Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Marchons, buvons, grignotons… Il en restera toujours quelque chose.

On ne devrait pas écrire pendant Roland Garros, raison pour laquelle je ne me suis  foulé, ni la cheville, ni le ciboulot.

Les sujets ne manquant pas dans ma besace, j’ai choisi d’arpenter les chemins de traverse. Car je suppose que dans les autres vignobles, ce doit être pareil : dès le joli mois de Mai, les vignerons réunis en association ou en syndicat organisent des rando-dégustations sur leur territoire. Cela se pratique déjà dans le Val de Loire et dans l’Est de l’Hexagone. Mais dans le Sud en général, ce genre de manifestation connait un succès grandissant. Même quand le temps est pourri.

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Dans l’arrière pays d’Aix-en-Provence, les enfant eux aussi profitent du vin. Photo©MichelSmith

Les Languedociens, en inventant les « Circulades », en référence à certains de leurs villages dont la rue principale tourne autour du clocher en dessinant un escargot, sont très forts sur le sujet. Et lorsqu’ils prennent la peine de m’informer, voire de m’inviter, je ne manque que rarement la balade, car elle est synonyme de plaisir.

Il faut dire que le concept est plus qu’intelligent. Mis au point au départ par mes amis Italiens de Slow Food et à ma connaissance inauguré  en France à Banyuls-sur-Mer il y a pas mal de temps par les frères Parcé (La Rectorie) pour leur désormais fameuse Ascension des Vignes du Seigneur, il permet de cheminer sans trop d’effort dans le vignoble, tout en faisant quelques haltes gastronomiques où il est possible de se restaurer légèrement et de goûter quelques vins présentés par les vignerons. Les échanges sont ainsi favorisés dans la bonne humeur, les rencontres aussi. On cause gastronomie et on discute à bâtons rompus avec les vignerons sur leurs façons de faire, sur les cépages, sur l’élevage de leurs vins… et pour peu qu’il fasse beau, on flâne.

Une jeune et jolie randonneuse entre deux vignes de La Clape. Photo©MichelSmith

Une jeune et jolie randonneuse rencontrée entre deux vignes de La Clape. Photo©MichelSmith

Le principe est simple : contre une certaine somme – en Languedoc, cela tourne autour de 50 € par personne – on vous offre un chapeau Made in China, un beau verre à vin pour l’instant Made in Austria ou Made in France, un crayon à papier pour prendre des notes, un carnet où sont répertoriés les vignerons participants, des couverts qui ne sont pas en plastique et des tickets à présenter lors de chaque halte dans le but d’obtenir en échange qui une mini terrine, qui une verrine de soupe froide, qui une assiette de volaille ou de fromages locaux. Le tout avec un petit sac en toile que l’on porte autour du cou pour ranger tout ce petit fatras. En prime, la possibilité d’acheter et de charger dans le coffre de sa voiture quelques cartons de vins en fin de parcours.

Au boulot les Vignerons ! Photo©MichelSmith

Au boulot les Vignerons ! Photo©MichelSmith

J’ai connu des « circulades » spectaculaires, comme celle du Pic Saint-Loup et d’autres plus culturelles comme celle qui nous promenait jadis dans les hôtels particuliers de Pézenas, des plus pépères, des champêtres, comme celle des Terrasses du Larzac où je compte me rendre début Juillet, cette fois-ci autour de Montpeyroux.

C’était aussi le cas de la première « circulade » de la saison – ici, comme ailleurs, on préfère le nom plus adapté de « Sentiers Gourmands » et l’initiative attire plus de 1.200 participants de tous âges –  organisée en Mai dernier par les Vignerons de La Clape, où la randonnée de 6 ou 7 kilomètres tournait en une large bouche autour des vignes du Château Rouquette-sur-Mer, à portée de vue de la Grande Bleue et des horribles pavillons qui gangrènent la station de Narbonne-Plage en dépit du classement du site de La Clape en Natura 2000.

Un vignoble sous haute surveillance. Photo©MichelSmith

La Clape, un vignoble maritime sous haute surveillance. Photo©MichelSmith

Tant bien que mal, le Parc Naturel de la Narbonnaise, qui propose un riche programme de randonnées à thème, mais aussi des expositions et des programmes de découvertes jusqu’aux zones lagunaires de Gruissan, de La Palme et de Leucate, à deux pas des vignobles de Fitou, des Corbières et de La Clape, tente de protéger sans pour autant le figer le caractère d’intimité que l’homme a su se forger avec la nature au fil des siècles. À ne pas manquer d’ailleurs, le Salin de Gruissan, une sorte de complexe touristique autour du sel avec musée saunier, boutique souvenirs bien achalandée en vins du cru, des visites guidées et un restaurant-guinguette joliment aménagé dont Cécile, de Clair de Lune, me dit le plus grand bien depuis qu’elle s’est installée elle aussi à Gruissan.

Une vigne de La Clape balisée pour la circonstance... Photo©MichelSmith

Une vigne de La Clape balisée pour la circonstance… Photo©MichelSmith

Dans ce morceau de Corbières qui se serait échoué en Méditerranée, l’ambiance était propice à la dégustation grâce au temps ni trop chaud ni trop froid qui permettait de goûter les vins rouges à bonne température. Cependant, me laissant guider par la curiosité simple, plus que par un excès de professionnalisme, je me suis hasardé à goûter quelques vins tout en croquant la cuisine savoureuse des Cuisiniers Cavistes de Narbonne.

Jadis réputés pour les blancs, à cause du cépage Bourboulenc que d’aucuns nomment Malvoisie, les vins de La Clape, qui pourraient bientôt se passer de la mention Coteaux du Languedoc pour devenir  cru La Clape, commencent à se tailler une belle réputation dans la région. Les propriétés ont de l’allure, restaurées avec goût, certaines offrant de larges vues sur la mer, des chambres d’hôtes ou gîtes cossus. Résultat, les vins commencent à afficher des prix qui se rapprochent peu à peu de ceux de la Provence, même si, en dehors de quelques cuvées dites «haut de gamme», le prix des vins reste assez raisonnable.

Invités à participer, les journalistes en profitent pour déguster. Ici, Sylvie Tonnaire de Terre de Vins. Photo©MichelSmith

Invités à participer, les journalistes en profitent pour déguster. Ici, Sylvie Tonnaire de Terre de Vins. Photo©MichelSmith

Parmi mes préférés de ma dernière tournée de La Clape, je vous prie de noter le «Grand Vin» blanc 2011 du Château d’Anglès, ainsi que son rouge 2008 sur la commune de Fleury d’Aude, le blanc 2012 «Albus» du Château Laquirou toujours à Fleury, le blanc 2012 «Aimée de Coigny» et le rouge 2010 «Réserve» du Château Mire-L’Étang à Fleury également, le blanc 2012 «L’Estime» du Château Combe des Ducs dans le même village de Fleury, le blanc 2012 et le rouge 2010 du Château des Karantes à Narbonne-Plage, les deux blancs «Lapierre» 2011 et « Arpège » 2012 de Château Rouquette-sur-Mer à Narbonne-Plage, les deux rouges «La Centaurée» 2002 et «L’Épervier» 2007 du Château Pech Redon à Narbonne, le rouge 2007 « Bartelles » du Mas du Soleilla toujours à Narbonne.

Jean-Philippe Granier, le directeur technique des Coteaux du Languedoc, explique le massif de La Clape. Photo©MichelSmith

Jean-Philippe Granier, le directeur technique des Coteaux du Languedoc, explique le massif de La Clape. Photo©MichelSmith

En revanche, le temps était quasi hivernal dans l’arrière-pays aixois où je me suis rendu pour retrouver la chaude ambiance créée par mes amis carignanophiles Peter Fischer de Revelette et Pierre Michelland de La Réaltière. Après un dîner bien arrosé, à Jouques, au Rouge-Guinguette où la pizza est unique, la patronne jolie comme un ange et où figure en bonne place cette phrase attribuée à Nietzche, « Méfiez vous des gens sobres », je passais une nuit délicieusement calme dans les murs épais du Château Vignelaure dans lequel je n’étais pas entré depuis plus de 30 ans, époque où le visionnaire collectionneur d’art et agent immobilier Georges Brunet, ancien propriétaire de La Lagune en Haut-Médoc, avait tenté – et à mon avis réussi – de créer un grand cru moderne à la gloire de la Provence.

Dans le parc de Vignelaure. Photo©MichelSmith

Dans le parc de Vignelaure. Photo©MichelSmith

La raison de ce déplacement était la deuxième édition de L’Envie Épicurieuse, une idée un peu folle rassemblant 5 vignerons voisins (Mas Juliette et la Chapelle Saint-Bacchi en plus des 3 déjà cités) qui, pour une fois, ne se tirent pas dans les pattes et mettent tout en œuvre pour créer un événement de taille destiné à faire connaître leur micro-région. Il s’agissait de rassembler une bonne centaine d’amateurs de vins gourmands et sportifs pour grimper par l’abrupt sentier des sangliers la face sud  de la Vautubière qui culmine à 643 mètres offrant à tous vents une vue panoramique allant des Hautes-Alpes à la Sainte-Victoire dans une odeur enivrante de thym.

Du sommet de la Vautubière, panorama sur la Sainte-Victoire. Photo©MichelSmith

Du sommet de la Vautubière, panorama sur la Sainte-Victoire. Photo©MichelSmith

Le prix de la randonnée vigneronne était plus élevé (75 €), mais les participants eurent droit à un apéritif servi au sommet avec quelques verrines préparées par le chef Olivier Scola, de Ze Bistro à Aix-en-Provence. À cause du mistral et après une descente assez épique que j’ai préféré assurer en 4 X 4, tout le monde s’est retrouvé dans le grand chai à barriques de Vignelaure (domaine sur lequel je reviendrai un de ces quatre) pour le repas servi en couple, ce qui ferait plaisir à David, chaque plat étant proposé avec deux vins fort différents comme cet étonnant gaspacho de petits pois  «téléphone» foie gras et citron confit accompagné d’un blanc 2012 du Domaine La Réaltière et d’un rosé « Solane » 2011 du Mas Juliette. Bref, comme dans La Clape, tout cela laissait une belle impression de journée bien remplie… grâce au vin.

Michel Smith


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En direct du Comté

Nouus, journalistes vineux, avons l’habitude d’arpenter les champs de vignes, de parcourir les caves de vinif et les chais d’élevages, de discuter avec les vignerons; cela nous semble la meilleure façon de comprendre une appellation.

Faire pareil pour le fromage paraît bizarre ou du moins inaccoutumé. Le Comté s’y est prêté; ce qui nous a valu de délicieux moments passés tant en compagnie des vaches que des fromagers.

Alors de la prairie à la cave d’affinage, en passant par la case fabrication, voici en paroles et en images un voyage au sein de l’AOP Comté.

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Marcher dans l’herbe

Le départ de tout, c’est en marchant au côté des Montbéliardes que l’on comprend le Comté. Montbéliardes est le nom des seules vaches autorisées à produire du lait à Comté (reste quelques cousines Simmental également admises).

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Son terroir, le Massif du Jura, une région de moyenne montagne haute de 200 mètres quand il touche la plaine bressane et qui monte à 1500 mètres vers le village des Rousses à la frontière suisse.

Il s’étend sur deux départements de la région Franche-Comté, le Jura et le Doubs, et sur une partie du département de l’Ain en région Rhône-Alpes.

Côté relief, le Massif jurassien se caractérise par de grands plateaux couronnés de forêts de sapins entrecoupés de vallées verdoyantes elles-mêmes sillonnées de nombreuses rivières poissonneuses. Un paysages montagnards magnifiques où, au détour d’une route, se rencontrent placides les Montbéliardes bicolores.

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Elles broutent l’herbe du Massif riche d’une flore sauvage et diversifiée. Plus de 576 espèces de fleurs ont été recensées au sein de la zone d’appellation. Les vaches, en fonction de l’endroit où elles se trouvent, ingèrent des plantes différentes (toutes ne poussent pas au même endroit) ce qui influence le goût du lait et par conséquent, sur le goût des Comté.

 

 

Humer le lait

Ou comment fait-on du Comté ?

Il faut le lait de 23 vaches, soit 450 litres de lait pour obtenir une seule meule de Comté d’environ 40 kilos.

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Chaque jour, les laits crus des traites du soir et du matin sont déversés dans de grandes cuves en cuivre pour y être réchauffés à 32°C.

Intervient alors le savoir-faire du fromager qui y ajoute quelques centilitres d’une présure naturelle. Elle fait coaguler le lait, le transforme en caillé. À l’aide d’un tranche-caillé, il découpe la masse compacte en minuscules grains blancs qui sont longuement brassés et chauffés à 55°C pendant 30 min. Le contenu de la cuve est ensuite soutiré et déversé dans les moules à Comté. Le sérum (ou petit lait) est expulsé par écoulage puis par pressage pour ne laisser dans le moule que la matière lactée.

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Quelques heures plus tard, l’ouverture de ce moule délivre une nouvelle meule encore blanche et souple. Ce jeune fromage sera pré-affiné c à d frotté au sel sec et brossé à l’eau pendant quelques semaines dans la petite cave de la fruitière, avant de partir pour un long séjour dans l’une des caves d’affinage du Massif.

On compte environ 160 fruitières à Comté pour 16 affineurs répartis plus ou moins dans tout le massif.

 

Respirer les meules

Affiner, c’est savoir amener un fromage à maturité.

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Les fromages, placés sur des planches d’épicéa, sont régulièrement salés, frottés avec une solution de saumure et retournés fréquemment durant toute la durée de l’affinage. C’est une action mécanique robotisée, plus question de niquer le dos des affineurs…

Grâce à ces soins, la croûte se forme, la texture de la pâte initialement granuleuse et élastique devient fine et souple. Le goût qui évoque le petit lait au moment du démoulage s’enrichit progressivement.

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Un temps de repos indispensable durant lequel chaque meule va construire sa personnalité, transformer sa texture, nuancer sa couleur et se doter d’une palette aromatique particulière.

La durée moyenne d’affinage d’une meule de Comté est de 8 mois.

Mais elle peut varier de 4 mois (minimum légal) à 12, 15, 18… voire 24 mois et plus…

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Goûter le Comté

Après un moment, le vin nous manque.
C’est pareil pour le Comté.

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En Jura, le choix vigneron est grand, c’est chez Stéphane Tissot que cette fois l’on se rend.

Après avoir dégusté Crémant, blancs ouillés, rouges et blancs oxydatifs, le Comté se fait pressant et veut à la dégustation participer. Presque tout lui va, à nous aussi.

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www.domaine-tissot.com

 

Ciao

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Marc


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Après le pitoyable Classement de Saint-Émilion: et si on boycottait les GCC ?

Ben oui, tiens, pourquoi pas ?

J’en ai ras la casquette de tout ce remue-méninges autour du classement décennal de Saint-Émilion. Pourtant, j’aime bien Saint-Émilion, village classé à l’église monolithe plus qu’insolite. Tenez, profitez donc ici de cette planante vue qui a dû coûter bonbon.

Le village offre une restauration haut de gamme, un super bistro à vins, des châteaux en veux-tu en voilà, de confortables chambres d’hôtes un peu partout autour, un formidable musée de la poterie, de délicieux macarons, une noble Jurade qui compte parmi ses illustres prud’hommes notre Hervé Lalau en personne…, lequel a déjà pas mal pondu sur le sujet. Patatras !  Il semble à mes yeux que tout ça ne soit qu’une façade d’opérette pour touristes, ou, si l’on préfère, un décorum pour un péplum moderne des plus vulgaires, une sorte de version bachique de "Qui veut gagner des millions" . Une farce à la Française.

Le Bar à vins de L'Envers du Décor. Photo©MichelSmith

Le Bar à vins de L’Envers du Décor. Photo©MichelSmith

Comme je suis de nature très mauvais esprit ( du moins c’est ce qu’on me dit), il m’est venu une idée, forcément lumineuse, à propos de Saint-Émilion. Une idée qui, au départ, peut paraître un tantinet révolutionnaire, provocatrice, mais qui pourrait, à condition de le vouloir, se développer en une idée plus consensuelle destinée à porter haut les couleurs et l’image de marque du cru si cher à Ausone.

La Cave Coopérative du cru, encore du côté "noble" de la route...Photo©MichelSmith

La Cave Coopérative du cru, du côté "noble" de la route…Photo©MichelSmith

L’idée est simple : et si on boycottait les GCC ? Ceux du Médoc et d’ailleurs, mais aussi et surtout ceux de Saint-Émilion. Je sais, cela vous semble idiot alors que, dans la pratique, ce serait trop facile. Il suffirait que tous les couillons de la terre (et nous sommes nombreux), les blogueurs, journalistes, illuminés, dindons de la farce, buveurs, amateurs, il suffirait que tous les déçus et les cocus du système se donnent le mot d’ordre sur Internet, avec quelques appuis de choix, allant de Léon à David, de Michel Bettane à Jancis Robinson, en passant par Bob, bien sûr, et les autres, même à Bordeaux, tous ceux qui pensent que ce feuilleton devenu judiciaire ne peut que ternir l’image de marque d’un des vignobles majeurs de notre sphère. Réfléchissons quelques secondes. Sans parler des simples Graves, simples Bordeaux, simples Haut-Médoc et Médoc, le seul risque que l’on prendrait en agissant ainsi du côté de Libourne, serait de parler – enfin – des autres, des vrais, des Saint-Emilion « tout court », de ceux du bas de l’échelle comme du haut de la côte, ceux de gauche ou de droite, les sans grades qui bordent la nationale à portée de vue des hlm, tous ceux qui n’adoptent qu’un seul nom, Saint-Émilion, et qui sont fiers de porter ce nom.

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Avec l’appui du Syndicat des Vignerons de Saint-Émilion, organisme fondé en 1884 et devenu depuis «Conseil» (c’est plus smart que syndicat…) qui pourrait nous prêter un de ses luxueux salons en haut du village, qui sait même avec l’aide du Premier Jurat qui n’est autre qu’Hubert de Bouärd dont l’Angélus vient d’être hautement promu, on pourrait organiser une  «dégustation des sans grades», manifestation qui, pourquoi pas?, pourrait se répéter tous les deux ans, peu avant Vinexpo, histoire de médiatiser un peu plus ces vins qui en ont bien besoin ?

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Photo@DR

Pendant qu’on y est, on en profiterait pour laisser de côté ceux qui, par la grâce d’une obscure dégustation de routine, obtiennent le droit de mettre qu’ils sont "Saint-Émilion Grand Cru", juste parce qu’ils affichent un demi degré supérieur aux autres (éventuellement chaptalisé). En revanche, on pourrait étendre cette dégustation aux fameux «satellites» dont on parle peu, nous les premiers.

Oui, bon, d’accord, tout cela n’est pas très cohérent. "Le Smith, il veut d’abord boycotter et après, avec l’aide de ceux qu’il appelle à boycotter, en promouvoir d’autres". Pourtant, ce serait bien, Monsieur le Prud’homme, cher Hervé, de ne parler que des sans grades, non ? On montrerait ainsi qu’à Saint-Émilion tous les vins ne sont pas chers et inaccessibles. D’ailleurs, on fixerait même un prix plafond : disons dix euros, ça me paraît honnête par les temps qui courent, non ?

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Il me semble qu’autrefois, un journaliste belge (encore eux !), Jo Gryn, a eu une idée semblable. De mon côté, je l’avais exploitée une fois, il y a longtemps, du temps où je travaillais pour Saveurs, et j’avais même, à cette occasion, trouvé quelques pépites. Alors, Messieurs de la Jurade ou du Conseil, messires «les garants de la tradition», la balle est dans votre camp !

Michel Smith


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Picpoul de Pinet, un succès mérité en Languedoc !

Mes amis blogueurs et moi-même avons parfois la dent dure envers le Languedoc viticole. Nous l’aimons bien, trop peut-être, ce qui fait que nous sommes prompts à le critiquer au moindre faux pas. Combien de fois n’ai-je pas décrié l’ambition démesurée de certaines appellations, l’aptitude qu’ont ces mêmes appellations à vouloir se hausser un peu trop du col, la gabegie de certains, la timidité maladive des uns et la médiocrité des autres, l’immobilisme des appellations et, à l’inverse, le trop grand empressement de leurs dirigeants happés dans la politique locale par trop pesante. Parfois, il faut bien l’admettre, je suis allé trop vite en besogne. En cherchant bien, les success stories ne manquent pas en Languedoc. Aussi lorsque ce matin il me vient l’envie de positiver, alors j’en profite. Cela se passe en réalité dimanche soir, sur la terrasse de ce lieu somme toute assez inattendu, au Château Les Carrasses, un castel de conte de fée restauré à grand frais par un Irlandais fortuné, une folie vigneronne transformée en hostellerie de luxe quelque part à proximité du Canal du Midi, grosso modo entre Béziers et Narbonne.

Château Les Carrasses dans les vignes du Languedoc, non loin de Béziers. Photo Michel Smith

Château Les Carrasses dans les vignes du Languedoc, non loin de Béziers. Photo Michel Smith

Ce soir-là, pour quelques privilégiés dont je faisais partie, on exposait une bonne douzaine de flacons estampillés Picpoul de Pinet avec quelques plats d’huîtres du cru, c’est-à-dire en provenance directe de l’étang de Thau, scandaleusement accompagnées de citron et de sauce vinaigrée à l’échalote. Tout en réclamant un poivrier pour réparer cet affront au goût iodé du divin mollusque, je menais d’arrache-pied une épique bataille dans le but illusoire de maintenir les bouteilles à la bonne température vu qu’on nous servait un sorbet de vin. Las de ce combat à la Don Quichotte, je me rapprochais de mon ami Guy Bascou, le président de ce vin récemment admis dans le sacro saint club des crus du Languedoc. Pour m’éviter toute réprimande, je précise que depuis longtemps (1985) l’amateur d’huîtres que je suis pouvait se rincer le gosier avec un Coteaux-du-Languedoc-Picpoul-de-Pinet (ouf !), mais que dès cette année 2013, le 14 Février dernier pour être précis, après une décennie de palabres inaoesques et plusieurs décades de célébrité locale (vdqs depuis 1954) sur les fruits de mer, le territoire caché dans un triangle Pézenas, Agde, Sète, peut désormais se revendiquer aop Picpoul de Pinet à part entière et se targuer par la même occasion d’être, avec 1.400 ha en production (l’aire d’appellation couvre 2.400 ha), la plus grande aop de blanc du Sud de la France, la seule aussi à arborer le nom de son unique cépage, le picpoul blanc.

Guy Bascou, le président heureux de l'AOP Picpoul de Pinet. Photo: Michel Smith

Guy Bascou, le président heureux de l’AOP Picpoul de Pinet. Photo: Michel Smith

Mais pourquoi peut on parler de succès à propos du Picpoul de Pinet ? D’abord parce que cette appellation y croit depuis longtemps. Aux grands professeurs spécialistes du blanc venus parler à ces culs terreux de vignerons du sud il y a 20 ans en leur disant qu’il serait inimaginable de penser pouvoir faire du blanc en Languedoc-Roussillon, cette appellation prouve le contraire. Non, monsieur dont-je-tairai-le-nom par charité chrétienne, Bordeaux et Bourgogne – on pourrait aussi ajouter la Loire – ne sont pas les seules régions détentrices de terres à blancs !  Ensuite parce que les vignerons des 4 caves coopératives et les 24 caves particulières ont su s’entendre depuis 1994 sur l’utilisation d’une bouteille spécifique nommée « Neptune » réservée au vin blanc sec Picpoul de Pinet et que chaque année plus de 8 millions de cols – beaucoup capsulées vis – circulent à travers le monde. Enfin parce qu’à l’export le Picpoul se porte bien atteignant plus de 40 % des ventes avec quelques 600.000 bouteilles vendues aux États Unis, par exemple.

Bon, certes, les doctes dégustateurs amateurs de Bâtard-Montrachet et autres Sancerre Cul de Beaujeu peuvent dormir paisiblement sur leurs deux oreilles : Picpoul de Pinet ne cherche pas à se mesurer à eux. Il se contente, pour le moment, d’être un super Gros Plant du Sud, assez proche même d’un bon Muscadet. Souvenons-nous cependant qu’il y a 30 ans, seuls quelques illuminés prédisaient un avenir de grand vin dans le Muscadet… Je reste persuadé pour ma part que l’appellation va progresser ces prochaines années et que les duretés ressenties dans quelques vins vont tôt disparaître. Ainsi donc, il ne faut rien attendre de plus d’un Picpoul de Pinet qu’un agréable vin blanc sans souci pour démarrer un repas, sur une truite fumée ou un hareng pommes à l’huile, par exemple, pour jouer un rôle certain sur les sushis ou pour accompagner des fruits de mer, huîtres et coquillages en particulier, missions où le Picpoul se donne à cœur joie.

Alors, je ne sais si cela sera utile à mes rares lecteurs, mais j’ai concocté une liste toute personnelle de bons Picpoul de Pinet dans le millésime 2012 : Domaine Félines-Jourdan, les Vignerons de Montagnac « Terres Rouges », L’Ormarine « Préambule », L’Ormarine « Juliette », "Cap Cette" de la cave coopérative de Pomérols. Bon profit !, comme on dit en Catalogne…

Michel Smith


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Entre le Phare de l’Aude et le Grenat de Perpignan

I know, I know, it is not the first time… Bon, je sais, ce n’est pas la première fois que je vous fais le coup de « Changer l’Aude en Vin ». Si j’en reparle en ce printemps qui débarque enfin, c’est que j’aime ce petit salon sans façon organisé par les vignerons eux-mêmes. Et vous savez que lorsqu’il s’agit de réchauffer les bons petits plats de la communication sans chichi, sans grands frais, sans grosse frime ni déploiement pompeux de filles archi-pomponnées dans un grand hôtel chic de la Capitale, histoire de draguouiller « ceux qui comptent » dans la presse viti-vini, je suis le premier à dégainer. Vous n’avez qu’à feuilleter mes derniers articles pour vous rendre compte que j’ai un faible pour ces mini-événements qui rassemblent dans la simplicité des gens qui se ressemblent et qui souhaitent vivre différemment leurs vins. Que ce soit à Cabrières ou à Latour-de-France, « invité payant » ou « invité pour de vrai », j’aime aller me perdre dans notre belle région pour y découvrir d’autres têtes, d’autres vins, d’autres approches. Cette fois-ci, outre mon déplacement et mon repas de midi qui restaient à mes frais, j’étais invité pour de bon afin de déguster les vins, puis pour participer à un très amical et flamboyant dîner vigneron. Le tout, dans le cadre d’un restaurant dont on cause beaucoup sur la côte languedocienne. Bien sûr, n’ayant pas de comptes en Suisse, ni à Singapour, j’ai accepté. Qu’auriez-vous fait à ma place ?

Deux "membres fondateurs" devant le phare de Leucate : Carine Farre (Vignobles du Loup Blanc) et Jean-Baptiste Sénat, tous deux du Minervois.

Deux "membres fondateurs" devant le phare de Leucate : Carine Farre (Vignobles du Loup Blanc) et Jean-Baptiste Sénat, tous deux du Minervois. Photo©MichelSmith

Il me semble que cela fait près de deux ans que je vous cause de cette petite association de vignerons certifiés bio et vendangeant à la main (deux conditions pour faire partie de la bande d’une quinzaine de membres) qui se réunissent chaque année dans le but de faire goûter leurs vins durant toute une journée. L’an dernier, comme tous les ans, le métinge audois de « Changer l’Aude en Vin » se tenait en plein cœur de la Cité de Carcassonne (voir mon article du moment) en un lieu charmeur composé de bric et de broc. Cette année, le cadre était plus contemporain, plus marin et plus lumineux puisque la manifestation se tenait au pied du phare de Leucate, au restaurant « Klim & Co », imposant bloc de béton et de verre posé sur ce qu’il est convenu d’appeler « La Falaise », au-dessus de la plage de Leucate, le petit Saint-Trop audois. L’an dernier, les 5 vignerons invités venaient de la Loire, cette année, ils représentaient le Sud Ouest avec des gars et des filles comme Myriam et Bernard Plageoles (Gaillac) ou Diane et Philippe Cauvin (Fronton) venus en presque voisins.

Le troupeau de Brice, le berger de Leucate, au pied du restaurant. Photo©MichelSmith

Le troupeau de Brice, le berger de Leucate, au pied du restaurant. Photo©MichelSmith

Pas facile de goûter le vin quand la grande bleue scintille de mille feux attirant sans cesse votre regard, qu’une voile blanche se prélasse dans le décor, que le troupeau de brebis corses conduit par Brice, le berger gourmand, s’attarde pour arracher les plantes de la garrigue après un passage dans les vignes de Mireille et Pierre Mann, ou que le père Guinot, l’ostréiculteur tatoué de Port-Leucate, se pointe avec une bourriche d’huîtres aussi croquantes que joufflues et qu’il tient à vous les arroser d’une lichette d’huile d’olive. Résultat, comme je ne suis plus une machine, et n’étant qu’à 30 minutes de voie rapide de chez moi, j’ai pris le temps de tout taster en m’excusant par avance d’avoir oublié 2 ou 3 vignerons. Commençons par ce qui fâche : à mon goût beaucoup trop de vins « en cours d’élevage » et toujours autant de blancs saisis par la glace et de ce fait insondables, ingoûtables. Mais bon sang de bonsoir quand va-t-on apprendre aux serveurs et aux vignerons qu’il ne faut pas glacer un vin, mais juste le rafraîchir ? Et que rafraîchir ne consiste pas à noyer une bouteille dans un sceau de glace, mais dans beaucoup d’eau avec juste quelques glaçons destinés à maintenir la température fraîche !

Les huîtres "joufflues" de Leucate en guise d'apéro. Photo©MichelSmith

Les huîtres "joufflues" de Leucate en guise d’apéro. Photo©MichelSmith

Je reviendrai sur les vins des Plageoles une autre fois et me contenterai ici de signaler quelques perles du vignoble audois puisque c’était le but de la manœuvre. Disons le tout net, je n’ai pas à faire part de grosses découvertes. Des confirmations, oui. J’ai tout de suite flashé sur Maxime Magnon dont beaucoup de cuvées, certaines à base de Carignan, ne sont hélas plus disponibles tellement ses vins des Corbières maritimes ont la cote. C’est un gars qui, il y a 2 ans, me laissait une impression mitigée – à vrai dire, je le trouvais un peu hautain, distant -, mais que je me promets d’aller rencontrer un jour dans ses vignes tant il met de conviction à raconter ce qu’il fait. Comme quoi, il ne faut pas se fier aux jugements trop hâtifs et prendre le temps d’aller à la rencontre de l’autre, de briser la glace, en somme. Plutôt que de rester sur des rouges en plein élevage, je me suis penché sur un rosé « Métisse » 2012 franc de robe, à la fois rythmé et langoureux, comme un certain « Tango pour Claude » joué par Richard Galliano (ici avec Michel Portal) http://www.deezer.com/track/7996087 , fait de lladoner pelut, de cinsault et d’une pointe de mourvèdre. Le blanc, grenache gris (70%) et grenache blanc, est d’une précision exemplaire avec un caractère incisif qui le faisait se marier sans encombres à la délicieuse huître pochée au caviar-citron (si, si, ça existe !) servie au dîner le soir même.

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Chez Jean-Baptiste Sénat (Minervois), la « Nine » 2011 (grenache et carignan surtout, avec un peu de tout) a des allures de grande, une finesse et une tendresse épicée qui ne manque pas de classe. Autre Minervois de taille, le 2011 « Bufentis » de Benjamin Taillandier (70% syrah), souple en apparence, mais armé d’une superbe matière. J’ai trouvé aussi une bonne dose de style dans les trois Fitou du Mas des Caprices : la cuvée « Oufti » 2011 étonne par ses tannins poivrés (pas mal de mourvèdre) ; le « Retour aux sources » 2011, très carignan appuyé par la syrah et le grenache, présente un nez de ouf (eh oui, je n’allais pas louper ça !) sur une densité et une tension fortes en bouche appuyées par des tannins boisés marqués par le schiste ; mourvèdre, carignan et un peu de grenache (10%), la cuvée « Anthocyane » 2010 quant à elle étonne, tant elle jouit de cette période faste où les vins se réveillent pour constater le monde autour d’eux avant d’aller se rendormir pour quelques années.

Éric Le Ho, Domaine de l'Arbousier, en Corbières. Photo©MichelSmith

Éric Le Ho, Domaine de l’Arbousier, en Corbières. Photo©MichelSmith

Quelques domaines en Corbières à signaler au passage : le Clos de l’Anhel est plaisant sur toute la ligne, grâce en partie au sieur carignan qui a bien joué son rôle sur le difficile millésime 2012 comme sur la cuvée « Lolo » qui est d’un excellent rapport qualité/prix et qui réjouira son auditoire dès cet automne ; le Domaine de l’Arbousier, un peu oublié dans mes notes ces dernières années, revient sur le devant avec une série de millésimes, dont un 2008 (12 €) rond, soyeux, équilibré et étincelant de fraîcheur ; le Clos de l’Espinous 2011 de Rémi Jailliet, tout en matière, très mûr et assez extrait. Sur La Clape, Pech Redon de Christophe Bousquet tient toujours son rang de beau rouge complet et expressif dans une version 2010 de « L’Épervier » que l’on croit prête à boire mais qui peut réserver son lot de surprises.

Diane et Philippe Cauvin, venus de Fronton. Photo©MichelSmith

Diane et Philippe Cauvin, venus de Fronton. Photo©MichelSmith

Sur le délicieux pigeonneau servi au dîner où je m’étais placé d’office aux côtés de Diane et Philippe Cauvin, du Château La Colombière à Villaudric, histoire de renouer un soir avec le pays de cocagne d’entre Garonne et Tarn qui me rapproche du Sud-Ouest, j’ai eu le bonheur de croquer dans un Fronton comme je les aime, un pur Négrette de galets roulés. C’était le 2010 de la cuvée Coste Rouge que j’avais pris soin de rafraîchir à ma façon vu que dans la salle la température montait dangereusement. Un moment délicieux qui vous fait quitter les lieux vers minuit, avant le dessert, pour traverser les étangs l’air léger, souriant à la lune et à ces instants de bonheur que nous réserve l’univers du vin.

                                                                                                         Michel Smith

Post Scriptum. Les lieux du vin où l’on grignote de belles choses tout en s’amusant avec de beaux vins ne courent pas les rues à Perpignan, en dehors de mes trois cantines (Le Garriane, Les Indigènes et Le Bistrot des Crus) favorites. Aussi me dois-je de vous signaler une nouvelle enseigne, Via del Vi*, qui vient d’ouvrir face au nouveau Théâtre de l’Archipel, œuvre architecturale aussi baptisée « Le Grenat » que je suis à peu près le seul à ne pas détester dans cette ville. Bref, ce bistrot au décor assez contemporain a encore quelques progrès à faire : une semaine après son ouverture on ne pouvait pas payer par carte bancaire ni obtenir de facture, mais cela n’a pas été suffisant pour que je puisse en dire du mal. Les quelques petits plats proposés par le jeune couple qui dirige le lieu furent irréprochables et le service des vins au verre se fit sans anicroches. Attention, à force de goûter les poulpes à la sétoise, le fromage maison au confit de figues, la terrine de légumes ou la paleta andalouse (entre 6 et 10 €), sans compter les desserts et quelques petits verres (entre 4 et 6 €), on approche vite des 60 € à deux. « Quand cesseras-tu d’avoir les yeux plus gros que le ventre ? », me disait ma grand-mère…

* 43 bis avenue Maréchal Leclerc, 66000 Perpignan. Tél. 04 68 67 84 96.

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