

N vers le Nord 2016 Maury sec Mas Amiel

 

Rubis sanguin, des notes délicates de fruits rouges sautent au nez, en colorant le bout de framboise, de cerise et de groseille. Cela donne tout de go une impression de fraîcheur. Fraîcheur que la bouche confirme. Elle se répand, juteuse, maculant la soie tannique des fruits sentis, y ajoutant quelques brins de lavande, histoire de rendre le vin encore plus élégant. C’est joyeux.

Assemblage de 90% de Grenache et 10% de Syrah qui poussent dans des schistes gréseux, des calcaires bleutés et des argiles. Élevage en cuve béton.

www.masamiel.fr

Initial 2015 Maury sec Mas Amiel

 

Violet pourpre, le nez un peu fumé, grillé comme un marron, poivré et fortement souligné de réglisse. Le fruit, c’est pour après. De la figue, de la datte, des prunelles, de la pêche de vigne, se révèlent in extremis. En bouche, c’est pareil, le toasté, les tanins serrés, l’amer, parlent en premier, puis se font inonder par le jus et le charnu des fruits. Un jus qui coule sur l’assise minérale, en gomme le relief cristallin, en efface le caractère sévère, pour nous laisser que le plaisir du fruit délicatement épicé. Un vin complexe.

Assemblage de Grenache, de Syrah et de Carignan qui poussent dans des schistes. Élevage de 10 mois pour 10% en cuve bois et 90% en cuve béton.

www.masamiel.fr

Le plus marrant…

Nous sommes partis du même échantillonnage de trente vins fournis par le Bureau d’Information des Vins du Roussillon à Bruxelles que nos confrères du supplément Essentiel Vino, qui est un encarté de quotidiens belges. A l’arrivée, cependant, si l’on trouve quelques rares dénominateurs communs (ils sont en italiques dans la liste ci-après), il y a aussi beaucoup de vins différents dans nos sélections respectives. Voici la leur (la nôtre est parue dans In Vino Veritas).

ROUGES

Mas Lavail, Initiale, AOC Maury sec 2014

Mas Amiel Initial, AOC Maury sec 2015

Kar Magna, Vignerons Catalans, Côtes du Roussillon Villages Caramany 2016

Domaine Modat, Sans plus attendre, Côtes du Roussillon Villages Caramany 2015 (Bio)

Domaine Lafage, Léa Côtes du Roussillon Les Aspres 2015

Domaine des 3 Vallées, Côtes du Roussillon Villages Tautavel 2015

Château Mauléon, Vieilles vignes Syrah, Carignan, Grenache, Domaines Auriol, Côtes du Roussillon Villages Caramany 2015

Domaine de l’Edre, Carrément rouge, Côtes du Roussillon Villages Tautavel 2016

Rocher des Buis, AOC Maury sec 2014, Les Vignerons de Tautavel-Vingrau,

Les Pierres Plates, Terrassous, Côtes du Roussillon Les Aspres 2015

BLANCS

Clos Saint-Sébastien, Empreintes, AOC Collioure 2016

Domaine La Tour Vieille, Les Canadells, AOC Collioure

Ce qu’il y a de bien, autant pour les producteurs que pour l’Interpro, c’est qu’à nous deux, on sort presque toute la sélection!

Ciao

Marco


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Andrew Jefford on Sancerre and Pouilly-Fumé – all things are not equal

The cross above Chavignol with 

the often present Sancerre in the distance

 

There is a very good post (Sancerre and friends) by Andrew Jefford on decanter.com today. Not a surprise that Andrew’s article is good. No the surprise is that this is the first time that such a long established wine writer has visited Sancerre, Pouilly-Fumé and the other Central Loire appellations. Andrew has been covering wine for over 30 years now and starting before areas like Argentina, Australia, Chile and South Africa have risen to prominence.

Whatever – it is clear from  Andrew’s photos that he visited Sancerre during the autumn. Hopefully he enjoyed the often magnificent show of autumn colours that this most picturesque and spectacular Loire provides. 

As ever Andrew’s observations are acute noting that good whites from here do not have the obvious Sauvignon Blanc characteristics, the differences in terroir between Pouilly and Sancerre as well as the Kimmeridgian Crescent that starts in Champagne passes through Pouilly, Sancerre, Menetou-Salon and is below ground by the time it reaches Quincy. 

The differences between Sancerre and Pouilly? Taste-wise not at all easy. I suspect in a blend tasting it would be more down to pot luck for me.  The differences that are most apparent are geographical and topographical. Sancerre clearly has a bigger area that is suitable for vines. More importantly, I think, it has in the town of Sancerre a real focus and centre that Pouilly sorly lacks. A very significant proportion of Appellation Sancerre faces Sancerre town. 

In contrast the vineyards of Pouilly run north to south. This probably wouldn’t matter if the appellation had a recognisable centre. After all Burgundy’s Côte d’Or also runs north to south but has lively Beaune to provide a focus for both the Côte de Nuits and the Côte de Beaune. Pouilly-sur-Loire is very sadly moribund and increasingly so. This is in very stark contrast to the lively and thriving town of Sancerre. The glory days of Pouilly-sur-Loire, when it was a staging post on the Route Nationale 7 – the road southwards to the sunshine and immortalised by Charles Trenet – are very long gone.

Pouilly-sur-Loire suffers from the curse of the Autoroute 77, which by-passes the town, and has gradually drained away its lifeblood. My guess is that most residents do their shopping in supermarkets of Cosne or in La Charité. 

Sancerre has also been blessed with a series of dynamic producers and leaders, who from the 1950s have traveled to sell their wines. Initially to Paris and then more recently around the globe. These include the Mellots, the Bourgeois, Vacherons, Jean-Max Roger, Vincent Pinard and others

Once again, in contrast, Pouilly has few obvious leaders. Certainly the late Didier Dagueneau had a strong personality with equally strong views but was really a rebel with a cause – as likely to chastise his colleagues as to lead them. Baron Patrick de Ladoucette is Pouilly’s leading producer in terms of vines planted. He appears a distant aristocratic figure. In just under 30 years I have met him once – a rather strained visit and meeting with the great man at Château de Nozet.     

It is surely significant that when the Bureau du Central Loire was founded, Pouilly preferred for a number of years not to join the organisation. The Pouilly producers have, however, got together for their wine centre – La Tour du Pouilly-Fumé. Sancerre has its Maison des Sancerre.

Finally in the Anglophone world Sancerre is much easier to pronounce than Pouilly-Fumé.

 

Visit to FilipaP

 

 


        Orange whine


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Liberty, comme un flambeau dressé sur l’autre Châteauneuf

Notre ami Marc vient de subir une grosse opération chirurgicale; celle-ci s’est bien passée, Marc doit à présent se reposer et faire preuve de patience pour un total rétablissement.

Un petit mot d’encouragement lui ferait certainement plaisir – après tout, lui n’a jamais été avare d’encouragements pour ce qui s’agit des vignerons et des vigneronnes. Comme en témoigne encore aujourd’hui ce billet.

 

 

Ce vin est un clin d’œil de Julien Barrot à Châteauneuf-du-Pape depuis « l’autre » Châteauneuf, Châteauneuf-de-Gadagne.

Un village qui n’a pas tout à fait droit de cité sur l’étiquette – ses vins ne peuvent pas porter leur nom complet, juste « Côtes du Rhône Villages Gadagne ». Le mot Châteauneuf  étant réservé à son homonyme plus célèbre.

Quoi qu’il en soit, c’esrt bien à Châteauneuf de Gadagne, à 125 mètres d’altitude, qu’est née sa cuvée Liberty, grâce à la complicité de son vieux compère vigneron Yannick Alliaud, et à ses vignes. Celles-ci poussent sur le même terroir Villafranchien qu’à La Crau, avec le même encépagement, sur la même rive gauche du Rhône, mais un rien plus au sud-est, presqu’à l’ombre d’Avignon. L’étiquette répond aux mêmes caractéristiques que les Château9 de Julien, ça pourrait être trompeur, mais la qualité y est, et à l’aveugle, on pourrait bien douter…

 

Liberty 2015 Vin de France Domaine La Barroche

Violet pourpre aux reflets améthyste, son nez évoque la chair de figue noire, la datte fraîche et la mûre, relevées de poivre et soulignées de réglisse. La bouche propose des tanins soyeux maculés du jus de baies rouges et noires éclatées sur le minéral anguleux d’un galet disloqué. On y ressent les saveurs délicates du cassis, de la framboise et de la myrtille, accompagné de la texture râpeuse de l’arbouse. Le parfum subtil de la violette renforce l’élégance du vin. La fraîcheur en sublime le raffinement et enchante les papilles par l’inattendu de son propos à la fois simple, immédiat et profond, au caractère fort, mais retenu.

Un vin qui s’apprécie à différents degrés, on peut le boire comme ça, juste pour le plaisir ou y plonger pour l’ausculter et en percevoir toutes les subtilités.

Comment qu’il est fait

Issu d’une parcelle complantée, Liberty assemble 55% de Grenache, 18% de Syrah, 12% de Mourvèdre, 10% de Cinsault et 5% de Carignan dont la moyenne d’âge avoisine les 65 ans. La vendange manuelle n’égrappe que les rafles non mûres. La vinification se fait en cuves béton enterrées avec des macérations supérieures à 4 semaines. L’élevage 18 mois se passe en foudres et demi-muids. Le vin n’est pas filtré à la mise en bouteille.

Avec quoi qu’on peut le boire

Son caractère particulier demande des plats à la fois forts en goût et généreux comme un civet de lièvre au cassis ou un agneau aux herbes. Côté grillade, les saucisses piquantes ou parfumées au fenouil. Quant au plat froids, le carpaccio de magret de canards ou le plus subtil, mais non moins puissant émincé de poulpe aux pois chiches et chorizo.

Ses autres cuvées, Julien Barrot les élabore sur le terroir de Châteauneuf-du-Pape.

www.domainelabarroche.com

 

Ciao

Marco


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Balade autrichienne

En cette fin d’année, à l’heure des bilans, je reviens sur un des voyages qui m’a le plus emballé en 2017, ma balade autrichienne, à l’occasion de l’Austrian Wine Summit.

Le plus difficile, avec cet événement, c’est de choisir la ou les régions que l’on va visiter – on ne peut pas être partout à la fois. Pour moi, cette année, ce fut Kamptal, Wagram et Carnuntum. Trois régions proches de Vienne, mais avec chacune ses spécificités.

Signé Bründlmayer

Première étape : Kamptal

Les Sekt

Le château de Gobelsburg se trouve à une soixantaine de kilomètres au Nord-Ouest de Vienne. Ca, c’est pour la géographie de base. Mais plus important pour nous, le château, héritier d’une abbaye cistercienne, est une exploitation viticole ; il se trouve sur la Weinstrasse, au cœur du Kamptal, une des principales régions viticoles d’Autriche, qui bénéficie d’une bonne réputation, déjà ancienne pour ses Grüner Veltliner, et qui se profile à présent également comme la grande région des bulles autrichiennes – ce que l’on appelle ici le Sekt, et depuis peu, également, le Sekt Reserve.

Le lion veille sur l’entrée de Gobelsburg

Manquant de repères quant à la qualité ou même quant à la composition de ces vins, une dégustation d’une vingtaine de ces Sekt (plus deux pet nat), ne pouvait que nous allécher; nous nous sommes donc attelés à la tâche de juger cette effervescence autrichienne.

Voici mes préférés, et une impression générale.

Jurtschistch Brut Nature Grosse Reserve

Schloss Gobelsburg Renner Grüner Veltliner 2015

Bründlmayer Brut 2010,

Loimer Extra Brut

Impression d’ensemble : si l’on excepte les cuvées mettant en oeuvre des cépages très (trop?) aromatiques, j’ai été impressionné par la maîtrise de la bulle que possèdent ces vignerons, souvent connus pour leurs vins tranquilles. Délicatesse de la mousse et de l’expression, raffinement, les Autrichiens « savent faire ». On s’étonne que leurs belles bulles n’aient pas déjà rejoint les présentoirs de nos cavistes.

Les vins tranquilles

Nous quittons Gobelsburg pour le Parc naturel du Kamptal, à Schönberg, où nous attend un repas et une douzaine de vins locaux.

Parmi ceux-ci, deux me séduisent particulièrement, et pour cette fois, il ne s’agit pas de Grüner Veltliner :

Gerhard Deim Kamptal Riesling Schönberg 2016

Schenter Früh Roter Veltliner Hiesberg 2016

Le premier, pour sa force tranquille ; le second, pour sa texture ébouriffante.

Schönberg (Kamptal) et ses vignes

Les Erste Lage de Kamptal

Nous voici à la Alte Schmiede de Schönberg am Kamp, une ancienne forge qui cumule vinothèque et centre culturel (comme quoi le vin est vraiment un élément de culture en Autriche). Une trentaine de premiers crus du Kamptal (Erste Lage, selon la dénomination autrichienne) nous attendent.

Ma sélection :

Hirsch Kamptal DAC Grüner Veltliner Renner 2015

Weixelbaum Kamptal Réserve DAC Grüner Veltliner Renner 2015

Weszeli Kamptal Réserve DAC Grüner Veltliner Käferberg 2013

Bründlmayer Kamptal Réserve DAC Alte Reben Grüner Veltliner 2014

Steininger Kamptal Réserve DAC Lamm Grüner Veltliner 2015

Impression d’ensemble: jamais les Kamptal ne m’avaient semblé si purs et si équilibrés – et ce n’est pas qu’une question de millésime, car mes faveurs vont aussi bien à des 2016 qu’à des millésimes plus anciens. Tous les vins paraissent avoir gagné en précision, en définition ; l’acidité qui souvent, par le passé, tranchait sur le reste, me semble mieux fondue. Le Grüner Veltliner est leur cépage de prédilection, mais j’ai noté aussi un beau riesling (la Cuvée Terrafaction de Wezseli, par exemple). Un coup de chapeau également pour le «Four» by Lorenz V Grüner Veltliner Zöbinger Gaisberg 2012, une cuvée subtilement boisée.

Deuxième étape: Wagram

Nous quittons le Kamptal pour Feuersbrunn, un peu plus à l’Est, dans la région de Wagram.

L’autre Ott

Au restaurant Mörwald, nous nous essayons aux accords vins et mets. Les blancs fonctionnent très bien, notamment avec la cuisine épicée (même ma consoeur indienne Carina en convient) ; mais le vin qui réunit tous les suffrages est un rouge diablement séduisant, fruité, corsé, aux tannins bien présents, et déjà prêt à boire :

Frisch Pinot Noir 2013

Le lendemain, c’est une dégustation en bonne et due forme qui nous attend à la Vinothek Weritas, à Kirschberg am Wagram (un lieu incontournable pour les amoureux du vin à Wagram). 23 vins nous sont proposés, équitablement répartis entre Grüner Veltliner et Roter Veltliner. Un petit mot à propos de ce dernier cépage : en allemand, les cépages «rot» ne sont pas rouges, mais plutôt gris, si l’on veut adopter la terminologie française. Les cépages que nous désignons comme rouges  sont « blau» – ainsi, le Pinot Noir est le Blau Bürgunder. Quant au Roter Veltliner, c’est un cépage à la peau rosée, qui donne des vins blancs, avec cependant, une légère trame tannique.

Ma sélection :

Josef Fritz Roter Veltliner Steinberg 2015

Leth Grüner Veltliner Wagram Scheiben 2013

Bernhard Ott Der Ott Wagram 2009

Schuster Wagram Grüner Veltliner Eisenhut Reserve 2015

Carnuntum

La dernière journée de notre périple était consacrée au Carnuntum, une région qui doit son nom à une ville romaine, jadis florissante, sur l’ancienne frontière de l’Empire.

La part de rouge est ici beaucoup plus élevée qu’à l’Ouest de Vienne (on s’approche du Burgenland, et le climat est un peu plus chaud). Les cépages les plus diffusés sont le Zweigelt (pour lequel les vignerons locaux ont déterminé une catégorie d’excellence, le Rubin) et le Blaufränkisch. Nous avons pu déguster une bonne palette de 2011, avec comme objectif louable de nous montrer les aptitudes au vieillissement des rouges de la région ; la démonstration n’a pas variment été probante, la faute à des choix d’élevage discutables, à mon sens – beaucoup de vins décharnés, dominés par un bois sec. Curieusement ce phénomène était presque imperceptible dans les millésimes plus récents – à croire que les vignerons de Carnuntum ont compris la leçon.

J’épinglerai aussi un terroir très particulier, le Spitzerberg, petit morceau des Carpathes isolé du reste du vignoble, dont on se demande pourquoi il n’aurait pas sa propre appellation.

Mes préférés:

Muhr-van der Niepoort Carnuntum Spitzerberg Blaufränkisch 2011

Lukas Markowitsch Rubin Carnuntum Zweigelt 2015

Glatzer Carnuntum Klassik Weissburgunder 2016

Sans oublier…

Le Wine Summit a aussi été l’occasion de déguster quelques vins d’autres régions, lors des repas pris à Vienne. Voici mes préférés :

Domäne Wachau, Riesling Smaragd Achtleiten 2013

Franz Hirzberger Wachau Riesling Smaragd Singerriedel  2006

Wieninger Wien Reserve Pinot Noir Tribute 2011

Gesellmann Blaufränkisch Hochberg 2011 (Burgenland)

Velich Tiglat Chardonnay 2011

 

Et si vous passez par là…

 

N’oubliez pas que la meilleure façon de faire connaissance avec les vins autrichiens, c’est de profiter sur place du sens de l’accueil et de la Gemütlichkeit typiquement autrichiens –  là-bas, tenir un verre de vin en main, c’est comme tenir un peu de culture, un peu de musique, un peu de joie de vivre. Rien d’ostentatoire dans la façon qu’ont les Autrichiens d’aimer et de valoriser le vin. Juste un peu de réalisme, des beaux verres, et « no nonsense ».

Deux bonnes adresses :

http://www.gobelsburg.at/

http://www.alteschmiede-schoenberg.at/

http://www.moerwald.at/

http://www.weritas.at/vinothek.html

 

Hervé Lalau


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Filipa Pato and William Wouters – a fascinating visit

William, Christina and Filipa

The Pato family are never ones to duck away of their name 

Duck hooks in the WC

Sign for the winery 

Winery and home  

 

It was well worth Le Voyage!

It was well worth a group of us on Monday 4th December making a 470-kilometre round day trip to see Filipa Pato and William Wouters at their home and winery in the small town of Óis do Bairro, some 35 kms to the north of Coimbra. 

I first met Filipa when she was just starting to make her own wine when she was working with her father – Luis Pato. I forget the date but it must have been around the end of 2002 or possibly some time in 2003. 

Blurred selfie outside the winery

 

Filipa in the vineyard (above and below)

 Stones in the vineyard 

Vineyards in the valley

Filipa amongst a parcel of old vines in the valley

 

We started our visit with a look at the vineyards in the valley close to the winery. These vineyards, which are planted with white varieties, are on very stony limestone.   

Filipa and William now have 15 hectares of vines in 24 parcels. There are eight or nine hectares of white varieties with around five of red. They have been gradually purchasing vineyard plots, especially parcels of old vines. They have four hectares of very old vines including a parcel with vines that are 130 years old – planted just after phylloxera. They also have some ungrafted vines from which they make a special cuvée. 

In 2014 when William, who is Belgian and a sommelier and chef, moved to Portugal full-time, they started to convert their vineyards to biodynamics in 2014. Previously the demands of commuting between Portugal and Belgium had made it impossible to take such a time consuming step. They decided to move straight to biodynamics rather than moving to organic viticulture first. Filipa and William started converting the parcels closest to their winery first. 

Harmony underpins their philosophy. For instance, for their biodynamic infusion treatments they use local plants as far as possible. Initially they used camomile but this isn’t a local plant, so, for instance, they use aloe vera, fennel and some nettles. Also they use willow ties for holding up the old vines to their supporting stakes. Cuttings from the old vines are used to propagate new plants.

In one of their oldest vineyards, some 15 kilometres from the winery, there are some olive trees. « The olives and the vines interact, » explains Filipa. « The flowering is around the same time and the olive harvest comes just after we finish picking the grapes. » 

A parcel of old vines (above and below)


AC/DC Back in Black

 

The theme of harmony continues in the winery where they choose to use larger size barrels – 500-litre and 12-hl wooden vats to reduce wood influence. They are also using amphores, which again provides harmony as there is clay with the limestone in their vineyards. 


 André Cid and Filipa inside the winery

Filipa and André Ribeirinho

Looking at the array of empty bottles lined up just below the ceiling André Ribeirinho comments that you can see that this is a winery that lives, breathes and loves wine. 

 1964 Quinta Ribeirinho 

Back in 1964 Filipa’s grandfather was the first 

local producer to bottle his wine

Following our quick visit to the winery under Filipa and William’s house we head upstairs for a brilliant lunch, which William has prepared. « We don’t do tastings without food, » Filipa explains. 


Our group @lunch
Filipa’s grandmother, at the far end, joined us for the meal

3B Blanc de Blancs

Blend of Bical, Cerical, Maria Gomes

        

We start lunch with the crisp 3B Blanc de Blancs, which is a field blend of Bical, Cercial and Maria Gomes. 

I asked Filipa about Cercial. « Is it the same as Sercial in Madeira but just spelt differently? » « It could be, » she replied. « Certainly it not the same as the Cercial found in Dão. Someone bought some Cercial vines from Dão and planted them here are they were clearly different to the ones that you find here in Bairrada. Ours in Bairrada appear to be closer to those in Madeira. » 

At the start of the lunch Filipa explained that: « It was very important to help animate the village’s life by choosing to remain in the village and not build a winery outside. We have already lost the village school. » 

 

1st course: Panna Cota with herb jelly 

Paired with 2016 Nossa Calcario Branco 

Made using wild yeasts 12% fermented in barrel 

Attractive texture shouldn’t be served too cold

2016 Post-Quer…s Baga

After the Panna Cotta William served a delicious mushroom and tarragon risotto, which was paired with their very interesting 2016 Post-Quer..s Baga. This 100% Baga sees no wood and is soft and ready to drink now and although the typical rustic Baga tannins are present they have been tamed. The Post-Quer..s name reflects both that no wood has been used and that a Spanish producerobjected to the original Post-Quercus name, as he had a wine of a similar name and alleged that their use of it infringed his copyright, so they took out some of the letters but leaving Qu, which is the Portuguese for arse.

The main course was a beef casserole made using Bairrada wine. This was served with the lovely soft opulent 2011 Tinto Calcario Nossa with its notes of spice and cedar wood. Tannins are present but well integrated in the wine’s long finish.

   2011 Tinto Nossa Calcario


Cheese from Serra da Estrella followed served with the precise 2011 Calcario Branco Nossa with its attractive citric nose, good concentration with some beeswax character. 

A fine lunch-time line-up…

There was a small pot of a Marquise of dark chocolate with three perfect raspberries to finish our great lunch. With had this with the 2013 Espirito de Baga – a reminder that Port isn’t this country’s only fortified wine. Full of black cherries Filipa and William first made this in 2010 with the help of Dirk Niepoort. They use 25% of brandy that is double distilled to 73%. Keeping to the theme of harmony the Espirito is closed with a beeswax seal to reflect the wine’s sweetness.

On our way back to Lisbon we visited with Filipa a couple of the parcels of old vine Baja that they have been acquiring some 15 kms to the south of Óis do Bairro

My grateful thanks to Filipa, William and their staff for a fascinating and great visit. It is great to see the promise that I saw on my first visit being so well fulfilled. 

 The old vine Baga 

(above and below)

Filipa and André in the gathering dusk

  Visit to FilipaP

 


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Romagna Albana, ou la Romagne en blanc

L’Albana n’est sans doute pas le premier cépage auquel on pense quand on évoque les blancs d’Italie. Et pourtant, c’est lui qui est à la base de la toute première DOCG de blanc du pays : Romagna Albana, qui fête cette année ses 30 ans. Son aire de production s’étend de l’Adriatique aux abords de Bologne.

Les vignes aux pieds du village de Bertinoro

Cette DOCG  reste d’ailleurs à ce jour la seule de toute l’Emilie-Romagne.

Il s’agit à la fois d’une forme de reconnaissance pour son illustre passé (qui remonte peut-être à la Rome antique, mais plus sûrement à la Renaissance) et pour son aptitude à l’appassimento et à la vendange tardive.

Cépage pâle à grappe étroite, l’albana est apparenté à la garganega du Soave ; comme elle, pour les blancs secs, il a souvent été utilisé en assemblage avec le trebbiano à l’Ouest de la région. Il apporte en effet une bonne structure aux assemblages, car il est riche en polyphénols. C’est un blanc qui se prend pour un rouge, comme disent les vignerons de Romagne.

Entre l’Adriatique et la Toscane

S’il n’est pas forcément très expressif au nez, il présente une solide attaque en bouche, et exprime assez bien les différents types de sols. Ajoutons – et c’est là mon opinion personnelle, que, DOCG ou pas, il y a encore de mauvais vins d’Albana : quand l’astringence se mêle à sous-maturité, le végétal devient vite insupportable.

Ce cépage quelque peu sauvage doit être apprivoisé deux fois – par le producteur, qui lui donnera sa patte, son style; et par le dégustateur, qui devra garder l’esprit et les papilles ouverts, au moins pour les versions sèches – car les moelleux font généralement plus facilement l’unanimité.

Pour illustrer le propos, voici mes notes sur 6 Romagna Albana dégustées tout récemment au salon Enologica de Bologne.

Caviro Romio 2016

Belle robe dorée intense, presque ambrée. Le nez présente des notes de fruits secs assez curieuses qui évoquent l’évolution – alors qu’il s’agit d’un tout jeune vin ; une touche de foin et de fenouil, également ; la bouche, elle, est marquée par l’astringence et une amertume qui ne se fond pas. Démarrage difficile. Par acquit de conscience, je suis revenu sur ce vin une deuxième fois, mais je n’ai pas changé d’avis.

Poderi dal Nespoli Campodora

Robe assez claire, nez entre muscat et sauvignon, avec quelques notes tropicales (ananas) ; la bouche, âpre, nous parle d’épices et d’olives vertes. ☆

Leone Conti La Mia Albana 2016 Progetto 1

Belle robe dorée. Parfum de rose et de litchi, notes minérales et tannins, fumé-grillé, pétrolé, voici un vin qui déménage; et quelle finale saline! La maison Leone Conti, qui produit également de l’huile d’olive et de la farine de froment, possède deux sièges d’exploitations, à Bertinoro et à Santa Lucia. ☆☆☆

Celli I Croppi 2016

Nez de pêche jaune, complété par de l’anis et de la cire d’abeille. Un peu dissociés au départ, l’acidité et le fruit se marient petit à petit sur un lit minéral (grosse promo sur les allégories, cette semaine). L’azienda Celli se trouve dans le magnifique village perché de Bertinoro, près de Cesena. ☆☆

Cantina di Forlì Predappio Volo d’Aquila Passito 2014

Robe ambrée. Le nez hésite entre l’abricot sec, les notes de torréfaction et le marc – j’ai pensé à un Macvin ou à un Pineau des Charentes blanc élevé en bois ; l’ensemble reste élégant, grâce à un bon équilibre entre sucre, acidité, tannins et alcool (14°). Le vin est élaboré par les coopérateurs de Forlì Predappio, au centre de la dénomination. Les raisins proviennent des jolies collines qui entourent Bertinoro. ☆☆

Fattoria Zerbina Scacco Matto Passito 2013

Robe mordorée. Au nez, cela commence par un zeste d’agrume, puis l’on part vers le miel et la crème brûlée ; en bouche, l’acidité et le sucre se fondent très bien (la marque d’un peu de bouteille?), de belles notes rôties de botrytis ajoutent leur lot de complexité. Et cependant, ce vin n’a rien de fatigant, la finale est dynamique, avec un retour de l’abricot, mais dans un registre très frais. Ici, j’ai pensé à un TBA. Enorme. La Fattoria Zerbina se trouve à Faenza; cette cuvée, qui a fait sa réputation depuis 1987, est une sorte de pari; son nom signifie « Échec & Mat ». Elle n’est produite que dans les grandes années. ☆☆☆

Hervé Lalau