Un Valensac, et je vide mon sac !

Encore un blanc du Languedoc qui me réjouit ! Alvariño et Petit Manseng, voilà qui est intéressant comme assemblage, ne trouvez-vous pas ? Il faut venir ici, entre Béziers et l’étang de Thau, pour goûter les deux cépages qui sont presque à égalité de jeu, même si le côté espagnol des Pyrénées à l’avantage. Mais avant de vous en dire plus, je tiens à vous faire part d’un constat, car ce blanc est l’illustration même de trois facteurs primordiaux à mes yeux :

1) Le rendement d’une parcelle peut-être jugée “confortable” sans pour autant sombrer dans l’outrance. Tout est question d’équilibre, de dosage, l’essentiel étant d’avoir de beaux raisins à la fois sains et mûrs. Un rendement qu’un amateur jugera à priori excessif peut conduire malgré tout à de beaux résultats. Ici, avec 75 hl/ha affichés, soit dit en passant l’équivalent d’un bon rendement à Bordeaux, on a quelque chose de franc, d’honnête et de belle tenue en bouche ;

2) Le Languedoc aujourd’hui n’est pas seulement une simple “terre de contrastes” ouverte à l’œnotourisme et à la contemplation béate de paysages méditerranéens qui évoquent la Provence, la Grèce, ou l’Italie, c’est aussi pour le vigneron ou l’amateur un extraordinaire terrain de jeu ouvert à une multitude de visions du vin et surtout, une région où, sans avoir à faire appel à la simple mention Vin de France, l’IGP Pays d’Oc, nous offre d’innombrables avantages, une palette de cépages multiples, comme pour un tableau, favorisant ainsi la conception parfois difficile, parfois évidente, d’une cuvée ;

3) Si l’on tient compte de tout ce qui a été dit plus haut, il faut ajouter que l’atout majeur en cette crise climatique qui nous inquiète, contre toutes les apparences, réside à mon avis dans le climat du Languedoc, lequel surtout à l’intérieur du territoire, et même à quelques kilomètres de la côte, fait qu’il est possible de bénéficier de nuits fraîches dont profitent la vigne et ses cépages. Cette remarque toute personnelle s’applique d’ailleurs à pratiquement l’ensemble des vignes du pourtour méditerranéen. Dans le Midi, vent du nord, vent marin, altitudes, expositions variées, sols diversifiés et composites, cépages multiples, tout contribue à faire des vins à haute expression.

Bref, le temps que j’assimile toutes ces considérations qui sont miennes depuis que j’ai choisi de les vivre et de les mettre en valeur – en gros depuis 40 ans -, le temps que je capte l’onde nécessaire qui déclenche en moi cette irrésistible envie de déguster, et que la prise en mains d’une bouteille me vienne et me donne envie de l’essayer, juste pour voir, il se passe plusieurs semaines, voir plusieurs mois. Enfin, un premier jour de juillet, en été donc, je me sers ce vin à l’occasion de la première journée du Tour de France 2022. Oui, mais aussi parce que j’ai besoin d’un bon vin sur ma saucisse, genre Toulouse, simplement poêlée avec quelques légumes de saison : courgettes, betteraves, carottes, j’en passe… Je ne sais même plus comment elle est arrivée là cette bouteille : cadeau d’un ami, envoi d’attaché de presse, d’un caviste (Bruno, par exemple), achat en boutique… ?

Côté vin, il ressort une robe bien dorée, un nez frais qui débouche sur des notes de poire surmûre, pointes de miel et de pinède. La réception en bouche est généreuse, parfaitement équilibrée, l’acidité est là, mais posée, comme fondue dans le paysage, plus horizontale que verticale, avec en fond de bouche une matière riche assez captivante où le fruit (brugnon, cette fois-ci) est très présent pour finir en douceur, telle une pause languissante lors d’une fin de soirée en été. Un vin d’apéritif en plein air, vin de transat que je vois bien accompagné de canapés de saumon ou de crevettes. Un vin de récréation, de conversation, de célébration. Car, l’été est bel et bien là et il serait dommage de passer outre. Profitons-en avant qu’il ne soit trop tard !

Bon, juste entre nous, à moins de 8 € c’est vachement bon.

Ça me rappelle un tube de Léo Ferré.

Et bien entendu, ça reste entre nous.

Michel Smith

PS Ayant cassé la bouteille au moment de me servir un troisième verre, l’illustration vient du site Internet du Domaine de Valensac. En attendant de retrouver Marie-Louise jeudi prochain ici même, je vous propose ce petit tour d’horizon pour faire le point sur les cépages historiques d’Occitanie via le site Tellement Soif ! de mon ami et collègue Antoine Gerbelle. Bon visionnage !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.