Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

#Carignan Story # 183 : Quand le K bis devient un cas d’école

2 Commentaires

Premières lampées, premières bouchées, premières becquetées devrais-je dire dans le sens où je le picore plus que je ne le croque ou ne le bois : comme souvent avec le sieur carignan, on sent que le vin a besoin de s’ouvrir et que, pour bien faire, on devrait le carafer sans attendre. Petite dureté de bon aloi à l’attaque, mais rien de grave, juste un signe d’amitié. Quelques minutes après, le vin s’aborde mieux, avec plus de charme et des notes de fraises écrasées. De gentils petits tannins se manifestent mais sans trop de rugosité. On va l’attendre. Le lendemain, c’est beaucoup mieux : tendresse, douceur, velouté, fruit un peu moins marqué mais tout de même bien présent, équilibre, longueur, son alcool (14°5) ne se fait pas sentir. En trois mots : un-beau-vin. Qui tout de même un prix puisqu’il se commercialise à 18 € départ propriété. Après tout, pourquoi pas dès lors qu’il assure et qu’il est bien présenté.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Et ce n’est pas parce qu’il se revendique Vin de France qu’il faut le négliger. Son auteur, Matthias Wimmer, œnologue à la direction du domaine depuis 10 ans (le propriétaire se nomme Christian Raimont et c’est un financier passionné de vin) l’a bien compris qui a tout fait pour que son deuxième « K bis » (ne pas confondre avec cet autre « K » dont je vous entretenais il y a quelques semainessoit à la hauteur de son amour déclaré pour le Carignan. Après un premier 2007, l’idée est que ce Carignan né sur les cailloutis calcaires ne soit élaboré à part que lorsque le millésime convient parfaitement.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Précision qui a son importance, le Carignan est un provençal à part entière, un «  K» bis, certes, mais aussi un « cas » d’Éole puisque tel est le nom du domaine qui l’a vu naître. On pourrait même oser le jeu de mots « cas d’école » tant il est représentatif de ce que l’on peut faire de bien avec ce cépage à condition de le prendre en estime et en considération. Étrangement, ceci dit en passant puisque le carignan qui nous intéresse est, rappelons-le, Vin de France, le territoire du Domaine d’Éole, sur la commune d’Eygalières, beau village des Alpilles, ne bénéficie pas de l’appellation Baux-de-Provence comme il le devrait pourtant, vu son emplacement, mais profite de l’AOP Coteaux-d’Aix-en-Provence.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Les vignes, menées en biologie, ont la bonne cinquantaine en moyenne. Leur rendement est limité à 20 hl/ha grâce à une taille rigoureuse, un ébourgeonnage efficace, des vendanges manuelles incluant un tri à la vigne. Rien qu’avec de tels préceptes, on ne devrait faire que du bon, à raison de 4.000 bouteilles. Éraflés, les raisins ont macéré une douzaine de jours à température contrôlée entre 30 et 32° avec des remontages réguliers, ce qui explique cette belle texture lisse ressentie en bouche. Le vin a ensuite passé 18 mois en cuve ciment puis embouteillé et bouché avec un beau liège « naturel » non sans avoir été filtré je suppose – ou j’espère – très légèrement.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Son maître conseille pour son « K » une température de service allant de 16 à19° et il n’a pas tort. Je l’approuve aussi totalement lorsqu’il parle de le marier à un gigot d’agneau ou à un petit gibier à plumes. Moi, je penche pour des grives…

Michel Smith

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

2 réflexions sur “#Carignan Story # 183 : Quand le K bis devient un cas d’école

  1. Michel, il est curieux de noter tous ces vins qui utilise la lettre K comme titre principal. Je connais un Château K, à Bergerac, conduit par une norvégienne, Katerina Mowinkel (très bons vins, mais je n’ai pas dégusté depuis le 2005), puis il y a Troteligotte, à Cahors, ou Emmanuel Rybinski décline ses diverses cuvées en jouant sur la lettre et la consonance K : K-ors, K-lice, etc.

  2. Curieux en effet, David. Je me souviens bien du K de Bergerac qui semble avoir disparu de la circulation… On parle aussi d’un vin afghan (K-bulles) au goût de résine de Kanabis. Et d’un vin grec baptisé K-ducée… ;-)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 10 510 autres abonnés