Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Connus ou moins connus, des rieslings splendides

17 Commentaires

Lors de mon récent passage sur le salon Prowein, pendant trois jours, j’ai pu prendre deux heures pour visiter, pour mon plaisir personnel, rapidement et en dilettante, les deux halles dédiées aux vins allemands; et y déguster quelques rieslings. Par ailleurs j’ai eu la chance de partager un dîner avec des collègues du monde du vin pendant lequel nous avons dégusté un des plus grands rieslings qu’il m’a été donné de rencontrer. Je vais raconter cela en trois étapes, mais d’abord,  quelques remarques plus générales sur ce grand cépage.

Il est curieux et profondément choquant que l’Alsace ait réussit à bloqueur, pour l’instant, les plantations de ce cultivar ailleurs en France. D’abord, il ne leur appartient pas: il est allemand et de toute façon, de quel droit peut-on jouer les petits protectionnistes avec une variété de vigne? J’ai aussi l’impression qu’il y a bien moins de diversité de styles dans les rieslings d’Alsace qu’en Allemagne. En partie parce que le climat est plus uniforme, probablement. Peut-être aussi parce qu’il n’a a que trois clones de riesling autorisés en Alsace, alors qu’il y en a plus de soixante en Allemagne… Affaire à suivre….

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Etape 1

D’abord une belle série de vins d’une finesse cristalline, aussi délicats que purs, issus de l’appellation Mosel et du Weingut Pauly. Le domaine est situé à Lieser, qui est un village voisin de Bernkastel dans la partie centrale de la Moselle allemande. Les vins sont importés en France par la société South World Wines. Axel Pauly est bâti comme un troisième ligne centre mais il élabore des vins qui sont tout sauf massifs ! Le domaine comporte 9 hectares de vignes, cultivés en agriculture raisonnée. Ses parcelles les plus célèbres s’appellent Lieserer Niederberg-Helden et Bernkastel-Kueser Kardinalsberg. Les vignobles sont orientés sud ou sud-ouest, sur des sols très drainants de schiste si typiques de la zone. La pente y est souvent très impressionnante ici et peut même atteindre les 80 degrés ! Axel Pauly est un adepte de rieslings secs mais pas forts en alcool. Ses rieslings sont aussi heureusement libres de ces arômes d’hydrocarbure que je n’aime pas du tout.

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Ma dégustation des vins d’Axel Pauly (c’est lui sur la photo)

Trinkfloss trocken 2015

Un vin équivalent à ce qu’on trouve en Alsace sous les désignations edelzwicker ou gentil. Il assemble pinot blanc, riesling et elbling (un très vieux cépage, maintenant tombé un peu en disgrâce) dans un style accessible, souple et au fruité tendre.

Purist Riesling Kabinett Trocken 2015

Le nez est fin, aérien et (je ne trouve pas un autre mot plus approprié et cela me navre bien) « minéral ». La qualité du fruit est splendide, aussi pure que ronde : je pense que les vendanges 2015 y sont pour quelque chose. C’est juteux et sans austérité ni trace d’hydrocarbure. Sa longueur est surprenante pour un vin à l’abord si facile. Un délice abordable (autour de 15 euros).

Tres Naris Riesling Trocken 2015

Le nez est plus aromatique, avec une touche herbacée proche de l’estragon. A la fois plus tendre et plus intense que le Purist, les saveurs profondes de fruits blancs se prolongent vers une finale délicate avec une touche crayeuse.

Weissburgunder 2015

On méconnaît les pinot blancs allemands qui ont pourtant des belles choses à nous montrer, comme ce vin tendrement expressif, au fruité gourmand qui se combine à une grande finesse de toucher.

Helden Riesling 2015

Issu d’une des meilleurs parcelles du domaine, ce vin à un nez intense, aux accents fumés et aillés qui évoque bien le sol schisteux (mais est-ce mon imagination car je sais que c’est ce type de sol ?). Dense et précis en bouche, c’est un style plus terrien et plus austère que les vins précédents, clairement capable d’une belle garde. Longueur impressionnante.

Drei Helden 2015

Fin et frais au départ, puis plus intense, voire légèrement tannique. Sera un très beau vin mais aura besoin d’un peu plus de temps.

haus_2016Le chai moderne de Pauly, qui est couvert par des ardoises (what else?)

Etape deux

Après cela, je suis parti un peu au hasard à la recherche d’un stand vide où je pouvais découvrir autre chose, issue d’une région viticole différente de l’Allemagne. C’est cela qui rend ce type de salon professionnel si agréable à mon goût: l’absence de foules, combiné à une très grande diversité de producteurs et donc la possibilité d’effectuer des explorations guidées par le principe de serendipity.  Le hasard ce jour-là m’a guidé vers le stand de Bassermann-Jordan, producteur en Pfalz (Palatinat). Ce domaine familial qui remonte au début du 18ème siècle comporte 49 hectares et plus de vingt parcelles dont un tiers sont dans les catégories supérieures : erste lage et grosse lage dans la classification VDP.  Car le domaine est membre de ce  groupe de 200 producteurs allemands (Verband Deutscher Prädikats- und Qualitätsweingüter), qui avait organisé à Paris, en 2015, une dégustation mémorable.

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Ma dégustation des vins de Dr von Bassermann-Jordan

Tous les vins sont issus du Riesling, mais je ne sais pas qui les importe en France. Probablement personne, malheureusement, mais on peut les commander via internet. NB. J’aime bien leurs étiquettes.

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Riesling Trocken 2015 

Entièrement sec et très fin, avec une finale légèrement tannique (vaut moins de 10 euros en Allemagne).

Forst, Riesling Trocken 2015

Vin de niveau « village » (Forst). Intense et un peu plus tourné vers la chaleur, mais toujours dans le style parfaitement sec. Son caractère juvénile tend encore vers l’austérité (14 euros).

Forster Ungeheur « Ziegler » (Erste Lage) 2015

Un échantillon tiré de cuve. Vin très fin et précis dans ses arômes. Long et crayeux, il va plus loin dans le style austère (17 euros)

Deidesheimer Kieslberg 2015

Un vin d’un autre style: plus tendre et fruité, il donne l’impression d’une plus grande maturité des raisins, certainement à cause de l’exposition du vignoble. (15 euros)

Pechstein, Grosse Gewachts 2014

Relativement chaleureux, rond et puissant, avec toujours ce fruité magnifique, aussi ciselé que persistant. Un vin long et vibrant. (35 euros)

Jesuitgarten, Grosse Gewachts 2014

Ce vin possède une finesse étonnante. Il semble moins puissant que le Pechstein, mais conserve l’intensité d’un fruit aussi délicat que précis et qui, pour moi, est la marque des meilleurs vins blancs de ce pays. Vin splendide. (39 euros)

Hehenorgen Spätlese, Grosse Gewachts 2014

Le sucre résiduel est très raisonnable mais naturellement présent dans ce vins magnifique, et le toucher est aussi délicat que dans les versions trocken. J’ai oublié d’en demander le prix.

Cette série de vins rappelle avec force l’importante influence du site viticole sur la nature d’un vin, et particulièrement dans le cas du Riesling

Etape 3

C’est lors d’un dîner avec des collègues, invité par Willi Klinger d’Austrian Wine, que j’ai pu déguster un des plus beaux rieslings dont j’ai le souvenir. Vous m’excuserez mais je n’ai pas pris de notes car je n’aime pas faire cela lors d’un repas de ce type. Croyez-moi, le vin était grandiose !


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Reichsgraf von Kesselstadt, Scharzhofberger Riesling 2006

Ce domaine historique, dans la famille Reh-Gartner depuis les années 1970, touche les trois rivières de la région Mosel: Mosel, Saar et Ruwer. Le site Scharzhofberg se trouve dans la partie Saar et représente un des sites les plus frais, mais aussi les plus célèbres de la zone. Dans ce grosse lage (grand cru) , Reichsgraf von Kesselstatt possède 6,6 hectares orientés au sud avec des pentes qui varient de 35% à 60%. Le sol est composite : lœss avec schistes grises et rouges. Le vins du domaine vins sont importés en France par Terres de Vins, à Momans dur Isère, en Suisse par Wyhuss am Rhy, à Bâle, et en Belgique par Swaffou, à Vortselaar.

Il m’est difficile, voire impossible, de décrire ce vin de mémoire, d’autant plus que ce fut aussi un moment de partage avec mes convives. J’ai le souvenir d’une intensité presque miellée dans un corps parfaitement sec. D’une longueur exquise et presque douloureuse par le plaisir qu’il procurait. D’une impression que le temps ne comptait pas, et que ce vin pouvait aussi bien avoir 5 ans que 10 ou 20. J’espère le rencontrer une autre fois dans ma vie.

David Cobbold

textes et photos (sauf le bâtiment)

 

PS. Sur le chemin du retour, en voiture avec mon ami Gaëtan Turner, nous avons fait escale pour dîner dans la jolie ville de Maastricht et voici ce que j’ai vu dans le vitrine d’une boutique:

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Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

17 réflexions sur “Connus ou moins connus, des rieslings splendides

  1. David, je vais me faire l’avocat du diable (car je n’admets pas plus que toi que l’on restreigne l’usage du mot riesling sur l’étiquette d’un vin, a fortiori pour un IGP ou un vin de France, qui sont deux mentions censées octroyer plus de liberté au producteur).
    Ce protectionnisme dérive de l’usage par les Alsaciens des noms de cépages sur les étiquettes de leur AOC, Alsace. Ce qui a longtemps été une exception dans les AOC en France. Les Alsaciens ont donc peur qu’en permettant aux autres d’utiliser les noms de leurs cépages, on leur vole un peu leur âme. Pourtant, ils devraient plutôt être fiers de leur origine que de leur matériel végétal… Et faire confiance au consommateur, qui n’est pas totalement idiot et sait lire une étiquette.
    PS. J’ai bu de très bons Rieslings sud-africains.

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    • Bonjour, il est parfaitement possible de planter et de commercialiser Riesling et autres Gewurtz, d’ailleurs j’en produit moi-même en IGP Pays d’Hérault. Si cela est autorisé en IGP par contre cela est formellement interdit en vin de France avec mention du cépage sur l’étiquette, ce qui évite certainement à certains de se revendiquer d’alsace sans en être. A+ Jeff Carrel

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  2. Un grand merci David pour ce beau papier et sa finale de rêve avec ce 2006 du Reichsgraf von Kesselstatt.
    Juste une précision importante : l’âme de ce Domaine magique (une visite s’impose) est Madame Annegret Reh-Gartner, par ailleurs une Dame au parler-français comme toi et moi, grande ami d’Egon Müller et qui souhaite être mieux connue par ses vins sur les grandes tables européennes.

    Aimé par 1 personne

  3. Merci Monsieur Cobbold pour ce partage de découverte! Continuez! Je garde un excellent souvenir du restaurant Zarges à Francfort découvert sur cette page.
    Pour la petite histoire, un spätlese doux ne peux pas être Grosses Gewächs, les GG étant obligatoirement des vins secs.

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  4. C’est juste Thomas et merci pour le précision. Grosse Lage alors ?

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  5. Hervé, je trouve la position des alsaciens encore plus absurde et indéfendable que le riesling n’est même pas originaire de la région.

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    • David, je ne peux être aussi catégorique que toi.
      Ainsi, sur la page wikipedia en français de Riesling, on peut lire que le cépage est originaire d’Alsace
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Riesling_(c%C3%A9page)

      Alors qu’en langue anglaise et en langue allemande, on donne plutôt comme origine le village de Rüsselsheim, en Rheingau, tout en admettant qu’on en trouve la trace en Alsace dès 1477.
      Le point est donc très discuté.
      Mais cela me semble assez secondaire.
      Après tout, les Cabernets (franc et sauvignon) sont béarnais ou basques, mais personne n’empêche les Bordelais ou les Ligériens de les revendiquer…

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  6. François, j’ai hâte de visiter le domaine. J’ai regardé le petit film qui est disponible sir leur site et dans lequel on voit Madame Reh-Gartner et son mari qui fut un chef doublement étoilé.

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  7. rieslings Allemagne et Alsace

    Heureusement pour l’Alsace, outre l’approche quasi « mono »clonale du riesling 49, il y a aussi les sélections massales de riesling … Qu’ils s’agissent des variations climatiques ou des maladies émergentes, c’est la seule voie qui préserve une part d’adaptation et qui limite l’apparition des résistances.

    Il faut rappeler qu’en Allemagne, si une étiquette mentionne le cépage Riesling, seuls 85% du vin doit être à base de Riesling ; j(ignore ce qui se passe en Afrique du Sud.
    en Alsace c’est 100% ou rien, la France ayant une approche plus restrictive de la mention du cépage que l’approche commune à l’UE.

    Enfin, et surtout, l’Alsace qui est devenue française au 17ème siècle, a longtemps été située au sud du Saint Empire Romain germanique et le rüssling (gentil aromatique en français) prospère le long des 2 rives du Rhin depuis au moins le IXème siècle… l’héritage est plus que commun !

    difficile donc de dire que le riesling est « allemand » et encore plus d’affirmer que le consommateur sait lire une étiquette sur laquelle ne figurent que trop peu d’informations – je suis plutôt pour son information et éveil, à nous de les cultiver.

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  8. Bruno, à la limite peu importe d’ou vient ce cépage, mais je vais revenir sur quelques remarques dans votre commentaire qui ne me semblent pas totalement justes. Ce que je trouve indéfendable est l’idée qu’un pays ou une région puisse être autorisé à empêcher une autre région (ou pays) de planter n’importe quel cépage. Je pense que c’est un drôle de particularisme français et que c’est encore une bonne raison de critiquer l’INAO ou les autres instances qui ont plié l’échine devant ce type de lobbying.

    Vous faites référence au rüssling comme étant identique au riesling. Je crois que c’est faux. Ce lien étymologique fonctionne en revanche pour le rauschling. Ensuite, la première mention du riesling dont j’ai connaissance se trouve dans un document de 1435 et fait référence à un domaine de Rüsselheim (Schloss Katzenelbogen), près de Frankfurt-am-Main.

    Chose intéressante : le riesling à un lien de parenté avec le gouais blanc (qu’on appelle parfois le Casanova des vignes pour le nombre de ses descendants). Il serait donc demi-frère ou demi-soeur du chardonnay, du gamay, de l’elbling, du furmint, et du blaufrankisch entre beaucoup d’autres. Tout est lié, quelque part !

    Je ne suis pas certain de saisir le sens de votre dernière remarque. J’aime les étiquettes qui donnent des information claires et aussi complètes que possibles. Je trouve que celles qui figurent dans mon article en sont de bons exemples : on y trouve la région, le vignoble (quant approprié) le cépage et l’année, ainsi qu’une indication quant au style (trocken ou autre), et, bien sur, le producteur.

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  9. La seule chose qui me paraisse scandaleuse dans ton article David, c’est qu’un verre de bonne bière soit parfois plus cher qu’un verre de bon vin ! Bravo pour ton article pondu à la source !

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    • Michel, visite la « Brasserie de la Senne » à BXL. Tout est artisanal, tout ce qui est possible est bio (pas encore le houblon, car toutes les variétés ne sont pas dispo sous cette certification). Il y a 7 ou 8 bières »types », du plus sec et floral (à peine 4°) au plus corsé et malté (8° et au-delà). je suis revenu avec 72 bt de 33 cl ( les vides sont consignées à 0,10 euros) pour 90 € tout compris. Si tu trouves cela cher …
      A l’inverse, certaines vignes de Schoppenwein (au verre) très correct produisent 15 ou même 25 tonnes de raisin par ha (parfois 40 tonnes pour de l’Elbling au GDL mais alors ça se ressent) ==> si ton Puch avait seulement un dixième de cela, Emmanuel, Michel et sa bande feraient fortune!

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  10. Et oui, c’est assez triste cela Michel et de plus en plus vrai. Mais saluons aussi la montée des bières artisanales, phénomène initiés dans ne pays d’Oncle Sam en réaction à la domination des grandes groupes brassicoles et qui commence à s’étendre sérieusement en France, enfin.

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  11. Ne connaissant pas le sujet relatif à l’origine du Riesling et à son usage, je voudrais simplement dire, en accord avec votre NB, que les étiquettes du domaine Bassermann-Jordan sont magnifiques ; aujourd’hui, dans de nombreux cas (domaines), on les trouverait trop « chargées », vieillottes, alors que leur style très « art nouveau » se marie à la perfection avec les arabesques gustatives que vous avez décrites. Merci pour votre article, bien senti et « ressenti » (émotion en direct).

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    • Et pas que les étiquettes, cher géologue. J’ai le bonheur d’être CLIENT chez eux depuis que j’ai 20 ans (environ) et d’aller déguster le Saumagen au Deidesheimer Hof (c’est ce que Mme Thatcher avait reçu dans son assiette en compagnie d’Helmut Kohl!) assez souvent. Les vins de von Bassermann-Jordan sont réellement « top ». C’est notamment eux qui produisaient le vin que le plus grand ami de la France, le chancelier Otto von Bismarck, a réclamé peu avant son décès: le cru Ungeheuer obtenu sur la commune voisine de Forst.

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  12. Précisions car trop elliptique

    Il n’est jamais facile d’être compris dans une discussion de blog. J’apporte quelques clarifications sur ma position : en fait je pense que nous somme tout à fait d’accord sur le fond. Je voulais juste partager la difficulté d’être alsacien…

    Bien que vigneron alsacien, je suis pour que le cépage « riesling » – et les autres – , qui nous ont été reconnus en 1945/1962, puisse s’exprimer dans tous les terroirs où les vignerons ont le bonheur de pouvoir le cultiver. Je ne crains ni la libéralisation des droits de plantations ni la diffusion du matériel génétique, en grande biodiversité : les vins parleront ou non et la diversité des vins et des plaisirs y gagnera également.

    Ce raisin, qu’il soit celtique (cf hypothèses les plus récentes liée à la voie danubienne confirmée par la lecture des cartes génétiques de la vigne – reprise dans un petit ouvrage de la station de Geisenheim ds Rebsorten und Klone)) ou romain, est un superbe traducteur de terroirs et de limites climato/pédologiques. Partageons-le et diffusons-le avec la plus grande diversité génétique possible.

    Pour le Rüssling, STOLZ, ampélographe alsacien du 19ème siècle, au-delà de la première mention écrite du riesling, examinait déjà les différentes hypothèses de l’origine de ce cépage, dont la connaissance peut encore être complétée, et situait son essor du côté de Louis le Germain au 9ème siècle, dans le Rheingau. En Alsace, le terme Raüschling est associé au Kniperlé (petit-mielleux) dans le mot composé de Kleinraüschling aurait une tout autre éthymologie que Riesling ou Rössling :

    riesen ( couler) (d’où aussi le nom de Riesler) peut être une allusion à la fragilité du cépage, enclin à la coulure cf les orthographes Ruβlinge (en 1490), Riβling (en 1565) voir le dictionnaire éthymologique DWDS.de

    rauschen (bruisser) est davantage évoqué pour l’étymologie du Raüschling

    En fait, j’intervenais avant tout sur la complexité de l’héritage alsacien, pour l’heure coincé entre 2 approches assez différentes qui pourraient au contraire être une source de richesse pour notre région si elle savait mieux défendre son identité, notamment face aux vision restrictive de l’INAO. Ainsi, il y a quelques années lors des discussions sur le passage aux AOP européennes, cet organisme avait souhaité la suppression de la mention du cépage (ou pour le moins son écriture en caractères les plus petits possibles) pour valider le niveau d’AOC afin que la hiérarchie purement intellectuelle et française (vivent nos ancêtres les Romains) terroir > cépage soit respectée…Côté français le cépage est perçu comme un signe de « moindre qualité », alors qu’il ne l’est pas dans notre tradition antérieure.
    Côté étiquetage, il est malheureusement impossible pour l’instant de dire que le mot riesling, porté sur une bouteille d’AOC Alsace, a la même signification que le même mot indiqué sur une bouteille de vin produit en Allemagne, d’où la difficulté d’informer le consommateur du sens à lui donner. La comparaison abrupte ne l’éclaire pas ; c’est pourquoi je privilégie la rencontre directe avec le producteur, la visite de ses vignes ou de sa cave et bien sûr la dégustation des vins. Merci pour tes reportages et ton indépendance d’esprit.

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  13. Pingback: Rieslings européens et français : quelle place pour l'Alsace ? - Maison Lissner | Maison Lissner

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