Le vin au restaurant : rien ne va plus !

La place du vin serait-elle de plus menacée dans la restauration française ? Bien sûr il y a encore par ci par là de fort belles exceptions, beaucoup même. Des auberges simples, à l’image de cette Auberge du Crussol qui, dans un cadre unique, fait vibrer la cuisine du terroir avec des vins voisins de Saint-Péray, Cornas et Saint-Joseph, des restaurants sûrs comme Le Chameau Ivre ou Les Bons Amis à Béziers, ou bien encore des bars à vins élégants et parisiens à l’instar du Frenchie, rue du Nil en plein coeur de Paris où, dans un large choix, on trouve chaussure à son pied pour un prix raisonnable, hormis les grosses pointures de Bourgogne ou d’ailleurs, bien entendu.

Photo@MichelSmith

Ces adresses mariant cuisines et vins, et bien d’autres encore, vont évidemment contredire ce qui suit, mais combien sont-elles celles qui jouent réellement le jeu du vin ? Combien reste-t-il de restaurants qui accordent au vin la considération qu’il mérite ? Je dois dire qu’à mes yeux la tendance n’est pas au beau-fixe dans ce domaine, surtout si l’on regarde du côté de la bière qui progresse, elle, à une vitesse folle et qui semble s’imposer de facto sur les tables, notamment à l’heure du déjeuner, sans parler des sodas et des eaux à bulles qui envahissent les tables de nos terrasses désormais prises d’assaut. Dans l’ensemble, le vin n’a plus le beau rôle et, même chez les grands chefs, on le relègue au second plan au profit de l’eau minérale qu’on laisse bien en vue sur la table du client tandis que le vin, lui, est caché loin des regards sur une vulgaire desserte.

Photo@MichelSmith

Ce constat, peu enthousiaste il est vrai, a le don de me mettre en rogne. Toujours selon moi, le réel danger viendrait de la désinvolture d’une bonne partie de la restauration tricolore actuelle, danger qui implique l’ignorance – quand ce n’est pas de la paresse – de patrons aubergistes, chefs et autres « cuisiniers-bistrotiers » et, par conséquence, hélas, celle de leur personnel. Dur. Tout ou presque est à l’image de la cuisine standardisée que l’on cherche à nous faire ingurgiter au travers de la pub télévisuelle. Plus personne ne veut s’emmerder avec la gestion d’une cave, même modeste, laquelle sert désormais à entreposer tout et n’importe quoi, jusqu’au congélateur. Puisque le «chef» ne fait plus ses courses que via l’Internet, pas question de se donner du mal : une simple carte avec moins de 10 références suffira. C’est tellement plus agréable de n’avoir qu’un seul et unique interlocuteur qui vous livre en une seule fois le papier-cul, le gel hydraulique, les serviettes en papier, les nappes, la «limonade», les fûts de bières pression, l’eau minérale en force, le petit rosé en bag in box, le blanc de concert et accessoirement deux ou trois rouges et un champagne au cas où. Puisque l’époque nous l’accorde, allons-y, cédons à la facilité ! Peut-être y a-t-il trop de créations d’établissements, marchands de frites minables, de burgeristes lamentables, de gastro-bistros uniformes et de pizzerias infamantes ouvertes par des usurpateurs qui se croient et se disent restaurateurs alors qu’ils n’ont probablement jamais ouvert un livre de cuisine.

Trop d’improvisation, de mauvais goût affiché autour de la cuisine (un tour en Italie et on voit la différence !), trop de diabolisation, trop d’inculture, de manque de discernement, de mépris pour le consommateur, envers le vigneron aussi, me conduisent à ce triste constat qui n’a – hélas ! – rien de nouveau : la place du vin à table est en péril.

C’est du moins ce que j’ai pu constater dans ma petite ville de province (devrais-je dire «territoire»), ville qui se targue pourtant de développer son attractivité touristique et qui se vante d’un passé « vin de masse » avec un titre auto-décerné de «Capitale mondiale du vin» dans une région, il est vrai, où la vigne est encore bien enracinée et où le vin de qualité est chaque année de plus en plus évident. A moins de me tromper lourdement, ce qui est fort possible, à moins de n’être qu’un piètre observateur de nos habitudes comportementales, le manque de considération pour le consommateur intéressé par le vin m’apparaît de plus en plus criant, du moins si j’en juge par une récente expérience, à Béziers. Au passage, Béziers c’est là où je vis, une ville gérée comme chacun sait par un maire abstinent au niveau du vin et qui soutient les restaurateurs en mangeant parfois à leur table, souvent plus par obligation, un peu comme s’il était un moine en veille de jeûne, c’est-à-dire le plus frugalement possible. Un mode de vie qui le regarde, mais qui lui permet d’être en forme pour les plateaux de télévisions spécialisés dans l’insulte et la peur de l’autre. Bref, passons…

Photo@MichelSmith

Donc, revenons à ma récente expérience dans ce Béziers que j’aime de tout mon coeur. Comme un retour sentimental dans cette même ville où il a débuté jadis sa prestigieuse carrière, le chef Gilles Goujon, triple étoilé de Fontjoncouse dans les Corbières, a profité de la pause covid pour mettre la main sur un ancien restaurant étoilé du centre-ville du nom de l’Octopus, à deux pas des Allées qui sont (presque) l’égal des Champs Elysées, toutes proportions gardées. Gilles a rénové le lieu et la cuisine, changé le nom pour l’Alter Native (on est très corrida à Béziers), y a ajouté forces bouquets de fleurs, installé une petite troupe de serveurs en tenue et de cuisiniers bien formés dans une ambiance «sonnez tambours, résonnez trompettes, vous allez voir ce que vous allez voir !», et c’est l’appétit au ventre et la curiosité en bandoulière que je me suis dit que j’allais me précipiter pour me faire plaisir en profitant du patio réquisitionné pour 20 couvert seulement. Certes, connaissant l’animal, je ne m’attendais pas à une cuisine bistrotière alerte et bon marché. En bon naïf que je suis j’espérais un menu du déjeuner flirtant avec les 30 € avec une dose d’alléchantes surprises de la mer accompagnées de bons vins languedociens à prix… disons «raisonnables», vins qui sont légion en Languedoc comme vous le savez certainement depuis le temps que vous nous lisez. Il faut savoir qu’autour de Béziers les vins locaux sont confiés aux restaurateurs à un tarif professionnel variant entre 3 et 10 € la bouteille hors taxes. Mal m’en a pris, car nonobstant un choix limité de menus (deux, dont un à 85 €, l’autre à 115 €, plus proches d’un triple étoilé pour un établissement pour le moment non étoilé !) je me suis senti doublement agressé – navré, je n’ai pas d’autre terme – par les prix proposés sur la carte des vins. 

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Du coup, afin de sauver ma bourse (et mon budget retraite), j’ai opté pour le moins onéreux d’entre eux – et ils étaient deux ou trois seulement dans ce cas -, en choisissant la cuvée Tradition du très régional et très rassurant Domaine Léon Barral (Faugères) sis à 25 km au nord de Béziers. Millésime jeune (2017), certes, mais mûr et assez facile dans cette version, carafé comme il faut et rafraîchi à ma demande, le tout en un service fort bien exécuté par un sommelier de haute-volée, le rouge a heureusement fonctionné tout au long du repas, dessert excepté lorsque le chef a jugé bon de me faire goûter une curiosité (rouge également) dont j’ai oublié le nom jugeant, du haut de mes 73 ans arbitraires presque tous les mariages vins-desserts, hormis le Sauternes, le Porto, le Madère, le Rivesaltes et le Banyuls, comme illusoires. Pardon Marco, pardon Marie-Louise pour cet écart de jugement et ce parti pris. Fini le menu de midi à un prix abordable ! Fini le bon vin du pays que l’on met à l’honneur non sans fierté à un prix décent !

Photo@MichelSmith

Et voilà peut-être pourquoi je m’étonne avec tant de véhémence que le vin se casse la gueule. Prix de ce vin local, je rappelle le moins cher de la carte : 70 € ! Il est vrai que le vin au restaurant est un éternel sujet de mécontentement, un éternel débat. Et que les chefs ne viennent surtout pas pleurer sur leurs charges sociales considérables qui les obligeraient faire des marges scandaleuses. Pour info, le vin choisi pour ce repas de déconfinement tant attendu est en vente chez d’autres restaurateurs alentours pour un prix variant entre 20 et 30 €. Avec un service moins guindé il est vrai. 

Photo@MichelSmith

Épilogue : depuis ce repas mémorable, je me suis mis aux pâtes et à la Manzanilla, histoire de me refaire la cerise ! 

Jeudi prochain, Marie-Louise revient. Ce sera pour notre plus grand bonheur !

Michel Smith

14 réflexions sur “Le vin au restaurant : rien ne va plus !

  1. CHRISTIAN PECHOUTRE

    Bonjour,
    C’est malheureusement le constat, en général, il faut « se rattraper » sur les vins !
    Je me demande pourquoi nous devrions continuer à former les sommeliers de demain ?
    Il y a encore beaucoup à faire dans notre métier
    Merci pour votre blog et félicitations
    Salutations
    Christian

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  2. BERNARD BARDOU

    Salut Michel, comme toujours en témoin privilégié, tu fais un constat accablant que l’ on partageait avec les participants à l’ étape de CHT9 du Pape des « Grenaches du Monde »: nos hôtes nous disaient que le service du vin dans les établissements d’ Aix en Provence & Avignon était globalement affligeant : « Turn over » des serveurs, achat des vins chez Métro ou France Boissons, tout cela va dans ton sens. Peut-être y a t-il un gros travail de fond à faire avec les instances locales ou régionales de restaurateurs pour leur expliquer qu’ils ont tout intérêt à utiliser leurs budget formation dans ce sens. Donner de la formation sur le service des vins et spiritueux, les accords Mets & Vins, et les encourager à avoir des accords gagnant /gagnant avec les vignerons – acteurs de la filière – qui du coup viendront aussi plus souvent chez eux ! à méditer

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    1. Suis d’accord, Bernard. Mais lorsque j’ai démarré dans le vin les accords n’étaient pas ma tasse de thé et encore moins ma priorité. En revanche, j’avais – j’ai toujours – soif de découvertes, soif de curiosités, soif de rencontres. Je me souviens de Didier Bureau, un de mes sommeliers préférés, lorsque nous allions le voir dans son restaurant étoilé, il jouait littéralement avec nous en nous proposant des flacons à l’aveugle ce qui nous permettait de progresser dans la joie. Sans nous ruiner, en fonction d’un budget établi au débotté, au début du service. Nous le faisions encore entre complices il y a quelques années dans un restaurant de Catalogne où, sans oublier notre assiette, nous étions en mesure de nous offrir dans la joie de grandes bouteilles de la Côte d’Or dans des verres magnifiques sans pour autant nous ruiner. C’est cette joie participative autour du vin que les restaurateurs doivent rechercher et non cette honte qui consiste à reléguer le jus de la treille à l’arrière-plan, à le servir dans de simples verres, à l’imposer chaud, à ne choisir que des vins connus sans aucun esprit de découverte. L’audace a disparu au profit de la banalisation, de la facilité et de la médiocrité.

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    2. georgestruc

      Constat affligeant, il est vrai. Cependant, on remarque que de plus en plus de maisons modestes jouent le jeu de proposer des vins de grande qualité à des prix acceptables, issus de producteurs « locaux » ou peu éloignés, sous forme de découvertes associées à un met. Ce sont des établissements dépourvus de sommeliers (charge trop importante) mais dotés d’une direction qui recherche, souvent avec succès, des vins intéressants que les convives apprécient ; signe tangible : ces maisons-là reçoivent fréquemment une clientèle de vignerons.

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      1. Oui, Georges : il reste pas mal de bons restaurants où le vin a le rôle qu’il mérite et qui est le sien. Je l’ai dit en préambule en livrant quelques « découvertes » récentes. Il y en a d’autres, fort heureusement.

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    1. PLASSERAUD ADRIEN

      Pour votre information le Chef Goujon doit bien peser 100kilos. Mais je sais qu’il frétille encore. Perso je me rejouis qu’il soit de retour à Béziers. Il pouvait rester tranquille à Fontjoncouse complet 3 mois à l’avance ce qu’il a de gros : C’est les COUILLES !

      Merci Grand Chef d’être là

      Adrien

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  3. MIchel, ton constat m’attriste beaucoup, je veux continuer de croire qu’il ne reflète pas la majorité des restaurants. Georges a raison, il y a encore beaucoup de restaurateurs passionnés par les vins. Et aussi beaucoup de sommeliers, mais ils n’ont pas tous une liberté d’agir totale. Ton expérience est bien triste, mais il faut se garder de toute généralisation.
    MLB

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    1. Marie-Louise, l’espoir fait vivre et je garde encore un peu d’espoir. Il y a encore et je l’ai affirmé des restaurateurs sincèrement soucieux du vin et de ses amateurs. Il n’en reste pas moins vrai que le vin est de plus en plus « déclassé » dans la restauration quand il n’est pas diabolisé ailleurs. Mais bon, on en reparlera dans dix ans…

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  4. Gilles Goujon

    Michel,

    Allons allons un peu de sérieux et de retenue. S’il vous plait, mais d’où vient cette malveillance et cette incitation à la haine concernant le nom d’un restaurant qui plus est de poisson. Depuis 30 ans que nous nous connaissons il est vrai que nous n’avons jamais été super copain. Mais tout de même sachez, je vous prie, raison garder.

    Bref revenons à notre nom,

    Alter Native en 2 mots :
    Alter : l’autre
    – L’alter égo : l’autre moi en qui j’ai confiance
    – L’autre restaurant que j’ai confié à mon chef Quentin, mes fils Enzo et Axel.

    – l’Alter-mondialiste : l’autre façon de penser, éco-responsable :
    pas de viande seulement du poisson de pêche responsable et des légumes du même acabit etc…
    l’Alter-Native le choix entre Fontjoncouse et Béziers.
    Courant alternatif succession de courant pour la succession de mes enfants.

    Native :
    Parce que Marie Christine ( dit Titi de la Grangette ) mon épouse depuis 38 ans est née à Béziers qui plus est le 8 septembre, jour de la nativité.
    Voyez-vous, point de taureau, sauf dans vos fantasmes malveillants.

    Laisser croire que je fais l’apologie de la souffrance animale n’ait pas anodin…

    Par ailleurs, je n’ai jamais annoncé ouvrir un bistro, je pense que Béziers est largement pourvue et de plutôt belle façon d’ailleurs. Donc loin de moi l’idée de venir sur un marché déjà bien occupé.

    Effectivement nous n’avons pas de formules du midi pour l’instant et surtout tant que nous sommes en jauge réduite mais il est clair que vous n’avez aucune idée de ce que peut être un entrepreneur. Nous aurons toujours du mal à s’entendre sur ce point.
    Imaginez un menu à 30 euros pour 30 couverts chiffre d’affaire 900€ par service. Expliquez-moi comment je rémunère ce personnel si attentionné, si passionné à votre service et votre écoute et le chef sommelier que vous reconnaissez compétent.

    Ne mériteraient-ils pas un salaire décent ?
    Peut-être pensez-vous que toutes ces personnes qui se sont occupées de vous avec bienveillance et passion valent peu…

    Par ailleurs vous êtes venu chez nous le 5ème service de notre ouverture de la création du restaurant et que nous avions déjà pas loin de 200 références de vin sur notre carte.
    Comme vous ne parlez que de vin, nous pourrions trouver cela normal puisque c’est votre crédo. Je voulais simplement vous rappeler que comme beaucoup que vous critiquez, nous sommes restaurateurs. Jusqu’à preuve du contraire le restaurant est un lieu pour se restaurer, manger, déguster, assouvir sa faim… Et bien sûr comme le veut la tradition à la française et les arts de la table : le service du vin !
    Pour la soif il y a aussi d’autres adresses avec la recommandation de la modération bien sûr…

    Vous êtes un défenseur de la vigne et du vigneron, très bien.
    Sachez que moi aussi et ce depuis plus de 30 ans. Vous pensez qu’il faut vendre nos vins régionaux départ cave 8€ et au restaurant 4 fois moins cher que les autres régions ?
    Et bien je pense le contraire ! Il faudrait que nous soyions les artisans ( vous et moi ) de cette défense.

    Ne font-ils pas le même travail ?
    N’ont-ils pas les mêmes contraintes pour des résultats très souvent étonnants voir indiscutables.
    Nos vignerons survivent, il serait bien que grâce à vous, à nous, ils vivent de leur passion.
    Alors je considère depuis toujours que de proposer notre région au cœur d’une carte où toutes les autres régions sont représentées c’est mettre en avant l’Occitanie sans avoir à souffrir la comparaison pécuniaire et en évitant de les placer en tête de gondole promotionnelle où leurs prix seraient indécemment bas pour tous nos amis vignerons.
    Effectivement pour vous je comprends que vous préfériez dans un but d’économie vous faire plaisir pas cher.

    Vous ne parlez que de vin et fait écho que de « la troupe de serveur avec tambour et trompette vous allez voir ce que vous allez voir » ceux-là même qui vous ont servis de manière affable et si attentionné prévenu de votre haute personnalité…
    Vous ne faites même pas l’écho non plus de la cuisine, sachant que je connaissais l’homme depuis longtemps j’ai moi-même élaboré chacune de vos assiettes avec mon chef Quentin et la complicité de mon équipe en mettant vraiment une attention particulière à vous satisfaire. ( Pas un mot )

    Devons-nous prendre ce silence comme une offense ou un manque de respect ?
    Ou bien plus simplement confirmer que d’être obligé de dire quelque chose de bienveillant à mon égard vous est si difficile.

    Je voudrais aussi préciser que vous avez englouti :

    – Sardine lamparo de la tête à la queue,
    – Huitres du PèreJean Jean en gelée acidulée,
    – Tourte Flandry Celeri et truffe à partager, petite salade et sauce mélano,
    – Petite galette d’estofinado des hautes terres, morue et truite fumée en crème Verjus, caviar césarienne de Saint Guilhem le Désert,
    – Filet de lieu jaune en croûte viennoise, asperge de pays en grenobloise aux agrumes,
    – Cocottes de légumes d’Eric Roy et gigotins de petite baudroie de méditerranée, sauce cressonière,
    – Chariot de fromages,
    – Fraises Mariguettes de Madame Balthazar, olives noires confites « 1992 », sorbet fleur de thym de Fontjoncouse, quelques petites madeleines

    Ce que vous avez vraisemblablement oublié de communiquer volontairement, pas l’envie de reconnaitre le travail des cuisiniers que vous avez pourtant souligné ce jour-là.
    Alors oui, Michel, vous vous êtes trompé d’endroit mais je doute de votre naïveté comme vous dîtes.
    Pour le coup vexé et en colère, je vous confirme que si le prix, malgré les « offerts » ne vous convient pas ( en vous rappelant qu’il est affiché à l’extérieur du restaurant ainsi que sur le site etc )surtout si c’est la condition sine qua non de ne pas avoir à vous servir à nouveau à vos conditions.
    Mon équipe est en accord avec cela donc nous ne vous disons pas à bientôt et vous souhaitons une paisible retraite.

    Gilles Goujon

    PS : continuons chacun de notre façon à défendre la cause vigneronne que je connais depuis mon plus jeune âge et le lycée agricole de Limoux.
    VIVE LA CUISINE FRANCAISE, VIVE LES VIGNERONS DE NOS REGIONS, POUR QUE VIVE LES PASSIONS !

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    1. Gilles
      Merci de préciser en préambule les origines exactes de votre Alter Native.
      Ma remarque tauromachique n’était pas appropriée, j’en conviens, mais étant dans un haut-lieu de l’aficion (Béziers, ses arènes et sa féria…), je me suis senti autorisé de faire un clin d’oeil culturel à l’alternative pratiquée ici et ailleurs en début de féria. Je précise qu’en la matière, je ne suis ni pour, ni contre les courses de taureaux. Je n’ai pas d’avis sur ce sujet.
      Ma réelle présence ce jour-là dans votre restaurant était due à ma simple curiosité. Une curiosité toute naturelle d’aller voir ce qu’un chef de votre réputation, chef que je respecte et que je connais (un peu) allait bien pouvoir me proposer de nouveau en ouvrant un établissement à Béziers. J’attendais cela depuis plusieurs mois et j’avoue que cet empressement a fait que j’ai négligé de lire votre carte pourtant bien affichée à l’entrée de l’Alter Native. En réalité, je ne pensais nullement au prix qu’allait me coûter ma curiosité : je voulais juste voir, célébrer, goûter tout simplement. Je voulais y aller de bon coeur.
      Une fois bien accueilli et bien installé dans le patio, j’ai un peu tiqué sur les prix des deux menus. Du genre : « Il va fort, il est gonflé ». Mais bon, » j’y suis, j’y reste ! » comme disait je ne sais plus quel personnage illustre. Que voulez-vous, je suis un peu naïf. Et puis, les prix sont libres, non ? Et par ailleurs le repas s’est révélé spectaculaire, à la hauteur du prix proposé. Même si, je vous l’avoue en toute confidence, j’aurais aimé goûter quelque chose de différent, une cuisine qui me surprenne, qui me fasse dire : « Putain, je n’ai jamais goûté quelque chose d’aussi audacieux ! » Une cuisine qui me montre l’intérêt, la raison passionnelle (outre l’aspect purement sentimental) de votre prometteuse installation à Béziers, une ville que j’aime autant que vous y êtes attaché.
      D’où peut-être mon ironie que vous avez jugée blessante, je m’en excuse.
      Non, c’est surtout la lecture de la carte des vins qui m’a mis en colère. Beaucoup de clichés, des vins convenus, un tour d’horizon somme toute complet de la planète vin, et pourtant si peu (trop peu) d’audace, si peu de vins du Biterrois, de Saint-Chinian, de Faugères, etc. Je ne demandais pas la carte de Fontjoncouse avec tous les vins des Corbières et les autres, je voulais juste croire en une belle présence des vins d’ici. Une présence qui affirme un parti-pris, une petite « partition locale » avec des choix personnels quitte à les réactualiser au bout d’un mois pour donner libre court à votre vision du vin et de sa diversité régionale. De ce côté-là, j’ai été franchement déçu et je suis navré de voir que vous n’avez pas de raisonnement qui soit appréciable à mes yeux pour justifier ce manque d’ouverture.
      Et puis les prix aussi (il me semble d’ailleurs, à vous comme à votre sommelier, vous avoir fait part de mon étonnement à ce sujet entre deux plats), des prix si élevés pour que des personnes comme moi puissent ne pas avoir envie de venir se régaler ne serait-ce qu’une ou deux fois par an. En plus de la « grande carte des vins », pourquoi ne pas avoir pensé à une petite carte, très locale, avec des vins plus « abordables » pour le commun des mortels ? Des vins moins onéreux mais tout aussi magnifiques ! Tout cela m’a d’abord interpellé, puis offusqué c’est vrai. J’y ai vu comme du mépris à l’égard d’une région, « ma » région, du mépris à l’égard des vignerons du Biterrois et du Languedoc et c’est la raison principale pour laquelle mon sang de journaliste n’a fait qu’un tour.
      Voilà, c’est tout.
      Pour le reste je souhaite bonne chance à vous, comme à votre équipe.

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  5. BERNARD BARDOU

    Pour compléter et aller dans ton sens, Michel => on peut aussi réfléchir et commenter ce billet de l » UMIH : »Près d’un tiers des bars et restaurants ont toujours porte close, plus d’un mois après la réouverture des terrasses. C’est le constat de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH).

    👉 Comment expliquer ce phénomène, alors que la réouverture était attendue par bon nombre d’établissements? Il y a d’abord un problème de manque de main d’œuvre d’après l’UMIH.

    Les Métiers de l’Hôtellerie auraient-ils subi l’Effet Covid-19?

    Les jeunes après des études et des premières expériences « douloureuses » en service et cuisine, auraient ils envie d’un environnement de travail plus à même de lier vie sociale, vie familiale et vie professionnelle ? ou tout simplement d’avoir un salaire leur permettant de vivre ?

    Pour faire le lien avec le « billet doux » de Chef Gilles Goujon, qui tient à nous faire pleurer avec la juste rémunération de ses équipes, il oublie facilement de dire que lui et bon nombre de ses semblables, puisent dans la manne des stagiaires des Ecoles en Tous genres: « Ecoles Hôtelières » « BP Sommellerie », « Ecoles privées de Management Hôteier » où des jeunes avec
    des BAC + 2 voire Bac + 4/5 sont payées avec des gratifications allant de 400 à 700/800€ alors qu’ils font un travail à plein temps…..péniblement ils auront le smic hôtelier suivant leur contrat !

    Pas étonnant que nos jeunes talents, qui ont été formés en France ( comme ma fille, issue du Lycée Hôtelier de St Chély d’ Apcher ) partent de l’ autre côté de la Terre, en Australie, en Nouvelle Zélande, où elle travaille depuis 7 ans pour un salaire X1,5 à 2 fois celui qu’elle aurait en France, avec des conditions de travail bien moins stressantes. Elle se régale aussi avec un Management à l’anglo saxonne « moins autoritaire » plus participatif, qui a compris qu’ il fallait féminiser l’ encadrement et le management de ses équipes permettant aux jeunes femmes de donner libre court à leurs idées & mettre leurs compétences au service de leur établissement …..Enfin cerise sur le gâteau, elle n’est pas obligée de pleurer pour avoir 2% d’ augmentation, les idées qui rapportent de l’argent à l’ Enseigne ou au Groupe donnent lieu à des primes et en fin d’année, le Management informe le salarié de l’ augmentation qu’ il aura au vu des objectifs réalisés et des bénéfices fait par l’ entreprise……à méditer par certains qui ont dû mal à fidéliser ou recruter du personnel ! Sur ce, je vous souhaite le bonjour, nous vivons une époque formidable, pas vrai Michel !

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