Les 5 du Vin

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#Carignan Story # 236 : Questions sur Boutenac

Sur dix communes, dont celle de Boutenac, et depuis 2005, contrairement à d’autres appellations sudistes, ce n’est pas l’altitude qui fait le cru. Ici, bien que l’on soit au cœur du massif des Corbières, les vignes ne dépassent pas cent mètres d’altitude… Qu’on le veuille ou non, ce qui fait Boutenac, c’est sa spécificité Carignan en plus de son terroir qui est plus complexe qu’on ne le croit, ne se limitant pas à la seule présence des galets roulés. L’A.O.P. Corbières Boutenac existe bel et bien et se porte plutôt pas mal si on écoute ses principaux acteurs. Certains la déclinent même en plusieurs cuvées. Pourtant, elle ne concerne pour l’instant que 150 ha de terres et 25 vignerons menés par Pierre Bories, un gars formidablement ambitieux pour son pays. Et malgré tout le respect que je dois à mes amis vignerons de la région, malgré la jeunesse et l’enthousiasme des uns et des autres, elle reste une appellation quelque peu bâtarde, sans grande âme, sans grande logique. Une appellation qui pourtant, lorsque je l’explorais pour la première fois dans les années 90, avait toutes les chances de réussir. Mais je le répète une fois de plus : une appellation, ça se mérite !

Sur la route du château. Photo©MichelSmith

Sur la route du château. Photo©MichelSmith

Quelques points positifs

-Le Carignan doit être ramassé manuellement dit la règle. Je suppose que c’est pour satisfaire les habitudes de macérations carboniques qui perdurent ici sur le Carignan depuis les années 60/70/80 grâce aux conseils de l’œnologue narbonnais Marc Dubernet, en particulier. À moins que ce ne soit dans un souci fort légitime de protéger les vieilles vignes cultivées en taille basse (taille gobelet), en liaison étroite avec le sol, et donc très fragiles lorsque les engins agricoles se faufilent entre les rangs.

-Dans les documents officiels, le Carignan est cité en premier… mais avec la Syrah… puis après le Grenache et le Mourvèdre. Selon les textes, il arrive même que le Mourvèdre prenne le devant sur la Syrah. Allez comprendre… Sauf qu’à mes yeux de petit observateur de seconde zone, qui plus est Parisien de naissance et d’éducation, il me semble qu’en dehors de la conception de vins de cépages, la Syrah n’a rien à faire sous la cagnasse de Boutenac. Voilà, c’est dit ! Cela n’empêche pas que l’on puisse en mettre dans les assemblages, mais le moins possible SVP !

Le clocher de Boutenac. Photo©MichelSmith

Le clocher de Boutenac. Photo©MichelSmith

Quelques questions et quelques (modestes) conseils amicaux.

-La charge maximum autorisée est de huit tonnes de raisins par hectare… De prime abord, ça a l’air positif plutôt que de s’en tenir aux sempiternels rendements plafonds que l’on dépasse allègrement par dérogation. Sauf que, qu’est-ce que l’on fait si l’on dépasse la limite ? On déclasse en quoi ? Et que fait-on à l’inverse si les vignes ne sont pas très productives ? On charge en engrais chimiques pour donner un coup de fouet ?

-Quelle est la mesure phare, la mesure choc, prise par les pousseurs de crus pour mettre en avant la singularité de l’appellation Boutenac ? Désolé, je n’en vois point.

-Le cru, c’est bien. Corbières-Boutenac c’est pas mal. Mais si on avait vraiment voulut marquer les esprits, appuyer là où il faut, ne faillait-il pas simplement s’en tenir au nom Boutenac ? Pourquoi rajouter Corbières alors que le monde entier ne situe pas cette zone hormis quelques occitanistes patentés dans le triangle Perpignan-Carcassonne-Narbonne ? Pourquoi, à l’heure de la mondialisation, ne pas s’en tenir à la mention plus explicite à mon sens : Boutenac, Grand Vin du Languedoc ? Il paraît qu’un dossier dans ce sens est en cours depuis 2012. Il serait temps de l’activer.

-Enfin, revenons sur le Carignan. Après avoir laissé entendre au monde entier que l’on allait voir ce que l’on allait voir, que le Carignan de Boutenac était le cépage du coin, celui qui est adapté au climat, au sol et qui confère de la grandeur d’âme au vin, pourquoi diable le limiter ? Dire qu’il ne doit pas dépasser 50 % de l’encépagement (ou 60 %, ou 70% peu importe), cela signifie en quelque sorte qu’il n’est pas jugé assez bon en solo, qu’il doit obligatoirement être associé au Grenache ou au Mouvèdre et, le plus souvent hélas, à la Syrah. Ne serait-il pas un poil plus logique, plus judicieux de dire : « Faîtes ce que vous voulez avec lui, l’important étant qu’il doit être présent dans l’assemblage, à fond la caisse ou à minima, avec les trois autres cépages » ? Combien de vignerons passent à côté de grandissimes Carignans afin de rester dans la logique stupide d’un texte de technocrates assistés de vignerons aveugles ? Combien sont-ils de femmes et d’hommes qui éprouvent le besoin – nécessaire à mon sens – de vinifier leur plus grand vin avec leurs meilleurs Carignans sans avoir à le polluer par l’apport vulgaire de raisins passe-partout ? Combien se sentent dans l’obligation morale de « tricher » pour réaliser leur plus belle cuvée, celle que l’on réserve à l’appellation Corbières-Boutenac ?

Salomé Besancenot surveille la température des vins de son papa. Photo©MichelSmith

Salomé Besancenot surveille la température des vins de son papa. Photo©MichelSmith

J’ai goûté tous les Boutenac (remarquez que je dis « Boutenac » et non « Corbières Boutenac ») lors d’une mémorable soirée au château de Boutenac où se trouve le siège des vins de Corbières. Outre le fait que la majorité des vins proposés à la dégustation par les vignerons eux-mêmes étaient chauds, que de nombre d’entre eux étaient outrageusement boisés, bâclés par un élevage superficiel sans style et sans finesse (« Eh oui, faut faire une cuvée spéciale coco ! »), j’ai eu l’occasion de relever – mais ce n’était pas à l’aveugle – que les meilleures vins avaient une part carignanesque majoritaire en eux. Ce fut le cas des châteaux Aiguilloux, Caraghuilhes, Villemajou, Fonsainte, La Voulte Gasparets, Ollieux-Romanis, de vieux classiques des Corbières en quelque sorte. J’ai d’ailleurs terminé la soirée avec une parfaite Échappée Belle (de Caraguilhes) que j’avais encensé ici même en Mars dernier et que la toute jeune Salomé, la fille du vigneron, maintenait régulièrement à température comme on peut le voir sur ces photos. Sinon, une curiosité – une petite bombre, devrais-je dire – dont on attendra la sortie d’ici peu : la saisissante cuvée « Côte de Pierre » 2012 que Louis Fabre (Château Fabre Gasparets) réalise avec la complicité Didier Barral (de Faugères). Tiré à 3.000 exemplaires, ce "très majoritaire" Carignan sera en vente cet automne autour de 30 € !

Ce nouveau Carignan sera-t-il Boutenac ? Corbières ? Ou rien du tout... Photo©MichelSmith

Ce nouveau Carignan sera-t-il Boutenac ? Corbières ? Ou rien du tout… Photo©MichelSmith

Michel Smith


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Triguedina, côté parcelles

J’ai un lien particulier, historique, si l’on veut, avec le Clos Triguedina.

C’est un des premiers vins qu’il m’ait été donné de déguster régulièrement, à la fin des années 1970. C’était juste après les Bourgogne que mes parents m’emmenaient goûter au fût, lors de leurs descentes de cave. Vous voyez, j’ai eu une enfance malheureuse! C’est sans doute pour l’exorciser que j’occupe ce petit bout de toile, quitte à exaspérer les abstinents.

Mais revenons à Triguedina – le Clos portait le titre de Château, à l’époque, si je ne m’abuse.

Château ou pas, ce Cahors était un sacré changement, pour le dégustateur novice que j’étais, qui plus est habitué aux robes claires du Pommard. Côté tannins, aussi, c’était une autre paire de manches. Mais la cuvée Prince Probus, le haut de gamme de M. Baldès – le père du propriétaire actuel – était toujours très bien élevée, pour autant que je m’en souvienne. J’ai retrouvé une bouteille de 1982, au fond de la cave de mes parents, début 2000; elle était parfaite.

Les décennies ont passé. Jean-Luc Baldès a repris le flambeau, après avoir fait ses classes – je vous le donne en mille – en Bourgogne! Mais aussi à Bordeaux.

Sans rien renier, il a imprimé sa marque sur le domaine – le New Black Wine, c’est lui. Avec cette cuvée, il fait revivre une tradition cadurcienne, le "Cahors de chauffe". Le Vin de Lune, le Pétillant Rosé, c’est lui aussi. On peut être résolument Cadurcien, les pieds dans la terre, avoir l’esprit de famille… et l’esprit créatif. Sans oublier l’ambition, sans laquelle il ne se créée pas grand chose en ce monde.

Ses vins, il les signe: Jean-Luc Baldès en grand, Triguedina en plus petit. C’est même à cette adresse que vous le trouvez.

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Vous trouvez ça vaniteux? Moi pas. Jean-Luc assume l’héritage, mais revendique son apport. Le droit de suivre une autre voie, ou la même; le droit d’avoir raison, et de se tromper. Le droit d’avoir du caractère et des convictions. Le droit de vous dire "Pensez de moi ce que vous voulez; mais goûtez, s’il vous plaît".

Côté héritage, notons tout de même qu’il perpétue la cuvée Probus (le Prince est parti, reste le vin, et c’est l’essentiel).

Chaque année, pour moi, cette cuvée reste un marqueur, un jalon de la qualité du millésime à Cahors, dans un style travaillé – le style grand cru, pour autant que ce ne soit pas un gros mot à Cahors. Car vous le savez, c’est une des rares grandes appellations de France sans hiérarchie autre que celle de la réputation, du nom du domaine. Difficile de dire si c’est mieux ou moins bien. On vit avec. Crus ou pas, il y a de grands vins à Cahors.

Le terroir, un gros mot?

Ca n’empêche pas certains producteurs de Cahors de faire de louables efforts pour mieux identifier leurs terroirs (non, ce n’est pas un gros mot non plus!). Jean-Luc Baldès fait partie de ceux-là. On peut même dire qu’il est en pointe.

Quand je parle d’identifier, je ne veux pas dire qu’il les découvre. Bien sûr qu’il a toujours su que toutes ses parcelles ne se ressemblaient pas – c’est le B A Ba du métier du vigneron, et son père, comme son grand père,  le savaient avant lui.
Mais Jean-Luc, lui, avait envie de le montrer aux consommateurs. Alors il en a fait des cuvées séparées, une trilogie de parcellaires qui ont pour noms Au Coin du Bois, Petites Cailles et Les Galets.

J’en avais entendu parler. Ces derniers jours, j’ai pu les goûter.
Trois nouvelles pierres à l’édifice de la connaissance, ou en tout cas, à celui de mon éducation personnelle.

Vous dire que je les reconnaîtrais entre mille, peut-être pas. Vous dire que c’est le minéral qui parle, que j’ai croqué les cailloux, sucé la craie, non, bien sûr. Mais des différences, oui, j’en ai notées, aussi bien dans deux grands millésimes comme 2009 et 2011 que dans une année plus jalouse comme 2010 – car j’ai pu déguster trois millésimes de chaque.

La cuvée Au Coin du Bois m’a semblé la plus robuste des trois, la plus complète, la plus opulente aussi. Le 2009 a pour lui la richesse; le 2011 un fruit éclatant sur une trame solide.
Les Petites Cailles, qu’on imagine plutôt replètes, ont fait mentir leur nom: pour moi, c’est la cuvée la plus serrée, la plus dynamique – pas maigre, non, mais plutôt bâtie sur sa charpente acide que sur la chair – c’est particulièrement sensible sur le 2010, très élégant. Et complexe.
Les Galets, quant à eux, me semblent conjuguer le velours des tannins et la pureté d’un fruit rouge très direct; c’est aussi la cuvée la plus saline – on retrouve ce trait dans les trois millésimes, indépendamment de la matière, plus ou moins charnue. Comme un petit côté pointu sur la langue, bien agréable.

C’est mon ressenti, en tout cas.

Je me suis volontairement abstenu de m’intéresser aux sols avant de commenter pour ne pas me focaliser, même inconsciemment, sur la recherche d’éléments censés venir d’un terroir, même micro. Et je n’ai pas voulu non plus trop réfléchir. Je me suis laisser aller. J’ai mis mon nez dans le verre, le vin dans ma bouche, j’ai fermé les yeux, je me suis laissé guider par mes sens.

Je ne peux vous dire dans quelle mesure je me suis fait influencer, tout de même, par la recherche de la différence, d’écarts que je n’aurais peut être pas remarqués sinon.

Mais en dégustant les trois verres en parallèles, il était évident pour moi que j’avais bien affaire à trois expressions différentes du Malbec, tantôt séduisant, tantôt solennel, tantôt primesautier. J’aurais pu pousser plus avant, oui, mais ce n’était pas mon propos. Pas envie, cette fois, de relancer notre vieux débat sur le sol qui se boit ou pas. Je cherchais le plaisir, pas la prise de tête. Je l’ai trouvé. Bravo et merci au vigneron.

Les trois parcelles

Bien sûr, pour ne pas influencer la comparaison, les vinifications sont identiques pour les trois cuvées (macération de 20 à 25 jours, malo faite, 12 mois d’élevage en barrique française). Il n’y a que la provenance et les sols qui diffèrent.
Les Galets, ce sont des dépôts de sidérolithiques en troisième terrasse du Lot, riches en silice et en fer.
Au Coin du Bois, ce sont les secondes terrasses du Lot, à Puy l’Evêque – argiles rouges, limons, cailloux en profondeur, le tout sur une couche de calcaire en profondeur.
Les Petites Cailles, ce sont des sols du Causse, à Floressac. Calcaire kimmeridgien, argiles violettes, fer.

Sans pouvoir établir précisément les connexions "minérales", j’ai aimé les vins – les trois; comme on aimerait trois soeurs ou trois cousins. Pour leurs différences et pour leur air de famille. J’ai aimé aussi l’exercice intellectuel.

A vous de le reproduire, cet exercice, si ça vous intéresse. C’est tout le sens de cette trilogie, née avec le millésime 2007.

Triguedina

Ce trio, Jean-Luc Baldès le vend ensemble, dans un coffret. Une belle idée de cadeau pour Noël. Ou à n’importe quel autre moment de l’année, si affinités.

Attention: il n’y en a que 3.000 bouteilles de chaque, chaque année que le raisin veut bien nous donner.

Et maintenant, vous m’excuserez. Non seulement il me tarde de dîner (triguedina, en cadurcien); mais il me tarde surtout de reprendre mes dégustations comparatives, ne serait-ce que pour faire avancer la science… ;-))

Hervé Lalau


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Le goût du terroir, vu de Cahors – et d’ailleurs

Lors de mon dernier passage à Cahors, j’ai eu l’occasion de voir Lydia et Claude Bourguignon descendre dans la fosse. Non pas la fosse aux lions, mais une fosse creusée au milieu des vignes, ou plutôt deux. L’une sur une terrasse du Lot, l’autre sur le Causse calcaire.

Armés d’un poignard et de beaucoup de patience, ces spécialistes du sol ont suivi le cours des racines, émietté les différentes couches de terre. J’ai vu, de mes yeux vu, qu’il y avait deux types de racines, celles qui plongent en profondeur, et celles qui s’étalent juste sous la surface – le désherbage et le tassement du sol en seraient les causes. Les Bourguignon avancent que pour faire un bon vin, les plus importantes, de racines,  sont les premières. No sé.

J’ai aussi lu le contraire (les jeunes racines seraient celles qui vont à la chasse aux ions). Les racines profondes ont en tout cas l’avantage de mieux alimenter la vigne en eau dans les zones sèches – et pour autant qu’il y ait de l’humidité en profondeur.

J’ai aussi vu quelques galets, que les racines contournent – elles n’en extraient sans doute pas grand chose, mais cela rallonge le chemin de la sève, ce qui, d’après les Bourguignon, favorise la concentration du raisin. Ik weet het niet.

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Claude Bourguignon dans la fosse aux ions (Photo © H. Lalau 2014)

Je les ai aussi entendu évoquer la "solubilisation de la roche par les acides exsudés par les radicelles". Le fait que cette décomposition créée une sorte de gangue d’argile de décomposition autour des racines. Ich weiss nicht.

Je les ai entendu parler de Kimmeridgien et de Bathonien. Les calcaires de Cahors sont bien du Kimmeridgien, mais comme le climat est plus chaud qu’en Bourgogne, les éléments carbonés se sont décomposés plus vite, ce qui fait que le sol ressemble plus à du Bathonien (Ça, c’est bath!).

Les Bourguignon ont expliqué que les arômes du raisin étaient liés aux enzymes, et que pour les extraire, les enzymes ont besoin d’un cofacteur métallique. I don’t know.

Tout cela, et d’autres choses que je n’ai pas retenues ou comprises, étaient versées au dossier pour expliquer que oui, toutes choses étant égales par ailleurs (et elles le sont rarement), un Cahors de terrasse argileuse est différent d’un Cahors du Causse calcaire; et même, que les zones ferrugineuses ont leur spécificité. Ce qui fut vérifié à la dégustation, avec les (très jolis) vins du Château Ponzac. Sauf que bien sûr, la vinification agit comme un filtre.

J’ai aussi entendu de mes oreilles un Américain affirmer que tout ça n’était que foutaise. Je n’ai pas vu les racines de ses vignes californiennes – je suppose qu’elles en ont aussi! Ni ses sols. Mais je suis sûr qu’en cherchant bien, on doit y trouver aussi du calcaire et de l’argile. D’ailleurs, je crois me souvenir qu’on en tient compte pour planter des cépages rouges ou blancs.

Peu importe, en définitive, si l’Amérique identifie des terroirs, les revendique, ou préfère les assembler.On peut aussi faire de bons vins, de cette façon. Moi qui vous parle, j’ai eu l’occasion de déguster d’excellents pinots noirs et chardonnays chiliens assemblant des raisins issus de différentes vallées distantes de près de 400 km (San Antonio, Casablanca et Limari, notamment) et qui étaient diablement expressifs. Pas d’un terroir, non, mais du travail très qualitatif d’oenologues inspirés. C’est ce que permet de faire aussi notre Vin de France, et soyons justes, cela peut-être très bon, pour autant que les raisins de l’assemblage soient bons.

Mais ce n’est pas la question. Je vous avoue humblement que je n’ai pas tout compris de la démonstration des Bourguignon. Par contre, je me souviens d’une dégustation assez probante, à l’aveugle, réalisée chez moi en compagnie de l’ami Marc Vanhellemont. Nous avions reçu trois cuvées de Coteaux du Giennois – Marne, Caillotte, Silex, du même producteur, Berthier, du même domaine (Montbenoît), du même village (Pougny), du même millésime (2012), du même cépage (sauvignon) et vinifiées en cuve.

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Chez les frères Berthier, le sol est… sur la bouteille (Photo © H. Lalau 2014)

A la dégustation, nous avons bel et bien noté de grosses différences. La cuvée Terre de Silex était très aromatique, très fumée aussi; la cuvée Terre de Caillottes présentait un profil très particulier, vif et souple à la fois, avec un fruit assez mûr; la cuvée Terre de Marne, enfin, était florale et fruitée, sa bouche veloutée, c’était le vin le plus complet. Et non, ce n’était pas seulement parce que nous cherchions à trouver des différences: nous sommes revenus plusieurs fois sur les vins, dans tous les ordres possibles, les différences étaient toujours les mêmes.

J’avais déjà fait une expérience assez comparable à Sancerre, chez les frères Riffault, ou encore en Suisse, en Lavaux. Cahors n’a fait que confirmer mes impressions.

Notre ami David a raison de douter – je lui laisse le bénéfice de ce doute. Quant à moi, je ne sais pas bien comment ça marche; comment le sol peut donner un goût au vin à travers l’homme et la vinification. Je pense qu’il y a beaucoup de facteurs à prendre en compte, que l’on ne maîtrise pas encore tous les paramètres, que la science a encore du chemin à faire dans la connaissance de l’effet sol. Même si, comme Michel, je suis convaincu que l’homme est un des facteurs essentiels.

Malgré tout, sans pouvoir expliquer, je le répète, je constate que pour bon nombre de vins, lorsqu’on a pu réduire le nombre d’éléments de comparaison au minimum, on constate bel et bien, au nez comme en bouche, une différence entre les vins obtenus sur un tel sol et ceux obtenus sur un autre sol.

Cela ne démontre sans doute pas grand chose, en termes scientifiques; et cela n’autorise certainement pas certains à se rengorger de leur "terroir d’exception" – surtout quand dans ce prétendu terroir, ils agglomèrent des sols très divers. Ainsi, parler des terroirs de Sancerre peut avoir un sens. Parler du terroir de Sancerre, aucun. Mais ce n’est pas parce que l’on abuse du terroir dans le marketing que son effet n’existe pas.

Je ne sais pas si j’ai fait beaucoup avancer le schmilblick. Je n’ai pas l’esprit scientifique. Mais si j’ai pu susciter votre curiosité, c’est déjà ça.

Essayez donc par vous-mêmes de reproduire l’expérience. Si vous passez par Saint-Chinan, cet été, par exemple, demandez à déguster un vin de schistes et un vin de cailloutis calcaires. Et faites moi part de vos conclusions.

Hervé Lalau


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Echoes of Bourgueil

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Vincent Simon – left his restaurant in Belgium last year with his wife Olivia to set up a small restaurant in Ingrandes-de-Touraine next to Domaine Lamé Delisle Boucard. Vincent raises chickens and geese in his vineyard which is looked after by LDB.

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Café de la Promenade: you don’t mess with Dorothée!!

It is now two years since Les 5 du Vin spent a truly memorable weekend in Bourgueil and Saint-Nicolas-de-Bourgueil. Sadly to date due to the pressing nature of our diaries this is the last occasion that we have managed to organise trip involving all of Les 5. Last week I was in Bourgueil mainly to take photos for an upcoming exhibition called ‘Aspects of Bourgueil’ which will be starting at the same time as the 2014 Bourgueillothérapie (www.bourgueillothérapie.com). The exhibition will open on Friday 12th September @Café de la Promenade with the proceeds going to this year’s charity. It will close on the 21st October by which time the 2014 vintage here should be well finished.

Here are a few recent photos that may make the selection.

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Pierre, Stéphanie and Emmanuel Caslot (Domaine de la Chevalerie) star in Les journées binette.

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Unlike last year the 2014 flowering here and elsewhere in the Loire has benefitted from ideal weather. The vignerons are smiling – no frost, no serious hail (so far), the flowering is nearly finished and grapes (Cabernet Franc) should ripen evenly for a harvest from around 20th September. Long way to go yet, of course, but some serious hurdles have already been cleared.

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The fence at Vincent’s restaurant in Ingrandes has a triple purpose – keep the chickens in, the foxes out and imprison journalists who push their luck!

Jim Budd


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Olivier Cousin and who owns brand ‘Anjou’

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Olivier Cousin soon after he had been ordered to pay €1 to the Fédération Viticole.

At the time it must have seemed a rather good idea to get the local fraud boys to call in on Olivier Cousin, finger his collar and to bang him to rights over various infringements of the vin de table rules, in particular the use of Anjou. A chance to put a provocative and outspoken vigneron in his place.

Whether the Fédération Viticole d’Anjou-Saumur and the INAO still think, after the conclusion of a legal action that has run for at least three years, that it was such a brilliant idea is an interesting question. True the Fédération did release an upbeat press statement following the verdict claiming victory. But the reality is surely rather different.

Although he has been ordered to pay a symbolic €1 to the Fédération and a similar sum to the INAO it is Olivier Cousin, who is the clear victor. After all the public prosecutor had asked for a fine of €5000. Clearly the judges decided that given the changes made to the Cousin labels since 2011 such a fine would be excessive and they listened instead to Eric Morain, Olivier’s impressive Parisian lawyer.

It didn’t help that the avocat, Alain Fouquet, representing the Federation and the INAO made a right pig’s ear putting their case and brought well deserved mockery on his head during the 5th March 2014 hearing.

If the Fédération effectively lost in court, it certainly lost by default in a larger forum – the world-wide web. They failed to realise that nowadays these cases can easily become a global cause célèbre and they made no attempt to put their case to a wider audience. Equally, as far as I am aware, there was no-one from the Fédération or the INAO to brief the press at any of the hearings before the Angers court.

In contrast Olivier and his supporters understood how to use the new social networks as well as the traditional media. This case has brought amazing and priceless worldwide publicity for Cousin and his wines. It has enabled him to contrast his biodynamic viticulture with the ‘industrial’ approach allegedly adopted by many AC Anjou producers as well as provoking questions over why the ingredients in wine are not listed as they are for many other drinks and foodstuffs.

Most importantly it has highlighted the debate over who owns brand ‘Anjou’, which is a debate that stretches way beyond Olivier Cousin. During the 5th March 2014 hearing Eric Morain claimed that ‘Anjou’ had been expropriated by appellation Anjou for their exclusive use and he challenged their right to this monopoly.

I suspect that French senator, Christian Béchu, who used to be the president of the Conseil Général de Maine-et-Loire and who is now the Maire of Angers, would agree with Morain as he has been keen to promote the idea of Produit d’Anjou’ for a number of locally made products in the face of opposition from the Fédération Viticole.

Béchu: “Je ne vois pas en quoi notre marque pourrait concurrencer l’AOC Anjou, réagit Christophe Béchu qui continue le dialogue avec les vignerons. Notre marque locale aura une résonance locale. L’idée est avant tout de favoriser les emplois locaux.” (9th January 2013)

The debate has already been running a number of years:

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Utilisation du mot Anjou : différent entre vignerons et Conseil Général, bientôt le tribunal ?
Les vignerons tiennent à leurs appellations d’Origines Contrôlées Anjou et protègent leur « marque » comme la prunelle de leurs yeux. Anjou Cola par exemple ne les fait pas rire du tout. Viticulture et Conseil Général ont une vision de la notion de marque. Le tribunal devra-t-il trancher ?
http://www.saumur-kiosque.com/infos_article.php?id_actu=13860

Polémique. La marque « Produit d’Anjou » se heurte au veto des vignerons
‘Le conseil général, qui souhaite étendre sa marque « Produit d’Anjou » aux métiers de bouche ainsi qu’aux boissons, est en discussion tendue avec la fédération viticole du Maine-et-Loire qui craint une concurrence avec l’AOC « Anjou ». Un bras de fer « musclé » s’est engagé.’

La première initiative a été lancée en novembre 2011, en s’appuyant sur l’expérience menée par des horticulteurs angevins.
http://www.ouest-france.fr/polemique-la-marque-produit-danjou-se-heurte-au-veto-des-vignerons-346534

The conflict may well end up in court. Cousin’s symbolic single euro payment to the Fédération could certainly indicate that the judges are not very sympathetic their claim to an exclusive right to brand ‘Anjou’.

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Mes chers rosés de Vendée

Rassurez-vous, je ne vais pas opposer la Vendée à la Provence et encore moins ses vins à Tavel ou aux Pouilles si chères à Marc. Ne comptez pas non plus sur moi pour me prononcer définitivement sur la Vendée armoricaine, ligérienne ou aunissiène. La Vendée, aussi bizarre que cela puisse paraître, est vendéenne avant tout, mais aussi poitevine tout en étant dans la grande banlieue de Nantes, La Rochelle, Niort ou Bordeaux. Elle est bocage et plage à la fois, schistes et argiles, faîte de landes et de pâturages, peuplée de ventres à choux et de ventres à sardines. Bref, elle est plurielle et singulière, très, très catholique et un chouya protestante, assez royaliste mais beaucoup républicaine. Personnellement, je la trouve optimiste, chaleureuse et dynamique et c’est pourquoi je m’y rends volontiers de temps en temps, histoire de changer d’air. Quant aux rosés, ils ne sont pas chers pécuniairement parlant, mais chers dans mon coeur dans la mesure ou ils me procurent du plaisir.

Rosés de l'océan ? Photo©MichelSmith

Aux Sables… Rosés de l’océan ? Photo©MichelSmith

Il n’y a pas si longtemps, l’occasion m’a été donnée d’accompagner un voyage de presse organisé sans trop de chichi pour le compte des Fiefs Vendéens*. Ce n’est pas la première ni la dernière fois que je parle de cette petite AOP. La toute première fois dans ce blog, c’était pour les beaux yeux de la fée Sandrine et pour décrire les vins du Pays de Brem, tandis que la dernière fois remonte au mois dernier. En fin de séjour, alors que j’étais resté pour conclure un reportage sur Thierry Michon pour le compte du magazine 180° C. Une fois de plus, Benoît et ses enfants m’ont accueilli aussi chaleureusement que les fois précédentes… Avec eux, Jérémie, Thierry, Anne-Marie, Laure, Marine, Cathy, Françoise et tant d’autres ont contribué à recharger mes pauvres batteries par un plein d’amour et de fraternité.

N’oublions pas que la Vendée, c’est aussi, et surtout, un cœur… un énorme coeur.

Dessins de Marine Thiercelin. Photo©MichelSmith

Illustrations de Marine Thiercelin. Photo©MichelSmith

Arrive la dégustation de vins rosés millésimés 2013, un matin vers 10 heures, la meilleure heure. Ils représentent presque la moitié des volumes de l’AOP. Comme les blancs, leur rendement est limité à 60 hl/ha, les rouges étant à 55 hl/ha. Tout est prêt dans la magnifique salle qui nous reçoit, sauf les vins qui sont archi glacés… Le nouveau président des Fiefs, Frantz Mercier, qui est à mes côtés en prend pour son grade. Notons au passage que la famille Mercier détient l’une des plus importantes affaire de pépinière viticole dans le monde. Diplomate, Frantz garde son flegme et son sourire. Or, pour une fois, et à ma grande surprise, je dois avouer que ce problème de température (vins juste sortis du réfrigérateur à notre arrivée) ne m’a pas vraiment gêné dans la mesure où tous les rosés en question étaient au même niveau de froid… pas loin du zéro ! Au bout de dix minutes à peine d’adaptation, j’étais de bon poil tant les vins réchauffés dans le creux de mes mains me captivaient. Oh, pas de grandes choses, point de bouteilles subliminales, pas de quoi convoquer la RVF et ses doctes dégustateurs, mais suffisamment de qualités pour éprouver le besoin de vous faire partager mon ressenti.

Pas si chers les rosés vendéens... Photo©MichelSmith

Pas si chers les rosés vendéens… Photo©MichelSmith

Je commence par deux coups de cœur (je sais, ça faisait longtemps…) :

-Château de Rosnay, un Fiefs Vendéens Mareuil « Élégance » moitié pinot noir, moitié gamay, assez technologique comme disent les dégustateurs qui se croient pros, mais bigrement bien foutu : joli nez, fermeté en bouche, finesse et harmonie, il peut accompagner un beau poisson. Vinifié par Christian Jard, moins de 5 € départ cave.

-Domaine Saint Nicolas, un Fiefs Vendéens Brem « Reflets » pinot noir en majorité, puis 30 % de gamay et 20 % de groslot gris. Robe couleur melon, savoureux et intense en bouche, très mûr, idéal sur une parfaite pizza napolitaine ou sur des filets de rougets à l’unilatérale. Vinifié par Thierry Michon, c’est un vin qui repose sur la longueur et qui gagne à être conservé quelques années comme j’ai pu le constater par la suite avec des 2010 et 2009 en parfait état de densité et de fraîcheur.

Photo©MichelSmith

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Maintenant passons aux cinq autres rosés que j’ai bien aimés :

-Le Clos des Chaumes, un Fiefs Vendéens Mareuil de Fabien Murail, à 60 % pinot noir, le reste en gamay, fonctionne merveilleusement bien en bouche : vivacité, éclat, densité, je le verrais plus sur des rillettes ou des grillades de cochon.

-Domaine de La Barbinière, un Fiefs Vendéens Chantonnay « Les Silex » de la famille Orion, à cheval sur le pinot noir et le gamay avec une pointe de négrette (5 %) d’un beau registre acidulé avec pas mal de volume et de vivacité, bien adapté aux grillades de poissons.

-Le Château Marie du Fou, un Fiefs Vendéens Mareuil de Jérémie Mourat, à 60 % pinot noir, le solde en gamay, se distingue par sa largesse, son dynamisme, sa générosité et sa franchise qui en fait aussi un bon vin d’apéro, sur des tapas, par exemple.

-Le Domaine de La Cambaudière, un Fiefs Vendéens Mareuil de Michel Arnaud bien marqué par le pinot noir, complété par le gamay, tout en fraîcheur et longueur.

-Le Domaine Coirier, un Fiefs Vendéens Pissotte « Origine » de Mathieu Coirier, majorité de pinot noir, avec 30 % de cabernet franc, et 10 % gamay joue au départ sur la finesse et une forme de discrétion mais qui ne manque pas de longueur. Sur un pageot au four, 6,50 € départ cave.

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Je me dois de préciser à ce stade que les blancs et les rouges goûtés parfois un peu trop hâtivement et dans une certaine cohue, m’ont paru plus difficiles à aborder avec quantité de vins encore un peu trop verts et rustiques, hormis ceux de Jérémie Mourat et de Thierry Michon, qui eux me sont plus familiers et qui, une fois de plus, étaient sans reproches. C’est peut-être pour cela que je me suis laissé convaincre par les rosés – tous n’étaient pas présents à la dégustation -, des vins qui me sont apparus mieux réglés, plus en phase avec la région et, dans l’ensemble, de belle facture. Serait-ce aussi parce que, pour moi, la Vendée est synonyme de vacances ? Allez savoir ! En tout cas, bravo les gars !

Michel Smith

Photo©MichelSmith

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* « Fiefs », au Moyen Âge, c’était le mot attribué à des parcelles de vignes dépendantes des abbayes. En 1965, les Fiefs Vendéens démarraient une vie officielle en appellation d’origine simple, c’est-à-dire non contrôlée et cela devait donner lieu à un beau foutoir ! Passons. En 1974, ils furent classés Vin de Pays. Je me souviens qu’à part une ou deux exceptions, ils étaient peu fréquentables. Passons de nouveau… Puis VDQS dix ans plus tard et enfin AOC en 2011 (AOP désormais) après une première demande déposée en 1991. Ils sont 17 vignerons aujourd’hui à revendiquer l’AOP. On présente la Vendée viticole, qui fut jadis un département richement doté en vignes, comme étant une « mosaïque » de terroirs. Il ne faut pas exagérer. Le schiste armoricain est surtout présent avec des rhyolites et quelques mini zones de calcaires, gneiss et amphibolites. En réalité, il y a 5 poches principales allant d’ouest en est puis un peu vers le sud : Brem et Mareuil étant les plus proches de l’océan et de ce fait les noms les plus connus, Chantonnay, Pissotte et Vix les plus « reculés ». Certains de ces ilots n’ont qu’un ou deux domaines en activité, comme à Pissotte, Vix ou Chantonnay, et la totalité des vignes en production délimitées en AOP ne dépasse pas 500 ha. C’est sans compter sur la superficie des vignes destinées à l’IGP Vendée et aux vins France effervescents qui ne cessent de croître, chiffre que je suis incapable de préciser, mais qui ne doit pas monter à plus de 300 hectares supplémentaires. Dans l’ensemble, bons ou moins bons les vins se vendent bien. Ils ont juste besoin d’acquérir une certaine estime pour être considérés comme faisant partie de l’élite des vins de Loire. Enfin, pour être honnête et (assez) complet, je crois me souvenir qu’une petite poche de la Vendée, proche de la Loire Atlantique, a le droit à l’appellation Muscadet de Sèvre et Maine, mais c’est une autre histoire. MS

Photo©MichelSmith

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3 Commentaires

Life and death in the vineyard

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AC Touraine

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Macedonia: a profusion of wild flowers

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Harrowed by tractor between the rows and hoed by hand between the vines

 

I have just returned from a three day visit to Macedonia, where the use of herbicides appears to be limited, although none of the eight leading wineries I visited is organic. Where herbicides are used then it is mainly between the vines. It is true that labour is cheap in Macedonia, so hand hoeing is possible and the heat of the summer will kill off much of the vegetation. However, the vineyards are a pleasure to visit and those from Touraine (classified patrimoine mondial) are a sad contrast. Unfortunately blitzed vineyards are all too common in France.

The photos suffice!

Jim.16.10.06as

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