Les 5 du Vin

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Aigues Belles, « Grand Cru » IGP du Pays d’Oc

Au pied du Pic Saint Loup, côté Gard, se niche le Hameau d’Aiguebelle, qui a donné son nom au domaine d’Aigues Belles. Une superbe surprise, que dis-je, une révélation que ses vins! Je ne connaissais pas la maison, je n’attendais rien, et je suis tombé sur de l’exceptionnel. De la haute couture.

Et le fait qu’il s’agisse d’IGP ne change rien à l’affaire: ce n’est pas parce que le mot Grand Gru est officiellement réservé aux AOC que je ne peux pas, moi l’employer comme je l’entends, comme je le comprends: les vins d’Aigues Belles sont grands, et ils sont bien issus d’un cru.

En outre, s’il faut que les mots aient un sens (personnellement, je crois que oui), il faut d’urgence que l’INAO fasse le tri: qu’il y a-t-il de commun entre la mention (officielle) de Grand Cru en Bourgogne, en Alsace ou en Quarts de Chaume, où elle s’applique à des parcelles, et la définition Saint-Emilionnaise, où elle s’applique à des noms de châteaux? 

Au Domaine d’Aigues Belles, pour Gilles Palatan, tout cela est accessoire; pour lui, le contenu compte plus que la mention sur l’étiquette; ses 20ha de vignes sont «100% bio, mais non certifiées» – aussi ne le mentionne-t-il pas. De plus, certaines de ses parcelles, sur Corconne, pourraient être déclarées en AOP Pic-Saint-Loup, mais ce n’est pas son intention. Avec une production de l’ordre de 50.000 bouteilles, il peut choisir…

Choisir – c’est justement ce qui a été le plus difficile, pour moi, dans sa gamme de blancs (vous préférez le Chardonnay ou l’assemblage Roussanne-Sauvignon? – les deux!), de rouges (vous aimez quand le Grenache pinote?) et son rosé superbement minéral.

J’ai finalement retenu la Cuvée Nicole 2013, tannique, mais mais soyeuse, très Syrah, fruit noir, cuir, et à la bouche fraîche et joyeuse, et à la finale redoutable: dense et suave, elle vous crie « revenez-y »!

J’ai trouvé à ce vin un petit côté Nord-du-Rhône, ce qui n’est guère étonnant, vu sa situation et son encépagement; mais surtout, j’y ai vu la marque d’une recherche de précision dans l’assemblage comme dans l’élevage (ce que l’on retrouve d’ailleurs dans toutes les vins du domaine). C’est ce qu’on attend d’un Grand Cru, non?

Autres cuvées bues et approuvées: Rosé Poirier des Rougettes 2015, L’Autre Blanc 2015, Le Blanc 2015, Cuvée Lombarde 2013, Cuvée Classique 2011 (barrique ayant contenu le blanc).

Hervé Lalau


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Jim’s off on adventure: Philippe Delesvaux


Philippe Delesvaux,
Domaine Philippe Delesvaux, Anjou

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Le Prié Blanc sublime les neiges du Mont Blanc

Autochtone et extrême, le Prié Blanc pousse uniquement en Vallée d’Aoste. Plus précisément encore, dans la première partie de la région autonome en venant du Mont Blanc, la Valdigne, qui va de Courmayeur à La Salle en passant par Morgex. L’altitude de culture oscille entre 1.050 et 1.200 mètres, ce qui en fait l’un des cépages les plus hauts d’Europe.

 

Un montagnard valdôtain

Plant vigoureux, il offre la particularité d’avoir un cycle végétatif très court. Tardif, il échappe aux gels de printemps qui sévissent encore en avril, parfois jusqu’en mai. Cependant, sa récolte se fait en première époque, vers la fin août.

Ses feuilles sont petites et ses grappes de taille moyenne aux grains relativement serrés. Ces derniers, de forme sphérique, ont la peau couverte de pruine. Elle se teinte de jaune doré en atteignant la maturité. La pulpe juteuse donne un jus très peu coloré.

Le Prié Blanc est franc de pied, l’altitude rendant le phylloxéra inoffensif. Le cépage se reproduit encore par provignage; une nouvelle pousse  est enterrée au printemps sans la détacher du plant mère. En automne, quand la partie enfouie a pris racines, on coupe le cordon, rendant ainsi la bouture indépendante. L’altitude installe aussi un gradient thermique important, même au milieu de l’été, ce qui évite nombre de parasites, tout autant que l’air sec élude les maladies cryptogamiques.

Sa conduite reste traditionnelle, cultivé en pergolas montées sur des étais en bois ou des piliers de pierre, constructions robustes résistantes au vent parfois violent et aux gelées hivernales.

Le Prié porte aussi le nom de Blanc de Morgex ou de Valdigne.

Ses origines

Incertaines comme bien souvent, la tradition populaire parle de la présence d’une viticulture à grains blancs dès le huitième siècle, qui aurait prolongé une implantation romaine. Une autre tradition évoque une origine valaisanne, lorsque des colons seraient venus de Suisse en 1630 pour repeupler la vallée décimée par la peste. Enfin, quelques recherches évoquent pour une hypothèse autochtone.

Piagne 2015 DOC Vallée d’Aoste Cave Mont Blanc

 La robe blanche nous trouble par sa transparence qu’illumine un peu d’or teinté de vert.

Le nez oscille entre des impressions de fruits blancs acidulés et des éclats minéraux de silex frotté. Viennent s’y ajouter des fragrances de prairies montagnardes riches de fleurs et de plantes aromatiques. La bouche ne dément pas les émotions nasales et c’est avec le tranchant d’un éclat de glace qu’elle franchit les lèvres béates. Le premier coup de givre passé, agrumes, pommes et poires libèrent leur jus et installent un réel confort buccal. Celui-ci a le goût du miel, la chaleur d’un soleil d’automne, la douceur d’une peau de pêche. Sur la fin, une légère note d’encaustique augure l’évolution lente vers un minéral plus prononcé.

La cuvée Piagne est un 100% Prié Blanc dont la vinification comme l’élevage se fait en cuves inox. Levures indigènes. Prix sur place : 18,25€ (ndlr: le vin, pas la levure)

Montagnard et Valdotain, on voit d’emblée le Prié avec la Fontina, autre spécialité locale. Mais avant d’arriver au fromage, les poissons de rivière aiment sa fraîcheur et sa structure minérale qui fonctionnent agréablement avec leur chair délicate. Entre les deux, les viandes blanches lui siéent avec bonheur, surtout relevées de quelques herbes aromatiques.

La Piagne

 

Cet ancien et unique clos valdôtain a été racheté en 2007 par la société coopérative Mont Blanc, sise à Morgex. La cave en a entrepris la restauration, le remontage des murs des terrasses, le réaménagement des pergolas. Il lui reste la réhabilitation de l’antique petite cave attenante creusée dans la roche. Tout cela avec l’intention d’une reconversion biologique.

La Cave Mont Blanc de Morgex et de La Salle

 

Jadis, chaque vigneron s’occupait de sa production et de la commercialisation de ses vins. Des  productions modestes qui n’assuraient guère d’image, ni même un approvisionnement constant du marché. L’idée d’une association naquit au début des années 70. Collaboration qui se transforma en Cave Coopérative en 1981. Elle compte aujourd’hui une centaine d’adhérents pour une production de 140.000 bouteilles annuelles. Avec son vignoble compris entre 1.050 et 1.200 mètres d’altitude, ce doit la coopérative la plus haute d’Europe.

Nicola del Negro, enologo e responsabile commerciale, controlla la vigna « Piagne » di uva Prié Blanc

www.cavemontblanc.com

Ciao

 

 

 

Marco

 


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Où en est le Mourvèdre en Roussillon?

 

Le Mourvèdre est un cépage typique des bords de la Méditerranée. On dit que pour exprimer toutes ses qualités, il doit regarder la mer et être à l’abri du vent. Ça ne se vérifie pas à Jumilla, où sans voir la côte, il donne pourtant de très jolis vins !

Cépage historique de la Catalogne, le Mourvèdre ou « Mataro » serait originaire de la côte catalane. Son nom lui viendrait d’ailleurs des villes de Mataro, près de Barcelone ou de Murviedro dans la province de Valencia. Il avait presque disparu du paysage viticole français après l’invasion phylloxérique, accusé de plusieurs maux et non des moindres : irrégularité, dégénérescence, manque de production… il a été délaissé lors de la reconstitution du vignoble pour sa production capricieuse et ses faibles rendements.

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Après la crise des Vins Doux Naturels, le Roussillon s’est tourné vers la production de vins secs et « d’aucuns » ont pensé que ce vignoble avait besoin de cépages dits « améliorateurs » : ils ont alors fortement recommandé la plantation de syrah et de mourvèdre. Ce dernier a été considéré comme très intéressant pour les vins d’assemblage dans une optique d’apport de structure, afin qu’il apporte au  vin puissance et charpente . Il était amené à être le partenaire idéal du grenache et du carignan, peu reconnus dans ces années-là.

En complément des 3 cépages rouges phares du Roussillon, le Mourvèdre a été planté sur un peu plus de 5% du vignoble. Il devait être ajouté dans les assemblages par petites touches pour renforcer la structure et la complexité aromatique (notes de poivre, de truffe et de fruits noirs) .On le recherchait:

-pour la finesse de ses arômes ; fruits murs (raisins, cerises) et fruits rouges, notes épicées, sous-bois et violette, peu de notes florales, fruits secs, grillé, tabac…plutôt torréfaction.

-pour ses qualités de bouche , tant au niveau de l’intensité et de la persistance aromatique, qu’au niveau de la qualité des tannins, veloutés et au grain très fin, devaient compenser la rusticité et le coté oxydatif des grenaches de l’époque.

Assemblé avec le Grenache, le Mourvèdre était censé compenser la tendance à l’oxydation de ce dernier. On a l’a donc tout naturellement introduit dans les encépagements des appellations.

  • Les Collioure ont le Mourvèdre à titre de cépage principal depuis leur passage en A.O.C en 1971,
  • Il a été rendu obligatoire avec la Syrah à concurrence de 10% en 1985 dans les Côtes du Roussillon et Côtes du Roussillon Villages.
  • C’est un cépage très accessoire (pour moins de 10% de l’encépagement, ou en complantation) pour les appellations Banyuls,Banyuls Grand Cru; et, comme cépage complémentaire, dans les Roussillon et les  Maury.

Pourquoi je vous parle du Mourvèdre aujourd’hui ? Tout simplement, parce que, récemment j’ai eu l’occasion de gouter 4 cuvées particulièrement réussies qui m’ont donné envie de regarder ce qu’il se faisait à partir de ce cépage à l’heure actuelle dans le Roussillon. Son encépagement est d’environ 500 ha., sous réserve, apparemment ça n’est donc pas un cépage qui a rencontré auprès des vignerons le succès escompté par les techniciens.

J’ai parlé avec plusieurs vignerons dont Jean Gardiès, Benoit Danjou et Serge baux : ils m’ont tous expliqué à peu près la même chose : en plein renouveau dans le Roussillon, ce cépage a souffert pendant longtemps d’une mauvaise réputation due à des implantations sur de mauvais porte-greffes, il y a avec le mourvèdre un vrai problème de matériel variétal, les clones ont été mal sélectionnés au départ, ils sont trop productifs, et la taille des grappes est bien trop grosse, certaines peuvent atteindre jusqu’à 800gr. Des sélections clonales ont permis d’élever sa production de 25-30 hl/ha jusqu’à 50-70 hl/ha mais il perd alors beaucoup de son caractère et sa qualité baisse rapidement.  En outre, elles donnent des jus denses mais avec un coté rêche. Avec les années, ça se calme, mais il faut beaucoup de temps. En plaine, à rendement élevé et sur des terroirs inadaptés, il perd toutes ses qualités et devient au mieux quelconque.

C’est un cépage qui aime les terroirs calcaires, et pour qu’il commence à bien s’exprimer, il faut que les vignes aient au moins 25 ans. La proportion des pépins est très développée, donc ça amène des tannins. En conséquence les résultats n’ont pas été ceux escomptés, et donc il n’a pas bénéficié de l’amour du vignoble et pourtant selon Jean Gardiès, c’est un cépage de vigneron.

C’est aussi un cépage réducteur, pour faire une cuvée non sulfitée.

La première cuvée que j’ai goutée est celle du domaine Gardiès, une exploitation familiale qui se trouve au cœur du terroir d’Espira de l’Agly, adossé aux contreforts des Corbières dans les Pyrénées et bénéficiant du climat Méditerranéen. Les 30 hectares de vignes sont en conversion biologique. Jean et son fils travaillent avec conviction, le mourvèdre depuis longtemps :

– Je cherche le ciel 2014 – Côtes du Roussillon Villages

En plus, je l’ai gouté chez lui dans la vigne, sous un ciel bleu magnifique, c’était presque magique. Quel joli nom pour un vin qui nous embarque dans les nuages. Jean m’a expliqué qu’il l’avait trouvé justement au milieu de ces vignes, alors qu’un matin de grisailles, il cherchait à percer le ciel pour voir si le temps allait se lever : « je cherche le ciel » dit-il à son fils », qui aussitôt lui répondait : » ce sera le nom de la cuvée. J’ai découvert en pleine nature, à cet endroit même ce vin qui m’a séduite d’emblée : il embaume les fruits rouges mûrs avec ses arômes de cerises noires et de prunes, il répand quelques senteurs florales, et quelques touches d’herbes fraiches. Je l’ai senti tout entière imprégné de la vigne qui l’a vu naitre. J’ai gouté une chair diserte croquante, et juteuse, aux tannins veloutés et, d’une belle intensité aromatique Un vin gouleyant, enjoué, équilibré au charme redoutable !Voilà un mourvèdre que l’on n’attend pas, presque atypique, à boire dans les 3 ans.. Ah, j’allais oublier de mentionner tellement on ne s’en aperçoit pas que c’est un vin sans soufre !

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PVP :22€

La deuxième cuvée toujours de chez Gardiès est dans un tout autre esprit, plus classique avec ses 18 mois d’élevage, dont les rendements ne dépassent pas 25hl/ha :

La Torre 2013

Un vin complexe, élégant et bien équilibré !

Un nez très expressif révèle de généreuses nuances de fruits noirs murs(cassis), relevées de notes épicées et toastées. Avec de délicieuses sensations la bouche révèle une texture dense, soyeuse, sur des saveurs de fruits noirs, des notes fraîches balsamiques, accompagnées par des tanins murs et juteux. Le tout est parfaitement équilibré par une belle fraîcheur minérale et relevé par une élégante touche épicée. Ce vin est une réussite, la preuve que le mourvèdre bien conduit peut donner dans le Roussillon un vin racé.

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PVP :34€

Peu de temps après, Au Vins de mes Amis, j’ai eu l’occasion de gouter chez les frères Danjou Banessy, la cuvée Roboul 2014, côtes du Roussillon Villages.

Le domaine est situé tout près de d’Espira de l’Agly à quelques kilomètres de Perpignan et possède une mosaïque de terroirs exceptionnels dont les Terres Noires qui sont des débris de schistes noirs déposés en couches plus ou moins profondes sur du calcaire.

C’est une cuvée d’assemblage mourvèdre/grenache, dans laquelle le mourvèdre est dominant. Les vignes sont assez jeunes entre 10 et 30 ans, plantées dans le lieu-dit « Roboul » dans la continuité du Crest avec un sols argilo-calcaires constitué de galets roulés et d’argile et les rendements ne dépassent pas les 25hl/ha là aussi.
Travail parcellaire en phases lunaires, sélection des bourgeons lors du travail en vert.

Levures indigènes. Elevage en fûts de 12 à 14 mois selon l’année.
Mise en bouteille par gravité. Vin non levuré, non acidifié, non chaptalisé, non collé, non filtré. Possibilité de dépôt naturel en bouteille.

Un rouge méditerranéen à l’état pur surprenant et captivant. L’association du mourvèdre/grenache lui confère une puissance agréable et une personnalité typée : une dominante fruitée intense petits fruits rouges (framboise, fraise), sur des notes florales : une gourmandise charnue et juteuse aux parfums épicés. Une belle fraicheur porte l’ensemble, une grosse surprise que ce rouge qui malgré sa vigueur passe en douceur. Il est totalement charmeur, fin et élégant, donnant une grâce incroyable au cépage Mourvèdre. A déguster dans sa jeunesse.

 

PVP :14 euros

MATARO BOY 2015

Cette cuvée nous vient du Mas Baux, à quelques pas de la mer entre Perpignan et Canet-en-Roussillon, le domaine s’étend sur 20 hectares, dont 12 hectares de vignes, bordées de garrigues, le tout cultivé en BIO. Sa parcelle de mourvèdre fait 3ha, une sélection massale qui lui donne des petites grappes et beaucoup de travail à la vigne.

En cuve inox jusqu’à la mise en bouteille le 21 janvier 2016

Serge Baux a deux passions, le rugby et la vigne, sans compter un grand faible pour le mourvèdre : c’est son cépage préféré !

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Vous comprenez mieux maintenant le pourquoi de l’étiquette : c’est lui qui est en photo, il a voulu traduire toute la force, la virilité et l’élégance du vin ; pour lui, le rugby et le mourvèdre ne font qu’un, c’est une jolie histoire. Oui, je sais certains assimileront ce sport à la brutalité, pas moi, j’ai baigné dedans petite avec mon père et je comprends ce que ressens Serge, et je trouve que son vin l’exprime très bien. C’est un 100% mourvèdre, encore très jeune, il faut l’être pour jouer au rugby, un fruité éclatant émane du verre, il s’en échappe de beaux arômes de fruits de fruits noirs, avec une pincée de poivre blanc. Un très léger co2 en attaque, il a certes la carrure d’un rugbyman, mais l’étonnement vient de sa chair lisse et coulante, malgré sa vigueur, il glisse en douceur, c’est un vin rond, équilibré, les tanins sont très fins et murs. Il a marqué un essai transformé ! Voilà un rouge bio, élégant, digeste qui renferme les atouts majeurs d’une très pure expression méditerranéenne d’une totale fraicheur.

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Pour un prix plus que raisonnable, avec des rendements de 25hl/ha.

Production : environ 5000 bouteilles

PVP :14 euros

Je sais qu’il y a d’autres cuvées de mourvèdre, notamment le Clos du Moulin du domaine du Mas blanc qui était une vraie réussite il y a des années en arrière et que je n’ai pas eu le temps de gouter pour ce papier, ainsi que Domaine de l’Edre – Carrément Mourvèdre 2015 – Côtes Catalanes je les garde pour un autre papier, avec des cuvées catalanes du Sud.

Un constat quand même, par rapport à Bandol, les mourvèdres du Roussillon sont très fruités-

 

Hasta pronto,

Marie-Louise Banyols

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Jim’s off on an adventure: Bertrand Minchin

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Bertrand Minchin: Menetou-Salon and Valençay

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Côtes-du-Rhône-Villages Vaison-La-Romaine

Je prends la suite de notre ami Marc pour aborder le 3ème des nouveaux promus en Côtes du Rhône Villages avec nom de commune.

Des trois, Vaison-La-Romaine est certainement le nom qui bénéficie de la plus belle notoriété, ne serait-ce que grâce à ses sites gallo-romains, et à son site tout court, qui en fait une destination de vacances très prisée, ou un but d’escapade.

La plaine de l’Ouvèze vue des hauteurs de Saint-Roman  (Photo (c) H. Lalau 2016)

Mais la zone recèle d’autres atouts, plus viticoles, ceux là. A savoir: l’homogénéité et la diversité – le paradoxe n’est qu’apparent, on va le voir.

L’homogénéité, c’est pour la géologie: si l’on excepte les affleurements calcaires et gréseux du haut de l’appellation, l’essentiel de son aire (776 ha, dont 649 ha plantés) est constituée d’un substrat du miocène, marneux à la base, puis sableux et gréseux (je cite notre ami géologue Georges Truc).
La diversité, c’est pour les paysages. Il s’agit d’une zone de collines au Sud de l’Ouvèze, qui s’étend sur une dizaine de km, depuis Saint-Roman jusqu’à Vaison, en passant par Buisson, Villedieu et Saint-Marcellin. Des ondulations où la vigne est rarement seule, mais se love au fond des vallons ou bien au flanc des coteaux, entre les bosquets et les champs d’herbes folles, dans une belle harmonie de formes et de couleurs.

Source: Géoapplication/Georges Truc

19 élaborateurs

Ce vignoble particulièrement pittoresque n’est séparé de Roaix, de Rasteau et de Cairanne que par la ligne des crêtes du Massif de Saint-Marcellin-Saint-Roman.
19 unités de vinification sont amenées à traiter les raisins de la nouvelle dénomination, dont 6 coopératives; la production totale devrait tourner autour de 9.000 hectolitres (dont 70% pour les coopératives).
Pour être complet, observons que sur les 5 communes qui portent ses vignes, l’aire déclarable en «Villages Vaison-La-Romaine» ne représentera qu’à peine 1/5ème de la surface déclarable en Côtes du Rhône simple. Il y a donc eu manifestement la volonté de garder le meilleur du vignoble.
Notons aussi que Vaison abrite bon nombre de vignerons en bio.

A titre de mise en bouche, voici deux vins provenant de vignes éligibles pour la nouvelle dénomination, dégustés sur place voici quelques semaines (il faudra attendre le millésime 2016 pour qu’ils puissent arborer la nouvelle dénomination avec mention de commune).

Vignes de Buisson (Photo (c) H. Lalau 2016)

Barbanot Cuvée Grand Alizier 2012

Ce domaine de 25 ha se situe à l’Est de Vaison, tout près de Séguret. Ses vignes s’étagent entre 280 et 350 mètres, sur des sols plutôt caillouteux.
Cette cuvée passée en barriques a gardé un fruit rouge plein d’éclat. La bouche bien épicée est à la fois élégante et robuste, les tannins bien présents mais pas trop rudes, il se dégage de tout cela une impression de finesse et de plénitude.
www.barbanot.com

Roche-Audran Cuvée Nature 2015

Cette maison familiale, qui exploite également des vignobles à Visan et à Châteauneuf-du Pape possède un peu plus de 16 ha de vignes en biodynamie sur la commune de Buisson.
Cette cuvée de Syrah 100% est un vin sans soufre mais pas sans gourmandise. Son «programme» tient en 4 F : Fin, Fruité, Floral, Fumé. Et j’ajouterai un E, comme Equilibre.
Car voilà un flacon ni trop dense ni trop léger, ni puant, ni jus de fruit – une belle attaque d’orange sanguine. Bref, un Nature qui reste du vin, avec en prime, quelques herbes de la garrigue, comme on en voit un peu partie dans les vignes à Buisson.

Du même producteur, j’ai apprécié la cuvée César 2014, tout en puissance, mais que j’attendrais encore un peu.
www.roche-audran.com
http://pikowines.com/fr

Une  bonne adresse pour finir, au coeur de la belle cité médiévale de Vaison, dans un cadre historique:  l’Hostellerie Le Beffroi

Hervé Lalau


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Trois nouveaux Villages en Côtes du Rhône…

Trois d’un coup !

Sainte-Cécile-les-Vignes, Suze-la-Rousse et Vaison-la-Romaine changent de statut et passent de simples Côtes-du-Rhône-Villages à Côtes-du-Rhône-Villages avec mention de nom de commune.

On se demande pourquoi ?

La notion de terroir joue ici un rôle prédominant. Chaque entité possède le sien et aime le mettre en évidence. Pouvoir être identifié parmi ses pairs reste l’un des meilleurs moyens pour faire savoir et connaître ses particularités.

Il n’en fallait pas plus pour que vos serviteurs, Hervé Lalau et moi, allions sur place. Marcher dans les vignes, rencontrer les producteurs et déguster nous semble incontournable. Les vins ne porteront la nouvelle mention qu’à partir du millésime 2016 et seront griffés Côtes-du Rhône-Villages Sainte-Cécile-les-Vignes, Suze-la-Rousse et Vaison-la-Romaine. Trois nouvelles entités qui se ressemblent par leur caractère sudiste, leur gourmandise et leur truculence, mais se différencient par le choix de leurs assemblages, leurs nuances territoriales. Ainsi, si Sainte Cécile et Suze occupent toutes deux des dépôts quaternaires du Riss, la première axe ses assemblages sur une majorité de Grenache, tandis que la seconde privilégie le Carignan. Vaison occupe une articulation du Miocène qui déploie son relief de collines jusqu’à 280 m d’altitude. Cela donne des vins différents… mais tous trois adoptent la couleur rouge.

Sainte-Cécile-les-Vignes

Après 20 ans d’attente, voici la voisine du dernier cru en date, Cairanne, hissée au rang de Côtes du Rhône avec noms géographiques. Les quelque 1.390 ha de la nouvelle dénomination s’étendent pour la partie sud (vers Sérignan du Comtat et Travaillan) sur des galets roulés à matrice argileuse, pour rejoindre le Plan-de-Dieu voisin. Vers le nord, ce sont des argiles limoneuses qui prolongent le terroirs vers Suze, commune du territoire de laquelle 150 ha font partie de la dénomination Sainte-Cécile.

Les différentes dégustations montrent que les vins adoptent en partie l’élégance du cru voisin, tout en y apportant une saveur particulière, un fruité, un jus et une gourmandise. Le Grenache, qui couvre 61% des surfaces, n’y est pas pour rien. Les autres cépages autorisés sont la Syrah, le Mourvèdre et la Counoise.

Quelques cuvées annonciatrices: Philippine 2016, du Domaine Les Grands Bois (Mireille et Marc Besnardeau), qui se sont faits les porte-parole de la nouvelle dénomination. Fait de 60% de Grenache et 40% de Mourvèdre élevés en cuve, ce vin offre une bouche élégante parfumée de garrigue que macule les baies rouges. www.grands-bois.com

La cuvée Mistral 2014 encore en élevage du Domaine Rouge et Bleu semble puissante au nez avec ses fragrances d’olive noire, son grillé, mais en bouche, c’est l’élégance qui parle de ses tanins fins, de ses baies croquantes soulignées de réglisse.     www.rouge-bleu.com 

La coopération suit le mouvement, la Cave de Chantecôtes suit le mouvement. Sa cuvée Saint-Vincent muscade et girofle, prunelle et fraise des bois, avec un accent toasté dû à l’élevage en barriques, nous promet de beaux lendemains.

Suze-la-Rousse

L’appellation compte jouer la carte du Carignan, voilà une riche idée qui sans aucun la différenciera de sa voisine sudiste. Et comme le dit Vincent Boyer du Domaine Le 4 et qui représente le nouveau Villages, « je n’avais pas envie que le Villages parte vers des assemblages à majorité Syrah. Nous sommes un îlot plus argileux entre Suze et Rochegude, on y préfère le Grenache et le Carignan qui y viennent bien ».

Suze-la-Rousse s’étend sur 2.600 ha en partie dans le Vaucluse et le reste dans la Drôme. Avec son potentiel de 80.000 bouteilles, Suze se place en deuxième position des Villages derrière le Plan de Dieu.

On attend avec impatience le millésime 2017, moment où les premiers seront mis en bouteille. En attendant on peut se faire une idée avec Terre d’Histoire du Domaine des Gravennes au nez de thym et de sauge, la bouche à la fois juteuse et onctueuse, faite de Grenache et de Syrah, tout le monde n’a pas de Carignan. www.domainedesgravennes.com

Au Domaine Le Plan, les Vermeersch n’hésiteront pas à en pourvoir les assemblages. Le passage en Villages avec nom de commune plaît beaucoup à Dirk: «Cela fait 16 ans que nous sommes là et c’est ma parcelle de vieux Carignan qui m’a donné envie de devenir vigneron; on va donc jouer le jeu».

À la Suzienne également, l’intérêt pour le nouveau Villages et sa composante Carignan se fait bien ressentir: leur futur Côtes du Rhône Villages Suze-la-Rousse en comportera 20%, comme l’assemblage actuel. Les tanins fins et croquants offre une mâche agréable et libère un jus au fruité savoureux. Qunat à la cuvée «présidentielle», celle du Domaine des Hautes Garrigues , dégustée en primeur 2016, elle nous parle de violette et de rose; onctueux en bouche, le vin poursuit son élan parsemé de fruits rouges bien épicés. Un Grenache-Carignan élevé en cuve béton. www.lasuzienne.com

 

Un dernier regard sur le terroir de Suze depuis la terrasse de son château, aidé des commentaires géologiques de Georges Truc en fond didactique (Georges, on te remercie, sachant que nous avoir accompagné n’a pas toujours été aisé). Le plateau, qui appartient au même ensemble que celui de Sainte-Cécile, est fait de dépôts alluvionnaires quaternaires, en grande partie du Riss. Il semble uniforme, mais n’oublions de jeter un œil en-dessous. On s’aperçoit alors que selon l’endroit, le terrain est plus ou moins propice à la vigne, tout est question d’approvisionnements hydriques, de proximité marneuse, elle du tertiaire –

Quant à Vaison, Hervé nous en parlera demain – ne ratez rien!

 

Ciao   

 

Marco