Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

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Rhône : Montirius, en quête de Minéral

Comme souvent en ce moment, le voyage commence dans l’allégresse matinale sur cette route là. Fuir le bureau et les soucis de la vie. Avec, au début, pour seules perspectives, d’étranges sculptures dues à l’érosion. On appelle ça des orgues. Une sorte d’allée buissonnière partant de la cathédrale (simple église en réalité) d’Ille-sur-Têt qui va me permettre une fois de plus de grimper à l’assaut du Fenouillèdes.

En route vers Trilla... Photo©MichelSmith

En route vers Trilla… Photo©MichelSmith

Un peu plus haut, ne pas oublier de ralentir pour négocier les virages aveugles tout en profitant d’échappées inédites et spectaculaires sur la Canigou. Une partie de cachecache : tantôt les Corbières et sa vigie (Quéribus), tantôt le Golfe du Lion esquissé dans son lointain brumeux. Route étroite vers la fin du parcours, parsemée de cistes, de bouquets d’immortelles, de lavandes et de thyms entre autres plantes identifiables par l’ignorant botaniste que je demeure en dépit de toutes ces années d’errements dans l’intrigante garrigue pierreuse qui fait la majeure partie de nos terres du Sud. En fermant les yeux, on pourrait se croire aussi bien dans l’arrière-pays de Montpellier, sur les contreforts des Cévennes gardoises ou encore sur ces chemins chantants et parfumés conduisant à la muraille rocheuse à qui l’on donne le joli nom de Dentelles de Montmirail. Comme ça tombe bien !

Les Dentelles. Photos©MichelSmith

Les Dentelles. Photos©MichelSmith

Si je pense à ces Dentelles malgré la distance qui m’en sépare – au bas mot quelques 350 kilomètres – c’est que j’arrive bientôt au but de mon déplacement pépère. Je suis en vue du minuscule village de Trilla jadis cerné de vignes et c’est là que m’attend une dégustation de Montirius blanc, un domaine justement situé au pieds des fameuses Dentelles. Trilla, c’est le lieu d’échouage d’un couple que j’adore tant pour son hospitalité que pour l’acharnement qu’il déploie à faire découvrir ce lieu paisible qui mérite plus d’une excursion. La chose est encore plus visible lorsque les habitants se plient en quatre pour leur fête locale, cette année le 18 Juillet, doublée d’une formidable exposition vivante consacrée au Vieux Cépages, où les vignerons d’ici et d’ailleurs, viennent partager leurs productions et faire goûter qui leurs vieux carignans, qui leurs terrets ou leurs œillades. Une journée de concerts improvisés, de dégustations à tout rompre, de pique-niques sauvages, de rires déployés auxquels je me joins volontiers. C’est pour bientôt donc, et inutile d’insister pour vous dire que nous comptons sur votre présence.

Le cailloux responsable du goût dans le vin ? Photo©MichelSmith

Le cailloux responsable du goût dans le vin ? Photo©MichelSmith

Flyer verso 15

Le couple en partie responsable de tout de tohubohu autour du vin n’est autre que celui formé par Mechtild et André Dominé débarqués d’Allemagne il y a 30 ans. Lui est un journaliste et écrivain spécialisé dans le vin et très actif dans son pays d’origine, elle est saxophoniste amateur dans une troupe de copains, jardinière émérite, conseillère municipale et reine de la couture entre autres passions. Ensemble, ils vous reçoivent chez eux avec les égards que l’on doit aux vrais amis, dans la décontraction la plus totale. Ce jour-là, André avait manigancé une dégustation verticale autour d’une cuvée-phare du Domaine Montirius, connu pour ses vins en biodynamie d’appellation Gigondas (rouges) mais aussi pour ses Vacqueyras (blancs, rouges, rosés). C’est dans cette dernière AOP qui ne compte que 3% de vins blancs que se construit la cuvée Minéral du domaine, à partir de vignes de garrigues, un assemblage de grenache blanc, roussanne, d’un côté, bourboulenc (50%) de l’autre, le tout sans élevage bois. Mais vous en saurez beaucoup plus en allant sur l’excellent site proposé quatre lignes plus haut. Quelques bons camarades assistaient à la dégustation qui s’est déroulée en silence, les nez plongés dans de sublimes verres Lehmann créés pour les rouges par le sommelier Philippe Jamesse.

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Je ne vais pas rentrer dans le débat sur la minéralité – cela risquerait de nous mener trop loin -, mais sachez tout de même que ce mot s’est imposé aux propriétaires du domaine au fur et à mesure qu’ils goûtaient les vins de cette cuvée au tirage moyen de 5.000 exemplaires par an. On attaque la remontée dans le temps par un petit blanc de mise en bouche de 2014, La Muse Papilles, sur le fruit et la fraîcheur, pas très long en bouche, mais bien agréable dans le sens où il va aiguiser mon palais. Le premier vin de la série Minéral est un 2014 qui se veut très fin au nez dans le registre pierreux et grillé. Nette clarté en bouche, de la luminosité, de la hauteur, matière serrée mais pas étriquée, pointe de salinité et une finale proche de la peau du raisin.

Les dégustateurs. André Dominé est le seul pieds nus. Photo©MichelSmith

Les dégustateurs. André Dominé est le seul pieds nus ! Photo©MichelSmith

Question plaisir immédiat, le 2013, bien articulé sur la fraîcheur et l’éclat, nous offre un nez plus ouvert sur le pierreux de la garrigue avec une touche florale qui évoque un buisson de genêts au mois de mai. Le vin paraît aussi plus long en bouche. Avec le 2012, la robe semble plus dorée, tandis que le nez s’affine encore sur le même registre calcaire de la garrigue. La rondeur est plus présente, la longueur un peu moins (mais ce n’est qu’une impression, me semble-t-il), alors que la finale se dessine sur des notes assez complexes de miel de garrigue et de tarte meringuée au citron, l’ensemble me paraissant bientôt prêt à boire.

Prêt pour la verticale. Photo©MichelSmith

Prêt pour la verticale. Photo©MichelSmith

Le 2011 donne de manière inattendue une impression d’évolution. La sensation de minéralité est moins aigue, plus glissante, plus fluette et quelque peu saline, du moins à l’attaque en bouche. Puis on a un aspect moelleux (non sucré) qui prend le dessus, des notes de paille, ainsi qu’une légère lourdeur alcoolique jusqu’en finale. Le 2010 offre une robe soutenue, plus dorée, tandis que le nez est plutôt fermé, discret. Sensationnel en bouche, le vin a une matière imposante, une grande persistance et une fraîcheur qui surélève le vin, le portant bien haut vers une finale parfaite quelque peu gironde. Le vin a de quoi tenir et je lui donne ma meilleure note, soit quatre étoiles. 2009 ne démérite pas en dépit de son nez évolué proche de la cire d’abeille. Très épais en bouche, un poil lourd au début, il se redresse vite pour monter en puissance vers de jolis sommets de complexité et de longueur. Magnifique finale, il obtient lui aussi quatre étoiles bien qu’étant plus musclé que 2010.

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Il a fallu deux bouteilles pour venir à bout d’un étrange 2008 à la robe ambrée. Impression décevante et même liégeuse sur la première bouteille ; pas de grand intérêt avec la seconde, c’est un millésime qui semble à part, sans grand complexité, ni grand chose à raconter. À moins que quelque chose ait flanché à la vinification ou à la mise… 2007, renoue avec une belle blondeur de robe. Le nez a un peu viré vers la réglisse et quelques notes lactiques. Certains le voient large et floral, je le sens pour ma part non dénué de fraîcheur, mais plus sur des notes de zeste de citron en rétro-olfaction, tendu et tannique, tandis qu’il est bien long en bouche. 2006 livre une robe dorée assez classique. Il semble assez fermé et dur. Peut-être qu’après une mise en carafe… Reste que s’il est mieux noté que 2008, il déçoit quelque peu.

Les dégustateurs à l'ouvrage. Photo©MichelSmith

Les dégustateurs à l’ouvrage. Photo©MichelSmith

Tout change avec le millésime 2005 : on retrouve une tonalité presque juvénile, sans trop de reflets cuivrés. Le nez s’offre avec grâce : épices, boisé, garrigue, tabac blond… C’est dense et bien épais en bouche, volumineux, heureusement marqué par un bel éclat de fraîcheur et, comme toujours, assez persistant en bouche avec une finale fraîche qui laisse une belle impression de jeunesse. Il fait partie des trois vins notés quatre étoiles. Ce n’est pas le cas de 2004, robe évoluée, quelque peu orangée, que je n’ai pas bien noté pour un goût que j’ai trouvé caramélisé mais qui a intéressé d’autres dégustateurs.

La cuvée Minéral au fond du verre. Photo©MichelSmith

La cuvée Minéral au fond du verre. Photo©MichelSmith

Trois millésimes bien notés donc, pour ce qui me concerne avec, dans l’ordre : 2010, 2009 et 2005. Preuve s’il en était besoin de souligner ce qui fait désormais partie de mon crédo : au grand dam de certains spécialistes qui persistent à croire le contraire, nous sommes de plus en plus nombreux à remarquer l’énorme potentiel qualitatif des terres et des cépages blancs dans le Sud de la France. Que cela plaise ou non, du Roussillon à la Corse, en passant par le Languedoc et la Provence, le grand Sud prouve de plus en plus qu’il est capable de produire de prodigieux blancs, les meilleurs étant bien soutenus par une belle acidité. Quand on constate les prix démentiels de la plupart des vins de Bourgogne, et la difficulté que l’on a à se procurer les meilleurs d’entre eux, il me semble qu’il est grand temps pour un amateur de tourner son regard vers le Sud (sans oublier la vallée de la Loire)  où de grands blancs sont en devenir dans des cadres à couper le souffle.

Michel Smith

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Le renouveau de la Rioja

Notre invitée Agnieszka Kumor (RFI) nous revient de la Rioja, un vignoble en plein renouveau.

Depuis l’adhésion de l’Espagne à la Communauté économique européenne en 1986, la région autonome de La Rioja a entrepris la rénovation de son vignoble. Les aides européennes ont contribué à la modernisation des méthodes de culture et le travail des viticulteurs s’est professionnalisé. De vieilles vignes ont cédé la place à de nouvelles plantations. Mais aujourd’hui, les viticulteurs s’interrogent et tentent de sauvegarder ce patrimoine désormais menacé.

1a. Le vignoble de La Rioja, candidat au Patrimoine de l'humanité de l'Unesco. Photo Agnieszka Kumor, RFI_0

Vue de la Rioja (FRI/Agnieszka Kumor)

« C’est mon grand-père qui m’a appris comment se comporter avec la vigne », raconte David Sampedro Gil, les yeux plongés dans ses souvenirs d’enfant. Nous sommes à Logroño, la capitale de la région autonome de La Rioja dans le nord de l’Espagne. « Aussi loin que je me souvienne, il y avait une mule et un cheval dans les vignes. Et puis, mon grand-père est mort quand j’avais 10 ans. Le reste, je l’ai appris aux côtés de mon oncle. Je revenais de l’école pour travailler le week-end, toutes mes vacances y passaient. Pourtant, je ne me voyais pas ailleurs que dans les vignes. » C’est de là, sans doute, que lui vient cette passion pour la vigne. « D’où alors, si ce n’est pas de là?», confie-t-il avec un sourire.

Choisir la modernité sans renier le passé

Mais on ne vit pas que dans la tradition, il faut aussi savoir affronter la modernité. David Sampedro Gil fait partie de ces producteurs rénovateurs, reconnus par le magazine américain Wine Spectator comme « ceux qui montrent la voie dans La Rioja ». David vend la majorité de sa production à l’internationale, mais garde les pieds bien ancrés dans la terre de son enfance. Son objectif : produire des vins singuliers et de haute qualité. Singulier, il l’est lui-même, car dans ce pays où le vin rouge est roi et où les vins blancs ne représentent que 6% de la production, il affectionne particulièrement les vieux blancs boisés.

Après ses études d’agronomie à l’Université de La Rioja à Logroño, David Sampedro Gil a travaillé comme consultant dans de nombreux domaines parcourant le pays de l’Estrémadure à La Rioja, en passant par le Duero et la Rueda. Mais pendant tout ce temps il nourrissait le projet personnel de fonder son propre domaine viticole, sa « bodega » à lui. Si les banques lui octroient cette année un crédit, le rêve deviendra réalité. Outre un nouveau chai qui sera construit dans son village d’Elvillar, ce vigneron de 39 ans gère d’autres affaires un peu partout en Espagne autour de cépages locaux ou oubliés. Il produit notamment des cuvées monocépages basées sur la variété albariño en Galice, le rufete à Salamanque, le grenache (que les Espagnols appellent «garnacha») en Navarre, et le bobal qui donne un vin rouge jeune de Valence.

C’est dans La Rioja Alavesa, qui déborde dans le Pays Basque espagnol voisin, que son talent s’exprime le plus. Une région où il compte s’installer et qui symbolise pour lui cette subtile osmose qui se produit dans un vin de rioja lors d’un assemblage de tempranillo, de garnacha, de viura, de graziano et de mazuelo. Aujourd’hui, David Sampedro Gil possède plus de 6 hectares de vignes, dont les premiers lui ont été transmis par sa mère. Sa société, DSG Vineyards, produit annuellement 20 000 bouteilles dans La Rioja Alavesa, et de petites quantités de vin – entre 4 000 et 6 000 bouteilles chacune – sont produites dans d’autres régions.

Jusqu’à présent, David n’étant pas propriétaire de ses terres ne pouvait pas prétendre à des aides directes à l’hectare au titre de la Politique agricole commune (PAC). Elles viendront, peut-être, avec son installation. Mais « les aides ont leurs limites », observe David. Et les seules limites qu’il se donne ce sont celles de son imagination…

Un difficile processus de reconversion

Dès l’entrée de l’Espagne en Europe, La Rioja a commencé à utiliser des fonds européens pour restructurer son vignoble. « Grâce aux aides au développement rural, auxquelles sont venues s’ajouter à partir de 2001 les aides directes, on a pu investir dans de nouvelles machines et doter les propriétés de lieux modernes de vinification, d’élevage et de stockage de vin », explique Igor Fonseca Santaolalla, directeur général de l’Agriculture et de l’Élevage au gouvernement autonome de La Rioja.

Parallèlement, le département d’études vitivinicoles de l’Université de La Rioja a apporté son aide en sélectionnant des clones du cultivar plus résistants et plus productifs, et en important de nouveaux modes de conduite des vignes (notamment depuis la France). Car la façon de planter le vignoble a également changé. On a espacé les rangs pour faire passer des machines à vendanger. Les ceps que l’on faisait pousser traditionnellement en « gobelet », ont été alignés et dressés sur un fil de fer, ce qui a permis la mécanisation du travail. Le vignoble a rajeuni. Des vieux ceps dont la productivité et la qualité du vin produit ont été jugées médiocres ont été arrachés. Plus de deux tiers du vignoble ont été ainsi rénovés sur les 63 000 hectares que compte La Rioja.

« Le résultat de ce travail complexe et de longue halène, c’est la baisse notable des coûts de production et plus de vins de bonne qualité vendus sur le marché », soutient Igor Fonseca Santaolalla. Mais il ne cache pas que le système manquait de contrôle : « La nécessité d’augmenter la productivité combinée à un manque d’expérience dans le choix des clones et des modes de conduite des vignes ont produit un effet pervers. Les solutions les moins chères ont été retenues et pas celles qui étaient les mieux adaptées à la spécificité de notre vignoble ».

Aujourd’hui, La Rioja tire les leçons des erreurs commises. Selon les données d’ARAG-ASAJA, l’organisme chargé de la redistribution des aides européennes aux agriculteurs de La Rioja, 12 millions d’euros ont été octroyés en 2014. Ces aides destinées à compenser les revenus des vignerons et à moderniser leurs outils de travail ont à partir de 2015 un nouvel objectif, celui de préserver ce qui reste du vieux vignoble.

Un tournant risqué

C’est un vaste chantier qui attend les vignerons. Eugenio García del Moral, président d’ARPROVI, organisme dédié à faire progresser le secteur viticole dans La Rioja, va plus loin dans la critique de la période passée, et constate : « La logique productiviste a primé sur la qualité ». Il fallait produire en quantité et le faire à bas coûts. Il y avait une raison sociale à cela, assurer un niveau de vie décent aux petits agriculteurs. « Ils aspiraient à vivre de leurs exploitations, sachant que l’écrasante majorité d’entre eux ne possèdent qu’1 à 10 hectares. Alors, on arrachait et on replantait », conclut-il. La superficie moyenne des exploitations a nettement augmenté depuis. Toujours est-il que sur plus de 17.000 agriculteurs qui cultivent le raisin, il y a seulement 1.200 « bodegas » qui commercialisent leur propre vin. Les autres vendent leur production aux coopératives, aux négociants ou aux domaines.

Un autre problème se pose, « la délocalisation du vignoble ». De quoi s’agit-il ? Traditionnellement, on plantait des variétés qualitatives de raisin en hauteur, sur des escarpements, soit sur des zones pauvres en matière végétale avec des sols argilo-calcaires qui servent à faire des vins complexes et avec une certaine typicité. Alors que les vastes étendues marno-calcaires situées au pied des coteaux ou sur les bords des rivières avec leurs sols fertiles étaient destinées aux variétés plus productives, mais qui donnent des vins de moindre qualité. « Cet ordre ancestral se trouve aujourd’hui perturbé », déplore Eugenio García del Moral.

Vin cherche personnalité

En quoi réside le caractère unique d’un vin ? Les viticulteurs français parlent du terroir, un terme souvent galvaudé, puisque réduit à son seul ingrédient, le sol. Or, le terroir, c’est aussi la variété du raisin adaptée à ce sol, le climat (qui inclut l’ensoleillement et l’eau); sans oublier, pour le mettre en valeur, le savoir-faire humain basé sur des siècles d’observation et de pratique. « Les nouvelles plantations introduites dans les années 1980 se faisaient avec un seul clone du cépage tempranillo. Très productif, mais de qualité médiocre, ce clone a conduit des vins de Rioja à une certaine standardisation. La sélection clonale issue de la région de Castille-et-Léon me semble bien mieux adaptée à nos besoins », estime David Sampedro Gil, viticulteur de La Rioja Alavesa.

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Les trois sous-zones de la DOCa Rioja

Cette Rioja Alavesa fait partie des trois zones de production de la DOCa Rioja, les deux autres étant la Rioja Alta et la Rioja Baja. C’est justement dans cette sous-région que la reconversion du vignoble a été la moins intense. Plus d’un quart de la Rioja Alavesa est constitué de vignes âgées de plus de 40 ans. Alors qu’ailleurs, il en reste à peine 13%. Dans le programme Développement rural 2015-2020, le gouvernement de la région autonome met l’accent sur la sauvegarde du matériel génétique préservé dans ces vieilles vignes. Les nouvelles mesures prévoient des primes de 600 euros à l’hectare. La récupération du matériel génétique se fait manuellement, demande des conditions techniques spécifiques et coûte cher. Les fonds européens seront indispensables pour effectuer ce travail méticuleux.

«On a beaucoup arraché, mais pas tout , constate Alberto Gil, journaliste au quotidien La Rioja et fondateur du blog « Los mil vinos » (Les mille vins). Selon lui, le gouvernement et les institutions partagent avec les domaines viticoles la responsabilité de ne pas avoir su protéger ce patrimoine singulier. Or, gagner en singularité permettrait aux vins de rioja de se démarquer des vins du monde. Ils seraient aussi mieux valorisés sur le marché international : « Seul un dixième de la production actuelle de vins de rioja peut se vendre cher, soit plus de 30 euros la bouteille. Ce sont des vins de qualité, qui ont une certaine position sur le marché, des vins de terroir, des vins avec une personnalité. Le reste est irréprochable d’un point de vue industriel, répond à un rapport qualité-prix imbattable, mais il s’agit de vins dépourvus de personnalité », ajoute Alberto Gil.

Grâce au travail incontestable de ses vignerons, l’appellation La Rioja est devenue une marque collective et une référence mondiale. Mais son positionnement sur le marché mondial dépendra de la stratégie choisie à long terme. La richesse de cette région viticole réside dans sa diversité. Chaque vin doit pouvoir trouver son consommateur. L’idée est de ne pas bannir certains vins peu chers du marché, mais d’aider le consommateur à choisir selon son goût et son portefeuille ce qu’il veut acheter. Quitte à bousculer quelques règles…

Le retour à la terre

Les années 2000 ont vu arriver une nouvelle vague de vignerons. Parmi eux Juan Carlos Sancha Gonzáles. En 2008, cet ingénieur agronome, consultant et œnologue a fondé son propre domaine, Bodegas Juan Carlos Sancha à Baños de Río Tobía, à l’ouest de Logroño; un village où il est né voici 50 ans. Ses 6 hectares et demi de vignes produisent 30.000 bouteilles déclinées en différentes cuvées. Sur les étiquettes, point de référence au système de catégories de vins traditionnel («Crianza», «Reserva» et «Gran Reserva»). Le système fondé sur l’élaboration du vin a été remplacé par des noms de parcelles («fincas») ou de villages. Un clin d’œil aux Bourguignons, sans doute, vénérés ici pour leur connaissance des terroirs. C’est que mis à part son statut d’universitaire, Juan Carlos considère le modèle d’appellation de La Rioja quelque peu obsolète : «Il nous faut redéfinir les zones de production, car tout ne se vaut pas», conclut-il.

La fierté de Juan Carlos Sancha: une parcelle de vignes récemment achetée, âgée de 90 ans. Sa passion: faire revivre les variétés minoritaires, comme la maturana tinta ou le tempranillo blanco, menacées d’extinction. «Mon souhait serait de revenir à la viticulture de nos grands-parents, mais avec des techniques d’élaboration d’aujourd’hui», dit ce viticulteur. «Avec toute ma science, je suis incapable de faire des raisins de même qualité que ceux de mon grand-père. Et pourtant, il n’a jamais commercialisé ses vins, il les destinait à sa consommation personnelle. Alors que mes vins sont sur les tables des restaurants aux Etats-Unis, en Australie ou au Japon». C’est ça, peut-être, le défi de la mondialisation.

Aux côtés de Juan Carlos Sancha et David Sampedro Gil, il y a aussi Diego Pinilla, Eduardo Eguren, Maria José Lopez de Heredia, et quelques autres. Certains se sont mis à l’agriculture biologique ou à la biodynamie. Ce qu’ils cherchent, c’est apporter leur contribution au patrimoine reçu des anciens pour le transmettre aux nouvelles générations. Retenez leurs noms !

Agnieszka Kumor

Retrouvez cet article, video à l’appui, sur le site de RFI


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Tourisme : l’exemple de l’abbaye des vignes

Il y a des choses en vieillissant qui m’horripilent, tels ces trois mots à la base ou cette autre expression qui fait fureur Quelle tuerie !, ou bien encore l’adverbe clairement placé au début de chaque phrase. Comme pour ça fout les poils en parlant d’un concert émouvant. À cela, j’ajouterai volontiers un dernier ça me fout les boules pour rejeter ces quelques tics qui s’incrustent peu à peu de manière insidieuse dans le langage courant. Ce n’est pas nouveau, je sais. Je me souviens que du temps du twist à Saint-Tropez, pour draguer une poulette on lui lançait un martial tu me bottes histoire de l’emballer ! Faut-il accepter la fréquence de ces évolutions de langage qui nous bassinent d’un jour à l’autre ? Faut-il remercier Internet de nous enrichir ainsi de mots inutiles ? Bien sûr, tout cela n’est pas dramatique si l’on accepte le fait que notre langue est belle, mais vivante. Il n’empêche que j’ai du mal à m’y faire, tant il y a de mots comme ça, des barbarismes, qui ne passent pas. Comme œnotourisme, imaginé par des lumières technocrates pour remplacer des expressions plus simples et moins savantes telles que tourisme viticole ou vacances dans le vignoble, mais qui au moins signifient quelque chose au commun des mortels. Et pourquoi pas gastrotourisme pendant qu’on y est puisqu’on a déjà cyclotourisme ? Mon copain André Deyrieux en fait un bon usage, lui, de ce mot œnotourisme. En son nom, il a même réussi l’exploit de me faire déplacer jusqu’à Sète (voir mes articles des jeudis précédents) pour me convaincre du bien fondé de ce mot.

Photo©MichelSmith

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Alors certes, grâce à Thau Agglo, on a vu des coquillages, l’eau limpide d’un étang, des barques de conchyliculteurs, d’autres d’ostréiculteurs, des villas sam’suffit, des dunes blondes, des légumes paysans, des poissons, des bouteilles et des vignes, mais on a surtout visité là-bas – revisité pour ce qui me concerne – un des plus beaux exemples de tourisme viticole dont le Languedoc peut s’enorgueillir : l’abbaye de Valmagne. Fondée en 1138, elle fut vite rattachée à l’ordre de Citeaux pour prospérer et se développer avec la construction d’une église romane aux dimensions et hauteurs d’une cathédrale forteresse doublée d’un cloître plus récent (restauré au XVIIème siècle) étonnement bien conservés. Dans l’église où la messe est encore parfois célébrée, le vin a sa place logé qu’il est en de grands foudres sous les ogives. Cet ensemble est d’autant plus inattendu et saisissant qu’il se dresse avec majesté au milieu d’un décor champêtre de cyprès, de champs de blés et de vignes. Je me dois de confesser que j’ai pris plaisir à flâner, hélas peu de temps, dans le conservatoire des cépages où le Carignan a sa place en même temps que le Monastrel, ainsi que dans le jardin médiéval et le potager de cette abbaye qui organise toutes sortes de manifestations nocturnes et culturelles où le vin a sa place, le tout à quelques lieues des horreurs du Cap d’Agde.

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Achetée en 1938 par le comte de Turenne, la propriété aurait pu céder aux sirènes des investisseurs de tout poil, mais elle a toujours gardé sa vocation viticole. Arrive le moment où il faut souligner la modestie de la famille qui s’investit et veille sans relâche sur ce trésor patrimonial du Languedoc. À la suite de ses parents, Philippe d’Allaines, que j’ai connu il y a plus de 30 ans quand il venait défendre son vin et tenter de le vendre à Paris, est un vigneron bâtisseur exemplaire. Il aime se présenter comme étant le cellérier de Valmagne en souvenir d’un truculent frère Nonenque qui a laissé un tel souvenir qu’on lui a consacré une réjouissante cuvée. Philippe est aidé de son épouse, Laurence, l’aubergiste de Valmagne qui utilise dans sa cuisine une grande part des fleurs et légumes du jardin.

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Depuis l’époque de ma première venue à Valmagne, au tout début 1990, les sols du cloître et de l’église ont été joliment refaits afin de mieux recevoir le public. Les arcs-boutants qui maintiennent les murs de l’église ont été consolidés et, outre les visites guidées et les séances de dégustations, avec beaucoup d’intelligence et d’astuces, la famille d’Allaines développe les initiatives pour animer les lieux. Dernière en date, la bière de l’abbaye élaborée dans une brasserie artisanale voisine, à partir de quatre qualités d’orge, d’avoine, de froment et, pour la partie aromatique, du houblon français et des fleurs de sureau. Avant d’aborder les travaux pratiques, afin de connaître les grandes lignes de l’histoire de Valmagne et de sa vocation viticole, je vous propose de visionner ce petit reportage réalisé dans la bonne humeur.

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Cette nouvelle visite – la troisième ou quatrième, à vrai dire depuis que je suis voisin du Languedoc – a été pour moi l’occasion d’une rapide dégustation de bouteilles ouvertes quelques heures auparavant par Philippe d’Allaines. Trois millésimes anciens de la cuvée de Turenne étaient présentés, sur des vignes (Mourvèdre et Syrah, principalement plantés en 1982) cultivées en biologie depuis 15 ans, comme sur l’ensemble du domaine (soit une soixantaine d’hectares), et dont une partie des vins séjourne un an en barriques. J’étais resté sur le souvenir d’un magistral 2003 goûté en 2008 à l’occasion d’un reportage sur les Grès de Montpellier (déjà !) dont cette cuvée est devenue l’un des fleurons. Ce 2003 était chaleureux, giboyeux, truffé, solide, serré et dense avec une finale persistante sur fond de menthe sauvage et de garrigue. À l’époque, le vin coûtait 11 € départ cave. Pas encore Grès de Montpellier, mais simple Coteaux du Languedoc, élevée en cuve ciment, la version 1988 se goûtait encore fort bien en dépit d’un incident sur un premier flacon trop pâle de robe et au bord de l’usure.

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Le 1989 se montrait beaucoup plus volubile et alerte : robe foncée, terre chaude au nez, il se faisait ample, riche en matière et très long en bouche. Avec le 1998, les notes de truffe noire s’affirmaient plus encore en rétro-olfaction avec de la densité, de l’amplitude et beaucoup de noblesse. Pour moi, il était l’égal de ce 2003 qui m’avait tant impressionné. Quelques années après mon dernier passage, je trouve que les prix sont restés sages puisque le 2012 de la cuvée Comte de Turenne actuellement en vente, mais non goûté, coûte 14 € départ cave. Quoiqu’il en soit, même en famille avec les enfants, ne manquez pas la visite cet été de cette chère Abbaye des Vignes !

Michel Smith

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A much more positive view of Vouvray

2015 Chenin Blanc flowering in Vouvray

2015 Chenin Blanc flowering in Vouvray

My post last week covered what appears, on an investigation, a very dubious attempt to prevent Jacky Blot and François Chidaine from vinifying their Vouvray in Montlouis by changing the Vouvray décret. A change that Michel Bettane has characterised as an ‘abuse of power’. Furthermore this part of the 2009 Vouvray décret may well not survive an appeal by Blot/Chidaine to the Conseil d’Etat.

But enough of that for the moment. Instead yesterday I passed a fascinating and very rewarding day visiting five Vouvray producers – all doing interesting things. Some of them like Sébastien Brunet, Damien Pinon, Matthieu Cosme have now been established for some time other like Michel Autran and Jacquelin Rouvre are more recent arrivals. I am indebted to Vincent and Tania Carême for suggesting and organising my visits. Vouvray has need of people of Vincent Carême ready to promote lesser known producers making quality wines as the reputation of Vouvray has been eclipsed very considerably recently by the its southern neighbour – Montlouis.

My hosts on Monday 15th June:

Ex-doctor Michel Autran

Ex-doctor Michel Autran, who changed his life in 2006 and made his first vintage in 2011 and is now making brilliantly precise wines.     

Rugby player Matthieu Cosme who took over the family vines in 2005 and since 2011 working with his brother Florent.

Rugby player Matthieu Cosme who took over the family vines in 2005 and since 2011 working with his brother Florent. Matthieu is not a new discovery as I have tasted his wines before before but this was the first time I have visited his vineyards and seen his carefully work amongst his vines. 

59 year-old Jacquelin Rouvre but young in spirit gave up running his Paris restaurant after 17 years to take up his parent's three hectares of vines in 2008. Jacquelin made his first vintage in 2010. if you want a bargain buy his lovely 2010 Brut for just 6.50€ a bottle. Absurdly cheap for the quality.

59 year-old Jacquelin Rouvre but young in spirit gave up running his Paris restaurant after 17 years of hard work to take up his parent’s three hectares of vines in 2008. Jacquelin made his first vintage in 2010. if you want a bargain buy his lovely 2010 Brut for just 6.50€ a bottle. Absurdly cheap for the quality.

It was good to meet Damien Pinon again. Damien and Ingrid Pinon featured in Jim's Loire back in June 2011 http://jimsloire.blogspot.fr/2011/06/monday-13th-june-les-jeunes-vignerons.html2011 and to again be impressed by their wines.

It was good to meet Damien Pinon again. Damien and Ingrid Pinon featured in Jim’s Loire back in June 2011 http://jimsloire.blogspot.fr/2011/06/monday-13th-june-les-jeunes-vignerons.html2011 and to again be impressed by their wines.

Many years ago I tasted the wines of Domaine d'Orfeuilles in London, when the estate was run by Bernard Herivault, so it was good to meet his son Arnaud and taste his fine range of wines. By the end of next year all of the 22-hectare estate will be organic with Arnaud starting to move onto biodynamic viticulture.

Many years ago I tasted the wines of Domaine d’Orfeuilles in London, when the estate was run by Bernard Herivault, so it was good to meet his son Arnaud and taste his fine range of wines. By the end of next year all of the 22-hectare estate will be organic with Arnaud starting to move onto biodynamic viticulture.

Sébastien Brunet took over the family domaine when his father died young in 2006. The vineyards are farmed organically and look particularly healthy yesterday. Like the other Vouvray producers I visited Sébastine b

Sébastien Brunet took over the family domaine when his father died young in 2006. The vineyards are farmed organically and look particularly healthy yesterday. Like the other Vouvray producers I visited Sébastien wines had real precision. I particularly liked the 2013 and 2014 La Pente de la Folie made from old vines (55 years old) from a south-facing parcel of 70 ares.In 2007 Sébastien was able to buy an extraordinary cellar with 10 kilometres of galleries that used to be used to grow mushrooms.   

Vincent Carême, who kindly organised my day, and whose 2013 Cuvée Ancestrale and 2012 Le Clos Vouvray Sec were stand outs.

Vincent Carême, who kindly organised my day, and whose 2013 Cuvée Ancestrale and 2012 Le Clos Vouvray Sec were stand outs.

Most of these producers are organic – all eschew weedkillers. Sadly the use of weedkillers is far too prevalent in AC Vouvray with many vineyards completely blitzed. Instead of promoting foolish rules to bar top-quality Vouvray producers from vinfiying in the neighbouring commune of Montlouis-sur-Loire, the Syndicat of Vouvray Producers would be much better occupied persuading their members to move to a more sustainable viticulture and to promote biodiversity. If Vouvray wants to improve its flagging reputation, here are some fine examples to follow!

Percée 2015 058


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Les Meilleurs Blancs du Monde !

S’il n’en existe pas UN, peut-être en existe-t-il plusieurs. Certes, voilà une affirmation bateau. Trêve de plaisanterie et parlons de ces blancs attachants qui fleurissent sur les bords du lac Léman. De ces Chasselas qui sans prétention, sans en jeter, finissent par vous charmer.

Copie de Mondial du Chasselas 2015 (88)
Le Chasselas, un cépage sans intérêt…

Avant de rejoindre le concours qui leur alloue quelques médailles, j’étais comme beaucoup d’entre nous, des plus dubitatifs. Pour moi, Chasselas vaudois, Fendant valaisan, Pouilly sur Loire et Gutedel germanique, pour ne citer que les plus courants, n’offraient guère d’intérêt. Il a fallu un Suisse opiniâtre, voire deux, pour m’obliger à ouvrir les yeux, le nez et la bouche, sans toutefois aller jusqu’aux supplices moyenâgeux. Bref, de me convaincre de participer au Mondial du Chasselas.
J’en suis à ma deuxième participation et compte bien récidiver encore quelques années.

Mondial du Chasselas 2015 (62)

Le Chasselas, un cépage délicat

Le Chasselas n’est pas un cépage qui se donne facilement. Il faut en déguster une flopée pour en reconnaître toutes les subtilités. Il faut aller le chercher, l’amadouer pour pouvoir le séduire. Alors il sort de sa retenue et vous charme.
Le Chasselas c’est tout le contraire d’un Sauvignon qui vous en jette tout de go…
Pourquoi ne pas l’avoir compris plus tôt ? Simplement parce que les Chasselas rencontrés étaient issus de ces productions à gros rendements, vendus frisants et sans âme. Il en existe toujours, qui sont, pour reprendre la comparaison avec le Sauvignon, son parfait opposé. Quand ce dernier se farde à l’extrême, l’autre devient des plus insignifiants. Mais les assembler serait gâcher son temps.

Le Chasselas vieillit

Ce n’est pas parce qu’il offre peut d’acidité et que son pH est un peu haut qu’il ne possède aucune aptitude au vieillissement. La preuve, cette sympathique verticale du Clos du Rocher à Yvorne qui nous a plongé jusqu’à un plus de 30 ans en arrière (ndlr: à ce propos, notons que le domaine embouteille le clos sous capsule depuis 1990 – 25 ans de bons loyaux services qui prouvent que ce bouchage est tout à fait adapté aux grands blancs à potentiel de vieillissement. Et qu’on ne nous parle pas de la magie du « plop »: sur les trois vins bouchés liège, un était affreusement bouchonné – une belle moyenne!).

Mondial du Chasselas 2015 (97)

Clos du Rocher 2014

Un pet de CO2 pour un nez très floral et une bouche minérale, il a la facilité de la jeunesse qui masque aujourd’hui son potentiel.

Clos du Rocher 2008

Un éclat de silex qui embrase les fruits confits teintés de fenugrec, il se prolonge sur les épices, mais finit avec une pointe de sécheresse.

Clos du Rocher 2002

Le millésime n’a pas été catastrophique partout, le Vaudois s’est réchauffé au soleil et offre un caractère affirmé, une matière dense aux épices délicates et un envol floral des plus élégants.

Clos du Rocher 1998

L’âge lui apporte une complexité nouvelle où une amertume raffinée vient rafraîchir la bouche emplie de fruits confits bien épicés.

Clos du Rocher 1994

Très minéral, il garde un reliquat de carbonique voilé d’un léger fumé. Une pointe acidulée de gelée de citron soutient le développement fruité.

Clos du Rocher 1984

Peut-être le vin le plus complet de la série. Très confit, il évoque l’abricot sec, la chips de mangue, la gelée de poire, le tout bien relevé de poivre blanc et parfumé de livèche. Ici, la fraîcheur provient de l’impression iodée aux accents salins.

Clos du Rocher 1982

La cire d’abeille domine le nez comme la bouche et lui donne bien son âge. La tension minérale lui assure une excellente fraîcheur. Les fruits jaunes tel l’abricot sec et la pêche au sirop nous procure un réel plaisir buccal proche de la suavité.

Mondial du Chasselas 2015 (93)

Le Chasselas se prête aux différents contenants

Nous l’avons dégusté des Chasselas en cuve, en foudre et en barriques usagées, ce qui correspond aux usages traditionnels de vinifications et d’élevage. Plus récemment, quelques vignerons se sont procurés des œufs et des amphores. Les encaveurs, voire toute la Suisse, confondent les deux. Les premiers sont des contenants originaux construits avec un liant béton au taux de sable argileux important qui favorise la respiration du contenu. Les seconds sont des dolia appelé partout amphore et fait de terre cuite.
Les Chasselas vinifié et laissé dans ces contenants jusqu’à 8 mois offrent une structure plus ferme et un caractère plus affirmé, les deux soutenant avec plus de précision le dessin aromatique. Ce qui est intéressant, vu que la Chasselas n’est pas un vin qu’on peut appeler aromatique.

Mondial du Chasselas 2015 (115)Mondial du Chasselas 2015 (46)

Bref, avec la concours et ses deux matinées consacrées à la dégustation, suivi de visite chez les encaveurs, notre connaissance du cépage s’est trouvée bonifiée.
Le challenge avait cette année lieu dans la magnifique château d’Aigle, tout au bout du Léman. J’y étais avec l’un des 5 qui pourra aussi vous en parler avec ses mots…

Mondial du Chasselas 2015 (61)
Ciao

Suisse mondial chasselas 2015 010
Marco


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Affaire Blot/Chidaine: have Vouvray and the INAO exceeded their legal powers?

François Chidaine and Jacky Blot with their 2013 Vouvrays

Barring the vinification of Vouvray in Montlouis

Is the ban on Jacky Blot and François Chidaine vinifying their Vouvray in the commune of Montlouis on a sound legal basis?  

 A brief resumé of the current position:
Vouvray’s appellation rules were changed in October 2009 to ensure that all still wines bearing the Vouvray appellation are made within the Vouvray AC. The only exception is Nazelles-Négron, a neighbouring commune just outside the eastern limit of the appellation.

Montlouis producers were allowed to make wine under the Vouvray name until after the 2013 vintage. 

Jacky Blot, of Domaine de la Taille aux Loups and who has five hectares of Vouvray vines, has been making his Vouvray in Montlouis since 1998. In October 1999, The INAO formally granted permission to do so, with no time limit given. 

François Chidaine, with 10 hectares of Vouvray, bought the famous Clos Baudoin in the centre of Vouvray in 2001. Having built a modern winery in Montlouis Chidaine also started in 2013 to make his Vouvray in Montlouis as the facilities at the Clos Baudoin are antiquated.

Blot and Chidaine were inspected by the INAO in January 2015 and told that their 2014 harvest could not be called ‘Vouvray’ as it had been made in Montlouis. Blot will be selling his ‘Vouvrays’ as Vin de France at up to 24 euros a bottle.

‘We were not consulted or informed about the proposed ban on vinifying Vouvray in Montlouis,’ said Blot and Chidaine.

 ••

Last Wednesday I interviewed Jacky Blot and François Chidaine about their recent ban – from the 2014 vintage – on vinifying their grapes from their Vouvray vineyards. Later that day I had a phone interview with Philippe Brisebarre, president of the regional committee of the INAO. Philippe was the president of the Syndicat des Vignerons de l’Aire d’Appellation Vouvray when the Vouvray rules were changed in 2009 to exclude the possibility of vinifying still Vouvray in the commune of Montlouis. Since 1974 the making sparkling Vouvray outside AC Vouvray has been banned.

Both Jacky Blot and François Chidaine were adamant that they had neither been consulted nor informed about the change to the Vouvray rules barring the vinification of their Vouvrays in the commune of Montlouis. They both cite the success of the Vouvrays on having provoked the Syndicat to restrict the vinification of still Vouvray to the aire of AC Vouvray with part of Nazelles-Négron the sole exception outside the zone. 

During my meeting with Blot and Chidaine it emerged that Blot had been given permission in September 1999 by the INAO to vinfiy his Vouvray in the commune of Montlouis. The INAO placed no time restriction on this dérogation. See the correspondence here.  

Both Jacky Blot and François Chidaine hope that a solution can be found. However, while Blot will be selling his 2014 ‘Vouvray’ labelled Vin de France (see below), Chidaine is waiting for September in the hope that he may legally be able to label his wines as Vouvray.    

La Taille aux Loups 2014 Bretonnière Vin de France (aka Vouvray)

La Taille aux Loups 2014 Venise Vin de France (aka Vouvray)

Philippe Brisebarre
In contrast Philippe Brisebarre held out no possibility of there being a solution:  

‘I have nothing against Blot and Chidaine,’ Philippe told me. « However, our hands are tied by the EU law. Even if we wanted to change the law we can’t. I have spent six months trying to find a solution. »

Brisebarre explained that EU law allowed places outside an appellation’s zone where these wines had been vinified prior to 1970 could continue to do so but this wasn’t possible if there was no tradition of this before 1970. Vouvray could be vinified in Nazelles-Négron because Vouvray had been vinified in part of this commune prior to 1970. This wasn’t the case for the commune of Montlouis.

Philippe explained that the famous appeal against the very restrictive Pomerol appellation had succeeded because of this 1970 rule. He pointed out that the décret of Saint-Nicolas-de-Bourgueil does not allow Saint-Nicolas to be vinified in Chinon.

I asked Philippe about the commune of Montlouis being close to AC Vouvray since the distance from both Blot’s and Chidaine’s vineyards to their wineries in the hamlet of Husseau, part of coomune of Montlouis, was less than that from the western extremity  of AC Vouvray and the commune of Nazelles-Négron. « We don’t measure the distance, » he explained. « The Loire (which separates the two communes) is a barrier. »

Philippe also insisted that in 2007 he had discussed with François Chidaine the intended change to the appellation rules. At the time Chidaine vinified his Vouvray at the Clos Baudoin within the commune of Vouvray, so the change wouldn’t have affected him. It was only in 2013 that once François had built his new winery that he started vinifying his Vouvray within the commune of Montlouis. François assumed that the 1999 permission granted to Jacky Blot to vinify Vouvray in the commune of Montlouis would also apply to him and to others within the commune.

Chidaine cannot remember having had this discussion with Brisebarre.

 •

Although I am no lawyer and may well be looking at the wrong legisation, it is far from clear that the hands of the Vouvray Syndicat and the INAO are as tied as Philippe Brisebarre says.

Firstly there is the unlimited permission that the INAO granted Jacky Blot on 9th September 1999 to vinify his Vouvay in the commune of Montlouis.

Secondly the Reglement (CE) n o 607/2009 de la Commission du 14 juillet 2009 allows the possibility of vinfying an appellation’s wines in an immediately adjacent zone (à proximité immediate de la zone délimitée concernée) or in the same administrative zone or a neighbouring one (dans une zone située dans la même unité administrative ou dans une unité administrative voisine, conformément aux régles nationales). 

The pre-1970 rule cited by Philippe Brisebarre appears only to apply if the area is outside the immediate vicinity:

En outre, les États membres peuvent permettre, par des autorisations individuelles et sous réserve d’un contrôle approprié, qu’un v.q.p.r.d . soit obtenu en transformant des raisins en moût et du moût en vin, ainsi qu’en élaborant ce vin, même en dehors d’une aire à proximité immédiate de la région déterminée en question : 

a ) lorsqu’il s’agit d’une pratique traditionnelle, si cette pratique :

– était en usage avant le 1er septembre 1970, ou, en ce qui concerne les États membres ayant adhéré à la Communauté après cette date, avant la date de prise d’effet de leur adhésion,

– n’a pas été interrompue depuis ces dates,’

See here.   

So a key question is whether Montlouis is in the same administrative area as Vouvray or in a neighbouring one (à la même unité administrative ou dans une unité administrative voisine) or is the Loire a barrier as Brisebarre maintains. If it is ‘une unité administrative voisine’ (adjoining) then the before September 1970 usage rule does not apply.  

Montlouis and Vouvray are clearly individual communes and in different cantons (the grouping of several communes). However, looking at the geographical boundaries* of the communes of Montlouis, Vouvray and the adjacent commune of Vernou-sur-Brenne indicates that there is a very good case for classifying them as immediate neighbours and that the Loire is not the barrier that Brisebarre relies upon for justifying the exclusion of the commune of Montlouis.


 The commune of Vouvray – shaded area
(source the Mairie de Vouvray)

Detail of the southern part of the commune of Vouvray

NB Vouvray includes a small part of the south bank of the Loire 

by the Pont Charles de Gaulle built in 1993.

Commune of Montlouis (shaded) borders the communes 

of Vouvray and Vernou even sharing a land border by the 

Pont Charles de Gaule where Vouvray encroaches 

on the south side of the Loire and 

also further east where Montlouis meets Vernou 

appearing to just touch the north bank of the Loire 

Montlouis and Vouvray also share an island in the middle of the river

 The commune of Vernou-sur-Brenne, which shares a boundary 

with Montlouis even like Vouvray claiming a small part of the south bank 

of the Loire.

Montlouis and Vernou also share an island in the middle of the river    

These maps showing the limits of the three communes – Montlouis, Vouvray and Vernou – indicate that rather than the Loire being a barrier the river ensures that the boundaries of the three communes are closely linked. It would surely be a considerable legal challenge to attempt to prove that the commune of Montlouis is not a neighbouring administrative unit (une unité administrative voisine) of Vouvray.

Brisbarre’s example of Saint-Nicolas-de-Bourgueil not allowing their wines to be made in Chinon is a false analogy as the Chinon does not adjoin Saint-Nicolas-de-Bourgueil unlike Montlouis which adjoins Vouvray. Producers are permitted, however, to vinify Saint-Nicolas in the following nearby communes on the south bank of the Loire: Avoine, Beaumont-en-Véron and Savigny-en-Véron.  

If commune of Montlouis is indeed an administrative neighbour of the Vouvray, it would appear that EU law relating to traditional usage pre-1970 does not apply, so the Vouvray rules did not need to be changed to comply with EU regulations in 2009 and that a dérogation to allow Vouvray to be vinify within the commune of Montlouis could be granted if the Syndicat des producteurs de Vouvray/INAO wish, especially as this would conform with the INAO’s favourable decision of September 1999. 

Would, I wonder, France’s Conseil d’Etat find that Vouvray’s change of the regulations in respect of the commune of Montlouis-sur-Loire in their décret of 15th October 2009 to be necessary, proportional and suitable to protect the reputation of the Vouvray appellation?  

Reglement (CE) n o 607/2009 de la Commission du 14 juillet 2009
5) La limitation à une zone géographique donnée du conditionnement d’un produit vitivinicole bénéficiant d’une appellation d’origine ou d’une indication géographique, ou des opérations liées à sa présentation, constitue une restriction de la libre circulation des marchandises et de la libre prestation de services. À la lumière de la jurisprudence de la Cour de justice, de telles restrictions ne peuvent être imposées que si elles sont nécessaires, proportionnées et de nature à protéger la réputation de l’appellation d’origine ou de l’indication géographique. Toute restriction doit être dûment justifiée au regard de la libre circulation des marchandises et de la libre prestation de services.

Appendices:
Reglement (CE) n o 607/2009 de la Commission du 14 juillet 2009
5) La limitation à une zone géographique donnée du conditionnement d’un produit vitivinicole bénéficiant d’une appellation d’origine ou d’une indication géographique, ou des opérations liées à sa présentation, constitue une restriction de la libre circulation des marchandises et de la libre prestation de services. À la lumière de la jurisprudence de la Cour de justice, de telles restrictions ne peuvent être imposées que si elles sont nécessaires, proportionnées et de nature à protéger la réputation de l’appellation d’origine ou de l’indication géographique. Toute restriction doit être dûment justifiée au regard de la libre circulation des marchandises et de la libre prestation de services.

Article 6
Production dans la zone géographique délimitée

Par dérogation aux dispositions fixées (voir etc.) et sous rèserve que le cahier des charges le prévote, un produit d’une appellation d’origine protégée (AOP) ou d’une indication géographique protégée peut être transforme en vin

a) dans une zone à proximité immediate de la zone délimitée concernée, ou

b) dans une zone située dans la même unité administrative ou dans une unité administrative voisine, conformément aux régles nationales, ou

http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=CELEX:32009R0607

From http://www.lavigne-mag.fr
(which appears to suggest that the dérogation given by the INAO in 1999 to Jacky Blot should continue, although of course this is a magazine article and not a décret.)
Toutes les nouvelles demandes de dérogation devraient donc s’appuyer dans le futur sur ce nouveau cadre collectif. Pour les dérogations individuelles légalement enregistrées dans le passé – il s’agit de quelques dizaines -, elles seront définitivement accordées, même si le lieu de vinification se trouve en dehors de l’API nouvellement définie, et ce à plusieurs conditions. ‘ Lorsque la pratique était en usage avant septembre 1970, qu’elle n’a pas été interrompue depuis et qu’elle porte sur des quantités qui, depuis lors, n’ont pas augmenté, auprès du transformateur en question, plus que celles correspondant à l’évolution générale du marché ‘, stipule le règlement européen de 1999.
(http://www.lavigne-mag.fr/archive/article/resserrer-les-regles-d-octroi-VI1242115108.html

EU rules regarding proximity

RÈGLEMENT (CE) N o 607/2009 DE LA COMMISSION du 14 juillet 2009
3 . Par dérogation au paragraphe 1 deuxième tiret, un v.q.p.r.d . peut être obtenu ou élaboré dans une aire à proximité immédiate de la région déterminée en question lorsque l’État membre concerné l’a prévu par autorisation expresse et sous certaines conditions .

En outre, les États membres peuvent permettre, par des autorisations individuelles et sous réserve d’un contrôle approprié, qu’un v.q.p.r.d . soit obtenu en transformant des raisins en moût et du moût en vin, ainsi qu’en élaborant ce vin, même en dehors d’une aire à proximité immédiate de la région déterminée en question : 

a ) lorsqu’il s’agit d’une pratique traditionnelle, si cette pratique :

– était en usage avant le 1er septembre 1970, ou, en ce qui concerne les États membres ayant adhéré à la Communauté après cette date, avant la date de prise d’effet de leur adhésion,

– n’a pas été interrompue depuis ces dates,

et

– porte sur des quantités qui, depuis lors, n’ont pas augmenté, auprès du transformateur en question, plus que celles correspondant à l’évolution générale du marché;

b ) dans les autres cas et s’il s’agit d’une pratique en usage avant le 1er septembre 1989, pendant une période transitoire qui se termine au plus tard le 31 août 1992 . 

http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=CELEX:32009R0607


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Two days focusing on the Loire – Crémants and VitiLoire – but sight of a swelling storm cloud over Vouvray

2015 VitiLoire à Tours

2015 VitiLoire à Tours

Friday and Saturday I enjoyed two good days tasting Loire wines. On Friday morning I joined the press trip based around the Concours National des Crémants for a tasting of Crémants de Loire. I had the pleasure of being with fellow 5 – the ebullient Hervé, who was on excellent form. However, a word of warning, never sit close to Hervé during a tasting of sparkling wines as he is prone to both knock over glass as well as releasing a stream of fizz over his neighbouring tasters.

Hervé a boulot

Hervé a boulot

Hervé avec les fraises de voyage

Hervé avec les fraises de voyage

In the morning we tasted just short of 20 Crémants de Loire mainly from the established houses like Ackerman, Bouvet Ladubay, Gratien & Meyer and Langlois-Chateau with very few from small independent producers. These were my preferred Crémants: Bouvet-Ladubay – Rosé (100% Cabernet Franc); Louis de Grenelle – Blanc de Noirs (100% Cabernet Franc); Lacheteau (part of Grands Chais de France) – Blanc de Noir (100% Cabernet Franc) and Blanc (70% Chenin, 20% Cabernet Franc, 10% Chardonnay); Langlois-Chateau – 2007 Quadrille Extra Brut (50% Chenin, 30% Chardonnay, 15% Cabernet Franc, 5% Pinot Noir), Domaine Michaud (small independent producer in Noyers-sur-Cher) – Blanc (50% Chardonnay, 10% Chenin, 40% Cabernet/Pinot Noir) and Monmousseau (now part of Ackerman) – Blanc (45% Chenin, 20% Chardonnay, 15% Cabernet Franc, 10% Pinot Noir).

Some of the wines shown still suffered from too high a dosage, which is a pity as often the fruit in the Loire is ripe enough to allow a reduced dosage or none at all.

Domaine Michaud – made by Thierry Michaud at Noyers sur Cher

Domaine Michaud – made by Thierry Michaud at Noyers sur Cher

2015 VitiLoire
Held over the last weekend in May VitiLoire is the largest annual Loire consumer wine fair and is always worth visiting. This – the 13th edition – was no exception with a great atmosphere. The 158 producers and the between 35,000 – 40,000 visitors over the weekend were lucky with the weather virtually no rain. Furthermore nicely temperate and not fiercely hot as it has been some years the conditions were ideal for tasting.

As usual I tasted some wines from producers I know well and some that I haven’t tasted before.

Eric Santier, Domaine Dozon, Ligré, Chinon

Eric Santier, Domaine Dozon, Ligré, Chinon

I made sure that I went to Eric Santier’s stand. Eric took over the Domaine Dozon in September 2013. He chose to only purchase the 14-ha Saut au Loup , which is to the south west of the small village of Ligré on the south-side of the Vienne. Eric didn’t take up the other six hectares closer to Ligré that the Dozens had on fermage. I liked his 2014 Cuvée du Plaisir with its juicy fruit – drinkable now it will benefit from a few months in bottle. It will be interesting to taste the other cuvées once they are in bottle.

Domaine des Grandes Espérances, Laurent Saget

Domaine des Grandes Espérances, Laurent Saget

Laurent Saget

Laurent Saget

I was pleased to have tasted with Laurent Saget at the Domaine des Grands Espérances stand. This estate, in Touraine-Mesland, used to be called be called Domaine d’Artois and was bought by Laurent’s father Jean-Louis Saget in the late 1980s. By the first decade of this millennium the plan was to get rid of the estate as Touraine wines are difficult to sell. However, Laurent and his brother, Arnaud, believed that the Touraine had potential. So they took over the estate, renamed it with 2010 being their first vintage with the new approach.

Next time I am in Sancerre I aim to visit Laurent Saget and get myself up to date with developments.

Jacky Blot

Jacky Blot

Storm brewing in Vouvray

Two of the leading Vouvray producers – François Chidaine and Jacky Blot (Domaine de la Taille aux Loups), who have the majority of their vines in Montlouis just across the Loire, may well be unable to use the Vouvray appellation unless they vinify their wines within the aire of the Vouvray or in the derogation area of Nazelles-Négron. Jacky Blot has no facilities for vinification in Vouvray, while François Chidaine does apparently have some limited facilities at the Clos Baudouin. However, François now has a new modern winery in Husseau, which is naturally much better equipped. 

François has recently been elected président de la Fédération des Associations Viticoles d’Indre-et-Loire et de la Sarthe.

At the centre of this potential storm is the latest Vouvray décret of 8th June 2011. This décret sets out that AC Vouvray has to be vinified within the zone of Vouvray with a part of the commune of the Nazelles-Négron, on the north bank of the Loire just across from Amboise. Transitional arrangements were made for the commune of Montlouis allowing Vouvray to be vinified there until the 2013 harvest. These arrangements have now come to an end, so what happens now? 
François Chidaine

François Chidaine

 The relevant parts of the décret:                 
 ‘Décret n° 2011-650 du 8 juin 2011 relatif à l’appellation d’origine contrôlée « Vouvray »

1° Aire géographique :
La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins tranquilles, la récolte des raisins, la vinification, l’élaboration, l’élevage et le conditionnement des vins mousseux et pétillants sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département d’Indre-et-Loire : Chançay, Noizay, Parçay-Meslay, Reugny, Rochecorbon, Tours-Sainte-Radegonde, Vernou-sur-Brenne, Vouvray.’

3° Aire de proximité immédiate :
L’aire de proximité immédiate, définie par dérogation pour la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins tranquilles et la vinification, l’élaboration, l’élevage et le conditionnement des vins mousseux et pétillants, est constituée par une partie du territoire de la commune de Nazelles-Négron du département d’Indre-et-Loire (partie du territoire au nord de la route départementale n° 1 et à l’ouest de la route départementale n° 75).’
‘XI. ― Mesures transitoires:’
‘2° Aire de proximité immédiate : 

A titre transitoire, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins tranquilles peuvent être assurés jusqu’à la récolte 2013 incluse sur le territoire de la commune du département d’Indre-et-Loire de Montlouis-sur-Loire.’

 •

Since there was a special dérogation introduced for Nazelles-Négron, it seems odd that there wasn’t a similar permanent dérogation for Montlouis as both Chidaine and Blot had vines in Vouvray when the current décret passed into law. Jacky Blot has vinified 14 vintages of his Vouvray at Montlouis, while François Chidaine bought the Clos Baudoin in 2001.

Furthermore the 2011 décret allows very little time – just two years – for producers based in Montlouis to make alternative arrangements even if that was practical.    

Neither Jacky Blot nor François Chidaine have any real need to put AC Vouvray on their labels in order to sell their wines. It is their reputations as top quality producers that counts. Should François and Jacky chose to label them as Vin de France or AOP Singes they would still sell their wines with no problem.

This latest affair has echoes with that of Pomerol where limitations on where Pomerol could be made were judged by the Conseil d’Etat, France’s Supreme Court, too restrictive and two recent décrets were annulled. See here with an explanation of the case and its issues from AX10Juris here.

One of the key issues in the Pomerol case was the distance from the vineyards to the vinification facilities because of the concern of possible oxidation of the grapes if there was a long delay between the grapes being picked and arriving at the winery.

This issue may yet play a role here. It is 20.9 kilometres by road from the furtherest point west at the gates of Tours of the Vouvray appellation – the Abbaye Marmoutier to Nazelles-Négron, the furtherest point east where it is permitted to vinify Vouvray. From Chidaine’s Clos Baudoin in Vouvray it is 11 kilometres to his new winery in Husseau, which is part of the commune of Vouvray. It is a little further from Blot’s Vouvray vineyards: 18 kilometres from Le Clos de Venise to his vinification facilities, which are also in Husseau.

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