Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Some echoes from 30th Salon des Vins de Loire

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The First Salon des Vins de Loire was in 1987 and to date it hasn’t missed a year not even after the terrible frost of April 1991. Despite some voices saying that it should be called off the 1992 edition went ahead. My first Salon was in January 1990 and I have been to every edition since.

The biggest threat the Salon now faces is Prowein, which has grown enormously over the last decade and a number of significant producers have decided to opt for the Dusseldorf and miss the Loire Salon. Late in the day the organisers of the Salon found a place and a formula for organic La Levée de la Loire last year. This year they have added a Demeter (biodynamic) fair as well. My impression from the first day (Monday) is that this edition is busier than last year but we need to see what Tuesday will bring.

Muscadet in danger:
Can I taste your Melon-Colombard Muscadet blend please?
If you want to upset a top quality Muscadet producer, this or a variant of the same, is the question to ask.

There is now a serious likelihood that in the next couple of years that producers will be allowed to add Colombard, Chardonnay and possibly other varieties to Melon de Bourgogne in the making straight Muscadet. For the moment this will not be allowed for the zonal Muscadets – Sèvre-et-Maine, Côtes de Grandlieu and Coteaux de la Loire or the cru communaux – but we all know about ‘mission creep’.

Many of the top Muscadet producers, like Vincent Caillé, the Luneau-Papins, Joseph Landron, Eric Chavalier, Gilbert Bossard and others, are vehemently opposed to allowing other grape varieties to be used for Muscadet.

However, I talked yesterday to Bernard Jakob,the directeur général of Ackerman. He is in favour of the change as providing a way of saving those producers who are struggling in the Pays Nantais. Bernard quoted the vote by a substantial majority of the vignerons in favour of the change.

When I pointed out that if producers wanted to blend other varieties to Melon it was already perfectly possible to do so and sell this as an IGP or a Vin de France. Bernard replied that producers wanted to be able to keep using the Muscadet name.

I have to say that I have little sympathy with this move to add new varieties to the Melon de Bourgogne for Muscadet. Even, if the change, is strictly limited to straight Muscadet it is all too likely to undermine the image of all Muscadet just at the moment that the qualities of good Muscadet – and there are now some very good Muscadets – are being rediscovered. Currently top Muscadet is easily among the best bargains to be found in the wine world, so why threaten to potentially destroy all the good work that has been done by conscientious producers to produce excellent wines and raise the appellations image.

The idea that producers want to be able to add new varieties while keeping the Muscadet name is deeply dubious. Just suppose that I have vines in the Clos de Vougeot or Chambertin and I wanted to include some Gamay or Syrah along with my Pinot Noir while keeping the appellation, I doubt if I would get a very sympathetic hearing.

It would be very interesting to know more about the background to the vote by producers to allow other varieties like Colombard in Muscadet.

Furthermore is the addition of Colombard or other varieties really going to save struggling producers? Muscadet-sur-Colombard will surely be sold to supermarkets at a basement price in competition with the Côtes de Gascogne, cheap wines from the Midi as well as places like Australia, Chile and Argentina. Dealing with aggressive supermarkets is unlikely to provide salvation for struggling growers as the recent report into Tesco’s habitual policy of screwing its producers to improve its bottom line only too clearly demonstrates – see here and here.

It is all too likely that if the change goes through there will soon be pressure to increase the permitted yields for Muscadet very substantially because producers in the Pays Nantais cannot compete with IGP Côtes de Gascogne and cheap whites from other countries. May be producers will again be asked to vote on keeping yields as they are at 65hl/ha or increase them to 80 hl/ha, 100 hl/ha or 150 hl/ha…

I fear if this change goes through it is all too likely to be catastrophic for the Muscadet appellations. While I have sympathy for struggling producers they should be looking to IGP or vin de France rather than bastardising Muscadet.

Other brief echoes
Ludo and Sophie Ragot
have sold their fine Café de la Promenade in Bourgueil with the new owners taking over in March.

Having handed over the Château de Tracy (Pouilly-Fumé) vineyards to his sisters, Comte Henry d’Assay has set up a négociant business – SAS Comte Henry d’Assay.

After some 20 years this is expected to be the last Salon des Vins de Loire that Gérard Pelletier will be welcoming vignerons, importers and press to his excellent restaurant – Le Relais. At the age of 62 Gérard has decided to embark on a second life. Thank you Gérard and we wish you a long and enjoyable retirement.

 

Buddhaas

 

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État des lieux d’un vignoble en péril: Banyuls-Collioure

L’envie de m’arrêter ne serait-ce qu’un temps sur le terroir le plus spectaculaire de ma région d’adoption, cette même envie ajoutée à un séjour récent dans ce bout de France le plus méridional de l’Hexagone, ainsi qu’un papier tout aussi récent de notre Marco ici même, toutes ces circonstances confondues ont achevé de me convaincre.

Me convaincre de quoi au juste ? Qu’à moins d’une prise de conscience de nos édiles, d’une décision politique de prendre le problème à bras le corps, ce qui n’est pas avouons-le dans l’ADN de nos politiques, et d’un investissement colossal côté vignerons, suivi de mesures de protections radicales, le si beau vignoble de Banyuls (qui englobe celui de Collioure, Port-Vendres et Cerbère) n’en a plus pour très longtemps.

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Au delà de la beauté qu’offrent les paysages d’une montagne schisteuse dévalant dans la mer, hormis ces petits ports romantiques où il m’arrive de tremper mes gambettes poilues, de lire le journal ou de boire mon café, laissant de côté ces criques mouchoirs de poche s’ouvrant sur la Méditerranée, qu’est-ce qui m’autorise à être subitement aussi péremptoire (et pessimiste)? Après tout, la population locale et ses élus semblent se satisfaire de vivre dans des paysages de toute beauté et ils me paraissent jouir en pleine apathie de leur environnement immédiat, semblant se désintéresser d’un péril qu’ils ne voient pas venir, à moins qu’ils ne veulent le voir venir. Tout semble si bien aller : en hiver les retraités affluent de toute l’Europe, tandis que les projets immobiliers se multiplient et que les enseignes à grandes ou moyennes surfaces pullulent jusqu’aux fronts de mer. C’est beau la Catalogne française…

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Arrivé dans le Roussillon, en 1988, c’était vers ce vignoble spectaculaire que je m’étais tout naturellement tourné. En compagnie d’une troupe d’investisseurs très modestes (sommeliers, cavistes, vignerons, journalistes spécialisés) nous étions allés à Banyuls-sur-Mer, non pas avec en tête l’idée de faire du fric, mais déjà l’envie sincère de sauver de l’oubli quelques parcelles de précieuses terrasses de vignes de Grenache, des vignes que nous voyions sombrer dans l’oubli et que les gens du coin, hormis une poignée de vignerons, préféraient laisser à l’abandon. Il faut dire que nous mêmes, après trois millésimes d’un Terra Vinya élevé en pièces, avions fini par jeter l’éponge dix ans plus tard par manque d’ambition et parce que la vie nous appelait ailleurs. À l’époque, vers la fin des années 1980, la raison principale de ce délabrement du vignoble était aussi évidente qu’historique : la vente des vins doux naturels périclitait n’ayant, comme unique pilier, qu’un public survivant composé de quelques vieillards en mal de réconfort sucré. En gros, la nouvelle génération ne suivait pas et ne collait plus à l’image vieillissante et ringarde d’un produit d’une autre époque. Ainsi vont les modes, ainsi vont les vins.

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Pour des raisons culturelles, après des décennies d’un relatif confort, les vignerons – pour beaucoup petits propriétaires doubles actifs liés aux coopératives – avaient du mal à se recycler en producteurs de vins secs ou tranquilles, c’est-à-dire non mutés (non renforcés devrait-on dire) à l’alcool. Ajoutez à cela la difficulté de lancer sur le même territoire que Banyuls une appellation-bis comme Collioure qui, à l’époque, ne concernait que des rouges, les fautes de gestion des uns et des autres, les plans de communication en dents de scie pour plaire tantôt au négoce, tantôt à la coopération, les deux acteurs majeurs d’alors, ainsi que le sempiternel combat des conservateurs s’affrontant à un vent de modernisme pas assez convaincant à leurs yeux, du moins dans ses arguments financiers immédiats, et c’est ainsi que l’on obtenait une sorte de lie visqueuse entraînant un refus de bouger, une passivité se heurtant, en plus, à différentes ambitions politicardes locales. On avait l’impression que l’intelligence d’un seul homme, Michel Jomain, pouvait faire bouger les choses. Seul hic, le gars n’était pas du pays et en plus, il était fort marqué politiquement (ndlr: à gauche, en l’occurrence). L’homme a disparu en 2011.

Est-ce le manque d’enthousiasme, est-ce un problème de gestion ou de perspectives commerciales? Toujours est-il que depuis, le Groupement Interproducteurs Collioure Banyuls qui, un temps, représentait 80% des viticulteurs du cru, un mastodonte que les touristes connaissent sous le nom de Cellier des Templiers (aujourd’hui Terre des Templiers), a fini par mettre le genou à terre avant d’être placé sous sauvegarde par la Justice. Il dispose encore d’une année pour se redresser.

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Mais alors, quel est donc ce mal mystérieux qui menace ce petit territoire côtier au cœur duquel je me suis récemment isolé et promené durant deux semaines ? Le problème, c’est qu’il n’y a pas un mal, mais des maux… et non des moindres. Je vais tenter de les résumer ici, tout en précisant avant d’aller plus loin que cette splendide Côte Vermeille où se côtoient, je me répète, deux appellations, Banyuls et Collioure, est un pays à part avec ses codes, ses traditions, ses magouilles aussi, un état dans l’État.

Quelque peu isolé du reste de l’Hexagone, avec une seule route sinueuse pour le traverser et une ligne de chemin de fer menant à l’Espagne, ce petit pays a longtemps vécu de la pêche artisanale et de la viticulture… sans parler de la contrebande. Depuis 1974, une réserve maritime est sensée protéger plus de 6 km de côtes. Mais cela n’a pas empêché la construction de quelques horreurs de même que la réserve n’est pas parvenue à enrayer l’exploitation (le vol ?) d’un fameux gisement de corail rouge.

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Comme partout ailleurs, en quelques décennies, le monde autour a évolué : l’Espagne a rejoint l’Europe avec ses coûts de main d’œuvre plus compétitifs, la pêche a décliné faute de poissons et de marins, la vigne s’est arrachée faute de vignerons courageux et de buveurs, tandis qu’avec les années 2000, une route à quatre voies mettait Port-Vendres et Collioure à moins de 30 minutes de Perpignan et de l’autoroute, et que le tourisme prenait une place de plus en plus prépondérante avec son cortège d’agitations, d’appétits et de frénésies immobilières. Il faut bien avouer que, si l’on se met à la place des investisseurs, cette zone qui a attiré tous les peintres du siècle précédent reste un des derniers bastions à saisir avec vues garanties sur la Grande Bleue avec des prix bien plus accessibles que ceux de la Côte d’Azur, par exemple. Tout cela est très vite résumé, j’en conviens, et mon analyse ne doit pas être prise trop au sérieux dès lors que je ne sors pas d’une grande école et que je ne m’abrite derrière aucune commission d’experts comme nous en avons tant vu défiler ici.

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Dans ce tableau qui peut paraître sombre, je dois préciser qu’accompagnant le déclin des coopératives qui jadis monopolisaient la production, la viticulture semble connaître un certain renouveau. Des investisseurs vignerons parfois importants s’installent, des idées jaillissent en même temps que de jeunes et dynamiques aventuriers vignerons se font connaître, certains étant même issus du milieu de la coopération. Dans la même foulée, on voit poindre à l’horizon une multitude de projets touristiques autour du vin, projets de taille humaine ne manquant pas d’intérêt.

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Après cette présentation sommaire, je vais donc énoncer ici les maux visibles ou évidents qui menacent directement le vignoble et ses alentours, sans oublier les habitants – qu’ils soient vignerons, commerçants ou retraités, venus d’ici ou d’ailleurs. Pour s’en rendre compte, il suffit de se promener sur les routes et les chemins, et de bavarder avec les rares vignerons qui travaillent encore leurs propres vignes. À l’époque de la taille, par exemple.

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Le réchauffement. Même si le réchauffement climatique n’aura sans doute pas d’ incidence majeure sur le vignoble avant 20 à 30 ans, on en perçoit déjà les prémices, notamment des orages monstres, mettant en péril un vignoble qui n’est plus tenu avec autant de soins qu’autrefois (voir plus loin). Cela s’est déjà produit, mais c’était il y a plus de 30 ans, quand les vignes étaient encore entretenues avec une volonté de protection à long terme. Or, depuis les années 60, on peut dire que, graduellement, les terres sont peu ou très mal entretenues quand elles ne sont pas carrément abandonnées fautes de reprises en mains par un successeur réellement motivé et amoureux de sa vigne. Elles sont d’autant plus vulnérables à la modification du climat.

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Les abandons. Des parcelles de vignes meurent à petit feu faute de repreneurs. Beaucoup de propriétaires en fin de vie refusent de confier leurs vignes à un jeune, espérant peut-être qu’un citadin les rachète à bon prix pour en faire une sorte de terrain de loisirs pour y installer une caravane ou y construire – le plus souvent illégalement – une cabane qui deviendra peut-être villa. Avec ces vignes abandonnées, ce sont autant de vieux grenaches qui disparaissent de notre patrimoine. On a l’impression que seules les surfaces conséquentes et mécanisables, autour d’un hectare et plus, intéressent les repreneurs. D’ailleurs, ces derniers ne sont plus enclins à l’achat de vignes de coteaux : ils préfèrent acheter sur du plat ou de l’arrondi, délaissant les pentes. Ensuite, ils préfèrent tout raser au bull, y compris les murettes, niveler le plus possible afin de permettre aux tracteurs de rentrer dans de belles rangées de syrah, cépage qui, entre parenthèse, n’a pas grand-chose à faire dans ces contrées. C’est le rendement à court et moyen terme qui est privilégié au détriment du long terme et de la transmission familiale d’un vignoble en parfait état.

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Les incendies. Ils sont une vraie plaie, surtout en été. On est allé jusqu’à croire que pour réduire les risques, il suffisait de subventionner des vignes pare-feu sur les hauteurs des coteaux. L’idée, probablement trop coûteuse, a semble-t-il été abandonnée. De toutes les façons, elle n’a suscité que peu d’intérêt du côté des vignerons, lesquels ont déjà bien des soucis avec les sangliers qui pullulent et dévastent les terres. Reste que si l’on n’y prend garde, les chênes-liège, les oliviers sauvages, les figuiers, les micocouliers, les pins et autres essences typiques risquent fort de disparaître alors qu’elles servent souvent de cadres majestueux aux parcelles de vignes. Non entretenue, cette végétation forestière si fragile, une fois décimée, peut réapparaître, certes, mais elle est aussi le plus souvent remplacée par une garrigue dévorante et étouffante qui favorise également les départs de feux dans une région où les vents sont féroces.

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Les tremblements de terre.  Ils sont assez fréquents autour des Pyrénées. Reste que, sans faire de catastrophisme, les canaux, les rigoles et les murets édifiés patiemment et entretenus au fil des générations pour maintenir les terrasses, les casots aussi (ces petits abris qui servent à ranger les outils), les précieuses citernes renfermant l’eau qui sert aux traitements, les petites routes d’accès à flanc de montagne, tout cela pourrait disparaître un jour si le sous-sol décidait de se refaire une place. Et des pans entiers de vignes donnant sur la mer pourraient sombrer.

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Les murets. Petits ou grands, hauts ou courts, grâce aux plaques de schiste qui se détachent et se taillent relativement facilement, ils font partie ici du paysage façonné par l’homme depuis des siècles. Et sont devenus la composante essentielle, avec les peu de galls et autres agulles (canaux destinés à favoriser l’écoulement des eaux en cas d’orages), de ce vignoble architectural couvrant quelques 2000 ha de flancs de coteaux. Le gros problème avec de tels murets, c’est qu’ils sont fragiles et qu’il faut les entretenir. Sinon, pierre par pierre, au fil des ans, ils se dégradent de plus en plus entrainant avec eux la terrasse qu’ils sont censés soutenir, autrement dit des paquets de vignes. Comme rien n’est simple, seuls les ancêtres qui passaient des journées entières à la vigne, avaient acquis l’art de construire les murettes et de façonner ces étonnants caniveaux de géants qui permettaient l’évacuation des eaux tout en préservant la précieuse terre, en évitant qu’elle ne soit pas emportée. Dans les années 80, j’ai rencontré des vieux maçons de vigne qui étaient prêts à partager leurs petits secrets. Sauf qu’il y avait peu de volontaires pour les écouter. Avec eux disparaissent les techniques emmagasinées de génération en génération et c’est bien triste de voir le vignoble se défigurer faute d’entretien adéquat.

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Le tourisme. S’il n’est pas canalisé en urgence, le tourisme, aussi nécessaire qu’inévitable, va faire mal, très mal. Il risque de causer d’importants dégâts dans les vignes de Banyuls, de Cerbère, de Collioure et de Port-Vendres, sans oublier l’arrière-pays d’Argelès-sur-Mer. Sur les chemins semi-côtiers que j’ai fréquentés presque tous les jours, j’ai rencontré des promeneurs sages et respectueux des plantes et de l’espace, mais aussi quantité de sauvages venus s’exciter sur des terres synonymes de risques et d’aventures. En VTT, en patinette électrique (!), en moto trial, en 4 X 4, j’ai croisé des gens manquant réellement d’éducation, prenant possession du terrain privé (une vigne) comme si c’était un dû, dévalant les pentes sans se soucier du dommage qu’ils causaient au passage aux murets comme aux jeunes plants. Des saccageurs !

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– Les squatters. Pour l’instant, ils s’agglutinent en bord de mer car pour eux, seule la vue compte. Et dieu sait que la vue peut être grandiose dans le secteur ! On commence par acheter une vigne en perdition avec un casot tout simple que l’on agrandit au fur et à mesure dans le plus mauvais goût qui soit, tout en restant caché au sein de la végétation afin de ne pas trop se faire remarquer. J’ai ainsi vu en un site pourtant soit-disant hautement protégé de véritables pavillons sam’suffit avec arrivée d’eau et électricité fournis par la municipalité de Port-Vendres, sans oublier le parking gagné sur d’anciennes vignes afin que les copains puissent se garer. J’oubliais le chemin aménagé en béton jusqu’à la mer afin que le bateau puisse glisser gentiment dans l’eau. Pour l’espace vert, les vignes et la végétation ennuyeuse sont carrément anéantis au round-up ! Il semblerait que ces gens finissent enfin par payer des impôts locaux, mais combien sont-ils qui vivent encore cachés, parfois même dans de véritables taudis. Combien sont-ils encore à se barricader  de manière hideuse tout en fabriquant des plaies dans le décor ? Sur une douzaine de pseudo casots ainsi rencontrés en un seul circuit que j’estime à 5 km, seule une construction se présentait de manière honorable, en pierres du pays (schiste) et sans barrières, bien intégrée dans le paysage. Leur nombre ne cesse de croître et la terre – d’anciennes vignes – se vend de plus en plus cher.

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Voilà un aperçu sommaire de ce qui peut sournoisement menacer un vignoble, grignoter peu à peu une part non négligeable de son authenticité, de son image, de sa force. Celui dont je viens de vous parler, le terroir de Banyuls et de Collioure, s’il était connu depuis des siècles sur la carte de la Méditerranée, n’était guère satisfait de sa notoriété il y a 30 ans, notoriété qu’il trouvait insuffisante. Maintenant que les choses vont mieux, il serait temps que mes amis de la Côte Vermeille  prennent conscience de ce qui leur arrive. Car en matière de vignoble, il ne suffit pas de faire de bons vins. Il faut aussi être paysagiste, conservateur, protecteur, amoureux et farouche défenseur de son territoire. Le terroir qui fait notre vin est aussi un paysage. Ne l’oublions pas. Amen !

Michel Smith

(Photos©MichelSmith)


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Bourgogne et Bettane à Londres

BerryBros-Corked
Berry Bros & Rudd Ltd – bouchonné ?
Nothing to do with today’s tasting but passed the window on my back from the two tastings below and couldn’t resist.

For the UK wine trade the second week of January belongs to Burgundy. The week is packed with en primeur tastings and merchants’ offers for the latest available Burgundian vintage. This tasting week also attracts our distinguished colleague – Michel Bettane to the UK’s capital city.

January 2016 means that it is the turn of the 2014 vintage, so yesterday saw me at two tastings – those of Goedhuis and Lea & Sandeman. Unlike Bordeaux these wines have never been tasted blind, so there is a case for Bordeaux being unfairly getting flak for no longer offering journalists the opportunity to taste their en primeur blind.

The rush to taste the Bordeaux en primeurs is a far more pertinent criticism that can be levelled at Bordeaux. In contrast to Burgundy where the wines are around fifteen months old when tasted, Bordeaux insists that en primeur has to be tasted when the wines are usually a little under six months old. Arguably Bordeaux en primeurs are presented far too young for them to be properly assessed. Let alone to expect consumers to pay for wines that they will not receive until two years later. There is, of course, little chance that the Bordelais will push back their en primeur dates anytime soon as they are too addicted to the early rush of cash that premature en primeur offers provide.

I suspect the Bordelais will only make significant changes if their en primeur offers continue to be met by increasing indifference by wine lovers. We will have to wait to see whether the Bordeaux hype machine can work its magic and persuade consumers that they need to buy the 2015s before they have been bottled.

Enough of Bordeaux what about 2014 Burgundy? Fortunately unlike some of my colleagues I don’t have to attend all or most of the many tasting events packed into this week as I don’t produce detailed reports on Burgundy. I am able to pick and choose – just attending a few carefully chosen events.

There were certainly some attractive wines – both whites and reds. Chablis is standout with attractive fruit but also lovely austerity in the finish. Classic?!

There were also some excellent reds, although some I felt lacked freshness. The ones I preferred had delicacy and freshness in the finish.

Some 2014 favourites – prices in bond:

Goedhuis & Co 

Whites

IMG_9992Chablis Grand Cru Les Clos, Domaine Jean-Paul Droin    £210 per 6
Blend of complexity and austerity 

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Meursault Le Meix sous le Château, Domaine Jean-Philippe Fichet
– £298 per 12
Attractive concentration and length – tight finish 

IMG_9994Corton Charlemagne, Domaine Patrick Javillier – £395 per 6
Concentration, complexity and length

Chassagne Montrachet 1er Cru En Remilly, Domaine Colin-Deleger
£490 per 6
Chassagne Montrachet 1er Cru Les Demoiselles, Domaine Colin-Deleger
£470 per 6

IMG_9997St Aubin 1er Cru Clos de la Chatenière VV, Hubert Lamy – £290 per 12

Reds

IMG_0001Bourgogne Rouge, Domaine Ghislaine Barthod -£180 per 12
Sweet sexy fruit at an affordable price 

Chambolle Musigny 1er Cru Les Cras,Domaine Ghislaine Barthod – £355 per 6

IMG_0003Nuits St Georges Aux Lavières, Domaine Jean Grivot £380 per 12
Lovely sweet fruit

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Vosne Romanée, Domaine Sylvain Cathiard – POA
Sweet ripe, flattering fruit and structure

IMG_0007Chambertin Grand Cru, Maison Roche de Bellene –  £895 per 6
Silky length and finesse – should make fine mid-week drinking…

Lea & Sandeman

Whites

IMG_0010Chablis 1er Cru Fourchaume, Domaine Adhémar et François Boudin
£110 per 12 
Charming texture and weight
The whites here were considerably warmer than at the Goedhuis tasting
and consequently more flattering

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L’Homme Mort, Chablis 1er CruDomaine Adhémar et  François Boudin
£130 per 12 


I also enjoyed the Chablis, especially Les Vaillons (£160 per 12)  from Domaine Moreau-Naudet

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Pouilly-Fuissé sur la Roche, Daniel et Julien Barraud
£180 per 12
length and potential

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Bourgogne Blanc, Domaine Rémi Jobard – £140 per 12
good texture, weight and length – affordable

IMG_0015Mercurey, Vieilles Vignes, François Raquillet –
Juicy attractive, affordable fruit – £160 per 12

Givry 1er Cru Clos Jus, Domaine François Lumpp – £195 per 12

Marsannay Domaine Huguenot £125 per 12

IMG_0019Gevrey-Chambertin, Domaine Christophe Perrot-Minot – £190 per 6
lovely sweet silky fruit, delicacy, charm and length

Also:
Nuits St Georges Domaine Christophe Perrot-Minot – £195 per 6
Charmes Chambertin Vieilles Vignes, Domaine Christophe Perrot-Minot
£825 per 6

IMG_0022Charmes-Chambertin Grand Cru, Thibault Liger-Belair
£525 per 6
Silky texture, delicacy and length

Jim-when?


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Quelques producteurs exemplaires en Champagne (1/2)

Je n’aime pas plus que notre collègue Jim Budd les excentricités aussi légalistes qu’absurdes du Comité Champagne, ni l’arrogance parfois suffisante de quelques grandes marques de cette région viticole. Mais je n’estime pas que cela constitue une raison pour bouder tous les vins de Champagne, ni pour ignorer des choses très intéressantes qui s’y passent. J’ai fait part ici, il y a un peu plus d’un mois, de quelques vins de Champagne que j’avais particulièrement apprécié au cours de l’année 2015 et l’arrivée de ce nouvel an m’a décidé de faire un court voyage de 2 jours pour rencontrer certains de ces producteurs, juger de visu de leur approche et goûter leurs vins. Pour faire bonne mesure, j’en ai rajouté un ou deux parmi ceux dont j’ai aimé les vins dans un passé récent.

Tous les producteurs que j’ai visités il y a une semaine sont des vignerons indépendants, c’est à dire, à la base, des récoltants-manipulants selon la terminologie champenoise, même si quelques-uns achètent aussi un peu de raisin à des voisins ou à des membres de leur famille pour compléter leur production. Parfois aussi, certains louent des vignes, n’ayant pas un domaine de taille suffisante. Ils ont aussi en commun (et cela me rassure car la finesse des leurs vins semblait l’indiquer) une attitude de « tête chercheuse », mais sans jamais avoir de « grosse tête ». Ils partagent une forme de perfectionnisme et la volonté de chercher de nouvelles voies qui éclairent l’ensemble de leur démarche. Aucun ne brandit des écussons de « biomachin » en guise d’argument de vente premier, même si certains des cinq producteurs visités travaillent dans un esprit biologique, avec ou sans la certification qui va avec. Avec ou sans labels, tous reconnaissent l’impérieuse nécessité de faire vivre leur terre et d’obtenir, par des approches diverses mais qui respectent toutes l’environnement, des raisins sains et savoureux. Leurs histoires sont différentes et leurs moyens sont inégaux aussi. Mais leur vins, chacun dans son style, respirent une forme d’honnêteté qui me plait beaucoup : une forme de transparence qui est souvent reflétée sur les contre-étiquettes de leurs flacons, factuelles et informatives. La diversité et la qualité des vins de Champagne est, à mon avis, en croissance actuelle en grande partie grâce à ce type de producteur.

Voici la liste de domaines visités (et des photos de leurs propriétaires). Tous sont très recommandables, mais avec des styles de vins et des gammes de prix qui reflètent soit leur situation géographique et encépagement, soit leur approche de la vinification dans sa globalité, soit, aussi, leur renommé. Il s’agit sûrement d’un peu de tout cela à la fois.

 

portrait Pierre TrichetPierre Trichet, Trois Puits (près de Reims, en allant vers la Montagne)

 

David PehuDavid Péhu, Champagne Péhu-Simonnet, Verzenay, Montagne de Reims Nord (crédit photo ci-dessus la Cave Dilettante)

IMG_7296Laurent Champ, chef de caves,  Champagne Vilmart et Cie, Rilly-la Montagne, Montagne de Reims Nord

vesselle3Didier Vesselle et son fils, Champagne Maurice Vesselle, Bouzy, Montagne de Reims Sud

Frères ColletLes frères Collet, Domaine René Collet, Fontaine Denis, Sézannais

 

Je vous parlerai cette semaine du premier et du dernier de cette liste de cinq. Leurs deux domaines  constituent les deux points géographiques les plus éloignés l’un de l’autre de cette série, et leurs crus sont aussi, pour l’essentiel, les moins prestigieux. Mais ils méritent autant votre attention, cher lecteur, que les trois  autres pour lesquels il faudra patienter une semaine de plus !

 

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Champagne Pierre Trichet

J’avais rencontré Pierre Trichet et une partie de sa gamme pour la première fois à la dégustation presse organisée à Paris en septembre 2015 par les Vignerons de Champagne. J’étais tellement impressionné par ses vins à cette occasion que j’ai promis de lui rendre visite à la première occasion. C’est maintenant chose faite et je n’ai pas été déçu. Le domaine familial, dont les bâtiments incorporent 4 ou 5 chambres d’hôte spacieuses, est basé dans le petit village de Trois Puits, tout près de Reims sur la route qui monte doucement vers le versant nord de la « montagne » et le village de Ludes. Il comporte un peu plus de quatre hectares, auxquels se rajoute le fruit de quatre autres que Pierre loue aux alentours, dont une parcelle dans le grand cru de Verzy. En tout, cela signifie 17 parcelles, ce qui lui donne la possibilité de pratiquer un travail précis en assemblage, approche qu’il privilégie, hormis le cas de sa parcelle à Verzy. Toutes ces parcelles se situent sur des communes classées en premiers ou grands crus : Trois Puits, Montbré, Ludes, Rilly, Cormontreuil et Verzy. Trichet produit 8 vins différents, plus une variante demi-sec de son brut non-millésimé que je n’ai pas dégusté.

vignes Pierre Trichet

 

 

 

Le travail des vignes est un ingrédient essentiel de l’approche de Pierre Trichet, qui opère des sélections massales de ses plantes les plus anciennes et qualitatives qu’il fait greffer et valider par un spécialiste en Alsace. Le domaine sera agrée Haute Valeur Environnementale en 2016 et le souhait est d’aller vers un maximum de transparence dans toute les procédures et peut-être un agriculture biologique. Pierre ne cherche pas a agrandir l »exploitation actuelle car il veut pouvoir tout surveiller, aussi bien à la vigne qu’à la cave. Interrogé sur son approche du vin, il m’a donné une réponse que j’ai trouvé inhabituelle et intéressante : « mes vins doivent avoir du nez ». Dans cela il est aidé par l’expressivité du fruit apporté par le pinot meunier qui fait partie de plusieurs assemblages. Il dit aussi ne pas savoir vendre autre chose que des vins qu’il aime. En cela il ne doit pas être seul, mais c’est bon à savoir. Sur l’aspect structurel du vin, il recherche la longueur en bouche davantage que la puissance, ce qui est probablement en bonne adéquation avec le potentiel de ses crus.

Trichet est aussi un passionné d’histoire et particulièrement de l’histoire de sa région : ce sont ses recherches qui l’ont amené à planter du pinot blanc dont une cuvée sortira prochainement, ainsi qu’une cuvée « petite mousse », à la pression réduite à 3,5 bars et qui s’appelle Secret d’Or.  A la différence des autres producteurs que j’ai visité à cette occasion, Pierre n’aime pas l’effet du fût en bois sur ses vins, après avoir pratiqué quelques essais. Malgré cela (car l’usage du fût est une réalité historique, en champagne somme ailleurs), sa source d’inspiration reste largement l’histoire et il cite cela devant un effet « terroir », ne produisant qu’un seul vin mono-cru.

Sur l’ensemble des ses 17 parcelles, c’est le pinot meunier qui domine, avec 53% des surfaces, suivi par le pinot noir (25%) et le chardonnay (près de 20%). Il y a aussi un demi-pourcent d’un cépage devenu rare en Champagne, le pinot blanc. Le vignoble a été planté par sa grand-mère, puis par son père, à partir de 1947. Au début elle vendait ses raisins à Taittinger, puis elle a constitué une petite coopérative. L’exploitation, comme souvent en Champagne, avait alors une activité mixte entre vignes, céréales et betteraves. La maison, entourée de ses bâtiments d’exploitation, est récente, comme la plupart de cette région car les bâtiments anciens, qui hébergeaient un couvent autrefois, furent détruites pendant la Première Guerre, mais la cave, qui date du 17ème siècle, a subsisté et les Trichet l’agrandissent progressivement. La marque Trichet-Didier, devenu récemment Pierre Trichet, existe depuis 1972 et Pierre à repris l’exploitation en 1986, imposant progressivement sa vision sur les 60,000 bouteilles de la production annuelle. La tenue de l’ensemble du domaine est impeccable, comme on peut le constater ci-dessous, mais il faisait moins beau et moins vert le jour de ma visite !

Trichet-Didier

 

Les vins dégustés 

Authentique (nm) Brut

Provenant de 16 de ses 17 parcelles et incluant à la fois beaucoup de meunier, de la cuvée et des tailles et 17% de vins de réserve, c’est la cuvé de base de la maison. Bon fruit, assez puissant et avec une belle finale sur la fraîcheur, c’est une excellente introduction au style de Pierre Trichet.

Secret d’Or (nm) Blanc de Blancs

Malgré les réticences de Pierre envers ce type de contenant, 20% de ce vin a été fermenté et conservé quelques mois en barriques. L’essentiel vient du millésime 2010 et le tirage date de février 2011. La bouteille dégustée avait été dégorgée en août 2015. Très grande fraîcheur, avec une vivacité citronnée, très salivante, mais aussi une texture caressante qui mène vers une finale plus stricte. Vendue au domaine pour 24 euros.

L’Exception Grand Cru 2008

Dominé par le pinot noir, c’est un vin fin et structuré, encore un peu austère mais très long. Il allie corps et finesse, dans un style vin de garde. 1.200 bouteilles produites.

Cuvée 1333 (Pinot Blanc)

Nous avons dégusté une bouteille dégorgée de cette cuvée qui n’est pas encore sur le marché et dont il n’y aura que 1.333 flacons. Très aromatique et plein de saveurs, ce Champagne a de la finesse et de la longueur mais j’ai trouvé que le dosage (provisoire) pouvait être plus léger, car la finale avait une pointe de lourdeur, peut-être aussi le fait d’un dosage récent.

Rosé Brut Tradition

Le vin rouge de ce rosé d’assemblage vient de vieilles vignes de meunier dont les raisins ont été éraflés. C’est un excellent rosé, de bonne couleur (un avantage selon mes goûts en la matière !), plein de fraîcheur, très fruité dans la gamme fraise, savoureux et long.

Pour finir, et dans une autre séance, j’ai dégusté à nouveau les deux vins qui m’avaient tant impressionné en septembre :

Héritage, Blanc de Blancs

Avec une base de la vendange 2009, ce vin limpide et claire ne montre nullement son âge. Sa superbe fraîcheur porte ses belles saveurs. Excellent, surtout à un prix très doux autour de 18 euros.

La Puissance, Blanc de Noirs

Le complément du vin précédent, ce vin est issu du cru de Verzy et du seul Pinot Noir. La base est également la vendange 2009. Naturellement d’apparence plus raide, car légèrement tannique, il a aussi une grande profondeur de saveurs. Long et puissant, avec une finale aussi vive qu’intense. ma meilleur note de la série.

logo_Collet

 

Domaine Collet

Ainsi nommé pour le distinguer de la coopérative Collet (ex Raoul Collet), basé à Aÿ et dont les vins sont vinifié avec ceux de Jacquart, ce producteur est le plus récent du groupe visité car les trois frères qui le dirigent ont fondé l’activité de vinification et de vieillissement avec le millésime 2007. Auparavant, leur père apportait les raisins de ses 5 hectares à une cave coopérative. Le vignoble est situé au sud-ouest de Sézanne sur la route vers Nogent et Provins. Ce secteur au sud de la côte de blancs, qui comporte environ 1400 hectares, est peu connu en dehors de la Champagne mais j’ai gouté plusieurs vins récemment du secteur qui me semblent intéressants, dont ceux de ce domaine qui brillent par leur éclat et leur précisions.

Frères Collet

Planté progressivement à partir des années 1960, le Domaine René Collet contient 60% de chardonnay et 40% de pinot noir et est en cours de certification bio. Chacun des trois frères Collet a un rôle spécifique dans l’entreprise (vignoble, vinification, commercial/comptabilité) mais peut en remplacer un autre en cas de besoin. Et ils ont démarré avec la volonté claire d’élaborer des vins au style marqué, bien au delà de la moyenne pour ce secteur peu connu. Pour ce faire ils n’ont pas hésité à investir massivement dans un équipement impressionnant pour un domaine aussi récent, le tout étant logé d’une manière inattendue dans un grand caveau creusé sous une maison moderne d’apparence modeste. Fûts et foudres en bois, un ergonome (une spécialité de Vicard paraît-il, également en bois), cuves inox de petit volume, matériel de refroidissement, pompes du dernier cri, le tout impeccablement rangé et propre.

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La gamme produite par ce domaine se divise en deux parties: deux vins intitulés Empreinte du Terroir, et trois autres qui portent la marque Anthime 300. Anthime est le prénom d’un oncle qui fut le dernier sabotier/tonnelier du coin, et le chiffre 300 signifie le contenu en litres de barriques utilisées pour la fermentation et la première phase de maturation des vins de cette gamme, avant l’assemblage et la mise en bouteille (tirage), qui n’intervient qu’au mois de juillet suivant la récolte, chez les Collet. Cette longue phase de maturation des vins clairs, quel que soit le contenu utilisé, est une approche partagée par plusieurs des vignerons qui figurent dans cet article, et je ne suis pas loin de penser quelle contribue à la finesse de leurs vins. D’autres vins sont en vente, mais sont issus d’une vinification coopérative et je ne les ai pas dégustés, m’intéressant surtout à la nouvelle démarche de ce domaine.

Foudres-en-chêne-du-Domaine-Collet

Les vins dégustés

Empreinte du Terroir 2011, Chardonnay

20% des vins de cette cuvée passent en barriques, et 20% en foudres, le reste est vinifié et conservé en cuves inox avant l’assemblage. Dosé à 6 g, c’est un vin délicatement arrondi mais sans la moindre lourdeur, avec du fruit et une pointe élégante d’amertume. Très bon et raisonnable à 22 euros.

Empreinte du Terroir, extra brut (nm)

Bâti avec un assemblage de 70% de pinot noir avec 30% de chardonnay, il a des arômes et des saveurs plus « larges » que le précédent, une texture très suave et pas mal de puissance. Un excellent vin de champagne à 24 euros.

Anthime 300 Héritage (nm)

Composé à parts égales de vins des vendanges 2008 et 2009 (ce qui lui donne un âge respectable pur une cuvée non-millésimé, et sans que l’on y sente la moindre trace de fatigue), il est dominé à 70% par le cépage chardonnay, le reste en pinot noir. Toujours une fermentation et élevage sous bois, de différents contenus, et sans malo. Un vin très fin, allègre et vibrant, d’une finesse remarquable. J’ai trouvé cela si délicieux que j’en ai acheté un peu au prix de 27 euros la bouteille.

Anthime 300 Extrême, extra brut, Chardonnay (nm)

En réalité, ce vin est issu à 100% du millésime 2010 mais il ne le porte pas sur sa carte d’identité.Vinifié entièrement sous bois et sans malo, il est aussi vif que pur dans ses arômes, avec une dominante citron/citronnelle, plein de saveurs, long et très désaltérant.  Vendu à 39 euros la bouteille.

Anthime 300 Sensation Rosé (nm)

Issu d’une macération de moûts de pinot noirs (et un peu de chardonnay inclus dans la cuve) puis un assemblage avec 15% de chardonnay, c’est un vin qui procède un peu à l’envers de la majorité des rosés en champagne. Pas très intense en couleur, aux saveurs de fraise, vibrant et gourmand, c’est aussi fin que les autres vins de la gamme, même si je n’en aurai pas acheté, aimant des rosés un peu plus soutenus.

 

Voilà, et ce n’est qu’un début……

 

David Cobbold

 


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Les cépages ? Une jungle !

Notre invité de ce samedi, André Deyrieux (Winetourisminfrance) évoque la problématique des cépages dans une perspective didactique, et pour tout dire… oenotouristique.

Ce n’est pas un mystère, je m’intéresse passionnément à l‘oenotourisme. C’est-à-dire aux histoires que racontent les vignes et les vins, à la découverte de leurs patrimoines, de leur géo-histoire et de leur culture.

Et ce sont bien des patrimoines, enracinés dans la terre, à la recherche du ciel, que toutes les variétés de cette liane extraordinaire !

Tout me plaît de ces promenades que je fais en amateur, non en botaniste ou en ampélographe, dans ce monde merveilleux des cépages. On a bien de la chance d’avoir autant de richesse, et il est bien dommage de savoir que 20 cépages seulement font 90 % des vins…

Elles me fascinent, toutes les originalités de ces personnages de la grande scène des vignobles ! Ceux dont la peau épaisse fait les vins doux (Gewürztraminer, Muscat, Grenache, Petit Manseng…). Ceux dont la peau est fragile (Négret de Banhars) ; les tardifs adaptés au sud et les hâtifs adaptés au nord ; ceux qui nous parlent d’histoire (le Romain, le Maréchal Joffre) ; ceux riches en jus ; ceux aux petits grains ; ceux qui ont voyagé par les voies romaines ou les chemins de Saint-Jacques de Compostelle ; ceux dont la pruine est plus riche en terroir, sans parler des cépages non greffés pré-phylloxériques…

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André Deyrieux  (Photo (c) H. Lalau 2015)

 

Ce qui est bien aussi, c’est que l’ampélographie est compliquée. Un vrai fouillis : tous se sont ingéniés à la rendre plus complexes à coups de comparaisons hâtives, d’étymologies poétiques, d’orthographes à géométrie variable (Mancin, Monsenc, Mencen…), de trajets hasardeux… sans parler du fait que naturellement bien des cépages connaissent déjà de nombreuses variantes.

L’analyse ADN n’est venue que récemment mettre un peu de clarté et beaucoup de vérité dans les parentés et les origines.

Je me délecte pourtant des mythes. Combien reviennent d’Orient, comme le Persan (qui en fait est originaire du lieu-dit Princens, en Maurienne), l’Altesse (qui ne vient pas de Chypre, mais de terrasses d’altitude), ou la Syrah qui ne vient pas de Shiraz, mais du nord des Côtes-du-Rhône !

Je m’amuse de leurs noms (Cacaboué, Ragoûtant…) et de leurs étymologies, parfois vraies, souvent inconnues.

Le Vaccarèse est bien originaire du Vaccarès, et le Raisin des Abymes (la Jacquère) rappelle bien l’écroulement du Granier près de Chambéry en 1248. Mais si le Pagadebiti est un cépage corse qui doit son nom à sa qualité de payer les dettes du vigneron, le Grolleau n’assure pas quant à lui la fortune de ses vignerons du Val-de-Loire… Et passons sur le fait que Le Beaujolais est aussi un cépage, de même que le Rosé du Var…

Et parmi tous ces cépages, je préfère les plus rares, les oubliés, les retrouvés, ceux qui ont failli disparaître, ceux qu’on ne connaît pas encore et qu’on devrait retrouver pour les sauvegarder.

Il faut parfois partir sauver le soldat cépage ! Son nom ? Mornen, Aubun, Dureza, Bia, Corbeau et bien d’autres…

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Biodiversité, fierté locale, adaptation aux changements climatiques, résistance aux nouvelles maladies de la vigne, passion pour l’histoire, renaissance de traditions, fierté locale, valorisation de territoires ruraux, maintien d’une riche palette de vins face à l’uniformisation du goût… les raisons d’aimer les cépages rares sont multiples.

C’est pourquoi, je suis heureux, non content d’avoir participé en 2011 (déjà !) à la création des Rencontres des Cépages Modestes (plutôt destinées aux professionnels), de contribuer à l’organisation du premier salon des vins de cépages rares à Paris, un vrai salon destiné à les faire connaître du grand public !

Ce sera les 19 et 20 mars 2016, cela s’appelle le Salon Rare, le salon des cépages rares au profit des victimes de maladies rares – et il aura lieu dans les salons de la Mairie du XVIe.

Pour plus de renseignements: Le Salon Rare

André Deyrieux


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Un petit coup d’Alsace

Un voyage en Alsace devrait toujours débuter par une choucroute dégustée en bonne compagnie à la nuit tombée. Un verre de bière pour nous rafraîchir les papilles avant d’entamer les agapes, un Riesling avec le chou et une bière pour bien digérer, voire d’autres si la soirée n’est pas trop avancée. Nous voilà bien dans l’ambiance pour arpenter caves et vignobles, dès le lendemain matin…

Chez Zind

La production d’Olivier Humbrecht n’échappe pas à la règle alsacienne de la multitude de cuvées. On pourrait presque toutes les commenter, en voici un petit choix.

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Un trio intéressant pour débuter, le Riesling Terroir d’Alsace 2013 qui écrit sur son étiquette «vin sec» ce qui, par les temps qui courent, est une mention pertinente. On ne compte plus les occasions où le Riesling qu’on croyait sec était presque moelleux et par conséquent pas du tout en accord avec un poisson de rivière cuisiné avec amour, par exemple.
Blanc vert, ce vin respire la verveine et la gentiane. La bouche bien fraîche se nourrit de fruits blancs teintés du jus de quelques agrumes. Un vin croquant aussi agréable à l’apéritif que sur ce poisson de rivière tendrement cuisiné… Olivier nous affirme que le taux de sucre y est toujours inférieur à 5g.
Suit le Riesling Heimbourg 2013 à la belle robe vert doré, le nez délicatement épicé de poivre rose et de mandarine, à l’aveugle on aurait pu le prendre pour un élégant Gewurztraminer. La grande fraîcheur buccale s’équilibre grâce à l’ampleur et à la texture presque onctueuse du vin. Il lui faut ça, parce que très vite nous viennent ces subtiles amertumes au goût de réglisse et de zeste d’agrume. Elles nous laissent le palais net, près pour le suivant.
Le Riesling Brand 2013 au doré vert lumineux, le nez expressif de vétiver et de pêche blanche, d’agrumes qu’on retrouve sous forme de zestes en bouche. Un vin droit contrairement à son homologue Brand 2012 qui lui confit les agrumes dans 12g de sucres résiduels, arbore une robe plus intense, un nez extraverti d’abricot sec, de poire au four, une bouche qui doit son équilibre à la très belle amertume qui vient contrebalancer l’impression sucrée.

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Je ne parlerai pas des Clos Windsbuhl et Rangen, on le fait tout le temps; plus attachants, les Pinot Gris Rotenberg 2013 et Heimbourg 2013. Le premier exposé à l’ouest et planté dans des calcaires se présente comme on un PG caractéristique, peu de bouquet, mais en bouche tout de go de l’ampleur, bien enrobé, avec toutefois une structure ferme et de la fraîcheur, ce qui le rend agréable. Le second exposé à l’ouest aussi, mais dégringolant d’un coteau en plein vent, planté dans des calcaires jaunes au sol peu profond, vendangé plus tardivement, est tout à l’opposé du premier. Le citron et la bergamote explosent au nez, la bouche offre la rugosité espiègle de la rhubarbe dont elle a le goût, supportée encore par des notes salines et une impression de calcaire humide.

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Chez Muré

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Rebelote, il y a 150.000 cuvées à déguster, en voici une poignée. Et lesquelles !  J’ai toujours beaucoup apprécié les Crémant Muré, comme l’excellent Grand Millésime 2011 à la bulle fine et nacrée qui reste 3 années sur lattes. Assemblage de Riesling et Chardonnay, il a le goût des liqueurs de fruits blancs bien poivrés, très vineux, il plaît autant comme ça qu’au repas.
En recherche de la reconnaissance, quelques Pinot Noir revendiquent le Grand Cru, un bel exemple avec le Pinot Noir 2013 Clos Saint Landelin au fruité croquant, les tanins bien fondus, les épices qui relèvent la cerise et la framboise, l’élevage qui ne se ressent pas, bref le tout bien fondu, très élégant et d’une saveur saline qui allonge presqu’infiniment la bouche.
Sylvaner Cuvée Oscar 2011 un cépage trop souvent négligé qui trouve ici une expression particulière qu’on peut qualifier de « très belle amertume », de celles qui vous rafraîchissent la bouche, vous donnent envie d’en boire pour aller chercher la complexité faite d’épices et de fruits blancs, une note de rhubarbe confite et l’impression tannique, un vin hors du commun des Sylvaner.
La transition vers le Muscat VT 2011 avec ses 50g de sucre n’est guère aisée. Quoique malgré son apparente douceur, il garde une certaine austérité qui lui forge un caractère singulier.

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Les agapes

Il n’y a pas que la choucroute et les bonnes tables foisonnent et donnent l’occasion de boire quelques camons. Comme ce filet de bœuf façon gravlax qui fonctionnait pas mal avec un Pinot Gris Grand Cru Kaefferkopf 2013 du Domaine Martin Schaetzel, une alliance dynamique où la salinité du vin rencontre la douceur sucrée de la viande.
Ou encore le filet de rascasse qui se fait booster par le Riesling Grand Cru Zinnkoepflé cuvée Marion 2012 du Domaine Haag. La vivacité du vin au goût de menthol anisé parfume avec délicatesse le poisson. Puis, lui donne des ailes qui le fait butiner tel un papillon quelques fleurs surgies de fusion.
Munster et Gewurztraminer, un classique, mais la belle alliance dépend certes de la qualité du fromage mais également de celle du vin. Ici, le 2013 du Domaine Stoeffler développe grâce à ses arômes floraux un accord des plus raffinés.

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Un repas concocté par l’équipe du Château Isenbourg à Rouffach.

 

 

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On ne quittera pas l’Alsace sans une tranche de foie gras d’oie mis en valeur par le Gewurztraminer Grand Cru Sonnenglanz 2010 du Domaine Bot-Geyl. Le souci du foie gras pour le vin, c’est le gras. Compliqué de s’en faire un copain. Alors, seule alternative, son annihilation par une fraîcheur suffisante, ce que ce Gewurz possède. De plus, ses épices relèvent le foie et la douceur due au 50g de sucres résiduels tempère la petite amertume classique des foies gras d’oie.

Il est temps de digérer

Ciao

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Marco


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Le Québec blanc

Pardon de vous faire ainsi entrer de force dans ma vie privée, mais je séjourne présentement au Québec. Et lorsque ma compagne québécoise n’est pas vissée sur son cellulaire ou en train de me préparer de bons petits plats, elle magasine allègrement bravant neige et verglas. C’est lors d’une de ses sorties que, dans le froid polaire, je l’ai suivie pour un shopping vineux d’entre les fêtes, tout en me disant qu’il serait intéressant d’en profiter pour tester l’un des vins de son pays. Car on a beau être positionné entre le Labrador et les Etats-Unis, dans la neige et la glace, il ne faut jamais oublier que le Québec compte autour de 130 domaines viticoles, dont 74 font partie de l’Association des Vignerons du Québec. D’ailleurs, pour commencer, je vous invite à visiter le lien de cette association qui est aussi à l’origine d’une Route des vins très inattendue sous ces climats, route qui fait la joie des cyclotouristes en été. Notez au passage que les vignerons adhérents émettent tous le voeu de n’utiliser dans leurs vins que des raisins (très majoritairement blancs) en provenance du Québec et non d’une province voisine, l’Ontario pour ne pas la nommer.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

M’étant mis en quête d’un bon Champagne, j’ai donc profité d’une visite dans le magasin SAQ « sélection » du Centropolis de Laval, en périphérie de Montréal pour me glisser vers le rayonnage dédié aux vins du Québec. Ici, comme dans chaque autre province du Canada où une société de l’état gère le monopole sur les alcools, la Société des Alcools du Québec monopolise le commerce des vins qu’elle diffuse au travers de différents magasins (SAQ Express, Classique, Sélection, Signature, Dépôt) répartis dans la Belle Province. Autant de bannières comme on dit ici adaptées pour un type de clientèle et de consommation, sans compter l’inévitable vente par Internet. Cette étatisation de facto rend, il faut bien le dire, la consommation du vin un peu terne car, s’il est assez large, le choix des œnologues et acheteurs fonctionnaires n’est jamais aussi varié qu’un amateur digne de ce nom serait en droit d’attendre. En fonction des boutiques, des bannières, il est même carrément tristounet.

Pour autant, il existe bel et bien des importateurs privés qui comblent une partie du vide en permettant aux amateurs de se procurer un vin plus original non retenu par la SAQ. Mais ces sociétés n’ont pas le droit de diffuser des vins qui seraient déjà inscrits au catalogue officiel, bien que la SAQ, en grand seigneur, leur accorde de plus en plus la possibilité de mettre en avant dans ses propres boutiques des vins introduits par les sociétés privées au Québec en achetant leurs vins et en allant même jusqu’à mentionner leur nom sur le flacon tel que le montre cette photo.

Photo©MichelSmith

Des vins d’agences privées en vente exclusive à la SAQ. Photo©MichelSmith

Mais ça se complique. Imaginez que ma Brigitte, en bonne amoureuse du vin français qu’elle est, repère chez l’agence Smith un délicieux Côtes du Marmandais, elle peut en commander un carton à la-dite agence qui lui dira – telle est la règle – d’aller en prendre livraison à la SAQ de son quartier et de payer la facture à la SAQ. Et encore plus compliqué : l’agence en question lui adressera de son côté une facture dite de frais d’agence de l’ordre de quelques dollars par bouteille vendue. Cela peut se monter à une cinquantaine de dollars canadiens pour un carton de douze ! Bien entendu le grand public non averti ne connaît pas ces subtilités procédurières qui imposent en plus à l’amateur averti à n’acheter que par cartons de 6 ou de 12. On le voit, bien boire au Québec peut ressembler à un magistral jeu de piste, un vrai casse-tête parfois.

Photo©MichelSmith

Incomparable ! Photo©MichelSmith

Après avoir déniché mon Drappier Brut Nature à 47,75 $Ca la bouteille, un prix finalement assez proche que ce que nous le payerions en France, je me suis arrêté à la zone Origine Québec réservée aux vins locaux. Par manque de connaissance, sans trop m’attarder devant chacune des nombreuses bouteilles en exposition, j’ai saisi l’une d’elle un peu au hasard, un blanc pas trop lourd en alcool (11,5°) provenant d’un vignoble pionnier assez connu, celui de l’Orpailleur, au sud-est de Montréal, à Dunham, dans une région, celle des Cantons de l’Est qui, à première vue, me paraît être également assez cidricole. Créé en 1982 par deux français associés à deux québécois, largement ouvert aux visites (restaurant, musée, visites guidées), le domaine produit autour de 165.000 bouteilles chaque année ce qui n’est pas si mal, avec entre autres spécialités un inévitable vin de glace et un effervescent.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Le blanc choisi m’a coûté 16,25 $Ca, soit un peu plus d’un dollar en plus du prix indiqué sur le site de l’Orpailleur, ce qui ferait un peu moins de 12 € chez nous. Comme annoncé de manière bien visible sur l’étiquette, il est composé à parts égales de raisins de cépages hybrides Vidal et Seyval. On pourrait presque dire que c’est un vin historique, car il fut le premier vinifié et commercialisé en 1985, soit trois ans après la plantation du vignoble. Oh, ce n’est pas un vin bien compliqué: robe blonde, nez bien affirmé de poire et pamplemousse, je le trouve assez lisse en bouche, lustrée et sans charme particulier, légèrement poivré en finale sur un fond d’agrumes et une longueur somme toute honnête. Je ne dis pas que j’en rachèterai une bouteille, mais si je n’avais que ce vin-là à consommer dans ma cabane au Canada, j’en ferais un vin d’apéro à boire sans trop réfléchir sur un croque-monsieur, des gougères ou des pizzas. Rien de plus. Heureusement, caché dans le frigo de Brigitte se trouvait une bouteille de Cauhapé, un Jurançon sec acheté lui aussi à un prix très raisonnable.

Michel Smith

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