Les 5 du Vin

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Dans la famille Lurton, je m’arrête sur Marie-Laure

En juin dernier, à l’occasion de VINEXPO, j’ai séjourné comme à l’accoutumée chez Marie-Laure Lurton Roux. Mais, si les autres fois, je la voyais à peine, tant nos agendas respectifs étaient chargés, ce fût bien différent cette année, nous avons pu passer beaucoup de temps ensemble, ce qui m’a donné très envie de vous parler de cette « dame » du vignoble bordelais, et de vous la faire mieux connaitre !

Les Lurton

Une famille à la tête de 27 Châteaux, et de plus de 1300 hectares de vignes dont la majorité se situe dans le bordelais mais aussi dans le monde entier (Australie, Argentine). Une véritable dynastie qui en cinq générations a créé une marque mondialement connue. Ce sont les deux frères André et Lucien Lurton, qui ont engendré cet empire, dans le sillage de leur grand-père Léonce Récapet distillateur à Branne. Bérénice Lurton se plait à rappeler qu’il s’agit de « cinq générations de viticulteurs, nous sommes avant tout des gens de la terre ». Les Lurton sont très certainement la seule famille au monde avec autant de membres travaillant en même temps dans le monde du vin, produisant des vins de qualité dans différentes gammes et différents pays. Lucien Lurton, (92 ans aujourd’hui) celui qu’on appelle : l’Homme du Médoc, a constitué un petit empire de crus classés, ce qui a fait de lui le plus gros propriétaire de Margaux avec 240 ha de vignobles. Les Lurton du Médoc, ce sont aussi des négociants en vin :  ils ont créé  en 1999 « La Passion des Terroirs « C’est l’une des 10 plus importantes maisons de négoce de la place de Bordeaux avec 5 millions de bouteilles commercialisées.

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Qui est Marie-Laure ?

Je vais essayer de vous la raconter en restant le plus neutre possible car je lui voue une grande amitié. Née le 10 avril 1963, c’est l’une des filles de Lucien Lurton, elle a grandi à Brane-Cantenac dans une famille totalement dédiée au vin et qui avait acquis une grande notoriété. Marie-Laure me décrit son père, comme un homme simple qui a toujours fuit les mondanités et qui a une vraie passion pour les Terroirs, il a contribué à remembrer les vignobles de Margaux avec les viticulteurs du cru. Dans les années 60, quand la crise a mis sur le marché nombreux domaines, il en a profité, et a racheté, en 62 le Château Durfort Vivens (2è CC Margaux) puis Bouscaut(CC de Graves) et Desmirail (3è CC Margaux) qu’il a reconstitué parcelle par parcelle. En 1970, c’est le rachat de Climens 1er CC dans le Sauternais. En 1992, il a réglé la succession en transmettant ses 11 châteaux à ses 10 enfants, en faisant des lots de valeur équivalente. Elle m’a raconté que son papa, leur avait demandé ce qu’ils souhaiteraient recevoir en priorité, mais en réalité, il n’en a pas vraiment tenu compte. On ne peut s’empêcher de remarquer que les crus classés de Margaux sont allés aux garçons ! Denis a hérité de Desmirail, Henri de Brane-Cantenac, Gonzague de Durfort-Vivens, quant à Marie-Laure, elle a hérité de 3 crus Bourgeois : le Château de Villegeorge (Haut-médoc), le Château Duplessis (Moulis) et le Château La Tour de Bessan (Margaux). Je précise que nous n’avons jamais évoqué le sujet ensemble, elle est bien trop discrète et respectueuse des décisions de son père.

Le « je ne sais quoi » de Marie-Laure !

Mème si vous la connaissez-tous, je suis certaine que vous ignorez tout du « je ne sais quoi » de Marie-Laure qui fait tout son charme et sa personnalité. Sans doute tient-elle de son père, sa réserve naturelle, sa rigueur et l’aspect très technique, et exigeant de la profession. Comme lui, elle a suivi des études d’œnologie, elle est à ce jour l’une des rares femmes œnologue-propriétaire en Médoc. C’est une femme très déterminée, même si à première vue, elle ne donne pas cette impression, elle s’est formée auprès d’Emile Peynaud et a choisi sa propre voix. Le vin lui offre la possibilité d’exprimer sa personnalité singulière et d’être en accord avec elle-même. Ce qui la caractérise le plus et fait son talent, c’est sa recherche permanente de la qualité, son ouverture d’esprit, et sa convivialité. C’est une grande travailleuse, sensible aux détails et à la simplicité, elle façonne sa marque avec soin et fermeté, sans laisser rien au hasard et sans se contenter de profiter simplement de la marque Lurton. Son style, ses vins, ses propriétés, tout en elle respire la simplicité et l’authenticité. Ce que j’aime le plus chez elle: son côté naturel et sa jovialité, son dynamisme, et ce je ne sais quoi qui la rend si attachante. S’il s’agissait d’un vin je dirai qu’il a de la race!

 Itinéraire d’une vigneronne discrète:

Elle est discrète mais dotée d’une très forte personnalité qu’elle s’est elle-même forgée, ce qui lui a sans doute permis de rester dans ce monde, tout en cassant le cordon ombilical. Au fil des ans, elle s’est affirmée, elle a lutté pour faire prospérer les 3 châteaux hérités ; elle ne s’en sort pas vraiment, alors elle décide en 2015 de vendre Duplessis pour mieux se concentrer sur La Tour de Bessan et Villegeorge pour lequel, elle a un faible. Un peu plus tard, elle a quitté l’Alliance des Crus Bourgeois du Médoc. Pourquoi ? « J’ai envie de faire les vins que j’aime en me libérant des carcans et des cahiers des charges ». Elle me disait souvent, qu’elle était consciente que les Bordeaux ne figuraient plus sur les cartes de Restaurants « Le diktat bordelais n’est plus en accord avec le marché. » Elle préfère lutter seule !

En dehors du vin, c’est une grande sportive, elle court les marathons avec son mari, et elle a élevé 3 enfants.

ML sur la ligne d'arrivée! (003)

Marie-Laure sur la ligne d’arrivée du Marathon du Médoc 9 septembre dernier! 1 577 ème sur 7 913 !

Le style Marie-Laure

« Dire ce que l’on fait et faire ce que l’on dit » et c’est tout à fait elle!

C’est une passionnée des Terroirs, ce qu’elle traduit dans ses vinifications parcellaires, elle aime ses vignes, il m’est arrivé de l’accompagner dans ses visites à Bressan, elle en parle avec conviction : « Quand on goûte nos vins, il faut qu’on retrouve ce sol de Graves de Margaux ». Elle explique son travail, et ne cache rien, ni le levurage ni parfois quand c’est nécessaire le recours à des vendanges mécaniques. Une chose est certaine, elle ne cherche pas à être à la mode, elle s’est finalement arrêtée sur une vinification traditionnelle. Toute sa doctrine est basée sur la qualité du raisin et un bon rapport qualité/prix ! Elle travaille en permanence à l’amélioration de la qualité de ses vins, elle s’est engagée dans la culture raisonnée des vignobles qui permet la diminution des intrants, l’abandon de certains produits phytosanitaires, ses deux domaines sont certifiés « Terra Vitis », label reconnaissant un travail de la vigne respectueux de l’environnement depuis 2003. Mais, elle cherche avant tout à produire des vins à boire ! Elle n’a que très peu recours aux barriques neuves pour éviter des vins trop boisés. « Pour moi la barrique, l’intérêt, c’est l’oxygénation ménagée des tanins, le but c’est d’assouplir les tanins au cours de l’élevage et pas de donner un goût de bois. Donc je ne mets jamais plus de 20 % de bois neufs dans mes vins. Parce qu’autrement on tue le fruit ; le bois neuf est l’ennemi du fruit. » Les vins sont à son image « chaleureux », libres, ils laissent s’exprimer au mieux le potentiel du millésime et le fruit.

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Comment elle conçoit l’œnotourisme à La Tour de Bessan:

« L’œnotourisme permet d’établir un puissant échange avec l’amateur de vin », explique Marie-Laure Lurton. Elle propose donc, de nombreuses activités au Château La Tour de Bessan comme des : visites, ateliers d’assemblage et découverte des cépages, cours de cuisine et dégustations axées sur les accords mets-vins. « A travers le vin, il y a l’idée de culture, mais aussi de partage, c’est ce que nous voulons recréer dans nos « ateliers ». Nous voulons leur donner quelques clés pour se faire leur propre palais, et choisir par eux-mêmes. »  J’ai assisté à l’atelier 100% Cépages, en compagnie d’un couple d’américains et en quelques mots très simples, elle leur a donné le sésame pour comprendre les cépages et former leur gout.

Et le millésime 2017 ?

Je lui ai demandé ce lundi, où elle en était des vendanges? Réponse de ML« Je viens de les commencer aujourd’hui. Difficile de donner un avis maintenant…il faut voir ce que l’on rentre et ce que l’on en sort : fin de macération. Je serai fixée dans une quinzaine de jours sur la tendance… »

 

A chaque propriété, son style !

Elle a su donner à chacun de ses vins une personnalité propre: le classicisme de Villegeorge, l’élégance et le soyeux de La Tour de Bessan, se complètent harmonieusement.

Je vous en parle la semaine prochaine.

Hasta Pronto,

Marie-Louise Banyols

 

 


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Un chai de rêve

C’était une vieille bâtisse qui abritait les cuves et les machines tant bien que mal, en bougeant l’une pour caler l’autre. Une de ces caves construites au fil des ans où viennent s’ajouter les pièces avec les besoins.

Le changement a commencé le 14 janvier 2016 avec le déménagement du vin; un mois plus tard, les gros engins détruisent l’ancien bâtiment et creusent la place pour obtenir un niveau supplémentaire; encore un mois après, fin février, les travaux démarrent. On a désormais trois niveaux, le plus haut pourra accueillir la vendange, le plus bas la vinification et l’élevage; entre les deux, la mise en bouteille, le conditionnement et l’expédition. Avec, de-ci de-là, des lieux sympas pour le public et le bureau. Un rêve d’œnologue…

Et que ça brille!

La réception de la vendange ressemble à un grand laboratoire. Impression largement amplifiée par l’inox omniprésent et d’une qualité toute médicale. Toutes les canalisations sont empruntées au système laitier, section plus petite, plus malléable, plus fin et plus facile pour l’entretien. Le pressoir pneumatique avec froid intégré, offre un choix de programmes tout en finesse allant de la balançoire à l’embrassade. La pompe est assez large pour inviter le raisin à suivre aimablement son destin. C’est propre et réglé comme une horloge suisse.

Zéro phtalates

Ces fameuses molécules découvertes dans les plastiques migrent allègrement dans le vin (aussi bien que dans les biberons de lait). Elles sont le cauchemar des œnologues avertis mais la solution existe, certaines sociétés de matériel œnologique se sont spécialisées dans les produits garantis sans phtalate. Du sol au plafond, dans cette cave-ci, du revêtement des cuves époxy ou en résine, les manches et autre tuyau de transfert, tout est « garanti 0 phtalate ». Un grand progrès. Une sorte de luxe, aujourd’hui.

Chaque chose à sa place

Deux règles de conduite dans une bonne cave: l’hygiène et le rangement. Quand on voit un tableau de manches qui fait penser à un dessus d’établi, comme ici, ça fait rêver. Par terre, c’est si beau qu’on dirait une œuvre d’art.

A chaque raisin sa cuve

Réussir à maintenir le moût d’une même parcelle, d’un seul cépage, de la récolte jusqu’à la bouteille, nécessite un nombre impressionnant de cuves de contenance variée. Qu’à cela ne tienne, ici, on a conçu le chai des cuvées parcellaires avec des 10 hectos, des plus, des moins et des cuves à chapeau flottant pour les entredeux. Une véritable pouponnière de cuvées spéciales.

Le piano à froid

Un des secrets d’une grande cuvée (après le raisin et le terroir), c’est la maîtrise des températures. Surtout le froid pour le blanc, un peu aussi pour le rouge. Au début pour fixer le fruit. Puis pour calmer la fougue des levures en pleine effervescence. Laissez monter le thermomètre et le moût est séché en trois jours, mais tout ce qui est bon est brûlé avec les sucres. Dans les pays frais, il est souvent nécessaire de réchauffer le moût pour faciliter la fin de fermentation (oui oui, les levures sont frileuses). On installe donc un système de ceinture, de drapeau et autre radiateur indépendant pour chaque cuve et au milieu du chai….

Oeno-électronique

Une grande tablette avec tous les contenants et leur température, avec des ordres simples pour l’augmenter ou la diminuer à volonté. C’est bluffant. On n’a pas eu accès aux produits œnologiques pour vérifier l’excellence de la préparation des vendanges mais on imagine facilement que tout est mis en œuvre pour respecter le fruit et son terroir. Reste une étape importante, l’élevage.

Deux doigts de bois

Il y a les cuvées sans et celles avec. Les voilà alignés à la bordelaise avec une fontaine d’André Raboud pour compagnie, tous ces fûts de chêne qui donneront ce goût si particulier. Toute la technologie au service du fruit pur se trouve ici confiée au bras des tonneliers. Certaines cuvées s’en accommodent bien et même s’enrichissent quand d’autres se banalisent. Mais un grand chai sans barrique serait-il pris au sérieux?

De l’art

« Le vin, c’est pas du cochon, c’est de l’art », dit si bien Jean-Claude Dreyfus, nouvel investisseur du vin, acteur et poète à ses heures. L’art a donc légitimement sa place dans la beauté technique du chai. Sur les murs de béton brut, le peintre Pierre Zuffery expose ses toiles de noir vêtues. Les dégustateurs attendris par les gorgées non recrachées tentent de comprendre le sens des choses.

Générique

Le caveau appartient à la famille Besse. Le père, Gérald, est vigneron-entrepreneur-autodidacte; c’est le patron, qui « investit dans la cave ce qu’il gagne dans le vin ». Le fils, Jonathan, est ingénieur en génie mécanique – ça aide. La fille, Sarah, est ingénieur en génie œnologique et viticulture – ça aide aussi. Quant à leur mère, Patricia, elle aide en tout et partout.

C’est à Martigny-Croix, dans le Valais. Je dois ce rêve éveillé aux organisateurs du Mondial du Chasselas. Je les en remercie.

 

 NFA

 

 


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Chasselas de Gérald Besse ou l’effet terroir

En juin dernier, à l’occasion du Mondial du Chasselas, nous sommes passés chez Gérald Besse, encaveur à Martigny, à l’entrée du Valais. Gérald s’est offert une toute nouvelle cave, hyper fonctionnelle, notre copine Nadine qui était du voyage vous la décrira demain. Moi, je m’attache aujourd’hui aux Fendants qui se déclinent ici en trois cuvées. Trois flacons bien différents les uns des autres, en cause trois terroirs bien distincts, autant par la pente que par l’orientation, la pluviométrie et le sol, bien évidemment.

Les Fendant

Pour qui ne le sait pas, Fendant désigne en Valais (et en Valais seulement) les vins issus du cépage Chasselas. C’est le blanc sec qui accompagne traditionnellement nos raclettes hivernales (la raclette est elle aussi originaire du canton). Et bien plus si affinités! Mais revenons à nos moutons, en l’occurrence les trois Chasselas de Gérald.

Champortay 2016 Fendant Valais Martigny

Blanc au léger jaune, il n’est guère bavard, il faut l’aérer, le remuer, le bousculer pour qu’il sorte de son indifférence à l’égard de notre nez. Mais on parvient à lui arracher quelques senteurs de fruits blancs légèrement épicés. En bouche, le voilà un peu plus prolixe, parlant de pomme délicatement acidulée, de poire croquante, de poivre blanc, avant de nous révéler après un dernier tour au creux du verre les pétales de rose qu’il cachait en son sein. Mais n’oublions pas de parler de son agréable fraîcheur, une fraîcheur presque vive qui nous fait saliver et qui le désigne comme un excellent vin d’apéritif.

Les vignes poussent du côté des Rappes dans la combe de Martigny où le sol pentu peut avoisiner les 55%. Il se compose d’éboulis calcaires. Vinification et élevage en cuve.

Martigny 2016 Fendant Valais Martigny

La robe blanc jaune à peine prononcée révèle tout de go ses parfums de fleurs d’acacia et de vigne qui s’entoure d’une taffe de fumée aux senteurs de noisettes grillées. La bouche semble austère. La première gorgée nous laisse sur le palier. À la deuxième, le pied dans la porte on entrevoit la pierre à fusil, les fruits secs en train de griller. On entre et on est frappé par la note saline qu’on n’avait jusque-là pas captée. Pas plus que l’amertume gracieuse qui avec le sel dispense une fraîcheur particulière, sapide, mais pas acide.

La vigne pousse plus bas dans des alluvions mélangées de colluvions calcaires, un sol plus riche. Vinification et élevage en cuve.

Les Bans 2016 Fendant Valais Martigny

 Le troisième est surprenant, tout d’abord par sa robe plus intense, plus jaune, et puis par sa pointe de carbonique qui espiègle nous pique la langue, par son côté confit. Il respire les fleurs à plein nez, le genêt se diffuse comme un parfum ensoleillé, tandis que le narcisse apporte son élégance. En bouche, les fruits jaunes remplacent les fleurs, confits ils se déclinent en pêche abricot, en mangue, en mirabelle, qui se fourrent de pâte d’amande. Un ensemble qui offre ampleur et onctuosité au vin, mais pas sans oublier la fraîcheur, une fraîcheur poivrée qui nous amuse et nous donne envie d’y revenir au plus vite.

Le sol ici se compose de schiste. La vinification et l’élevage se font en cuve.

Après, nous avons dégusté toutes les autres cuvées de Gérald et y en a !

L’endroit où se trouve sa cave, sur les hauteurs de Martigny, mérite le détour, le paysage nous fait rapidement comprendre la particularité des vignobles de pentes, la pénibilité du travail et la diversité des terroirs.

 

Ciao!

 

Marco  


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2017 harvest in Pays Nantais – first impressions

 Melon de Bourgogne @Domaine Pierre Luneau-Papin 

Still a little green – will be picked later this week 

or early next week 

 

We arrived in the Pays Nantais this morning after a night in a cheap hotel close to Saumur. It is clear that many producers were badly hit this year by the frosts at end of April. Unfortunately April 2016 also saw bad frosts – again at the end of April. Ironically 2017 is very promising in terms of quality – such a pity that the frost was so damaging. 

Today we visited Domaine Pierre Luneau-Papin, Fred Niger (both in Le Landreau) and the Lieubeau family in Château-Thébaud. Fred is undoubtedly the worst hit as he has lost 98% of the crop – not funny as he lost 90% in 2016 and 85% in 2012. Fortunately he is part of 11 organic vignerons across France who help each other out by selling grapes/must when frost or hail strikes. Nevertheless it is very far from easy – very dispiriting when you yet another vintage destroyed by frost over night.

For Pierre and Marie Luneau only their Butte de la Roche is yielding a normal harvest, while the Lieubeau family has 40% from their 70 hectares.  

Understandably there are now projects underway to install frost protection systems. Clearly producers cannot survive such losses for very long.  

 

Marie Luneau, CRM and Eric Narioo (Les Caves de Pyrene)
as well as wine @Vino di Anna on Mount Etna (Sicily)

Pierre Marie and Marie Luneau (Domaine Luneau-Papin)


Pierre Luneau with the new Stockinger wooden vats

 Monique Luneau – le grand chef with 

vegetables from the garden

 

In the cellar of Fred Niger van Amphore 
(above and below)

 

Three of the Lieubeau family, who work on the domaine 
Right to left – Chantal, Marie her daughter
and Vincent, her youngest son

 Local priest to give blessing? 

With François Lieubeau, Vincent’s elder brother

The local priests did bless the vignoble 

but unfortunately it was in late May/earlyJune.

In 2018 it will need to be in late March 

before the threat of April frosts

 

 

Lieubeau – Melon de Bourgogne for their 2017 Cru Château-Thébaud

Arrival of the Lieubeau’s 1st load of Gros Plant 

Le Ban des Vendanges was issued today.

Playing around with the ISO speeds
@100 ISO above

 

@ 20000 ISO

 

@ H2 – 102,400 ISO

NouveauOs


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Côtes de Gascogne : rouges et rosés

Comme je le disais dans mes deux articles précédents, les blancs dominent la production de cette IGP conséquente, à la hauteur de 85%. Pourtant, lors de ma récente visite, j’étais curieux de déguster aussi quelques vins des deux autres couleurs, car peu ont réussi à me convaincre dans le passé. Les rosés passent plutôt bien dans un style vif et franc qui convient bien à mon palais qui a une aversion pour tous ces rosés lourds qui titrent autour de 14% d’alcool, si ce n’est plus. Mais les rouges m’ont très souvent paru rustiques, aux tanins abruptes et au fruité tenu.

Les cépages pour les vins rosés ou rouges en Gascogne sont : Tannat, Merlot et les deux Cabernets (Franc et Sauvignon), parfois aussi du Malbec et, d’une manière marginale, de la Syrah et, depuis peu, du Manseng Noir. Pour les rosés on trouve des vins issus de pressurage direct et de macération avec saignée. Pour les rouges, il y a parfois un élevage sous bois, surtout pour les meilleurs, car la rudesse des tannins de la plupart de ces cépages a besoin d’être patinée.

L’échantillon des vins était court, c’est pourquoi j’hésite à tirer trop de conclusions de cette dégustation, à la différence de celle des blancs secs. Effectivement, 7 rosés et 9 rouges ne forment qu’une esquisse des possibilités de cette belle région. Mais, après tout, c’est assez fidèle aux proportions de la production globale. Voici en tout cas mes vins préférés :

Les vins rosés

Domaine de l’Espérance, Cuvée Rosée 2016

(Cabernet Franc et Cabernet Sauvignon : prix 5,55 euros). Ton pétale de rose, bien à la mode, légèrement orangé. Au nez c’est tendrement fruité, tendance pêche. Rond en bouche et succulent par son fruité. Un vin délicieux et très gourmand (14,5/20).

Domaine de l’Herré, Reserve Rosé 2016

(Cabernet Sauvignon, Malbec, Merlot : prix 6 euros). Même genre de couleur en un peu plus pâle, mode oblige. Un accent de fruits rouges au nez, comme en bouche. Aussi gourmand que le précédent mais plus vif et structuré. Très bon rosé plutôt de repas (14,5/20).

Domaine de Pellehaut, Harmonie de Gascogne, Rosé Sec 2016 

(Merlot, Tannat, Syrah, Cabernet Sauvignon, Malbec, Pinot Noir : prix 6,50). Là, il y a de la couleur comme j’aime : bien affirmée ! Belle matière, ferme et presque tannique. Clairement un rosé de caractère pour la table (14/20).

Domaine de Maubet Rosé 2016

(Cabernet Sauvignon, Merlot, Tannat, Syrah : prix 5,90). Le plus coloré de toute la série, ce qui me met dans de bonnes dispositions, même si je sais qu’on ne peut pas juger un vin par sa couleur. Le nez est aussi très expressif, bien fruité avec des baies de type framboise et groseille. Sec mais fin en bouche, également dans le style « rosé de repas », j’ai aussi apprécié sa belle fraîcheur (14,5/20).

Conclusion sur les rosés

Je trouve qu’ils ont beaucoup d’atouts. Leur fraîcheur, leur côté (pour certains) bien coloré et très légèrement tannique, la qualité de leur fruit et, par-dessus tout ça, leur légèreté en alcool. Tous ces vins s’annoncent avec moins de 12° d’alcool. On ne risque pas de se fatiguer en les buvant avec joie !

Les vins rouges

Plaimont, Moonseng 2016

(Merlot et Manseng Noir : prix 5,50). Ce vin est original par sa part de Manseng Noir, cépage sauvé de l’oubli par le travail remarquable de Plaimont au travers de son Conservatoire ampélographique. Pour le moment il n’y en a pas beaucoup, mais l’avenir nous dira ce cette variété locale et ancienne réussit à s’implanter d’une manière durable. Le nom et l’étiquette font référence à la fois au Manseng Noir et au festival autour de l’astronomie qui a lieu chaque année dans le région, à Fleurance. Nez complexe de fruits rouges avec des traces de poivron, de caramel et d’iode. Vif et encore un peu anguleux, ce qui lui donne un aspect un peu austère, il a pour lui des saveurs précises et une belle fraîcheur (13,5/20).

La Gascogne d’Alain Brumont 2016

(Merlot, Tannat : prix 5,65). Le savoir-faire de ce producteur célèbre de Madiran se fait sentir dans ce vin. Si le nez tire un peu sur le versant animal, en bouche c’est charnu et bien fruité. Il faut l’aérrer pour qu’il se révèle pleinement et on découvre un vin vibrant, long et harmonieux. bel ensemble (14,5/20).

Domaine de Cassaigne 2014

(Merlot, Syrah : prix 7 euros) Comme pour la version blanche, ce vin d’un domaine géré par la Cave de Plaimont bénéficie d’un travail d’élevage en barrique (dont 30% de bois neuf)  peu de vieillissement avant sa mis en marché, ce qui est une excellente chose. Le robe est intense et le nez à acquis de la suavité et de la complexité, mêlant prunes au sous-bois. La belle matière est assez longue, encore un poil rustique peut-être. Je le garderai un ou deux ans de plus avant de le boire (14,5/20)

Les Hauts de Guillaman 2014

(Merlot 100% : prix 10,50). Ce vin mono-cépage a un nez puissant et profond qui m’a fait penser presque à un porto sec. Beaucoup de matière en bouche, avec du volume et de la puissance aussi. Long et encore un peu rugueux en texture. C’est ambitieux et intéressant, mais une garde de quelques années lui ferait du bien aussi (15/20).

Domaine Chiroulet (Fezas) Terra Nostra 2009

(Tannat et Merlot : prix 23,50). Voilà le plus ambitieux et le meilleurs de vins rouges que j’ai dégusté parmi les Côtes de Gascogne rouges. Certes le prix dépasse de très loin la moyenne de la région, mais la qualité est bien là. La densité de la robe reste remarquable pour l’année. Le nez est encore assez marqué par le bois, mais il s’agit d’un élevage de qualité et ce trait va progressivement s’estomper. Nez de cerise noir, de café, de cacao. En bouche l’écho de notes de type brûlé est toujours là, mais avec une très belle sensation de fraîcheur du certainement à la part importante de Tannat (70%). C’est long, très long même : on dirait un Madiran. On peut l’attendre ou le boire maintenant en hiver (16/20).

Conclusion sur les rouges

Il y avait pas mal de disparité dans les styles, comme dans les prix. Les millésimes aussi étaient bien divergents, ce qui ne rend pas facile une véritable comparaison. Comme je le disais au début, il ne s’agit que d’une esquisse et cela m’a permis de voir, avec deux ou trois exemples, qu’il existe un beau potentiel pour les rouges du secteur, à condition d’un travail spécifique, y compris dans l’élevage. La maturité des raisins doit aussi être parfaite, sinon gare à la verdeur des tanins.

David


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En quête de crachoirs

Oui, le crachoir, parlons-en du crachoir. Encore un sujet redondant chez moi. Faudrait d’ailleurs que j’aille consulter, car ce doit être la troisième ou quatrième fois que j’aborde ce terrain (glissant) au sein de ce blog. La dernière fois, c’était il y a deux ans à propos d’une fête du vin, celle d’Aniane, au nord de l’Hérault et aux portes du Larzac. Un article plutôt positif d’ailleurs que l’on peut visionner ici. Aujourd’hui, si je reviens là-dessus, c’est parce que j’estime que le sujet du crachoir devient de plus en plus sérieux et préoccupant en même temps que l’objet, le crachoir donc, se fait de plus en plus rare. Bien trop rare à mon grand regret.

Photo©MichelSmith

Voyons voir où se situe la source de mon ire. Le week-end dernier, j’ai participé à une fête bon enfant vers laquelle je vous incitais à aller dans mon article de dimanche passé. Organisée par les vignerons du Minervois parmi lesquels il me reste quelques amis qui supportent encore mes remarques parfois acerbes, je dois dire qu’elle était fort bien menée. Une cinquantaine de vignerons heureux faisaient couler le vin avec bonne humeur au sein d’un village attachant ayant pour nom Bize-Minervois.

Auprès d’eux, à chacune des barriques visitées – oui, désormais les vignerons ne sont plus derrière une table mais devant ou à côté d’une barrique dressée à la verticale -, je m’étonnais de ne point voir de crachoir. Et devinez la suite : pour bien déguster les vins – ce n’est que plus tard que je me suis empressé de les boire -, je devais me faufiler entre les vignerons et la foule en goguette afin de trouver un pied de platane et un peu de terre libre pour y cracher mon vin et non pas mon venin. J’ai même failli arroser des promeneurs en bordure de Cesse, c’est dire que je mettais du coeur à l’ouvrage ! Vous saisissez, maintenant ? Et comprenez mon désespoir ? Pas un crachoir à l’horizon !

Bien entendu, vous me connaissez, à la moindre oreille attentive, dès que j’en avais l’occasion, j’exposais mon ressentiment. Et souvent j’obtenais pour réponse quelque chose comme ça : « Michel, enfin, les gens sont là pour boire, non pour déguster » ! Merci les gars, j’avais compris. C’est vrai que j’avais l’air un peu snob (ou couillon) sur ce coup là avec mon obsession pour le crachoir. Pas démontés, mes amis vignerons renchérissaient sur l’air du « Il s’agit d’une fête populaire autour des mets et des vins ». Soit, je veux bien accepter cet argument, même s’il va à l’encontre du thème choisi pour cette fête fort réussie par ailleurs. Dès lors, je ne pouvais pas esquisser mon irritation : « Moi, je veux bien. Mais dans vos pubs et votre dossier de presse, par ailleurs largement repris par le journal du coin, il est bien question de mariages mets et vins et non de beuveries façon féria de Béziers ou de Nîmes où tout le monde picole à gogo jusqu’à se rouler par terre. Quoi qu’il en soit, pour un mariage parfait, il faut déguster afin de choisir les vins que l’on espère être en accord avec les différents plateaux proposés ».

Visiblement, mon argument ne faisait pas mouche. En cette période de vendanges, mes interlocuteurs avaient d’autres chats à fouetter pris qu’ils étaient dans le flot des « qu’estce que c’est ? » de la foule d’assoiffés qui tendaient leurs coupes. « Une pure roussanne, madame, élevée sans bois provenant d’une vigne exposée nord-est… ». Et moi d’insister plus lourd que jamais : « Justement, c’est au travers de ce genre de manifestation que vous avez un message qui me paraît important à faire passer, celui de la dégustation qui permet, en recrachant, de mieux choisir les vins capables de se marier aux mets préparés par les grandes brigades du pays. En expliquant aux amateurs qu’ils peuvent cracher sans gêne, vous devenez des prescripteurs du savoir déguster et non du savoir picoler ».

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Maître Thierry officiant dans la VIP room…

Bon, à un moment, tandis qu’une vigneronne plus réceptive que les autres – la seule par ailleurs à être venue avec son crachoir – me déclarait qu’elle allait soulever la question au cours du prochain debriefing avec les organisateurs, je me suis senti obligé de resservir une proposition formulée au cours de cette fameuse fête du vin d’Anianne évoquée plus haut où il était question de crachoirs en terre cuite conçus par les potiers du pays. Pourquoi ne pas reprendre cette idée, trop compliquée semble-t-il, d’un crachoir « identitaire » (pardon pour ce qualificatif généralement réservé à l’extrême-droite), un objet artistique et pratique, commun à tous les vignerons et siglé de surcroît au nom de l’appellation ou de la manifestation ?

Sur cette proposition, je me suis dis que je ferais mieux de me rendre à « l’espace VIP » où Thierry, notre élégant sommelier régional, débouchait une centaine de vins pour une magistrale dégustation. Mon premier souci fut de vérifier l’épineuse question des crachoirs. Et là, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir deux énormes vasques de plastique transparent qui, justement, laissaient transparaître quelques tâches peu reluisantes dans une mer de rouge agitée. A l’évidence, personne ne s’était soucié de vérifier par avance que plusieurs crachoirs dignes de ce nom pouvaient être disposés sur le lieu de la dégustation.

Malgré ce déconvenues, je n’étais pas découragé et j’ai dégusté la plupart des vins exposés avant que les vieilles pies (VIP) ne débarquent bruyamment. Pour boire, non pour cracher.

Michel Smith


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Côtes de Gascogne blancs secs, suite et dégustation

Une sélection des meilleurs affaires parmi les vins à moins de 6 euros de cette dégustation

La semaine dernière j’ai présenté d’une manière assez succinte cette appellation qui est la deuxième en taille parmi les vins IGP de France. Mais une mésaventure du clavier vous a privé de l’article prévu, qui incluait mes impressions lors d’une dégustation assez large de ses vins, essentiellement des blancs secs qui dominent la production dans cette région. C’est reparti pour un tour….

Grâce à l’aide d’Alain Desprats, le directeur des Côtes de Gascogne, cette dégustation à l’aveugle a réuni, au Château de Mons, 7 vins rosés, 38 blancs secs et, pour terminer, 9 rouges (dans cet ordre de dégustation). J’aurais peut-être dû demander aussi des échantillons de blancs doux, catégorie dont la production augmente entre 10 et 15% chaque année en Gascogne, mais je n’ai pas voulu en faire plus à cette occasion.

Le vignoble de Gascogne s’enroule sur les pentes généralement douces des collines calcaires du Gers, parmi bocages, bois, champs de céréales et quelques rares zones de pâturage. Cela donne un paysage doux et chaleureux, doré et presque luxuriant par endroits en ce fin de mois d’août. Ce vignoble est en expansion, comme on le voit clairement par le nombre de parcelles de très jeunes vignes. Il est aussi fortement mécanisé, permettant ainsi une réduction de coûts significative, ce qui explique aussi, en dehors des qualités propres des vins, sa grande réussite commerciale qui est très largement fondée sur des exportations. Les domaines sont souvent (mais pas toujours) assez grands pour un pays viticole comme la France, dépassant régulièrement les cent hectares.

Les cépages plantés laissent une trace claire de l’origine de ce vignoble, qui est essentiellement le résultat d’une reconversion de l’ancien vignoble produisant de l’Armagnac à partir d’une majorité d’Ugni Blanc, avec le Colombard en appoint. Entre parenthèses, je n’ai jamais bien compris pourquoi on n’appelle pas cette première variété par le nom de son pays d’origine (l’Italie), c’est à dire Trebbiano, car je trouve que cela sonne tellement mieux que Ugni Blanc. En tout cas cette variété est encore bien présente dans certains assemblages, à côté du dit Colombard, mais aussi du Sauvignon Blanc et d’une part croissante de Gros Manseng. Un peu de Chardonnay et de Petit Manseng complètent ce portefeuille pour les cépages blancs. Avec la liberté qui caractérise la catégorie des IGP, on peut y produire vins issus de mono-cépages ou d’assemblages, selon sa volonté.

Mes préférés

Voici mes préférés dans la catégorie des blancs secs. L’ordre de la présentation respecte l’ordre de la dégustation qui a commencée avec les vins les plus légers. A ce propos, il est intéressant de noter que beaucoup des vins, du moins dans la première partie, titrait autour de 11% d’alcool, chose devenue très rare de nos jours, exception faite de l’Allemagne. Je signale aussi que j’avais demandé des échantillons de deux cuvées au maximum par producteur pour éviter tout biais en faveur des gammes les plus larges.

Tariquet Classic 2016

(Ugni blanc, Colombard, Sauvignon, Gros Manseng : prix 5,60). Un pionnier de la catégorie et un vin d’une belle régularité qui s’est encore confirmée à cette occasion. Ne tirez pas sur le pianiste, il fait très bien ! J’ai l’impression que cette cuvée a gagné en profondeur aussi. Le nez fin et relativement complexe trouve confirmation en bouche avec un bel équilibre entre fruit et acidité, de la netteté et une longueur qui fait honneur dans cette catégorie de prix (14/20).

Domaine Saint-Lannes, Signature 2016

(Colombard, Gros Manseng, Ugni Blanc : prix 5,60). Malgré un côté un peu herbacé, ce vin a un bon équilibre générale et reste très agréable dans le registre d’une fraîcheur bien ciselée (13,5/20).

Domaine Arton, Les Hauts d’Arton 2016

(Colombard, Sauvignon, Gros Manseng : prix 6,20). Ce domaine est le plus à l’est de l’aire, près de Lectoure. Son joli nez fin a un aspect fumé qui rajoute de la complexité. Belle tenue en bouche, sur le versant de l’austérité mais avec du fond (13,5/20).

Les Hauts de Montrouge 2016

(Colombard, Sauvignon : prix 4 euros). Produit par la cave coopérative de Nogaro, ce joli vin a un beau nez dont les accents toastés/grillés font penser à un usage bien dosé de bois, mais cela serait surprenant. en tout cas il évite bien les excès de thiols qui guettent souvent les vins de ces deux cépages. De la finesse et une très belle acidité. Un des meilleurs rapports qualité/prix de cette dégustation. (14/20)

Villa Dria, Colombard – Sauvignon 2016

(prix 6 euros). Vivacité et intensité se retrouvent en équilibre dans ce vin. On peut appeler cela « minéralité » si cela vous plaît. En tout cas un joli fruit citrique, du volume et de la longueur (14/20).

Caprice Colombelle 2016

(Colombard, Gros Manseng : prix 5,50). Un des nombreux vins de l’autre géant de la région, l’excellente Cave de Plaimont.  Nez fin et complexe qui rajouté une certaine complexité à sa vivacité naturelle. En bouche on découvre des saveurs de fruits exotiques sans la moindre sensation de lourdeur (14/20).

Domaine de Miselle 2016

(Colombard 80% et Gros Manseng : prix 5 euros). Un concurrent sérieux pour le prix du meilleur rapport qualité/prix de cette dégustation. Un beau nez assez plein, et de jolies saveurs qui évitent toute caricature via une texture raffinée et des saveurs bien maîtrisées (14,5/20).

Domaine de Joÿ, Sauvignon Blanc 2016

(prix 6,20).Un joli sauvignon blanc, bien vif et reconnaissable mais pas trop vert. Sa jolie fruité et sa bonne tenue en bouche lui donne du coffre et de l’élégance (14,5/20)

Domaine Saint Lannes, Gros Manseng 2016

(prix 6,60). Le deuxième vin de ce producteur, que je ne connaissais pas auparavant, à sortir à l’aveugle. Ce vin possède un gras que je n’avais pas encore senti dans la série. Changement de cépage sans doute. Belle intensité et longueur et un excellent équilibre entre fruité et texture (14/20).

Domaine Laffitte, Sauvignon – Gros Manseng 2016

(prix inconnu). Nez bien parfumé par des notes de vanille. Il y a du bois ? Cela semblerait se confirmer en bouche avec une très belle matière arrondie et bien équilibrée. Une certaine richesse pour la catégorie mais sans aucune lourdeur pour ce vin raffiné (15/20).

Domaine Chiroulet, Terres Blanches 2016

(Gros Manseng, Sauvignon Blanc, Ugni Blanc : prix 6,50). Un très bon vin avec un certain volume, du gras et un équilibre intéressant entre fruit et matière; droit et fin avec une belle longeur (14,5/20).

Domaine de Cassaigne 2015

(Gros Manseng, Colombard : prix 7 euros). Deuxième vin de la Cave de Plaimont a réussir son examen de passage ! Ce domaine de 30 hectares entoure le Château de Cassaigne, ancienne résidence d’été de évêques de Condom, et est géré par Plaimont depuis son centre à Condom. Du volume au nez, en partie grâce à un élevage bien maitrisé : à signaler que ce vin a un an de plus que la plupart des autres. Très belle texture mais une certaine fermeté, voire une pointe d’amertume en fin de bouche. Cela lui donne un caractère à part (14/20).

Domaine de Pellehaut, Réserve Famille Berault 2015

(Sauvignon, Chardonnay Gros Manseng, Petit Manseng : prix 13 euros). Son beau nez semble marqué par le chardonnay et par un élevage réussi. La texture suave confirme pour ce vin complet, fin et d’une très belle longueur en bouche (15/20).

Les Maestrojuan, père et fils, qui produisent le vin ci-dessus et possèdent deux domaines : Entras et Bordenave.

Entras, Lo Cèu 2014

(Petit Manseng, Ugni Blanc, Colombard : prix 15 euros). Mon coup de coeur de toute la dégustation des blancs secs, à tel point que j’en ai acheté après une visite à ce domaine tenu par la famille Maestrojuan. Lo Cèu signifie le ciel en gascon, mais cette cuvée s’appelait auparavant Planeta ce qui lui a valu quelques ennuis avec le producteur sicilien éponyme ! La robe est aussi intense que le nez. Vin riche, gourmand et puissant en bouche. Long et très bon (15,5/20).

A signaler aussi que j’ai dégusté récemment, mais hors ce cadre (et donc pas à l’aveugle), un excellent blanc sec de Petit Manseng du Domaine Pellehaut, qui se confirme comme un des autres leaders de l’appellation sur le plan qualitatif.

 

En conclusion

Il est difficile de trouver des vins blancs secs d’un meilleur rapport qualité/prix que les Côtes de Gascogne (hormis peut-être les Muscadets). Ce que confirme leur réussite commerciale. La semaine prochaine je vous parlerai des rosés et rouges que j’ai dégustés. Le bilan était plus nuancé, même si l’échantillon était plus étroit.

David