Les 5 du Vin

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Balade en Fitou maritime

De Leucate, bon nombre de touristes ne connaissent que la station balnéaire de Port Leucate ou la plage naturiste de la Corrège.

Mais il est un autre Leucate – le village, avec son ancien château, duquel on a une vue panoramique sur l’étang et sur le vignoble du Fitou maritime.

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Et puis surtout, pour les amoureux des belles balades, le plateau (classé Natura 2000).

Ce promontoire calcaire abrite un vignoble de micro terroirs variés; en suivant les sentiers, le visiteur découvre tout à tour des galets, de l’argile, ses schistes roses et même des sables dans les creux, sables apportés par le vent depuis le front de mer.

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Un sentier serpente jusqu’à la côte, dégageant de superbes vues entre les murettes et les bosquets d’amandiers et d’oliviers.

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Des bornes en pierre jalonnent le parcours (l’étymologie latine de Fitou n’est elle pas La Borne?), avec comme symbole une roue.

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Les derniers rangs de vignes dégagent une vue sur la Grande Bleue.

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Nous voici au sommet de la falaise dominant la petite station de La Franqui.

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L’herboriste et le naturaliste apprécieront à sa juste valeur la richesse de la flore méditerranéenne

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L’amateur de vin, lui, pourra retrouver un peu de cette palette dans les vins issus de ces terroirs particuliers.

A titre d’exemple, je vous conseille les cuvées suivantes :

Cave de Leucate « Cap 42 » 2015

Le Fitou à l’ancienne. Solide, assez discret au nez, un peu râpeux. On aime ou on n’aime pas. Ce n’est sans doute pas le vin que je choisirais pour un apéro en terrasse; mais sur une daube, hmm ! Carignan, Grenache et Mourvèdre.

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Domaine de Carpy 2014 Cuvée Vue imprenable

La vue imprenable, c’est sans doute celle qu’on a des falaises de La Franqui. Le nez imprenable, c’est celui qu’on a dès que le vin est versé dans le verre, à savoir de la griotte, de la prune, du thym et un joli fumé qui rappelle le lapsang souchong. La bouche, elle, est moyennement tannique, mais très fraîche – le thym fait place au romarin et à la lavande, c’est plutôt tendu pour un 2014. Servi en magnum.

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http://www.cap-leucate.com/

Domaine Maynadier, Fitou Sélection 2015

Cécile Maynadier perpétue l’histoire d’une famille vigneronne installée à Fitou depuis 1697. La maison (une ancien relai de postes) voit aujourd’hui passer plus de semi-remorques que de diligences, mais le vin, lui, reste bien ancré dans la tradition fitounenque.

Sa cuvée Sélection est Issue de Carignan et de Grenache à parts égales, complétés d’un peu de Syrah, elle présente un nez de cerise et de prune, accompagnées de notes de poivre; le boisé est bien fondu, plus toast que vanille; les tannins montrent le bout de leur nez en finale, mais enrobés de fruit mûr qu’ils sont, ils ne vous maltraitent en rien les papilles… Comme quoi, on peut être pétri de tradition, et élaborer des vins qui la renouvellent.

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http://www.domainemaynadier.com/

Mas des Caprices Retour aux Sources 2015

Rejetons de grandes familles de vignerons alsaciens, Mireille et Pierre Mann, après un passage par la restauration dans leur région, décident de s’installer à Leucate en 2005. L’appel de la terre – et de la mer – devenait trop fort ! L’appellation Fitou leur sembla taillée à leur mesure. Le domaine compte 14 hectares aux parcelles disséminées en grande partie sur le plateau calcaire de Leucate, plus quelques arpents sur les schistes de l’appellation. L’ensemble est conduit en mode biologique depuis 2009, date à laquelle le domaine a quitté la cave de Leucate.

Cette cuvée reflète bien leur histoire et signe leur engagement; le carignan et le grenache, abondés de mourvèdre et de syrah, ont puisé dans les schistes roses, les calcaires et les argiles mélés des notes de fruits rouges et de zeste d’orange, que l’élevage a complété de cacao et de moka.Les tannins sont très bien fondus, la finale fraîche avec un retour du fruit et une note de zan.

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https://mas-des-caprices.com/

Domaine des Fenals Quid Novi? 2016

C’est Marion Fontanel qui élabore cet ovni viticole – ovni, parce qu’il s’agit d’un 100% Carignan. Au début de l’AOC Fitou, en 1948, personne n’y aurait rien eu à redire, mais aujourd’hui, c’est interdit sous l’appellation. Meiux vaut en rogoler, et boire de pur jus de fruit noir délicieusement fermenté, frais et réglissé, avec une petite touche de menthe et de sel en finale. Au fait, Marion loue aussi des gîtes, assez près de Leucate et de La Franqui pour pouvoir profiter des activités estivales, mais assez loin pour bien se reposer.

http://www.lesfenals.fr/

 

Et pour faire bonne mesure, j’ajoute un VDN en joker (car oui, Fitou aussi fait partie de l’aire des Rivesaltes):

Cave Cap Leucate, Rivesaltes Ambré Royal

Coing, noisette, marasquin, noyau de cerise,  praliné et caramel, ce vin est un monstre de complexité, mais sa bouche reste légère – et l’alcool et le sucre se font discret, on croit même percevoir une peu de la salinité des embruns de La Franqui – et si c’est de l’autosuggestion, tant pis, c’est bon quand même!

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Et maintenant, à vous de jouer!

Si cette petite balade vous a donné envie, n’hésitez pas à contacter l’Office de Tourisme de Leucate, qui pourra vous concocter un itinéraire personnalisé, et vous renseigner sur les autres éléments du patrimoine local (le Fort, la Grotte des Fées, la Redoute…), les activités saisonnières (comme le Mondial du Vent, si vous êtes un adepte des sports de glisse), les festivals, etc.

Hervé Lalau

 


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Valpolicella 2/2

Last week I attempted to present the complexity of the various denominations that exist within this fine wine region of the Veneto, in North-Eastern Italy. Here I will talk about a few of the producers there, following my recent visits and tastings.

This poorly framed and hastily taken shot of a relief map of the Valpolicella region explains quite a lot about the importance of site selection in this region. I always think that « site » is a much more suitable term than the very vague and tendentious term « terroir ». As you can see, it was taken at the Guerrieri Rizzardi estate, which has an interesting garden but whose wines did not impress me and so are not commented in this article. The section of hills to the left, just by the Lake of Garda, is devoted to the denomination Bardolino, which you can see is separated from that of Valpolicella by the river Adige that flows down from the Alps. Although made mainly from the same grapes, the styles of Bardolino is curiously different, lighter and slightly peppery according the the few that I tasted.

The 4 Castagnedi brothers who run this fine estate. Paolo, who did the honours so well on our visit, and who is in charge of the winemaking, is on the left. 

Tenuta Sant’ Antonio

I first encountered the wines of this producer a few years ago when I was part of a press trip to taste the Anteprima sessions of the Amarone wines in Verona. I remember especially liking this producer’s wine and later visited their premises, situated on a hilltop with spectacular views all around. You have to mean business to get there, but it is well worth the winding road uphill. This year I returned, taking a group of 3O with me. This winery belongs to a family called Castagnedi, of which four brothers currently managed all aspects. They produce a wide range of wines exclusively from their own vineyards which are divided amongst two neighbouring appellations: Valpolicella and Soave.

White wines (so NOT Valpolicella)

Scaia 2017 : made with the local variety Garganega, together with some Chardonnay, this is light, crisp and fresh, finely perfumed, quite delicious and retails for just 8,5 euros a bottle at the winery.

Soave 2017 : mainly Garganega with some Chardonnay. Just 4 grams of residual sugar, this is more rounded but just as fine. 8 euros.

Telos 2016 (no added sulfites) : a proof that one can make excellent wine without adding sulfites of one is very careful, technically speaking, at all stages. This is also a Garganega/Chardonnay blend. Rounded and nicely perfumed with a silky texture. Good intensity. 10 euros

Soave Superiore Monte Ceriani: 100% Garganega. This has more substance, as well as showing that touch of bitterness on the finish that one finds in so many italian wines, both white and red. It also has more complexity and greater length that the other Soave, so it justifies its title of « Superiore ». Not much more expensive either at 9 euros.

Red wines

See my article of last week for details of the intricacy of the various techniques used in Valpolicella and the appellations that correspond to these. One should also of course remember that within these technical and administrative boundaries, the individual style decided by each wine maker and the vineyard characteristics combine to create an infinite set of nuances that at times seem to cross these boundaries.

Valpolicella Superiore Ripasso Monte Garbi

Lovely flavours of bitter cherries combine with with lots of delicacy in the wine’s texture. Very good length. At 12 euros, this is an excellent buy and a very good introduction to the Ripasso style.

Telos Rossa 2014

As mentioned in the white wine section, the Telos range is made without any added sulfites. The technical mastery of the Castagnedi brothers ensure that this is achieved without any deviation. The nose is especially lively, intense and with a slightly peppery edge. It makes me wonder whether this sharpness of focus is partly the result of the lack of added sulfites….to be investigated at some point). It also brings up the bitterness in the wine, perhaps to a point that makes it less agreeable to many. The tannins seemed a bit harsh also. I preferred the previous wines. Bring back the sulfites please! 11 euros

Valpolicella Superiore La Bandina 2013

This wine spent 24 months in large barrels (500 litre hogsheads), and at least another 12 months in bottles before being first put on the market. The nose is magnificent and the texture is fine. Good intensity and excellent length. 16 euros

Telos Amarone 2011

This « no added sulfites » range seems to be sold outside the Soave or the Valpolicalla designations: at least the wines are labelled and listed as such. The wine is clearly powerful in its aromas and flavours, with a fabulous quality of fruit. Full-bodied and refined at the same time Excellent length, but for me the balance tips just a shade on the alcohol side. It certainly has lasted perfectly without the protective cladding of sulfites. 25 euros

Amarone di Valpolicella, Selezione Antonio Castagnedi

The first impressions on the nose reminded my instantly of bitter chocolate and made me want to combine these two substances. Firmly structured, powerful and warm, with that unique (to Amarone) combination between rich fruit flavours and bitterness. I think that I preferred this wine to the one with no sulfites. 25 euros

Amarone di Valpolicella, Campo dei Gigli 2012

A single vineyard wine. Quite lovely, full of energy, intense and refined and showing the best overall balance of the Amarones tasted here to date. This is not to be missed by amateurs of the genre and is still well worth the higher price tag of 47 euros.

Amarone di Valpolicella Riserva Lilium Est 2007

This wine, which is only produced in the very best vintages, is aged in various containers for at least ten years before release. This is therefore the latest vintage available. It shows a slight whiff of volatile acidity on pouring, but who wouldn’t after ten years waiting in the sidelines? Nothing over the top, just enough to add a bit of lift and edge to the aromas. Huge richness and complexity. It has enormous length and its tannins are still surprisingly powerful. There is probably some of the Osoleta grape in the blend, which could explain this. I would keep this for another 5 or ten years before drinking it. One for collectors perhaps. 85 euros.

Recioto della Valpolicella, Argille Bianche 2011

Here, with the sweet but unfortified type of wine from the region, the nose is just packed with aromas of black chocolate and dark cherries. On the palate there is a magnificent and quite unique association between bitterness and sweetness. Splendid balance and, naturally, considerable length. 24 euros (half bottle).

Seen at the Serego Alighieri Estate, which still belongs to the descendants of Dante but which is managed by Masi: these beautiful 5OO litre hogsheads made of cherry wood. They finish their top wines in these after 18 months spent in oak barrels of the same size. They cost even more than the oak equivalent as the trees have not been grown with this usage in mind, so there is far more wastage on account of knots and so on. They add roundness and a certain perfume to the wines they hold, in particular Amarones.

Masi

This is certainly the best-known producer of the region, at least on export markets where it has pioneered the various types of local wines, especially in markets like Canada, the USA and Japan, and several others as well. Masi has conducted a lot of research into the drying process and used long, bamboo-slatted trays that are placed on racks and rotated in their air-conditioned drying chambers to ensure that there is not difference between the levels. It was interesting here to taste dried grapes from several of the local varieties they used, and to note that the Osoleta variety, which cannot exceed 10% in the blends, is almost totally dry and raisined at the end of the process. Its impact in terms of tannins is thus considerable and it seems to be used rather like salt and pepper to adjust this tannic aspect of the wines.

a rack of the grape drying trays at Masi’s cellars. The slats are made of bamboo, which is rounded so as not to break the skins, hard on the outside and very resistant to liquids.

Rosso Veneto, Campo Fiorin 2014 (50th anniversary)

For reasons that are not entirely clear to me, and which seem to have much to do with marketing considerations, Masi has taken some of its wines, including this one, out of the Valpolicella designation. The acidity is quite pronounced the tannins are of average intensity but the bitterness shows that this has used the ripasso technique. Very dry finish. Decent wine, but a touch austere for my palate on that day.

Amarone du Valpolicella Classico, Costasera 2012

Moderately powerful in the impact of its alcohol, but extremely refined in both flavours and texture. It has excellent structure from fine, sinewy tannins. A very refined example of Amarone.

Allegrini

Bacchus lives! one of several in fact, sculpted in the wonderfully strange Villa della Torre which has been bought and gradually restored without destroying the spirit of the place by Allegrini. This is well worth a visit, and so are the wines. 

Allegrini is another well-known producer on export markets, but who uses, when compared to Masi, a slightly different approach to the technique for drying grapes for those types of the Valpolicella range that use them. This involves shallow plastic crates with just one layer of healthy bunches. As always, no grey rot at all is permitted as this would rapidly spread and spoil the process and the flavours. They do not air-condition their drying rooms, preferring strong ventilation which is helped by large built-in fans.

White wine (just one tasted)

Soave 2016. 80% Garganaga, 20% Chardonnay. Perhaps the best of the Soaves tasted on this trip, with a possible exception or two among those tried in wine bars but not noted (Pra, Pieropan, for example). Manages to combine good liveliness with a certain form of smoothness (the signification of the word « Soave » could be « suave »). Fine and relatively lingering on the palate. This is vibrant and clearly defined.

Red wines

Valpolicella Classico. 70% Corvina, 30% Rondinella. Complex spicy and smoky hints on the nose that mingle with bitter cherries and something more earthy. Very good, simply delicious, with lively fruit flavours and excellent length. This is certainly the best of the « basic » Valpolicellas that I tried during this trip.

IGT Veronese, Palazzo della Torre. 40% Corvina, 30% Corvinone, 25% Rondinella, 5% Sangiovese. This unconventional blend removes it from the Valpolicella denomination, but it does use the Ripasso technique, « re-invented » as they say at Allegrini. In this instance, 70% of the wine is fermented directly after the harvest, and the remainder comes from bunches that are dried for 4 months before being pressed and the resulting juice blended into the base wine, thus restarting a fermentation. The difference being that skins are not used in this second « ripasso » process. The wine has plenty of intensity, but the tannins are far lighter than with the traditional Ripasso technique. Fine, juicy and long. Very good.

Amarone della Valpolicella Classico 2014. The nose is magnificent ! Intense aromas of cherries and something a little yeast-like. Its very smooth and voluptuous texture wraps all this richness, like Sophia Loren dressed in satin. A lovely example of an Amarone. Gave this 17/20.

Other wines tasted in restaurants and wine bars

Quite a few were tried but I find it almost impossible to take notes when concentrating on other things like conversation, ordering the wines and ensuring that things run smoothly for the group that I was conducting in this case.

I did mention last week the fabulous Valpolicella Superiore from Dal Forno Romano. Despite the fact that this producer is not within the Classico part of Valpolicella, this wine was clearly at a level above the others, both in its intensity and sheer quality, and also in its probable ageing capacity. The fact that it sells from about four times the prices of the others is also a consideration of course. Cult wines are usually « cult » for a reason, and in this case it is clearly one of quality. But one must be able to pay the prices asked to be able to enjoy them.

Map of Verona, through which flows the Adige, very full of water last week. Great place for a morning run along the banks

Go there and taste the wines! The landscapes and the buildings are often very spectacular and Verona is a beautiful city full of good wine bars and just so close to the vineyards. And now you know that there is much more to Valpolicella than the indifferent stuff from the big cooperatives and so on that fill the wine lists of pizza and pasta places around the world.

David Cobbold


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Rolet, une institution jurassienne change de mains

Cela faisait un bail que la fratrie Rolet voulait vendre ses 65 ha de vignes, vu qu’aucun de leurs enfants n’avaient envie de prendre la suite. Mais pas facile de vendre un aussi gros domaine en un seul morceau. Et à un repreneur dans leurs cordes, avec le même esprit familial. Ce repreneur, ils l’ont finalement trouvé avec les Domaines Devillard.

On dira encore une institution jurassienne qui part aux mains des Bourguignons. Il est vrai que depuis ces dernières années les investissements bourguignons sont de plus en plus nombreux. Reconnaissance tardive d’un voisin pour un vignoble qui jusque-là ne valait pas une roupie de sansonnet à ses yeux?  Quoi qu’il en soit Éliane, Pierre, Guy et Bernard Rolet vont enfin pouvoir jouir d’un peu plus de loisirs, j’en suis content pour eux. Et j’espère encore les rencontrer, histoire de parler de ces vins du Jura qui sont passés du discrédit à la gloire en quelques années.

Ça fait longtemps

Éliane et Pierre, ça fait vingt ans qu’on se connaît. Ils furent parmi les premiers Jurassiens du vin rencontrés lors de mon premier reportage. Le sujet, c’était le Vin Jaune. Tout un programme, et le leur, sans détour, apparaissait (et apparaît toujours) comme un modèle du style arboisien, ample, frais et savoureux. Le reste de la gamme s’inscrit dans la plus pure tradition jurassienne, mais une tradition évolutive, sans aucun archaïsme. J’espère de tout cœur que les repreneurs garderont cette philosophie qualitative et feront encore évoluer les vins dans ce sens. C’est ce que les Rolet nous affirment dans leur communiqué : «Nous partageons avec les Domaines Devillard la même passion à élaborer nos vins en conciliant tradition et modernisme. C’est une nouvelle ère qui démarre pour le Domaine Rolet Père et Fils avec l’entrée au sein des Domaines Devillard qui ont l’ambition de continuer à développer cette maison, tout en lui conservant son identité et ses savoir-faire».

La tradition se cache derrière la porte qu’ouvre Pierre Rolet…

Les repreneurs

La famille Devillard possède le Château de Chamirey (Mercurey), le Domaine des Perdrix (Nuits Saint Georges), le Domaine de la Ferté (Givry) et le Domaine de la Garenne (Azé), en association avec les familles Flambert (du Groupe Hôtelier Parisien) et Dupuis (du Groupe Venum – Dragon Bleu).

Elle abonde dans le sens des Rolet: «Le Jura était pour nous une évidence car nous avons de nombreux points communs. Deux cépages bien entendu, mais surtout une topographie très proche de la Bourgogne et une réelle proximité géographique. Les vins du Jura bénéficient aujourd’hui d’une excellente image, voire d’un effet de mode. Néanmoins, nous ne souhaitons pas surfer sur une tendance. Par définition, ce qui est à la mode se démode. Nous nous ancrons dans la durée comme l’ont fait, dans notre famille, les générations qui nous ont précédées. Nous sommes très heureux d’accueillir le Domaine Rolet Père et Fils au sein des Domaines Devillard. Ce sera l’évolution, sans la révolution. Le Domaine Rolet bénéficie d’une image excellente et produit des vins de grande qualité. Nous partageons la même philosophie : celle de produire les plus grands vins possibles, dans la plus belle expression de leur terroir, marqués par l’équilibre et l’élégance. Notre volonté est de consolider la réputation, la qualité des vins et la distribution du Domaine Rolet Père et Fils, en France et à l’Export. Une nouvelle page s’ouvre, dans le respect du savoir-faire, dans la tradition et la modernité », précisent Amaury et Aurore Devillard, les dirigeants des Domaines Devillard.

Nous verrons bien, mais ce qui nous réconforte, c’est le maintien du domaine dans le club Vignobles & Signatures. Cela nous donnera l’opportunité de les rencontrer.

Avec toute mon amitié,

Ciao

Marco


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Valpolicella and its many different wines (1/2)

Satellite panoramic map of 45° 35′ 46″ N, 11° 7′ 30″ E which shows how the Valpolicella region has been forged from furrows that form valleys running south and east down from the foothills of the Alps, immediately north of the city of Verona which lies on the Adige river down in the plain than stretches down to the Adriatic.

Valpolicella is one of Italy’s best known wine appellations, but the intricate details and complexity of the styles of wine from this large region in the province of Veneto, just north of the city of Verona, are perhaps not so well known. A recent trip there refreshed my memory and I will try to explain some things in this article. Next week I will talk more in detail about some of the individual wines from the producers that I visited on this trip.

The term Valpolicella itself comes from a mixture of Greek and Latin, signifying « valleys of many cellars », and I suppose that this in turn certifies the long-standing history of wine production here. The grape varieties are all local, with four main ones, which are Corvina, Corvinone, Rondinella and Molinara, and several other more minor ones that, individually or collectively, cannot surpass 10% in the final blends. This sort of rather arbitrary restriction ,plus other concerns such as marketing, mean that some producers opt out of part or all of the denomination system for at least some of their wines.

To begin with, there are two different appellations based on a territorial distinction. Valpolicella and Valpolicella Classico, the latter being essentially determined by the historical heartland of the zone that lies in the hillier ground to the north-west of the Valpolicella region, equally north and west of the city of Verona. This is where theory and practice begin to separate, causing another possible layer of confusion. In theory, the best « terroirs » are within the Classico part, at least that is what the holders of these vineyards say. But when you look at a shelf of wines from the region, you might well notice that by far the most expensive wines come from a producer, Dal Forno Romano, who is within the « simple » Valpolicella region, and thus does not have Classico status. I have tasted his wines on various occasions, including once on this trip in an excellent wine bar/shop In Verona called Signorvino, and they definitely hold up to their high reputation. Price is another matter, partly driven also by small production and high demand creating cult status. So we see, as in so many other cases around the world, that quality is not just based on place, but on the talent and hard work of the wine producer, and also that good viticultural spots may lie outside the most reputed regions.

Then we also have, in the case of both Valpolicella and Valpolicella Classico, a higher level of wine called Valpolicella Superiore (as with the Dal Forno wine shown above), which has slightly more stringent production constraints in terms of yield, alcohol levels and ageing. But we are not finished yet, and I will have to go to the end of the chain, as it were, to explain how the links in-between came to exist.

The other three types of wine, each of which form an official category clearly mentioned on the label, are all based on different production techniques. As in many parts of Italy, there is in this region a tradition of producing sweet wines from dried grapes, both red and white. Valpolicella produces just red wines, and their sweet wine category, made with the same grapes as the dry wines, is called Recioto di Valpolicella and has probably existed as a recognized type for a very long time. The grapes are dried for 3 to 4 months on racks indoors and then are pressed and fermented, the fermentation being stopped by chilling the tanks, leaving between 70 and 130 grams of residual sugar in the wine which is then aged in (usually) large barrels, mostly of oak but sometimes also of cherry wood. These wines have not been fortified and generally have between 13% and 14% alcohol levels.

Probably at some point fermentation went through to the end by accident on one of these wines and it was discovered that the result was a powerful (15 or 16 degrees of alcohol) dry, intensely tannic and richly fruity wine that had, naturally, a solid touch of bitterness on the finish. Bitterness is a strong component of Italian food and drink culture (think expresso, roquette or Campari, for example). In the 1950’s, this dry wine became known as Amarone (amaro being Italian for bitter) and was defined as a new type which later obtained official DOCG status as Amarone della Valpolicella. These wines are made therefore with dried red grapes that are pressed and fermented slowly after a few months on indoor drying racks, then undergoing a fairly long ageing process in mostly large barrels.

So we now have a fair stylistic range with a bit of a gap in the middle, in between the lighter Valpolicellas and the much more powerful Amarones. This has now been filled by an intermediate style that has also become an official category and which is called Valpolicella Ripasso. It can come from the Classico region or not.  « Standard » Valpolicalla has some dried grapes added to it, which kicks off a second fermentation and also increases the intensity of the flavours, including the tannins. In other words it puts some muscle on what is otherwise usually quite a light red wine. And adds a characteristic hint of bitterness, with flavours like bitter cherries.

Now all of that makes for quite a big range and producers often cover all categories, adding in for good measure some additional wines such as single vineyard versions of any of the above categories. And when you take a look at the relief map above, the combination of variable altitudes and very different vineyard orientations, not to mention different grape combinations, you already have a vast palette of possibilities and options here.

More to come next week….

David Cobbold

 


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Grenache du Monde 2018, moments choisis

Les concours, du moins ceux qui en valent la peine, sont propices à moult opportunités. Tout d’abord les vins dégustés, ici en l’occurrence des Grenache venus de partout ousqu’on en fait, des amis qu’on retrouve, de nouvelles connaissances, on parle plusieurs langues, on visite des lieux parfois improbables, on goûte la cuisine locale avec bonheur ou pas, on apprécie les architectures des différents endroits qu’on visite, bref, on passe quelques jours riches… en bonne compagnie, Marilou partageait avec moi ce déplacement en Terra Alta, région catalane organisatrice du Mondial du Grenache 2018.

Voici quelques moments choisis illustrés

Soirée à Barcelone sur la Rambla dans un endroit kitch au possible l’Opera Samfaina, Marilou vous en a déjà parlé. Je n’ai pas du tout capté la philosophie de ce lieu particulier dont quelques parties font plus flipper que donner envir de manger ou de boire.

Heureusement, il y avait du beau monde…

Tarragone l’antique, et la visite guidée qui nous appris l’intérêt de César auguste pour la cité. Il y résida même 3 ans.

Mais après quelques rues typiques, quelques églises et ruines romaines, une pause Vermut s’impose.

 

Quel délice ! Un verre de boisson amère bu entre amis sur une petite place baigné par le soleil de presque midi, moment qui oublie un instant le temps, temps d’une gorgée, petite échappée avant de retrouver nos compagnons de concours.

 D’un lieu à l’autre, d’aisance pour certains

On peut remarquer, pour les habitués, la transformation subtile de cet urinoir qui au départ devait quelque peu tacher les godasses (je en vous fais pas un dessin messieurs)

Le concours

Nous voilà à Gandesa pour les deux matinées de concours. Une cave coopérative qui date des années 20 et dont les portes peu hermétiques laissent passer un courant d’air froid (le temps était merdique), ce qui ne facilite pas la dégustation. N’est-ce pas Marilou

Mais l’ambiance est bonne, le rythme assez rapide et les découvertes au rendez-vous. Comme ce Grenache des Marche che m’ha fatto scoperire un giornalista italiano dont je ne retiens jamais le prénom, mais c’est le gars à la table de Marilou avec ses lunettes.

J’ai certes aimé celui publié par Marilou, mais j’ai préféré Cinabro, un Bordò très élégant, mais rare comme les autres Bordò, moins de 8 domaines en produisent. Je compte en parler plus longuement, si je réussi à avoir quelques échantillons.

L’architecture

Déjà à Grandesa, le style de la coopérative témoigne de cet élan populaire qui voulait un lieu de travail beau pour ses ouvriers, coopérateurs émérites qui sortaient la campagne du marasme.

L’autre exemple visité est La cave coopérative d’El Pinell de Brai.

À l’époque les associations de paysans viticulteurs font appel à des architectes connus comme Gaudi et ses disciples qui si l’on regarde bien ont repris le style ‘mudejar’, c’est du moins mon interprétation (les Mudéjars sont des musulmans devenus sujets des royaumes chrétiens de León, Castille, Aragon et Portugal lors de l’expansion de ces royaumes vers le sud durant la Reconquista. Parmi eux maçons et architectes qui appliquaient la façon arabique aux églises chrétiennes). Donc reprise de ce style particulier dans les années 20 pour construire ces cathédrales du vin dont les dentelles de briques impressionnent par leur élégance arachnoïde.

De beaux verres

 

Dans un patelin perdu de la Terre Alta, Batea, le bon peuple qui va déguster le bon vin dans les ruelles étroites le fait avec des verres dignes de ce nom !

En France (vive la France et sa belle vaisselle disparue) ça n’existe pas. Et je ne supporte plus de déguster, ni de boire dans un verre INAO, le riquiqui est obsolète. Par contre à Batea, nous avons pu apprécier de très jolis vins, il y en avait plus qu’un peu, dans de grands verres signé Riedel (dans leur version mécanique), quel plaisir !

 

Et en très bonne compagnie, Fabrice Rieu, au milieu, président du concours, et Stéphane Zanella, à droite, directeur général des Vignerons Catalans.

Un peu de cuisine locale, c’était bon, un peu roboratif, et je ne me souviens plus du nom, ni de tout ce qu’il y avait dedans

Tout a une fin,

Dîner de gala dans une église sans toit. Le village, Cordera, l’un des derniers bastions des Républicains lors de la guerre d’Espagne, est resté dans son jus (dans ses ruines), seule l’église a gardé ses murs presque intacts mais pas son toit aujourd’hui recouvert de panneaux transparent, ça fait bizarre, mais permet de voir les étoiles par ciel dégagé.

 

Remerciements de Joan Arrufí, président de la DO Terra Alta (vous trouvez pas qu’il ressemble un peu à Carles Puigdemont…

Malgré les conditions climatiques un peu rude pour ce début de printemps en Catalogne, on garde tous le souvenir d’un accueil chaleureux et une envie de montrer ce qu’ils savent faire ces vignerons de la DO Terra Alta. D’ailleurs, eux, comme le reste des producteurs de la Péninsule, ont compris l’importance que pouvait avoir ce concours pour démarcher les marchés à l’export comme les USA. Une médaille au concours facilite les échanges commerciaux entre pays exportateurs et importateurs. Remarquons qu’à part le Roussillon, terre fondatrice du concours, le reste de la France productrice de Grenache est pratiquement inexistante…

Adéu

 

Marco


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Après les blancs et les rouges, voici les Sancerre rosés

Quant on dit rosé, on pense tout de go à la Provence. Mais cette dernière n’a pas le monopole de la tendre couleur, bien d’autres régions la proposent, comme la Loire. Bien entendu, rien à voir avec la production méditerranéenne, là plus au nord, les équilibres sont quelque peu différents. Et parmi les appellations les plus réputées, choisissons quelques rosés de qualité – pourquoi pas à Sancerre?

Les Sancerre rosés ça existe, certains le savent, d’autres l’ignorent totalement. Pour ces derniers, apprenons-leur qu’ils sont issus du seul cépage Pinot noir en saignée ou en pressurage direct et élevé en cuve inox pour l’extrême majorité. Les sols à dominante calcaire leur génèrent une fraîcheur agréable qui met en évidence un fruité souvent épicé. Tendre, ils plaisent à l’apéritif. Mais nombre d’entre eux offrent suffisamment de densité et de longueur pour se retrouver à table pour bien accompagner une partie du repas ou plus. Ils comblent alors les convives de leurs saveurs délicates offertes sans chichi.

Voici quelques rosés pour le printemps ou l’été…

Et si d’aventure, il vous en restait par après, n’ayez aucune crainte, leur fraîcheur et leur densité leur permettent la garde, comptez une poignée d’années et une belle surprise au bout.

 

Domaine des Trois Noyers 2016 Sancerre

 

D’une jolie couleur abricot, il respire la pêche jaune et la mangue avant d’évoquer la framboise et la groseille, un rien de poivre souligne les notes fruitées. La bouche est d’emblée séduite par l’agréable fraîcheur et l’onctuosité de ce rosé délicat. On y retrouve le mélange de fruits jaunes et rouges du nez, épicés cette fois de curcuma. Densité et longueur, mais aussi fruité et fraîcheur, en font un rosé à la fois d’apéritif et de repas.

Ce petit domaine de 8 ha existe depuis 1966 et appartient à la famille Reverdy-Cadet. Il se situe à Verdigny en Sancerre au nord-ouest de Sancerre.

reverdy-cadet@wanadoo.fr

Domaine Michel Vattan 2016 Sancerre

 

Rose à reflets carmin, au nez de jus de grenade et de cerise sublimés par l’élégance d’un bouton de rose. Quelques senteurs minérales et un rien de fumé s’en exhale aussi. La bouche vineuse plaît tout de go. Sapide et saline, elle nous offre avec délectation un quartier d’orange confite dont l’amertume délectable de l’écorce renforce la fraîcheur. Vient encore une exquise cerise au marasquin poudrée de poivre noir. Un rosé particulier.

Un rosé de pressurage direct.

Le domaine situé à Maimbray, au nord-ouest de Sancerre, existe depuis 1930. En 3 générations, il est passé de 2 ha de polyculture à presque 10 ha de vignes. Initialement propriété de la famille Vattan, la propriété a été reprise en 2008 par Nathalie et Pascal Joulin qui y travaillaient depuis 2002. Leur fils Rémy les seconde aujourd’hui.

http://michel-vattan.com

Cuvée La Grange Dîmière 2016 Domaine Jean-Max Roger Sancerre

 

Robe rosée légèrement violacé, parfumée de gelées de framboise, de fraise et de groseille avivée par le trait un rien vanillé du citron vert. La bouche élégante nous fait songer à la fraise des bois et de framboise sauvage rafraîchies de fruit de la passion. Quelques pétales de rose et un brin de lavande ajoutent leur complexité à ce rosé de jolie soif.

Rosé de pressurage direct dont les Pinot Noir viennent des terroirs à silex. L’élevage se fait sur lies fines. La Grange Dîmière fait référence à une ancienne Grange aux Dîmes de Bué qui constitue la partie la plus ancienne du chai de vinification. Bué est le village d’origine de la famille Roger installée là depuis le 17e siècle. Aujourd’hui, le domaine couvre 26 ha en Sancerre. Jean-Max Roger y travaille avec deux de ses trois fils, Etienne et Thibault.

Pascal et Nathalie Joulin et leur fils Rémy photo Jim Bud

www.jean-max-roger.fr

Domaine Hubert Brochart 2016 Sancerre

 

Saumon pâle à l’écaille dorée, il hume les pâtes de fruits rouges où se reconnaissent le melon, l’abricot et la pêche teintés d’écorce de mandarine poivrée. La bouche gourmande savoure le charnu des fruits, se rafraîchit de leur jus, se régale des épices, cumin et paprika, qui le relèvent. Un rosé pour toute occasion.

Rosé de saignée de Pinot Noir qui viennent pour moitié des sols d’argile, le reste des terroirs à silex et des calcaires. Le domaine, créé fin 19e s, s’étend sur plus de 60 ha partagés entre Sancerre, Pouilly Fumé et Vin de Pays.

www.hubert-brochard.fr

Duc de Tarente 2016 La Cave des Vins de Sancerre

 

Rose aux reflets améthyste, nez d’agrume et de fruits rouges qui rappellent le kumquat, le cédrat, la groseille et la framboise avec un rien de sous-bois et de menthe fraîche. Un joli jus coule en bouche. Onctueux, il flatte les papilles par la douceur de sa texture. On y retrouve en pagaille, les fruits sentis. Réglisse et curcuma les soulignent et les font s’incruster dans l’assise minérale. Un rosé sapide et puissant.

Rosé de pressurage direct et élevage en cuve inox.

La Cave des vins de Sancerre, fondée en 1963, est l’unique coopérative de l’appellation Sancerre. Elle se compose de 92 vignerons adhérents répartis sur 12 communes.

www.vins-sancerre.com

La Rabaut 2016 Domaine Joseph Mellot Sancerre

 

Rose saumoné au nez d’agrumes confits très poivrés complétés de fruits rouges entourés d’un trait de réglisse. La bouche donne l’impression d’être sage, large et ample, bien équilibrée par une vivacité bien intégrée dans la densité fruitée. Cela donne envie aux papilles d’investiguer, de révéler avec plus d’intensité le fruit. Sans détour elles mettent en exergue fraise, grenade, orange sanguine, cerise, …Il leur suffisait d’un rien se concentrer.

Rosé issu de pressurage direct.

La famille Mellot remonte au 16e s, César Mellot était même conseiller pour les vins à la table de Louis XIV. Jadis liés, les Mellot se séparent en 1969. Edmond et Joseph Mellot font alors une scission de la maison Alphonse Mellot. Joseph Mellot reprend la suite du chai et lui donne son propre nom. Aujourd’hui, le domaine compte une bonne centaine d’ha répartis sur les principales appellations de Centre Loire.

www.josephmellot.com

 

Espérons que la saison estivale soit propice à la dégustation de quelques rosés de Sancerre. Frais, bien fruités, souvent vineux, ils peuvent égayer autant les apéros gourmands que les repas d’été.

 

 Ciao

 

Marco


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Domaine Chiroulet, how to make Gascony great (and good)

The church of Heux, in Tanarèze, next to Domaine Chiroulet. Looks like a house with a bell-tower, welcoming you.

With my apologies both to Philippe Fezas and to the current US President for using and abusing a slogan of the latter’s campaign. Fezas is (thankfully) in no way comparable to Donald Trump, so do not get this allusion wrong! What he has achieved, however (and not just said that he would achieve) is to show the small world of wine just how good the wines from the Armagnac region of Gascony, both white and, more unusually, red, can be. He has done this by a combination of vision, competence, thought and hard work, to which one must naturally add the potential of his specific territory. And he has done this without the aid of any spectacular financial means: just his and his family’s hard-earned pennies and loans from the bank.

Philippe Fezas in front of some of his vessels

So where and what is this small pearl called Domaine Chiroulet? About 10 kilometers west of the ancient and sedate town of Condom, south nd a little inland from Bordeaux, and which is capital of the part of the Armagnac region know as Ténarèze, on rolling hills where vineyards are intersperced with pastures and fields of cereal crops, and the hilltops and crannies are covered with woods. The house and winery lie in a tiny hamlet called Heux (you pronounce the final consonant in Gascony), whose magnificent small charch that dates back to the 13th century is another local treasure. And Philippe Fezas’s top dry white wine comes from this hillside and goes by the name of « La Côte d’Heux ».

How it all started at Chiroulet, back in the late 19th century. Now tractors rule

The Chiroulet vineyards cover about 20 hectares, which is a surface that has been multiplied by four since Philippe’s father took over the estate that used to be a mixed farm and whose wines were mostly distilled to produce Armagnac. Armagnac is still produced here, but Philippe saw the possibility of also producing good wines, having started his professional career, having obtaned his enology diploma in Toulouse, at Tariquet, one of the the pioneers and current leaders of the local Côtes de Gascogne designation. The first step was to gradually reshape the vineyard by planting lower-yielding and more suitable varieties and clonal selections. Sauvignon Blanc, Gros Manseng and Petit Manseng have partially taken the place of Ugni Blanc for the whites, whilst Merlot, Cabernet Franc and Tannat have been planted to produce the red wines. Cabernet Sauvignon, also trialed here, has a hard job ripening here and has almost been abandoned after some years. The name Chiroulet comes from the Chiroula, a local cold wind that flows northwards from the Pyrennes to the south and probably just drops the temperature below the range needed for fully ripening Cabernet Sauvignon. Local climate explains a lot of things.

My tasting

The white wine range of Chirolet includes two dry and two sweet wines.

Terres Blanches 2014

Gros Manseng, Sauvignon Blanc, Ugni Blanc (retail cellar-door price : 7,20 euros)

Quite firm and its natural acidity is still well in place. Clean and well made with fruit flavour still fresh, if a little simple, and a pleasant hint of bitterness on the finish (13/20)

Terres Blanches 2016

Slightly fuller in body, softer and rounder with lots of charm and good complexity. I also found the flavours more precise and the length superior to the 2014. A good wine at this price. (14,5/20)

Terres Blanches 2017 (recently bottled)

Still very pale in colour and with some CO2 lurking inside. The texture has not yet smoothed out and it seems dominated by that slightly grassy Sauvignon character. Not quite in place yet for me.

La Côte d’Heux 2016

100% Gros Manseng (retail cellar-door price 9,50 euros)

A different style of dry white wine here with fuller body and a rich feeling of tropical fruit flavours on the palate that totally avoids any heaviness thanks to its crisp freshness. Lovely balance and good finish (15/20)

La Côte d’Heux 2012

Just to show the fine ageing capacity of this wine! Point well made here with glorious richness and intensity of flavours. Deliciouly fresh and long. Excellent (16/20)

Soleil d’Automne 2016 (semi-sweet white)

Gros & Petit Manseng (retail cellar-door price : 8,70 euros)

The flavours are intense and complex in a fine balancing act that shows fruit and roundness to the fore, then lingering freshness to lift the finish. Good and easy to dring (15,5)

Vent d’Hiver 2014 (sweet wine)

100% Petit Manseng (retail cellar-door price : 15,50 euros)

Another delicoups wine, with even more intensity in both the fruit flavours and the freshness. As long as it is lively. (16/20)

A Rosé

Le Temps des Fleurs 2017

Merlot, Cabernet Franc, Tannat (retail cellar-door : 6,25 euros)

Fne texture for this delicously crisp rosé that combines floral and fruity flavours with excellent precision. Good persistance. As with so many contemporary rosés, I would love to see a bit more colour here, and this would also bring more flavour elements. But fashion seems to rule the rosé market, sadly! A very good buy. (14/20)

Red wines (range of 3 wines)

Terroir Gascon 2016

Merlot, Cabernet Franc, Tannat (retail cellar door price : 7,70 euros)

Fermentation, maceration and mturing in a mixture of concerete and wooden vats plus some used wood barrels.

Quite an intense ruby red colour. Flavours of plums and prunes. Slightly rustic texture but very precise and fine fruit quality. Good value (14/20)

Grande Réserve 2015

Merlot, Tannat (retail cellar door price : 13,50 euros)

Intense ruby to purple colour. The nose still shows some influence from the barrel ageing, but the textural effect of this is most beneficial, making the sensation on the palate smooth without destroying the impression of freshness. Careful extraction has not impeded excellent length and the fresh silky finish signs a very fine wine et this price level. (15,5/20)

Grande Réserve 2014

The colour does not seem any older than the 2015. The wood ageing is still very noticeable with its added flavours of spices. Rich and suave on the palate, very juicy and flavoursome (15/20)

Terra Nostra 2009

Tannat, Merlot (retail cellar-door price : 23,50 euros)

I cannot do this even more ambitious wine proper justice as I tasted it during a meal. I found the oak once again a bit too invasive. The acidity is also still lively and this wine seems amazingly young for a nine-year old. Quite chunky still. (no mark, to be fair)

Conclusion
Philippe Fezas has not finished surprising us with the quality of his Gascony wines. A trip around his vineyard showed me how carefully and thoughtfully they are farmed. His modern winery, inaugurated in 2010, and totally self-sufficient in energy, uses the best of technology in a sensible way in order to make the most of his grapes. He has more ideas than I can list here, moving forward, and I am keen to see how things will evolve in the future, with his forestry plans amongst other things. For the moment, here we have a very fine range of wines from Gascony with, in all probability, even greater things to come.

David Cobbold